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La gestion des déchets solides ménagers (DSM) à  Cotonou : proposition d'un cadre approprié de planification de la pré-collecte


par Romance HOUNKPATIN et Marie Caroline KOTTIN
ENEAM/UAC - DTS en Planification et Aménagement du Territoire 2009
Dans la categorie: Géographie
   
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INTRODUCTION

En cette aube du 3ème millénaire, les pays africains tentent de relever de nombreux défis dont la lutte contre la pauvreté, les pandémies telles que le sida et le paludisme, la distribution rationnelle et équitable de l'eau potable et de l'énergie, l'octroi à leur population d'une éducation convenable et conforme aux normes internationales, la lutte contre le chômage et autres. Cette situation se complique encore à cause de l'urbanisation rapide et galopante que connaît le continent, avec un taux de croissance démographique d'environ 5% par an (Onibokun, 2001). Cette urbanisation incontrôlée, selon le rapport d'activités du Relais pour le développement Urbain Participé (RUP, 2003), est source de nombreux maux : violence, dépravation des moeurs, installation anarchique des populations dans des zones non viables, accroissement de la pauvreté. Elle pose également des problèmes en ce qui concerne l'assainissement et la salubrité qui, pour être tous deux effectifs, nécessitent une bonne gestion des déchets urbains. Le Bénin fait de nombreux efforts pour résorber le problème, sans toutefois aboutir à des résultats globalement satisfaisants. Le taux d'évacuation pour tout le Bénin est de 17% avec 39% en milieu urbain et 3% en milieu rural.

La ville de Cotonou, capitale économique du Bénin, est un excellent exemple en ce qui concerne la mauvaise gestion des DSM. Pendant que des populations dans les quartiers tels que les Cocotiers, Cadjehoun ou la Haie-Vive vivent dans un environnement sain, grâce à la pré-collecte régulière de leurs DSM, des quartiers comme Tanto, Yagbé ou Ladji sont carrément infestés par les DSM, qui gagnent de l'espace sur les habitations (voir photos en annexe 2). L'origine du mal remonte à la crise économique des années 80 qui s'est soldée par une réduction du budget consacré à la gestion des DSM. La voirie qui à l'époque, était la seule structure chargée de la gestion des ordures dans la ville de Cotonou s'est donc vue dans l'impossibilité d'assurer ce service qui lui incombait. A ce problème est venu se greffer celui d'une croissance urbaine galopante due à des migrations tant internes qu'externes. Suite à ces événements, la quantité de déchets produits s'est accrue et leur gestion est devenue malaisée. D'où la qualification de la ville de Cotonou à l'époque de l' « Himalaya des déchets ».

Face à l'ampleur des désagréments qu'engendre cette situation et l'éventualité d'y gagner de l'argent, les jeunes sans emploi se sont regroupés en ONG pour suppléer la voirie. Le rôle de la mairie dans la gestion des DSM s'est renforcé du fait de la décentralisation. Ainsi, avec l'appui de quelques micros- entreprises privées et des ONG, la mairie s'emploie à résoudre les énormes problèmes qu'induit la mauvaise gestion des DSM. Des formations ont été organisées à l'endroit des ONG principalement par Oxfam-Québec grâce à l'Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI) afin d'améliorer la qualité de leurs prestations. Leur service consiste à collecter les ordures des ménages de porte à porte à un point de regroupement. Cette opération a plus ou moins eu de succès dans la ville de Cotonou, car de 48,38% en 2003, le taux d'abonnement des ménages est passé à 64,86% pour toute la ville de Cotonou. (Oxfam- Québec, 2007).

Cependant, des efforts restent encore à fournir. En effet, jusqu'à ce jour les éboueurs vont déverser les DSM collectés ailleurs dans certains quartiers sur la demande de leurs propres habitants, de sorte qu'ils constituent le réceptacle de toutes sortes de déchets. Cette situation est renforcée par l'insuffisance de points de regroupement aménagés dans la ville soit 6 sur 45 estimés par le guide pratique de la gestion des DSM à Cotonou (Mairie de Cotonou, 2004.). Tous ces comportements accroissent les risques de pathologie que provoquent les DSM. De fait, l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) estime que dans le tiers- monde, plus de 80% des maladies sont liées à un cadre de vie malsain. Des études effectuées par Aïssi, (1992) ont révélé que les puits de Cotonou sont infiltrés pour la plupart par les lexiviats des déchets solides (enfouis dans le sol) et par les déchets liquides et matières fécales; ainsi étant donné la faible profondeur de la nappe phréatique (oscillant entre 0 et 2 m), sa contamination par ces déchets est immédiate.

En raison de tous ces désagréments, il est urgent de déterminer une politique applicable et suffisamment pertinente pour réduire efficacement la prolifération des DSM dans la ville de Cotonou. Dans cette optique, la présente étude se propose d'élaborer un cadre adéquat de planification de la pré-collecte des DSM dans la ville de Cotonou afin d'aider la mairie à atteindre ses objectifs en matière de gestion des DSM. Elle comprend deux grandes parties subdivisées en chapitres.

La première partie donne un aperçu du cadre de l'étude. Elle comprend deux chapitres, l'un portant sur le cadre institutionnel de l'étude et l'autre sur son cadre théorique. La deuxième partie est consacrée à l'analyse de la situation de la pré- collecte des DSM à Cotonou. Elle est constituée de la méthodologie de recherche et de l'analyse empirique de la situation des déchets solides ménagers à Cotonou

.

PREMIERE PARTIE

CADRE DE L'ETUDE

CHAPITRE 1 : CADRE INSTITUTIONNEL DE L'ETUDE

Le but de ce chapitre est de donner d'une part, un bref aperçu des lois et réglementations en matière de gestion des DSM et d'autre part, de présenter le milieu d'étude.

SECTION 1 : CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTAIRE DE LA

GESTION DES DECHETS SOLIDES MENAGERS A COTONOU

Dans cette section, il est donné un aperçu du cadre législatif et réglementaire de la gestion des DSM à Cotonou et des acteurs qui y interviennent.

PARAGRAPHE 1 : ASPECTS LÉGISLATIF ET RÉGLEMENTAIRE DE LA GESTION DES DSM

à Cotonou

Le code de l'hygiène publique de 1987 est le document de base juridique par rapport à la gestion des Déchets Solides Ménagers. Depuis 1997, le cadre juridique de la gestion des DSM au Bénin se compose des textes suivants :

ü La loi N°87-015 du 21 septembre 1987 portant code de l'hygiène publique en

République du Bénin.

Les articles 4 ; 6 ; 7 et 9 de cette loi indiquent les conditions de manipulation des déchets sur les voies publiques ou en dehors des maisons. Ce décret n'apporte cependant aucune information complémentaire sur les pénalités encourues en cas d'infraction.

ü La loi n°97-029 du 15 janvier 1999, portant organisation des communes, confère aux communes à travers son chapitre III, des compétences en matière d'environnement, d'hygiène et de salubrité.

En son article 93, elle stipule clairement que la commune a la charge entre autres, de la collecte et du traitement des déchets solides autres que les déchets industriels.

Concernant la gestion des DSM, un décret est particulièrement applicable dans le cadre de la présente étude ; il s'agit du décret N°2003-332 du 27 août 2003 portant gestion des déchets solides en République du Bénin. Ce décret s'intéresse entre autres à la prévention et la limitation des déchets et leur nocivité lors de leur production et lors de leur gestion en mettant un accent particulier sur la promotion de leur valorisation.

PARAGRAPHE 2: APERÇU SUR LES ACTEURS

Au bénin, plusieurs institutions interviennent dans la gestion des DSM. Ce sont entre autres :

ü Le Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN), qui

a la charge de proposer les politiques nationales dans les secteurs de l'environnement et de la protection de la nature au Bénin ;

ü La Direction Générale de l'Environnement en collaboration avec d'autres directions, chargée de l'élaboration de la politique et de la stratégie de gestion de l'assainissement notamment la gestion des déchets solides ménagers. Elle élabore également la réglementation et les normes de pré-collecte, de collecte, de traitement et d'élimination des déchets ;

ü L'Agence Béninoise pour l'Environnement (ABE), chargée de la mise en oeuvre de la politique définie par le Gouvernement dans le cadre du plan général du développement ;

ü La Direction de l'Hygiène et de l'Assainissement de Base (DHAB) qui assure la mise en application de la politique sanitaire nationale en matière d'hygiène et d'assainissement de base. A cet effet, elle est chargée, entre autres, de l'élaboration et de l'actualisation de la politique relative à l'hygiène et l'assainissement de base et de la mise en oeuvre du volet assainissement de base de la Politique Nationale d'Assainissement du Bénin ;

ü La commune qui, au sens du chapitre III de la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes au Bénin, dispose des compétences entre autres en matière d'environnement, d'hygiène et de salubrité. Dans les communes, la gestion des déchets est partagée entre les producteurs des déchets (populations, ménages, commerce, etc.) et la mairie (conseil communal et administration communale) ;

ü Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) : elles sont organisées en

Collectif national des Organisations Non Gouvernementales de Gestion de l'Environnement et de l'Assainissement (COGEDA), elles contribuent à l'assainissement du cadre de vie à travers la pré-collecte, la collecte et la valorisation des déchets solides ménagers ;

ü Les Partenaires Techniques et Financiers : ils apportent une assistance technique et financière aux acteurs nationaux à travers la mise en oeuvre des projets et des activités de recherches -actions ;

ü Les acteurs informels : les récupérateurs et les artisans utilisant les déchets récupérés comme matières premières secondaires.

Ce sont ces différents acteurs sus- énumérés qui assurent la gestion des DSM dans la ville de Cotonou, chacun jouant son rôle dans la filière.

SECTION 2 : PRESENTATION DE LA VILLE DE COTONOU ET DE

LA DIRECTION DES SERVICES TECHNIQUES (DST)

Le cadre de l'étude est la mairie de Cotonou et plus particulièrement la Direction des Services Techniques (DST). Nous allons au premier abord faire une brève description de la ville de Cotonou avant de passer à la présentation de la DST.

PARAGRAPHE 1 : PRÉSENTATION DE LA VILLE DE COTONOU

Créée sur l'initiative du roi Guézo en 1830 et aujourd'hui capitale économique du Bénin, la ville de Cotonou est située sur le cordon littoral qui s'étend entre le lac Nokoué et l'océan Atlantique. Le site est coupé en deux par le chenal appelé « lagune de Cotonou ». Ce chenal creusé par les français en 1894 relie le lac et la mer au moyen de trois ponts.

La surface du sol de Cotonou est d'une perméabilité élevée et sa proximité d'avec la nappe phréatique accélère l'infiltration des eaux pluviales et usées. Cette situation est source de grands risques de pollution et subséquemment de maladies.

Ex- circonscription urbaine devenue département du littoral d'après l'article premier de la loi n°97- 028 du 15 janvier 1999 portant organisation de l'administration territoriale en République du Bénin, Cotonou compte aujourd'hui une population d'environ 1 million d'habitants Elle est divisée en 13 arrondissements qui s'étendent sur une superficie de 79km2.

Commune à statut particulier, Cotonou est régie par un conseil municipal ayant à sa tête un maire. C'est à ce dernier qu'échoit la responsabilité de gérer les affaires de la ville bien qu'elle partage quelques compétences avec l'Etat. L'organisation administrative de la commune est de type fonctionnel avec la classification des différentes activités en trois grandes rubriques à savoir :

ü Les Directions Opérationnelles (OP) qui fournissent directement les services à la population. Il s'agit de la Direction des Services à la Population (DSAP) et de la Direction des Services Techniques (DST) ;

ü Les Directions Fonctionnelles qui s'occupent de la gestion des moyens et du développement des activités purement fonctionnelles. Ce sont la Direction des Services Economiques et Financiers (DSEF) et la Direction des Services Administratifs et Juridiques (DSAJ) ;

ü La Direction de la Prospective et du Développement Municipal (DPDM) qui comme l'indique son nom, fait des prospectives en vue d'assurer le développement de la commune.

L'une des forces de la mairie de Cotonou réside dans le fait qu'elle dispose d'un organigramme adéquat. De plus, il existe une volonté politique de développement de la ville. Cependant certains éléments freinent la bonne marche de cette structure. Ce sont entre autres :

ü la non utilisation des cadres à leur juste valeur;

ü le manque de formation qualifiante pour le personnel ;

ü la lenteur et la lourdeur administrative ;

ü l'inexistence d'une procédure de gestion du personnel et d'un manuel de règlement intérieur ;

ü le retard dans la gestion des dossiers.

A cela, il faudrait ajouter le non transfert des ressources par l'Etat ainsi que la forte pression exercée par le volume d'activités qui menacent le bon fonctionnement de la mairie de Cotonou. (Mairie de Cotonou, 2008)

PARAGRAPHE 2 : LA DIRECTION DES SERVICES TECHNIQUES

La Direction des Services Techniques (DST) est l'organe de la mairie de Cotonou où s'est déroulé notre stage. C'est à elle que revient la gestion du Département des Voies Réseaux et Divers (DVDR), et du Département des Services de l'Urbanisme et de l'Environnement Urbain (DSUEV). Le département des voies et réseaux abrite le service de l'eau, de l'électricité et de l'éclairage public, le service de l'assainissement et des voies urbaines ainsi que le service de la propreté urbaine où nous avons effectué le stage. Le département des services de l'urbanisme et de l'environnement urbain regroupe quant à lui les différents services que sont :

ü le service de l'urbanisme, de l'architecture et de la construction ;

ü le service de la circulation urbaine et des transports ;

ü le service de la prévention des risques de l'environnement et espace vert.

La DST est l'une des directions les plus opérationnelles de la mairie en ce sens que l'exécution et le suivi des travaux nécessite que les agents soient régulièrement sur le terrain. Au niveau du service de la propreté urbaine, il y a des superviseurs et des contrôleurs qui s'assurent du respect des engagements pris par les ONG et entreprises impliquées dans la gestion des DSM de la ville de Cotonou. Deux agents de ce service sont chargés de recevoir les appels sur la ligne verte et d'en référer aux autres agents de la mairie ayant la compétence de satisfaire les doléances des ménages.

Malgré l'existence d'un cadre législatif et réglementaire et d'une filière de gestion des DSM, le dynamisme de cette direction est néanmoins réduit. Ceci est le fait de l'insuffisance des équipements d'assainissement et de la gestion non concertée des déchets solides. D'autres facteurs comme l'incivisme des ménages et les intempéries sont à prendre en compte.

La DST est la seule direction de la mairie réellement engagée dans la gestion des DSM à Cotonou. Par conséquent, des mesures adéquates doivent être prises afin de lui permettre d'accroître son rendement.

CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE

Ce chapitre est consacré au cadre théorique de l'étude. Il s'agit de présenter dans un premier temps, l'état des lieux de la gestion des DSM à Cotonou, ainsi que les objectifs que vise l'étude et nos hypothèses de recherche. La seconde partie est consacrée au résumé des études et travaux ayant traité de la gestion des DSM puis à l'exposé de la démarche suivie pour mener à bien notre recherche.

SECTION1 : PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES

DE RECHERCHE

Le premier paragraphe de cette section met en exergue quelques- uns des éléments qui nous ont motivés à choisir le présent thème. Le second paragraphe quant à lui regroupe les objectifs et hypothèses qui sous-tendent notre étude.

Paragraphe 1: Problématique

Le développement économique et l'urbanisation ont généralement pour corollaire une augmentation de la consommation et de la production des déchets par habitant (Programme des Nations Unies pour l'Environnement, 2004). Le Bénin, comme la plupart des pays en développement de l'Afrique de l'Ouest n'a pas échappé à cette réalité. En effet, l'inexistence notoire d'une politique cohérente d'aménagement du territoire a engendré une urbanisation non contrôlée et une explosion démographique jusque-là ingérable dans ces grandes villes et plus particulièrement à Cotonou, sa capitale économique. De 78300 habitants en 1961, l'effectif de sa population est passé à 665100 habitants en 2002 et serait de 874961 habitants en 2012 (RGPH3, 2002). Cette croissance effrénée se traduit notamment par l'installation abusive des populations dans les zones non viables, la concentration de diverses infrastructures, ainsi que l'installation de la quasi-totalité des ministères de la république dans cette ville.

En outre, la ville de Cotonou est un grand centre d'activités commerciales et à ce titre, elle draine beaucoup de monde. D'après le Plan de Développement Communal (PDC, 2008a), elle concentre plus de 45% des actifs des dix principales villes du Bénin contre 14,5 % et 7,2% respectivement pour les villes de Porto-Novo et Parakou. Toutes ces activités de production et de consommation favorisent la production massive de déchets dont la gestion constitue un problème crucial pour les autorités municipales et gouvernementales.

La ville de Cotonou produit environ 718 tonnes de déchets solides par jour, et la mairie, compte tenu de ses moyens, n'arrive à collecter qu'environ 500 tonnes. Il y a donc en moyenne, 218 tonnes de déchets solides soit 30,4% de déchets qui restent entassés dans la ville chaque jour (Mairie de Cotonou, 2008b). Cela suppose qu'en une année, environ 79 788 tonnes de déchets demeurent non collectées. A cela s'ajoute l'absence de poubelles publiques au niveau des principales artères de la ville, ce qui explique en partie le fait que les usagers jettent les déchets sur la voie ; même les places publiques servent parfois de dépotoirs d'ordures. Par ailleurs, les caniveaux préalablement conçus pour le drainage de l'eau sont pour la plupart obstrués par les déchets que la population y déverse.

Ces comportements traduisent l'incivisme des ménages et leur insouciance vis-à-vis des conséquences inhérentes à leurs actes. En effet, 49% des ménages de Cotonou ignorent les risques sanitaires liés aux ordures. Les Déchets Solides Ménagers (DSM) sont sources de nombreuses maladies telles que les gastro-entérites, le choléra, la dysenterie, les parasitoses intestinales, la bilharziose, la fièvre jaune, les infections des yeux, la salmonellose, le typhus murin, l'histoplasmose et la leptospirose. Les espaces où sont concentrés les déchets sont des zones propices au pullulement des agents pathogènes que sont les moustiques, les mouches, les rongeurs etc. En ce qui concerne les moustiques et les mouches, ils sont vecteurs de divers maux dont le paludisme et la maladie du sommeil. Remarquons qu'outre ces maladies, les enfants peuvent contracter le tétanos en jouant avec les morceaux de métaux rouillés que l'on retrouve parfois mêlés aux DSM. Les objets tranchants tels les lames et ciseaux usagés présentent aussi d'énormes risques d'infections. L'obstruction des caniveaux par les DSM empêche l'écoulement des eaux pluviales et usées augmentant ainsi les risques d'inondation.

Conscient de l'enjeu que représente une bonne gestion de l'environnement, le gouvernement béninois a institué un certain nombre de textes et lois en la matière. La Constitution du 11 Décembre 1990 à travers son article 27, la création du Ministère en charge de l'Environnement, l'adoption en 1993 d'un Plan d'Action Environnemental (PAE), l'adoption d'une loi-cadre sur l'environnement et la création de l'Agence Béninoise de l'Environnement (ABE) sont autant d'éléments qui attestent de l'importance qu'accorde le Bénin à la gestion de l'environnement. En outre, l'article 93 de la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 confère aux municipalités la gestion de l'environnement, de l'hygiène et de la salubrité de leurs communes. La mairie de Cotonou s'y attelle par le biais de sa Direction des Services Techniques (DST). Cette dernière a pour tâche d'assurer divers services publics dont la gestion des DSM et s'y adonne au mieux de ses capacités. On en veut pour preuve, sa coopération étroite avec l'ONG Oxfam-Québec qui lui apporte une contribution très importante via l'octroi des équipements, la construction de points de regroupement aménagés et la formation des agents éboueurs en vue d'une meilleure prestation de leurs services. La création au sein de cette direction d'une ligne verte permettant aux ménages de s'abonner directement et d'exposer leurs plaintes par rapport à la mauvaise gestion des DSM témoigne aussi de leur volonté à résorber le problème que pose la gestion des ordures. Par ailleurs, le partenariat de la Mairie avec six entreprises privées (le Manoir, les A.S, la Béninoise de l'Environnement, Aviansou & Fils, Xilos et Omonloto) et sa collaboration avec les ONG de pré- collecte vont dans le sens d'une meilleure gestion des DSM dans la ville.

Malgré les efforts consentis, la situation ne semble pas s'améliorer. Des tas d'ordures jonchent les abords de la voie ferrée située derrière la mosquée de Zongo et le boulevard de l'Europe. Le terre- plein central situé en face de la pharmacie les Quatre Thérapies à Dantokpa sert souvent de réceptacle d'ordures. De même, les quartiers comme Gbégamey, Ste Rita, Ste Cécile pour ne citer que ceux-là, présentent un aspect très dégradant pour la ville de par le nombre de dépotoirs sauvages qu'on y décompte. Dans les quartiers marécageux, tels que Dandji dans le 1er arrondissement, les ordures ménagères servent souvent de remblai et les ONG de pré-collecte, compte tenu de leurs moyens de transport (charrettes à traction humaine) rencontrent des difficultés pour y accéder. Le constat est le même à Agla dans le 13ème arrondissement. Certains individus indélicats y soudoient les pré-collecteurs afin que ces derniers déversent les ordures collectées dans les bas-fonds où se situent leurs parcelles. En résumé, 70% des déchets ménagers sont jetés dans les rues, soit enfouis dans le sol ou utilisés comme remblais dans les zones marécageuses de la ville de Cotonou (Soclo, 1999). Cette situation suscite en nous plusieurs questions dont la principale est :

Par quelle politique peut-on réduire efficacement la prolifération des DSM dans la ville de Cotonou ?

Les interrogations susceptibles de nous aider à répondre à la question sus- citée se formulent comme suit:

ü Quelles sont les causes de la défaillance observée en matière de pré-collecte à Cotonou ?

ü Quels sont les déterminants de l'incivisme des ménages en matière de gestion des DSM à Cotonou?

ü Quels sont les facteurs justificatifs du recours aux dépotoirs sauvages observé chez les agents pré-collecteurs des DSM dans la ville de Cotonou?

Paragraphe 2 : Objectifs de l'étude et hypothèses de recherche

Les objectifs sont appréhendés d'un point de vue général puis d'un point de vue spécifique.

a- Objectif général

L'objectif général de notre étude est de proposer un cadre approprié de planification de la pré-collecte des DSM dans la ville de Cotonou.

b- Objectifs spécifiques

Afin de parvenir à l'objectif global ci-dessus défini, nous allons de façon spécifique:

ü Déterminer des moyens d'augmentation du niveau de pré- collecte,

ü Identifier les déterminants de l'incivisme des populations,

ü Déterminer les facteurs justificatifs du recours aux dépotoirs sauvages observé au niveau des agents pré-collecteurs des DSM.

De ces objectifs spécifiques découlent les hypothèses énumérées ci-dessous.

c- Hypothèses de recherche

Les différentes pistes que nous nous proposons d'explorer pour mieux cerner les contours du problème précédemment énoncé sont les suivantes :

ü Le faible niveau de pré-collecte des DSM à Cotonou est dû à l'insuffisance des moyens financiers dont disposent les ONG, à la faible demande effective des ménages et à l'inaccessibilité de certaines agglomérations ;

ü La non application de sanctions, l'absence de poubelles publiques, et l'ignorance des dangers liés à la prolifération des DSM expliquent l'incivisme des ménages ;

ü Le recours aux dépotoirs sauvages observé au niveau des agents pré-collecteurs des DSM s'explique par l'insuffisance des points de regroupements aménagés, par la proximité de dépotoirs sauvages et par l'incivisme des agents de pré-collecte.

SECTION2 : REVUE DE LITTERATURE

Une bonne gestion des Déchets Solides Ménagers vise entre autres deux objectifs :

ü Promouvoir la santé et le bien-être de toute la population urbaine,

ü Protéger l'avenir de l'environnement urbain (Diop, 1996a).

Afin de permettre aux acteurs de la filière de mieux coordonner leurs activités et atteindre les buts ci-dessus, de nombreux ouvrages et travaux de recherches se sont penchés sur la problématique de la gestion des DSM. Certains auteurs ont abordé l'aspect technique du sujet, partant de la catégorisation des déchets à des propositions pour une meilleure collecte des DSM. D'autres se sont plutôt intéressés aux nuisances générées par la prolifération en milieu urbain des DSM. D'autres encore ont proposé des options pour renforcer le système actuel de gestion des DSM à savoir l'éducation environnementale et la valorisation des déchets.

PARAGRAPHE1 : LA GESTION DES DÉCHETS SOLIDES MÉNAGERS

Selon Maystre et al. (1994), une bonne gestion des déchets nécessite qu'on ait des informations sur la nature, les caractéristiques et la taille des déchets produits. Leur livre propose alors une classification complète des déchets urbains, avant de s'intéresser spécifiquement aux Déchets Solides Ménagers pour lesquels les modes de pré -collecte et collecte, de transport et de traitement sont analysés. Il ressort de cette étude que :

ü il est préférable d'effectuer une séparation à la source des déchets selon leur nature (biodégradable ou non),

ü il est important d'avoir des points de regroupement aménagés pour éviter de nuire à l'environnement,

ü la pré-collecte et la collecte doivent se faire régulièrement et être accessibles à toute la population. Pour apprécier l'accessibilité des services de pré-collecte et collecte, le taux de collecte est proposé. Cet indicateur est le pourcentage de déchets effectivement collectés, par rapport à la production effective de déchets.

Hebette (1996), dans son étude de la gestion des déchets solides urbains en Afrique sub-saharienne, reprend le principe d'utilisation du taux de collecte comme indicateur. Contrairement à Maystre et al. (op. cit.) qui l'utilisaient pour apprécier uniquement l'accessibilité, elle l'utilise pour mesurer l'efficacité de toute la filière de gestion des déchets. Selon elle, la gestion des déchets urbains est dite partielle ou inadéquate lorsque :

ü le taux de collecte est faible et que par conséquent d'importantes quantités de déchets non collectés s'accumulent ça et là dans les terrains libres ;

ü le taux de collecte est encourageant (par exemple 70%), mais les déchets sont déposés à proximité, dans les dépôts sauvages, au lieu d'être acheminés vers des décharges ou centres appropriés.

Elle propose également dans son ouvrage des schémas techniques de mise en oeuvre de la gestion des déchets solides urbains, et plus particulièrement des DSM. Elle y ajoute une liste exhaustive des équipements adéquats pour la collecte et le transport, et pour finir des fiches techniques de suivi et évaluation du système.

Son étude a servi d'appui aux séminaires organisés par le Partenariat pour le Développement Municipal (PDM) à Abidjan en 1996, travaux à l'issue desquels il a été retenu que plusieurs éléments sont à prendre en compte pour développer une bonne filière de gestion des DSM. Il s'agit entre autres :

ü de l'étendue territoriale de la zone concernée, de la population et de son taux de croissance,

ü des caractéristiques des déchets et du taux de génération par habitant,

ü de l'organisation générale et l'état de la voirie, de la localisation de la décharge et sa capacité, des conditions hydrogéologiques et physiques, du niveau des ressources et des capacités.

En dehors de tous ces critères, les auteurs s'accordent sur le principe du pollueur-payeur, car il est indispensable que les ménages contribuent financièrement à la gestion des DSM selon Maystre et al. (1994b). Si ces derniers ne le peuvent, Cointreau (1996), propose qu'ils contribuent en temps et en effort, car il est obligatoire que tous les acteurs concernés par les DSM interviennent dans leur gestion. Pour ce faire et pour mieux situer les responsabilités, Maystre et al. suggèrent qu'il y ait un cadre de concertation pour satisfaire toutes les parties (ménages, entreprises, communes). Thuy (1998a), abonde dans le même sens en soutenant que la concertation entre les intervenants et la planification stratégique sont incontournables et permettent non seulement de délimiter les rôles, mais aussi d'assurer la pérennité de la filière par une forme durable de financement. L'auteur fait remarquer ensuite qu'il n'existe pas de schémas-types de gestion des DSM. Le schéma s'élabore en tenant compte de tous les critères ci-dessus énumérés, et surtout évolue en fonction de la taille des populations.

Bien gérer les DSM n'est pas toujours une tâche aisée, et la défaillance du système de gestion à divers niveaux a des impacts néfastes non négligeables sur les populations et sur l'économie. Certains auteurs se sont donc penchés sur les inconvénients de la mauvaise gestion des DSM, comme le résument les paragraphes suivants.

Paragraphe 2 : Les inconvénients d'une mauvaise gestion des DSM

Gomez (2004), a effectué ses recherches sur la problématique de l'assainissement et de la santé dans les villes moyennes du Bénin. Il a testé l'hypothèse suivante : « le manque d'assainissement a des implications sur la santé des populations.». Les résultats de ses travaux ont confirmé son hypothèse, et nous permettent de dire qu'un environnement insalubre, c'est-à-dire dans lequel prolifèrent les déchets et particulièrement les DSM est nuisible à la santé des populations.

Migan (1993), a été plus spécifique dans ses travaux en s'intéressant aux nuisances résultant d'une mauvaise gestion des DSM. Il a répertorié les différentes catégories de déchets rencontrés dans la ville de Cotonou et énuméré les effets néfastes que provoque leur mauvaise gestion sur la nappe phréatique. De même, Odoulami (1999) ont étudié la qualité des eaux dans certaines villes du Bénin et ont conclu que les eaux des sources renferment des rejets générés par les activités humaines et des germes fécaux qui sont responsables de plusieurs maladies dont le choléra, la dysenterie, la fièvre typhoïde, les gastroentérites et les parasitoses intestinales. Les DSM bouchent également les marécages et par conséquent favorisent l'inondation. En ce qui concerne le cas particulier des sacs plastiques, les Docteurs Guendehou et Agodokpessi, cités par Inter Press Service (Ahotondji, 2009), précisent qu'ils peuvent être à l'origine de la stérilité, du cancer de la peau, de la gorge et des poumons.

Outre les nuisances sanitaires qu'ils génèrent, les DSM dégradent l'aspect esthétique de la ville et influent négativement sur l'économie. En effet, selon Diop (1996b), une ville jonchée d'ordures, avec une décharge mal localisée, des caniveaux bouchés en permanence par les ordures, n'est agréable ni pour l'épanouissement de la santé ni pour le cadre de vie. Par contre, une ville propre améliore le cadre de vie de ses habitants en les mettant à l'abri des effets nocifs qu'ont les déchets jetés dans la nature sur la santé, favorise également le développement de l'activité touristique - source de devises - et de l'activité agricole urbaine et périurbaine - source de revenus et d'approvisionnement de la ville en vivres comme le précise Sotamenou, (2005).

Il faut donc trouver des méthodes de gestion des DSM qui permettent d'éviter les nuisances qu'ils engendrent sur le cadre de vie. Les études effectuées en ce sens se sont conclues par des propositions parmi lesquelles nous avons l'éducation environnementale et la valorisation des DSM.

Paragraphe 3 : Propositions pour une gestion efficiente des DSM

Comment faire pour aboutir à une gestion efficiente des DSM ? Les chercheurs qui se sont intéressés au sujet pensent qu'il faut d'abord avoir un comportement qui tende à sauvegarder l'environnement et à l'assainir quotidiennement. Ces aptitudes s'acquièrent à travers l'Education Environnementale (EE). A cette prise de conscience, certains auteurs pensent qu'il faille ajouter la valorisation des DSM, afin d'aboutir à une réduction considérable des déchets à éliminer.

a- L'éducation environnementale

Le sommet de Rio en 1992 a été un tournant décisif en ce qui concerne la gestion de l'environnement. A partir de la déclaration faite à ce sommet, il s'est développé un courant de plus en plus soucieux de protéger l'environnement, qui souhaite que les déchets soient traités en vue de minimiser leur impact sur l'environnement naturel (Thuy, 1998b).

Adhérant à ce courant, le Canada a mis en oeuvre des stratégies de gestion et de réduction des DSM. En effet, ce pays dépensait plus de 1,5 milliards de dollars chaque année pour le ramassage et l'élimination d'environ 30 millions de tonnes de déchets (Meyronneinc, 1993). Le gouvernement a donc pris de nombreuses dispositions parmi lesquelles un programme d'éco-civisme et de sensibilisation de toute la population en matière des DSM. Il montre donc que l'éducation environnementale est fondamentale quand on veut effectuer une gestion efficiente des DSM, et vivre dans un environnement sain.

Par ailleurs, d'autres conférences et symposiums ont été tenus sur l'environnement où il a été question de la nécessité d'une éducation environnementale. Ce sont entre autres la 1ère conférence des Nations-Unies pour l'environnement en 1972 à Stockholm, la 1ère conférence intergouvernementale du monde sur l'éducation relative à l'environnement organisée par l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) en coopération avec le PNUE à Tbilissi en 1977. Ces conférences ont permis à des pays comme l'Inde de prendre conscience de la nécessité de l'éducation environnementale, au niveau de tous les âges et de toutes les parties de la société, par le biais de l'enseignement dans les écoles et les collèges. Plusieurs séminaires interrégionaux relatifs à l'éducation sur l'environnement se sont également tenus en Afrique (Dakar en 1976, Nairobi en 1982).

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a conduit des projets d'éducation environnementale au Kenya, au Botswana et en Ouganda en 1993. Ces actions portaient surtout sur l'hygiène et l'assainissement, et les résultats obtenus ont été spectaculaires (Initiative PHAST, 1993). Au Burkina Faso, l'éducation environnementale est incluse dans les programmes d'études primaire, secondaire et supérieure (Tohmé, 1991).

L'efficacité du système de la gestion des DSM peut donc être renforcée par l'éducation environnementale. En effet, si tous les acteurs du système ont pour objectif non seulement d'éliminer les ordures, mais aussi de préserver leur environnement, ils parviendront à de meilleurs résultats. Selon les propos de Giolitto recueillis lors d'une conférence sur l'environnement et l'EE en 1992, l'action directe et personnelle de chaque être vivant sur le milieu où il vit est importante, qu'elle soit bénéfique ou néfaste. Il ajoute que dans notre monde qui crée une mentalité, des comportements de consommateur, des attitudes, il faut faire naître des valeurs, car il s'agit d'une éthique avec une solidarité dans l'espace et dans le temps.

b- La Valorisation des DSM

La valorisation des DSM est la seconde option proposée par les experts pour en assurer une gestion efficiente. En effet, Diop (1996c), suggère que la gestion des déchets soit considérée comme une activité rentable, génératrice de revenus et créatrice d'emplois à intégrer dans le contexte économique des villes africaines. Pour ce faire, les ordures ne doivent plus être considérées comme une nuisance, mais comme une ressource.

Gbedo (2002), dans ses travaux sur les pratiques endogènes de valorisation des DSM à Cotonou a essayé d'identifier et de décrire les pratiques endogènes de valorisation des DSM à Cotonou ainsi que leurs effets sur le système actuel de gestion des déchets. Il existe deux types de valorisation des DSM, la valorisation énergétique et la valorisation matière. Dans le rapport final de ses activités, le Projet d'Appui à la Gestion des déchets à la Décentralisation (Lawson et al., 2008), de l'ONG Bethesda fait l'inventaire des diverses techniques de valorisation mises en oeuvre au Bénin, où la valorisation de la matière est la plus utilisée. Ce sont le recyclage, le compostage, la réutilisation.

Ainsi, l'ONG « Qui dit mieux » est citée pour son action en ce qui concerne le recyclage des déchets plastiques, mais il existe également de nombreux artisans qui utilisent les métaux usagés, les vieux vêtements pour produire leurs oeuvres, ainsi que des artistes qui se servent d'objets usagés pour réaliser leurs objets d'art. D'autres ONG exploitent les DSM pour la fabrication de compost utilisé par les maraîchers. La collecte des DSM sous forme de bouteilles et de boîtes se fait à travers l'activité des femmes récupératrices, communément appelées « Gohotos », avec le soutien de l'ONG Oxfam-Québec. Ainsi, la valorisation est une activité génératrice d'emplois et de revenus.

Certains auteurs proposent d'anticiper la valorisation effectuée à la fin du processus de gestion en donnant aux ordures une valeur marchande depuis la poubelle de leurs producteurs. Les ordures valorisables sont cédées par les ménages à ceux qui en font la collecte moyennant une rémunération forfaitaire, et ces derniers les revendent aux entreprises de valorisation Cointreau, (1996) ; Adegnika, (2004). La redevance directe pour l'enlèvement des ordures n'est pas supprimée, mais le système permet de rétrocéder aux ménages une partie de leur paiement. De cette manière, les ménages sont incités à faire eux-mêmes le tri de leurs déchets, les ordures éliminées sont réduites, les coûts de transport vers la décharge sont réduits, et le Lieu d'Enfouissement Sanitaire (LES) a ainsi une plus longue durée de vie.

En somme, il apparaît que pour améliorer la gestion des DSM, de nombreuses solutions pertinentes ont été développées. Cependant, force est de constater que la plupart des travaux et études effectués ont proposé des solutions générales, qu'il serait utile de repenser dans l'espace et dans le temps, en tenant compte des particularités de chaque ville, et des exigences et contraintes de sa population. En outre, mises à part les études de planification spécifiques effectuées par le cabinet DESSAU, il n'existe pas de document de planification de la gestion des DSM qui puisse servir de canevas pour une meilleure organisation de la gestion des DSM dans la ville de Cotonou. Notre étude va donc porter sur les moyens de réduction de la prolifération des DSM en élaborant un cadre de planification approprié de la pré-collecte.

DEUXIEME PARTIE

ANALYSE DE LA SITUATION DE LA PRE- COLLECTE DES DSM A COTONOU

CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE DE RECHERCHE

Cette partie du document est consacrée à la présentation du modèle d'analyse des données et de la démarche utilisée pour obtenir les informations nécessaires à la réalisation de l'étude. La collecte des données est effectuée suivant trois techniques que sont : la recherche documentaire, les observations et entretiens sur le terrain ainsi que les enquêtes d'opinion auprès des ONG et des ménages.

SECTION1 : MODELE EMPIRIQUE D'ANALYSE

Les hypothèses de notre étude ont été testées et analysées à partir du modèle économétrique Probit des variables qualitatives, à l'aide du logiciel Eviews 5.0. Cette méthode d'analyse a été jugée pertinente, parce que nous traitons de variables qualitatives dans notre étude et aussi parce que la revue documentaire a révélé que c'est le moyen le plus utilisé pour réaliser les études environnementales et celles des comportements des populations. Cette section est consacrée à la présentation des variables utilisées et du modèle suivant chaque hypothèse puis aux critères de vérification.

PARAGRAPHE 1 : PRÉSENTATION DU MODÈLE

Le modèle probit est un modèle dichotomique utilisé en économétrie des variables qualitatives. Par modèle dichotomique, on entend un modèle statistique dans lequel la variable à expliquer encore appelée variable endogène, ne peut prendre que deux modalités. Il s'agit alors généralement d'expliquer la survenance ou non d'un événement.

Pour tout individu i d'échantillon donné, si Y est la variable endogène associée à l'évènement considéré, alors on a :

Yi = 1 si l'évènement s'est réalisé pour l'individu i et

Yi = 0 si l'évènement ne s'est pas réalisé pour l'individu i

Le modèle Probit admet pour variable endogène, non pas un codage quantitatif associé à la réalisation d'un événement (comme dans le cas de la spécification linéaire), mais la probabilité d'apparition de cet événement, conditionnellement aux variables exogènes.

Paragraphe 2 : Tests de vérification des hypothèses

Les valeurs numériques des coefficients n'ont pas vraiment d'intérêt dans ce modèle, mais leur signe constitue l'information véritablement interprétable. Il indique si la variable associée influence à la hausse ou à la baisse la probabilité de réalisation de l'événement étudié.

Ø Significativité des paramètres

Pour tester individuellement la significativité des variables explicatives, on regarde les probabilités respectives (ou p-value) des coefficients qui les précèdent. Nous avons décidé de faire le test avec un risque d'erreur de 5% et de 10%. Par conséquent, toutes les variables dont le coefficient a une probabilité inférieure à ces seuils sont significatives.

Ø Significativité globale du modèle

Deux choix s'offrent à nous pour effectuer ce test. Lorsque le modèle est estimé avec la constante, on compare la probabilité du (LR stat) à 5%. Le modèle est jugé globalement significatif lorsque cette probabilité (LR stat) <5%.

Lorsque l'estimation du modèle est effectuée sans la constante, on utilise le test de Wald. Il permet d'obtenir la probabilité du Khi- deux. Lorsque cette dernière est inférieure à 5%, on conclut que le modèle est globalement significatif.

Paragraphe 3 : Définition des variables

Cette section indique selon chaque hypothèse, quelles variables sont utilisées et quel est le modèle qui y est appliqué.

- Cas de l'hypothèse 1

Les variables utilisées dans l'hypothèse H1sont décrites de la manière suivante :

NPC= Niveau de pré-collecte ;

MF= Moyens financiers ;

AA= Accessibilité des agglomérations ;

DEM= Demande effective des ménages.

NPC est la variable endogène et MF, AA puis DEM sont les variables explicatives ou exogènes.

Ces variables sont mesurées chacune suivant le critère dichotomique ci-après :


Le modèle Probit se présente comme suit :

Prob (NPC=1)= á0+ á1MF + á2AA + á3DEM+ä (1)

(+) (+) (+)

Prob (NPC=1) exprime la probabilité que le niveau de pré-collecte soit faible.

L'insuffisance des moyens financiers est supposée augmenter la faiblesse du service de pré-collecte offert par les ONG d'où l'attente d'un signe positif. En effet, partant du fait que la source principale de revenu des ONG est la redevance des ménages, moins ceux-ci sont abonnés, moins l'ONG a de ressources financières et moins elle arrivera à satisfaire sa clientèle. D'autre part, la demande effective des ménages exprime le nombre de ménages qui sont réellement abonnés à un service de pré-collecte et qui sont prêts à payer la redevance exigée. Il s'agit de montrer qu'une faible demande effective accroît le risque que le niveau de pré-collecte soit faible d'où la positivité du coefficient y relative. De même, en ce qui concerne l'accessibilité des agglomérations, la difficulté d'accès à certaines zones peut empêcher l'ONG de satisfaire correctement ses abonnés ; ceci va donc accroître le risque que le niveau de pré-collecte soit faible.

- Cas de l'hypothèse 2

Les variables utilisées sont celles énumérées ci-après:

CM= Incivisme des ménages

SA = Sanctions,

PB = Poubelles publiques

DDSM = Dangers liés à la mauvaise gestion des DSM

LHAB= Lieu d'habitation

NIVETU= Niveau d'études

Les variables sont mesurées comme suit :



Ici, la variable expliquée est CM et les variables explicatives sont SA, PB, DDSM, LHAB et NIVETU.

Prob (CM=1) = â0 + â1SA + â2PB + â3DDSM + â4 LHAB + â5NIVETU +å (2)

(+) (-) (+) (+) (-)

où Prob (CM=1) exprime la probabilité que les ménages soient inciviques.

Les signes positifs attendus se justifient par le fait que la non-application des sanctions ainsi que l'ignorance des nuisances causées par les DSM sont supposées accroître le risque que l'individu ait un comportement incivique. Il y a également de fortes chances que l'individu vivant dans une zone non viable développe des comportements inciviques en matière de gestion des DSM. Il semble aussi évident qu'un individu dont le niveau d'études est élevé aura tendance à adopter des comportements civiques. Nous supposons que l'absence de poubelles publiques inciterait les ménages à s'abonner à une ONG de pré- collecte des DSM pour éliminer convenablement leurs ordures.

A ce niveau, nous avons essentiellement focalisé notre attention sur les variables explicatives retenues dans notre hypothèse. Les coefficients dont les signes ont été étudiés sont donc ceux de ces variables à savoir SA, PB et DDSM. Les autres variables ont été ajoutées pour augmenter la qualité du modèle.

- Cas de l'hypothèse 3

L'hypothèse 3 fait intervenir quatre variables :

RDS= Recours aux dépotoirs sauvages qui est la variable expliquée,

PRA = Points de regroupements aménagés,

PDS= Proximité de dépotoirs sauvages et

CONG = Incivisme des agents de pré-collecte qui sont les variables explicatives.

Ces variables sont mesurées de la manière suivante :

Le modèle se présente alors comme suit :

Prob (RDS=1) = ä0 + ä 1PRA + ä 2PDS+ ä 3CONG + å (3)

(+) (+) (+)

Prob (RDS=1) exprime la probabilité que l'ONG ait recours aux dépotoirs sauvages.

L'insuffisance de points de regroupements aménagés est censée accroître le risque que l'ONG ait recours aux décharges sauvages pour des raisons d'éloignement, d'engorgement ou d'inexistence de point de regroupement aménagé dans la zone d'intervention. L'incivisme des ONG pourrait augmenter le risque qu'elles aient recours à la décharge sauvage.

· Critères de base

- Le niveau de pré- collecte des DSM est jugé élevé lorsque l'enquêté (e) estime que l'ONG qui s'occupe de la pré-collecte des ordures parvient à satisfaire tous ses abonnés.

- Il est admis que les moyens financiers des ONG sont satisfaisants lorsque l'enquêté affirme que l'ONG dont il est membre ou responsable dispose de tous les matériels dont il a besoin et en quantité suffisante et que la rémunération est satisfaisante pour le travail effectué.

- Une agglomération est considérée comme accessible lorsqu'elle ne pose aucune difficulté d'accès aux éboueurs et ce, quelle que soit la saison.

- Dès que le nombre d'abonnés dans les secteurs confiés à une ONG représente au moins les 2 /3 du nombre total de ménages dans ces secteurs, on estime que la demande effective des ménages est importante.

- Un ménage est jugé civique s'il évacue ses DSM par le biais des ONG de pré-collecte des ordures et incivique sinon. Par conséquent, tout ménage réticent à l'abonnement est considéré comme incivique dans notre étude.

- Il y a absence de sanctions lorsque l'enquêté (e) trouve qu'il n'y en a pas du tout ou lorsqu'il ou elle estime qu'elles existent mais ne sont pas appliquées.

SECTION 2 : MOYENS D'INVESTIGATION

Nous présentons dans cette partie de notre étude la méthode de collecte de données suivie pour mener à bien notre étude : la revue documentaire, les entretiens, les enquêtes d'opinion effectuées auprès des ménages et des ONG.

Paragraphe 1 : Recherche documentaire, observations et entretiens

La recherche documentaire nous a permis de faire le point des connaissances relatives à la gestion des DSM et d'élargir notre niveau de connaissance dans le domaine. Elle a consisté en la lecture des ouvrages du centre de documentation du Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN) y afférent. Cela nous a permis d'avoir une idée plus précise de la problématique de la gestion des DSM et des solutions proposées par divers auteurs.

Dans l'optique d'approfondir les informations ci-dessus collectées, nous avons visité les bibliothèques de :

ü l'Ecole Polytechnique d'Abomey-Calavi (EPAC)

ü l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM)

ü la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG)

Nos lectures ont été complétées par la consultation de nombreux ouvrages téléchargés sur internet.

Afin d'avoir une plus large vision de la situation qui prévaut en matière de gestion des DSM dans la ville de Cotonou, quelques-unes de ses rues ont été sillonnées. Au cours de ces observations, des photographies ont été prises et jointes au présent document (voir annexes 1)

Quant aux entretiens, ils ont eu lieu avec quelques cadres techniques de la DST et des formateurs du Projet de Gestion des Déchets Solides et Ménagers (PGDSM).

Le reste de nos investigations a porté sur les enquêtes auprès des ONG de pré-collecte et des ménages.

Paragraphe 2 : Les enquêtes

Des enquêtes de perception ont été faites pour recueillir les avis des ménages et des ONG de pré-collecte par rapport à la gestion des DSM. Trente (30) ONG ont été choisies sur les 77 qu'on dénombre à Cotonou. Ces ONG ont été choisies suivant un tirage aléatoire. (Voir le tableau 1ci-dessous).

Tableau 1 : Liste des ONG enquêtées

ONG

arrondissement

ONG

arrondissement

DPT

1

MVP

10

GP

1

AFH

11

OVP

2

EAV

11

PEI

2

PrAPE

11

SPT 2000

2

REPRONEB

11

ASV

5

ALDE

12

CEBFES

5

AJVES

12

ADA3

6

AMAZONE

13

AJDVP

6

BAB

13

PPGO

7

EPS

13

SICOP

7

IRADM

13

SRE

8

OPPB

13

BAFGOM-C

9

ALES

12et 13

EVP

9

BALEM

9 et 13

ZAC

9

UPAGE

13

Source : réalisé par nous à partir des données du rapport PGDSM 2007

Concernant les ménages, nous avons ciblé quatre arrondissements sur les treize que compte la ville de Cotonou pour effectuer l'enquête. Le critère de sélection a été le taux d'abonnement dans chaque arrondissement. Ainsi, les quatre arrondissements choisis regroupent les deux dont le taux d'abonnement est le plus élevé (le 6ème et le 7ème) et les deux dont le taux d'abonnement est le plus faible (le 1er et le 13ème). (Voir le tableau 2 ci-après).

Tableau2 : Répartition des ménages à enquêter suivant les arrondissements

Arrondissement

Taux d'abonnement

Nombre de ménages de l'arrondissement

Nombre de ménages enquêtés

1

54,29

5688

29

6

78,43

4590

24

7

81,63

2901

15

13

41,45

6290

32

 

TOTAL

19469

100

Source : Réalisé par nous-mêmes à partir des données du rapport du PGDSM 2007

Nous avons interrogé 100 ménages en tout dont 29 dans le 1er arrondissement, 24 dans le 6ème, 15 dans le 7ème puis 32 dans le 13ème. Ces effectifs ont été calculés par quota afin de respecter l'équilibre entre le nombre de ménages questionnés par arrondissement et le nombre total des ménages de cet arrondissement. Nous avons donc considéré que les 100 ménages représentaient le nombre total de ménages à interroger dans les quatre arrondissements réunis. La formule utilisée est la suivante :

NMIj = (NMAj*100) /N ; (4)

NMIj étant le nombre de ménages à interroger dans l'arrondissement j, NMAj le nombre de ménages dans cet arrondissement et N le nombre total de ménages dans les quatre arrondissements réunis.

CHAPITRE 4 : ANALYSE EMPIRIQUE DE LA SITUATION

DES DECHETS SOLIDES MENAGERS A COTONOU

Ce chapitre est constitué des résultats des tests des hypothèses et des ébauches de solutions. Ces dernières sont présentées en deux volets. Dans le premier volet, nous avons présenté les cadres logiques de deux projets pouvant concourir à l'assainissement du cadre de vie à Cotonou. Le second volet est rédigé sous la forme d'une liste de recommandations.

SECTION 1 : SYNTHESES DES RESULTATS DES INVESTIGATIONS

Dans cette partie, nous avons présenté les résultats des tests d'hypothèses et procédé à leur interprétation.

PARAGRAPHE 1 : ANALYSE DES RÉSULTATS DE L'ESTIMATION RELATIVE AU NIVEAU

de pré- collecte

Tableau 3 : résultats de l'estimation du modèle pour l'hypothèse 1

 

Variables explicatives

Coefficients

Probabilité

Prob (NPC)=1

MF

0.719932*

0.0495

DEM

1.217542*

0.0216

AA

1.381564

0.2116

Constante

C

-2.192115

0.0094

Source : nous-mêmes.

* : le coefficient est significatif à 5%

Probabilité (LR stat)= 0.030482<5% ; le modèle est donc globalement significatif.

L'inaccessibilité des agglomérations n'affecte pas la probabilité que le niveau de pré-collecte soit faible, même si le signe attendu est vérifié.  La faible demande effective des ménages accroît également la probabilité que le niveau de pré-collecte soit faible. De même, l'insuffisance des moyens financiers accroît le risque que le niveau de pré-collecte soit faible. L'hypothèse 1 est donc partiellement vérifiée. Ces résultats pourraient s'expliquer par le fait que même quand les zones à desservir sont difficiles d'accès, les éboueurs font l'effort de faire la pré-collecte, même si ce n'est pas avec des moyens adéquats. En effet, les ONG enquêtées ont précisé qu'elles y vont parfois à pied, un sac au dos pour contenir les ordures.

PARAGRAPHE 2: ANALYSE DE L'ESTIMATION DE L'INCIVISME DES MÉNAGES

Tableau 4 : résultats de l'estimation du modèle pour l'hypothèse 2

 

Variables explicatives

Coefficients

Probabilité

Prob (CM)=1

DDSM

0.574282

0.1634

SA

0.980020**

0.0942

PB

-0.492336

0.2636

LHAB

1.480344*

0.0000

NIVETU

-0.506242

0.1008

Constante

C

-1.057485

0.1644

Source : réalisé par nous-mêmes.

* : le coefficient est significatif à 5%

** : le coefficient est significatif à 10%

Probabilité (LR stat)= 9,62.10e-08<0,05 : le modèle est donc globalement significatif à 5%.

L'ignorance des dangers liés à la mauvaise gestion des DSM n'affecte pas le risque que le ménage adopte des comportements inciviques, et ceci justifie pleinement le constat effectué sur le terrain. Les ménages enquêtés, savent pour la plupart qu'il est nuisible de vivre à proximité des déchets ou de les enfouir, mais adoptent néanmoins ce comportement. L'absence de poubelles publiques n'a pas d'influence sur la probabilité que l'individu ne s'abonne pas à une ONG de pré-collecte, de même que le niveau d'études, même si les signes attendus sont vérifiés. La non-application des sanctions augmente la probabilité que l'enquêté ne s'abonne pas à une ONG de pré-collecte, tout comme le fait qu'il réside dans une zone marécageuse. L'hypothèse 2 est donc partiellement vérifiée.

Paragraphe 3 : Analyse de l'estimation du recours aux dépotoirs sauvages

Tableau 5 : résultats de l'estimation du modèle pour l'hypothèse 3

 

Variables explicatives

Coefficients

Probabilité

Prob (RDS)=1

PRA

0.253347

0.5275

PDS

1.172730**

0.0714

CONG

0.177380

0.8345

Source : réalisé par nous-mêmes.

** : le coefficient est significatif à 10%

La probabilité du Khi deux =0.0370<5% (voir tableau n°10), donc le modèle est globalement significatif.

La proximité des dépotoirs sauvages accroît le risque que les ONG y aient recours, tandis que l'incivisme et l'insuffisance de points de regroupements aménagés n'influent pas sur cette probabilité, malgré la confirmation des signes attendus. Ces résultats confirment les observations du terrain, car les ONG enquêtées estiment pour la plupart que la proximité des dépotoirs sauvages dans les bas-fonds et les terrains non bâtis constituent une solution de facilité pour leurs congénères, qui ne disposent pas en général de points de regroupement proches ou non engorgés. L'Hypothèse 3 est donc partiellement vérifiée.

Nous retenons de cette analyse que pour effectuer une bonne pré-collecte, il nous faut surtout agir sur les variables que sont :

ü La demande effective des ménages,

ü Les moyens financiers dont disposent les ONG,

ü La proximité des dépotoirs sauvages : étant donné que les dépotoirs sauvages se créent par l'action des populations, et parfois des ONG elles-mêmes, on pourrait agir ici en détruisant ces dépotoirs sauvages ou en empêchant qu'ils soient créés.

SECTION 2 : RECOMMANDATIONS

Cette partie de notre étude se propose de présenter un cadre logique de la pré-collecte des DSM qui servira de canevas aux actions et activités à mener pour collecter efficacement les DSM. Il permettra de monter deux projets, l'un pour relever le niveau de la pré-collecte, l'autre pour remédier de façon considérable au recours aux dépotoirs sauvages observé chez les ONG de pré-collecte. Quelques recommandations sont ensuite faites, toujours dans l'objectif de contribuer à une meilleure mise en oeuvre de la gestion de la pré-collecte des DSM.

Paragraphe 1 : Cadre logique

Le cadre logique est une vision systémique de l'environnement d'un projet, visant à identifier le motif pour lequel le projet est réalisé ainsi que la finalité à laquelle il contribue. Ensuite, il permet de définir d'une façon précise ce à quoi le projet devrait ressembler une fois terminé ainsi que l'ensemble des conditions critiques devant être réalisées pour que le projet atteigne les différents niveaux d'objectifs pour lesquels il a été conçu. Notre cadre logique se réfère à un programme d'assainissement. Il est scindé en deux projets. Le premier concerne vise à améliorer le niveau de la pré- collecte. Le deuxième a pour but d'amenuiser le recours aux dépotoirs sauvages, que ce soit par les ménages ou les ONG de pré- collecte. Aux éléments classiques du cadre logique que sont les objectifs, les indicateurs, les activités à mener, les hypothèses de réalisation, les sources de vérification et les résultats attendus, nous avons joint les responsables et partenaires potentiels de réalisation du projet.

PROJET 1 : AMELIORATION DU NIVEAU DE PRE- COLLECTE DES DSM

Cadre logique

 

Logique d'intervention

IOV

Sources de vérification

Hypothèses

Objectif Global

Augmenter le niveau de pré- collecte des DSM à Cotonou

Les ONG de pré- collecte de DSM parviennent à satisfaire tous les ménages qui leur sont abonnés entre 2011 et 2021

-Statistiques du PGDSM sur le niveau de pré- collecte des DSM à Cotonou

-rapports des ONG y relatifs

Les matériels utilisés par les ONG permettent d'effectuer la pré- collecte même en cas d'intempéries

Objectif spécifique 1

Définir une politique de mobilisation optimale des moyens financiers des ONG

Les moyens financiers des ONG leur permettent de disposer de tous les matériels qui leur sont nécessaires pour bien effectuer la pré-collecte des DSM

-Enquêtes annuelles auprès des responsables d'ONG de pré- collecte des DSM

-Enquêtes auprès des éboueurs.

Des organismes nationaux et internationaux sont prêts à apporter leur aide financière aux ONG de pré- collecte des DSM

Résultats anticipés

1.Une bonne prestation de services est proposée par les ONG

2.Les ONG de pré-collecte sont techniquement informées sur les outils adéquats à la pré- collecte en cas d'intempéries

3.une formation de qualité est donnée aux éboueurs

1. Nombre de ménages satisfaits par les prestations des ONG de pré- collecte des DSM

2.Nombre d'ONG disposant des informations techniques sur les outils de pré- collecte des DSM

3. Qualité de la prestation de service des éboueurs

1.Interviews et/ou enquêtes auprès des ménages abonnés

2.Documentations disponibles auprès des ONG sur les outils de pré- collecte des DSM

3.idem qu'au #1(sources de vérification pour l'objectif spécifique 1)

- Les responsables et autres agents des ONG de pré- collecte des DSM ont une conscience professionnelle développée

Activités (tâches à accomplir)

1.1 Former les responsables et agents des ONG à une meilleure gestion financière et à l'entreprenariat

1.2Procéder à leur suivi et contrôle

2.1Acquérir du matériel d'information sur les outils adéquats de pré- collecte des DSM

2.2 Acquérir des guides d'entretien de ces outils

1.Les coûts de formation des responsables et agents des ONG

2. Les coûts de leur suivi- contrôle

3. Les coûts d'acquisition de la documentation sur les outils adéquats de pré-collecte des DSM

1.1 Rapports de formation

1.2 Rapports de suivi des moniteurs

2.1Guides d'entretien des outils de pré-collecte des DSM

1.Les formateurs des et autres agents des ONG de pré- collecte ont une bonne pédagogie d'enseignement

2.Les agents chargés du suivi et du contrôle des responsables et agents des ONG sont compétents

3.L'augmentation du niveau de pré- collecte des DSM fait partie des priorités du ministère de l'environnement et de la mairie

Acteurs (partenaires potentiels)

La DST, Le PGDSM, Autres partenaires

Objectif spécifique 2

Renforcer le dynamisme des ONG de pré- collecte des DSM

Accroissement de l'efficacité de l'organisation des ONG de pré-collecte des DSM

Rapports annuels de la COGEDA (Coordination des ONG de gestion de l'environnement et de l'assainissement)

et /ou de la DST

- Les ONG sont plus préoccupées par les questions de l'assainissement que par les bénéfices résultant de l'activité de pré- collecte

- les responsables des ONG ont un niveau d'études intéressant

Résultats anticipés

1. La majorité des ménages de Cotonou est abonnée à une ONG de pré- collecte des DSM

2. La COGEDA (Coordination des ONG de gestion de l'environnement et de l'assainissement) est plus opérationnelle

1. Nombre de ménages abonnés

2. Dynamisme des ONG

3. La fréquence de collecte des ordures est régulière et respectée

- Enquêtes et interviews des responsables des ONG

1. La sensibilisation des ménages sur l'hygiène et l'assainissement du cadre de vie est fructueuse

2. La COGEDA (Coordination des ONG de gestion des déchets solides ménagers et de l'assainissement) a un programme d'activités bien conçu

Activités (tâches à accomplir)

1.Mener une campagne d'IEC (Information Education susceptible de rendre les ménages civiques.

2.1Définir une meilleure politique de pré- collecte des DSM

2.2Renforcer la compétence des responsables et autres agents d'ONG de pré- collecte des DSM en gestion entrepreneuriale

1.Les coûts requis par la campagne d'IEC

2-1 Les coûts requis pour la définition des critères de choix des candidats au poste de responsable d'ONG

2-2 Les coûts de formation des responsables et autres agents des ONG

1- Les agents sensibilisateurs

2.1 Les critères d'acceptation au poste de responsable d'ONG

2.2 Disponibilité des agents compétents pour former les responsables et autres agents d'ONG de pré- collecte des DSM

- L'insistance des agents sensibilisateurs sur les nuisances générées par les DSM va alarmer les ménages

- Il n'y a pas de favoritisme lors de l'attribution du poste de responsable d'ONG

- Les moyens de renforcement des compétences des responsables et autres agents d'ONG sont disponibles

- le ministère de l'environnement et la mairie ont entre autres priorités celle de renforcer le dynamisme des ONG de pré- collecte des DSM

Acteurs /partenaires potentiels

Le ministère de l'environnement, La mairie, La DST, La COGEDA

PROJET 2 : REDUCTION DU RECOURS AUX DEPOTOIRS SAUVAGES PAR LES MENAGES ET ONG DE PRE-COLLECTE DES DSM

Cadre logique

 

Logique d'intervention

IOV

Sources de vérification

Hypothèses

Objectif Global

Restreindre le recours aux dépotoirs sauvages par les ménages et ONG

Diminution de moitié du nombre de dépotoirs sauvages à Cotonou entre 2011 et 2016

- Rapports annuels de la DST ou de la COGEDA

- Une sensibilisation plus poussée sur les nuisances générées par les DSM va alarmer les ménages de Cotonou

Objectif spécifique 1

Mettre sur pied une réglementation rigide en matière de gestion des DSM

- Les ménages de Cotonou qui ont des comportements inciviques sont moins nombreux

- Observations sur le terrain

- enquêtes sur les comportements des ménages

- Les lois établies sont respectées

Résultats anticipés

1.les sanctions en cas d'infractions des lois en vigueur sur la gestion des DSM sont appliquées

2.le laxisme qui règne en matière de gestion des DSM est corrigé

1.2 Nombre de ménages sanctionnés par rapport à une mauvaise gestion des DSM

1.2 Nombre de dépotoirs sauvages à Cotonou

2. Rapport du nombre de ménages abonnés à Cotonou sur la population totale de la ville

- Rapports du ministère de l'environnement

- Enquêtes auprès des ménages sanctionnés

- Enquêtes auprès des agents de salubrité

- Visites sur le terrain

-Les populations de la ville de Cotonou sont sensibles aux sanctions

-Les ménages abonnés ne recourent plus aux dépotoirs sauvages

Activités (tâches à accomplir)

1- Recruter d'un nombre suffisant d'agents de salubrité

2- Former des agents de salubrité

3- Renforcer le rôle de la police municipale dans la gestion des DSM

4- Collecter des ordures des dépotoirs sauvages

- Coûts nécessaires au recrutement des agents de salubrité

- Coûts nécessaires à la formation des agents de salubrité

-Disponibilité des agents de salubrité

- Qualité de la prestation des agents de salubrité

- Disponibilité des agents des polices municipale et sanitaire

- Présence des instruments de collecte des ordures au niveau des dépotoirs sauvages disparus (conteneurs ou bacs à ordures)

- Les moyens de recrutement des agents de salubrité existent

- les agents de salubrité sont bien rémunérés

-Les ressources existent pour assurer une bonne formation des agents de salubrité

- Il est possible d'élargir le champ d'action des polices municipales et sanitaire en matière de gestion des DSM

- Le ministère de l'environnement a élaboré une politique visant le respect de l'application des lois en matière de gestion des DSM

4- La collecte des ordures au niveau des dépotoirs sauvage est possible

Acteurs (partenaires potentiels)

la DST , Entreprises privées s'occupant de la collecte des DSM, Le ministère de la santé, Le ministère de l'environnement

Objectif spécifique 2

Doter la ville de Cotonou d'un nombre suffisant de bacs à ordures

- Augmentation graduelle du nombre de bacs à ordures dans la ville de Cotonou

- Rapports de la mairie de Cotonou

- La présence de bacs à ordures diminue le recours aux dépotoirs sauvages observés au niveau des ménages de Cotonou et des ONG de pré- collecte des DSM

