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La gestion des déchets solides ménagers (DSM) à  Cotonou : proposition d'un cadre approprié de planification de la pré-collecte

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par Romance HOUNKPATIN et Marie Caroline KOTTIN
ENEAM/UAC - DTS en Planification et Aménagement du Territoire 2009
  

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INTRODUCTION

En cette aube du 3ème millénaire, les pays africains tentent de relever de nombreux défis dont la lutte contre la pauvreté, les pandémies telles que le sida et le paludisme, la distribution rationnelle et équitable de l'eau potable et de l'énergie, l'octroi à leur population d'une éducation convenable et conforme aux normes internationales, la lutte contre le chômage et autres. Cette situation se complique encore à cause de l'urbanisation rapide et galopante que connaît le continent, avec un taux de croissance démographique d'environ 5% par an (Onibokun, 2001). Cette urbanisation incontrôlée, selon le rapport d'activités du Relais pour le développement Urbain Participé (RUP, 2003), est source de nombreux maux : violence, dépravation des moeurs, installation anarchique des populations dans des zones non viables, accroissement de la pauvreté. Elle pose également des problèmes en ce qui concerne l'assainissement et la salubrité qui, pour être tous deux effectifs, nécessitent une bonne gestion des déchets urbains. Le Bénin fait de nombreux efforts pour résorber le problème, sans toutefois aboutir à des résultats globalement satisfaisants. Le taux d'évacuation pour tout le Bénin est de 17% avec 39% en milieu urbain et 3% en milieu rural.

La ville de Cotonou, capitale économique du Bénin, est un excellent exemple en ce qui concerne la mauvaise gestion des DSM. Pendant que des populations dans les quartiers tels que les Cocotiers, Cadjehoun ou la Haie-Vive vivent dans un environnement sain, grâce à la pré-collecte régulière de leurs DSM, des quartiers comme Tanto, Yagbé ou Ladji sont carrément infestés par les DSM, qui gagnent de l'espace sur les habitations (voir photos en annexe 2). L'origine du mal remonte à la crise économique des années 80 qui s'est soldée par une réduction du budget consacré à la gestion des DSM. La voirie qui à l'époque, était la seule structure chargée de la gestion des ordures dans la ville de Cotonou s'est donc vue dans l'impossibilité d'assurer ce service qui lui incombait. A ce problème est venu se greffer celui d'une croissance urbaine galopante due à des migrations tant internes qu'externes. Suite à ces événements, la quantité de déchets produits s'est accrue et leur gestion est devenue malaisée. D'où la qualification de la ville de Cotonou à l'époque de l' « Himalaya des déchets ».

Face à l'ampleur des désagréments qu'engendre cette situation et l'éventualité d'y gagner de l'argent, les jeunes sans emploi se sont regroupés en ONG pour suppléer la voirie. Le rôle de la mairie dans la gestion des DSM s'est renforcé du fait de la décentralisation. Ainsi, avec l'appui de quelques micros- entreprises privées et des ONG, la mairie s'emploie à résoudre les énormes problèmes qu'induit la mauvaise gestion des DSM. Des formations ont été organisées à l'endroit des ONG principalement par Oxfam-Québec grâce à l'Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI) afin d'améliorer la qualité de leurs prestations. Leur service consiste à collecter les ordures des ménages de porte à porte à un point de regroupement. Cette opération a plus ou moins eu de succès dans la ville de Cotonou, car de 48,38% en 2003, le taux d'abonnement des ménages est passé à 64,86% pour toute la ville de Cotonou. (Oxfam- Québec, 2007).

Cependant, des efforts restent encore à fournir. En effet, jusqu'à ce jour les éboueurs vont déverser les DSM collectés ailleurs dans certains quartiers sur la demande de leurs propres habitants, de sorte qu'ils constituent le réceptacle de toutes sortes de déchets. Cette situation est renforcée par l'insuffisance de points de regroupement aménagés dans la ville soit 6 sur 45 estimés par le guide pratique de la gestion des DSM à Cotonou (Mairie de Cotonou, 2004.). Tous ces comportements accroissent les risques de pathologie que provoquent les DSM. De fait, l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) estime que dans le tiers- monde, plus de 80% des maladies sont liées à un cadre de vie malsain. Des études effectuées par Aïssi, (1992) ont révélé que les puits de Cotonou sont infiltrés pour la plupart par les lexiviats des déchets solides (enfouis dans le sol) et par les déchets liquides et matières fécales; ainsi étant donné la faible profondeur de la nappe phréatique (oscillant entre 0 et 2 m), sa contamination par ces déchets est immédiate.

En raison de tous ces désagréments, il est urgent de déterminer une politique applicable et suffisamment pertinente pour réduire efficacement la prolifération des DSM dans la ville de Cotonou. Dans cette optique, la présente étude se propose d'élaborer un cadre adéquat de planification de la pré-collecte des DSM dans la ville de Cotonou afin d'aider la mairie à atteindre ses objectifs en matière de gestion des DSM. Elle comprend deux grandes parties subdivisées en chapitres.

La première partie donne un aperçu du cadre de l'étude. Elle comprend deux chapitres, l'un portant sur le cadre institutionnel de l'étude et l'autre sur son cadre théorique. La deuxième partie est consacrée à l'analyse de la situation de la pré- collecte des DSM à Cotonou. Elle est constituée de la méthodologie de recherche et de l'analyse empirique de la situation des déchets solides ménagers à Cotonou

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PREMIERE PARTIE

CADRE DE L'ETUDE

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault