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Exploitation artisanale de l'or dans le processus de mutation socioéconomique à  Hiré (sud Bandama Côte d'Ivoire)

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par Kouassi Nicolas KOUADIO
Université de Bouaké (Côte d'Ivoire) - D.E.A (diplôme d'études approfondies) Sociologie 2008
  

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I-1-2- Réduction du temps consacré aux activités agricoles

L'exploitation artisanale de l'or demande beaucoup de temps. Au niveau de toutes les étapes, la production a besoin d'une certaine attention une consécration qui a besoin d'un soin minutieux. C'est ainsi que la recherche de pierre par exemple demande que l'orpailleur soit assis afin de fouiller sur tous les flancs de la roche de sorte à identifier les particules d'or qui s'y trouvent. Rien ne se fait à la hâte. C'est pourquoi les orpailleurs trouvent peu de temps pour les activités agricoles (32 % des enquêtés adoptent cette attitude). Pour ceux qui n'ont pas abandonné totalement les champs, ils y vont une ou deux fois dans la semaine. Le reste des jours de la semaine est consacré à la recherche de l'or. Même les nuits ne sont pas épargnées. Souvent dans la nuit, on entend le bruit des mortiers en fer qui servent à piler les roches concassées.

I-1-3- L'abandon de certains champs de cacao

L'essor de l'exploitation artisanale de l'or a précipité l'abandon de certaines plantations de cacao qui étaient déjà dans une situation moribonde. En effet, certains planteurs se sont reconvertis en orpailleurs en abandonnant leurs champs qui ont pris un coup de vieillesse. Ils soutiennent que le renouvellement des vergers est difficile à cause de l'instabilité du pluviomètre. Le raccourcissement des cycles pluviométriques met en mal les tentatives de renouvellement des vergers. Certains (8% des enquêtés) décident de laisser leurs champs en jachère. D'autres encore (20%) arrêtent simplement toutes activités champêtres. La prise de cette décision a suffisamment été encouragée par l'opportunité qu'offre l'exploitation artisanale de l'or. Pour ces derniers, au lieu de perdre le temps à tenter de renouveler en vain les vergers de cacao, il convient de s'intéresser à l'orpaillage qui d'ailleurs, procure un revenu non négligeable. Cela permet en outre à la terre de se ``reposer'' et de récupérer tranquillement sa fertilité.

I-2- La raréfaction de la main d'oeuvre agricole

La main d'oeuvre agricole est composée d'une main d'oeuvre extérieure (rémunérée) et d'une main d'oeuvre familiale (non rémunérée).

I-2-1- La raréfaction de la main d'oeuvre extérieure

La main d'oeuvre extérieure a été d'un apport considérable dans la création des plantations de cacao à Hiré. Elle est constituée de ressortissants du Burkina et du Niger notamment. Une partie de cette main d'oeuvre provient du centre de la côte d'Ivoire. Ce sont des Baoulé en général, qui offrent leur force de travail aux planteurs sur une durée de 6 mois ou un an renouvelable. Depuis deux décennies, cette main d'oeuvre tend à disparaître. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce phénomène. Il s'agit de la baisse de la production due au vieillissement des vergers, la baisse du prix du cacao et la crise socio-politique que connaît le pays depuis 1999. Cette raréfaction de la main d'oeuvre extérieure est accentuée depuis la reprise des activités d'orpaillage à Hiré. Les opportunités économiques qu'offre cette activité captent la main d'oeuvre agricole. Ainsi, cette main d'oeuvre initialement agricole se voit attribuer des tâches en tant qu'ouvrier journalier sur les sites d'orpaillage si ces personnes n'exploitent pas elles mêmes l'or à leur propre compte. La rémunération journalière à un salaire plus ou moins élevé que celui payé dans les activités agricoles (1 500 à 2 000 / jour) est un atout qui attire la main d'oeuvre vers l'orpaillage. En outre, les ouvriers ne nouent pas un contrat à long terme avec leurs employeurs. Une fois le contrat de la journée est terminé ; l'ouvrier et l'employeur ont la possibilité de renouveler ou non le contrat. Cette façon de faire offre une certaine liberté aux ouvriers, ce qui ne se fait dans l'agriculture. En effet, l'ouvrier dispose d'une liberté de décision du jour où il veut travailler selon son humeur, ce qui n'est pas possible lorsqu'il est employé par un planteur (contrat de 6 mois ou d'un an). La liberté accordée aux ouvriers dans l'orpaillage est aussi une des raisons qui attire la main d'oeuvre et cause la raréfaction de celle-ci dans le secteur agricole.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon