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Pollution des eaux et rivières et impact sur les populations riveraines: cas de la rivière Mgoua dans la zone industrielle de Douala-Bassa

( Télécharger le fichier original )
par Gisèle BAOK
Université de Dschang-FASA - Master en gestion de l'eau option environment 2007
Dans la categorie: Sciences
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE DE DSCHANG
UNIVERSITY OF DSCHANG

DEPARTMENT OF

AGRICULTURAL ENGINEERING

FACULTE D'AGRONOMIE
ET DES SCIENCES
AGRICOLES

DEPARTEMENT DE
GENIE RURAL

FACULTY OF AGRONOMY
AND AGRICULTURAL
SCIENCES

POLLUTION DES EAUX DE RIVIERE ET IMPACT SUR
LES POPULATIONS RIVERAINES: CAS DE LA RIVIERE
MGOUA DANS LA ZONE INDUSTRIELLE DE DOUALA-

BASSA (CAMEROUN)

PAR :
Gisèle BAOK

Thèse Présentée en requis partiel en vue de l'obtention
du diplôme de « Master of Science » en Gestion de l'eau
Option Assainissement/Environnement

ENCADREUR SUPERVISEUR

Dr. Théophile FONKOU Pr. Mathias Fru FONTEH

Chargé de Cours, Faculté des Sciences Maître de Conférences, FASA

Université de Dschang Université de Dschang

ATTESTATION DE L'AUTHENTICITE

Je soussigné, Gisèle BAOK, Matricule 03A123, atteste sur l'honneur que cette thèse est le résultat de mes travaux de recherche sous l'encadrement du Dr. Théophile FONKOU (chargé de cours ) et la supervision du Pr. Mathias Fru FONTEH (Maître de conférences).

Le présent travail est authentique et n'a fait l'objet d'aucune autre présentation en vue de l'obtention d'un diplôme.

L'auteur

Gisèle BAOK

Dschang , le

L'encadreur Le superviseur

Dschang, le . Dschang, le

Le Chef de Département

Dschang, le

ATTESTATION OF CORRECTIONS AFTER DEFENSE

This is to attest that this thesis has been revised in conformity with the modifications suggested by the examination panel of January 24th 2007.

Dr.GHOGOMU Julius Professor FONTEH Mathias

Member Supervisor

Dschang le

Dschang le

Professor PAMO Etienne
President

Dschang le

Professor FONTEH Mathias Head of Department

Dschang le

RESUME

L'eau est une ressource indispensable à la survie de l'Homme. Or l'Homme par ses activités contribue à sa dégradation, hypothèque ainsi sa disponibilité et limite son utilisation pour les générations futures. La ville de Douala, capitale économique du Cameroun est la ville la plus industrialisée et la plus peuplée du pays. Les industries qui rejettent les eaux usées en général sans traitement préalable, dégradent la qualité des cours d'eau et mettent en danger la vie des populations riveraines. Dans le cadre de cette étude nous avons travaillé dans le bassin versant Mgoua de superficie 782 ha qui reçoit des eaux usées d'origine industrielle et urbaine.

Les objectifs de ce travail ont été de déterminer les sources de pollution de la rivière, de la caractériser, de déterminer les risques encourus par les populations riveraines du fait de la pollution du cours d'eau, d'établir un état des lieux des ressources du bassin versant et proposer un cadre institutionnel de gestion intégrée du bassin versant.

Des enquêtes ont été menées auprès de 95 ménages riverains et des industries implantées dans le bassin versant. Des échantillons de l'eau du cours d'eau prélevés en 5 points, une fois par semaine, du 22 avril au 22 mai 2006 ont fait l'objet d'analyses physicochimiques et bactériologiques. Une étude des acteurs de la gestion des ressources en eau du bassin versant a été réalisée afin de servir comme base pour la mise sur pied d'un cadre institutionnel de gestion intégrée du bassin versant.

L'enquête a montré que la pollution de ce cours d'eau est d'origine domestique et industrielle. Les populations utilisent le cours d'eau à 54% comme lieu d'évacuation des eaux ménagères, à 15% comme lieu d'évacuation des eaux vannes, et 53% des ménages possèdent des latrines situées à en moyenne 28 m du lit du cours d'eau. Les ordures ménagères sont rejetées par 47% des ménages dans le cours d'eau. Les industries pour la plupart (15 au total) rejettent leurs effluents dans le cours d'eau sans traitement préalable. Les populations sont confrontées aux inondations, aux maladies liées à l'eau, à la présence de moustiques, d'odeurs nauséabondes et à l'insalubrité. L'enquête a révélé que 71% des ménages utilisent l'eau du puits principalement pour le bain, la vaisselle et la cuisson des aliments. Les maladies diarrhéiques et le paludisme sont les maux les plus cités par les ménages.

Les analyses sur les cinq (5) séries de prélèvement ont montré que les valeurs des paramètres physicochimiques quelque soit le point de prélèvement sont en dehors des normes requises pour les eaux de surface (les valeurs moyennes de DBO5 et de DCO sont supérieures aux valeurs des eaux de surface considérées comme modérément polluées respectivement de 1719% et 736%). La pollution est importante en aval des foyers de rejet des eaux usées industrielles, ainsi une valeur moyenne de 211mg/l pour les solides totaux dissous (TDS) et une valeur maximale de 421 mg/l pour la demande chimique en oxygène (DCO) ont été obtenues. La pollution s'accentue en aval du cours d'eau , avec des valeurs de turbidité qui vont jusqu'à 211,8 mg/l, des matières en suspension (MES) de l'ordre de 228 mg/l, une demande biochimique en oxygène à 5 jours (DBO5) de 87mg/l et une demande chimique en oxygène (DCO) de 111 mg/l.

Notre étude propose la mise en place d'un comité de gestion du bassin versant qui sera composé de personnes ressources en matière de gestion intégrée des ressources en eau. Ce comité travaillera sur la base des résolutions du forum de gestion du bassin versant Mgoua. Il bénéficiera de l'aide technique des services de l'Etat pour les solutions relatives à l'amélioration de la qualité du cours d'eau et la qualité de la vie dans le bassin versant. Le forum sera composé de représentants de tous les acteurs du système hydrologique du Mgoua.

ABSTRACT

Water is an essential resource for life. However, the activities of humans contribute to the degradation of water and therefore diminish the availability of water for future generations. Douala, the economic capital of Cameroon is the most industrialised and most populated town of the country. Industries that reject their waste water without previous treatment degrad the river water quality and put the neighbouring populations in danger. As part of this study, we worked in the catchment area of river Mgoua with a surface area of 782 ha. The Mgoua river takes rise from a heavily industrialized zone and receives pollutants from both industrial and domestic sources.

The objectives of this work were to determine the sources of pollution of the river, characterize the river, determine the risks the neighbouring populations are facing due to the pollution of the river and propose an institutional framework for integrated management of water resources in the catchment.

Surveys were conducted at the level of the industries and the river neighbouring households. Samples were taken from the river at five different points, once a week from April 22 to May 26 2006. These samples were subject to physico-chemical and bacteriological analysis. A stakeholder analysis was carried in order to serve as a base for an institutional framework to an integrated management of the basin.

The survey conducted among 95 waterside households and industries showed that the origin of the pollution of the river is both domestic and industrial. Indeed, all the industries (15) except one send out waste water without appropriate treatment into the river. As concerns the population, 54% use the river to dispose waste water, 15% use the river to dispose sewage water, knowing that 53% of households have latrines situated near the river. Solid household wastes are disposed directly in the river by 47% of households. The neighbouring riversides suffer from, flood, diseases link to the quality of water, mosquitoes, smell and unhygienic conditions. The study indicates that about 71% of the population use well water mainly for cooking, bathing, washing clothes etc; and that diarrhea and malaria are the most common diseases.

The five sets of sample have shown that the values of the physico-chemical parameters for each of the sample do not respect the norms required for surface water (The mean values of chemical oxygen demand and biological oxygen demand in five days are greater than those of moderately polluted surface water respectively by 1717% and 736%). The pollution is significant immediately after the industries. Then we have a mean value of 211mg/l for total dissolved solids (TDS) and a maximum value of 421 mg/l for the chemical oxygen demand (COD). Downstream, the pollution increase, values such as 87 mg/l for biological oxygen demand in five days (BOD5), 111mg/l for chemical oxygen demand (COD), 228mg/l for suspended materials and 211.8mg/l for turbidity were found.

We propose setting up a management committee of the Mgoua catchment which will be composed of resource persons in integrated water resource management. The committee will benefit technically from the services of the state and will propose possible solutions to ameliorate the quality of the river and by so doing, improve the quality of life in the catchment. The forum shall be composed of representatives of all the stakeholders in the hydrologic system of river Mgoua.

REMERCIEMENTS

Nos remerciements vont à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à l'élaboration de cette thèse.

Que le Pr. FONTEH Fru Mathias trouve ici ma profonde gratitude, lui qui malgré ses multiples responsabilités a accepté de superviser ce travail.

Mes vifs remerciements vont à l'endroit du Dr. FONKOU Théophile qui a encadré ce travail et dirigé les analyses physico-chimiques des échantillons dans son laboratoire.

Nous remercions le personnel enseignant de la FASA et de la Faculté des Sciences de l'Université de Dschang qui a assuré notre formation.

Que M. François NTEP de l'université de Yaoundé I reçoive nos remerciements sincères, lui qui nous a ouvert sa bibliothèque.

J'adresse ma profonde gratitude à mon cousin NYEM Clément Aurelien, à M. MBOUMA pour son soutien logistique et à Adrien qui m'a guider à travers les quartiers.

Pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité, que le personnel de la communauté urbaine de Douala trouve ici ma reconnaissance. Je pense notamment à M. GBAMAN, M. LOE, Mme MBOGKSI, M. MOTAZE et tout le personnel du centre de documentation.

Pour m'avoir ouvert leur domicile pendant la durée de mon stage, que M. et Mme SIHNO trouve ici mes remerciements.

Pour leur sollicitude permanente à mon endroit, que mes frères, mes soeurs, mes belles soeurs, mes beaux frères, mes camarades et mes amis trouvent ici ma gratitude

Je ne saurais dire combien m'ont été précieuse l'aide et l'encadrement de mes parents M. et Mme BAOK qu'ils trouvent en ce travail la récompense pour les sacrifices consentis.

Je voudrais remercier mon époux M. BEDOUNG pour sa présence permanente, son soutien sans failles et sa compréhension quotidienne.

Enfin, je ne saurais terminer cette énonciation de remerciements sans penser à L'ETERNEL notre Dieu qui a su nous relever aux moments où nous désespérions de finir ce travail et qui nous entoure permanemment de sa grâce.

DEDICACE

A ma fille
Ginette Irène Ketty
Que ce travail soit pour elle un exemple à suivre.

SOMMAIRE
Liste des tableaux xiiiListe des figures xiv

Liste des abréviations et Acronymes xvi

CHAPITRE 1.0 : INTRODUCTION 1

1.1 Justificatif et Enjeux 1

1.2 Objectifs 3

CHAPITRE 2.0 : REVUE DE LA LITTÉRATURE 5

2.1 Définitions 5

2.2 Ecologie des Rivières Tropicales 6

2.3 Paramètres Qualitatifs des Effluents 6

2.3.1 Paramètres physiques: 7

2.3.2 Les paramètres chimiques 8

2.3.3 Paramètres biologiques 10

2.3.4 Paramètres spécifiques 12

2.4 Utilisations de l'Eau 12

2.4.1 Utilisation de l'eau dans l'industrie 12

2.4.2 Utilisation de l'eau en agriculture 13

2.4.3 Autres utilisations 13

2.5 Pollution des Eaux de Rivières 14

2.5.1 Historique 14

2.5.2 Source de pollution des rivières 15

2.5.3 Types de pollutions rencontrées dans les rivières 16

2.5.4 Quelques résultats d'analyses des effluents industriels dans le bassin versant 18

2.5.5 Conséquences des pollutions 19

2.5.6 Lutte contre la pollution industrielle 23

2.5.7 Classification des cours d'eau 25

2.6 Gestion Intégrée des Ressources en Eau 26

2.6.1 Les principes de la gestion intégrée des ressources en eau 26

2.6.2 Les objectifs de la gestion des ressources en eau 27

2.6.3 Gestion intégrée des bassins versants 28

2.6.4 Processus de mise en oeuvre d'un plan de gestion intégrée de bassins versants 28

CHAPITRE 3.0 : MATERIEL ET MÉTHODOLOGIE 31

3.1 Présentation de la Zone d'Etude 31

3.1.1 Localisation géographique 31

3.1.2 Typologie du parcellaire 34

3.1.3 Climatologie 36

3.2 Identification des Sources de Pollution de la Rivière Mgoua 37

3.3 Caractérisation du Cours d'Eau 38

3.3.1 Mesure des paramètres physico-chimiques du cours d'eau 41

3.3.2 Mesure des paramètres biologiques 41

3.4 Evaluation des Risques Encourus par les Populations Riveraines 43

3.5 Proposition d'un Cadre Institutionnel pour la Gestion Intégrée de l'Eau dans le

bassin versant 44

CHAPITRE 4.0 : PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS 45

4.1 Sources de Pollution de la Rivière Mgoua 45

4.1.1 Pollution industrielle 45

4.1.2 Pollution domestique 47

4.2 Caractérisation du Cours d'Eau 52

4.2.1 Paramètres physico-chimiques du cours d'eau 52

4.2.2 Paramètres biologiques 62

4.2.3 Classification du cours d'eau 64

4.3 Impact de la dégradation du cours d'eau sur les populations riveraines 66

4.3.1 Utilisations du cours d'eau 66

4.3.2 Nuisances dues au cours d'eau 66

4.3.3 Provenance de l'eau utilisée par les ménages 67

4.3.4 Utilisation des puits par les ménages 68

4.3.5 Maladies liées à l'eau 70

4.4 Proposition d'un Cadre institutionnel de Gestion Intégré des Ressources en Eau

71

4.4.1 Etat des Lieux des Ressources du Bassin Versant 71

4.4.2 Proposition d'un cadre institutionnel de gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant 73

CHAPITRE 5.0 : CONCLUSION, RECOMMANDATIONS 86

5.1 Conclusions 86

5.2 Recommandations 86

5.2.1 Décideurs 86

5.2.2 Travaux futurs 87

BIBLIOGRAPHIE 89

ANNEXES

Annexe 1 : Fiche d'enquête des industries 93

Annexe 2: Fiche d'enquête des populations riveraines ..94

Annexe 3: Synthèse de l'enquête auprès des industries 95

Annexe 4: Synthèse de l'enquête auprès des populations riveraines . 98

LISTE DES TABLEAUX

Résultats des analyses des prélèvements des rejets industriels effectués entre

Pages

2.1

1984 et 1990 auprès de certaines industries implantées dans le bassin versant

18

 

Mgoua

 

2.2

Quelques germes pathogènes associés aux eaux usées et maladies engendrées

21

2.3

Principaux procédés utilisés pour l'élimination des pollutions spécifiques

25

2.4

Grille d'appréciation de la qualité générale des cours d'eau

25

3.1

Présentation des points de prélèvements des échantillons

38

3.2

Paramètres et méthodes utilisés au cours des analyses

41

4.1

Paramètres physicochimiques aux points de prélèvements sur la rivière Mgoua

52

4.2

Corrélation entre les moyennes des différents paramètres

54

4.3

Résultat des test statistiques t et F et valeur de l'augmentation des paramètres

 
 

au point B par rapport au point A

56

4.4

Résultat des test statistiques t et F et comparaison des paramètres du point D

 
 

par rapport au point B

57

4.5

Résultat du test de Kruskall Wallis aux points D,C et E et abattement des

 
 

paramètres physicochimiques entre les points D,C,B et E

61

4.6

Caractéristiques des moyennes des paramètres du cours d'eau

62

4.7

Résultat de l'analyse microbiologique des échantillons

63

4.8

Classification du cours d'eau

65

4.9

Ménages utilisateurs de puits et taux de stérilisation des puits

69

4.10

Maladies évoquées par les populations riveraines du Mgoua

70

4.11

Usages de l'eau et ressources biologiques dans le bassin versant

71

4.12

Acteurs et principaux intérêts et activités dans le bassin versant

76

4.13

Influence et importance des différents acteurs

80

4.14

Types de ressources disponibles auprès des acteurs

82

LISTE DES FIGURES

 

Pages

3.1

Principaux bassins versants de la ville de Douala

32

3.2

Bassin versant Mgoua

33

3.3

Cours d'eau Mgoua

35

3.4

Précipitations et températures moyennes mensuelles à Douala

36

3.5

Situation géographique des points de prélèvements des échantillons

39

3.6

Point de prélèvement A : avant les industries savonnière et brassicole

40

3.7

Point de prélèvement B : après les industries savonnière et brassicole

40

3.8

Point de prélèvement D : Nkolminta

40

3.9

Point de prélèvement C : Pont chinois

40

3.10

Point de prélèvement E : Pont noir sur l'axe lourd Yaoundé-Douala

40

4.1

Mini station de traitement des eaux d'une société de production de peinture

46

4.2

Décanteur d'une savonnerie dans un état de délabrement avancé

46

4.3

Mousse dans les effluents d'une industrie

46

4.4

Répartition des ménages en fonction du standing

47

4.5

Répartition de l'échantillon en fonction de l'âge

48

4.6

Répartition des ménages en fonction du mode d'évacuation des eaux

 
 

domestiques

49

4.7

Répartition des ménages en fonction du mode d'évacuation des eaux vannes

50

4.8

Latrine implantée à proximité du lit du cours d'eau

50

4.9

Répartition des ménages en fonction du mode d'évacuation des ordures

 
 

ménagères

51

4.10

Poubelle sur le cours d'eau

52

4.11

Cours d'eau couvert par les ordures ménagères drainées en amont (Pont Kombi)

52

4.12

Variation de la qualité physico-chimique des eaux entre les points de

 
 

prélèvements A (en amont des industries C.C.C. et U.C.B.) et B (en aval des dites industries

55

4.13

Comparaison de la qualité physico-chimique des eaux entre les points de

 
 

prélèvements B (en aval des industries branche 1) et D (en aval des industries branche 2)

58

4.14

Variation de la qualité physico-chimique des eaux entre les points de

60

 

prélèvements D (en aval des industries branche 2), C (en aval du point D) et E (après la confluence des deux branches)

 

4.15

Colonies de streptocoques fécaux formées après incubation

63

4.16

Macrophytes ayant envahi le lit du cours d'eau au point de prélèvement E

64

 

(jacinthe d'eau et autres)

 

4.17

Nuisances dues au cours d'eau Mgoua évoquées par les ménages riverains

67

4.18

Quelques cas d'inondations des populations riveraines du Mgoua en période de crue

67

4.19

Répartition des ménages par type d'approvisionnement en eau

68

4.20

Différentes utilisations de l'eau du puits par les ménages

69

4.21

Proposition d'un cadre institutionnel pour la gestion intégrée du bassin versant Mgoua

84

LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES

ALUBASSA Aluminium de Bassa

C.E.P Compagnie Equatoriale de Peintures

C.M.C. Complexe Métallurgique du Cameroun

C.T.E Cameroon Tea Estates

C.V. Coefficient de variation

CAMLAIT Société de fabrication de produits dérivés du lait

CAMOA Société Camerounaise d'Oxygène et d'Acétylène

CAMWATER Cameroon Water

CCC Complexe Chimique Camerounais

CF Coliformes Fécaux

CHOCOCAM Chocolaterie et Confiserie du Cameroun

CUD Communauté Urbaine de Douala

DBO5 Demande biochimique en oxygène à 5 jours

DCO Demande chimique en oxygène

DDT DichloroDiphényltrichloroéthane : Pesticide

FAO Food and Agricultural Organization

FTU Formazin Turbidity Units

GWP Global Water Partnership

HYDRAC Hydrocarbure Analyse Contrôle

HYSACAM Hygiène et Salubrité du Cameroun

MAGZI Mission d'Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles

MES Matières en suspension

MINDIC Ministère de l'Industrie et du Commerce

MINEE Ministère de L' Energie et de l'Eau

MINEPN Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature

MINMEE Ministère des Mines, de l'Eau et de l'Energie

MINSANTE Ministère de la Santé

MINUH Ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat

MINVILLE Ministère de la ville

NETOYCAM Société de recyclage des huiles usagées

OMS Organisation Mondiale de la Santé

ONG Organisation Non Gouvernementale

ONUDI Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel

PANZANI Société de fabrication de pâtes alimentaires

PCB PolyChloroBiphényls

pH Potentiel hydrogène

PILCAM Société Camerounaise de fabrication de Piles Electriques

PLASTICAM Plastique du Cameroun

PNGE Programme National de Gestion de l'Environnement

PNUE Programme des Nations Unies pour l'Environnement

S.C.T.B Société Camerounaise de Transformation du Bois

S.G.M.C. Société des Grands Moulins du Cameroun

SCIMPOS Société Camerounaise d'Importation des mousses et polystyrène Souple

et rigide

SEEF Société d'Exploitation des Etablissements de Fourbelle

SF Streptocoques Fécaux

SIPCA Société Industrielle des Produits chimiques et Aromatiques

SMALTO Société de fabrication de peinture

SNEC Société Nationale des Eaux du Cameroun

SOCARTO Société Camerounaise de Cartonnage de fournitures de bureau

SUMOCA Summit motors Cameroon

TDS Total Dissolved Solids

UCB Union Camerounaise des Brasseries

UFC Unité de formation des colonies

UICN Union Mondiale pour la Nature

UNALOR Union allumettière équatoriale

VRD Voiries et Réseaux Divers

CHAPITRE 1.0 : INTRODUCTION

1.1 Justificatif et Enjeux

Environnement propice à l'apparition de la vie, l'eau est un élément majeur de la biosphère. Les premières formes de vie se sont manifestées dans des étendues d'eau qui recouvraient la terre primitive il y'a près de quatre milliards d'années. Si elle se trouve partout, elle est pourtant utilisable uniquement sous la forme d'eau douce par les êtres humains (Rodier, 1996). En effet, l'eau qui recouvre les trois quarts de la surface de la planète est essentiellement l'eau de mer (97,3%). Les réserves d'eau douce (2,7%) ne représentent que 38304 x 103 km3. En outre une grande partie de cette réserve se trouve sous forme solide (calotte glacière de l'atlantique, glaciers de l'arctique et des reliefs). L'eau douce liquide reste souvent difficile d'accès parce que très profonde (Veyret et Pech, 1993). Cette eau non disponible (glaciers et eaux souterraines profondes) représente 2,4 % des réserves totales d'eau. Il reste donc moins de 0,3% de l'eau de notre planète directement consommable. Les cours d'eau et les lacs concentrent une grande partie de cette eau. Malheureusement elle est réduite par l'infiltration dans les sols et l'évapotranspiration (Montiel et Husson, 1991)

L'Homme doit donc faire face à cette diminution des ressources hydriques naturelles et à la dégradation croissante de la qualité de l'eau : insuffisances de l'industrie de l'eau, insuffisance de traitement des eaux d'égouts, rejets d'effluents industriels et domestiques, fuites dans les réservoirs de stockage des produits pétroliers, infiltration des résidus d'engrais et de pesticides agricoles etc. Ces nuisances comptent parmi les principales causes de pollution des eaux. Leur gravité est fonction de la densité des populations, des pratiques agricoles et industrielles et de la présence ou non de dispositifs de récupération et de traitement des eaux usées.

Au Cameroun, la situation environnementale est marquée outre les problèmes globaux et connus de l'environnement de la planète tels les changements climatiques, la destruction de la couche d'ozone, par une dégradation multiforme des différents milieux (ONUDI, 2002). Ainsi le développement de l'urbanisation n'est toujours pas accompagné

de celui des infrastructures et services de l'environnement urbain correspondants ; tels l'approvisionnement en eau potable, la gestion des ordures ménagères et des eaux usées. On note en effet dans les villes camerounaises, la quasi-absence des réseaux d'égouts et des systèmes de traitement des eaux usées, l'insuffisance d'approvisionnement en eau potable ainsi qu'une gestion inadéquate des déchets solides.

L'élimination des eaux vannes se fait souvent par déversement direct au milieu récepteur (sol, marigot, caniveaux...) dans les quartiers d'habitat spontané ; dans des latrines sèches pour les quartiers traditionnels, les fosses septiques suivies de puisards dans les quartiers résidentiels. L'élimination des eaux ménagères quant à elle se fait en général directement sur la voie publique ou dans la cour de la concession ou dans un caniveau ou dans un puisard ou dans les cours d'eau (Kerspen, 1998). De même les eaux provenant des vidanges des fosses septiques sont acheminées vers les rivières des bassins, où elles sont déversées au mépris des dispositions relatives à la protection de l'environnement et celles relatives à la protection des ressources en eau contenues dans la loi portant régime de l'eau au Cameroun (MINMEE, 2004). Dans ces conditions, le milieu est caractérisé par un état d'insalubrité généralisé du cadre de vie.

L'industrie camerounaise est concentrée dans la zone du littoral notamment à Douala, Limbé et Edéa où on trouve près de 80 % des industries. A Douala (capitale économique du Cameroun), les rejets industriels sont essentiellement déversés dans le milieu naturel sans aucun traitement préalable. D'après ONUDI (2002), très peu d'unités industrielles et établissements sont équipés de stations d'épuration. Il relève notamment que de nombreuses plaintes relatives aux impacts de plusieurs unités industrielles du fait de leurs rejets ont été enregistrées par les services compétents de l'environnement, de la part des citoyens. Plusieurs industries ont été sanctionnées du fait de leurs activités polluantes dont les impacts sont devenus visibles.

La pollution industrielle à Douala est très difficile à cerner du fait de l'absence de données exhaustives. Cependant quelques données éparses permettent d'avoir une image approximative de la contribution de l'industrie à la dégradation de l'environnement. Il s'agit en particulier des données collectées ou estimées à l'occasion des études réalisées par le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE) en 1982, le Plan National de

Gestion de l'Environnement au Cameroun (PNGE) et une publication de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) (ONUDI , 2002).

Le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE,1982 cité par ONUDI, 2002) dans le cadre d'une étude réalisée pour le projet des mers régionales, a publié un rapport sur les études des polluants marins provenant des sources industrielles dans la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Il en ressort que malgré une pollution domestique qui demeure prépondérante, il existe des indices de pollution industrielle, estimée pour la DBO5 à 2187 tonnes/an et pour les matières en suspension (MES) à 48 000 tonnes/an pour la seule ville de Douala.

L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation (CIFA, 2001 cité par ONUDI, 2002) dans une publication portant sur la revue de la pollution aquatique en Afrique, a montré la contamination de quelques milieux aquatiques par des produits chimiques, et plus particulièrement par les pesticides. Les produits relevés concernent le Lindane, l'aldrine, le DDT (DichloroDiphényltrichloroéthane) et le PCB (PolyChloroBiphényls) dont l'origine pourrait être les plantations industrielles.

Le Plan National de Gestion de l'Environnement au Cameroun (PNGE) quant à lui lors d'une étude sur l'industrialisation et la pollution industrielle réalisée dans le cadre d'une étude basée sur une enquête auprès de 147 unités de transformation industrielle et artisanale, sur l'analyse des données existantes relatives aux rejets de quelques unités industrielles particulièrement dans la ville de Douala a démontré que le secteur de l'agroindustrie contribue le plus à la pollution industrielle, suivi de l'industrie chimique. C'est le secteur des industries métallurgiques et des industries diverses qui contribue le moins à cette pollution (ONUDI, 2002).

L'ensemble de ces données constitue des indices d'une pollution industrielle certaine, mais dont l'évolution dans le temps est difficile à établir. Il faudrait donc la maîtriser avant qu'il ne soit trop tard.

1.2 Objectifs

Dans le cadre de ce travail, nous avons choisi de travailler dans le bassin versant Mgoua. Il est l'un des plus industrialisé et des plus peuplé de la ville de Douala. Les industries sont situées en amont du cours d'eau, il existe donc un conflit d'intérêt dans l'utilisation de l'eau du cours d'eau. Et de plus la qualité du cours d'eau en aval est telle

que les passagers venant de Yaoundé pour Douala et vice versa sont obligés de se boucher les narines à la traversée du pont sur le Mgoua en saison sèche.

L'objectif général est donc de caractériser le cours d'eau et d'évaluer l'impact de la pollution de ses eaux sur les populations riveraines. Pour cela nous nous proposons de:

- Déterminer les sources de pollution de la rivière ;

- Caractériser les eaux de la rivière Mgoua ;

- Evaluer les risques encourus par les populations riveraines ;

- Proposer un cadre institutionnel de gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant

CHAPITRE 2.0 : REVUE DE LA LITTÉRATURE

2.1 Définitions

Auto épuration : ensemble des processus biologiques, chimiques et physiques permettant à un écosystème aquatique équilibré de transformer ou d'éliminer les substances (essentiellement organiques) qui lui sont apportées. Les organismes vivants (bactéries, champignons, algues...) jouent un rôle essentiel dans ce processus. L'efficacité augmente avec la température et le temps de séjour. La capacité d'auto épuration d'un système peut être inhibée. Elle dépend aussi des conditions du milieu: température, équilibre en sels minéraux et en matières organiques, et de l'absence de substances toxiques paralysant l'activité microbienne.

Bassin versant : surface d'alimentation d'un cours d'eau ou d'un lac. Le bassin versant se définit comme l'aire de collecte considérée à partir d'un exutoire, limitée par le contour à l'intérieur duquel se rassemblent les eaux précipitées qui s'écoulent en surface et en souterrain vers cette sortie.

Eaux usées : eaux transportant des déchets résidentiels et industriels ; mélange d'eau et de matières solides en suspension ou de matières solides dissoutes.

Eutrophisation : processus naturel d'enrichissement des lacs, des rivières et des étangs en éléments nutritifs dissous, stimulant la croissance des algues et d'autres plantes microscopiques.

Gestion des eaux : étude, planification et surveillance des ressources en eau ; application de techniques de développement et de contrôles quantitatifs et qualitatifs en vue d'utiliser de façon polyvalente et à long terme les diverses formes de ressources hydriques.

Pollution de l'eau : introduction de déchets industriels et institutionnels et d'autres matières nocives ou nuisibles, en quantité suffisante pour entraîner une dégradation mesurable de la qualité de l'eau.

Gestion intégrée des ressources en eau : la gestion intégrée des ressources en eau est un processus qui favorise le développement et la gestion coordonnés de l'eau, des terres

et des ressources connexes, en vue de maximiser, de manière équitable, le bien-être économique et social en résultant, sans pour autant compromettre la pérennité d'écosystèmes vitaux (GWP, 2000)

2.2 Ecologie des Rivières Tropicales

Les milieux aquatiques se divisent en deux groupes :

- les écosystèmes marins dont l'ensemble constitue un macro écosystème appelé océan mondial, ils présentent une concentration en sel proche de 35g/l;

- les écosystèmes d'eau douce ou limniques constitué de l'ensemble des eaux courantes, stagnantes et lacustres continentales, contrairement à l'écosystème marin, les eaux continentales sont plus diluées et présente une variation spatiale autant dans la concentration que dans la composition. La concentration en sel peut être de 100 à 1000 fois moins importante que dans les océans (Payne, 1986).

Les écosystèmes limniques se divisent en deux groupes:

· les écosystèmes lentiques (lacs, étangs et marais)

· les écosystèmes lotiques (fleuves, rivières, torrents...)

Les eaux lotiques, sujet de notre travail, sont des systèmes ouverts forts dépendants des systèmes voisins. Ils sont très influencés par l'environnement terrestre et sont peuplés par des communautés qui à tous les niveaux trophiques sont tributaires des matériaux allochtones transportés par le courant (Payne, 1986). Elles peuvent être divisées en trois régions:

> Le crénon: région de sources et de leurs émissaires. La température y est peu variable et les végétaux sont surtout des algues et les mousses ;

> Le rithron: partie supérieure du cours d'eau représenté par les ruisseaux et les

petites rivières ;

> Le potamon: partie inférieure du cours d'eau, située à l'embouchure.

2.3 Paramètres Qualitatifs des Effluents

La caractérisation d'une eau fait appel à l'utilisation de plusieurs paramètres. Ils peuvent être physiques, chimiques, spécifiques et biologiques.

2.3.1 Paramètres physiques:

Matières en suspension

Ce sont des substances minérales ou organiques insolubles d'origines diverses. Suivant leur densité et les caractéristiques du milieu récepteur, elles évaluent la répartition de la charge polluante entre la pollution dissoute et la pollution sédimentable (Bontoux, 1993). Elles sont exprimées en mg/l.

Couleur

C'est un paramètre organoleptique lié à la présence d'éléments dissous ou à l'état colloïdal tels que les composés humiques, les métaux ou les déchets de différents types (Beaux, 1997). Les eaux naturelles sont généralement bleues ou vertes ou brunes à cause des particules en suspension qui réfléchissent la lumière. La couleur s'exprime en unité Hazen ou unité Platine Cobalt (PtCo).

TurbiditéElle caractérise la limpidité d'une eau ou son opalescence par l'effet Tyndall (Dupont,

1981). Elle exprime la quantité de matières en suspension (microorganismes, algues, macromolécules organiques) qui sont à l'origine du trouble de l'eau (Beaux, 1997). Elle ne mesure pas cette quantité, mais elle exprime la capacité des particules à retenir et difracter la lumière. La turbidité s'exprime en Unité Formazin (FTU) ou en unité Nephelométrique (NTU).

ConductivitéC'est la quantité d'électricité transportée d'un électrode à l'autre à travers un secteur

de 1 cm2, d'un conducteur ayant une différence de potentiel de 1V/cm. Elle permet d'estimer le degré de minéralisation d'une eau et est liée à la force ionique. Elle est proportionnelle à la teneur en sels dissous (TDS). Elle s'exprime en micro siemens par centimètre (uS/cm) (Payne, 1986).

Température

La température de l'eau est fonction de la température ambiante, des processus chimiques et biochimiques qui ont cours dans le milieu aquatique, de la température des affluents au cours d'eau. Elle influence beaucoup de phénomènes physico-chimiques tels que le pouvoir auto épuratoire d'une eau polluée, la solubilité des gaz, la conductivité et le pH (Leynaud, 1968).

2.3.2 Les paramètres chimiques

Potentiel Hydrogène : pH

Il est utilisé pour exprimer le degré d'ionisation de l'eau. Il indique la caractère alcalin (pH>7), acide (pH<7) ou neutre (pH=7) de l'eau. C'est la mesure de la concentration en ions Hydronium (H3O+) provenant de la dissociation des molécules d'eau en protons H+. Il contrôle les vies aquatiques et régule le processus d'épuration dans les plans d'eau. Le pH dans l'eau naturelle varie entre 6,6 et 7,8 (De Puytorac, 1971 cité par Fonkou, 1991).

Oxygène dissous

C'est la concentration d'oxygène gazeux qui se trouve à l'état dissous dans une eau. L'oxygène dissous disponible est limité par la solubilité de l'oxygène (max 9 mg/l à 20°C) qui décroît avec la température et la présence de polluants dans les cours d'eau. Une faible teneur en oxygène dissous est synonyme d'une forte charge polluante ou d'une température élevée de l'eau. Paramètre important de l'écologie des milieux aquatiques, il est essentiel pour la respiration des organismes hétérotrophes. Il est exprimé en mg/l et se mesure par la méthode de Winkler basée sur la fixation chimique de l'oxygène et son dosage colorimétrique (Rodier, 1996).

Alcalinité de l'eau

C'est la quantité totale de base dans l'eau. Ces bases pouvant être des hydroxydes de carbonates, des bicarbonates. La quantité totale de carbone organique dépend des concentrations en calcium et magnésium (Banton et Bangoy ,1997). Elle s'exprime en mg/l de CaCO3. Elle permet de définir la dureté de l'eau qui elle s'exprime en degré Français (1°F= 10 mg/l de CaCO3).

Demande biochimique en oxygène (DBO)

C'est la quantité d'oxygène nécessaire aux microorganismes vivants pour assurer l'oxydation et la stabilisation des matières organiques présentes dans l'eau usée (Eckenfelder, 1982). Par convention, la DBO est la valeur obtenue après 5 jours d'incubation : DBO5. L'essai normalisé prévoit un ensemencement microbien à l'aide d'eau usée domestique, d'une eau de rivière ou d'un effluent de station et une incubation à 20°C. Dans le cas des eaux usées industrielles, l'ensemencement microbien, la durée d'incubation, la toxicité et la nitrification sont des facteurs pouvant influencer la DBO et doivent par conséquent être particulièrement pris en considération (Eckenfelder, 1982). La DBO est le meilleur indicateur de pollution organique et peut beaucoup varier au cours de la journée.

Demande chimique en oxygène (DCO)

C'est la quantité d'oxygène consommée par les matières existantes dans l'eau et oxydables par voie chimique dans les conditions opératoires définies (Bontoux, 1993). En fait, la mesure correspond à une estimation des matières oxydables présentes dans l'eau, qu'elles soient d'origine organique ou minérale (chlorure, sulfure, fer ferreux, nitrite et ammoniac). La DCO est fonction des caractéristiques des matières présentes, de leurs proportions respectives et des possibilités de l'oxydation.

Eléments nutritifs ou substances eutrophisantes

Il s `agit principalement de l'azote (N) et du phosphore (P).

Les substances azotées sont toxiques sous la forme ammoniacale (NH4 +) et nitrique (NO2 -). L'ion nitrate (NO3 -) n'est utilisé par les organismes qu'après transformation sous l'action de la nitrate réductase. Le paramètre NH4 + permet de limiter les usages des eaux en rivière. En effet au dessus de 3mg/l de NH4 +, il y a risque de mortalité des poissons. Il traduit aussi une consommation importante d'oxygène. Immédiatement en aval des foyers de pollution, on trouve souvent des teneurs en azote ammoniacal de l'ordre de 0,5 à 3 mg/l tandis que les teneurs en nitrites et en nitrates sont relativement faibles. Plus en aval, les

teneurs en azote ammoniacal diminuent et celles des nitrites puis des nitrates augmentent (Rodier, 1996)

Le phosphore est un élément limitant pour la croissance et le développement des organismes dans le milieu aquatique. On mesure généralement 3 types de phosphore :

- le phosphore particulaire : comprenant le phosphore organique et le phosphore

inorganique.

- Le phosphore soluble : constitué des polyphosphates, du phosphore colloïdal et des orthophosphates. Les orthophosphates (PO43-) sont les principaux éléments nutritifs dans les systèmes aquatiques continentaux. Ils jouent un rôle déterminant dans l'induction des phénomènes d'eutrophisation lorsqu'ils atteignent des concentrations élevées, les premières nuisances apparaissent à partir de 0,2 mg/l. Le dosage des orthophosphates est basé sur le développement de la coloration au bleu de molybdène.

- Le phosphore total dissous : on estime qu'il y'a 90 % de phosphore particulaire et 10 % de phosphore soluble.

Les eaux de surface ou de nappes peuvent être contaminées par des rejets industriels (Industries agro-alimentaires, ateliers de traitement de surfaces, laveries) et domestiques ou par lessivage des terres cultivées renfermant des engrais phosphatés ou traités par certains pesticides (Rodier, 1996).

2.3.3 Paramètres biologiques

Les paramètres biologiques sont des organismes qui permettent de caractériser l'état d'un écosystème et de mettre en évidence ses modifications naturelles ou provoquées (Beaux, 1997). Parmi ces organismes on peut citer les bactéries, les protozoaires, les champignons, la macrofaune, les algues et les végétaux supérieurs.

Bactéries bioindicatrices de pollution

Les bactéries utilisées comme bioindicatrices de pollution sont réparties en 3 principaux groupes : les streptocoques fécaux, les coliformes fécaux et les coliformes totaux. Les coliformes sont d'origine fécale. Ils ne sont pas dangereux par eux même, mais constituent des indicateurs de la présence des autres micro organismes pathogènes (Ramade, 1982). On les retrouve également dans les milieux pauvres en oxygène où les

bactéries sulfo-réductrices réduisent les sulfates en sulfures et produisent l'hydrogène sulfuré d'odeur caractéristique (Ramade, 1995).

Protozoaires des eaux polluées

Ils sont très fréquents dans les zones de dégradation et de décomposition active. Il s'agit de quelques flagellés, des ciliés et quelques organismes sessiles à régime bactériophages. On note la présence des rotifères dans les eaux fortement polluées (Ramade, 1995).

Champignons des eaux polluées

Les eaux chargées de matières organiques renferment une riche flore fongique. Ces champignons requièrent cependant la présence simultanée d'oxygène en quantité suffisante et d'azote nitrique (Payne, 1986)

Macro faune caractéristique de pollution

Elle concerne seulement la macro faune invertébrée benthique ou périphytique qui comprend les espèces vivantes au niveau de l'interface eau-sédiment dans certaines conditions. Ces organismes sont importants car certains d'entre eux sont sensibles à différents niveaux de pollution (Moore, 1979).

Algues des eaux polluées

Dans les eaux désoxygénées suite à une pollution organique, les algues disparaissent totalement. Cependant, lorsque le taux d'oxygène reste suffisant, les micro-organismes décomposeurs libèrent des nitrates et phosphates à partir de la matière organique de l'effluent ; enrichissant ainsi le milieu en éléments nutritifs. Ceci favorisera à long terme la pullulation des algues. Il y a dans ce cas, une augmentation de densité de la biocénose algale tels que les Diatomées, certaines algues vertes et les algues bleues (Radoux et al, 1995).

Végétaux supérieurs

Il s'agit des plantes aquatiques et périaquatiques qui caractérisent les milieux pollués. On peut citer entre autres Ceratophyllum, salvinia, Eichhornia (jacinthes d'eau), Ipomoea aquatica, Cyperus papyrus, Echinochloa colona, Echinocloa pyramidalis, Pistia stratiotes (Laitues d'eau), Leersia hexandra, Enydra fluctuans (Dejoux, 1988). Certaines de ces plantes indicatrices de la pollution des eaux supportent de fortes charges polluantes, et sont utilisées pour l'épuration naturelle des eaux usées dans les stations de traitement des eaux usées. C'est le cas de Pistia stratiotes, Salvinia sp., Ipomeea aquatica, Enydra fluctuans, Hydrocotyle umbellata et certaines Lemnacea (Lemma, Sprirodela, Wollffia) (Charbonnel,1989 ; Agendia,1995; Crites & Tchobanoglous,1998 tous cités par Kengne, 2000).

2.3.4 Paramètres spécifiques

Ce sont des paramètres rendant compte des pollutions spécifiques. Il s'agit de :

- la teneur en hydrocarbure ;

- la teneur en graisses et huiles ; - la teneur en métaux ;

- la teneur en toxiques spécifiques : cyanure par exemple ;

- la teneur en micro polluants organiques : organochlorés, composés phénolés, hydrocarbures mono aromatiques, hydrocarbures polycycliques.

2.4 Utilisations de l'Eau

2.4.1 Utilisation de l'eau dans l'industrie

D'après Guerin et Thomazeau (1985), l'eau est généralement utilisée aux quatre (4) niveaux suivants :

Fabrication (process)

Dans la fabrication des produits l'eau peut être utilisée à plusieurs fins notamment :

· Comme matière première restant dans le produit fini (industrie de la bière et boisson...) ;

· Comme solvant pour mettre en oeuvre des réactifs (bains de teinture, de galvanoplastie...) ;


· Pour laver les produits finis (textile, cuir, chimie, bananeraie ...) ;

· Pour évacuer des déchets (papeterie, brasserie...) ;

· Pour laver du matériel (laiterie, fromagerie et pratiquement toutes les activités industrielles).

Refroidissement

De nombreux organes de machines qui subissent des échauffements sont refroidis (sidérurgie, chimie, textile, pâtes à papier...).

Chaufferie

Ici l'eau est utilisée pour la fabrication de vapeurs, pour la régénération d'ions des installations de déminéralisation.

Besoins domestiques

L'eau est utilisée pour les sanitaires et les restaurants des entreprises.

2.4.2 Utilisation de l'eau en agriculture

En agriculture, l'eau permet d'irriguer les cultures et de laver les produits avant la commercialisation.

L'irrigation des plantes est pratiquée dans des régions où la pluviométrie ne satisfait pas la demande en eau des cultures et pour les cultures de contre saison. Les plantes peuvent être irriguées pendant toute ou une partie de la période de croissance. De même l'irrigation peut être totale ou partielle ; une irrigation totale suppose que tous les besoins en eau de la plante sont apportées par l'irrigation, par contre en irrigation partielle, la pluviométrie permet la croissance de la plante, l'eau apportée améliore le rendement ou la qualité du produit final.

2.4.3 Autres utilisations

D'après DFID (2003), outre l'industrie et l'agriculture, l'eau sert à plusieurs autres usages notamment :

· Les usages domestiques : boisson, bain, cuisine, vaisselle, lessive ;

· Les usages pastoraux ;

· Les usages institutionnels (écoles, hôpitaux...) ;

· L'environnement (débit des fleuves, besoins pour la vie aquatique) ;


· L'hydroélectricité ;

· L'élimination des déchets solides et liquides ;

· La pêche ;

· La récréation ;

· La navigation.

2.5 Pollution des Eaux de Rivières

2.5.1 Historique

Selon Ramade (1982) le problème de pollution n'est pas un phénomène récent ou accidentel, mais il compte en réalité parmi les plus antiques. Ses origines remontent aux époques préhistoriques lorsque se constituèrent les premières cités, avec leurs ruisseaux d'écoulement des effluents domestiques. Depuis ces temps reculés on peut affirmer que la pollution a toujours sévi. Mais quoi qu'il en soit, les pollutions demeurèrent des plus limitées dans leur nature et leur étendue jusqu'à l'avènement de la civilisation industrielle. En effet, les données de la technologie moderne confèrent aujourd'hui aux problèmes des émissions de foyers industriels ou domestiques, comme à celui des eaux usées une ampleur sans précédent.

Tous ces problèmes résultent de la création par l'homme des déchets qu'il ne cherche pas à éliminer ou ne sait pas recycler. Tandis que population et pollution croissent de façon ininterrompue, le pouvoir auto épurateur du milieu naturel suit une évolution inverse en fonction du temps, vers sa saturation sinon vers sa neutralisation complète.

La technologie moderne a permis, grâce à l'automation et divers autres progrès dans les méthodes de fabrication, une expansion continue de la production industrielle. Non seulement notre civilisation accumule de ce fait des masses énormes de déchets, mais elle élabore une multitude de substances minérales ou organiques non biodégradables, voire indestructibles. Elle a de la sorte perturbé un des mécanismes essentiels du fonctionnement de la biosphère : l'échange ou plutôt la circulation permanente d'éléments entre les êtres vivants et le milieu inorganique.

2.5.2 Source de pollution des rivières

La demande en eau va croissante, mais elle est encore largement fonction du degré de développement. Il convient de distinguer l'eau prélevée et l'eau véritablement consommée et perdue. Il convient surtout d'examiner l'état dans lequel elle est restituée. En effet, l'Homme rejette dans les eaux de surface, les déchets de toute nature liés à sa vie, à ses activités. L'eau des rivières reçoit ainsi des déchets domestiques, des déchets industriels et des déchets agricoles.

Rejets domestiques

Ils proviennent des activités humaines de tous les jours : bains, excréments, préparation des aliments, lessive et vaisselle. Les eaux usées domestiques sont divisées en eaux vannes et eaux ménagères. A travers ces activités l'homme rejette d'une part des pollutions biologiques, urinaires et fécales. L'urine apporte le Cl-, K+, Na+ et surtout les matières organiques telles que l'urée, l'acide urique, la créatine et autres. En anaérobiose, l'urée se transforme en azote ammoniacal (NH4 +) (Radoux et al, 1991).

L'homme introduit également dans les eaux usées des produits chimiques divers : détergents, huiles qui retardent l'auto épuration des cours d'eau (Leroy, 1999)

Rejets industriels

L'eau, fluide porteur, solvant et diluant sert à évacuer les déchets des industries. La pollution provient :

· de pertes en matières premières dans les eaux de lavage (industrie laitière...) ;

· d'élimination de produits de dégradation accompagnés souvent de matières premières. L'industrie chimique utilise en moyenne 200 à 600 tonnes d'eau pour fabriquer une tonne de produit, 10 l sont nécessaires pour raffiner 1 l de pétrole, 250 000 l pour fabriquer une tonne de pâte à papier (Veyret et Pech, 1993) ;

· de pertes en réactifs, incomplètement épuisés ou fixés (industrie de textile et de traitement des surfaces...);

Ainsi de nombreuses industries rejettent dans les eaux de surface des substances persistantes : Chrome, mercure...Les industries agroalimentaires polluent les eaux en substances nutritives. Les produits de conditionnement des eaux de refroidissement

notamment les polyphosphates et le chrome hexavalent entraînent une pollution des rivières au niveau du rejet dans le milieu naturel (Guérin et Thomazeau, 1985).

Rejets agricoles

L'agriculture a recourt à des produits chimiques : pesticides, insecticides, désherbants, destructeurs divers de parasites des plantes, des engrais azotés. Les engrais azotés sont source de nitrates dont l'augmentation qui peut être lente et irréversible est une donnée fondamentale de la pollution des eaux de ruissellement et des eaux souterraines (Commoner, 1970).

Une mauvaise pratique culturale entraîne des dégradations environnementales dues à la sédimentation dans les cours d'eau ou dans les barrages (Sharma et al, 1996).

Autres rejets

Il s'agit des effluents des installations à caractère collectif telles que les casernes, les hôpitaux, les marchés, les écoles, les hôtels et les bornes fontaines.

Par ailleurs certains riverains rejettent directement dans le cours d'eau des déchets ménagers et matières solides de toutes sortes : bouteilles, vieilles bombes aérosols, vieux appareils électroménagers, carcasses de véhicules, céramiques, métaux inoxydables et autres (Aka, 2002). Ces rejets libèrent dans l'hydrosphère des polluants parfois dangereux tels que le fréon ou le chlorofluorocarbone, certains métaux lourds, les radionucléides. Il faut noter que le mercure minéral peu toxique à l'état métallique est transformé par les bactéries benthiques en méthyle mercure de toxicité redoutable (Aka, 2002). Ces déchets entraînent des pollutions minérales, organiques et physiques des cours d'eau.

2.5.3 Types de pollutions rencontrées dans les rivières

Quand l'eau est dégradée, il peut s'agir d'une pollution thermique, d'une pollution par les substances chimiques et minérales, d'une pollution par les matières en suspension, par des produits radioactifs. La pollution peut également résulter d'agents infectieux ou de produits organiques (Veyret et Pech, 1993).

Pollutions chimique et minérale

Les matières minérales rejetées d'une manière durable avec les eaux de lavage des matériaux de carrière par exemple, vont contribuer à la pollution minérale de ce dernier, ils annihileront la vie du cours d'eau sur une certaine distance en se déposant au fond du lit, sur les végétaux ainsi que sur les branchies des poissons et en colmatant les frayères.

Une pollution minérale peut avoir un effet aigu et immédiat : il s'agit par exemple d'un déversement de toxique minéral par une industrie chimique, métallurgique, sidérurgique... (Leroy, 1999). Il faut aussi considérer les pollutions liées aux nitrates et aux rejets agricoles (pesticides, insecticides...).

Pollutions organiques

D'après Kerspen (1998) il en existe trois :

· Les pollutions organiques facilement biodégradables ;

· Les pollutions organiques difficilement biodégradables ;

· Les pollutions organiques toxiques ;

Les pollutions organiques facilement biodégradables

Il s'agit de matières organiques provenant d'activités biologiques : matières fécales et urines, déchets de l'élevage et des industries agroalimentaires ; feuilles, plantes et animaux morts. La nuisance qui en résulte est due aux germes pathogènes que peut contenir ces matières organiques ou due à une forte concentration de ces déchets qui annihileront le phénomène d'auto épuration naturelle. Cette pollution est souvent la plus grave, du moins la plus répandue.

Les pollutions organiques difficilement biodégradables

Elles proviennent d'activités comme la fabrication de pâte à papier, de textiles, de cuirs et peau ; ce sont aussi les détergents qui produisent des mousses diminuant la capacité d'oxygénation du cours d'eau. La dégradation par le milieu naturel de cette pollution est plus lente. Du fait de la dégradation difficile de ce type de pollution, leur nuisance résulte de leur accumulation dans le milieu naturel.

Les pollutions organiques toxiques

Elles proviennent des industries pétrochimiques et des raffineries qui rejettent dans leurs effluents des quantités importantes de phénols et d'hydrocarbures. Certains pesticides

utilisés en agriculture sont d'origine organique et l'on sait que ce sont des produits toxiques particulièrement nuisants pour la faune aquatique ; ils peuvent atteindre l'homme par accumulation dans la chaîne alimentaire. Ce type de pollution gênera ou empêchera totalement les mécanismes d'épuration.

Nuisance par réchauffement (Pollution thermique)

Le rejet de chaleur dans l'environnement constitue une forme de pollution physique du milieu naturel susceptible de provoquer de véritables bouleversements biocénotiques car elle agit sur un facteur écologique primordial : la température du milieu. Elle provient de l'usage par l'homme des sources d'énergies artificielles qui modifient de façon plus ou moins importante le bilan énergétique des écosystèmes et est généralement produite par des rejets d'eaux de refroidissement industrielles (Ramade, 1982). La pollution thermique des eaux continentales peut atteindre localement une telle ampleur qu'elle menace la pérennité de l'ensemble des biocoenoses propres à ces milieux.

2.5.4 Quelques résultats d'analyses des effluents industriels dans le bassin versant

SOGREAH-ECTA-BTP (2004) nous présente les résultats des prélèvements de quelques industries effectués par le Ministère des mines, de l'eau et de l'énergie (Tableau 2.1).

Tableau 2.1 : Résultats des analyses des prélèvements des rejets industriels effectuées entre 1984 et 1990 auprès de certaines industries implantées dans le bassin versant Mgoua Société Année de

prélèvement Couleur Température

°C pH MES

(mg/l) DCO DBO5 Autres

U.C.B. 1987 Claire 38 10,6 725 8857 2560

1990 - - 9,85 - 162 253

1990 - - 11,5 - 8638 175,5

C.C.C.

Entrée bac Entrée bac Sortie bac Sortie bac

1984 1984 1985 1987 1990 1990

Teinture
Jaunâtre
Jaune
Marron
-
-

65 65 60 30 -

-

14 14 14 10 11,14 11,54

-

5100

1024

29,5

-

42

34500 29640 40670 22500 5761 9113

34500 29640 40670 22500 5761 9113

NaOH(mg/l)
34400
140000

5880 No=0,13 PO=14 No=0,20 PO=254

 

Société

Année de
prélèvement

Couleur

Température

°C

pH

MES
(mg/l)

DCO

DBO5

Autres

CHOCOCAM

CEP

1987
1989

1985
1987

Blanche
-

Teinture
Laiteuse

32
-

27

28

5,74
5,09

10,05
11

175
71,5

13640
2552

3391
6675

12238
2080

678
-

No=43,8
T=70

 

Source : DPLT/MINMEE, tiré de diagnostic de la situation de l'environnement dans la province du littoral cité par SOGREAH-ECTA-BTP(2004a)

2.5.5 Conséquences des pollutions

Atteinte à l'autoépuration du cours d'eau

L'autoépuration peut être insuffisante eu égard aux quantités de pollution produites ; inopérante à l'égard de certaines pollutions ou paralysée par d'autres pollutions.

Le plus souvent pour effectuer la transformation des substances organiques en oxyde de carbone, méthane, eau, nitrate et azote, les microorganismes ont besoin d'oxygène et pour venir à bout de cette nourriture ils se multiplient très rapidement et consomment donc de plus en plus d'oxygène. La prolifération de la végétation aquatique peut être un phénomène naturel pour certains milieux et représente l'une des phases de leur eutrophisation (Dejoux, 1988). C'est là la limite principale de l'autoépuration: s'il y'a trop de pollution, il y'a trop de microorganismes, pas assez d'oxygène. La teneur en oxygène du milieu ne peut être enrichie que par la circulation de l'eau au contact de l'air d'une part, et par l'activité de photosynthèse de sa flore d'autre part.

Modification des caractères physiques et conséquences biologiques

La limpidité naturelle du cours d'eau peut être altérée par la couleur ou la turbidité des effluents : ainsi sont gênés les phénomènes de photosynthèse et d'oxygénation nécessaire à l'auto épuration. De même les dépôts au fond d'une rivière vont causer un envasement qui va gêner la vie de la faune et de la flore et traîner l'auto épuration et en cas d'insuffisance d'oxygène, les microorganismes ne peuvent pas poursuivre leur dégradation aérobie des substances polluantes, et dans certains cas se poursuit une décomposition anaérobie avec dégagements d'odeurs putrides (Hynes, 1960).

L'ensemble de ces troubles entraîne d'autre part une pollution esthétique, trop souvent aggravée par les rejets de déchets solides dans le canal, le cours d'eau ou sur les berges.

Modification des caractères chimiques

Le déversement des nitrates et phosphates est responsable du phénomène d'eutrophisation des plans d'eau et les modifications du pH, de salinité aboutissent à la modification des conditions de vie des espèces vivantes, voire à la disparition des quelquesunes donc à une perturbation des écosystèmes aquatiques. Certains rejets toxiques ont un effet mortel sur la faune et la flore entraînant ainsi le ralentissement ou le blocage de l'autoépuration. Les agents de surface sont généralement ceux dont l'impact en milieu aquatique est le plus sérieux. Leur densité est fonction des caractéristiques physicochimiques des eaux du milieu récepteur ; quand ils sont très importants, ils peuvent induire une anaérobiose du milieu sous-jacent, et entraîner des mortalités de poissons par exemple. Certaines charges ainsi que les polyphosphates contenus dans mains détergents sont un facteur d'enrichissement des eaux non négligeable et contribuent à accentuer l'eutrophisation des milieux récepteurs. Ce sont des agents de transport de bactéries et de mycoses (Dejoux, 1988).

Impact de la pollution sur l'Homme

Pour l'industrie

Les conserveries alimentaires, certaines industries chimiques et textiles, les circuits de refroidissement, demandent de l'eau non polluée.

Pour les loisirs

Les aspects inesthétiques de la pollution et les préoccupations sanitaires font q'un cours d'eau pollué soit impropre à la baignade, à la promenade au bord.

Pour l'agriculture:

La quantité et la qualité de l'eau disponible pour l'irrigation a une incidence sur le choix de la méthode d'irrigation. En effet, une eau contenant des matières en suspension ne saurait être utilisée en irrigation sous pression sans une filtration préalable, de même il est néfaste d'utiliser des eaux à forte teneur en sels minéraux ou toxiques, ces toxines pourraient être retrouvées dans le produit consommé.

En revanche les cultures s'accommodent bien d'une quantité raisonnable de pollution organique (Leroy, 1999).

Pour sa santé

Les eaux usées sont le siège du transport, de la croissance et du développement de plusieurs vecteurs de maladies et agents pathogènes. Egalement ces eaux sont susceptibles de véhiculer des substances toxiques responsables des risques potentiels sur la santé. L'Homme est exposé aux maladies hydriques dues à la pollution biologique représentée par les pollutions bactériennes, virales et zoo parasitaires. Le tableau 2.2 présente quelques maladies engendrées par l'eau ainsi que les agents pathogènes

Tableau 2.2 : Quelques germes pathogènes associés aux eaux usées et maladies engendrées Groupes Agents pathogènes Maladies

Bactéries Vibrion cholerae Choléra

Salmonelloses

Salmone spp Fièvre typhoide

Virus

Helminthes

Parathyphoïde

Shigella Dysentérie bacillaire

Escherichia coli Gastroentérite bactérienne

Campylobacter spp Diarrhée, enterite

Leptospira Leptospirose

Mycobactérium tuberculosis Tuberculoses

VHA Hépatite A

VHB Hépatite B

Rotavirus, Adénovirus Gastroentérite virale

Flavivirus (virus amaril) Fièvre jaune

Ascaris lumbricoïdes Ascaridioses

Schistosoma spp Bilharzioses

Dracunalus medinensis Onchocerca volvulus

Filarioses : Dracunculose

Onchocercose

 

Protozoaires

Giardia intestinalis Giardiase (lambliase)

Entamoebae Histolytica Amibiase

Source :Alcamo, 1984 et Nduka, 1985 cités par Fonkou, 1996

D'après Rodier (1996), l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ressort que 80 % des maladies rencontrées dans le monde sont liées , en partie, à l'insuffisance de l'évacuation des matières fécales et au manque d'approvisionnement en eau potable. Près de la moitié de la population mondiale est atteinte de maladies parasitaires dues à l'eau. En

Afrique, le taux de mortalité de 17/1000 dû à la diarrhée est le plus élevé du monde ; le paludisme est à l'origine de 800 000 décès par an (Sharma et al, 1996). Au Cameroun, l'Institut National de la Statistique (INS, 2004) présente un taux de prévalence de la diarrhée en milieux pauvres et non pauvres respectivement de 1,4% et 2,1% et pour le paludisme de 12,6 et 11,6 respectivement en milieux pauvres et non pauvres pour la ville de Douala.

La consommation des produits agricoles, d'élevage ou halieutiques contaminés par les éléments toxiques présents dans les eaux usées a une influence sur la santé (Ramade, 1992). L'intoxication par ingestion se fait à travers les chaînes trophiques où l'eau est le premier maillon de la chaîne alimentaire et l'Homme le dernier. C'est le phénomène de rémanence ou de biomagnification des polluants (Dajoz, 1985 ; Ramade, 1995). La toxicité peut également se faire par contact cutané et par inhalation.

Conséquences pour l'économie

Le concept de pollution s'entend par rapport à un usage, la première conséquence économique est le prix du traitement qu'il faudrait prévoir pour rendre l'eau à nouveau apte à l'usage. L'eutrophisation des lacs et rivières lorsqu'elle est avancée peut conduire à des opérations de reconstitution extrêmement coûteuses. Si l'on prend l'exemple de la zone parisienne, dans son bulletin de juin 1985, l'agence financière du bassin Seine Normandie évalue la tranche de travaux à réaliser dans la région parisienne pour améliorer la qualité de la Seine à 10 milliards de francs français 1985 (Leroy, 1999).

Le côté inesthétique des cours d'eau pollués entraîne une disparition des industries touristiques. Il faut par ailleurs remarquer qu'un cours d'eau pollué n'a plus (ou presque plus) de poissons et la baisse de l'activité piscicole diminue les revenus des pêcheurs et a un impact sur l'économie nationale (Fonteh, 2003). Au Kenya, un groupe représentant les pêcheurs a adressé une correspondance au ministre du tourisme et de la faune dans laquelle il dénonce la mort des poissons causée par la pollution de l'eau et le rejet des déchets dans les rivières et les lacs (Odipo, 1992). Enfin certaines maladies invalidantes (onchocercose, dracunculose) réduisent le rendement de la population active et de même la masse financière utilisée pour la lutte contre les maladies hydriques est importante.

2.5.6 Lutte contre la pollution industrielle

Pour tout problème de pollution par l'industrie, que l'établissement soit susceptible d'être raccordé à un réseau d'assainissement urbain en vue d'une épuration de ses effluents dans la station communale ou non, les solutions correctes passeront successivement par :

· une campagne de mesures préalable afin de situer l'ampleur de la pollution à traiter ;

· une étude des fabrications et de la mise en oeuvre de « procédés propres » afin de minimiser les pertes en matières premières, les entraînements de réactifs... ;

· une nouvelle série de mesures afin de faire le point de la situation après les interventions dans les ateliers ;

· enfin :

- soit l'étude et le dimensionnement des ouvrages d'épuration pour le cas d'une station d'épuration individuelle,

- soit la définition des prétraitements nécessaires au bon fonctionnement des la station biologique communale pour le cas d'une solution d'épuration mixte commune-industrie,

- soit le dimensionnement de bacs de stockage pour le cas particulier notamment une partie de la pollution pourra être traitée dans un centre

de traitement spécialisé (Guerin et Thomazeau, 1985).

Campagnes de mesures

Dans le cas général l'on fera des mesures de débits et des prélèvements aux fins d'analyse du type DBO5, DCO, MES, pH, Conductivité, toxicité (test daphnie). Dans des cas particuliers, l'on fera des analyses spécifiques (huile, hydrocarbure pour les industries mécaniques et l'industrie du pétrole).

Les campagnes d'analyse sont effectuées sur une durée minimum de 24 heures à l'occasion d'une production de pointe, cette durée peut être portée à plusieurs jours en fonction des cycles de fabrication.

Lutte interne contre la pollution

Les modifications de procédés de fabrication

On peut distinguer à ce niveau deux types de « procédés propres » :

· les procédés à sec ou en milieu non aqueux : ici, les dépoussiérages peuvent être effectuées à sec, et les solvants organiques (méthanol par exemple) peuvent remplacer l'eau dans un grand nombre d'opérations (dégraissage en traitement de surface)

· les procédés humides : il est possible de récupérer des produits, soit en l'état d'origine donc recyclés comme matières nobles, soit dégradés donc éventuellement réutilisés comme sous produits pour d'autres usages ( en savonnerie, dans l'effluent constitué par les eaux de relargage, il est possible de récupérer la glycérine et le chlorure de sodium).

La réduction des volumes d'eau

Le coût et l'efficacité de la dépollution finale passent par la réduction des volumes d'eau à épurer d'une part et d'autre part par l'augmentation consécutive de la concentration des éléments polluants. La réduction des volumes d'eau résiduaires peut être obtenue par :

· Des économies réelles à travers la réduction des consommations : réutilisation en cascade pour des usages moins nobles par exemple ;

· La réorganisation des réseaux en isolant les eaux « claires » : circuit de refroidissement, eau de process non polluée...

· Le recyclage court : il se situe au niveau de la machine avec retour immédiat en fabrication sur celle-ci. Il s'agit d'une récupération simultanée de matières nobles donc d'une réduction de pollution à la source ;

· Le recyclage long : il consiste à épurer l'eau résiduaire qui peut alors être recyclée à différents niveaux de la fabrication ;

Procédés d'épuration des eaux usées industrielles

Gahungere (1990) propose les méthodes de traitement présentées au tableau 2.3 pour le traitement des eaux usées industrielles.

Tableau 2.3 : Principaux procédés utilisés pour l'élimination des pollutions

spécifiques
Types de Pollutions Procédé de traitement

Matière organique Procédé biologique aérobie (Boues activées, lagunage, filtres)

biodégradable Procédé biologique anaérobique (lagunage, digesteurs)

Matières en suspension Décantation, flottation, filtration

DCO, COT Traitement biologique, adsorption, oxydation

Azote Lagunage, nitrification et dénitrification dans des cuves de

boues activées, échange d'ions

Phosphore Précipitation chimique, boues activées

Métaux lourds Echange d'ions, précipitation chimique

Matière organique Traitement biologique, échange d'ions, osmose inverse,

dissoute électrodialyse

Substances toxiques Oxydation chimique, précipitation chimique, adsorption sur

(CN-, SO3 --, S--, Chlorates) charbon actif

Source : Gahungere, 1990

L'on devrait toujours considérer préalablement à l'examen détaillé d'un problème de pollution industrielle :

- que la station d'épuration est l'ultime remède à apporter aux méfaits de la pollution ;

- qu'il n'existe pas de solution intéressante, c'est-à-dire fiable techniquement et économiquement sans une remise en cause des conditions de travail.

Les industriels qui sont réticents à une intervention dans les ateliers et considèrent la station d'épuration comme une machine épurante à tout faire ont tort, techniquement toujours, économiquement souvent (Guezin et Thomazeau, 1985)

2.5.7 Classification des cours d'eau

Bontoux (1993) propose une classification des cours d'eau basée sur des grilles élaborées par les agences de l'eau Française pour apprécier le niveau général de qualité d'un milieu (tableau 2.4)

Tableau 2 .4: Grille d'appréciation de la qualité des cours d'eau

Paramètres

Classe 1 A

Classe 1 B

Classe 2

Classe 3

HC

DBO5 (mg/l)

= 3

3- 5

5-10

10-25

>25

DCO (mg/l)

= 20

20- 25

25-40

40-80

>80

OD (mg/l)

= 7

5 - 7

3-5

< 3

-

% de saturation OD

90

70 - 90

50 - 70

< 50

-

NH4 + (mg/l)

= 0,1

0,1 -0,5

0,5- 2

2-8

>8

 

Paramètres

Classe 1 A

Classe 1 B

Classe 2

Classe 3

HC

NO2 (mg/l)

= 0,1

0,1- 0,3

0,3 - 1

1-2

>2

NO3 - (mg/l)

= 5

5 - 25

25 - 50

50-80

>80

N Kjeldahl (mg/l)

= 1

1- 2

2 - 3

3-10

>10

PO43- (mg/l)

= 0,2

0,2 -0,5

0,5 -1

1-2

>2

P total (mg/l)

= 0,1

0,1- 0,3

0,3- 0,6

0,6-1

>1

 

Source : Bontoux, 1993 ; Guerin et Thomazeau, 1985

Classe 1 A : qualité excellente- pas de pollution Classe 1 B : qualité bonne- pollution modérée Classe 2 : qualité moyenne- pollution nette Classe 3 : qualité médiocre- pollution importante Classe HC : qualité hors classe- pollution excessive

2.6 Gestion Intégrée des Ressources en Eau

En matière de lutte pour le développement économique et social, les défis auxquels sont confrontés un nombre croissant de pays sont de plus en plus liés à l'eau. L'enjeu principal de la gestion des ressources en eau est d'atteindre un équilibre entre l'utilisation de l'eau en tant que fondement pour la subsistance d'une population mondiale en plein essor, et sa protection et sa conservation en vue de garantir la pérennité de ses fonctions et caractéristiques (GWP, 2000) c'est à dire égaler la demande en eau avec la disponibilité à travers des répartitions convenables de l'eau. A l'échelle d'un bassin versant ou d'un sous bassin versant, il s'agit de gérer les conflits liés aux différentes utilisations de l'eau (DFID, 2003). En effet la gestion des bassins versants et des bassins fluviaux est non seulement importante car elle permet de faire face globalement aux problèmes liés à l'eau et à l'utilisation des terres, mais également parce qu'elle est essentielle à la gestion des liens entre qualité et quantité, entre intérêts en amont et en aval des cours d'eau (GWP, 2000). 2.6.1 Les principes de la gestion intégrée des ressources en eau

Lors de la conférence internationale sur l'eau et l'environnement qui s'est tenue à Dublin en 1992, des principes de gestion intégrée des ressources en eau ont été définies après mure réflexion dans le cadre d'un processus de consultation internationale. Ces principes ont joué un rôle important dans la définition des recommandations d'Agenda 21(chapitre 18 sur les ressources en eau douce) adoptée lors de la conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement qui s'est déroulé à Rio de Janeiro en 1992.

Ces principes ont à nouveau été énoncés et remodelés lors des conférences internationales sur l'eau qui se sont tenues à Harare et Paris, en 1998, lors de la réunion de RIO+5, organisée par la commission des Nations Unies sur le développement durable en 1998 et lors de la réunion de l'Académie de l'Eau à la Hague en mars 2000 (GWP, 2000 et Burton, 2003). Les principes de Dublin sont énoncés comme suit :

· L'eau est une ressource limitée et vulnérable, indispensable à la vie, au développement et à l'environnement ;

· Le développement et la gestion de l'eau devraient être fondés sur une approche
participative impliquant usagers, planificateurs et décideurs à tous les niveaux ;

· Les femmes sont au coeur des processus d'approvisionnement, de gestion et conservation de l'eau ;

· Pour tous ses différents usages, souvent concurrents, l'eau a une dimension
économique. C'est pourquoi elle doit être considérée comme un bien économique.

2.6.2 Les objectifs de la gestion des ressources en eau

Selon Burton (2003) lors du deuxième forum mondial sur l'eau tenue en 2000 en Hollande, il a été défini que les trois principaux objectifs de la gestion intégrée des ressources en eau sont :

· Habiliter les femmes, les hommes et les communautés à décider de leur niveau d'accès à une eau sure et à des conditions de vie hygiénique et sur le type d'activité économique relative à l'eau désirée et organiser leur mise en place;

· Produire plus de nourriture et plus d'emplois durable par unité d'eau utilisée (plus de plantes et d'emplois par goutte) et garantir l'accès pour tous à la nourriture en quantité et qualité suffisante pour rester en bonne santé ;

· Gérer l'utilisation de l'eau par l'homme de manière à préserver la qualité et la quantité de l'eau douce disponible et les écosystèmes terrestres qui fournissent des services aux hommes et aux êtres vivants.

Pour atteindre ces objectifs, les actions suivantes sont requises :

- impliquer tous les intervenants dans la gestion intégrée ;

- accroître les fonds publics pour la recherche et l'innovation dans l'intérêt public ;

- reconnaître la nécessité d'une coopération sur la gestion intégrée des ressources en eau dans les bassins fluviaux internationaux ;

- accroître massivement les investissements dans le domaine de l'eau ;

- progresser vers une valorisation de l'eau pour toutes utilisations .

2.6.3 Gestion intégrée des bassins versants

Parmi les institutions régissant la gestion intégrée des ressources en eau, l'on a les structures de gestion des bassins versant fluviaux, des nappes souterraines et des bassins versants. Selon GWP (2000), trois éléments sont essentiels au succès d'un comité de gestion du bassin versant :

- une conscience : incarnée par l'état major, chargée de la collecte et de l'évaluation des informations sur les ressources en eau dans le bassin, de la promotion de la coordination et de la négociation entre les parties concernées, de la préparation des plans et des propositions relatifs aux investissements et de la collecte des redevances liées à l'utilisation de l'eau et au rejet des eaux usées.

- Un forum : au sein duquel toutes les parties prenantes peuvent discuter et prendre des décisions effectives concernant les problèmes liés à l'eau ; il joue le rôle d'une sorte de parlement de l'eau pour le bassin. Le gouvernement central doit participer au forum et le parlement national doit être informé des activités de l'organisation chargée d'un bassin, afin de veiller à conserver les liens nécessaires avec les politiques nationales.

- Un budget : destiné au fonctionnement de l'organisation et au financement des activités et investissements nécessaires aux infrastructures liées à l'eau. Le budget peut prévoir en recettes des redevances d'utilisation de l'eau et de rejet des eaux usées.

2.6.4 Processus de mise en oeuvre d'un plan de gestion intégrée de bassins versants

Burton (2003) stipule que la mise en oeuvre d'un processus de gestion intégrée de bassin versants se fait en 3 phases:

· la recherche documentaire : Etat des lieux

· la planification

· l'action

Etat des lieux

La première phase du cadre consiste à recueillir et évaluer la pertinence des informations qui seront utilisées, d'identifier les problèmes correspondants aux différents usages et ressources biologiques de la rivière à étudier. Cette phase est constituée de 5 étapes :

1- Usages et ressources biologiques : avoir la liste des différents usages et ressources biologiques existants dans le bassin versant et établir pour chaque usage et ressource un état des lieux ;

2- Variations : établir une synthèse des différentes variations dans le temps et dans l'espace pour chaque usage et ressource biologique disponible dans le bassin versant avec une identification des tendances observées ;

3- Composantes de l'écosystème : établir une synthèse des différentes composantes de l'écosystème présents dans le bassin versant, ainsi que les modifications observées dans le temps et dans l'espace ; de même établir les liens existant entre les modifications de l'écosystème et les variations observées dans les usages et les ressources biologiques ;

4- Activités humaines et phénomènes naturels : établir l'état actuel et l'évolution de chaque activité humaine et phénomène naturel sur une période donnée dans le bassin versant ; établir les liens entre l'évolution des activités humaines et les phénomènes naturels ;

5- Intégration et diagnostic : identifier les gains ou les pertes réels et potentiels pour chaque usage et chaque ressource biologique du bassin versant ainsi que les causes;

Planification

La seconde phase du cadre de la gestion intégrée des basins versants a pour objectif d'essayer d`identifier à travers des consultations publics et le dialogue avec les partenaires, les actions en mettre en oeuvre en vue de résoudre les problèmes considérés comme prioritaires. Elle se subdivise en deux étapes :

6- Résultats : Etablir une liste de résultats par ordre d'importance et une liste de conflits avec les solutions possibles ;

7- Plan d'action : établir un plan d'action sur la base des résultats identifiées et en coopération avec les partenaires concernées ;

Action

La troisième et dernière phase de mise en oeuvre d'un plan de gestion intégrée de bassin versant met en place les moyens nécessaires et s'assure que les projets ont l'effet escompté, même si cela implique de revoir la planification et les projets si l'effet escompté n'est pas atteint. Elle est constituée de 2 étapes :

8- la mise en place des projets : définir les projets et les mettre en place avec les objectifs et les moyens nécessaires ; les projets devront être bien définis (objectifs, ressources humaines et financières, calendrier d'exécution, etc.) ;

9- le contrôle : mettre en place des programmes de contrôle afin d'évaluer le succès des projets par la mesure des effets ;

CHAPITRE 3.0 : MATERIEL ET MÉTHODOLOGIE

3.1 Présentation de la Zone d'Etude

3.1.1 Localisation géographique

Le bassin versant objet de la présente étude est situé dans la ville de Douala au Cameroun. Il est composé des quartiers Kassalafam II, New-bell, Sebendjong, Nkololoun, Nkolminta, Nylon, Brazzaville, Oyak, Soboum, Song Mahop, Bilongué, Cité des billes (Bonaloka), Ndokoti et la zone industrielle du plateau Bassa. Il est limité au Nord par le bassin versant Tongo Bassa, au Sud par le Bobongo, à l'Ouest par le Mbopi et à l'Est par le Logmayagui (Fig. 3.1).

Les bassins versants Mgoua et Bobongo ont une population de 471 113 habitants et, avec une densité moyenne de 213 hbts/ha, ils sont les plus densément peuplés de la ville.

La rivière Mgoua qui reçoit les eaux du bassin versant Mgoua (782 ha) est formée de deux bras principaux de part et d'autre du Boulevard Urbain Nord-Sud qui relie le centre Industriel du plateau Bassa à la Nationale N°3 au niveau du quartier Bonaloka dans la ville de Douala (Fig. 3.2).

Le bras du côté Ouest compte sept affluents principaux disposés sous forme de doigts de gants, qui drainent un secteur compris entre le centre d'émission radio de New Bell et le Centre Industriel du plateau Bassa. Il s'agit des quartiers, New Bell-Sebendjongo, Nkololoun, Nylon, Brazzaville et Soboum. Jusqu'à sa confluence avec le bras du côté Est, il mesure environ 5 km avec des pentes inférieures à 0,2% en moyenne.

Le bras du côté Est quant à lui se subdivise en deux drains principaux dont un premier prend sa source au Sud de la ligne de chemin de fer non loin de la base de la société Ketch. En tête de bassin, le cours de cet affluent comporte un bief aux fortes pentes (près de 2% en moyenne) avec des ravinements importants. A la hauteur du quartier Madagascar, les pentes deviennent très faibles (de l'ordre de 0,15 %) jusqu'à la confluence avec le bras Ouest.

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Fig 3.1: Bassins versants de la vine de Douala

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Le deuxième drain qui coule parallèlement au premier prend sa source du côté de la zone industrielle MAGZI. Avec des pentes également fortes sur un bief assez court, il rejoint les quartiers Oyack, Bilongue et la cité des Billes où les pentes sont inférieures à

0,2 %. Le cours principal de ce bras mesure environ 4 km jusqu'à sa confluence avec le bras Ouest.

La rivière Mgoua est longue de 7 km de la source de son cours principal à la confluence avec la rivière Bobongo qui elle se jette dans la crique Docteur (SOGREAH et ECTA-BTP, 2004). Comme on peut le constater sur la figure 3.3, ce cours d'eau draine les rejets de plusieurs industries et est donc sujet à une pollution industrielle importante. Par ailleurs ce bassin versant avec ses 213 habitants/ha est l'un des plus densément peuplée de la ville de Douala et représente près de 12% du poids démographique de la ville (SOGREAH et ECTA-BTP, 2004).

3.1.2 Typologie du parcellaire

La zone d'étude telle que définie par SOGREAH et ECTA-BTP (2004) est de type parcellaire P5 (Oyack, Dakar) et P6 (Ndokoti, Nylon, Bassa) définie ainsi qu'il suit :

P5 : Parcellaire foncier non tramé (habitat dense et diffus urbain et villageois) caractérisé par :

- existence souvent illégale ;

- habitat dense ou diffus ;

- absence de Voirie et Réseaux Divers (VRD) faits dans les normes ;

- absence d'éclairage public ;

- absence d'eau potable et de servitude.

P6 : Habitat populaire ancien tramé sommairement ou restructuré caractérisé par : - existence légale de fait ;

- habitat dense et très forte densité de population (200 hbts/ha) ;

- organisation en trame sommaire ;

- assainissement des eaux de pluie par des caniveaux en terre très fréquente ; - assainissement des eaux usées individuelles quelconque ;

- faible densité de la voirie revêtue ;

- commodités (eau potable, électricité) insuffisantes.

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3.1.3 Climatologie

Le climat est équatorial de type camerounien sous type côtier Il se caractérise par deux saisons : l'une sèche (mi novembre- fin février) et l'autre humide (début mars- mi novembre). Le mois de Juin étant le début de la grande saison des pluies et les mois de juillet et Août étant les plus pluvieux (Fig. 3.4). La pluviométrie annuelle est d'environ 4000 mm (MINUH, 1983 et SOGREAH et ECTA-BT ,2004).

Precipitations moyennes (mm)

900 800 700 600

 

29,0
28,0
27,0

Temp6ratures moyennes (°C)

 
 
 
 
 
 
 

Pluviométrie
Température

 
 
 
 

500 400 300 200 100

0

 
 
 

26,0

 
 

25,0
24,0
23,0

 
 
 

Jan. Fev. Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov.

Dec.

Source : comme cité par Sogreah et Ecta btp (2004)

Fig. 3.4 : Précipitations et températures moyennes mensuelles à Douala

Les vents y sont rarement violents. La vitesse moyenne est = 1m/s et la vitesse maximale comprise entre 7 m/s et 14 m/s. Ils ont une direction principale Sud-Ouest (Mousson) en saison de pluie et Nord-Est (Direction de l'avancée de l'harmattan) en saison sèche. Les températures moyennes varient entre 25,1°C et 28,4°C. Les maxima étant enregistrés en février-mars et les minima entre juillet et octobre. La moyenne annuelle est de 27°C et l'amplitude des moyennes mensuelles est 2,4°C (MINUH, 1983 et SOGREAH et ECTA-BT ,2004).

L'évaporation évolue en phase avec la température, ainsi les fortes valeurs sont mesurées en saison sèche et les faibles en saison des pluies. L'évaporation annuelle est

d'environ 595 mm. L'humidité relative quant à elle est forte. Elle varie de 80% à 90% avec une moyenne de 84%.

3.2 Identification des Sources de Pollution de la Rivière Mgoua

Des enquêtes ont été menées auprès des industries localisées dans le bassin versant, enquêtes faites sous forme d'inspections environnementales en collaboration avec le Bureau des Inspections et Contrôle Environnementaux de la Communauté Urbaine de Douala (Fiches d'enquête voir annexe n° 1). A l'issu de cette enquête, nous avons eu la liste des industries rejetant les eaux usées dans le cours d'eau.

Pour ce qui est de la pollution par les ménages, une fiche d'enquête élaborée en collaboration avec la communauté urbaine nous a permis après enquête auprès de la population riveraine d'avoir les données sur:

- mode d'évacuation des eaux domestiques ;

- gestion des ordures ménagères ; (Cf. annexe n° 2)

L'échantillon a été choisi aléatoirement parmi les ménages implantés entre 0 et 30 m de part et d'autre du cours d'eau (certains ménages étaient réticents à l'enquête, d'autres absents). Ils ont été répartis selon les caractéristiques suivantes :

- Standing A : maisons en dur, Peinte avec carreaux et barrière ; matériaux de finition de luxe ;

- Standing B: maisons en dur, crépis avec ou sans carreaux ; matériaux de finition de qualité moyenne ;

- Standing C: Habitation en matériaux provisoires

N.B. : classification personnelle en fonction de la classification utilisée en génie civil pour l'expropriation des populations.

Analyse des résultats

Les résultats obtenus de l'enquête ont été analysés suivant les paramètres suivants : - Identification et composition des familles ;

- Evacuation des eaux domestiques ;

- Gestion des ordures ménagères.

3.3 Caractérisation du Cours d'Eau

Des échantillons de l'eau de rivière ont été prélevés en 5 points, une fois par semaine pendant quatre semaines. Le jour de prélèvement a été défini à samedi après enquête auprès des industries, en fonction du régime de fonctionnement.

A chaque point de prélèvement, une bouteille en plastique de 1,5 l a été introduite au milieu du cours d'eau, après le remplissage à ras bord de la bouteille, cette dernière est introduite dans une glacière contenant de la glace pour maintenir la température interne autour de 0°C. les échantillons ont ensuite été transportés au laboratoire pour les analyses le jour même.

Les analyses physico-chimiques ont été effectuées au laboratoire de botanique appliquée de l'Université de Dschang et les analyses microbiologiques au laboratoire de phytoépuration de l'université de Yaoundé I.

Les prélèvements ont eu lieu en 5 points comme indiqué au tableau 3.1

Tableau 3.1 : Présentation des points de prélèvement des échantillons

Point de Emplacement Importance

prélèvement

A source de la rivière (Ndokoti) Avoir les paramètres du cours d'eau avant

les rejets des industries CCC et UCB

B en aval des industries sur le bras

droit (Madagascar)

D en aval des industries sur le bras

gauche (Nkolminta)

C avant la confluence des deux bras

(pont noir Song Mahop)

E en aval de la confluence des deux

bras (Pont noir Bonaloka).

Avoir les paramètres du cours d'eau après les effluents de CCC et UCB

Avoir les paramètres du cours d'eau après les effluents industriels

Estimer le pouvoir auto épuratoire de cette branche

Avoir le comportement des deux branches rassemblées

La présentation et l'analyse des résultats tiennent compte de ce que 4 des 5 des points de prélèvement sont sur 2 branches différentes (fig. 3.5) :


· La première branche (Ndokoti-Madagsacar) dont les points de prélèvements sont A et B permet d'avoir l'impact des rejets de deux industries réputées polluantes sur le cours d'eau (Fig. 3.6 et 3.7).


· La deuxième branche (Nkolminta-Brazzaville) dont les points de prélèvement sont D et C permet de voir le comportement du cours d'eau par rapport aux rejets des industries (Fig. 3.8 et 3.9).

· Le point E qui est situé après la confluence des deux bras permet d'avoir les caractéristiques du cours d'eau qui va se jeter dans l'océan atlantique via le fleuve Wouri (Fig. 3.10).

· Une comparaison entre les points B et D est mené pour déterminer s'il y'a une différence significative entre les paramètres physico-chimiques et déterminer l'apport des différents groupes d'industries sur la dégradation du cours d'eau.

D

A

B

C

Bâtiments industriels

E

Source : Sogreah,Ecta btp, 2004

Fig. 3.5 : Situation géographique des points de prélèvements des échantillons

Fig. 3.6 : Point de prélèvement A : avant les industries brassicole et savonnière

Fig. 3.7 : Point de prélèvement B : après les industries brassicole et savonnière

 

Fig.3.8 : Point de prélèvement D : Nkol Fig. 3.9 : Point de prélèvement C : pont chinois

minta

Fig. 3.10 : Point de prélèvement E : Pont noir sur axe lourd Yaoundé-
Douala

3.3.1 Mesure des paramètres physico-chimiques du cours d'eau

Tous les paramètres physico-chimiques ont été obtenus au laboratoire selon la méthodologie décrite par Hach (1997) comme indiqué dans le tableau 3.2

Tableau 3.2 : Paramètres et méthodes utilisés au cours des analyses

Paramètres

Appareils

Méthodes

Remarques

pH

pH-mètre Consort C533

electrométrique

Lecture directe

Température

Sonde combinée TDS-

TDS/conductivity meter

Lecture directe

 

Conductivité-Température (Hach)

 
 

Solides Totaux

Sonde combinée TDS-

TDS/conductivity meter

Lecture directe

Dissous (TDS)

Conductivité-Température (Hach)

 
 

Conductivité

Sonde combinée TDS-

TDS/conductivity meter

Lecture directe

 

Conductivité-Température (Hach)

 
 

Couleur

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Photométrique

Lecture après filtration

Turbidité

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Photométrique

Lecture directe

Matières en suspension (MES)

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Photométrique

Lecture directe

DBO5

BodTrackTM Hach

Respirométrique

Lecture directe après 5 jours d'incubation à

 
 
 

20°C

DCO

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Digestion au dichromate de potassium

Lecture directe

PO43-

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

PhosverTM

Lecture directe

NH4 +

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Nessler

Lecture directe

NH3

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Nessler

Lecture directe

NO3 -

Spectrophotomètre DR/2500 Hach

Réduction au Cadnium

Lecture directe

Source: Hach, 1997

 
 
 
 

3.3.2 Mesure des paramètres biologiques

Les bactéries indicatrices de la pollution fécale notamment : les coliformes fécaux et les streptocoques fécaux ont été recherchées dans les eaux prélevées sur la rivière. La méthode des membranes filtrantes a été utilisée (Rodier, 1978). Un volume de 100ml de l'échantillon a été filtré sous vide à travers une membrane poreuse de 45 um de diamètre, après homogénéisation et dilutions décimales. Pour le dénombrement des coliformes fécaux, chaque membrane a été placée dans un milieu contenant de la gélose lactosée au tergitol 7 et au T.T.C. (1,3,5- triphényltétrazolium chlorure), et incubée à 44,5 °C pendant 24 heures puis les colonies de couleur jaune formées ont été comptées

Pour ce qui est des streptocoques fécaux, le milieu utilisé était composé de gélose à la bile, à l'esculine et à l'acide de sodium. L'incubation a été faite pendant 24 heures à 35°C et les colonies de couleur marron avec un halo brun ont été comptées

Analyse des résultats

Présentation des résultats des analyses physico-chimiques

Les résultats des analyses des paramètres physico-chimiques sont présentés dans un tableau. Ce dernier présente pour chaque point de prélèvement (05 au total) et pour chaque paramètre physico-chimique :

· La taille de l'échantillon : le nombre de prélèvement faits à ce point;

· La valeur minimum dans l'échantillon ;

· La valeur maximum dans l'échantillon;

· La valeur moyenne calculée ;

· Le coefficient de variation de l'échantillon;

Calculs statistiques

L'analyse statistique a été faite avec le logiciel prism 3.0, trois test ont été utilisés :

- Le test non paramétrique t qui permet de déterminer si la différence entre les moyennes des différents paramètres est significative avec une précision P=0,05. Ceci a été fait pour les points A et B, B et D ;

- Le test F qui permet de déterminer si la différence entre les variances des différents paramètres est significative avec une précision P=0,05. il a été utilisé pour les points A et B, B et D.

- Le test de Kruskall wallis qui est un test non paramétrique permettant de déterminer si la différence entre les moyennes de trois paramètres et plus est significative. Ce choix est dû à la grande variabilité des paramètres dans le temps au cours de l'étude (distribution anormale). Il a été utilisé pour les points D, C et E à une précision P=0,05. Le coefficient de corrélation entre les moyennes calculées des paramètres a été calculé.

Calcul des taux de variation des paramètres sur le cours d'eau

· La contribution des effluents des industries brassicole et savonnière à la dégradation
du cours d'eau entre les points A et B a été calculée suivant la formule suivante :

C C

-

PB PA

Variation (%)= * 100

CPA

CPA : valeur du paramètre au point A

CPB : valeur du paramètre au point B

· La comparaison des paramètres des effluents des deux zones industrielles aux points B et D a été faite selon la formule suivante :

C C

-

PD PB

Variation (%)= * 100

CPB

CPD : valeur du paramètre au point D

CPB : valeur du paramètre au point B

· Le taux d'abattement des paramètres sur la branche D-C a été calculé suivant la formule suivante :

P D - PC

Variation (%)= C C * 1 00

CPD

CPD : valeur du paramètre au point D
CPC : valeur du paramètre au point C

3.4 Evaluation des Risques Encourus par les Populations Riveraines

Une enquête a été menée auprès des populations riveraines. Les populations n'ont pas toujours été coopératives lors de l'enquête, certains chefs de ménages étaient absents, certains réticents à répondre à nos questions, néanmoins le maximum de ménages disposés à nous recevoir a été enquêté. Ainsi 95 ménages pour un total de 550 individus concernés distribués aléatoirement ont fait l'objet de l'enquête (Cf. annexe n° 1 pour fiche d'enquête).

Les observations faites sur le site et la conduite de l'enquête nous ont permis d'avoir les données sur:

- les différentes utilisations de l'eau du cours d'eau;

- Provenance de l'eau de consommation ;

- l'existence ou non de puits situés entre 0 et 30m de la rivière et utilisation faite de l'eau de ces puits;

- maladies prépondérantes;

- prolifération ou non des moustiques;

- nuisances dues au cours d'eau;

Analyse des résultats

Les résultats obtenus de l'enquête ont été analysés suivant les paramètres ci-dessous cités pour chaque standing et pour l'échantillon total :

- Utilisation de l'eau de la rivière par les ménages ;

- Nuisances évoquées par les ménages ;

- Eau de consommation des ménages ;

- Différents usages de l'eau du puits ;

- Maladies dues à l'eau répertoriées lors de l'enquête.

3.5 Proposition d'un Cadre Institutionnel pour la Gestion Intégrée de l'Eau dans

le bassin versant

La mise en place d'un plan de gestion intégrée des bassins versants est un processus long et complexe. Dans le cadre de ce travail nous nous sommes limités à la première phase de ce travail, à savoir l'état des lieux. Nous avons essentiellement résumé la première partie de notre travail.

Nous avons donc :

· établi un état des lieux sommaire des usages et ressources biologiques existants dans le bassin versant ainsi que les tendances observées ;

· analysé les différents intervenants dans le processus de gestion de l'eau dans le bassin versant (Stakeholder analysis);

· Examiner les normes et réglementations en vigueur en matière d'utilisation du cours d'eau ;

· Identifier les institutions chargées de la gestion du cours d'eau.

La proposition du cadre institutionnel pour la gestion intégrée du bassin versant tient compte des propositions émises par GWP (2000) et GWP (2004). En effet, le cadre général de la gestion intégrée des ressources en eau a pour objectifs : une durabilité écologique, une efficience économique et une équité sociale. Pour y parvenir il faudrait que :

- L'environnement soit favorable ;

- Le rôle des différentes institutions soit clairement défini ;

- Les instruments de gestion soient connus des décideurs ;

CHAPITRE 4.0 : PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

4.1 Sources de Pollution de la Rivière Mgoua

4.1.1 Pollution industrielle

Il ressort de l'exploitation des fiches d'enquête et de la recherche documentaire que le bassin versant Mgoua compte trente (30) industries reparties dans des domaines divers tels la savonnerie, les brasseries, la laiterie, la confiserie, la pâtisserie, la minoterie, l'allumettière ...(Cf. annexe n°3).

Le tableau 2.1 nous montre que les rejets de toutes ces industries du moins jusqu'en 1990 sont dangereux pour le cours d'eau car les paramètres mesurées sont élevées et ont des impacts directs sur le cours d'eau.

Mais la situation n'a pas tellement changé car à une industrie près, rien n'a été fait dans le sens d'améliorer la qualité des effluents.

La Compagnie Equatoriale des Peintures (C.E.P.) a mis sur pied en 1993, une mini station de traitement des eaux usées d'une capacité de 20 m3/mois (Fig. 4.1). Le procédé consiste en la décantation et le traitement physico-chimique à la chaux éteinte, au sulfate d'alumine et purifloc des effluents de l'usine. Les paramètres physiques des effluents (couleur, MES, Turbidité) ont été considérablement modifiés. Mais n'ayant pas pu entrer en possession des résultats des analyses des rejets issus de la station d'épuration au cours de l'enquête, nous ne pouvons affirmer que les paramètres chimiques sont améliorés.

Le Complexe Chimique Camerounais (C.C.C.) quand à lui, possède depuis plus de 30 ans un décanteur à chicanes. Ce dernier faute d'entretien est en très mauvais état (Fig. 4.2). Ce procédé de traitement reste incomplet (Fig. 4.3). Néanmoins dans les années 1990, elle a fait des progrès en améliorant le process notamment en récupérant du glycerol pour faire de la glycérine, ce qui a baissé le volume des effluents et le taux de pollution. Mais les eaux rejetées contiennent encore beaucoup de graisses.

L'Union Allumettière Equatoriale (UNALOR) possède trois bassins en béton en série avec renouvellement du sulfate d'alumine et de la chaux dans les deux premiers; cette station d'une capacité de 4m3/j n'est pas suffisante car, l'effluent rejeté reste coloré et non neutre.

La société Camerounaise de fabrication de piles électriques (PILCAM) possède également une station dont la capacité est de 10m3/j. Les eaux brutes de couleur noirâtre renfermant des métaux lourds tels le Manganèse (Mn), le Zinc (Zn) transitent par trois bassins en série contenant chacun du gravier et du sable. Les eaux décantées sont chlorées avant le rejet dans le réseau d'eaux pluviales. Le système reste incomplet car l'effluent est coloré.

Fig. 4.1 : Mini station de traitement des eaux d'une
société de production de peinture

Fig. 4.2 : Décanteur d'une savonnerie dans un état de délabrement avancé

 

Fig. 4.3 : Mousse dans les effluents d'une

Savonnerie

En général, parmi les industries répertoriées, quinze (15) déversent directement leurs effluents dans le cours d'eau sans traitement approprié et de manière continue (12 à 24 heures par jour) (Cf. annexe n°3). La fig. 4.3 présente les rejets d'une industrie savonnière qui se dirigent vers le cours d'eau. Les populations riveraines ont construit des clôtures spéciales pour éviter l'inondation des habitations par la mousse, mais cela reste insuffisant.

4.1.2 Pollution domestique

Caractérisation de l'échantillon enquêtéUne enquête a été faite auprès de quatre vingt et quinze (95) ménages choisis

aléatoirement sur une distance comprise entre 0 et 30m des différents affluents du cours d'eau, et répartis:

- selon le standing des ménages (Fig. 4.4) : A (Haut standing), B (Moyen standing) et C (Très bas standing)

- selon les tranches d'âge par standing (Fig. 4.5)

Une fiche détaillée des résultats de l'enquête sur les populations est disponible en annexe N° 4.

Répartition selon le standing des ménages :

Standing A
3%

Standing C
55%

 

Standing B
42%

 

Standing A
Standing B
Standing C

 

Fig 4.4 : Répartition des ménages de l'échantillon en fonction du standing

Les résultats présentés sur la Figure 4.4 confortent les données sur le parcellaire de la zone d'étude, en effet plus de la moitié de l'échantillon est dans le standing C correspondant à une zone de pauvreté importante. Seulement trois pour cent (3%) des ménages vit dans une aisance certaine.

Répartition selon l'âge

La figure 4.4 nos montre que quelque soit le standing considéré, la tranche la plus importante est celle située entre 15 et 50 ans (60% de l'échantillon), suivie de celle de moins de 15 ans (33% de l'échantillon). Selon l' INS (2004) la population camerounaise est constituée à 43,41% de personnes de moins de 15 ans, 46,29% de personnes comprises entre 15 ans et 49 ans et 10,30% de plus de 50 ans. Si l'on prend en compte les conditions de vie dans le milieu, on comprend pourquoi les tranches de moins de 15 ans et plus de 50 ans sont moins importante que la moyenne nationale. On doit d'ailleurs s'alarmer de ce que les vieilles personnes et même les enfants soient exposés à un environnement aussi hostile à l'habitat.

< 15 ans >= 15 ans >50 ans

70,00%

61,11% 60,94%

62,21%

5,56%

33,48%

33,44%

5,58%

33,33%

60,00%

Pourcentage

50,00%

40,00%

30,00%

20,00%

10,00%

0,00%

4,35%

A B C

Standing

Fig. 4.5 : Classification de l'échantillon en fonction de l'âge

Sources de pollutions domestiques

Dans le bassin versant étudié l'on a pu constater que les sources de pollution domestiques sont multiples ; Il s'agit :

- des pollutions par les eaux ménagères ;

- des pollutions par les eaux vannes ;

- des pollutions par les ordures ménagères.

Pollution par les eaux ménagères :

En fonction du standing, les eaux ménagères sont déversées dans un puisard, dans la cour, dans une rigole, ou alors directement dans la rivière. En général les eaux sont déversées à 54% directement dans le cours d'eau (Fig. 4. 6). Seulement 2% des ménages possèdent des puisards, les eaux de 98% des ménages sont alors soient évaporées soient pour la plupart des cas (85% au moins) dirigées vers le cours d'eau, via les rigoles ou directement. Cette pratique contribue à modifier les paramètres physico-chimiques de la rivière.

18%

8%

49%

25%

19%

2%

60% 19%

33%

67%

Standing A Standing B Standing C

18%

54%

22%

4% Cour

Cour/Rivière

2% Puisard

Rigole Rivière

Echantillon général

Fig. 4. 6 : Répartition des ménages en fonction du mode d'évacuation des eaux domestiques

Pollution par les eaux vannes :

Le lieu conventionnel de rejet des eaux vannes est la fosse septique, la fosse étanche, la latrine améliorée ou le réseau d'égout. Douala est dans une zone où la nappe phréatique

affleure quasiment partout en saison de pluie (SOGREAH et ECTA-BTP, 2004). Les ménages enquêtés étant dans une zone très proche de la nappe phréatique, la méthode recommandée est la fosse septique ou la fosse étanche. Mais on constate sur la figure 4.7 que seulement 9% des ménages possèdent une fosse septique ; et en fonction du standing, le lieu d'évacuation des eaux vannes diffère. Ainsi les ménages de standing A possèdent des fosses septiques à 67% et seulement 4% des ménages du standing C. En général, 53% des ménages possèdent des latrines qui pour la plupart sont situées non loin du lit du cours d'eau (Fig. 4.8) et à en moyenne 10 m des puits (Cf. annexe N°4). Nous avons 15% des ménages qui déversent directement leurs eaux vannes dans le cours d'eau entraînant une pollution fécale certaine.

4% 15%

2%

17%

4%

25%

58%

13%

49%

13%

33%

67%

Standing A Standing B Standing C

Fosse septique Fosse-Rivière Hysacam Latrines

Rigole

Rivière

9%

15%

53%

20%

1%

2%

Echantillon général

Fig. 4.7 : Répartition des ménages en fonction du mode d'évacuation des eaux vannes

Fig. 4.8 : Latrines à proximité du lit du cours d'eau

Pollution par les ordures ménagères

Pour ce qui est de la pollution par les ordures ménagères, en général, 47% des ménages déversent leurs ordures exclusivement dans le cours d'eau (fig. 4.9) Ils expliquent cet état des choses par le manque d'infrastructures routières pour la collecte des ordures par la société de collecte des ordures ménagères (HYSACAM).

3%

5%

34%

27%

57%

10%

30%

Standing B

28%

Standing A

6%

Standing C

100%

Champ

Derrière maison Hysacam Hysacam/Rivière Rivière

1% 5%

47%

18%

29%

Echantillon général

Fig. 4.9: Répartition des ménages en fonction du mode d'évacuation des ordures ménagères

Les poubelles sont implantées à certains endroits dans le lit de la rivière (fig. 4.10) avec pour conséquences immédiates le rétrécissement du lit du cours d'eau, l'enrichissement en matières organiques de l'eau et la présence d'une quantité importante de matières non biodégradables qui influent sur l'esthétique du cours d'eau (fig. 4.11)

Fig. 4.10 Poubelle sur le cours d'eau Fig. 4.11 : Cours d'eau couvert par les ordures

ménagères drainées en amont (Pont Kombi)

4.2 Caractérisation du Cours d'Eau

4.2.1 Paramètres physico-chimiques du cours d'eau

Le tableau 4.1 présente le résultat du traitement des paramètres physico-chimiques de la rivière Mgoua aux différents points de prélèvements.

Tableau 4.1 : Paramètres physico-chimiques aux points de prélèvements sur la rivière Mgoua

 
 
 

Points de prélèvements

 
 

Paramètres

 

A

B

D

C

E

Conductivité

N

4

4

4

4

4

(uS/cm)

Minimum

212

186

256

235

420

 

Moyenne

271

420

422

383

1181

 

Maximum

323

730

538

505

2410

 

C.V.(%)

18,27

54,17

28,15

29,49

75,43

TDS (mg/l)

N

4

4

4

4

4

 

Minimum

108

94

129

118

210

 

Moyenne

135,3

210,3

211,8

192,0

587,8

 

Maximum

162,0

365,1

269,0

253,0

1188,0

 

C.V.(%)

17,28

53,95

27,89

29,45

74,48

Turbidité

N

4

4

4

4

4

(FTU)

Minimum

27

33

43

58

152

 

Moyenne

64,8

96,0

154,9

82,8

211,8

 

Maximum

173,0

131,0

422,5

132,0

277,0

 

C.V. (%)

111,47

46,72

115,74

42,16

28,05

MES (mg/l)

N

4

4

4

4

4

 

Minimum

7

23

35

25

196

 

Moyenne

38

50

154

50

228

 

Maximum

111,0

74,0

462,5

88,0

269,0

 

C.V. (%)

131,44

44,57

133,35

54,24

13,27

 

 
 
 

Points de prélèvements

 
 

Paramètres

 

A

B

D

C

E

Couleur

N

4

4

4

4

4

(PtCo)

Minimum

162

130

172

166

432

 

Moyenne

322

415

431

326

628

 

Maximum

690

554

790

494

943

 

C.V. (%)

77,18

47,34

60,17

42,49

35,82

pH

N

4

4

4

4

4

 

Minimum

6,62

6,68

5,67

6,58

6,20

 

Moyenne

7,36

7,22

6,68

7,19

6,50

 

Maximum

7,84

7,71

7,52

7,76

6,75

 

C.V.(%)

7,48

6,67

12,97

7,86

3,69

DBO5

N

4

4

4

4

4

(mg d'O2/l)

Minimum

11

15

79

19

65

 

Moyenne

29

84

187

42

87

 

Maximum

58

189

340

92

125

 

C.V.(%)

70,8

97,69

61,74

79,67

31,18

DCO

N

4

4

4

4

4

(mg d'O2/l)

Minimum

37

49

131

45

94

 

Moyenne

89

228

421

72

111

 

Maximum

195

510

1105

135

145

 

C.V.(%)

82,12

97,37

109,94

63,97

21,05

NH4 +

N

4

4

4

4

4

(mg/l)

Minimum

2,39

2,32

4,45

5,13

5,40

 

Moyenne

3,78

3,81

10,22

10,55

9,41

 

Maximum

5,29

5,20

18,06

19,27

12,09

 

C.V.(%)

31,55

38,99

66,24

57,82

32,64

NH3

N

4

4

4

4

4

(mg/l)

Minimum

2,25

2,19

4,20

4,85

4,60

 

Moyenne

3,47

3,54

9,33

9,77

8,48

 

Maximum

4,91

4,92

17,08

18,23

12,24

 

C.V.(%)

32,46

41,76

66,54

60,31

38,62

NO3 -

N

4

4

4

4

4

(mg/l)

Minimum

2,6

2,3

1,32

5,2

8,4

 

Moyenne

13,96

13,67

14,35

7,90

11,25

 

Maximum

22,44

29,92

24,64

11,00

14,50

 

C.V.(%)

63,60

85,07

73,98

30,20

22,23

PO43- (mg/l)

N
Minimum

4
0,22

4
0,05

4
0,05

4
0,45

4
1,35

 

Moyenne

0,68

0,74

0,88

0,95

1,72

 

Maximum

1,21

1,42

1,64

1,71

2,16

 

C.V.(%)

74,04

99,35

74,23

63,97

19,37

DBO5/DCO

0,33

0,37

0,44

0,59

0,78

N=taille de l'échantillon

 
 
 
 
 
 

C.V (%)= Coefficient de variation du paramètre en pourcentage

L'étude du rapport DBO5/DCO (Tableau 4.1) révèle que d'amont en aval, la pollution organique s'élève et devient très importante au point E. Quand au pH, à

l'exception du Point E où l'eau est acide, les autres valeurs entrent dans la fourchette qui est de 6,6 à 7,8 dans les eaux naturelles (De Puytorac, 1971 cité par Fonkou, 1991). Le pH est le seul paramètre dont les coefficients de variation aux différents points sont faibles, ils varient de 4% à 13% et de 18% à 133% pour les autres paramètres.

Tableau 4.2 Corrélation entre les moyennes des différents paramètres

 

Conductivité

TDS

pH

Turbidité

MES

Couleur

NH4 +

NH3

NO3 -

PO43-

DCO

TDS pH

Turbidité MES Couleur

NH4 +

NH3 NO3 - PO43-

DCO DBO5

1,000 -0,786 0,885 0,866 0,955 0,370 0,348 -0,211 0,977 -0,171 0,124

-0,787 0,886 0,866 0,955 0,372 0,350 -0,212 0,977 -0,169 0,126

-0,978 -0,982 -0,861 -0,655 -0,634 -0,021 -0,798 -0,397 -0,673

0,991 0,947 0,539 0,516 0,023 0,868 0,283 0,564

0,917 0,565 0,541 0,030 0,864 0,266 0,553

0,305 0,280 0,038 0,892 0,101 0,361

1,000 -0,563 0,533 0,177 0,424

-0,575 0,513 0,173 0,415

-0,367
0,607
0,449

-0,219
0,103

0,943

 

Les corrélations entre les différents paramètres physiques sont importantes : elles varient de 0,885 à 1, de même la corrélation entre l'orthophosphate et les paramètres physiques varie de 0,80 à 0,98. Par contre, la corrélation entre les paramètres chimiques est en général faible ceci signifie que les variations ne sont pas proportionnelles. La DBO5 et la DCO par contre sont fortement liées (r=0,943) (Tableau 4.2).

Afin de mieux visualiser les résultats du tableau 4.1 nous étudions les paramètres sur trois angles :

· Les points A et B : cette étude nous permet d'avoir l'incidence des effluents des industries savonnière et brassicole sur le cours d'eau ;

· Les points B et D : cette comparaison nous permet de voir laquelle des deux zones industrielles apportent plus de pollution au cours d'eau ;

· Les points D,C et E : cette analyse nous montre le comportement auto épuratoire de la branche D-C et le résultat après ajout de la branche comportant les points A et B.

B

A

Points de prélèvement

(f)

400

350

300

Influence des industries savonnière et brassicole sur le cours d'eau

Au point B l'on note une augmentation de presque tous les paramètres par rapport au point A. La courbe de tendance (fig. 4.12) montre un accroissement de tous les paramètres à l'exception du pH et du NO3-.

0

A B

Points de prélèvement

B

A

Points de prélèvement

B

A

Points de prélèvement

Conductivité

Turbidité

TDSS

FTU

mg/I

120

100

80

60

40

20

0

250

200

150

100

50

0

450

400

350

300

250

200

(a) (b) (c)

450 7,4

uS/cm

mg/I

NO3-

B

A

Points de prélèvement

(i) )

DBO55

Fig. 4.12 Variation de laqualitée physico-chimique des eaux entre les points deprélèvementss A (en
amont des industriesC.C0 .C. et U.C.B.) et B (en aval des dites industries)

55

PtCo

250

200

150

100

50

Couleur

B

A

Points deprélèvementt

(e)

NH3

B

A

Points de prélèvement

(h)

mg/I

MES

A B

Points de prélèvement

(d)

NH4+

A B

Points de prélèvement

(g)

60

50

40

30

20

10

0

mg/I

0,76

3,82

3,81

3,8

3,79

3,78

3,77

3,76

3,75

DCOO

mg d'02/I

mg d'02/I

150

100

50

0

0,74

0,72

FO43-

0,66

0,64

0,62

mg/I

0,7

0,68

7,35

7,3

7,25

7,2

7,15

pH

mg/I

100

80

60

40

20

0

B

A

Points de prélèvement

(k

A B

Points de prélèvement

(j)

B

A

Points de prélèvement

(l) )

0

3,56

3,54

3,52

3,5

3,48

3,46

3,44

3,42

250

200

14

13,9

13,8

13,7

13,6

13,5

Bien que la minéralisation initiale soit déjà moyenne, elle s'accentue au point B. De manière générale sur les deux points de prélèvements la pollution dissoute est plus importante que la pollution sédimentable mais l'augmentation des solides dissous totaux (75 mg/l contre 12,5 mg/l pour les MES) est plus importante ce qui montre que la pollution induite par ces industries est surtout dissoute et trouble. L'augmentation des valeurs des paramètres couleur et turbidité corrobore ce constat.

D'autre part on remarque qu'entre les points A et B, la variation de la teneur en éléments nutritifs et en substances eutrophisantes est faible. La DCO et la DBO5 par contre connaissent une variation importante, respectivement 157,6% et 186,3% (Tableau 4.4). Ceci induit que les rejets des industries de ce secteur enrichissent le cours d'eau en matières oxydables organiques et minérales.

Les industries savonnière et brassicole induisent une variation des paramètres du cours d'eau de 0,9 % pour les NH4 + à 186 % pour la DBO5. Selon les tests statistiques pratiqués sur les paramètres de ces deux points les moyennes ne sont pas significativement différentes par contre les variances de la conductivité, du TDS, de la DCO et de la DBO5 sont différentes (Tableau 4.3).

Tableau 4.3 : Résultats des tests Statistiques t et F et taux de variations des paramètres au point B

Paramètres

t test Valeur de P

uA ? uB

F test Valeur de P

óA?óB

Variation
A-B (%)

Conductivité

0,25

Non

0,02

Oui

54,8

TDS

0,24

Non

0,01

Oui

55,4

pH

0,72

Non

0,42

Non

-1 9

Turbidité

0,49

Non

0,23

Non

48,3

MES

0,66

Non

0,11

Non

33,3

Couleur

0,58

Non

0,35

Non

29

NH4+

0,97

Non

0,36

Non

0,9

NH3

0,94

Non

0,33

Non

1,9

NO3-

0,97

Non

0,33

Non

-2,1

PO43-

0,90

Non

0,28

Non

10,1

DCO

0,27

Non

0,049

Oui

157,6

DBO5

0,24

Non

0,02

Oui

186,3

uA=Moyenne du paramètre au point A óA=Variance du paramètre au point A
uB=Moyenne du paramètre au point B óB=Variance du paramètre au point B

Comparaison des points B et D

La conductivité, la couleur et les solides totaux dissous au point D sont comparables à ceux du point B, par contre la turbidité et les MES y sont plus élevées de 61,4% et 208,8%(Tableau 4.4). On peut dire que les industries situées de ce côté du bassin versant produisent plus de pollution sédimentable que ceux de la première branche, néanmoins la pollution dissoute est sensiblement la même. Ceci s'explique car sur la branche 2 les industries laitière et allumettière, produisent ponctuellement par jour des rejets avec des matières en suspension en quantité importante ce qui est la cause de la grande variation dans le temps de la turbidité, des MES et de la couleur (Coefficient de variation allant de 60,17 pour la couleur à 133,4. pour les MES) (Tableau 4.1)

Tableau 4.4 : Résultats des tests Statistiques t et F et comparaison des paramètres du point D par rapport au point B

Paramètres

t test Valeur de P

uB ? uD

F test Valeur de P

óB?óD

Comparaison
B-D (%)

Conductivité

0,49

Non

0,16

Non

0,5

TDS

0,98

Non

0,16

Non

0,7

pH

0,31

Non

0,18

Non

-7,5

Turbidité

0,55

Non

0,024

Oui

61,4

MES

0,35

Non

0,002

Oui

208,8

Couleur

0,92

Non

0,33

Non

3,9

NH4+

0,11

Non

0,017

Oui

168,2

NH3

0,12

Non

0,021

Oui

163,8

NO3-

0,93

Non

0,44

Non

5,0

PO43-

0,77

Non

0,43

Non

20,2

DCO

0,48

Non

0,13

Non

84,8

DBO5

0,19

Non

0,29

Non

123,6

uB=Moyenne du paramètre au point B uD=Moyenne du paramètre au point D óB=Variance du paramètre au point B óD=Variance du paramètre au point D

Pour ce qui est des paramètres chimiques, d'après Rodier (1996), immédiatement en aval des foyers de pollution, on trouve souvent des teneurs en NH4 + de l'ordre de 0,5 à 3 mg/l tandis que les teneurs en nitrates et nitrites sont relativement faibles. Hors l'on a des teneurs de 10,22 mg/l pour l'azote ammoniacal ionisée et 14,35 mg/l pour les nitrates au point D. La DCO et la DBO5 sont les plus importantes du cours d'eau et représentent

B D

Points de prélèvement

B D

Points de prélèvement

B D

Points de prélèvement

(d) (e) (f)

mg/I

100

respectivement 85 % et 124 % des valeurs obtenues au point de prélèvement B (Tableau 4.5).En général en dehors du pH, tous les paramètres sont plus importants au point D par rapport au Point B (Fig. 4.13).

TDS

210

209,5

Turbidité

100

FTU

180

160

140

120

80

60

40

20

0

212

211,5

211

210,5

Conductivité

mg/I

435 430 425 420 415 410 405

 

B

Points de

Couleur

prélèvement

(b)

D

7,3 7,2 7,1 7 6,9 6,8 6,7 6,6 6,5 6,4

 

B

Points

de pré

(c)

pH

lève m

D e nt

 
 
 
 

MES

PtCo

B D

Points de prélèvement

(a)

14,6

14,4

14,2

mg/I

14

13,8

13,6

13,4

13,2

NO3-

B D

Points de prélèvement

(i)

200

DBO5

150

100

50

0

mg d'02/1

B D (l)

Points de prélèvement

10

NH4+

(j)

(k)

B D

Points de prélèvements

B D

Points de prélèvements

8

mg/I

2

0

B D

Points de prélèvement

(g) (h)

450

400

350

300

250

200

150

100

50

0

12

10

8

6

4

2

0

1

0,8

0,6

0,4

0,2

0

DCO

PO43-

mg cl'02/1

6

4

NH3

B D

Points de prélèvement

Fig. 4.13 : Comparaison de la qualité physico-chimiques des eaux entre les points de prélèvements B
(en aval des industries branche 1) et D (en aval des industries branche 2)

58

uS/cm

mg/I

mg/I

422,5

422

421,5

421

420,5

420

419,5

419

418,5

200

150

50

0

Néanmoins les moyennes de ces paramètres ne sont pas statistiquement différentes (P>0,05) on pourrait donc dire de ce fait qu'elles sont comparables (Tableau 4.4)

Pouvoir auto épuratoire du cours d'eau et comportement au point E

L'évaluation du pouvoir auto épuratoire sur la branche 2 s'est faite grâce au calcul des coefficients d'abattement des paramètres de pollution entre les points D et C (Tableau 4.4) De façon générale à l'exception de la conductivité et des solides totaux dissous qui sont sensiblement inchangés, au point C les différents paramètres physiques sont réduits de façon significative par rapport au point D. Les abattements varient de 9,2 à 82,9 %. Plus précisément l'on observe une réduction de 82,9 et 77,5 % respectivement pour la DCO et la DBO5. Les MES présentent un pourcentage d'élimination de 67,5%, la turbidité de 46,5%, la couleur de 24,4 %, les nitrates de 44,9 % et la conductivité de 9,2 %. L'orthophosphate et l'ammonium augmentent légèrement au point C alors que tous les autres paramètres baissent sensiblement à l'exception de la conductivité et des TDS. Rodier (1996) stipule d'ailleurs que la conductivité s'élève progressivement de l'amont vers l'aval des cours d'eau ; de même la teneur en nitrates devrait s'élever le long du parcours au fur et à mesure que croît la distance aux sources. Par contre la teneur en azote ammoniacal diminue en aval du cours d'eau ce que l'on peut observer par la nature négative de l'abattement de NH4 + et NH3.

D'après Tchobanoglous (1987) cité par Aka (2002), la diminution des paramètres de pollution au cours de l'auto épuration d'un cours d'eau est due essentiellement à la sédimentation des polluants sous l'effet de la pesanteur, aux phénomènes de précipitations ainsi qu'aux réactions d'oxydoréduction. Les macrophytes adaptés à ces cours d'eau pollués, absorbent et utilisent en plus pour leur croissance et leur développement, certains de ces polluants, les éliminant ainsi du milieu.

Au point E, après la jonction des deux branches, les valeurs augmentent par rapport au point C, ceci est due à l'apport par la branche MAGZI des pollutions. Tout se passe comme s'il y'avait une addition de pollutions. En effet tous les paramètres à l'exception du pH et de l'Azote connaissent une augmentation substantielle par rapport au point C qui se trouve à environ trois cents mètres (Fig. 4.14). Le calcul des taux d'abattement des paramètres physicochimiques entre les points B et E ; D et E montre que les paramètres physiques au point E sont plus élevées que celles des points B et D respectivement.

250

200

FTU

150

100

50

0

turbidité

D C E

Points de prélèvements

11

NH4+

10,5

10

9,5

9

8,5

(d) (e) (f)

D C E
Points de prélèvements

NH3

D C E

10

9,5

9

mg/I

8,5

8

7,5

Points de prélèvements

D C E

Points de prélèvements

pH

D C E

7,4

7,2

7

6,8

6,6

6,4

6,2

6

Points de prélèvements

700

600

500

PtCo

400

300

200

100

0

Couleur

200

150

100

50

0

MES

D C E
Points de prélèvements

16

14

12

10

8

mg/I

6

4

2

0

NO3-

D C E

Points de prélèvements

(a)

(b) (c)

uS/cm

mg/I

mg/I

mg/I

D C E

D C E

(h)

(i)

DCO

200

180

160

140

120

100

80

60

40

20

0

DBO5

mg d'02/I

Conductivité

D C E
Points de prélèvements

700

600

500

mg/I

400

300

200

100

0

TDS

D C E

Points de prélèvements

450

400

300

250

350

200

150

100

50

0

2

1,5

1

0,5

0

D C E

(g)

PO43-

1400

1200

1000

800

600

400

200

0

250

Fig. 4.14 Variations de la qualité physico-chimiques des eaux entre les points de prélèvements D
(en aval des industries branche 2), C (en aval du point D) et E (après la confluence des deux
branches)

60

Points de prélèvements

(j)

(k) (l)

Points de prélèvements

Points de prélèvements

Les paramètres chimiques sont plus divergents, on note une baisse des nitrates et de la DCO par rapport aux points B et D, un abattement de la DBO5 par rapport au point D et une légère augmentation par rapport au point B. Les substances eutrophisantes sont plus importantes au point E qu'aux points B et D (Tableau 4.5).

Il faut noter qu'au point E la pente du cours d'eau est presque nulle et ce dernier subit des phénomènes de marées venant de l'océan atlantique via le fleuve Wouri. Pendant la saison sèche, la réduction des quantités d'eau due à un déficit d'apport et à une forte évaporation ainsi que le rejet de déchets divers ralentissent sensiblement la vitesse de l'eau. Le cours d'eau se comporte alors comme un lac et la réduction de la vitesse favorise une activité anaérobique productrice d'odeurs, de couleur et de turbidité importantes (Loe, 1996).

Le test de Kruskall Wallis démontre que les moyennes entre les points D,C et E ne sont pas statistiquement différentes (P>0,05) à l'exception de la DCO dont la moyenne au point D est différente de celle au point C (Tableau 4.5 ). La variation des paramètres du cours d'eau au point de vue statistique est donc négligeable.

Tableau 4.5 : Résultats du test de Kruskall Wallis aux points D,C et E et variations des paramètres physicochimiques entre les points D,C,B et E

Paramètres

Kruskall Wallis
Valeur uD ? uC? uE

Observa tions

Variation
D-C (%)

Variation
D-E (%)

Variation
B-E (%)

Conductivité

0,11

Non

-

9,2

-179,7

-181,2

TDS

0,14

Non

-

9,4

-177,5

-171,5

pH

0,22

Non

-

-7,7

2,5

9,9

Turbidité

0,10

Non

-

46,5

-36,5

-120,6

MES

0,08

Non

-

67,5

-47,7

-356,0

Couleur

0,11

Non

-

24,4

-45,5

-51,2

NH4 +

0,94

Non

-

-3,2

7,9

-147,1

NH3

0,87

Non

-

-4,7

9,1

-139,9

NO3-

0,27

Non

-

44,9

21,6

17,7

PO4 3-

0,08

Non

-

-8,0

-95,0

-134,4

DCO

0,048

Oui

uD ? uC

82,9

73,6

51,2

DBO5

0,06

Non

-

77,5

53,4

-4,2

uC=Moyenne du paramètre au point C uD=Moyenne du paramètre au point D uE=Moyenne du paramètre au point E

Si l'on doit évaluer les paramètres physiques moyen de l'ensemble du cours d'eau, l'on remarquera qu'ils varient beaucoup d'un point à un autre (entre 50 % et 81%) à l'exception de la couleur qui a un coefficient de variation de 29 %. Pour ce qui est des paramètres chimiques, en dehors du pH qui varie très peu, les variations vont de 22 % pour les nitrates à 79 % pour la DCO (Tableau 4.6).

Tableau 4.6: Caractéristiques des moyennes des paramètres du cours d'eau

Paramètres

N Moyenne

Ecart
type

C.V
%

Paramètres N Moyenne Ecart type

C.V
%

Conductivité
(uS/cm)

TDS
(mg/l)

pH

Turbidité
(FTU)

MES
(mg/l)

Couleur
(PtCo)

5 5 5 5

5
5

535,50 267,40 6,99 122,00

103,90
424,30

366,00 181,80 0,38 60,50

83,96
124,10

68,35 67,96 5,37 49,57

80,79
29,26

NH4 +
(mg/l)

NH3
(mg/l)

NO3 (mg/l)

PO43-
(mg d'O2/l)

DCO
(mg d'O2/l)

DBO5
(mg/l)

5 5 5 5

5
5

7,55 6,91 12,23 0,99

184,10
85,96

3,46 3,15 2,71 0,42

146,00
62,05

45,78 45,56 22,13 42,78

79,32
72,19

N=Taille de l'échantillon

C.V.= Coefficient de variation en pourcentage

4.2.2 Paramètres biologiques

Les paramètres biologiques auxquels nous nous sommes intéressés sont les bactéries et les végétaux supérieurs.

Bactéries

L'analyse des bactéries aux points de prélèvements a été faite dans le but de démontrer qu'il y'avait pollution fécale dans le cours d'eau de ce fait il a été procédé à une seule vague de prélèvements. La figure 4.21 nous présente les colonies de streptocoques fécaux aux 5 points de prélèvements à la sortie de l'incubateur. Les résultats obtenus sont présentés au tableau 4. 7

Fig. 4.21 : Colonies de streptocoques fécaux formées après
incubation

Tableau 4.7 : Résultat de l'analyse microbiologique des échantillons

Points de
prélèvement

CF
(UFC/100 ml

SF
(UFC/100 ml)

A

10

000

40

000

B

10

000

40

000

D

10

000

10

000

C

10

000

20

000

E

30

000

90

000

Contrairement à un cours d'eau pollué uniquement par les eaux usées domestiques, les Streptocoques fécaux sont plus importants que les coliformes fécaux (de 2 à 4 fois plus important) ce qui corrobore le fait que la pollution industrielle est bel et bien présente. Néanmoins les valeurs obtenues sont faibles par rapport à celles obtenues par Aka (2002) sur le cours d'eau Abiegue pollué exclusivement par les eaux usées domestiques et qui sont de l'ordre de 106 pour les coliformes totaux et 105 pour les streptocoques fécaux.

Les végétaux supérieurs

Bien q'une analyse approfondie de la présence des végétaux supérieurs sur le cours d'eau n'ait pas été menée, l'on a pu constater la présence au niveau du point E, de l'une des plantes indicatrice de pollution la jacinthe d'eau (Echhornia crassipes). On retrouve également Echinochloa Pyramidalis. Dejoux (1988) stipule que l'énorme biomasse que représente la jacinthe d'eau correspond à un piégeage considérable des sels minéraux et nutritifs. Elle recouvre le cours d'eau sur plus de la moitié de sa surface (fig. 4.16) gênant ainsi les piroguiers dans le transport du bois de chauffe.

Le long du cours d'eau, sur les berges l'on trouve en plus de la jacinthe d'eau, des bananiers plantains, des petits champs de maïs et d'autres plantes de consommation humaine.

Fig. 4.16 Macrophytes ayant envahi le lit du cours d'eau au point
de prélèvement E (Jacinthe d'eau et autres)

4.2.3 Classification du cours d'eau

Elle est faite à partir de Bontoux (1993) qui classe les cours d'eau en fonction de certains paramètres chimiques (Tableau 4.8).

Tableau 4.8 : Tableau de classification du cours d'eau

Points Paramètres Unité Valeur

moyenne

Classe Observations

A DBO5 mg/l d'O2 29 HC

DCO mg/l d'O2 89 HC

NH4 + mg/l 3,78 3

NO3 - mg/l 13,96 1 B

PO43- mg/l 0,68 2

Pollution
importante

B DBO5 mg/l d'O2 84 HC

DCO mg/l d'O2 228 HC

NH4 + mg/l 3,81 3

NO3 - mg/l 13,67 1 B

PO43- mg/l 0,74 2

Pollution
excessive

D DBO5 mg/l d'O2 187 HC

DCO mg/l d'O2 421 HC

NH4 + mg/l 10,22 HC

NO3 - mg/l 14,35 1 B

PO43- mg/l 0,89 2

Pollution excessive

C DBO5 mg/l d'O2 42 HC

DCO mg/l d'O2 72 3

NH4 + mg/l 10,55 HC

NO3 - mg/l 7,90 1 B

PO43- mg/l 0,95 2

Pollution
importante

Pollution
excessive

E

DBO5 mg/l d'O2 87 HC

DCO mg/l d'O2 111 HC

NH4 + mg/l 9,41 HC

NO3 - mg/l 11,25 1 B

PO43- mg/l 1,72 3

Une vue globale du tableau 4.9 démontre que le cours d'eau est nettement pollué. En effet les résultats donnent des valeurs excessives des paramètres chimiques, ce qui explique l'absence de poissons dans le cours d'eau. Rodier (1996) stipule que la toxicité de l'ammoniaque non ionisée (NH3) quelque soit la vie piscicole devient aiguë entre 0,65 et 1,5 mg/l ; dans le cas du Mgoua, la plus petite valeur est de 3,87 mg/l. De même pour les MES à partir de 75 mg/l la situation est dangereuse pour la vie piscicole.

Pour la baignade les normes Burkinabéene (UICN, 1999) préconise des valeurs impératives de 2 000 CF/100 ml et 100 SF/100 ml ; or la seule valeur prise nous donne des chiffres très largement supérieures à cette norme. De plus la couleur, l'odeur et la turbidité des eaux ne prête à la baignade.

4.3 Impact de la dégradation du cours d'eau sur les populations riveraines

Le cours d'eau à cause de son état de dégradation avancée a plusieurs impacts sur la vie des populations riveraines. Le cours d'eau était destiné à plusieurs usages : la navigation, la pêche, la baignade, la lessive, l'eau de cuisine et de boisson. Avec l'occupation progressive par les habitations, les établissements artisanaux, industriels, touristiques et le foisonnement des activités commerciales, le cours d'eau a non seulement perdu sa qualité mais également toutes ses fonctions d'antan.

4.3.1 Utilisations du cours d'eau

Les caractéristiques physico chimiques du cours d'eau ne permettent pas une exploitation de ses avantages conventionnels; notamment la baignade, la pêche, la boisson, l'utilisation pour les tâches ménagères et les loisirs.

Le cours d'eau de par son aspect n'est pratiquement pas utilisé par les hommes. Néanmoins quelques irréductibles se résolvent à y pénétrer pour rechercher du sable. Il est aussi utilisé comme voie de transport par les piroguiers qui vont chercher du bois de chauffe au « bois des singes ».

L'eau du Mgoua est utilisée par quelques agriculteurs pour l'irrigation des plantes cultivées sur les berges de la rivière. Les effluents domestiques et industriels y sont rejetés et acheminés vers le Wouri comme démontré précédemment.

Autrefois pourvue de poissons, le Mgoua aujourd'hui n'en n'abrite plus du fait de la pollution excessive qui ne permet pas la vie piscicole. En effet comme démontré antérieurement, les paramètres physico-chimiques sont tellement élevés qu'aucun type de poissons ne peut survivre dans ces conditions.

4.3.2 Nuisances dues au cours d'eau

Les principales nuisances évoquées par les ménages au cours de l'enquête sont présentées sur la figure 4.17. Ainsi la majorité des ménages se plaignent des moustiques, des odeurs nauséabondes, de la pollution et des inondations.

Une des menaces qui pèse en permanence sur les populations riveraines reste les inondations. En période de crue, le Mgoua sort de son lit et inonde les populations riveraines. La Figure 4.18 nous montre les dangers encourus par les populations dans le cas d'une inondation.

6

9

19

40

57

71

84

Souris

Pollution/insalubrité

Odeurs
nauséabondes

Moustiques

Mouches

Inondations

Dechets toxiques

0 50 100 Nombre de ménages

Fig. 4.17 : Nuisances dues au cours d'eau Mgoua évoquées par les ménages riverains

Fig. 4.18 Quelques cas d'inondation des populations riveraines du Mgoua en période de crue

4.3.3 Provenance de l'eau utilisée par les ménages

La figure 4.19 montre que 22% des ménages riverains ont recourt exclusivement à l'eau de la société nationale des Eaux du Cameroun (SNEC) désormais dénommée Cameroon Water (CAMWATER). Ce résultat est inférieure à la moyenne de la ville qui est

de 27,1% d'abonnés (INS, 2004). La majorité des ménages, standing confondus a recourt à l'eau du puits et de la source pour l'utilisation domestique.

2%

25%

Standing C

17%

56%

3%

74%

3% 3%

17%

Standing B

33%

67%

Standing A

Forage/Puits SNEC

SNEC/Puits Source Source/Puits

2% 1%

11%

22%

64%

Echantillon général

Fig. 4.19 Répartition des ménages par type d'approvisionnement en eau

4.3.4 Utilisation des puits par les ménages

La plupart des ménages possèdent un puits situé à proximité de la maison et du cours d'eau (Tableau 4.9). Ces puits très souvent non couverts sont des lieux de prolifération des larves de d'anophèle, vecteur du paludisme.

En outre, la rivière et les latrines sont assez rapprochées des puits, en moyenne les latrines sont situées à 28m de la rivière et les puits à 9m ce qui induit une interconnexion possible entre ces points d'eau.

Tableau 4.9: Ménages utilisateurs de puits et taux de stérilisation des puits

Puits

 
 

Utilisation

Stérilisation

Nbre

% sur 95

Nbre

% sur 65

Oui

Standing A

2

2

2

3

 

Standing B

32

34

29

45

 

Standing C Total

31
65

33
68

29
60

45
92

Non

Standing A

1

1

0

0

 

Standing B

8

8

3

5

 

Standing C

21

22

2

3

 

Total

30

32

5

8

Comme on peut le constater sur la figure 4.20, l'eau du puits sert à divers usages dont le bain et la cuisson. Malgré le fait que 92 % des puits soient déclarés stérilisés périodiquement (Tableau 4.9) et que certains ménages aient déclaré boire uniquement l'eau de la SNEC (Fig. 4.19), les riverains souffrent de maladies liées à l'eau.

0% 50% 100%

Standing A

0% 50% 100%

Standing B

0% 50% 100%

Standing C

Vaisselle

100%

Autres

Cuisson

0% 50% 100%

Autres

Cuisson

Vaisselle

Bain

Boisson

0%

0%

0%

50%

100%

Autres

Cuisson

Vaisselle

Bain

Boisson

Autres

Cuisson

Vaisselle

Bain

Boisson

19%

31%

56%

0%

100%

0%

29%

100%

58%

0%

Bain

Boisson

57%

0%

9%

29%

Echantilon général

Fig. 4 .20 Différentes utilisations de l'eau du puits par les ménages

En effet, les puits sont stérilisés mensuellement, chaque deux mois, trimestriellement et des fois semestriellement au moyen de l'eau de javel. Les modes de traitement sont aussi différents que le nombre de puits à traiter. Les propriétaires ne suivent aucune norme dans le traitement des eaux du puits avec pour principale conséquence la prolifération des maladies liées à l'eau.

4.3.5 Maladies liées à l'eau

L'utilisation de l'eau d'origine douteuse et la non observance des règles d'hygiène par certains ménages entraînent une prévalence des maladies liées à l'eau parmi les riverains. Les maladies mentionnées sont par ordre d'importance le paludisme, les maux de ventre, les démangeaisons, la galle, la fièvre typhoïde, la dysenterie amibienne, les vers intestinaux le choléra (Tableau 4.10). Les tranches d'âge les plus touchées sont celles comprises entre 0 et 15 ans et celle de 15 à 50 ans.

Tableau 4.10 : Maladies liées à l'eau évoquées par les ménages riverains du Mgoua

par tranche d'âge

 
 
 
 

Nbre de ménages par tranche d'âge

Maladies

< 15 ans

=15 ans

> 50 ans

Paludisme

72

90

17

Maux gastriques

12

11

1

Démangeaisons

10

5

0

Galle

2

8

0

Fièvre typhoïde

0

3

0

Amibiase

2

4

0

Vers intestinaux

12

0

0

Choléra

0

2

0

Les populations du quartier CCC consomment l'eau d'une source près de la rivière et les maladies gastriques sont prédominantes dans les ménages de ce quartier (Cf. annexe n°4).

4.4 Proposition d'un Cadre institutionnel de Gestion Intégré des Ressources en

Eau

Du point de vue des systèmes naturels, assurer la gestion des bassins versants et des bassins fluviaux s'inscrit dans la logique d'une gestion intégrée les considérant comme des unités logiques de planification. La gestion des bassins versants et des bassins fluviaux est non seulement importante car elle permet de faire face globalement aux problèmes liés à l'eau et à l'utilisation des terres, mais également parce qu'elle est essentielle à la gestion des liens entre qualité et quantité, entre intérêts en amont et en aval (GWP, 2000).

4.4.1 Etat des Lieux des Ressources du Bassin Versant

Utilisations de l'eau et ressources biologiques du bassin versant

Le cours d'eau Mgoua de part sa qualité est réduit à très peu d'usages. Néanmoins le bassin versant possède d'autres sources de production d'eau notamment la nappe souterraine et les sources. Le tableau 4.11 présente les différents usages de l'eau du bassin versant, ainsi que les ressources biologiques présentes.

Tableau 4.11 : Usages de l'eau et ressources biologiques dans le bassin versant Mgoua

Identification Qualité

Usages de l'eau

1-Approvisionnement en eau

a)

Mauvaise Mauvaise Bonne

Moyenne

Moyenne Bonne

Domestique - Puits

- Source - Forage - SNEC

b) Industrielle - SNEC - Forage

2- Elimination (eaux usées)

a) Domestiques

- Puisard

- Fosse septique

-Rivière

b) Industrielles

- Fosse septique

- Cours d'eau

c) Elevage

e) Précipitations

Identification Qualité

Usages de l'eau

3- Agriculture

a)Irrigation traditionnelle des champs

 
 

4- Elevage

a) Abreuvement

b) Pâturage naturel

5- Transport
a) Navigation
- Pirogues

6- Exhaure matériaux - Sable

Petit bétail broute sur la cour et s'abreuve dans le cours d'eau

Navigable

Sur 500m en direction du

Wouri

7- Santé

a) Ingestion Diarrhée, typhoïde

b) Contact Démangeaisons

c) Autres Paludisme

Ressources Biologiques

1-Habitat

a) Algues

b) Macrophytes

c) Marécages

2-Faune

a) Vertébrés - Oiseaux - Reptiles

b) Invertébrés - Insectes

c) Microorganismes

Inspiré de Burton (2003)

La documentation disponible ne donne pas de données qualitative et quantitative des ressources disponibles dans le bassin versant. Comme on le constate sur le tableau 4.11 les données obtenues ne sont pas complètes. L'on ne peut par exemple savoir quelle est la quantité d'eau disponible dans le bassin versant. SOGREAH et ECTA-BTP (2004) estime qu'en 2005, la demande en eau potable dans les bassins versants Mgoua et Bobongo est de 12564 m3/j pour la consommation d'eau non domestique et 10210 m3/j pour la consommation domestique.

Pollueurs du cours d'eau

Le cours d'eau est pollué par les industries, les ménages, les garages et l'aéroport. Les riverains au cours de l'enquête ont accusé les industries d'être à l'origine de leur comportement. Ils ont déclaré verser leurs ordures ménagères sur le cours d'eau à cause de la pollution de ce dernier par les industries en amont.

Au cours d'une réunion avec les chefs de bloc du quartier C.C.C., le manque d'infrastructures routières et le mauvais calibrage du drain ont été cités comme les facteurs majeurs qui causent l'insalubrité du quartier.