Résultats anticipés

1- Les bacs à ordure sont rendus disponibles

2- les bacs à ordures sont convenablement répartis dans la ville de Cotonou

1.nombre de bacs à ordures dans la ville de Cotonou

2. Qualité de la répartition des bacs à ordures dans la ville de Cotonou

1- Rapports de la mairie de Cotonou

2- Enquêtes et visites de terrain

- Il n'a pas de détournement des fonds

- Les informations obtenues sur agglomérations sont correctes

Activités (tâches à accomplir)

1 .Etablir un plan concis de recherche de financement

2.Rechercher des sources de financement sur la base de ce plan

3.Déterminer les besoins de chaque agglomération de la ville de Cotonou en bacs à ordure

4.Répartition des bacs à ordures dans la ville de Cotonou

- Coûts d'établissement du plan de recherche de financement et de détermination des besoins individuels des agglomérations de Cotonou

- Planificateurs qualifiés pour l'élaboration des programmes et plans

- Plans de chaque agglomération de Cotonou avec le nombre des ménages

Le ministère de l'environnement et la mairie est soucieux de la réduction de la prolifération des DSM à Cotonou

Acteurs (partenaires potentiels)

- L'Etat béninois, Le ministère de l'environnement, La mairie, Les partenaires au développement

Paragraphe 2 : Autres recommandations

Dans ce paragraphe, nous formulons des recommandations qui permettront de mieux gérer la pré- collecte des DSM et favoriseront la réalisation des projets que sous- tend le cadre logique précédemment défini.

Ø Sensibiliser les ménages de manière à ce qu'ils prennent vraiment conscience de ce qu'ils gagnent en adoptant de bons comportements en matière de gestion des DSM et ce qu'ils perdent ou ceux à quoi ils s'exposent dans le cas contraire ;

Ø Réaliser la déconcentration effective de la ville de Cotonou afin de contribuer à la diminution de la quantité de déchets produite ;

Ø Sensibiliser à la substitution des sacs en plastique par des «conteneurs » plus résistants et moins polluants ;

Ø Répertorier les systèmes d'élimination et de traitement des DSM adaptés au contexte géologique et environnemental de la ville de Cotonou et favoriser le recyclage ;

Ø Pour ce qui concerne les régions d'accès difficile, installer une benne sur un terrain accessible à la communauté et en déterminer l'emplacement après consultation de cette dernière.

L'objectif est d'inciter les résidents de ces agglomérations à déposer leurs déchets dans la benne afin que les structures compétentes puissent passer les vider périodiquement sans trop de difficultés. A charge pour les chefs de quartier de veiller à la propreté de ces points et au versement effectif des ordures par les ménages à ces points ;

Ø Organiser par quinzaine une journée de salubrité dans la ville de Cotonou (samedi de préférence).

Il sera clairement défini ce qui doit être fait au cours de ces journées : balayage des rues, voies et lieux publics. Chaque chef de quartier aura la responsabilité de superviser les travaux de balayage et autres dans son quartier. Afin d'éviter les conflits, une rotation des ménages est souhaitable. Ainsi, à chaque quinzaine les ménages auxquels sera échu le travail d'assainissement seront connus d'avance. Dans le cas où certains d'entre eux ne s'exécuteront pas, ils se verront infliger des sanctions préalablement établies ;

Ø Elaborer des projets à soumettre aux bailleurs de fonds afin d'attirer les investisseurs dans la construction des points de regroupements ;

Ø Intensifier l'apport de l'Etat en matière de gestion des DSM.

Ø Renforcer la réglementation en matière de gestion de l'environnement et prévoir des sanctions très sévères qui seront réellement appliquées.

Cela aura l'avantage non seulement d'amener les ménages à être plus civiques mais également d'augmenter pour quelque temps les recettes de la mairie, ce qui vu ces besoins financiers ne serait pas superflu.

Ø Inciter la population à effectuer le tri des déchets à la source.

La procédure est la suivante : les ménages vont vendre des déchets recyclables aux pré- collecteurs qui à leur tour les cèderont aux entreprises qui en font usage. Le paiement va inciter les ménages à ne plus jeter de façon insouciante les DSM afin d'augmenter la quantité de déchets recyclables et partant de là diminuer ceux qui ne le sont pas. Ainsi, la valorisation permettra de réduire la quantité de déchets dans la ville et subséquemment le nombre de dépotoirs sauvages. Elle permettra de créer des emplois et par ce biais de diminuer le taux de chômage. Elle induira également une augmentation des revenus de certains ménages (ceux qui s'adonnent à la valorisation des DSM). Etant donné que seuls les déchets non recyclables seront collectés par les éboueurs, la redevance va diminuer parce que la quantité de DSM aurait baissé. Et vu que la redevance est principalement fonction du volume des DSM et de la fréquence de ramassage, elle sera à son tour revue à la baisse.

C'est à la mairie qu'incombe la gestion de la collecte/transport des DSM. Puisque le tri à la source contribue à la réduction de la quantité de DSM, le coût de leur transport reviendra moindre à la mairie. En effet, la quantité de DSM est évaluée lors du passage des camions d'ordures sur le pont péage qu'ils franchissent avant d'aller à Ouessè. Ainsi, compte tenu du fait que c'est sur la base de la quantité de DSM ramassée que les entreprises privées sont rémunérées par la mairie, la somme que cette dernière paiera sera moins importante. Dans le même temps, les entreprises privées chargées de la collecte des DSM chercheront à ramasser le plus d'ordures possible dans les conteneurs de la ville afin de rentabiliser leur activité. Comme précédemment, la quantité de DSM dans la ville s'en trouvera amoindrie. A cela s'ajoute le fait que la durée de vie du Lieu d'Enfouissement Sanitaire (LES) sera plus longue et son entretien moins difficile. La mairie n'aura donc pas à se préoccuper trop tôt de rechercher les fonds (très élevés) nécessaires à l'édification puis à l'entretien d'un nouveau LES.

CONCLUSION

La collecte et le traitement des DSM dans la ville de Cotonou sont sujets à de nombreuses défaillances. Bien que les réflexions menées en vue de leur gestion efficiente datent de longtemps, les résultats obtenus jusqu'à ce jour sont loin d'être satisfaisants. Néanmoins, aucun effort n'est ménagé par les structures compétentes que sont la DST, les ONG de pré-collecte et les entreprises privées de collecte/transport. De notre travail de recherche, il ressort que le niveau de pré-collecte peut être renforcé en augmentant les ressources financières des ONG et en incitant plus de ménages à s'abonner et à payer leurs redevances. Nos enquêtes sur le terrain nous ont révélé également que la plupart des pré-collecteurs ont recours aux dépotoirs sauvages parce qu'il en existe presque toujours dans les zones qu'ils desservent, et que cela leur permet de ne pas se rendre au point de regroupement, souvent trop éloigné ou engorgé quand il n'est pas inexistant. Ils ne le font pas forcément par incivisme comme nos résultats l'ont démontré, mais plutôt parce qu'ils ne peuvent faire autrement, et ne disposent pas à proximité de conteneurs ou d'infrastructures adéquates.

D'autre part, nous avons constaté lors de nos enquêtes que les ONG de pré-collecte ne sont pas toujours bien organisées : certaines d'entre elles ne disposent pas de siège, et d'autres sont injoignables, leur adresse et numéro de contact étant erronés ou vétustes. Cette situation ne permet pas aux structures que sont la DST et l'ONG Oxfam-Québec d'effectuer un suivi et un contrôle efficaces des activités des acteurs de la pré-collecte, qui pour la plupart, font passer leurs intérêts financiers avant l'objectif de protéger et d'assainir l'environnement.

Il faut donc dynamiser la pré-collecte des DSM, non seulement en y mettant les moyens matériels, financiers et humains adéquats, mais aussi motivant la conscience professionnelle des agents pré-collecteurs.

Les ménages sont inciviques, donc refusent de s'abonner pour deux raisons principales : la première est l'absence de sanctions et la deuxième est relative à leur lieu d'habitation. Selon les constats effectués lors de nos enquêtes, les ménages les plus réticents à l'abonnement sont ceux qui vivent dans des quartiers où les ONG viennent déverser les ordures. En effet, ils trouvent qu'il est inutile de s'abonner à une ONG de pré-collecte qui viendra tout simplement déverser les ordures du quartier derrière leurs habitations, dans l'objectif de s'en débarrasser ou de remblayer le terrain avoisinant. La valorisation des DSM constitue une alternative pour remédier à leur prolifération dans la ville. Il s'agira de la renforcer par la sensibilisation des ménages sur son utilité, et surtout, en cherchant des marchés locaux et internationaux sur lesquels peuvent être écoulés les résidus, afin qu'ils soient efficacement transformés et réutilisés.

Nous sommes conscientes que notre étude n'a pas été exhaustive en ce sens que tous les aspects du problème de la gestion des DSM n'ont pas été abordés. Les résultats auraient pu être meilleurs si la taille de l'échantillon avait été importante. En effet, compte tenu des contraintes de temps et de budget, nous n'avons interrogé que 100 ménages sur les 58509 dénombrés à Cotonou. Il serait donc souhaitable que l'étude soit faite sur un échantillon de taille plus importante afin de mieux percevoir l'influence des variables exogènes considérées dans la présente étude sur celles endogènes. Nonobstant, l'application de nos propositions pourra sûrement contribuer à la réduction de la prolifération des DSM dans la ville de Cotonou. Elle ouvre également des perspectives et pourra servir de base à des études plus poussées en matière de gestion des DSM.

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