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Etude des performances touristiques de la région du Mont Fako, Province du Sud-Ouest, Cameroun.


par Diderot Serge NGUEPJOUO M.
Université de Ngaoundéré Cameroun - Maitrise 2003
Dans la categorie: Tourisme
   
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RESUME

Dans le Sud-Ouest Cameroun, la région du Mont Cameroun présente d'importantes ressources attractives du point de vue touristique. Mais celles-ci semblent curieusement ne pas attirer beaucoup de touristes.

L'objectif de l'étude est de contribuer à l'accroissement de la fréquentativité de cette région du Mont Cameroun en établissant ce qu'elles présentent réellement du point de vue touristique comme avantages et faiblesses. Elle a été réalisée en 2003 et a consisté en enquêtes et interviews auprès des acteurs du tourisme d'une part et en l'exploitation des données d'évaluation des écotouristes envoyés par le MCEO sur le Mont Cameroun. L'analyse des résultats met en exergue que cette région est un gisement touristique à caractère naturel tandis que les autres ressources (culture et architecture) ne sont que des produits touristiques d'appoint. Mais ces produits sont sous-développés et mal préparés. Par conséquent, l'essor de cette activité est subordonné à la résolution des problèmes tels que l'information insuffisante des touristes, le niveau très moyen de la qualité des séjours et le prix exorbitant des prestations offertes. Les performances touristiques du Mont Cameroun sont médiocres et il importe urgenment de valoriser ce potentiel par l'aménagement des sites touristiques, la maintenance des infrastructures et l'information abondante des touristes.

Mots-clés : tourisme, performances, Mont Cameroun, fréquentation, nature, aménagement et entretien.

ABSTRACT

Located in South East province of Cameroon, Mount Cameroon region is full of touristic resources. But they seem not attractive for most of tourists.

The purpose of the study is to contribute to increasing frequentativity of the region by showing its real touristic potential and hindrances on this activity. Carried out in 2003, the research consisted both in surveying, interviewing actors of touristic sector and in using evaluation datas of ecotourists sent up to the mountain by Mount Cameroon Ecotourism Organization. The analysis of the results shows that the interest of tourists is focused on natural touristic products. The others resources are secondary (culture and architecture). These products are underdeveloped and not well prepared. The development of this activity is largely linked to solution of problems as lack of information of tourists, low quality of touristic product and high cost of services. Touristic performances of Mount Cameroon are feeble and it's urgent to valorise this potential through improvement of amenities on touristic sites and maintenance of infrastructure and information of tourists.

Key words : tourism, performances, Mount Cameroon, frequentation, nature, amenities and upkeep.

REMERCIEMENTS

Cet ouvrage est le produit d'une riche expérience d'apprentissage qui a été facilité par de nombreux enseignants.

· Le Professeur Jean Louis DONGMO qui sans hésitation a accepté de diriger ce travail. Ses observations, conseils et orientations nous ont aidé à baliser notre chemin et aboutir à ces résultats.

· Le corps professoral qui nous a préparé pendant notre travail par ses enseignements et suggestions. Nous évoquons particulièrement les Docteurs Michel TCHOTSOUA, J.P. NDAME, Messieurs LOULEO, BRILTEY et BRING pour leurs contributions effectives au parachèvement de ce labeur.

· Mesdames Alice BOMBA ATANGANA et BAYECK respectivement Directeur de la promotion et Conseiller Technique No 2 au MINTOUR.

· Mon père Monsieur Etienne MEGAPTCHE qui s'est saigné pour ma scolarité, ma soeur Mme Marie Chantal NGUEPJOUO et la famille HOUMEGNI qui nous ont diversement soutenus.

· L'ami James JETA qui nous a accompagné volontiers pendant nos voyages vers les sites touristisables, voyages qu'il a su agrémenter par des histoires de la localité ( Limbé) qu'il connaît bien, AOUDOU DOUA pour son outil informatique, la famille TCHOUMBA et Simon LEUNKEU pour leur aide à l'utilisation du logiciel SPSS.

· Les frères Berlin SAHA, la famille DINANG pour leur munificence, Pegguy L.T.GASSU, la famille HANDJA, Carlos FOFIE, J.P. BARBELA, Emmanuel TCHOUNKEU et Martine TCHOUANMEGNY pour leurs nombreux et riches appuis.

· La grande famille du Groupe Biblique des Elèves et étudiants du Cameroun qui a su nous entourer de toute la chaleur dont nous avions besoin.

Que chacun d'eux veuille trouver ici toute l'expression de ma profonde gratitude !

Que le Dieu de Jésus-Christ qui m'a sauvé et que je sers avec empressement, vous rende au centuple tous vos apports à ce travail !

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 2.1: Hôtels de Buéa............................................................................44

Tableau 2. 2.: Hôtels de Limbé. .........................................................................45

Tableau 2.3. : Répartition des touristes en catégories................................................46

Tableau 2.4. : Répartition des fréquentations touristiques de 1997 à 2001. ......................48

Tableau 2.5. : Répartition des ratios....................................................................51

Tableau 3.1. : Prix pratiqués par le MCEO...........................................................56

Tableau 3.2. : Visiteurs envoyés par le MCEO à la montagne.....................................56

Tableau 3.3. : Répartition des goûts des touristes....................................................58

Tableau 3.4. : Taux de préférence des lieux de visite exprimés par les écotouristes............58

Tableau 3.5. : Nombre de visites effectuées par les touristes à Buéa et à Limbé................58

Tableau 3.6. : Désir exprimé par les touristes de visiter Buéa et Limbé une autre fois.........63

Tableau 3.7. : Pourcentages des impressions laissées aux touristes par leurs visites dans la région......................................................................................................66

Tableau 4.1.: Pourcentages exprimés par les visiteurs du MCEO sur leurs sources d'information.............................................................................................72

Tableau 4.2. : Appréciation des coûts des randonnées sur le Mont Cameroun. .................73

Tableau 4.3. : Défaut d'information exprimé par les touristes enquêtés..........................75

Tableau 4.4. : Obstacles rencontrés au cours des visites dans la région...........................76

LISTE DES FIGURES

Figure 0.1. : Localisation de la zone d'étude...........................................................2

Figure 0.2. : Eléments relatifs au tourisme dans la région du Mont Cameroun...................3

Figure 3.1. : Moyenne régionale des motivations des visites.......................................65

Figure 3.2. : Pourcentages de préférence par type d'attraction sur le Mont Cameroun..........66

Figure 3.3. : Pourcentages exprimés par les visiteurs au sujet de leurs actions pour la préservation de l'environnement.......................................................................67

LISTE DES ABRÉVIATIONS

CAM: Camerounais

CDC: Cameroon Development Corporation

DPTSW: Délégation Provinciale du Tourisme du Sud-Ouest

ENR: Étrangers Non Résidents

ER: Étrangers Résidents

LBG: Limbé Botanic Garden

MCEO: Mount Cameroon Ecotourism Organization

MCP: Mount Cameroon Project

MINEF: Ministère de l'Environnement et des Forêts

MINEPIA: Ministère de l'élevage, des Pêches et des Industries Animales

MINTOUR: Ministère du tourisme

NTIC: Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication

OMT: Organisation Mondiale du Tourisme

ONG: Organisation Non Gouvernementale

RMC: Région du Mont Cameroun

SHF: Stake Holder's Fund

SONARA: Société Nationale des Raffineries

TG: Totaux Globaux

WTO: World Tourism Organization

LISTE DES PHOTOGRAPHIES

Photo 1.1. : Image satellite de la région du Mont Cameroun.......................................26

Photo 1.2. : Une plantation de la CDC à Saxendorf. ................................................28

Photo1.3. : Photo Palais du gouverneur allemand Yesko Von Puttkamer........................31

Photo 1.4 : Touristes savourant le soleil et le plaisir de l'océan à Sémé Beach..................32

Photo 2.1. : Limbé Botanic Garden....................................................................35

Photo 2.2. Activité de pêche au soir sur le rivage ouest (Limbé) .................................36

Photo 2.3. : Les paysages captivants du Mont Cameroun ..........................................37

Photo 2.4. : Séances de danse d'associations culturelles............................................38

Photo 2.5. : La délégation provinciale du tourisme (Sud-Ouest) ..................................46

Photo 3.1. : Le siège du MCEO à Buéa à plus 1200 m d'altitude..................................55

Photo 3.2. : D'autres visages du Jardin botanique....................................................61

Photo 3.3. : Quelques primates du zoo de Limbé....................................................61

Photo 4.1. Une vue de l'aménagement de la plage de l'hôtel Sémé New Beach.................76

Photo 4.2. : Quelques sites inexploités à Bimbia.....................................................77

TABLE DES MATIERES

RESUME 1

ABSTRACT 1

REMERCIEMENTS 2

LISTE DES TABLEAUX 3

LISTE DES FIGURES 4

LISTE DES PHOTOGRAPHIES 4

TABLE DES MATIERES 6

INTRODUCTION GENERALE 9

0.1. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE 9

0.2. THEME DE RECHERCHE 9

0.3. PROBLEMATIQUE 13

0.4. CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 15

0.5. ARRIERE-PLAN SCIENTIFIQUE ET JUSTIFICATIONS 16

0.6. QUESTION DE RECHERCHE 19

0.6.1. Question générale 19

0.6.2. Questions spécifiques 19

0.7. REVUE DE LA LITTERATURE 19

0.8. OBJECTIF DE LA RECHERCHE 21

0.8.1. Objectif général 21

0.8.2. Objectifs spécifiques 22

0.9. HYPOTHÈSE DE RECHERCHE 22

0.9.1. Hypothèse principale 22

0.9.2. Hypothèses spécifiques 22

0.10. MÉTHODOLOGIE 22

0.10.1. Méthodes de collecte des données. 22

0.10.1.1. Les documents écrits 23

0.10.1.2. Les documents iconographiques 23

0.10.1.3. Les documents statistiques 23

0.10.1.4. Observation directe 23

0.10.1.5. Enquête exploratoire 24

0.10.1.6. Enquête de terrain 24

0.10.2. Méthodes de traitement et d'analyse des données. 24

0.10.2.1. Traitements informatiques des données 24

0.10.2.2. Analyse des données 25

0.10.3. Interprétation des résultats obtenus 25

0.11. PLAN DE TRAVAIL 26

CHAPITRE I : UN APERÇU DU MILIEU. 27

1.1. UN MILIEU NATUREL AUX ATOUTS MULTIPLES 27

1.1.1. Un relief fort contrasté 27

1.1.2. Un climat favorable et diversifié. 28

1.1.3. Une végétation très variée et luxuriante 28

1.1.4. Des sols riches et adaptés à la pratique du tourisme 29

1.2. UN MILIEU HUMAIN DONT L'HISTOIRE EST INTÉRESSANTE 30

1.2.1. Un aperçu historique de la région du Mont Cameroun jusqu'au XVIIè siècle 30

1.2.2. Le peuplement de la région 30

1.2.3. Les temps de la domination (allemande, britannique) 31

1.3. IMPORTANCE DE L'ACTIVITÉ TOURISTIQUE 33

CHAPITRE II : UN ETAT DES LIEUX DU TOURISME DANS LE FAKO 35

2.1. LES ATTRACTIONS TOURISTIQUES 35

2.1.1. Les attractions naturelles 36

2.1.1.1. La flore 36

2.1.1.2. La faune 37

2.1.1.3. Les paysages 38

2.1.2. Les attractions anthropologiques 38

2.1.2.1. L'homme du Fako 38

2.1.2.2. Les empreintes culturelles de l'homme sur le milieu 38

2.1.3. Les attractions architecturales 40

2.2. UNE INFRASTRUCTURE TOURISTIQUE INSUFFISANTE 41

2.2.1. Transport 41

2.2.2. Communication 42

2.2.3. Hôtellerie et restauration 44

2.2.3.1. Hôtellerie 44

2.2.3.2. Restauration 46

2.2.4. Points de loisirs 46

2.3. LES ACTEURS DU TOURISME 46

2.3.1. Etat 47

2.3.1.1. MINTOUR 47

2.3.1.2. MINEF 47

2.3.2. Industrie touristique 47

2.3.3. Touristes 47

2.3.4. Populations locales 48

2.4. LA FRÉQUENTATION TOURISTIQUE 48

CHAPITRE III : LES FACTEURS D'ATTRACTIVITÉ TOURISTIQUE DU MONT CAMEROUN 55

3.1. LA NATURE : FACTEUR PRINCIPAL D'ATTRACTIVITÉ DES VISITEURS DU FAKO 55

3.1.1. Le Mount Cameroon Ecotourism Organization (MCEO) 55

3.1.1.1. Les données de fréquentation 57

3.1.1.2. Les goûts des clients du MCEO 58

3.1.2. Les enquêtes de terrain 60

Les goûts des touristes rencontrés dans la zone d'étude 63

3.2. LA CULTURE : UN PRODUIT SECONDAIRE VOIRE DIFFUS. 68

3.2.1. Le résultat des fiches du MCEO 68

3.2.2. Nos travaux de terrain 68

· Nature de l'offre et motivations de voyage 69

· La visite des destinations culturelles camerounaises. 69

CHAPITRE IV : LES CONTRAINTES DU TOURISME DANS LE FAKO 72

4.1. LE MONT CAMEROON ECOTOURISM ORGANIZATION 73

4.1.1. Accès aux sources d'information 73

4.1.2. Qualité de séjour touristique 74

4.1.3. Le coût de la destination 74

4.2. LES RESULTATS DE L'ENQUETE PAR QUESTIONNAIRE 75

4.2.1. Accès aux sources d'information 75

4.2.2. Qualité de séjour touristique 76

4.2.3. Le coût de la destination 79

4.2.4. Suggestions et perspectives 80

4.3. LES INTERVIEWS DES PROFESSIONNELS DU TOURISME ET DES AUTORITES DU MINISTERE 80

4.3.1. L'industrie touristique 80

4.3.2. Les autorités en charge de la gestion du tourisme. 81

CONCLUSION GENERALE 83

BIBLIOGRAPHIE 90

INTRODUCTION GENERALE

0.1. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

Le Mont Cameroun, seul appareil volcanique encore en activité sur l'ensemble du territoire national se localise entre et N d'une part et entre et E d'autre part. Du haut de ses quatre mille de mètres, il recouvre de par l'allure majestueuse de son relief une superficie de 130 000 ha (Fig.0.1). Il est aussi connu sous le nom de `char des dieux' ou de Mont Fako, du nom du département qui l'abrite. Il est entouré à l'Ouest par l'Océan Atlantique, au Nord par le département de la Mémé et à l'Est par le département du Moungo. La superficie du département du Fako est de 2060 Km² et comprend deux villes principales qui sont Buéa et Limbé. La population totale vivant dans la région est estimée à 300 000 habitants en 2000 (Mount Cameroon Project, 2000).

Le climat sur le Mont Cameroun est de type équatorial camerounien. La végétation est diversifiée et comporte la forêt sempervirente qui change d'aspect et devient la mangrove au contact avec l'Océan Atlantique sur les sols volcaniques.

L'activité principale des populations est l'agriculture. Elles sont enrôlées soit à la CDC, soit à leur propre compte dans les cultures de rente mais aussi pour la plupart dans l'agriculture de subsistance pour la consommation familiale.

C'est dans un tel cadre qu'il nous paraît intéressant d'effectuer des recherches sur le thème de `'l'étude des performances touristiques de la région du Mont Fako, Province du Sud-Ouest, Cameroun''.

0.2. THEME DE RECHERCHE

Étude des performances touristiques de la région du Mont Fako, Province du Sud-Ouest, Cameroun.

Le problème que nous posons est celui du manque de vitalité du tourisme dans la région du Mont Cameroun qui dispose pourtant d'énormes ressources touristiques qui ne demandent qu'à être exploitées. En effet, le contexte géographique contribue fortement à l'image du Cameroun : « L'Afrique en miniature », « Toute l'Afrique dans un pays » ou « Paradis touristique ». C'est le cas de l'hydrographie (chutes, lacs, océan et fleuves...), du relief (la montagne : Mont Cameroun, falaises ; escarpements...), de la végétation (de la forêt à la mangrove), de la faune (de nombreuses espèces endémiques sur les flancs du mont), du climat (doux, chaud, froid...). L'histoire est tout aussi riche. Le long cheminement vers l'Indépendance dote le pays des vestiges (Ancien Palais du Cameroun occidental, jungle village, Bimbia station ...) d'événements...d'intérêt touristique.

De même, il faut noter qu'à côté de ce réel potentiel en cours de mise en valeur depuis la période coloniale, le Cameroun dispose d'hommes et de femmes plus ou moins engagés à mener leur pays vers le développement. C'est ainsi qu'aux lendemains des indépendances, les plans quinquennaux de développement économique, social et culturel (1960-1986) ont été échafaudés et partiellement exécutés. D'ailleurs, la crise économique de la fin des années 80 a certes ralenti ce processus mais sans pour autant réussir à enrayer les efforts fournis jusque-là.

Au final, on pourrait même relever une augmentation progressive et sensible du nombre de visiteurs dans la région, passant de 7 878 en 1997 avec à 22 341 en 2001 et les visiteurs étrangers de 2 365 à 7 081 comme la résultante de ce train de mesures mis en route en vue de l'éclosion du secteur touristique. En effet, on passe de 7 878 touristes avec 8 hôtels à 22 341 touristes avec 17 hôtels. Ce qui fait un passage de 984,8 en 1997 à 1314,2 en 2001, soit une augmentation de l'ordre de 33,5% du nombre de visiteurs en faisant intervenir les ratios du nombre de touristes et du nombre d'hôtels. Mais ceci contraste fortement avec le taux de fréquentation des hôtels qui se situe seulement autour de 15% dans la région.

LOCALISATION DE LA ZONE D'ETUDE

ELEMENTS RELATIFS AU TOURISME

0.3. PROBLEMATIQUE

De façon générale, le Cameroun se présente comme un concentré de l'Afrique dans les seules limites de son territoire. Ceci veut dire que la plupart des potentialités, des atouts de tous les ordres que l'on rencontre sur le continent peuvent être en raccourci retrouvés au Cameroun. Cela n'est pas moins vrai sur le plan touristique où, partant des attractions naturelles aux curiosités architecturales en passant par les nombreuses richesses culturelles, on peut inventorier un ensemble de données à voir qui exempteraient le visiteur des autres destinations africaines trop spécialisées et exclusivistes.

A l'échelle régionale à l'intérieur du même pays, l'offre touristique semble suivre une logique de spécialisation. Tandis que le Grand Nord présente d'exceptionnels paysages lunaires, des cultures originales et une faune riche, le Grand Sud crève les yeux par le caractère luxuriant et naturel de ses paysages, la richesse de ses cultures... Au niveau local, cette spécificité se précise davantage. On a des localités qui ne proposent que des produits culturels (Foumban, Ndop...), d'autres qui n'ont que la nature à servir sur le marché touristique. C'est d'ailleurs dans ce registre que se rangent les localités de Buéa et de Limbé dont les attractions sont essentiellement liées à la nature.

Buéa est une ville mythique et historique tout à la fois. Elle est mythique parce que le Mont Cameroun encore appelé « le char des dieux», la couvre de son ombre et par conséquent sa vie en est intimement dépendante. Ancienne capitale du Cameroun occidental pendant la période tutélaire et siège des Allemands, Buéa est une ville dont l'histoire est fort intéressante. A côté de ces valeurs indéniables du point de vue touristique, la force de cette ville réside davantage dans l'allure majestueuse de la montagne qui exerce une fascination irrésistible sur le touriste qui se décide à en visiter les nombreux sites écotouristiques. Le Mont Cameroun est le sommet le plus haut du Cameroun (4100m), riche en habitats originaux et variés et d'une grande diversité biologique (oiseaux, mammifères, papillons, plantes...).

Quant à Limbé, son évocation rappelle ses plages qui en constituent le produit phare. Les produits satellites qui ne s'écartent pas foncièrement du précédent sont le Limbé Botanic Garden (Centre de recherche et de loisirs très attrayant et reposant), le Limbé Zoological Garden (riche en primates et très visité) dont les richesses en font des arrêts obligatoires dans le programme des visiteurs de la ville. Le cap Bimbia constitue un attrait tout aussi original en raison de sa proximité de la mer et de son histoire de gîte et de sépulture des premiers missionnaires protestants arrivés au Cameroun.

Ces deux villes prises ensemble, présentent au plan climatique - à la faveur de la montagne qui adoucit le climat et la proximité de la mer - un temps agréable à Buéa favorable au repos et se rapprochant du temps dans les latitudes tempérées d'une part et un temps moins douillet à Limbé - du fait de la mer - qui peut néanmoins offrir l'occasion des baignades, du bronzage... d'autre part.

De plus, la sécurité des biens et des personnes n'y est pas particulièrement menacée. Les agressions, les vols...ne sont que rarement enregistrés dans ces contrées. La circulation des personnes se fait tout tranquillement.

Pourtant cette région du Mont Cameroun a l'avantage de présenter un réceptif important dont le principe de sa diversité n'est pas toujours acquis. En effet, les hôtels y sont nombreux et connaissent un taux de remplissage très faible (Autour de 15%). C'est alors que se pose le problème de l'efficience de la contribution du tourisme au développement ou tout au moins de la performance du tourisme dans le Fako.

La vie économique de la région ne s'en ressent pas particulièrement. Les populations restent essentiellement agricoles et de niveau de vie modeste. Bref, la région ne connaît pas un développement particulier consécutif à la pratique de l'activité touristique.

L'accessibilité à ces villes est fluide. Par la route, à partir de Douala ou du Moungo, ces deux localités peuvent être rejointes par des voies d'une certaine praticabilité. Par la mer, Limbé et Tiko sont des ports maritimes qui rapprochent le visiteur de sa destination de rêve quitte à ce que celui-ci l'atteigne ensuite par la route. Par voie aérienne, le seul aérodrome de la région se trouve à Tiko à partir duquel ces villes peuvent être ralliées. Entre les gares routières, les hôtels et les sites touristiques, la liaison n'est pas tout aussi facilitée et se fait essentiellement par la route.

À la vérité, les sites de ces villes sont-ils aménagés ? Et quand ils le sont, sont-ils les seuls qui soient vendables ? N'en existeraient - ils pas d'autres retranchés dans l'austérité de l'infranchissable voire de l'inconnu ? En d'autres termes, les ressources touristiques sont-elles systématiquement inventoriées et valorisées ?

Il est généralement admis que cette condition couplée à celle du marketing remplies, la région touristique devrait connaître un afflux de visiteurs et par voie de conséquence un développement tous azimuts. Mais ce serait ignorer la valeur que recèlent la sécurité et d'autres facilités pour les clients. Ainsi, peut-on dire que le Fako offre de réelles garanties de sécurité au visiteur qui le sillonne ? L'arnaque, les tracasseries policières, le banditisme... ne pourraient-ils pas dissuader les éventuels touristes à s'y rendre ? En outre, l'état des voies d'accès à ces villes et les moyens de transport y contribuent-ils davantage ? Une fois que les visiteurs arrivent dans ces villes, disposent-ils tous et à leur convenance des espaces de couchage ? Enfin les populations de ces villes constituent-elles un appoint au développement du tourisme surtout lorsque l'on sait qu'elles ne sont pas particulièrement impliquées dans le processus ?

Quoiqu'il en soit, évaluer les potentialités effectives du tourisme du Fako d'une part et encercler les contraintes qui s'exercent sur l'essor de cette activité d'autre part, permettront assurément à travers la réponse à ces questions de saisir les forces et les faiblesses du tourisme dans la région du Mont Cameroun.

0.4. CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE

La présente étude s'inscrit dans le registre du grand débat ouvert sur le concept de « tourisme et développement » ou encore de la relation positive et productive entre le tourisme et le développement dans les pays du Tiers-Monde. En effet, traiter des performances du tourisme revient à en identifier les forces et les faiblesses en vue d'y apporter quelques suggestions. Cela fait, l'activité pourra se développer à travers l'augmentation des visiteurs avec son cortège d'effets bénéfiques sur les pays et les peuples.

Le tourisme recouvre diverses significations. D'abord au sens étymologique, il vient de l'anglais tourism lui-même issu du français `tour'. Il s'agissait à l'origine (au XIXè) siècle pour l'aristocratie anglaise d'aller `faire un tour', généralement sur le continent.

Quant au Dictionnaire Petit Robert, il le définit comme le fait de voyager, de parcourir pour son plaisir un lieu autre que celui où l'on vit habituellement (même s'il s'agit d'un petit déplacement ou si le but principal est autre).

Pour l'OMT, le tourisme est le fait de se rendre dans un autre pays que celui de son lieu de résidence pour une durée d'au moins 24 heures et pour toute raison que celle d'y exercer une autre activité rémunérée.

Le Conseil Supérieur du Tourisme français considère quant à lui que le tourisme regroupe l'ensemble des activités de production et de consommation auxquelles donnent lieu des déplacements assortis d'une nuit au moins passée hors du domicile habituel, le motif du voyage étant l'agrément, les affaires, la santé (thermalisme et thalassothérapie) ou la participation à une réunion professionnelle, sportive ou religieuse, etc. ( Baud et al, 1998).

George (1970) définit le tourisme comme une «activité liée aux loisirs qui appelle des déplacements saisonniers de population essentiellement urbaine vers les régions favorisées par leurs aptitudes naturelles à répondre à l'attente des touristes, et faisant l'objet des spéculations diverses quant à leur équipement adéquat''.

Il apparaît que la définition du tourisme fait ressortir quatre agrégats : le déplacement, le lieu, la durée et le motif. En conséquence, nous retenons que le tourisme est l'ensemble des activités liées au déplacement des personnes (résidentes ou non) pour un séjour de durée minimale de 24 heures et 6 mois au plus dans un lieu donné pour un motif d'agrément, personnel ou professionnel.

0.5. ARRIERE-PLAN SCIENTIFIQUE ET JUSTIFICATIONS

Le tourisme tel que pratiqué aujourd'hui est un fait plus ou moins récent. En effet, c'est depuis l'après-guerre (Deuxième Guerre Mondiale) que cette activité est en pleine expansion. Au XIXè siècle, elle était la chasse gardée de quelques grandes familles aristocratiques anglaises dans un premier temps puis s'est étendue par la suite aux françaises avant de se généraliser à la bourgeoisie du vieux continent. Il s'agissait ici essentiellement d'un tourisme balnéaire complété plus tard par un tourisme de montagne. Dans le même temps, quelques explorateurs traversaient l'Afrique sans que l'espace touristique ne s'en agrandisse pour autant. Les visiteurs se rendaient sur les sites de prédilection tels que la Côte d'Azur, la Côte Normande... Bref c'est la côte nord méditerranéenne qui accueillait les touristes de ce siècle-là.

La première moitié du XXè siècle ne connaît pas un développement spécial du tourisme. Toutefois, l'amélioration des conditions de transport, les congés payés offrent à ceux qui le veulent un accès à la pratique de cette activité. Mais on retient essentiellement que la ségrégation sociale marque profondément la qualité du tourisme effectué. Les sites les plus populeux sont les moins chers et rigoureusement distincts des stations huppées, seules l'apanage des touristes cossus.

C'est dans les années 60 que se développe le tourisme pour tous dans les villes européennes, ce d'autant que le besoin de re- création se fait de plus en plus présent. En effet, les populations occupées pour la plupart dans le secteur de l'industrie n'hésitent pas à sortir du carcan quotidien, de la répétition quasi-mécanique des gestes que leur travail exige. Elles ont comme atout la croissance des Trente Glorieuses avec pour effet l'augmentation de leur pouvoir d'achat, l'allongement des congés payés (Temps de vacances importants), les infrastructures touristiques nombreuses et performantes et les politiques étatiques favorables à l'évasion bon marché. C'est l'ère du tourisme de dépaysement, de re-constitution après un travail absorbant et relativement ennuyeux. Le tourisme est donc une activité de loisirs. D'ailleurs il est étroitement rattaché aux `Four S' (Sea, Sun, Sand & Sex), toutes choses qui marquent une effective rupture avec le cadre de vie habituel et procure l'air bienfaisant de la mer, le soleil requinquant et le plaisir d'entrer en contact direct avec le sable des plages.

De plus en plus aujourd'hui, le tourisme s'inscrit dans le registre de l'hédonisme, de la jouissance tous azimuts de tous les plaisirs que la vie peut offrir. Ainsi, le tourisme occupe une place de choix dans les congrès et autres réunions internationales pour sa grande capacité à re-créer et à re-équilibrer l'homme.

On note également un repli des touristes vers la nature. Ceux-ci aspirent davantage aux randonnées en montagne, à la visite des parcs, des zones rurales...C'est du tourisme naturel ou de l'écotourisme.

Mais le débat sur la contribution du tourisme au développement des peuples et des pays en développement reste ouvert, car les opinions qui ont fortement divergé tendent aujourd'hui à s'harmoniser.

Au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, autour des années 50, le tourisme est considéré comme une baguette magique qu'il suffit d'agiter pour résoudre tous les problèmes (Schülter, 1991). On a vite fait de céder à la tentation de croire que le tourisme peut rapidement permettre le recouvrement des pertes de l'économie. C'est l'ère pendant laquelle les chercheurs encensent le tourisme et son rôle moteur dans les pays qui n'ont de ressources de développement que leur environnement et leurs peuples. D'ailleurs, au plan économique, le tourisme international contribue directement au compte courant de la balance des paiements grâce aux rentrées de devises étrangères dans les pays de destination. De plus, les hommes d'affaires, les gouvernements investissent une partie de l'argent qu'ils reçoivent dans l'économie des pays hôtes, ce qui accroît le volume de l'économie. Quant au tourisme domestique, il permet de redistribuer ces devises dans les frontières du même pays (Archer, 1977). Au plan politique, le tourisme est une force majeure de paix et de concorde entre les peuples en même temps qu'il renforce l'unité politique d'un pays (WTO, 80, 82). Les effets néfastes d'une telle promotion ne tardent pas à se faire ressentir. C'est alors que s'ouvre la seconde ère.

L'évolution historique de la réflexion sur l'apport du tourisme au développement a tendu ensuite à embrasser l'autre extrême. Plusieurs chercheurs tournent le dos à la précédente conception en remettant en cause la participation du tourisme au développement et estiment au contraire qu'il contribue à ruiner les pays en développement aux plans économique, politique, socioculturel et environnemental.

C'est ainsi qu'au plan économique, le tourisme est présenté comme une nouvelle forme de domination économique. En effet, l'origine géographique des prestations des biens consommés et des groupes socio-professionnels qui les fournissent permet de saisir la pertinence de ce point de vue. De plus cette industrie nationale a pratiquement tous ses clients à l'extérieur pour ce qui est du tourisme international (Dieng et al, 1980). Ceci a pour effet l'extraversion de ce secteur d'activité. Au niveau local, le prix des terres flambe (Archer et al, 1994) et même très souvent celui des biens de consommation courante.

Au plan politique, le tourisme peut être compris comme une nouvelle traite, du néocolonialisme en somme.

Au plan socioculturel, il représente un nouveau mode d'infériorisation culturelle (Dieng et al, 1980). L'appréciation que font les visiteurs d'une société, de sa culture peut avoir une influence durable sur celle-ci. Cette dernière peut se déformer et progresser vers un certain modèle culturel recherché. Des fois dans le domaine des arts, la pratique du tourisme est une invite au pillage. Le touriste est aussi attiré par ce qui est lui paraît insolite, curieux. Cela l'amène souvent à bien des égards à profaner ce qui est «sacré» pour le peuple hôte. Aussi, la prostitution, la consommation des drogues, le banditisme, l'alcoolisme, la criminalité...sont quelques-uns des fléaux que le tourisme engendre - quoique pas de façon exclusive - dans une société.

Depuis les années de crise économique, le discours semble plus conciliant. Il tend à rapprocher les deux époques en maximisant les avantages tout en minimisant les travers de la pratique du tourisme.

0.6. QUESTION DE RECHERCHE

0.6.1. Question générale

Comment accroître la fréquentativité touristique dans une région qui en présente les atouts et partant, relever le niveau de performances du tourisme dans le Fako ?

0.6.2. Questions spécifiques

· Quelles sont les ressources qui intéressent les touristes et sur lesquelles le tourisme peut s'appuyer pour éclore dans la région du Mont Cameroun ?

· La destination Fako est-elle connue de ses visiteurs et promue  pour en attirer de nouveaux?

· La qualité de l'offre (propreté, aménagement des sites, infrastructures...) peut-elle constituer une faiblesse pour l'épanouissement de ce secteur d'activité dans la région ?

0.7. REVUE DE LA LITTERATURE

La question de développement du tourisme a constitué le menu de plusieurs travaux (Publications) dans les villes des pays du Tiers-Monde. De façon générale sous ces cieux, le bilan du tourisme est très contrasté. Certains de ces pays reçoivent un nombre important de touristes tandis que d'autres dans le meilleur des cas n'en reçoivent qu'un nombre insignifiant voire presque aucun dans le pire des cas. Pourtant assez souvent, toute une batterie d'initiatives de développement a été prise à cet effet. Pour la plupart, ces pays sont les laissés pour compte des retombées que l'activité touristique génère. Ils sont bien loin du cap des 500 000 touristes internationaux faisant d'un pays, d'une ville, une destination touristique.

C'est particulièrement le cas de plusieurs pays d'Afrique au Sud du Sahara qui, pour des raisons d'instabilité et de garantie de sécurité pour le touriste voient leur activité battre de l'aile (Ciss et al, 2002). En conséquence, les rentrées de devises sont minables et les effets pervers nombreux sur l'environnement et la culture, bref, sur la vie de la communauté d'accueil (Dieng et al, 1980).

Pour ce qui est du Cameroun, la situation n'est guère plus reluisante. Le riche potentiel touristique contraste fortement avec le faible niveau de fréquentation du pays. En effet, le nombre de visiteurs est bien en déça du minimum de fréquentation prescrit par l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) pour devenir une destination touristique. Pourtant la volonté des pouvoirs publics maintes fois réaffirmée, ne manque pas (Enogo, 2002).

Quelques auteurs mettent à contribution leurs aptitudes et connaissances depuis plusieurs décennies pour inverser la tendance et partant, travailler au développement du tourisme. Au départ, il est question plus ou moins de la présentation des richesses attractives dont regorgent le pays. Du point de vue culturel, les quatre zones d'attraction pouvant servir de base à la promotion d'un tourisme de culture sont définies. Il s'agit notamment de l'Ouest, du Littoral, du Nord et de l'ensemble composé des provinces administratives du Sud-Centre-Une partie du Littoral. Ce travail rend possible la présentation d'une offre culturelle harmonieuse dans chaque zone, jaillissant du milieu de la grande diversité culturelle, qui est par ailleurs le fruit du brassage des traditions, des religions...au fil de l'histoire du peuplement du pays (Essono, 1973).

Du point de vue géographique, il est rendu évident que le Cameroun dispose de nombreux atouts sur lesquels son développement peut reposer. C'est tantôt les éléments de la nature (Plages, stations d'altitude, paysages naturels, faune) tantôt ceux du bâti (aéroports, routes, hôtels et équipements) et même les éléments de la culture tels l'artisanat, le folklore. Il apparaît que la géographie du Cameroun est généreuse en ressources touristiques qu'il y a donc lieu de valoriser (Mainet, 1979).

La valorisation de ce potentiel touristique partiellement inventorié jusqu'à ce jour, passe par des actions concrètes du nombre desquelles l'aménagement s'insérant dans la logique d'un aménagement équilibré, concerté et planifié du pays en général dans la perspective de la maîtrise du territoire (Essono, 1981).

Le problème des politiques touristiques en rapport avec le développement du pays peut alors se poser. En effet, le manque de politique cohérente et incitative, l'inadaptation et les contradictions dans les orientations politiques, l'inefficience et la non application des plans de développement expliquent le sous développement du secteur touristique du Cameroun (Ekori, 1986).

La précision de l'option du politique en matière de type de tourisme à promouvoir - à savoir un tourisme de masse à l'intérieur à côté d'un tourisme élitiste pour visiteurs internationaux (Biya, 1986) - n'a valeur que d'orientation.

Le chemin parcouru par le tourisme camerounais donne lieu à une évaluation sans complaisance. Ainsi sont passées en revue les questions en relation avec les attractions touristiques, les espaces d'hébergement, l'odyssée de la structure administrative, la promotion, la commercialisation... dans ce qu'il convient d'appeler la mémoire du tourisme camerounais. Le pays y est découpé en quatre régions touristiques (Côte, Nord, Ouest, Centre-Sud-Est) et en dix pôles de développement avec pour toile de fond l'aménagement du territoire et la valorisation du produit touristique comme le gage de l'essor du secteur (Essono, 2000).

Eu égard aux potentialités que le tourisme dispose à se développer, le constat de non-envol reste implacable. Les travaux menés jusque-là abordent rarement la question de l'évaluation des performances touristiques du Cameroun. Souvent, on a eu droit à des historiques du tourisme mais jamais dans la perspective d'une ou des villes de Buéa et de Limbé. C'est ce qui explique le fait que nos efforts de recherche se déploient autour de la question de l'étude de ces performances à l'échelle de cette région. Pour ce faire, nous dresserons un état des lieux de l'activité touristique, nous en relèverons tant les forces que les faiblesses avant de faire quelques suggestions pouvant contribuer à améliorer l'image et le niveau touristiques de cette partie du Fako.

0.8. OBJECTIF DE LA RECHERCHE

0.8.1. Objectif général

Le tourisme a du mal à décoller au Cameroun. En effet, depuis l'indépendance du pays, beaucoup d'initiatives ont été prises pour valoriser le potentiel touristique sans que celles-ci n'aboutissent effectivement sur le développement du secteur. Ainsi, les études, les financements...ont été mis à contribution pour provoquer le décollage de ce gisement de devises étrangères. Mais chaque fois, sans obtenir les résultats escomptés. Ce constat n'est guère plus évident ailleurs que dans les villes du `Char des dieux', province du Sud-Ouest où de prime abord, la quantité et la diversité des ressources du tourisme (Mont, plage, climat, jardins botanique et zoologique, héritage colonial allemand...) constituent un atout certain pour l'essor de ladite activité. Il apparaît cependant tout à fait surprenant de n'enregistrer qu'une fréquentation ridicule, en stagnation sinon en régression à coté des possibilités dont disposent ces villes. C'est pourquoi, il nous semble judicieux dans le cadre du présent travail, de contribuer à l'accroissement de la fréquentativité de cette région du Mont Cameroun en établissant ce qu' elle présente réellement du point de vue touristique comme avantages et faiblesses.

0.8.2. Objectifs spécifiques

De façon élaborée, il s'agira pour les villes sus-évoquées :

· De caractériser les milieux dans lesquels s'inscrivent l'activité touristique.

· De dresser un état des lieux de développement du tourisme aux niveaux fréquentatif, infrastructurel...

· D'identifier les potentialités touristiques.

· De déterminer les facteurs limitants à l'essor du tourisme.

0.9. HYPOTHÈSE DE RECHERCHE

0.9.1. Hypothèse principale

Le tourisme dans le Fako bat de l'aile.

0.9.2. Hypothèses spécifiques

i. Les éléments de la nature sont les plus convoités par les visiteurs du Fako.

ii. Les attractions architecturales et culturelles sont mal connues et partant peu visitées.

iii. La promotion du tourisme et l'information des touristes font cruellement défaut dans cette région.

iv. L'aménagement des sites, des infrastructures d'accueil et des voies de communication est embryonnaire.

0.10. MÉTHODOLOGIE

Il nous revient de montrer comment nous procéderons pour évaluer les atouts et les faiblesses du tourisme dans ces villes du Fako. Pour ce faire, nous collecterons des données que nous traiterons par la suite avant de nous permettre quelque interprétation.

0.10.1. Méthodes de collecte des données.

Pour rassembler les informations utiles à ce travail, nous aurons recours à quelques méthodes de collecte. Ainsi, les approches qualitatives et quantitatives sont nécessaires dans le cadre d'une telle étude. Etant donné qu'on ne saurait tout mettre sous la forme des chiffres, même si l'analyse devra suivre, étant entendu que certaines données par leur nature exigent un traitement tantôt qualitatif tantôt quantitatif. C'est pourquoi de la littérature aux enquêtes de terrain en passant par les illustrations, les chiffres, l'observation directe, nous collecterons les données qui permettent de comprendre notre question de recherche.

0.10.1.1. Les documents écrits

Nous utiliserons des ouvrages généraux, théoriques sur la question de la géographie du tourisme ainsi que les ouvrages méthodologiques pour définir les concepts principaux et les méthodes utilisées en géographie humaine.

· De même, nous ferons recours aux travaux de recherche sur le tourisme dans les pays du tiers-monde qui, à quelque exception près, connaissent les mêmes problèmes sur ce terrain.

· Les travaux effectués sur le Cameroun en général et éventuellement sur les localités de Buéa et Limbé et qui se rapportent à la question à l'étude nous seront d'une précieuse utilité en vue de la réalisation du présent travail de recherche. Les informations qui s'en dégageront nous permettront de bien canaliser notre inspiration et baliser notre recherche.

0.10.1.2. Les documents iconographiques

Gisement d'informations et de localisation par excellence, la carte servira d'outil de recherche et de découverte particulièrement au sujet de la connaissance des faits spatiaux. A cet effet, nous utiliserons les cartes proprement dites dont celle de Buéa-Douala au 1/200 000è.

0.10.1.3. Les documents statistiques

Nous dépouillerons les fiches statistiques des arrivées hôtelières de la Délégation Provinciale du Tourisme pour le Sud-Ouest (DPTSW) pour faire l'état de la fréquentation dans le Fako pour les six dernières années qui d'ailleurs sont les seules disponibles. Aussi ferons-nous recours aux informations générales pour voir ce que représente le Fako sur l'échiquier national en terme de fréquentation et de rentrées de devises.

0.10.1.4. Observation directe

C'est une approche fondamentale en géographie ce d'autant plus que le travail de terrain nous expose aux réalités quotidiennes et dans notre cas à celles du tourisme. Ainsi, nous pourrons apprécier de visu les sites touristiques et les hôtels pour évaluer leur niveau d'aménagement, de salubrité et d'entretien. Dans le même registre, nous considérerons les attitudes des touristes à leur arrivée dans ces villes, comment ils s'informent, visitent les attractions et regardent les populations...Ce sera dans le cadre d'une observation non participante. Cette approche nous fournira des données difficiles voire impossibles à obtenir autrement notamment par l'approche quantitative.

0.10.1.5. Enquête exploratoire

Nous entrerons en contact avec les responsables du MINTOUR au niveau provincial et national à travers des interviews semi-structurées pour dégager la perception que le gouvernement a du problème. En outre, nous ferons de même avec les autres acteurs du tourisme dans le Fako pour décrire succinctement la situation actuelle, identifier et localiser les infrastructures...ce qui préparera la phase d'enquête proprement dite.

0.10.1.6. Enquête de terrain

Elle se fera en intégrant plus ou moins les quatre segments du secteur du tourisme. Nous adresserons notre questionnaire aux visiteurs, utiliserons un guide d'entretien avec les autorités en charge du tourisme, un autre pour l'industrie touristique et nous nous intéresserons plus ou moins aux populations locales pour collecter les données nécessaires.

0.10.2. Méthodes de traitement et d'analyse des données.

0.10.2.1. Traitements informatiques des données

· Codification du questionnaire

Il s'agira d'attribuer un code à deux chiffres maximum cette fois-là aux données ou réponses du questionnaire. Cette codification préparera à la phase suivante, la programmation.

· Programmation

Elle consiste à préparer une maquette du questionnaire de sorte à avoir en quantité nécessaire l'apparence d'un questionnaire dont il faut simplement compléter les variables prédéfinies lors de la codification.

· Saisie et traitement des données

La saisie des données `réponses du questionnaire' sera effectuée à travers un masque de saisie conçu à l'aide du logiciel CSPro. Les informations qui en auront résulté seront utilisées dans le logiciel Statistical Package for the Social Science (SPSS). La matrice d'information se présente sous forme de tableau statistique à double entrée, avec sur la ligne les sujets et en colonne les variables d'analyse qui sont ici les opinions. C'est alors que toutes les opérations statistiques désirées peuvent être réalisées selon les abondantes options qu'offre ce package.

· Traitement des images

Le logiciel de traitement d'images et de cartes Adobe PhotoShop nous sera utile pour le traitement des cartes et photos. Après les avoir scannées, nous les afficherons à l'écran afin de procéder à toutes les améliorations sur la présentation finale de sorte que soient évidentes toutes les informations recherchées. Ensuite, grâce aux logiciels de cartographie Arcview, nous dresserons toutes nos cartes (Sites aménagés, potentialités naturelles et culturelles, hôtels, routes...).

0.10.2.2. Analyse des données

Tabulation

Nous construirons des tableaux simples, à double entrée pour regrouper les données de même nature et générer des diagrammes et graphiques pour la mise en évidence des tendances qui se dégageront du traitement des données. Les tableaux statistiques simples sont récapitulatifs de toutes les réponses à une question. Ces réponses sont ensuite ventilées selon leurs catégories et exprimées en pourcentage. Les tableaux statistiques à double entrée pour les réponses à deux questions se croisent. Ceci permet de rechercher, de soupçonner un lien entre certaines variables ou simplement d'établir une relation significative entre deux variables.

0.10.3. Interprétation des résultats obtenus

Il sera ici question de l'analyse et du commentaire des tableaux statistiques et graphiques obtenus en respectant la logique qui régit les analyses simple et bidimensionnelle. L'analyse simple ou unidimensionnelle sert à décrire les caractéristiques de l'échantillon et à comparer certains sous-groupes entre eux alors que l'analyse bidimensionnelle permet l'étude simultanée de deux données l'une à l'autre. De même, elle aide aussi à mesurer les relations entre deux variables. Ce travail offrira l'opportunité d'expliquer les situations observées, de comprendre certains comportements ou attitudes. Le recours pourra être fait en temps de besoin au logiciel Excel pour les illustrations graphiques.

0.11. PLAN DE TRAVAIL

Le travail entrepris obéira aux grandes divisions suivantes :

· L'introduction qui est constituée de la problématique, la question de recherche, l'arrière-plan scientifique, la revue de la littérature, les objectifs, les hypothèses et la méthodologie de la recherche.

· Le chapitre 1 qui présente le cadre dans lequel l'étude s'inscrit avant de montrer comment le tourisme y est pratiqué.

· Le chapitre 2 est consacré à l'état des lieux du tourisme dans le Fako.

· Le chapitre 3 fait la part belle aux facteurs d'attraction des touristes dans la région du Mont Cameroun.

· Le chapitre 4 relève les contraintes qui s'exercent sur ladite activité sur l'étendue du territoire que le `Char des dieux' couvre de son ombre.

· La conclusion générale apporte la réponse à la question de recherche, les perspectives et la discussion non sans avoir rappelé au paravent les grandes articulations des chapitres.

CHAPITRE I : UN APERÇU DU MILIEU.

Le nombre de visiteurs semble s'accroître dans les villes de Buéa et Limbé, les hôtels eux aussi suivraient cette tendance à la hausse. Tout ceci est probablement le signe du caractère propice du milieu dans lequel cette activité s'inscrit. C'est pourquoi, nous nous attèlerons à présent à porter notre attention aussi bien sur le cadre physique qu'humain avant de voir comment cette activité se pratique de façon concrète.

1.1. UN MILIEU NATUREL AUX ATOUTS MULTIPLES

Les éléments de ce milieu naturel sont nombreux mais nous ne nous intéresserons de près qu'au relief, au climat, aux sols et sous-sols et à la végétation.

1.1.1. Un relief fort contrasté

Située au sud de la dorsale camerounaise, la région du Mont Cameroun s'est établie sur la ligne de faille qui prend naissance dans l'Atlantique au pic de Sao Tomé (2 024 m) et s'achève dans le Tibesti au Tchad. Elle est orientée SO-NE et s'inscrit aussi bien dans les basses terres que dans les hautes terres du cameroun.

Cliché : Botanic Garden. Limbé. Août 2003.

Photo 1.1. : Image satellite de la région du Mont Cameroun.

La partie basse est constituée de la plaine côtière qui s'étend sur tout le rivage ouest camerounais de l'Océan Atlantique. Ceci représente tout le sud de la région qui se termine par des caps et des falaises... Quant à la partie nord, elle est essentiellement montagneuse et abrite le plus haut sommet du pays : le Mont Cameroun. Avec ses 4095 m, c'est un édifice volcanique encore en activité et dont la dernière éruption remonte seulement à 1999. Cette année, les coulées de laves abondantes se dirigeant vers la mer se sont arrêtées à moins de 50 m de l'Océan Atlantique, à Bakingili. Elles ont constitué et constituent encore la motivation des rushes de touristes dans la région.

1.1.2. Un climat favorable et diversifié.

La région du Mont Cameroun appartient au domaine climatique équatorial de la variante camerounienne. Elle se caractérise par des précipitations abondantes, les amplitudes thermiques faibles (autour de 2°C), le découpage de l'année en 2 saisons dont une dure 9 mois et l'autre c'est-à-dire la saison sèche, 3 mois seulement (décembre à février). Ceci entraîne un certain raccourcissement de la saison touristique qui s'étend idéalement sur la saison sèche en raison de nombreux caprices de la saison des pluies. Mais tout de même, quelques dispositions sont prises pour parer aux aléas climatiques défavorables à l'activité telle que la fourniture au touriste de manteaux et autres parures pour les prévenir des effets de la pluie.

Le jeu des masses d'air (l'harmattan et la mousson) trouve un champ d'expression plus ou moins propice. En effet, en janvier, le balancement du front intertropical fait souffler l'harmattan jusqu'au 4è parallèle induisant ainsi la chaleur à son maximum. En juillet par contre, la mousson balaie la région et est porteuse de vents froids qui adoucissent le climat : c'est la saison pluvieuse. A Buéa, l'altitude accentue le phénomène étant donné que la température baisse à mesure qu'on s'élève en altitude de l'ordre de 0,6°C tous les 100 m. A Limbé, la proximité de la mer influe sur la pluviosité sachant que les pluies diminuent lorsqu'on s'éloigne de la côte. (9 895 mm de pluies par an à Debunscha).

Le climat contrasté de la région avec un temps froid à Buéa et un climat chaud à Limbé permet d'accueillir les visiteurs dont les goûts sont divergents.

1.1.3. Une végétation très variée et luxuriante

Le Mont Cameroun est une région présentant les plus riches espèces de plantes en Afrique de l'Ouest dans le domaine tropical. Car en effet, près de la moitié des 7 000 - 8 000 espèces de la flore se retrouvent dans cette région (Cheek et al., 1996).

C'est une végétation caractéristique de forêt dense toujours verte qui au contact de la mer mue en mangrove dans laquelle on trouve des espèces adaptées à l'eau saumâtre : rhizophoras et palétuviers. Leurs racines enchevêtrées se dressent au-dessus des bancs de vase, noyées à marées hautes hantées de curieux poissons amphibies. Faisant suite à la mangrove dans les marais, assez loin parfois de l'intérieur, une forêt de raphia et de bambous s'adapte elle aussi à la vie palustre. Mais la majeure partie de cette forêt appartient à cette sylve immense C'est un épais manteau moutonnant qui recouvre la terre, atténuant les formes de relief, toujours vert, qui fait bleu et gris à l'horizon pluvieux. Si l'on s'élève en altitude, l'aspect change, les grands arbres disparaissent, les fougères se multiplient. Sur les sommets, on peut trouver des prairies et des pâturages. Tout ceci constitue des données à regarder et parfois à toucher pour le plaisir personnel.

1.1.4. Des sols riches et adaptés à la pratique du tourisme

Les sols volcaniques sont issus de la décomposition des basaltes et constituent le substrat de la végétation sur le Mont Cameroun présentée dans la section précédente. De même, il existe des sols alluviaux recouvrant certains secteurs de la plaine côtière. Ces deux types de sols sont particulièrement fertiles surtout lorsqu'ils sont mutuellement associés. Cela peut justifier la forte implantation des activités agricoles dans cette région qui abrite d'ailleurs le premier et le plus important complexe agro-alimentaire du pays depuis 1946 : la Cameroon Development Corporation (CDC). Elle dispose de nombreuses plantations spécialisées dans une culture particulière (les bananeraies, les palmeraies, les champs de thé, d'hévéa...). Ces différentes exploitations peuvent servir à la pratique d'un type particulier de tourisme, l'agro-tourisme.

Cliché : NGUEPJOUO. Saxendorf, Août 2003

Photo 1.2. : Une plantation de la CDC à Saxendorf.

1.2. UN MILIEU HUMAIN DONT L'HISTOIRE EST INTÉRESSANTE

1.2.1. Un aperçu historique de la région du Mont Cameroun jusqu'au XVIIè siècle

Dans la lointaine Antiquité, entre le VIè et le Vè siècle avant Jésus-Christ, la région du Mont Cameroun aurait été visitée par des navires carthaginois. En effet selon le `périple d'Hannon' du nom du chef de l'expédition qui le baptisa le « char des dieux », les marins auraient assisté à une éruption du Mont Cameroun, fascinés qu'ils étaient, ils en ont fait le récit. Cette fascination n'est nullement entamée de nos jours malgré le temps qui les sépare de nous.

L'histoire observe ensuite un long moment de silence et par conséquent, ces régions vivent ignorées du reste du monde. Mais à partir du XVIè siècle, les marchands européens (Portugais et Français) commencent à fréquenter les côtes du Golfe de Guinée. Les Portugais sont les premiers à s'établir sur la côte camerounaise. D'ailleurs le nom Cameroun provient de leur langue, car en effet le Wouri a été baptisé par ses premiers découvreurs le `Rio dos Camaroes' c'est-à-dire `la Rivière des crevettes'. Ayant subi de nombreuses modifications, Camaroes est devenu Cameroun. Mais, l'intérêt de ces peuples pour le Cameroun sera négligeable tout comme celui des autres nations occidentales de l'époque.

1.2.2. Le peuplement de la région

Avant que celles-ci ne se ravisent, les populations arrivent et s'installent sur les pentes du Mont Cameroun. En effet, les bakweri appartenant à la première vague de peuplement du Cameroun, celle des bantous qui remonte au XVIIIè siècle, seraient originaires de la boucle du congo. Venus par la côte Atlantique, elles se seraient installées sur le continent, occupant au départ le Cap Bimbia avant de migrer par la suite pour diverses raisons vers l'hinterland. Depuis ces temps ancestraux, ces populations ont vécu de la pêche puis l'ont combiné à l'agriculture. Ce sont des populations qui vivent - selon Fernand MAURETTE cité par LEMBEZAT- « une des formes des plus ingénieuses de l'adaptation aux conditions naturelles ». Ce sont ces deux activités qui font le quotidien de ces peuples. Certaines populations viendront par la suite de la province du Nord-Ouest surtout attirées par l'espoir d'un emploi salarié dans les plantations coloniales de la CDC. Ces deux peuples sont tellement imbriquées aujourd'hui qu'il est difficile de marquer quelque différence entre eux.

1.2.3. Les temps de la domination (allemande, britannique)

Plus tard, ces populations et leurs terres vont servir de théâtre aux activités esclavagistes et impérialistes de l'Occident. Les missions exploratoires vont sillonner toute la côte ouest atlantique, y installer des comptoirs, créer des stations missionnaires et annexer d'immenses régions de l'Afrique dont celles du Mont Cameroun. Quoique Bismarck ait dit un jour que « toute l'Afrique ne vaut pas les os d'un grenadier poméranien » (LEMBEZAT, 1954), il sera obligé de réviser sa position. Car en effet, le 14 juillet 1884, Nachtigal, de nationalité allemande va débarquer au Cameroun à bord du navire de guerre la Möwe. Après avoir passé des accords avec des puissances française et britannique, les Allemands se hâtent vers l'intérieur. Deux de leurs missions étaient déjà envoyées à la conquête du pays. La deuxième confiée au Capitaine Graffenreuth ne dépasse pas Buéa car ce dernier y est tué par des rebelles. De façon générale, les 30 années d'occupation allemande se repartissent en trois grandes périodes :

· 1ère période (1884-1895) : Le Cameroun est une escale des bateaux allemands. Ils se contentent d'échange sans ingérence dans les affaires administratives locales. Le pays ne lui révèle pas encore son charme.

· 2ème période (1896-1906) : Sous la conduite du gouverneur Yesko Von Puttkamer maintenu dans les mêmes fonctions, les Allemands vont procéder à l'établissement de grandes concessions et de grandes plantations dont celles qui reviendront plus tard à la CDC. Au cours de cette période, la capitale de la domination est transférée de Douala à Buéa. Cela entraîne la construction de nombreux édifices dans la ville de Buéa qui jusqu'à ce jour sert encore à l'administration camerounaise pour ses représentations provinciales dans le Sud-Ouest. Ce sont des constructions pouvant résister à l'activité sismique de la région et intéressantes à regarder.

Cliché : LBG. Août 2003.

Photo1.3. : Photo Palais du gouverneur allemand Yesko Von Puttkamer construit en 1900 qui reste malheureusement fermé aux visiteurs.

· 3ème période (1907-1914) : Le gouverneur Yesko Von Puttkamer est démis de ses fonctions. Néanmoins, l'oeuvre allemande s'affermit davantage et s'oriente même vers le social : oeuvre médicale, construction du chemin de fer et du réseau routier. D'ailleurs en 1911, le Traité Germano-douala met le Cameroun en vedette et on procède à la création de nombreuses autres plantations. C'est alors que la guerre vient malheureusement mettre fin à ce chantier en construction.

La région du Mont Cameroun va ensuite être gérée par les Britanniques qui vont y appliquer l'indirect Rule. L'organisation sociale et la langue de communication sont l'héritage de cette administration. En effet, les peuples bakweri sont une société organisée en villages dont chacun est composé des descendants d'un seul ancêtre. Les pouvoirs du chef sont assez restreints depuis qu'est close l'ère des guerres entre les villages et les tribus, ce peuple étant volontiers anarchique. Les pouvoirs les plus réels sont exercés par le chef de famille qui détient les pouvoirs d'un propriétaire sur cette cellule économique et sociale. Elles se livrent à des activités culturelles et d'entraide. Ceci leur permet d'avoir quelque chose à proposer à la civilisation de l'universel, au concert du donner et du recevoir si cher à Senghor.

1.3. IMPORTANCE DE L'ACTIVITÉ TOURISTIQUE

Nous avons défini le tourisme comme l'ensemble des activités liées aux déplacements des personnes (résidents ou non) pour un séjour de durée minimale de 24 heures dans un lieu donné et pour un motif d'agrément, personnel ou professionnel. Ainsi présenté, le tourisme remplit trois missions : le divertissement, l'éducation et l'émotion - (de la traduction d'une portion du rapport anglais de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) des trois `E' : Entertainment, Excitement & Education) qui contribuent effectivement à épanouir l'homme.

Le tourisme est né sous la forme de la pratique contemporaine au XIXè siècle avec le mouvement romantique en Occident. Le romantisme est aussi bien un genre littéraire qu'un mode de vie qui s'émancipent de la régularité classique et de l'omniprésente rationalité des siècles antérieurs. Il vise la libération du moi et de l'art de toute sorte d'assujettissement. On peut alors comprendre le lien qui existe entre le tourisme d'une part et l'intimité et la liberté d'autre part. Souvent, pendant des séjours touristiques se nouent des relations amicales et même amoureuses sur les plages, dans de surprises parties... Dans certaines régions du monde comme l'Asie, le tourisme sert à promouvoir une certaine vie licencieuse. On parle d'ailleurs du tourisme sexuel qui est autorisé par le législateur. C'est par exemple le cas à Bangkok, en Thaïlande, en Philippines... Ce sont des destinations prisées pour des personnes inclinées à cette débauche officialisée mais de plus en plus combattue par l'OMT.

Par ailleurs, le tourisme se présente davantage comme une activité de re-création de l'homme. Cette fin que le tourisme vise est celle qui est admise par l'OMT. En effet, la vie moderne avec sa cohorte de stress, de contraintes liées au travail...exige que l'on se donne du répit pour refaire sa santé, se divertir. Le tourisme apparaît dès lors comme une perche tendue à l'homme moderne à la recherche de l'équilibre.

Cliché : D NGUEPJOUO Sémé Beach, Août 2003

Photo 1.4 : Touristes savourant le soleil et le plaisir de l'océan à Sémé Beach

Il consiste à s'adjuger le droit de se satisfaire par la conquête de quatre extrêmes. C'est ainsi que : le tourisme permet

· d'opposer à l'activité constante, la relaxation complète.

· de conquérir un environnement totalement étranger au détriment du cadre habituel de vie (la maison),

· de troque l'ordre avec le désordre

· de passer d'une situation de dépendance à une situation de dépendance très limitée voire la solitude.

C'est pourquoi de pus en plus aujourd'hui, le touriste se présente comme un `enfant' qui fait des caprices et sur lequel on doit veiller pour éviter quelque désagrément aux autres et au milieu qu'il visite. Le touriste a comme atout à cela sa disponibilité et sa curiosité.

Il s'agit en définitive d'une activité qui permet au déplacé de céder aux inclinaisons et aux fantaisies de son coeur et de son corps en utilisant les ressources du milieu à cette fin pendant un séjour touristique de manière à se sentir requinqué. C'est à cela que se livrent de milliers de personnes depuis longtemps dans le Sud-Ouest en général et dans le Fako en particulier. Il importe à présent d'en faire le point de manière à en connaître la situation.

CHAPITRE II : UN ETAT DES LIEUX DU TOURISME DANS LE FAKO

Activité plutôt récente dans les pays du Tiers-Monde (Début des années 60), le tourisme y connaît dans une large mesure le même rythme de croissance et les problèmes plus ou moins similaires. Ainsi, on y est passé de la phase de réel espoir de développement basé sur le tourisme à la phase de pessimisme et de désespoir. On semble ne plus en attendre grand-chose. Seuls quelques Etats ayant retiré de gros bénéfices des investissements antérieurement effectués, continuent de lui consacrer une part significative de leur budget. Les chercheurs même lui consacrent rarement le menu de leurs travaux. Mais à la faveur de la faible croissance retrouvée, un espoir semble renaître. Les pays d'Afrique au Sud du Sahara, jadis laissés pour compte, investissent eux aussi quoique faiblement dans cette activité. De fait par sa situation, le Cameroun fait partie de cet ensemble.

Depuis bientôt une décennie, le discours officiel présente un objectif que le tourisme doit atteindre. Ainsi chaque année pratiquement, C'est toujours la même rengaine à savoir : faire du Cameroun une destination touristique ou de façon chiffrée, drainer 500 000 touristes internationaux par an vers le Cameroun. Seulement après plusieurs essais (tentatives), l'échéance de ce but a jusque-là toujours été repoussée. Par exemple, en 1996 la première opération a été lancée, la deuxième a suivi en 1998 puis la troisième en 2000 et finalement, la quatrième en 2002 sans que l'on puisse avancer à proprement parler (JAE 318 / 16 Oct.- 5 Nov. 00). Cela peut paraître incompréhensible pour qui observe cette réalité de loin.

Et pourtant si l'on tient compte de près de la flopée de matières premières du tourisme, de l'ensemble de ses infrastructures, des ses acteurs pour arriver au résultat de fréquentation actuelle, un brin de lumière pourrait se faire sur quelques-uns des problèmes que connaît ce secteur d'activité en général mais davantage dans la zone d'étude.

2.1. LES ATTRACTIONS TOURISTIQUES

C'est l'ensemble des curiosités naturelles, anthropologiques et architecturales exerçant une certaine fascination sur les visiteurs d'une région. Dans certains cas, l'une d'elles suffit pour motiver le déplacement avec pour but de la savourer. Ces attractions peuvent être regroupées en 3 types en fonction de la nature du produit de base. Ainsi, on distingue les attractions naturelles, anthropologiques et architecturales.

2.1.1. Les attractions naturelles

Ce sont les ressources de la flore, de la faune et du relief généralement à l'état de nature ou n'ayant subit que des transformations mineures.

2.1.1.1. La flore

Du fait de l'altitude qui varie de 0 à 4 095 m et de ce que le Mont Cameroun est très arrosé, on enregistre jusqu'à 15 000 mm d'eau par an à Debunscha, ce qui en fait la 2è zone au classement de la pluviométrie mondiale après Cherrapunji. Il en découle la formation d'une palette floristique très différenciée s'étageant de façon successive sur les flancs du Mont Cameroun. L'étoffement de la couverture végétale est tout à fait évident Même les périodes de sécheresse des glaciations passées n'y ont rien fait. On recense 2 importantes et anciennes forêts qui sont cependant isolées du point de vue géographique. Ainsi, entre 200 et 2.500 m d'altitude, cette région présente une gamme riche et variée de formations végétales. C'est le cas des :

ü 23 espèces de plantes endémiques qui ont été enregistrées dans la zone forestière, de nouvelles espèces étant découvertes chaque année.

ü 19 autres espèces endémiques de plantes qui ont été identifiées dans les prairies ventées au-dessus de la zone forestière, au-delà de 2.500 m d'altitude. (BULLETIN SUR L'ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE CENTRALE, 95 sur le site web www.ecofac.org.).

Ce décor particulièrement favorable a permis l'éclosion de nombreuses activités dont la foresterie, la conservation de la nature... C'est notamment le cas du Limbé Botanic Garden (LBG) qui comporte quelques-unes de ces espèces et partant constitue un véritable musée végétal très couru.

( 1) (2)

Cliché : D. NGUEPJOUO, Limbé, Août 2003.

Photo 2.1. : Limbé Botanic Garden : l'entrée (1) et un aperçu de la partie centrale (2).

2.1.1.2. La faune

Étant donné le cadre naturellement propice de la région, la faune ne peut être que fournie. En effet, on dénombre ici d'abondantes espèces fauniques. Doté de 400 km de côtes ouvertes sur l'Atlantique, le Cameroun est toutefois desservi par une façade maritime pauvre en ressources halieutiques. Pour réaliser des prises importantes, les bateaux doivent aller au-delà des eaux territoriales (Site web du MINEPIA). Il existe tout de même de nombreuses espèces de poissons qui sont copieusement arrachées des eaux par le truchement de la pêche artisanale et vespérale très mobilisatrice à l'aide des pirogues à pagaie ou à moteur.

Cliché : D. NGUEPJOUO, Plage de Limbé, Août 2003.

Photo 2.2. Activité de pêche au soir sur le rivage ouest (Limbé) du Cameroun par les populations dont la survie en dépend.

Du nombre d'oiseaux, on peut citer une dizaine qualifiée d'endémique.

Quant aux mammifères, il en existe de moyens et de grands. On peut mentionner :

ü Quatre espèces rares de primates (Cercopithecus lhoesti, C. erythrotis, Mandrillus leucophaeus, Pan troglodytes),

ü 2 antilopes (Cephalophus sylvicultor, Cogilbyi)

ü l'éléphant de forêt (très peu nombreux du fait d'un braconnage intense).

ü Peu d'amphibiens sont connus, à cause des sols très poreux ne retenant presque pas d'eau au dessus de 1.000 m, malgré la pluviométrie élevée.

ü Pratiquement aucun travail n'a été réalisé sur les insectes, qui peuvent représenter plus de 80% des espèces des forêts tropicales (BULLETIN SUR L'ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE CENTRALE, 95 sur le site web www.ecofac.org.).

2.1.1.3. Les paysages

Les paysages que l'on rencontre ici sont tant fascinants que luxuriants. Et la non platitude du relief de la zone en rajoute davantage à son charme. Ainsi, on distingue les paysages de montagne, végétal et maritime que le touriste peut savourer à distance. On peut également les appeler des vues de la montagne, de la végétation et de l'océan.

(1) (2)

Cliché : D. NGUEPJOUO Etindé, Août 2003

Photo 2.3. : Les paysages captivants du Mont Cameroun : Petit Mont Cameroun ou Mont Étindé (1) et une vue du sommet de la montagne (2).

2.1.2. Les attractions anthropologiques

Ce vocable recouvre les réalités tels les hommes et leurs empreintes sur le milieu de vie.

2.1.2.1. L'homme du Fako

Il serait originaire du Congo et se serait infiltré par l'estuaire du Wouri, déjà occupé par les Bassa (AMOU'OU et al, 1985). Il appartient à l'ensemble des peuples de la côte - les peuples Sawa - qui présentent une culture toute originale et très attachée à la mer. Il existe 85 villages de taille différente situés entre 500 et 1000 m d'altitude, ceci du fait que les Allemands les avaient chassé de la côte pendant qu'ils établissaient les grandes plantations autour du Mont Cameroun

2.1.2.2. Les empreintes culturelles de l'homme sur le milieu

Généralement, la musique, l'art, l'artisanat, le folklore, la danse sont considérés comme des formes d'expression culturelle d'un peuple. Ainsi au fil du temps, une identité culturelle se forge, s'affirme et s'entretient. Dans ce registre, à l'exception des danses qu'effectuent des associations d'hommes et de femmes à coloration familiale. On peut distinguer entre autres les danses culturelles telles que la 'Fish dance', `Oroko Women'... et qui n'obéissent à aucune périodicité particulière sinon au rythme des grands événements, la région ne se distingue pas particulièrement par sa culture.

(1) (2)

Cliché : LBG, Août 2003.

Photo 2.4. : Séances de danse d'associations culturelles à Limbé : (1) Efololo dance et (2) Fish dance.

Cependant, ce peuple de l'eau s'identifie à l'ensemble des peuples Sawa dont la fête annuelle et l'ascension du Mont Cameroun donnent l'occasion d'une importante animation diversifiée et surtout à un événement culturel irremplaçable : La Canoe Race. C'est un moment prisé par l'ensemble du peuple comme en témoignent les attroupements sur les rives de l'Océan pour donner de la voix en vue de mener à la victoire la pirogue de leur ressort, le tout dans une ambiance carnavalesque.

Il existe également la fabuleuse légende de ces peuples de la montagne appelée `le mythe d'Efasah-Moto' le dieu du Mont Cameroun dont une partie est corps et l'autre pierre ou animale selon la version. C`est lui qui prend soin de tous ceux qui vont sur la montagne en pourvoyant à leurs besoins en eau , en nourriture et en gîte. La seule condition à laquelle le visiteur est astreint est qu'il doit récolter ce qui lui est nécessaire pour son bien-être là-haut et rien de plus. Rien ne doit en redescendre.

Aussi, même si l'organisation d'événements à caractère culturel fait cruellement défaut, il reste que la Course de l'espoir donne déjà une bonne occasion de déploiement d'une grande foire culturelle fortement colorée. La Course de l'espoir est une activité sportive qui consiste pour 500 athlètes au mois de février de chaque année, de se lancer à l'assaut du « Char des Dieux », le Mont Cameroun et ses 4.095 mètres. « C'est l'une des courses les plus difficiles au monde » et les athlètes viennent de plusieurs pays du monde dont la Belgique, l'Allemagne, le Rwanda, le Gabon, l'Italie et la France. Il s'agit concrètement de courir « 6 km de faux plat sur une route bitumée puis l'ascension sur 12 km avec un dénivelé de 3000 mètres et retour par le même trajet en descente » le tout agrémenté par un bouillon culturel. L'effervescence est à son comble avec notamment « l'animation ... sur le podium où défilent des groupes de danses traditionnelles, des artistes et des humoristes » au stade de Molyko (www.cameroun-voyage.com).

En dehors de ce cocktail culturel servi pendant cet événement sportif, toutes les activités culturelles lorsqu'elles existent sont mineures voire marginales dans la région du Mont Cameroun.

2.1.3. Les attractions architecturales

Ce sont des édifices construits par l'homme et qui véhiculent un message. Ceux-ci peuvent symboliser une période de l'histoire ou plus simplement marquer un moment de la vie d'un peuple.

L'histoire du peuplement du Cameroun révèle que les premiers habitants de cette partie du pays sont originaires du Congo. Mais leur occupation de l'espace est très peu durable et aujourd'hui, il est difficile de retrouver quelques signes de leur habitat, de leurs ouvrages, à l'exception du Paramount Chief Palace d'ENDELEY.

Par contre, les premiers missionnaires arrivés au Cameroun en 1845 se sont établis sur la côte, élevant des bâtisses en briques de terre qui leur servaient de logements, de bureaux et de champs missionnaires. Plus tard, ils étendront leurs structures à la construction d'une chapelle, d'une école à Bimbia. De nos jours, il existe encore les ruines de ces anciennes installations et à quelques lieues un camp rénové construit en matériau préfabriqué comportant des logements modernes, une chapelle, une salle de réunion et une école primaire à cycle complet à base de ciment : C'est le Camp SAKER. Il est administré par l'église baptiste dont les bureaux sont localisés à Limbé.

Bien plus tard, les Allemands explorateurs au départ et colonisateurs par la suite vont eux aussi faire leur entrée au Cameroun en 1884. Initialement installés à Douala, ils vont lui préférer Buéa qui dévient la capitale de leur domination. Ceci a pour effet de la doter d'abondants atours du pouvoir : Le palais du Gouverneur et ses services centraux. Ce sont de constructions adaptées à la sismicité de la région. Aujourd'hui, la plupart des représentations provinciales occupent ces édifices et le Palais du Gouverneur allemand de 72 chambres est la résidence présidentielle du Sud-Ouest.

Sous la période anglaise, rien de notable n'a été relevé. Mais après les indépendances, les initiatives de développement ont permis la création de la CDC, de la SONARA qui raffine depuis 1981 à la pointe du Cap Limboh près de Limbé dont les bureaux sont des curiosités pouvant servir à satisfaire le plaisir visuel du touriste.

2.2. UNE INFRASTRUCTURE TOURISTIQUE INSUFFISANTE

Par infrastructure touristique, nous entendons tout ce qui dans la localité d'accueil contribue au bien-être du visiteur c'est-à-dire ce qui facilite le divertissement, l'émotion et l'éducation qui sont les trois missions du tourisme ( Le Courrier, 99). Dans ce sens, nous présenterons tour à tour les transports, la communication l'hébergement et la restauration, et les points de loisirs.

2.2.1. Transport

On peut le définir comme le fait de déplacer ou de faire parvenir par un procédé particulier les hommes et les biens d'un point de l'espace à un autre.

Le moyen de transport le plus utilisé est la voiture dans le cadre soit du transport en commun soit dans celui des véhicules personnels. Il est de loin le plus intéressant en ce sens qu'il garantit mobilité et autonomie à son utilisateur surtout quand il s'agit d'un véhicule à usage personnel. Dans le cas où le transport en commun est l'option du visiteur, ces garanties sont relativisées. Mais dans les deux cas, la route est la voie de communication la plus utilisée. Elle permet de relier d'une part les villes tête de pont (Douala et Yaoundé) et autres villes du Fako grâce à la route nationale bitumée à double sens (Transport inter-urbain) et d'autre part les hôtels et les sites touristiques à partir de leurs parkings plus ou moins réduits (Transport intra-urbain).

Dans la plupart des cas, les touristes utilisent leur voiture personnelle ou encore s'adresse aux agences de location de voitures pour jouir d'une plus grande liberté dans leurs diverses courses sur une route dont le mauvais état de praticabilité est quasiment consensuelle.

Il existe une autre voie de communication mais moins conviviale : l'eau. Tiko, Limbé et Limboh disposent chacun d'un port maritime équipés seulement d'un wharf - et en projet bien avancé le Limbé Natural Deep Sea Port - où les embarcations de petite taille peuvent accoster en provenance de toute la côte africaine. Le port de la pointe de Limboh permet d'approvisionner la SONORA. Le transport des personnes n'est pas leur vocation, seuls les aventuriers et les voyageurs en quête de sensation forte peuvent s'y hasarder. Ceux-ci peuvent aussi accéder au Cameroun par d'autres `ports' tels Idenau, Ekondo Titi...qui sont l'objet d'une surveillance moins harassante et se rendre ensuite par la route à Buéa et Limbé. C'est dire que le visiteur en quête d'évasion et d'émotions fortes sous quelques conditions peut utiliser ce moyen de transport.

Quoique totalement inutilisé, Limbé dispose d'un aérodrome qui n'est pas mis en valeur. Pour le rendre opérationnel, des investissements doivent être mis à contribution. Mais étant donné, la relative rapidité de la route à rejoindre ces villes, le coût du transport aérien et souvent le temps de parcours entre deux destinations, on peut penser que la mise en état de fonctionnement n'est pas pour très bientôt.

En définitive, même si la route reste le moyen le plus conseillé, il faut néanmoins reconnaître que pour qu'il le soit davantage, quelque chose doit être fait pour que les récriminations des automobilistes soient satisfaites ou du moins réduites.

2.2.2. Communication

Elle peut se définir comme le fait d'entrer en contact avec un ou plusieurs individus à travers un échange d'informations. Cette relation est dynamique.

Le fait que le touriste soit en général en dehors de son cadre habituel de vie, l'incline plus ou moins à s'informer sur les hommes, les choses du milieu d'accueil, la vie en même temps qu'à rester en contact avec les nouvelles du lieu dont il est originaire. C'est ici que la communication revêt toute son importance dans les activités relatives à l'accueil et l'épanouissement du visiteur.

Pour ce faire, plusieurs recours sont envisageables. Il s'agit notamment des plus anciens aux plus récents moyens de communication, de la langue parlée, de la presse écrite, la radio, la télévision, le téléphone, le télex, le fax qui sont du reste disponibles à Buéa et Limbé.

La langue de communication la plus répandue dans le Fako c'est le pidgin qui est un anglais quelque peu dégradé et n'obéissant pas toujours aux normes de la langue anglaise. La quasi-totalité de la population du Fako s'exprime allègrement et aisément dans cette langue. A côté d'elle, l'anglais ou le `grammar' vient en seconde position. Ceux qui le pratiquent se recrutent généralement dans la haute société ou simplement dans les rangs de ceux qui jouissent d'un certain confort intellectuel. Mais comme partout ailleurs au Cameroun, la pratique des langues coloniales par les nationaux est différente de part l'intonation et l'articulation. C'est ainsi que l'accent de l'anglais des populations locales reste fortement différent de celui de l'anglais international et pose parfois quelque menu problème de communication avec les visiteurs de langue anglaise. Quant au français, il n'est vecteur de communication que de façon marginale dans cette région. Néanmoins bien de personnes sont francophiles voire francophones. C'est qu'elles sont disposées à aider à communiquer en se servant du français avec tout interlocuteur désireux d'échanger en français. Bien que le personnel hôtelier ne tire pas toujours son épingle du jeu, le français peut être considéré comme une langue de communication de seconde intention dans ces villes.

En ce qui concerne la presse écrite, les journaux à caractère local pour la plupart paraissent en anglais. Cependant, il existe aussi des titres en français. De manière générale, les informations peuvent être trouvées dans les deux langues officielles que sont le français et l'anglais dans la presse nationale.

Pour ce qui est de la radio, le principe du partage inégal est respecté. La majorité des tranches sont produites en anglais et en Pidgin et la proportion réservée au français est faible. Ainsi, le principe est en vigueur dans toutes les radios dont la base se trouve dans le Sud-Ouest. Il y a également sur toutes les fréquences - SW, MW, LW et surtout en FM - de nombreuses radios internationales (AFRICA NO 1, RFI, BBC...), nationales (Poste national, Radio nationale...), régionales et locales (Ocean City Radio à Limbé, FM 105, MOUNT CAMEROON FM, EQUINOXE...) d'innombrables signalements radio sont reçus dans la région. Ces radios sont reçues sans brouille aussi bien à Buéa qu'à Limbé à partir des postes récepteurs.

L'audiovisuel n'est pas des restes. En effet, le signal satellite Tv offre un bouquet de chaînes composé de la CANAL SATELLITE TV à Limbé, CRTV, CANAL 2, TVMAX qui sont des chaînes camerounaises et bien d'autres chaînes internationales en l'occurrence RTL9, CANAL HORIZONS, CFITV.... Pour y avoir accès, il suffit de disposer soit d'une antenne parabolique, soit souscrire un abonnement auprès d'un cablo-distributeur. Tous les hôtels classés en disposent à la réception ou au salon d'honneur et dans quelques chambres de haut standing.

Le téléphone national et international : Autrefois seul le téléphone fixe était fonctionnel. Avant son balancement au numérique l'an dernier, la qualité des communications était déplorable et manquait de convivialité lorsqu'on réussissait à obtenir son correspondant au bout du fil. C'est dire que la communication était quasiment impossible avec l'extérieur aussi bien à partir qu'en direction du Sud Ouest. Aujourd'hui, la situation a beaucoup évolué. Non seulement le fixe marche bien, mais aussi deux opérateurs téléphoniques (MTN & ORANGE) ont fait leur entrée sur le marché des télécommunications à la faveur de la libéralisation du secteur. Tout ceci permet désormais d'être joignable dans la grande partie de ces villes. Quelques zones non couvertes sont néanmoins existantes. C'est le cas d'une certaine partie du Mont Cameroun à une certaine altitude, des zones très basses ou en dehors du rayon de couverture de l'antenne de l'opérateur...

Les cabines téléphoniques fixes et mobiles sont présentes dans ces villes et donc dans les hôtels. Ceci permet aux visiteurs d'avoir accès à la minute de communication contre 300 FCFA. Aussi, certaines chambres d'hôtels disposent de postes téléphoniques et le visiteur qui a un téléphone mobile peut n'avoir aucun souci de communication à condition de disposer d'unités suffisantes.

Le fax et le télex ont pratiquement connu le même cheminement que le téléphone et offrent aujourd'hui à leurs utilisateurs des services en constante amélioration.

L'Internet, dernier né des NTIC est bien une réalité dans le Fako. A Buéa , cet outil est très répandu et de coût abordable. On le trouve facilement à Molyko dans les cybercafés au prix de 500 Fcfa / h de navigation. L'heure par contre revient à 1100 Fcfa à Limbé et le niveau d'extension est très moyen comparé à la ville de Buéa.

2.2.3. Hôtellerie et restauration

2.2.3.1. Hôtellerie

Depuis 1999, le paysage juridique en matière de tourisme s'est enrichi d'un décret évacuant le grand vide qui favorisait un certain `laissez-aller' dans le secteur. Ainsi, définition et caractérisation des différentes constituantes de cette activité ont été précisées. C'est notamment le cas en matière d'hébergement dont le décret N0 99/443/PM du 25 Mars 99 fixant les modalités d'application de la loi No 98/ 006 du 14 Avril 98 relative à l'activité touristique dispose en alinéa 2, Article 61, section 1 des établissements d'hébergement classés, chapitre 1 des établissements de tourisme classés, titre 3 de ce texte : « l'hôtel de tourisme est un établissement commercial d'hébergement classé qui offre des chambres ou des appartements meublés en location soit à une clientèle de passage, soit à une clientèle qui effectue un séjour caractérisé par une location à la semaine ou au mois, mais qui n'y élit pas domicile. Il est exploité toute l'année en permanence ou seulement pendant une ou plusieurs saisons ». Les termes de ce décret reconnaissent seulement à certains établissements d'hébergement la qualité d'hôtel. Ainsi en sont exclus les auberges, les hôtels non classés ... Quoique les visiteurs s'y rendent et y séjournent, ces espaces d'hébergement ne sont pris en considération ni dans les opérations de décompte des hôtels, ni dans celles des touristes.

C'est ainsi que Buéa compte six hôtels de ce genre disséminés sur son territoire. Seules leurs informations statistiques fournies par ces établissements hôteliers classés et reconnus comme tels sont prises en compte.

Tableau 2. 1: Hôtels de Buéa.

 

Hôtels

Existence

1.

Parliamentarian Flats Hotel

Avant 2000*

2.

Mountain Hotel

Avant 2000

3.

Fraîcheur Hotel

Avant 2000

4.

Miss Bright.

Avant 2000

5.

Paramount Hotel

Après 2000

6.

Mermoz

Après 2000

Source : DPTSW. * Année de plus forte croissance de la fréquentation.

La prise en compte des hôtels obéit pratiquement aux mêmes exigences à Buéa que dans la cité balnéaire de Limbé. On y dénombre en effet, une bonne douzaine d'hôtels pour la plupart concentrés dans un petit périmètre et en compétition pour avoir une vue sur l'Océan Atlantique.

Tableau 2. 2.: Hôtels de Limbé.

 

Hôtels

Existence

1.

Holiday Inn Resort

Avant 2000*

2.

Atlantic Beach Hotel

Avant 2000

3.

Bay Hotel

Avant 2000

4.

Miramaré

Avant 2000

5.

Etisah

Avant 2000

6.

Victoria

Avant 2000

7.

Seme New Beach Hotel

Avant 2000

8.

Animal Farm

Avant 2000

9.

Baron

Avant 2000

10.

King William's Square

Avant 2000

11.

First

Après 2000

12.

Paradise Hotel

Après 2000

Source : DPTSW. * Année de plus forte croissance de la fréquentation.

2.2.3.2. Restauration

Elle se définit comme l'ensemble des prestations offertes et concourant à la satisfaction du visiteur sur le plan alimentaire. Celles-ci sont composées de la nourriture, la boisson ainsi que tous les autres pools de nutrition.

Certains hôtels sinon tous les établissements hôteliers classés offrent à la clientèle, un service de restauration beaucoup plus classique et moderne pendant qu'il existe des `cafés restos', des bars-restaurants, des restaurants traditionnels et modernes, des braises à ciel ouvert.

2.2.4. Points de loisirs

La culture des jeux et des divertissements n'est pas particulièrement installée dans les habitudes des populations locales du Fako. Ceci a pour conséquence que les casinos et tous les autres espaces de jeu restent rigoureusement absents de l'espace du Mont Cameroun. Aussi bien à Buéa qu'à Limbé, la situation est pratiquement la même. En dehors de quelques infrastructures sportives comme on en rencontre ailleurs, rien d'autre de notable ne peut être signaler. L'industrie des jeux et divertissement tarde à y faire son entrée, ceci au grand malheur des touristes enclins au jeu

2.3. LES ACTEURS DU TOURISME

Il s'agit de tous les participants à la chaîne qui fait et défait le tourisme au quotidien. Ce sont en effet ceux qui travaillent à en améliorer les performances. Ils sont tant des acteurs professionnels qu'institutionnels. On peut donc répertorier le MINTOUR et le MINEF comme acteurs institutionnels, les professionnels qui sont les éléments de l'industrie touristique (les hôteliers, les ONG du secteur touristique, les agences de voyages,... bref des marchands de tourisme), les consommateurs du tourisme et les populations locales (Le Courrier, 1999).

2.3.1. Etat

Très globalement, il définit la politique touristique et assure les infrastructures nécessaires à leur développement.

2.3.1.1. MINTOUR

Le Ministère du Tourisme a pour mission d'élaborer la politique sectorielle en matière de tourisme, de promouvoir l'activité touristique et d'en coordonner les actions.

Cliché : NGUEPJOUO, Août 2003

Photo 2.5. : La délégation provinciale du tourisme (Sud-Ouest).

2.3.1.2. MINEF

Quant au Ministère de l'Environnement et des Forets, il intervient dans le tourisme davantage comme un partenaire que comme un concurrent du MINTOUR. En effet, le fait qu'il ait à charge la politique et la gestion de l'environnement et des forêts du Cameroun le met sur la scène du tourisme en général et en particulier sur celle de l'écotourisme étant entendu que les sites font généralement partis des aires protégés ou plus largement de l'environnement.

2.3.2. Industrie touristique

Elle investit, achète et vend en même temps qu'elle est soumise aux lois du marché.

2.3.3. Touristes

Ce sont des consommateurs de produits touristiques de la région du Mont Cameroun. Ils proviennent de plusieurs pays et de tous les continents de la planète. Mais le regroupement statistique les classe en 3 catégories : Les étrangers non résidents (ENR) qui apportent plus de rentrées financières, les étrangers résidents (ER) qui est la catégorie intermédiaire et les nationaux (CAM) qui sont les plus nombreux mais contribuent faiblement au développement de ladite activité.

Tableau 2.3. : Répartition des touristes en catégories.

Buéa

1997

1998

1999

2000

2001

ENR

448

609

506

632

660

ER

146

190

146

433

283

CAM

1796

1941

1418

6970

4313

TG1

2390

2740

2070

8035

5256

Limbé

1997

1998

1999

2000

2001

ENR

429

2640

2088

2407

3844

ER

1342

916

1080

1749

2300

CAM

3717

5608

5576

13008

10941

TG2

5488

9164

8744

17164

17085

Source : DPTSW

2.3.4. Populations locales

Elles sont à la fois exécutants et produits du tourisme.

En tant qu'exécutants, elles interviennent dans le tourisme en en exerçant les sous-métiers dans les hôtels (aide-cuisiniers, hôtesses..., sur les sites touristiques (guides), et dans le domaine du transport...

Par ailleurs dans certains cas, ces populations hôtes sont des produits à consommer, des attractions elles-mêmes. A ce moment, leur artisanat, leurs rites, leurs costumes et leurs coutumes constituent le point d'ancrage de l'intérêt des visiteurs. Ils vont vers elles pour les découvrir, les admirer, les détruire, les comprendre...

Comme il apparaît, cette double vocation des populations d'accueil les oblige souvent à devenir le siège de comportements doubles voire artificiels, parce que dans un cas elles participent comme actrices du tourisme et dans l'autre, elles jouent simplement le personnage que la fonction leur impose.

Eu égard à la présentation des attraits touristiques, des infrastructures et des acteurs, on s'attend à voir les scores réalisés par ces localités sur le plan fréquentatif. Qu'en est-il exactement ?

2.4. LA FRÉQUENTATION TOURISTIQUE

C'est l'ensemble des séjours des touristes dans les hôtels conventionnels, donc classés des villes de Buéa et de Limbé depuis l'introduction sérieuse de la statistique en 1996. La série va de 1997 à 2001.

Buéa

1997

1998

1999

2000

2001

Nombre Hôtels

2

2

2

6

5

ENR

448

609

506

632

660

ER

146

190

146

433

283

CAM

1796

1941

1418

6970

4313

TG1

2390

2740

2070

8035

5256

Moyenne Buéa

797

913

690

2678

1752

 
 
 
 
 
 

Limbé

1997

1998

1999

2000

2001

Nombre Hôtels

6

8

7

12

12

ENR

429

2640

2088

2407

3844

ER

1342

916

1080

1749

2300

CAM

3717

5608

5576

13008

10941

TG2

5488

9164

8744

17164

17085

Moyenne Limbé

1829

3055

2915

5721

5695

Tableau 2.4. : Répartition des fréquentations touristiques de 1997 à 2001.

Source : Statistiques de la DPTSW

A l'observation des chiffres, la part belle revient non pas aux touristes étrangers comme le souhaitent les responsables du MINTOUR, mais aux visiteurs nationaux aussi bien à Buéa qu'à Limbé.

On observe au cours des cinq dernières années (1997 - 2001), une évolution de la fréquentation en dents de scie même si celle-ci garde néanmoins une tendance à la hausse. Le cumul des arrivées hôtelières annuelles (TG) présente une moins grande consistance à Buéa qu'à Limbé. Cela est davantage visible lorsque l'on considère les totaux globaux sur les 5 ans dans les deux villes.

Dans la région en général, on connaît l'effectif le plus faible en 1999, tandis que le plus important se retrouve en un an plus tard (2000). La curiosité que l'éruption du Mont Cameroun représentait pour les touristes pourrait être considérée telle un facteur d'attrait majeur. Dans l'ensemble également, c'est à cette période que la politique du MINTOUR insiste sur la nécessité de disposer d'un appareil statistique plus ou moins fiable. Ceci se traduit sur le terrain par des actions particulièrement énergiques à l'encontre des hôteliers indélicats qui ne transmettraient pas à la DPTSW les fiches statistiques de leurs arrivées hôtelières pour les y contraindre. A ce moment, la plongée de 2001 serait la traduction de la conjonction d'un relatif relâchement dans ladite opération et de l'actualité moins récente de l'éruption du Mont Fako.

A Buéa, cette période se calque sur le profil d'ensemble au courant de la même période. Ainsi, on a le total global (TG) plancher en 1999 et le total global plafond en 2000.

Quelle que soit l'année cependant, la répartition des effectifs de visiteurs consacre une part importante aux Camerounais (CAM) soit une moyenne de 80% sur les 5ans, pendant que les étrangers non résidents (ENR) constituent un effectif des visiteurs de cette ville montagnarde avec une moyenne de 14%. La classe la plus faible est celle des étrangers résidents (ER) dont la moyenne est seulement de 6%.

Limbé enregistre un cumul de fréquentation appréciable avec un pic en 2000 avant de connaître un léger fléchissement en 2001. C'est le visage d'ensemble dans la région du Mont Cameroun.

A l'intérieur de cet ensemble, la situation est semblable qu'à Buéa les cartes sont pareillement distribuées. Ainsi, les Camerounais visitant Limbé viennent en tête en terme de proportion avec 67% des effectifs, suivis des étrangers provenant de l'extérieur (20%) et enfin des étrangers vivant au Cameroun (13%).

Aussi bien à Buéa qu'à Limbé, la configuration de la population des touristes est la même : Plus de 65% des visiteurs sont de nationalité camerounaise, et 20% expatriés dont 14% vivant de l'étranger et 6% résidant au Cameroun pour des raisons diverses. La tendance d'une année à l'autre entre 1997 et 2001 est quasiment plate. Après un départ prometteur qui se confirme d'ailleurs l'année suivante, la courbe de fréquentation plonge ensuite avant de se propulser à son maximum en 2000 et connaître une nouvelle perte de vitesse en 2001.

Cette apparente croissance de la fréquentation pourrait n'être que poudre au yeux et par conséquent la fréquentation pourrait avoir baissé durant cette période (1997-2001). Cela pourrait se percevoir en procédant au calcul des ratios Nombre de touristes/nombre d'hôtels.

Tableau 2.5. : Répartition des ratios.

Source : Statistiques de la DPTSW.

Cependant, si on considère ces données en les mettant en parallèle avec le nombre d'hôtels dans chacune de ces villes, quelques nuances intéressantes apparaissent. On peut se rendre compte par exemple que les ratios ne sont pas toujours à l'avantage de la ville de Limbé. Dans certains cas, Buéa passe avant Limbé, pourtant les statistiques brutes présentent toujours Limbé comme étant très visitée. C'est le cas durant les 2 premières années où Buéa bénéficie de sa proximité de la DPTSW pour être pris en compte dans les statistiques. Ceci devrait traduire en fait une autre réalité, savoir que les données statistiques ne sont pas toujours le reflet de la réalité et lorsque c'est le cas, le taux de remplissage des hôtels est le plus élevé dans la ville où la moyenne annuelle est la plus forte.

On s'aperçoit que les hôtels augmentent aussi bien que les touristes. Les ratios du nombre de touristes et du nombre d'hôtels montrent une augmentation de l'ordre de 33,5% du nombre de visiteurs quoique ceci se présente comme un paradoxe dans la mesure où le taux de fréquentation des hôtels se situe seulement autour de 15%.

La réorganisation du MINTOUR accorde une place de choix à la statistique touristique (Tietcheu, 2000). C'est pourquoi la DPTSW commence timidement l'opération en 1996 et elle s'intensifie progressivement. Des 17 hôtels en 2001, 12 au moins sont déjà fonctionnels bien avant 1996, quoique n'étant pas pris en compte pour diverses raisons. Ils vont ainsi être intégrés à mesure que la décision se fera rigoureuse en donnant l'illusion d'une augmentation progressive des arrivées hôtelières alors que dans le même temps, les hôteliers se plaignent du faible taux de remplissage de leurs établissements situés autour de 15%.

Quoiqu'il en soit, le problème de la statistique se pose encore aujourd'hui. Les deux principaux visages en sont les lacunes et le caractère toujours partiel de ces chiffres.

Ils sont lacunaires en ce sens que les fiches statistiques de la DPTSW présentent de nombreux trous d'un mois à un autre et parfois d'une année à l'autre.

En outre, ces statistiques sont également parcellaires parce que l'hôtel reste le seul instrument de mesure des arrivées touristiques. Seuls leurs statistiques sont rassemblées et qui plus est, celles-ci sont envoyées à la DPTSW avec toutes les coupures - aisément imaginables - que les hôteliers peuvent y opérer pour éviter les affres des contrôleurs du fisc. Les frontières très poreuses du Fako laissent passer des personnes qui ont souvent le statut de touristes. De plus, avec l'entrée de plus en plus marquée du secteur privé dans la gestion et la promotion des attractions touristiques à des fins commerciales - comme c'est le cas du MCEO et dans une certaine mesure du Limbé Botanic Garden -, de nombreux touristes ne sont pas pris en compte dans les statistiques officielles.

De ces constats, il résulte que les chiffres utilisés sont les minima et pourraient même trahir la réalité dans certains cas. Il importe donc que les efforts soient concentrés sur cette question de la statistique touristique dans la région du Mont Cameroun en particulier et dans le pays en général.

En fin de compte, nous pouvons retenir que :

· la région présente des atouts naturels, anthropologiques et architecturaux : La nature pétille d'éléments floristiques, fauniques et paysagistiques qui peuvent être valorisés. L'histoire de la région bien avant l'occupation humaine jusqu'à la colonisation est d'une richesse insoupçonnée. Les vestiges de l'occupation allemande et anglaise ne sont pas attrayants surtout dans un contexte marqué par le retour aux sources, la quête de ses origines et la constitution des histoires familiales dont un des membres a peut-être trouvé la mort et a été enseveli au Cameroun.

· les infrastructures nombreuses peuvent servir à renforcer d'une part, la gestion par les autorités et les autres intervenants dans le secteur et d'autre part, contribuer au bien du touriste et des populations locales. Bien que la fréquentation soit encore faible voire en baisse, les sites touristiques du Fako drainent des visiteurs qui en consomment les produits. Toutefois, il est nécessaire d'évaluer ce potentiel et éventuellement relever quelques-unes des contraintes qui s'exercent sur ce tourisme à partir du point de vue des touristes eux-mêmes.

CHAPITRE III : LES FACTEURS D'ATTRACTIVITÉ TOURISTIQUE DU MONT CAMEROUN

Nous avons dressé un état des lieux de l'activité touristique dans la région du Mont Cameroun en passant en revue les attraits du tourisme de diverse nature, les infrastructures de toute sorte, les acteurs du tourisme et les scores de fréquentation enregistrés entre 1997 et 2001 par le tourisme dans le Fako. Il en est ressorti par exemple que l'offre est diversifiée du moins du point de vue des attractions touristiques avec une exubérance à peine voilée des attractions spécifiquement naturelles. Au milieu de cette offre, on peut se demander ce qui exerce de la fascination sur le visiteur des villes de Buéa et Limbé. En d'autres termes, quels sont les atouts majeurs que présentent ces villes dans le secteur du tourisme ?

Notre réflexion se poursuit à présent avec la recherche des facteurs d'attractivité de ce morçeau du Fako. Il est question de trouver le type d'offre touristique qui pousse les gens à visiter cette partie du Cameroun.

Pour ce faire, nous avons émis des hypothèses qui suivent :

· Les éléments de la nature seraient les plus convoités par les visiteurs du Fako.

· Les attractions architecturales et culturelles seraient mal connues et partant peu visitées.

Pour les vérifier, nous procéderons de la manière suivante :

· Collecte des données secondaires auprès d'une ONG qui promeut les activités touristiques sur la montagne.

· Enquête socio-économique auprès des touristes dans la région du Mont Cameroun.

3.1. LA NATURE : FACTEUR PRINCIPAL D'ATTRACTIVITÉ DES VISITEURS DU FAKO

3.1.1. Le Mount Cameroon Ecotourism Organization (MCEO)

Pendant notre séjour sur le terrain, nous avons fait la découverte d'une ONG faisant dans l'écotourisme sur le Mont Cameroun et précisément dans la ville de Buéa : le MCEO. Elle s'est rattachée au Mount Cameroon Project (MCP) dont l'aire d'action est plus grande et les activités diversifiées.

L'action de cette organisation repose essentiellement sur la promotion de l'écotourisme qui est selon Ecotourism Society « le voyage effectué dans les milieux naturels pour comprendre l'histoire culturelle et naturelle de l'environnement en prenant soin de ne pas entamer l'intégrité de l'écosystème tout en produisant des opportunités économiques qui rendent la conservation des ressources naturelles financièrement bénéfiques aux populations locales ». Ses activités se font sur le Mont Cameroun et consistent en l'utilisation mesurée des ressources de l'environnement à des fins touristiques en vue de contribuer de façon décisive au développement des peuples dont les territoires épousent partiellement ou totalement les contours de la zone d'intervention du MCEO. Ainsi, la contribution de cet organisme au développement de ces villages est soustraite du Stake Holder's Fund (SHF) ou Fonds du dépositaire des enjeux de 3 000 FCFA /touriste qui est reparti de la manière suivante : MCEO : 60%, Village Development Fund : 32%, Commune : 5%, Gouvernement : 3% d'une part et d'autre part du versement d'une rémunération aux écoguides et porteurs qui leur sont envoyés par les chefs de villages de la montagne.

Cliché : D. NGUEPJOUO. Buéa, Août 2003.

Photo 3.1. : Le siège du MCEO à Buéa à plus 1200 m d'altitude.

Plus concrètement, le MCEO a pour objectifs de préserver la biodiversité du Mont Cameroun et d'améliorer le quotidien des populations locales à partir des rentrées financières provenant du touriste. Lorsque celui-ci arrive le matin avant 7h, la journée de randonnées commence aussitôt après quelques formalités d'usage qui donnent droit au tour et qui sont résumés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 3.1. : Prix pratiqués par le MCEO

Ecoguide

6 000 FCFA/Jour

· Liste - guide des objets à emporter à la montagne.

· Fiches de renseignement, d'évaluation et des règles de sécurité.

Porteur

4 000 FCFA/Jour

Contribution au Stakeholder Fund (SHF)

3 000 FCFA/Jour

Soirée culturelle

10 000 FCFA/1-5 personnes

1 Repas dans le village

1 500 FCFA

Source : MCEO, Juillet 2003.

C'est dans cette organisation opérationnelle depuis 1999 que nous avons pu collecter les données de fréquentation de Juin 1999 à Juin 2003 ainsi que les goûts des touristes.

3.1.1.1. Les données de fréquentation

Le MCEO a enregistré depuis 1999 un total de 1 550 écotouristes en route pour le Mont Cameroun.

Tableau 3.2. : Visiteurs envoyés par le MCEO à la montagne

Saison touristique

1999-2000

2000-2001

2001-2002

2002-2003

Total

Nombre de visiteurs

205

338

322

685

1 550

Source : MCEO, Juillet 2003.

Au cours de la 1ère saison d'activité touristique (1999-2000), 205 visiteurs ont inauguré les randonnées sur la montagne pour une rentrée financière de 3 628 000 Fcfa. L'année suivante, l'activité a connu une augmentation de 39,4%, soit 133 nouveaux touristes sur un total de 338 et pour une somme de 5 573 500 Fcfa. Pendant la 3ème saison, un léger fléchissement de la fréquentation a été enregistré. Ceci s'explique par le nuage qui a enveloppé et caractérisé les rapports de cette ONG avec la tutelle au cours de cette période. On est passé de 338 à 322 visiteurs, soit 4,7% de baisse. Mais après le retour à la normale de ses rapports, une augmentation significative a été observée pendant la toute dernière saison. 53%, soit 363 en plus des 322 de la saison précédente pour une somme de 11 820 175 Fcfa.

La tendance générale à l'augmentation est tout à fait évidente. En effet en 4 ans, on y a enregistré une augmentation de l'ordre de 234.1% passant de 205 à 685 touristes. Cette croissance est de 112.7% entre 2002 et 2003. Cela exprime en filigrane un accroissement consécutif de l'intérêt des visiteurs pour ce type de produits tant il est vrai que le MCEO propose les produits d'origine naturelle.

3.1.1.2. Les goûts des clients du MCEO

Le MCEO présente une gamme d'activités variées auxquelles le visiteur peut se livrer sur la montagne. Celles-ci vont des vues panoramiques et pittoresques des éléments du relief et de la faune aux soirées culturelles que proposent les populations hôtes en passant par les activités physiques liées à la randonnée. Il s'agit parmi les plus importantes de la vue des pentes, des collines, des prairies, des coulées de laves, des cratères et des cendres volcaniques ; de profiter de l'amitié des guides et porteurs ; de goûter à la joie de l'Ascension et de la descente ; de déguster les fraises de bois. Pour ce qui est de la faune, les écotouristes peuvent apercevoir des écureuils, des oiseaux, des papillons, des serpents, des antilopes, des singes, des chauves-souris, des caméléons et des mille-pattes.

Pendant la saison touristique 2001-2002 qui est allée du 8 septembre au 22 juillet, 322 touristes provenant de la France, des Etats-Unis, d'Allemagne, de la Belgique, de la Suisse, de la Hollande, du Royaume-Uni, de la Pologne, du Danemark, du Canada, de la Tchécoslovaquie et du Cameroun ont été enregistrés dans les bureaux du MCEO. Ils ont été accompagnés par 112 écoguides et 249 porteurs pour un total de 757 séjours en montagne.

Il est de coutume dans cette structure de remettre une fiche d'évaluation à chaque client. Celle-ci permet au MCEO de tenir compte des goûts et suggestions de ces touristes. Ainsi au cours de la saison 2001-2002, seulement 72 fiches ont été retournées dans les bureaux de l'ONG des 322 sorties au départ.

Après traitement de ces données, il ressort que l'intérêt des écotouristes pour l'Ascension du Mont Cameroun se repartit des la manière suivante :

Tableau 3.3. : Répartition des goûts des touristes

Goûts des touristes

Nombre de touristes

Pourcentage

Trekking en montagne, challenge de l'Ascension

27

34,1%

Écologie, environnement, nature, écosystème

11

13,9%

Volcanisme, cratères, cendres volcaniques, coulées

10

12,7%

Beautés naturelles, forêt tropicale, plantes

10

12,7%

Vaincre la montée (atteindre le sommet)

7

8,9%

Paysage

7

8,9%

Vues des animaux + éléphants

3

5,1%

Découverte, aventure

4

3,8%

Source : MCEO, juillet 2003

Ces centres d'intérêt sont spécifiques mais se rapportent tous à la montagne, donc à la nature. Cela permet d'affirmer que la force de cette ville (Buéa) réside dans les attraits si diversifiés de la montagne.

Tableau 3.4. : Taux de préférence des lieux de visite exprimés par les écotouristes.

Sites

Touristes

Pourcentage

Sites

Touristes

Pourcentage

Limbé

31

36%

Nord/Maroua

7

8,1%

Kribi/Campo

14

16,3%

Douala

7

8,1%

Yaoundé

9

10,5%

Parc de Korup

6

7%

Parc de Waza

8

9,3%

Bamenda

4

4,7%

Source : MCEO, juillet, 2003

De plus, ces clients entendent visiter ou ont déjà fait la visite des sites touristiques naturels ou assisté à des événements culturels dans de nombreux sites du pays. A la lecture de ces pourcentages, Limbé à elle seule représente 36,0% de l'ensemble soit plus du 1/3.

Qui plus est, en regroupant les sites dont la force repose sur leur offre d'origine naturelle Limbé, Kribi/Campo, Waza, Korup), on se trouve encore très largement au-delà de 50% soit 68,6%.

En outre, seulement 3 écotouristes soit 4,2% ne sont pas prêts à revenir arpenter le Mont Cameroun pour des raisons diverses tandis qu'a priori, 95,8% seraient prêts à renouveler l'expérience. Mais plus exactement 37 touristes, soit 51,4% sont désireux de revenir dans les mêmes conditions contre 29, soit 40,3% qui ne le ferait que si certaines conditions sont remplies par eux-mêmes. Le tour sur la montagne serait très attrayant pour ceux-ci. La preuve c'est que 100% recommandent le voyage du Mont Cameroun aux autres visiteurs.

Au regard de ce qui précède, on peut incliner à penser que les clients de cette organisation sont pour l'essentiel intéressés par les produits naturels.

3.1.2. Les enquêtes de terrain

Une enquête a été effectuée de mai à juillet 2003 dans le département du Fako, province du Sud-Ouest. Elle visait à fournir des informations détaillées sur les caractéristiques socio-économiques, la fréquentation, les motivations, les conditions de séjour, le respect de l'environnement et les obstacles au développement du tourisme. Ces informations donnent un éclairage sur la situation démographique et touristique des visiteurs des villes de Buéa et de Limbé.

Au cours de cette enquête, 120 personnes dont 6 Américains, 50 Européens, 2 Africains originaires d'ailleurs c'est-à-dire hors du Cameroun et 62 Camerounais ont été interrogées. Il s'agissait de 93 hommes et de 27 femmes présentant des caractéristiques suivantes :

· Les groupes d'âge

C'est une population essentiellement composée de jeunes dont l'âge est compris entre 15 et 39 ans. Ils représentent 77,4% et seulement 22,6% sont âgés d'au moins 40 ans.

· La situation matrimoniale

Cette population est majoritairement célibataire (58,3%), 5% de divorcés, 1,7% de veufs et 2,5% de personnes vivant en union libre ou homosexuelles contre 32,5% de mariés

· Le niveau d'instruction

Pour ce qui est du diplôme le plus élevé, 71 visiteurs soit 59,1% ont un diplôme universitaire, 24 un baccalauréat, 25 un diplôme au probatoire. Ceci donne 59,1% de diplômés de l'enseignement supérieur, 24,2% du 2nd cycle de l'enseignement secondaire, 10% du 1er cycle tandis que 1,7% n'a pu obtenir de parchemin.

· La principale activité exercée

Plus de 50% de la population disposent une occupation professionnelle soit 5% dans le secteur public, 7,5% dans le para-public et 41,7% dans le privé (ingénieurs, consultants, chercheurs, enseignants...) contre 45,8% dont 18,3% encore en formation et 27,5% (femmes et enfants) n'exerçant aucune activité professionnelle.

C'est cette population présentant des traits socio-économiques très diversifiés qui a répondu aux questions touchant à la pratique du tourisme.

Lorsque l'on parle d'attraits touristiques dans la ville de Limbé, cela se rapporte d'abord au Jardin botanique et ensuite aux plages et au zoo. Leur accessibilité et le fait qu'ils constituent la vitrine touristique de cette ville peuvent l'expliquer en partie.

Le Jardin Botanique

La végétation de la région du Mont Cameroun est luxuriante et pratiquement verdoyante toute l'année du fait du climat très capricieux. Elle a été mise en valeur de plusieurs manières. Les attractions de la région du Mont Cameroun sont pour la plupart valorisées par le MCEO situé à Buéa et par le Jardin Botanique de Limbé.

C'est en 1892 que ce jardin vit le jour et s'étendait sur 52 hectares. Oeuvre d'une équipe d'horticulteurs allemands sous la direction du Professeur Paul PREUSS, il avait pour but d'acclimater les plantes tels que la quinine, le café, l'hévéa, le cacao, le thé et la banane supportant ainsi l'économie de la nouvelle colonie allemande, le «Kamerun». Le jardin botanique de Limbé a aussi servi de centre de formation pour les Camerounais dans les domaines de l'agriculture, de l'horticulture et de la foresterie. C'est également un centre international pour la recherche en biodiversité. Aujourd'hui, il couvre une superficie de 200 hectares et dispose des terrains d'expérimentation, greenhouses, laboratoire, herbier, d'une bibliothèque et d'un séchoir expérimental de cacao. Il passe avant le Mont Cameroun et les plages en terme de préférence de visite par les touristes. C'est la plus grande attraction touristique dans le Sud-Ouest. Il est desservit par de nombreuses pistes conduisant à une attraction spécifique. Il s'agit de la piste côtière qui mène à la bordure côtière, la piste de la biodiversité qui conduit à la riche offre végétale, la piste de Bota qui accompagne le visiteur au Bota Hill, la piste suivant de près la rivière qui longe le jardin à l'ouest et la voie bitumée qui ceinture de part en part le jardin botanique et la prévient de la côte.

On y trouve de même de gradins construits sous de grands arbres et présentant l'allure d'un amphithéâtre appelé `Jungle Village'. Il sert de cadre aux conférences en plein air et diverses manifestations culturelles.

Une autre curiosité de ce jardin est le `Commonwealth War Graves Memorial Site' où de nombreuses personnes viennent se recueillir sur les tombes symboliques des victimes de la guerre.

(1) (2)

Cliché : D. NGUEPJOUO. Limbé, Août 2003.

Photo 3.2. : D'autre visages du Jardin botanique : `Jungle Village', un lieu de regroupement à l'occasion de grandes conférences en plein-air (1) et le `Commonwealth War Graves Memorial Site'(2), pôles d'attraction majeurs dans le LBG.

Il faut ajouter que cette région du Mont Cameroun abriterait déjà la Réserve de la forêt de Bambuko sur le flanc nord-ouest, et la Réserve de la forêt de Mokoko, à basse altitude à l'ouest, si le projet conçu depuis les années 80 avait été exécuté.

Le jardin zoologique de Limbé

Sur le Mont Cameroun, une abondante faune se déploie mais sans une véritable action de valorisation. C'est surtout dans les environs de l'océan que cette activité est beaucoup plus effective avec le Jardin Zoologique de Limbé.

Le zoo est une sorte de réserve animalière qui oeuvre dans la conservation et la protection des espèces menacées. C'est l'un des trois jardins zoologiques du pays. Quoique son état d'aménagement soit embryonnaire, il comporte essentiellement des primates, et seulement un petit nombre des espèces amphibiens.

11

(1) (2) (3)

Cliché : LBG. Limbé, Août 2003.

Photo 3.3. : Quelques primates du zoo de Limbé (chimpanzés(1) et guenons(2, 3)).

Généralement, lorsque le touriste en a fait la visite, il peut s'en retourner satisfait d'avoir tout parcouru. Mais quelques fois aussi pour se restaurer, il fait le détour de Down Beach pour la dégustation du poisson rôti ou passé à la braise ou pour s'en procurer en vue du voyage retour.

Quant à Buéa, c'est pour le Mont Cameroun que les touristes se passionnent. Plusieurs se contentent du « sight-seeing » et de la douceur du climat de montagne que cette ville offre. Quelques-uns se livrent aux nombreuses activités sur la montagne en recourant à cet effet aux services du MCEO.

Les goûts des touristes rencontrés dans la zone d'étude

La fréquentation récurrente

La présentation du questionnaire (voir annexe) donnait la possibilité aux visiteurs de ne se prononcer que sur le cas des visites effectuées dans l'une et/ou l'autre ville (Buéa & Limbé. Ainsi au sujet du nombre de visites dans la ville de Buéa, 30 personnes, soit 25% n'ont jamais été à Buéa. Il s'agit de 19 Européens et de 4 Américains qui représentent 76,7 % de cet effectif . Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'ils ne connaissent pas bien le pays. A coté de ceux-ci, il y en a qui sont à leur première visite dans la ville, 35 touristes, soit 29,2% et 17,5%, soit 21 visiteurs qui la renouvellent la 2ème ou la 3ème fois. Les visiteurs réguliers c'est-à-dire ceux qui ont effectué au moins 4 fois le déplacement représentent 28,3% (34 personnes.

Limbé se présente comme une ville beaucoup plus connue peut-être en raison de ses plages qui en font l'image. Seulement 9 personnes soit 7,5% de la population enquêtée n' y ont jamais mis les pieds. 38,3% soit 46 personnes foulent le sol de Limbé pour la 1ère fois tandis que 15,8% goûtent aux joies qu'offrent cette ville pour la 2ème ou 3ème fois. Les touristes habitués à visiter la ville constituent un total de 46 personnes, soit 38,3%.

En somme, en croisant les deux villes et leurs effectifs de fréquentation, on s'aperçoit que 16,2% de cette population ne connaissent que Buéa ou Limbé et non les deux à la fois. 33,8% des visiteurs de la région la découvrent pour la 1ère fois, 16,7% reviennent pour la 2ème ou 3ème fois tandis que les plus familiers à la pratique du tourisme dans le Fako font le 1/3 de la population. Ceci nous conduit à faire 3 constats :

- Ceux qui n'ont visité qu'une ville sont majoritairement étrangers au Cameroun et donc mal renseignés. D'ailleurs leurs informations proviennent du bouche-à-oreille, l'évocation de la plage ou de l'éruption du Mont Cameroun, le temps de détente au détour des activités professionnelles et administratives dans l'une de ces villes comme l'illustre le tableau suivant :

Tableau 3.5. : Nombre de visites effectuées par les touristes à Buéa et à Limbé.

 

Combien de fois avez-vous visité Limbé ?

0

1

2

3

4

5

Plus de 5 fois

Total

Combien de fois avez-vous visité Buéa ?

0

 

21

3

1

 

1

4

30

1

4

20

4

3

2

1

1

35

2

1

3

3

2

 

1

3

13

3

2

1

2

 
 
 

3

8

4

1

1

 
 
 
 

1

3

5

 
 
 

1

1

 
 

2

Plus de 5 fois

1

 
 
 
 
 

28

29

Total

9

46

12

7

3

3

40

120

Source : Enquêtes de terrain. Région du Mont Cameroun, Avril-Juillet 2003

C'est dire qu'ils auraient pu visiter les 2 villes s'ils étaient en possession de toutes les informations.

- Ceux qui viennent pour la 1ère fois aimeraient revenir une autre fois. En effet, 118 personnes soit 98,3% émettent le voeu de renouveler l'expérience contre seulement 1,7% qui y sont opposées.

 

Frequency

Valid Percent

Cumulative Percent

Valide

Oui

118

98,3

98,3

Non

2

1,7

100

Total

119

100

 

Total

120

 

 

Tableau 3.6. : Désir exprimé par les touristes de visiter Buéa et Limbé une autre fois. 

Source : Enquêtes de terrain. Région du Mont Cameroun, Avril-Juillet 2003

- La moitié de la population de touristes refont pour la 2ème fois au moins le tour dans le Fako, soit 50%. Cela peut être l'illustration d'une certaine satisfaction. Venir une fois et revenir ensuite pourraient donc attester du caractère attractif de ces villes pour ses visiteurs.

Les motivations

Une autre rubrique traite des principales motivations des touristes qui choisissent de visiter cette partie du Sud-Ouest. Celles-ci sont pour la plupart physiques et représentent 50,25% des motivations des visiteurs de la région du Mont Cameroun. Elles sont reparties de la manière suivante : 46,4% pour Buéa et 54,1% à Limbé et varient du repos physique à l'aventure en passant par la relaxation à la plage. Le climat frais est propice au repos, la plage sert de cadre à la relaxation et la montagne ainsi que toutes les autres ressources naturelles servent de cadre à l'aventure.

Il en résulte que plus de la moitié des motivations est très intimement liée à la nature.

Figure 3.1. : Moyenne régionale des motivations des visites

Les préférences

Les personnes interviewées ont également fait valoir leur point de vue sur la nature de leurs préférences en matière d'attraits touristiques. Les résultats sont contenus dans la figure ci-après :

Figure 3.2. : Pourcentages de préférence par type d'attraction sur le Mont Cameroun.

Buéa présente un taux de préférence pour la nature équivalent à 76,5% quasiment semblable à celui de Limbé 76,6% pour un taux régional égal à 76,6%.

Ceci permet d'illustrer à suffisance l'inclinaison des touristes à l'offre d'origine naturelle.

Le soin de la nature

L'environnement est un indice important qui peut apporter la lumière sur la relation qui unit les touristes à la nature. En effet plus les visiteurs en reconnaissent la valeur, plus ils réalisent la nécessité qu'il y a à la préserver. Ainsi, dans le cadre de cette étude, 100% des sujets interrogés ont dit respecter l'environnement et les ressources touristiques que contiennent les milieux qu'ils visitent. D'ailleurs 76,7% sont prêts à se soumettre aux activités d'entretien sur ces sites, 1,7% reste indécis alors que 21,7% déclinerait l'offre qui pourrait leur être faite de participer aux activités d'entretien sur les sites pendant qu'ils y sont, en guise d'aide à la propreté.

Pour ce qui touche à la question de la protection de l'environnement proprement dite, les apports divergent sensiblement. C'est ainsi que pendant que 15,8% ne peuvent rien faire concrètement pour la préservation de la nature, le reste, soit 84,2% est prêt à y contribuer en n'emportant ni n'arrachant rien pendant leurs visites des sites (18,3%), en n'y jetant rien (25%), en suivant les conseils, les injonctions des affiches et plaques dans les villes (36,7%), en finançant ces activités (2,5%) et en participant à l'éducation des populations et des

touristes sur les sites (1,7%).

Figure 3.3. : Pourcentages exprimés par les visiteurs au sujet de leurs actions pour la préservation de l'environnement.

La conséquence de l'attrait de la nature est tout évidente au regard du grand soin que les touristes accordent à la nature. Ils préservent leurs amours de toute altération.

Les impressions et perspectives

De l'avis des visiteurs, les impressions que leur ont laissées leurs visites dans ces villes sont bonnes. Il s'agit de 99 touristes, soit 82,5% contre 0,8% (1 personne) dont les impressions sont mauvaises. 20 touristes, soit 16,7% sont irrésolus ou du moins ont un sentiment mitigé de leurs visites à Buéa et/ou à Limbé.

 

Frequency

Percent

Valid

Bonnes

99

82,5

Mitigées

20

16,7

Mauvaises

1

0,8

Total

120

100

Tableau 3.7. : Pourcentages des impressions laissées aux touristes par leurs visites dans la région

 

Source : Enquêtes de terrain. Région du Mont Cameroun, Avril-Juillet 2003

Le tourisme vert a de beaux jours devant lui car 118 visiteurs, soit 98,3% voudraient visiter une autre fois ces villes tandis que seules 2 personnes (1,7%) ne sont pas prêtes à revenir.

Pour ce qui est du reste du pays, 99,2% voudraient le parcourir de part en part contre seulement une personne qui n'est pas prête à se payer ce luxe.

Les impressions laissées par les voyages dans le Fako sur les touristes ainsi que leur intime secret de revenir concourent ensemble à attester du caractère implacable de leur attachement aux produits naturels.

Si la fascination des attraits de la nature sur les touristes crève les yeux, qu'en sera-t-il des produits touristiques de label culturel ?

3.2. LA CULTURE : UN PRODUIT SECONDAIRE VOIRE DIFFUS.

Par attrait culturel, nous entendons la trace laissée sur un peuple et son environnement par l'histoire ainsi que ses divers modes d'expression tels la musique, l'art, l'artisanat, les us et coutumes, la tradition, la danse, le folklore et l'architecture, bref toute chose qui confère une identité propre à un peuple.

Dans cette section aussi, nous aurons recours aux informations provenant du retour des fiches d'évaluation du MCEO et de nos enquêtes sur le terrain.

3.2.1. Le résultat des fiches du MCEO

De façon globale, les résultats obtenus ci-haut ont permis de cerner que les soirées culturelles ne captivent pas particulièrement les touristes. Car elles ne figurent pas au nombre des principaux centres d'intérêt qui du reste se rapportent à la nature. Seulement quelques données des visites antérieures ou futures au Cameroun permettent de noter que les touristes sont très légèrement enclins aux produits d'origine culturelle 31,4% par extrapolation.

3.2.2. Nos travaux de terrain

De nos travaux de terrain, nous avons pu obtenir les résultats qui suivent :

Notre questionnaire donnait par sa formulation la possibilité de choisir une ou plusieurs variables d'une modalité. C'est par exemple le cas de la réponse aux questions relatives à la nature de l'offre et aux motivations du voyage.

· Nature de l'offre et motivations de voyage

Par rapport à la nature de l'offre, 24 personnes sur les 102 ayant valablement répondu à la question (23,5%), ont opté pour les produits d'origine culturelle à Buéa tandis qu'à Limbé seulement 40/241, soit 18,7% ont jeté leur dévolu sur ce type de produit.

En faisant la moyenne régionale, on réalise que 21,1% seulement accordent de l'intérêt à la culture. Ainsi, la place occupée par la culture n'est que secondaire.

D'autre part, en parlant des motivations de voyage, on note que 23,5% inclinent à la consommation de ces produits à Buéa contre 23,4% à Limbé.

Ceci produit un résultat régional moyen de 23,5%. Ce pourcentage doit être pondéré dans la mesure où il inclut toutes les autres motivations (celles liées au statut, aux relations interpersonnelles) qui représentent une proportion non négligeable.

Aussi bien pour la nature de l'offre que pour les motivations de voyage, le fait que les touristes aient eu la possibilité de faire des choix exclusifs contribue davantage à diminuer la valeur numérique de ces taux. En effet, tous les visiteurs ayant coché des éléments se rapportant à ce type de produit ont aussi et peut-être d'abord coché ceux qui sont d'origine naturelle. Quoiqu'il en soit, aucun questionnaire ne comporte de choix exclusif des produits d'origine culturelle comme c'était le cas avec ceux de la nature.

· La visite des destinations culturelles camerounaises.

Les visiteurs de cette partie du pays souhaitent aussi - lorsque ce n'est pas encore le cas - se rendre dans d'autres destinations. En effet, en se prononçant sur les visites effectuées ailleurs au Cameroun, les touristes ont laissé quelques précieuses informations au sujet de leurs préférences. C'est ainsi que 24,6% de touristes se sont rendus dans des destinations purement culturelles comme Bamenda, Foumban...

On peut donc en conclure que les goûts des visiteurs sont prioritairement tournés vers les produits de la nature qui sont par la suite agrémentés par les autres produits notamment les produits culturels.

Notre préoccupation de départ était de répondre à la question suivante : quels sont les atouts majeurs que présentent les villes de Buéa et de Limbé dans le secteur du tourisme ? L'objectif de ce chapitre consistait à trouver le type d'offre touristique qui poussent les gens à visiter cette partie du Fako.

Pour y parvenir, nous avons émis deux hypothèses à savoir que ce sont les éléments de la nature qui seraient les plus convoités par les visiteurs du Fako d'une part et d'autre part que les attraits architecturaux et culturels seraient mal connus et partant peu visités.

Nous les avons vérifiées en procédant à la collecte des données secondaires auprès d'une ONG qui promeut les activités touristiques sur la montagne. Nous en avons retenu que :

· le nombre des écotouristes est constamment croissant et de nombreuses actions de promotion engagées tant sur le plan national qu'international vont davantage confirmer cette tendance à la hausse de ces effectifs.

· les écotouristes ont de la propension pour les randonnées en montagne et particulièrement pour les activités qui se rapportent à la nature telles que le trekking en montagne, les beautés naturelles, la forêt tropicale, les paysages..., ils ont été dans des sites à caractère naturel ailleurs et manifestent le désir de revenir sur ces pentes du Mont Cameroun. Par contre, aucune trace d'attrait pour les produits culturels n'a été retrouvée chez ceux-ci en dehors de leurs visites dans d'autres sites à dominante culturelle forte. En conséquence, nous avons déduit que les touristes ont pour goût touristique les produits de la nature au détriment de ceux de la culture.

Nous avons également fait une enquête socio-économique auprès des touristes dans la région du Mont Cameroun. Il en est ressorti que les goûts des visiteurs présentent dans l'ensemble la même tendance. L'offre touristique d'origine naturelle obtient les faveurs des visiteurs plus que celle d'origine culturelle. De la même manière, les préférences des visiteurs sont fortement orientées vers la nature. Ces touristes ont la manie de garder l'environnement dans un état irréprochable. Cela a été interprété comme l'expression de leur estime pour la nature. Cette orientation générale de l'attrait des produits naturels pour les visiteurs est confirmée par leurs impressions majoritairement satisfaites et leurs projets de revenir savourer ce que leur offre cette nature. Nous en avons conclu que le produit phare est naturel et le produit satellite culturel.

Eu égard à tout ce qui précède, nous pouvons affirmer que la nature fort de sa diversité et de la richesse de ses éléments constitue un sérieux atout pour le tourisme dans le Fako. Par sa beauté, la nature exerce une puissante attraction sur les visiteurs. Ceci est largement confirmé par les résultats des dépouillements. Mais au regard du fossé qui existe entre les abondantes ressources touristiques et la fréquentation négligeable voire en baisse, il se révèle important d'explorer les problèmes qui peuvent expliquer cet écart.

CHAPITRE IV : LES CONTRAINTES DU TOURISME DANS LE FAKO

Bien que la région du Mont Cameroun dispose de nombreux atouts touristiques dont la présentation a constitué la mouture du chapitre précédant, il reste néanmoins que ceux-ci ne suffisent pas à eux tout seuls, pour provoquer le rayonnement attendu de la région. C'est pourquoi nous consacrons le présent chapitre à l'étude des facteurs qui y entravent le développement du tourisme. Il consistera à mettre au premier plan les handicaps de tous les ordres qui étouffent, retardent ou annulent l'éclosion de ce secteur d'activité dans cette partie du Fako.

Pour y parvenir, nous répondrons aux questions suivantes :

· La destination Fako est-elle connue de ses visiteurs et promue  pour en attirer de nouveaux ?

· La qualité de l'offre (Propreté, aménagement des sites, infrastructures...) peut-elle constituer un frein à l'épanouissement de ce secteur d'activité dans la région ?

Cette étude nous donnera l'occasion de relever les faiblesses de la pratique du tourisme et de proposer des solutions visant à en améliorer les performances. Les hypothèses de recherche de recherche que nous émettons à cet effet sont :

i. La promotion du tourisme et l'information des touristes feraient cruellement défaut dans cette région.

ii. L'aménagement des sites, des infrastructures d'accueil et des voies de communication serait embryonnaire.

Pour les vérifier, nous procéderons de la même manière que dans le chapitre III à savoir l'exploitation des données secondaires obtenues auprès du MCEO et les données primaires que nous avons récoltées pendant notre séjour sur le terrain. Dans ce cas, ces données comportent aussi bien les informations que nous avons obtenues des touristes à qui nous avons adressé notre questionnaire que celles issues des entretiens que nous ont accordés d'une part aux autorités en charge du MINTOUR dans ses services centraux et dans sa représentation provinciale du Sud-Ouest et d'autre part aux piliers de l'industrie touristique (le Mount Cameroon Project, le Mount Cameroon Ecotourism Organization, le Limbé Botanic Garden, les agences de voyage et les hôteliers). Il faut rappeler que les entretiens avec toutes ces autorités ont été semi-directifs.

Ainsi, nous essayerons de recenser et de rassembler ces informations en catégories selon leurs provenances : le MCEO, les résultats de l'enquête par questionnaire et ceux des interviews.

4.1. LE MONT CAMEROON ECOTOURISM ORGANIZATION

Appartenant au secteur privé, cette ONG a l'obligation des résultats et sa survie est liée à cette activité (tourisme) d'une certaine façon. En effet, le MCEO doit s'échiner à satisfaire ses visiteurs. C'est d'ailleurs cela qui justifie tout le soin accordé aux touristes ainsi que la qualité du suivi qui est fait de cette activité. Dans ce contexte, les questions relatives à l'amélioration de la qualité ne peuvent que se trouver au coeur de leurs préoccupations. C'est ainsi qu'il est préoccupé par l'accès à l'information par les touristes, leurs goûts, la qualité de leur séjour ainsi que leurs souhaits et perspectives.

4.1.1. Accès aux sources d'information

La fiche que remplit l'usager du MCEO permet à l'ONG entre autre, de savoir comment l'information de l'existence de cette organisation et de ces activités lui est parvenue. Les données contenues dans le tableau suivant résument les résultats de l'évaluation sous cette rubrique.

Tableau 4.1.: Pourcentages exprimés par les visiteurs du MCEO sur leurs sources d'information.

Sources d'information

Guides de voyage

Agence de voyage

Brochures & dépliants

Trans - actions

Amis, connaissances et collègues

Autres (séjour à Buéa)

%

14,1

5,8

3,6

1,2

70,6

4,7

Source : Enquêtes de terrain. Mont Cameroun, Juillet 2003.

Les touristes n'ont été pratiquement atteints par les actions de promotion et d'information qu'à 23,5% notamment par les guides de voyage, les agences de voyage, les dépliants et brochures. Pour le reste, ce sont les contacts interpersonnels qui ont permis que l'information leur soit transmise, soit 76,5%. Dans ce cas, ce sont souvent des informations tronquées et parfois parcellaires. On peut comprendre pourquoi les touristes ne sont pas particulièrement informés sur la destination et la conséquence de ce faible niveau de fréquentation actuelle peut alors s'expliquer. Ceci peut s'expliquer par la jeunesse de cette organisation qui n'a que 4 ans d'âge et qui en est encore à chercher ses repères.

4.1.2. Qualité de séjour touristique

Pendant leur séjour sur le Mont Cameroun, ces écotouristes ont dû être confrontés :

· à la saleté dans les toilettes, sur la montagne elle-même et les huttes dans les refuges.

· au mauvais entretien des pistes sur le mont.

· à l'insuffisance des refuges de montagne, l'état défectueux et la rudesse des conditions de vie dans les huttes et les sites de campement.

· au manque d'eau dans certaines baraques de montagne.

Bref le séjour n'était pas toujours agréable à certains moments, mais une solution de rechange était toujours trouvée, ceci pour travailler à la satisfaction du touriste qui en paie le prix.

4.1.3. Le coût de la destination

Bien que les prix ne soient pas prohibitifs, ils ne sont pas non plus bas. Les touristes l'expriment à leur manière et les résultats sont résumés dans ce tableau :

Tableau 4.2. : Appréciation des coûts des randonnées sur le Mont Cameroun.

Coût

Très élevé

Moyen

Bas

Salaire des guides

5,6%

83,3%

9,7%

Salaire des porteurs

0%

75%

16,7%

Contribution au SHF

8,3%

73,6%

8,3%

Source :MCEO. Buéa, Juillet 2003.

Etant donné que ces écotouristes sont pour la plupart des étrangers, cette appréciation des prix pratiqués est susceptible de gommer de nombreuses inégalités. Car en effet, les avis émis sont celles des personnes ayant à peu près les mêmes possibilités financières et matérielles. Dans leur immense majorité, les coûts sont abordables (+72%) alors que pour d'autres ces prix sont bas. D'ailleurs, ils sont partout plus bas qu'ils ne sont hauts. C'est peut-être pourquoi peu sont les Camerounais qui se livrent à ces randonnées du fait des forfaits jugés hors de leur portée, soit 13 000 Fcfa / jour à verser au MCEO avant de se prendre en charge pour le reste des besoins incompressibles (vêtements, boissons et nourriture) associés à cette activité. Et pourtant en général, la pratique des tarifs démocratiques peut aussi attirer d'autres nationalités comme c'est le cas dans plusieurs destinations de rêve (Tunisie, Sénégal...).

Comme on peut le constater, le tourisme souffre de nombreux problèmes dont le moindre n'est pas celui de la qualité de séjour des visiteurs qui paient parfois beaucoup pour des prestations médiocres. Cela peut être d'ailleurs davantage apprécier à travers les résultats de l'enquête par questionnaire.

4.2. LES RESULTATS DE L'ENQUETE PAR QUESTIONNAIRE

Aussi bien à Buéa qu'à Limbé, les touristes ont exprimé quelques problèmes qui mettent en danger le tourisme dans cette région.

4.2.1. Accès aux sources d'information

Dans la ville de Buéa, 26/65 (40%) des visiteurs ont estimé que le défaut d'information et de promotion était notoire tandis que dans le même temps à Limbé, 42/89 (47,2%) pensent pareillement. En effet, à la descente de voiture à Buéa ou à Limbé, la situation est quasiment la même. Rien n'indique ni ne renseigne sur les ressources attractives de ces villes. Le touriste doit se débrouiller et il n'a ni plan de la ville, ni contact dans la ville. De plus parfois, l'effet psychologique que produit la couleur de sa peau blanche sur les autres peuples en général et en particulier sur les Africains joue en sa défaveur. Il peut alors se contenter de regarder furtivement et ne jouir que très frugalement et contre son gré de ces ressources qui n'attendent que d'être consommées. Dans le meilleur des cas, il se lance dans une véritable aventure et ne peut dès lors rencontrer que ce qui jouxte son chemin. Tout ce qui s'en dérobe est ignoré voire inconnu. Très peu sont ceux qui ont le privilège de s'informer à bonnes sources (la DPTSW, le MCEO, le MCP...). Cette situation ne peut avoir que des conséquences malheureuses sur cette activité.

Tableau 4.3. : Défaut d'information exprimé par les touristes enquêtés.

 

Manque de promotion

et d'information.

Limbé

47,2

Buéa

40

% régional

43,6

Source : Enquêtes de terrain. Mont Cameroun, Juillet 2003.

Source : Enquêtes de terrain.

Le taux régional de manque d'information et de promotion est tout aussi élevé 43,6% que dans les villes individuellement prises. Il y a donc lieu de faire quelque chose pour sortir le tourisme de cette carence qui la fragilise et réduit ses possibilités de rentrées financières et partant, le développement de la région et de ces populations.

Par ailleurs, les sources d'information des touristes sont essentiellement du bouche à oreille, soit 56% à Buéa et 75,2% à Limbé pour une moyenne régionale de 65,6%. Ceci revient à dire que près de 2/3 de touristes n'ont qu'une idée reçue des lieux qu'ils visitent et non un circuit bien confectionné et destiné aux personnes désirant tirer profit en peu de temps de cette destination. Lorsque manquent les outils élémentaires de la localisation de ces ressources cela ne peut qu'être grave, décourageant et frustrant pour le visiteur qui n'arrive pas au moins à retrouver ce qui lui a été raconté.

Cela est effectivement confirmé par une véritable méconnaissance du terrain. A Buéa par exemple, cette ville qui n'a pas de plage se voit être sollicitée par 29 personnes sur109 soit par extrapolation un pourcentage d'ignorance de 26,6%.

Le défaut d'information et de promotion est un des problèmes majeurs du tourisme dans le Fako. Car en effet, on peut être assis sur une mine sans le savoir et aussi longtemps que cela dure, on ne peut en jouir.

4.2.2. Qualité de séjour touristique

Les touristes se sont également exprimés sur la qualité du séjour qu'ils ont passé dans la région du Mont Cameroun. Leur appréciation a porté sur l'état d'aménagement, les infrastructures et enfin sur l'hygiène et la salubrité.

Tableau 4.4. : Obstacles rencontrés au cours des visites dans la région.

 

Sous

aménagement

Manque d'hygiène et de salubrité

Infrastructure

insuffisante

Cherté

de l'offre

Buéa

53,8

26,2

63,1

45,7

Limbé

27

20,2

56,2

39,3

R.M.C.

40,4

23,2

59,7

42,5

Source : Enquêtes de terrain.

Pour ce qui est de l'état d'aménagement des sites de tourisme, 32/65 touristes, soit 53,8% à Buéa pensent que l'aménagement des sites est embryonnaire contre seulement 24/89 (27%) à Limbé où des efforts des opérateurs touristiques convergent. Le taux de sous aménagement des sites au niveau régional est de 40,4%. Cela ne traduit peut-être pas fidèlement la réalité mais exprime tout au moins clairement que l'on peut consommer au moins 50% de ces produits qui même sans être aménagés ont le mérite et la vocation de plaire. L'aménagement de cette région reste une préoccupation. Il y a par exemple de nombreux kilomètres inexploités et les tentatives individuelles ont du succès. C'est le cas de la plage de Seme Beach hotel dont les sacrifices qu'il consent lui sont bien rendus. Ses plages reçoivent les week-ends des personnes venant de toute part qui payent 1 000 Fcfa/touriste pour y accéder.

Cliché : D. NGUEPJOUO. Sémé, juillet 2003.

Photo 4.1. Une vue de l'aménagement de la plage de Sémé Beach Hôtel dont les sacrifices consentis par son promoteur, lui sont bien rendus.

Il existe aussi beaucoup d'espaces non exploités et peut-être inconnus qui côtoient la plage de Limbé. Ce sont des paysages agréables mais qui se soustraient de l'appréciation du visiteur à cause de leur enclavement. Nous avons pu recenser les localités de Bimbia et de Mabeta dont les images sont pittoresques et saisissantes.

(1) (2)

Cliché : D. NGUEPJOUO. Bimbia, juillet 2003

Photo 4.2. : Quelques sites inexploités mais qui ne manquent pas de charme à Bimbia : Canon symbolisant la fin de la guerre entre Allemands et Anglais en 1914 (1) et une vue du Cap Bimbia (2).

Les touristes ont clairement exprimé le fait que les infrastructures ne sont ni en quantité ni en qualité nécessaires. Ainsi 63,1% de visiteurs à Buéa contre 56,2% à Limbé pour un taux régional de 59,7% pensent que les infrastructures sont modestes voire insuffisantes.

Un autre souci que les visiteurs se font au sujet de l'état de développement est celui de l'hygiène et de salubrité. En effet, 26,2% des touristes à Buéa et 20,2% à Limbé estiment que l'offre touristique est sujette à la saleté. Ceci donne une moyenne régionale de manque d'hygiène et de salubrité de 23,2%. Il faut reconnaître que 50% de ceux qui incriminent cette menace du tourisme sont européens et représentent près de 40% de l'effectif total des visiteurs. La situation dans le domaine équatorial dispose cette région à être un vivier d'agents pathogènes particulièrement nuisibles à la santé de l'homme. D'ailleurs au cours de l'histoire, beaucoup d'étrangers ont dû y perdre leur vie. Depuis lors, ce souvenir semble hanter les étrangers et les nombreuses épidémies déclenchées dans les pays tropicaux travaillent à le confirmer. Pour les occidentaux en général (46,7%) et français en particulier soit 46,4% des occidentaux, il leur est quasiment obligatoire de prévenir et/ou de soigner ce qu'ils appellent la « tourista ». C'est une maladie liée aux visites dans les latitudes tropicales. L'un d'eux la présente simplement en ces termes : « la "tourista" se retrouve dans presque tous les pays dits émergeants ou en voie de développement, les causes sont comme je vous l'ai dit liées au manque d'hygiène en général comme l'évacuation des déchets (résidus, égouttures, eaux usées etc.), le traitement de ces déchets (recyclage, enfouissement, traitement des eaux usées), la propreté des lieux publics (rue, routes, gares, hôtels, bâtiments publics, magasins etc.), l'hygiène individuelle des personnes participant au contact des touristes (douaniers, serveurs, personnel d'agrément ou de nettoyage etc.). Bref, un peu d'organisation et beaucoup d'éducation à l'intention de tous les participants et leur entourage ».

4.2.3. Le coût de la destination

Il est admis que se livrer au tourisme c'est s'offrir un luxe auquel ne peuvent pas accéder que des personnes possédant de gros moyens. De telles personnes sont généralement issues des couches aisées de la population et par conséquent vivant dans de grandes métropoles du Cameroun ou d'ailleurs. Ceci se confirme fort bien par les résultats de l'enquête au sujet des infrastructures et des équipements qui ne sont pas suffisants.

Pour ce qui est particulièrement de l'infrastructure routière, elle est en mauvais état. C'est pourtant le seul moyen de locomotion utilisé par les personnes interrogées dans cette région selon la répartition suivante : 38,8% utilisent un véhicule personnel et 61,2% le transport en commun dont 93,5% les agences de voyage en provenance de Douala ou de Yaoundé et 6,5% le taxi en provenance de Tiko, Mutengene et Buéa.

Sur le plan du tourisme, le Cameroun se présente comme une destination dont les prix sont prohibitifs (BIC et SOFRECO). A Buéa, les visiteurs interrogés le confirment à 45,7%, soit 16/35 contre 39,3%, soit 35/89 à Limbé.

Ces tarifs sont d'ailleurs bas comparés à en juger par le taux de menace qui pèse sur les prochaines visites des autres parties du Cameroun. Plus de 50% soit 107/207 touristes pourraient être découragés au sujet de leurs visites futures par les prix pratiqués dans le pays.

Pour une durée moyenne de séjour de 2,5 jours, le touriste dépense 29 115 Fcfa à Buéa contre 51 250 Fcfa à Limbé pour seulement 1,8 jour. Pour 4,3 jours à Buéa, la facture s'élève à 47 234 Fcfa tandis qu'à Limbé, la note revient à 180 000 Fcfa pour 14 jours. Ceci permet de constater que de façon générale, les longs séjours sont légèrement moins chers que les courts séjours dans la région. Mais l'offre est plus coûteuse à Limbé qu'à Buéa sans doute à cause du niveau de vie élevé à Limbé. La moyenne quotidienne de dépenses à Buéa fluctue entre 10 985 Fcfa et 11 646 Fcfa alors que dans la ville côtière, elle varie de 12 857 à 28 472 Fcfa. Contrairement à ce que l'on attend, ces dépenses sont plutôt maigres. Cela s'explique par le fait que ce ne sont que des moyennes qui cachent de grandes disparités. En effet, la plupart des touristes interrogés ne séjournent pas à l'hôtel ( %) et n'en paient par conséquent pas les frais. Ceux-ci dépensent donc moins lorsque les autres se retrouvent à faire des dépenses astronomiques. On a donc affaire - malgré les apparences - à de gros clients à inclinaison dépensière.

4.2.4. Suggestions et perspectives

Au regard de l'état actuel du tourisme par ceux qui le pratiquent, des suggestions ont été faites. 27,8% recommandent que l'entretien soit révisé tandis que 10,8% évoquent l'aménagement comme une nécessité pour le décollage du tourisme. A ceux-ci, il faut ajouter 5% de touristes qui proposent que les routes soient aménagées. Quant à la création des centres d'accueil et la promotion des structures d'accueil présentant un bon rapport qualité-prix, 14,3% les estiment urgents. 5% pour la restauration à améliorer. Beaucoup de promotion, d'information et d'organisation des expéditions touristiques sont attendus par 16,8% et l'administration doit encore travailler à jouer son rôle de facilitateur pour 3,4%. L'éducation des visiteurs et des populations occupe une place de choix au nombre de ces suggestions alors que seulement 3,4% pensent que tout est bien en l'état actuel.

4.3. LES INTERVIEWS DES PROFESSIONNELS DU TOURISME ET DES AUTORITES DU MINISTERE

Au cours de ce travail de terrain, nous avons également pu entrer en contact avec des décideurs dont l'avis marque d'une certaine manière la vie de ce secteur d'activité. Leurs investissements doublés de leur implication sur le terrain d'une part et d'autre part, leur position dans la sphère de décision en font des personnes ressources en la matière. Il s'agit respectivement des acteurs de l'industrie touristique (MCEO, LBG...) et des autorités en charge de la gestion quotidienne du tourisme au Cameroun et en particulier dans le Sud-Ouest.

4.3.1. L'industrie touristique

De façon générale, l'industrie touristique fait vivre ce domaine de l'économie en même temps qu'elle en tire ses propres bénéfices. A ce titre, le tourisme est une activité économique sur laquelle elle a misé et par conséquent elle doit y veiller pour ne pas voir ses investissements menacés. Dans ce contexte, les questions relatives à la continuité de ce secteur l'intéressent. Elle est parfois amenée à faire des études qui visent à corriger les défaillances du système et partant, accroître la rentabilité de leurs activités.

En nous rapprochant d'elle, nous avons dégagé des problèmes qui se posent au tourisme de son point de vue. Dans l'ensemble, ils se posent en termes financiers. On y évoque des problèmes tels :

· le faible niveau d'aménagement des sites touristiques,

· l'accès aux hôtels, le parking exigu voire inexistant,

· le standing souvent bas de ces établissements hôteliers,

· les prestations approximatives de leurs employés,

· la faible fréquentation hôtelière, la maintenance.

Mais l'industrie touristique les connecte toujours aux moyens financiers insuffisants. Aussi longtemps que l'Etat ne les accompagnera pas en assouplissant les conditions de leur existence, l'activité s'épanouira difficilement. Selon les termes du décret No 99/443/PM du 25 mars 1999, les exigences de qualité et de procédures sont nombreuses et sur ce terrain, les différents protagonistes ne combattent pas à armes égales. Les structures gérées par l'Etat jouissent d'un traitement de faveur pendant que les autres avalent la pilule amère de ce genre de concurrence. Le gouvernement voit en cette loi, une perche tendue pour relever le niveau du tourisme camerounais en le dotant de ce dispositif réglementaire permettant de respecter les règles de l'art.

4.3.2. Les autorités en charge de la gestion du tourisme.

Elles ont été rencontrées aussi bien au MINTOUR qu'à la DPTSW. C'est à elles qu'est échue la charge de définir le cadre réglementaire et son application évoqués dans la section précédente. Elles mettent également en route une politique incitative au développement et à l'intensification du secteur.

Pour ces autorités, les problèmes du tourisme sont liés à la transversalité du secteur c'est-à-dire à l'intervention d'une multitude de secteurs dans la chaîne du tourisme. Il s'agit par exemple du secteur du transport routier, maritime et aérien, de celui de l'environnement et des forêts, de la police, des relations extérieures qui ne sont pas toujours malléables. Ces problèmes commencent pour le touriste avec l'obtention du visa et se poursuivent avec le transport, les tracasseries policières et administratives, l'obtention de l'information, la qualité des établissements d'accueil, les prestations dans les hôtels, l'aménagement et l'entretien des sites touristiques... Ces problèmes peuvent se résumer en la difficile collaboration avec les autres administrations et les finances insuffisantes. La part de ce ministère au budget de l'Etat est insignifiante pourtant le gouvernement l'a placé au 5è rang des priorités de développement du septennat finissant.

Ce chapitre tentait de répondre aux questions de savoir :

· Les touristes connaissent-ils la destination Fako et/ou la promotion permet-elle d'en attirer des nouveaux ?

· Comment améliorer la qualité de l'offre (propreté, aménagement des sites, infrastructures...) pour l'épanouissement de ce secteur dans la région ?

L'objectif qu'il poursuivait était de déterminer les facteurs limitants à l'essor du tourisme. Pour y parvenir, nous avons formulé quelques hypothèses :

· La promotion du tourisme et l'information des touristes feraient cruellement défaut dans cette région.

· L'aménagement des sites, des infrastructures d'accueil et des voies de communication serait embryonnaire.

Au bout de nos analyses, nous pouvons affirmer que le tourisme dans le Fako connaît quelques difficultés qui étouffent son décollage effectif en ce sens qu'elles menacent la fidélisation de ses clients du moment et de ses futures conquêtes et partant les rentrées financières. Elles varient de la difficulté d'accéder aux sources d'information aux coûts jugés prohibitifs en passant par la qualité en demi-teinte du séjour des touristes dans la région. Mais les principaux obstacles peuvent être regroupés en deux classes : les obstacles internes à la région et les obstacles liés à la géopolitique.

CONCLUSION GENERALE

Au cours de cet exercice heuristique, nous avons été motivé par la réponse à la question principale : Comment accroître la fréquentation touristique dans une région qui en présente les atouts et partant, relever le niveau de performances du tourisme dans le Fako ? En le faisant, nous poursuivions l'objectif général de contribuer à l'accroissement de la fréquentativité de cette région du Mont Cameroun en établissant ce qu'elles présentent réellement du point de vue touristique comme avantages et faiblesses, objectif qui se trouve être reparti en objectifs spécifiques qui sont :

· De caractériser les milieux dans lesquels s'inscrivent l'activité touristique.

· De dresser un état des lieux de développement du tourisme aux niveaux fréquentatif, infrastructurel...

· D'identifier les potentialités touristiques.

· De déterminer les facteurs limitants à l'essor du tourisme.

Nous avons également formulé l'hypothèse générale qui est : le tourisme battrait de l'aile dans le Fako ainsi que les hypothèses spécifiques qui suivent :

i. Les éléments de la nature sont les plus convoités par les visiteurs du Fako.

ii. Les attractions architecturales et culturelles sont mal connues et partant peu visitées.

iii. La promotion du tourisme et l'information des touristes feraient cruellement défaut dans cette région.

iv. L'aménagement des sites, des infrastructures d'accueil et des voies de communication serait embryonnaire.

Ceci a été fait à l'effet de donner une explication provisoire aux problèmes que nous posions.

Au fil des quatre chapitres, nous procédions étape par étape par la réponse à une ou plusieurs question(s) spécifique(s) de recherche. C'est ainsi qu'au chapitre I, nous avons présenté le milieu étudié. Il s'est agi du milieu physique et du milieu humain suivi d'un développement sur la nécessité du tourisme. Pour le milieu physique, le relief, le climat, la végétation et les sols ont été succinctement passés en revue. Quant au milieu humain, le cheminement historique de la région a contribué à la doter de cultures originales et de peuples authentiques de la côte n'ayant pas connu de grands brassages. Quoiqu'il en soit, il est apparu que ce cadre est propice à la floraison de l'activité touristique.

Au chapitre II, la préoccupation consistait à faire le point sur la pratique du tourisme dans le département du Fako. Pour ce faire, l'objectif de dresser un état des lieux de développement du tourisme aux niveaux fréquentatif, infrastructurel...a été fixé. Ainsi en partant de la présentation des attraits touristiques exceptionnels de type naturel, anthropologique et architectural, nous sommes arrivés à une évaluation de la fréquentation qui hélas, présente une augmentation de l'ordre de 33,5%. Le parcours de cet état des lieux est également passé par les infrastructures de base utiles à cette activité ainsi que par les acteurs intervenant dans la chaîne du tourisme. Il en a résulté que le tourisme va mal quoique disposant par ailleurs des potentialités nécessaires à son essor.

Le chapitre III tentait de répondre à la question de recherche suivante : quels sont les atouts majeurs que présentent ces villes dans le secteur du tourisme ? L'objectif était d'identifier les potentialités touristiques dont ces villes disposent afin de pouvoir vérifier les hypothèses :

· Les éléments de la nature seraient les plus convoités par les visiteurs du Fako.

· Les attractions architecturales et culturelles seraient mal connues et partant peu visitées.

Concernant la première hypothèse, il est apparu que de façon effective, c'est la présence des ressources du milieu physique (flore, faune...) qui servent de prétexte principal aux visiteurs qui se rendent dans le Fako. En effet, les données recueillies auprès du coordonnateur du MCEO et des touristes rencontrés dans la région du Mont Cameroun s'inscrivent dans cette perspective.

Ainsi du MCEO, ONG s'occupant des randonnées de touristes de diverses nationalités sur le Mont Cameroun, nous avons exploité les archives statistiques et les données de l'évaluation de l'année 2002 basée sur les 72 fiches retournées dans ses services. Nous sommes particulièrement intéressés aux aspects de la fiche qui étaient les plus susceptibles de nous fournir de la matière pour répondre à notre question de recherche. Il s'est agi des archives statistiques et des goûts des visiteurs.

Les archives statistiques

L'augmentation progressive et considérable de la fréquentation touristique du Mont Cameroun, zone d'action de cet organisme, est passée du simple (322 touristes) au double (685 touristes), soit une augmentation de l'ordre de 112,7 %. C'est le signe de l'intérêt que ceux-ci portent aux prestations d'origine naturelle que leur offre l'organisation.

Les goûts des visiteurs

- Les centres d'intérêt des visiteurs se rapportent à la nature (100%).

Les visites que ces touristes ont effectué ailleurs au Cameroun concernent 68,6% des sites touristiques à vocation principalement naturelle.

- 95,8% seraient prêts à renouveler l'expérience. Mais plus exactement 37 touristes, soit 51,4% sont désireux de revenir dans les mêmes conditions contre 29, soit 40,3% qui ne le feraient que si certaines conditions sont remplies par eux-mêmes.

- Ces touristes recommandent sans aucune réserve le voyage du Mont Cameroun aux autres visiteurs, soit 100% de l'effectif considéré.

Auprès des touristes eux-mêmes, c'est quasiment le même résultat qui a été obtenu. Ce résultat porte sur la récurrence des visites, leurs motivations, les préférences et les impressions laissées par les visites dans la région.

- La récurrence des visites régionales dont le taux se situe autour de 50% montre également que le Mont Cameroun exerce de la fascination sur de nombreux visiteurs qui n'hésitent pas à s'y rendre.

- 50,25% des motivations ont un rapport étroit avec la nature. Il s'agit des activités telles que la relaxation à la plage, le repos physique et l'aventure. La dernière c'est-à-dire l'aventure ne pouvant se déployer que si les éléments les soutiennent : La plage pour la relaxation, le climat pour le repos et l'espace pour l'aventure.

- Le taux régional de préférences pour les attraits naturels égal à 76,6%.

100% des sujets interrogés disent respecter l'environnement et les ressources touristiques, et 76,7% sont prêts à se soumettre aux activités d'entretien sur ces sites. 84,2% de personnes font ou sont prêtes à faire quelque chose de concret pour soigner la nature.

Les impressions des visiteurs interrogés sont globalement bonnes (82,5%) et ce qui en donne davantage la preuve c'est que 98,3% sont prêts à revenir partager les délices de la nature du Mont Cameroun.

Pour ce qui est des ressources d'autres origines (deuxième hypothèse) , elles ne servent que de produit d'appoint. Leur état de développement tend à le confirmer par ailleurs.

La question à laquelle le chapitre IV a essayé de répondre était de savoir :

· La destination Fako est-elle connue de ses visiteurs et promue  pour en attirer de nouveaux ?

· La qualité de l'offre (propreté, aménagement des sites, infrastructures...) peut-elle constituer un frein à l'épanouissement de ce secteur d'activité dans la région ?

Ce chapitre poursuivait le but de déterminer les facteurs limitants qui gênent l'essor du tourisme en vérifiant les hypothèses suivantes :

· La promotion du tourisme et l'information des touristes feraient cruellement défaut dans cette région.

· L'aménagement des sites, des infrastructures d'accueil et des voies de communication serait embryonnaire.

Pour les vérifier, nous avons utilisé les données secondaires obtenues auprès du MCEO qui expédie les touristes dans la montagne et veille à leur satisfaction. De même nous avons recouru aux données primaires résultant de l'enquête effectuée auprès des touristes et des interviews réalisées auprès de l'industrie touristique et les autorités en charge du tourisme.

Des résultats de l'évaluation de la saison touristique 2001-2002 de cette ONG, nous avons pu apprendre que :

- les sources d'information des touristes envoyés par le MCEO sur la montagne sont variables. Il s'agit des guides de voyage, des agences de voyage, des brochures et des dépliants dont les pourcentages regroupés sont de 23,5% alors que les transactions, les amis, les connaissances et les collègues, le séjour de certains touristes à Buéa représentent jusqu'à 76,5% des avis exprimés. L'essentiel des visiteurs est informé par le truchement des contacts interpersonnels.

- La qualité du séjour des touristes est ternie par la saleté des toilettes, de la montagne, le mauvais entretien des pistes du mont, l'insuffisance des refuges de montagne, l'état défectueux et la rudesse des conditions de vie dans les huttes et les sites de campement.

- Ces séjours ont un coût qui de l'avis + de 72% des visiteurs est abordable. Il faut noter que ces visiteurs sont essentiellement des expatriés et disposent de gros moyens. Son caractère acceptable des prix pourrait en réalité ne pas l'être pour de petites bourses.

L'enquête socio-économique nous a permis de nous rendre compte - de l'avis des touristes - que :

- l'accès aux sources d'information n'est pas toujours garanti. En effet 43,6% des visiteurs trouvent l'information sur cette destination ailleurs que sur le net et les autres canaux d'information et de promotion du tourisme. 65,6% des touristes reçoivent l'information à travers le bouche-à-oreille et ceci joue en la défaveur de la destination.

- la qualité de séjour touristique se trouve être ternie par l'état d'aménagement général dont le taux régional ressorti des enquêtes est approximativement égal à 40,4%, les infrastructures qui font défaut selon 59,7% des visiteurs et enfin l'hygiène et la salubrité qu'incriminent 23,2% des touristes sont tout aussi défaillantes. Beaucoup de touristes occidentaux pour la plupart ont été victimes de ce qu'ils appellent `'tourista''.

- le coût de la destination quoique apparemment abordable est en réalité prohibitif. C'est du moins ce que pensent 42,5% des visiteurs de la région du Mont Cameroun.

Toutes ces informations constituent des obstacles à l'essor de cette activité dans la région du Mont Cameroun.

Des entretiens que nous ont accordés les professionnels du tourisme, il ressort que :

· le faible niveau d'aménagement des sites touristiques,

· l'accès aux hôtels, le parking exigu voire inexistant,

· le standing souvent bas de ces établissements hôteliers,

· les prestations approximatives de leurs employés,

· la faible fréquentation hôtelière, la maintenance constituent des freins au développement du tourisme

Ceci est confirmé par les autorités du tourisme pour qui le tourisme est menacé par tous ces problèmes. Ceci est dû à la transversalité du secteur qui fait intervenir de nombreuses administrations toujours difficiles à manoeuvrer.

En fin de compte, nous pouvons affirmer que le tourisme dans la région du Mont Cameroun dispose d'abondantes ressources largement tributaires de la nature et sous-exploitées pour son développement et celui des peuples. Mais ce développement reste encore sous la coupole des obstacles liés à la promotion du tourisme et l'information des touristes, à la qualité du séjour de ceux-ci et au coût pas toujours accessible à plusieurs d'entre eux. Ces difficultés sont du reste jugulables.

Nous partageons donc le concept de développement du tourisme selon lequel le tourisme contribue au bien-être des peuples sans pour autant compromettre les chances de d'épanouissement des futures générations d'en disposer pour elles-mêmes.

Pour répondre à notre question de départ à savoir, comment accroître la fréquentativité touristique dans une région qui en présente les atouts et partant, relever le niveau de performances du tourisme dans le Fako ?, nous dirons que le recours doit être fait à la réflexion et l'action.

La réflexion portera sur l'exacte quantification des flux touristiques, le plan marketing de la région, la formation professionnelle des travailleurs du secteur du tourisme et le plan d'aménagement de la côte comprise entre Mabéta et Idénau.

L'action quant à elle consistera en la facilitation de la formation par l'octroi des bourses de formation étant donné que très peu de Camerounais ont une solide formation en tourisme. Ceci rend le pays totalement extraverti et dans le même temps, les travaux de recherche des nationaux sont rarement sinon pas du tout consacrés à la résolution des problèmes de ce secteur d'activité.

Selon les conclusions d'une étude de l'OMT (''Tourism 2020 vision : Africa'' in www.worldtourism.org), les « mégatendances » du tourisme du XXIè siècle montrent que les touristes vont devenir des consommateurs « aux commandes » grâce à l'usage des divers supports technologiques dont les NTIC, aimer les produits thématiques...et leurs goûts vont être polarisés sur le confort d'une part et l'aventure d'autre part. C'est pourquoi, il est dès à présent nécessaire de procéder à la création d'un site Internet qui à défaut de promouvoir la région touristique du Mont Cameroun, regroupera sur le même site l'ensemble des produits écotouristiques dépendant de la végétation, de la faune et des paysages naturels du pays ainsi que les hôtels et les autres atouts touristiques.

De façon plus concrète, l'action pourrait se nourrir de cette liste de recommandations.

RECOMMANDATIONS

· Diversifier l'utilisation des produits de la nature notamment en développant les activités telles les croisières en mer, les expéditions photo sur la montagne...

· Etendre la saison touristique sur toute l'année en veillant à adapter l'offre touristique aux périodes sèche et pluvieuse.

· Préparer un véritable package cohérent pour la région du Mont Cameroun qui peut être intégré comme un circuit dans la destination Cameroun en précisant les espaces d'hébergement, de loisirs, des sites visitables...

· Profiter au maximum de la proximité de l'aéroport international de Douala et même de Yaoundé pour mener des actions promotionnelles agressives et porteuses.

· Mener des études sur l'aménagement intégré des 90 km de côte de Limbé de manière à servir sur le marché une plage particulièrement concurrentielle.

· Revoir l'instrument de collecte des statistiques hôtelières qui excluent de nombreux touristes et ne prend d'ailleurs en compte que ceux que les hôteliers donnent à la DPTSW.

· Faire participer les populations locales au développement de l'activité touristique.

· Créer des stands d'informations des visiteurs au sein des collectivités locales décentralisées où l'on pourra mettre à disposition une carte de la région et la localisation des produits touristiques. Un cadre adéquat pour le faire serait la gare routière, le point de chute de toutes les entrées dans la ville.

· Construire des routes viables.

· Offrir la possibilité des voyages par voie d'eau tout au moins d'un point de la côte à un autre ( Idenau à Mabeta en passant par Debunsha, Batoké, Bimbia...).

· La concurrence s'occupera de mettre les hôtels et autres services aux standards internationaux.

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