Normes et réglementations en vigueur

Le cours d'eau Mgoua est soumis à la réglementation en vigueur au Cameroun en matière de protection de l'environnement et notamment protection des eaux douces. Il s'agit de :

- La loi n° 96/12 du 5 août 1996 portant loi cadre relative à la gestion de l'eau en sa section 2 du chapitre 3 du titre III qui traite de la protection des eaux continentales et des plaines d'inondations ;

- La loi n° 98/005du 14 avril 1998 portant régime de l'eau et ses 5 décrets d'application du 8 mai 2001.

Dans la plupart des pays, les normes de qualité ambiante de l'eau et les normes en matière d'effluents sont l'instrument principal de lutte contre la pollution des eaux de surface (Bernstein, 1991). Au Cameroun, pour le moment il n'existe aucune norme nationale de rejet des eaux usées. De même, il n'y a à ce jour pas de standard ou objectif de qualité des eaux de rivière. Dans la pratique, on se réfère aux standards internationaux notamment ceux de la France et de la Communauté Européenne. Ces dernières sont pourtant rigides et incompatibles au regard des conditions de milieu et des moyens technologiques du pays (SOGREAH ET ECTA-BTP, 2004).

4.4.2 Proposition d'un cadre institutionnel de gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant

Au Cameroun, la gestion de l'eau est généralement le fait d'institutions fonctionnant selon un schéma descendant, c'est-à-dire du sommet à la base et la pluralité des intervenants

ne facilitent pas la gestion des pollutions. Pour le cas précis du bassin versant Mgoua, les enjeux sont :

- La protection des écosystèmes vitaux : qu'ils soient terrestres ou aquatiques, les écosystèmes sont intrinsèquement déterminés par la qualité de l'eau, le gouvernement camerounais se doit donc de proposer des normes pour les rejets d'eaux usées et des objectifs de qualité des eaux de surface.

- La gestion des risques : la pollution de l'eau du Mgoua fait apparaître un autre éventail de risques, puisqu'elle attente à la santé humaine, au développement économique et aux fonctions des différents écosystèmes.

- La sensibilisation de l'opinion publique : il est nécessaire de sensibiliser l'opinion publique et notamment les riverains afin de mobiliser un soutien efficace pour une gestion durable des ressources en eau et d'encourager les changements de comportement.

- Stimuler la volonté politique d'agir : dans le cas du bassin versant Mgoua, réduire les institutions intervenantes et se réduire à un forum composé de tous les intervenants dans la gestion du bassin versant qui discutera des moyens à mettre en oeuvre pour la gestion équitable et saine de l'eau de la rivière.

- La mise en oeuvre des instruments économiques : la réglementation prévoit des taxes sur le prélèvements et des taxes d'assainissement pour les ménages mais ces textes ne sont pas appliquées dans la majeure partie des cas. Pour le cas des industries quelques unes ont été frappés par le gouvernement pour pollution des eaux, mais aucune mesure n'a été prise pour remédier à cet état des choses.

- Utiliser la technologie appropriée pour le traitement des effluents domestiques et industriels.

Pour ce faire nous avons identifié les différents acteurs potentiels dans le processus de gestion des ressources en eau dans le bassin versant et les avons analysé.

L'analyse a porté sur :

· Les principaux acteurs, leurs intérêts et activités ;

· L'influence et l'importance des acteurs ;

· La disponibilité des ressources auprès des acteurs.

Principaux Intérêts et activités des acteurs

La situation environnementale est telle qu'il est urgent de mettre en place un programme qui prenne en compte tous les acteurs. Les acteurs dans le processus de gestion intégrée du basin versant Mgoua sont nombreux. Les activités des acteurs installés dans le bassin versant induisent une dégradation importante de la qualité de vie et de l'environnement dans le basin versant or la demande en eau est importante. L'Etat se doit donc de prendre les mesures nécessaires (politique d'assainissement et de distribution de l'eau) pour assurer une répartition équitable des ressources disponibles. .

La sensibilisation des acteurs sur les risques encourus et les impacts sur l'environnement devient une priorité.

Le tableau 4.12 présente les acteurs recensés, les activités menées, les intérêts et les améliorations à apporter pour une meilleure qualité de l'environnement.

L'intégration de tous ces acteurs n'est pas sans risques. En effet, le coût de production des industries augmentera dans le cas d'une mise en place d'un système de traitement des eaux usées. Les services techniques étatiques devront travailler en étroite collaboration afin d'éviter les conflits dans la répartition des rôles.

Tableau 4.12 : Acteurs et principaux intérêts et activités du bassin versant

Acteurs Principaux intérêts/ Activités/Améliorations

Services techniques Etatiques

MINEE - Contrôle des installations industrielles et commerciales concernant la pollution, la sécurité,

les nuisances industrielles notamment le contrôle de la qualité des eaux rejetées ; - Elaboration et application des normes nationales pour la pollution industrielle ;

- Elaboration et exécution de la politique nationale pour les eaux et les égouts dans les zones urbaines

- Augmentation de la qualité de l'eau ;

- Définition des consommations d'eau par les industries et à des fins commerciales ; - Définition du prix de l'eau en fonction des usages ;

MNDIC - Règlement et contrôle des nuisances industrielles, de la pollution et des établissements à

risques

MINSANTE - Elaboration des normes de pollution pour les décharges urbaines et industrielles ;

- Identification et résolution des problèmes sanitaires ;

MINEPN - Gestion directe des ressources naturelles ;

- Collaboration avec d'autres ministères pour appliquer un programme de développement écologique.

MINVILLE - Définition d'une politique d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans les villes.

 

Comité National de - Etude et de proposition au gouvernement de toutes mesures ou actions tendant à assurer la

l'Eau conservation, la protection et l'utilisation de l'eau.

CUD - Assainissement et recalibrage des rivières ;

- Curage des fossés ;

- Amélioration des infrastructures routières ;

- Inspections environnementales auprès des institutions polluantes des cours d'eau

(Industries, garages, stations de service, immeubles sans fosse septique...) ;

- Proposition de procédé de traitement des rejets industriels et ménagers (liquides et

solides) et Stérilisation des puits.

Mairie Douala 3e - travaille sous tutelle de la Communauté Urbaine et s'occupe des pollueurs mineurs

(boulangers, coiffeurs, ménages...).

Acteurs Principaux intérêts/ Activités/Améliorations

Industries

ALUBASSA - Production d'articles de ménages en aluminium

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

Asquini Encorad - Préfabrication d'ouvrages en Béton Armé ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

Brasseries du Cameroun - Mise en bouteille des boissons ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

CAMLAIT - Fabrication de produits à base de lait ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

CAMOA - Fabrication de gaz industriels et médicaux ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Amélioration du traitement des eaux usées industrielles.

C.C.C - Fabrication de savons de ménages et de détergents ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

C.E.P. - Fabrication de peintures, vernis et revêtements ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Automatisation du traitement des eaux usées industrielles.

CHOCOCAM - Fabrication de confiseries, chocolats et biscuits ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

CMC - Fabrication de matériaux de construction en PVC, acier et aluminium ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques.

CTC - Magasin de stockage de thé et Disponibilité de l'eau pour usages domestiques.

HYSACAM - Ramassage des ordures ménagères ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels. - Traitement des eaux usées industrielles.

 

Acteurs Principaux intérêts/ Activités/Améliorations

NETOYCAM - Récupération et recyclage des huiles de vidange

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels.

PANZANI - Transformation de pâtes alimentaires ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques. PILCAM - Fabrication de piles électriques ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ;

- Amélioration du traitement des eaux usées industrielles.

PLASTICAM - Fabrication d'articles en plastique ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques.

SAGA Cameroun - Magasin de stockage de coton ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques. SCIMPOS - Fabrication de mousses et de colles industrielles ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels.

SCTB - Exploitation et transformation du bois ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques.

SEEF - Exploitation et transformation du bois ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques.

SGMC - Fabrication des pâtes alimentaires ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques.

SHO Cameroun - Maintenance engins lourds et véhicules ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ;

- Amélioration du traitement des eaux usées industrielles.

SIPCA - Fabrication des produits de beauté, cosmétiques et aromatiques ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels. - Traitement des eaux usées industrielles.

SMALTO - Fabrication de peintures ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels.

Acteurs Principaux intérêts/ Activités/Améliorations

Industries

Ketch - Travaux publics ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels. SOCARTO - Transformation de papier en sacs de ciment et de farine ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels. SUMOCA - Importation d'automobiles et garages ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; UCB - Fabrication de boissons ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Traitement des eaux usées industrielles.

 

UNALOR - Fabrication d'allumettes ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels ; - Amélioration du traitement des eaux usées industrielles.

HYDRAC - Laboratoire d'analyse des eaux ;

- Disponibilité de l'eau pour usages domestiques et industriels.

CAMWATER - Distribution de l'eau potable ;

Vidangeurs de fosses septiques - Vidange des fosses septiques et fosses étanches ;

Ménages - Disponibilité de l'eau pour usages domestiques ;

- Gestion appropriée des eaux vannes, eaux usées domestiques et ordures ménagères ; - Nettoyage des cours (désherbage)

- Stérilisation des puits et aménagement extérieur minimum (Puits couverts)

ONG de coordination des associations - Sensibilisation des femmes sur la nécessité d'utiliser une eau potable et la gestion des féminines déchets domestiques, aussi bien solides que liquides.

ONG de protection de l'environnement - Promotion de la santé, de l'assainissement et la protection de l'environnement ;

- Sensibilisation des populations sur la protection de l'environnement.

Partenaires au développement - Financement du processus de gestion intégrée des ressources en eau dans le bassin

versant.

Influence et importance des acteurs

Selon GWP-CM (2006), l'influence indique le pouvoir relatif de l'acteur sur le projet ;

Les acteurs avec une influence élevée ont un pouvoir de veto, de façon formelle ou informelle pour le succès du projet. Cette influence est fonction de la position hiérarchique, économique, sociale ou politique de l'acteur. Les acteurs à influence moyenne peuvent s'opposer à la mise en place du projet mais pas facilement. Les acteurs à faible influence n'ont aucune influence sur la mise en place du projet.

L'importance des acteurs quand à elle, est basée sur le degré de prise en compte des besoins et attentes de l'acteur dans la mise en place et la réussite du projet. Dans ce cas, les intérêt et activités de l'acteur coïncident avec les objectifs du projet. Elle peut être faible, moyenne ou élevée. Le tableau 4.13 donne le niveau d'influence et d'importance de chaque acteur

Tableau 4.13: Influence et importance des différents acteurs

Acteurs

Influence

Importance

1

MINEE

Elevée

Elevée

2

MNDIC

Elevée

Elevée

3

MINSANTE

Elevée

Elevée

4

MINEPN

Elevée

Elevée

5

MINVILLE

Elevée

Elevée

6

Comité National de l'Eau

Elevée

Elevée

7

CUD

Elevée

Elevée

8

Mairie Douala 3e

Elevée

Elevée

9

ALUBASSA

Faible

Moyenne

10

Asquini Encorad

Faible

Moyenne

11

Brasseries du Cameroun

Faible

Elevée

12

CAMLAIT

Faible

Elevée

13

CAMOA

Faible

Elevée

14

C.C.C

Elevée

Faible

15

C.E.P.

Faible

Elevée

16

CHOCOCAM

Faible

Elevée

17

CMC

Faible

Faible

18

CTC

Faible

Faible

19

HYSACAM

Faible

Elevée

20

NETOYCAM

Faible

Elevée

21

PANZANI

Faible

Elevée

22

PILCAM

Faible

Elevée

23

PLASTICAM

Faible

Elevée

 

Acteurs

Influence

Importance

24

SAGA Cameroun

Faible

Faible

25

SCIMPOS

Faible

Elevée

26

SCTB

Faible

Faible

27

SEEF

Faible

Faible

28

SGMC

Faible

Faible

29

SHO Cameroun

Faible

Elevée

30

SIPCA

Faible

Elevée

31

SMALTO

Faible

Elevée

32

Ketch

Faible

Elevée

33

SOCARTO

Faible

Elevée

34

SUMOCA

Faible

Elevée

35

UCB

Faible

Elevée

36

UNALOR

Faible

Elevée

37

HYDRAC

Faible

Elevée

38

CAMWATER

Elevée

Elevée

39

Vidangeurs de fosses septiques

Faible

Elevée

40

Ménages

Faible

Elevée

41

ONG de coordination des associations féminines

Faible

Elevée

42

ONG de protection de l'environnement

Faible

Elevée

43

Partenaires au développement

Elevée

Elevée

 

Il ressort de ce tableau que les administrations publiques ont une influence et une importance élevées dans la mise en place du projet de par leur pouvoir légal, leurs possibilités financières, leurs positions hiérarchiques dans le processus de gestion de l'eau dans le bassin versant et leurs possibilités techniques.

Toutes les industries ont une influence faible sur le processus, mais une importance certaine. Car elles ont besoin d'eau pour fonctionner et certaines approvisionnent les populations en eau potable. De plus les rejets de ces industries sont un facteur majeur de dégradation du cours d'eau, elles doivent donc soit traiter sur place leurs effluents, soit les acheminer après prétraitement vers une station d'épuration des eaux usées.

Les autres acteurs mis à part la CAMWATER et les partenaires au développement ont aussiune influence faible sur le processus, mais une importance élevée du fait de leurs besoins

importants en ressources en eau ; de leurs possibilités de sensibilisation en vue d'améliorer la qualité de l'eau dans le bassin versant.

La CAMWATER qui approvisionne les populations et les industries en eau potable doit être associé dans le processus car elle devra améliorer ses infrastructures de desserte et son importance est certaine pour l'amélioration quantitative et qualitative de l'eau potable disponible dans le bassin versant.

Les partenaires au développement sont parmi les financiers du processus, tenir compte de leurs exigences est donc nécessaire.

Disponibilité des ressources auprès des acteurs

Les ressources disponibles auprès des acteurs dans le cadre de la mise en place d'un plan de gestion intégrées des ressources en eau sont de plusieurs ordres :

· disponibilité des données et informations ;

· Savoir faire ;

· Finances ;

· Disponibilité en temps pour le processus ;

· Délivrance des autorisations pour la mise en place du processus Le tableau 4.14 présente pour chaque acteur les ressources disponibles.

Tableau 4.14: Types de ressources disponibles auprès des acteurs

F= Faible M=Moyen E= Elevée

 
 
 
 
 
 
 

Types de ressources

 

Acteurs

Données/
informations

Savoir
faire

Finances

Temps

Autorisation

1

MINEE

E

E

M

F

E

2

MNDIC

M

M

M

F

E

3

MINSANTE

F

M

F

F

M

4

MINEPN

M

M

F

F

M

5

MINVILLE

F

F

F

F

M

6

Comité National de l'Eau

E

E

M

F

E

7

CUD

E

E

M

M

M

8

Mairie Douala 3e

F

M

F

F

M

9

ALUBASSA

F

F

F

F

F

10

Asquini Encorad

F

F

F

F

F

11

Brasseries du Cameroun

 
 
 
 
 

12

CAMLAIT

F

F

F

F

F

13

CAMOA

F

F

F

F

F

14

CEP

 
 
 
 
 

15

C.C.C

F

F

F

F

F

16

CHOCOCAM

F

F

F

F

F

17

CMC

F

F

F

F

F

 

Types de ressources

N° Acteurs

18 CTC

19 HYSACAM

20 NETOYCAM

21 PANZANI

22 PILCAM

23 PLASTICAM

24 SAGA Cameroun

25 SCIMPOS

26 SCTB

27 SEEF

28 SGMC

29 SHO Cameroun

30 SIPCA

31 SMALTO

32 Ketch

33 SOCARTO

34 SUMOCA

35 UCB

36 UNALOR

37 HYDRAC

38 CAMWATER

39 Vidangeurs de fosses
septiques

40 Ménages

41 ONG de coordination des

associations féminines

42 ONG de protection de

l'environnement

43 Partenaires au

développement

Données/
informations

Savoir
faire

Finances

Temps

Autorisation

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

F

M

F

E

F

F

F

F

E

F

F

M

F

M

F

M

M

F

M

F

M

E

E

M

F

 

F= Faible M=Moyen E= Elevée

Cadre institutionnel pour la gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant

La figure 4.21 présente la proposition d'un cadre institutionnel pour la gestion intégrée des ressources en eau du bassin versant Mgoua. Les liens entre les différents intervenants prennent en considérations les principes du GWP dans le cadre d'une gestion efficace des ressources en eau.

Ainsi, le bassin versant disposera :


· d'un comité de gestion formé par un état major composé de personnes ressources en matière de gestion des bassins versants ;

Vidangeurs des
fosses septiques

Forum

Industries

Financement

Service

Hysacam

Contrôle

Location

Ménages

ONG de protection
de l'environnement

Comité de gestion
du bassin versant

Taxee

Collaboration

Services Techniques Étatiques

(Mairie, CUD, et gouvernement)

ONG Coordination
des Associations
Féminines

Partenaires au Développement

Société d'eau potable
(CAMWATER)

Fig 4.21 : Proposition d'un cadre institutionnel de gestion intégrée du bassin versant Mgoua


· D'un forum composé des représentants de toutes les parties prenantes (industries,

des vidangeurs de fosses septiques et des populations) qui présenteront les

problèmes et difficultés rencontrés dans la gestion courante des ressources en eau,

en présence du comité de gestion du bassin versant qui tiendra compte de tous les

problèmes citées dans la définition de ses objectifs et le vote du budget quiquenal;

Le fonctionnement du comité se fera avec une collaboration étroite de tous les acteurs, les partenaires au développement financeront le comité dans le but d'équilibrer le budget du comité. Les industries, les vidangeurs de fosse septiques et les ménages verseront une taxe d'assainissement au comité afin de permettre l'application des objectifs. La société de ramassage des ordures ménagères, les industries, les vidangeurs de fosses septiques et la société d'approvisionnement en eau potable, rendent des services aux ménages pour l'amélioration du cadre de vie. Le contrôle du respect de l'environnement par les ménages et les industries est contrôlé par le comité de gestion du bassin versant. Et le comité peut disposer de matériel de vidange de fosses septiques ou autre matériel nécessaire à l'assainissement du bassin versant qu'il pourra mettre en location.

CHAPITRE 5.0 : CONCLUSION, RECOMMANDATIONS

5.1 Conclusions

· Bien que le bassin versant soit fortement industrialisée, la pollution du cours d'eau Mgoua n'est pas le seul fait des industries. En effet les ménages l'utilisent comme dépotoir aussi bien pour les eaux vannes et ménagères que pour les ordures ménagères.

· Les eaux de la rivière Mgoua sont fortement polluées et ne sont aptes à aucun usage usuel de l'eau.

· Les points les plus pollués se situent en aval des rejets des eaux usées industrielles et à l'embouchure du cours d'eau ;

· L'étude des nuisances auprès des populations fait ressortir des nuisances olfactives, esthétiques. Les populations se plaignent des maladies liées à l'eau notamment le paludisme, la fièvre typhoïde, le choléra ;

· Les populations installées dans le lit du cours d'eau sont inondées par les eaux qui retrouvent leur lit naturel en saison des pluies ;

· La mise sur pied d'un comité de gestion intégrée du bassin versant mettant ensemble tous les acteurs du bassin versant autour d'une table en vue de l'information et de la sensibilisation pour le changement de comportement pourrait réduire le flux de déchets déversées dans le cours d'eau.

5.2 Recommandations

5.2.1 Décideurs

Nous recommandons que les mesures suivantes soient prises afin de réduire et de prévenir les risques encourus par les populations du fait de la pollution de la rivière Mgoua :

- Réduction des pollutions industrielles : industriels

· utiliser des méthodes appropriées de production en vue de réduire le flux des effluents rejetées

· Construire un système d'égout connectant les eaux usées industrielles pour leur
traitement dans une station d'épuration après prétraitement au sein de l'industrie ;


· Eduquer et informer les employeurs et les employés sur la manipulation des déchets ;

· Assurer la maintenance des installations de production et de traitement des eaux usées pour celles qui en ont ;

- Réduction des pollutions domestiques : Mairie et Communauté Urbaine

· Construire des fosses septiques communes ;

· Sensibiliser les populations sur les dégâts causés par le rejet des ordures ménagères dans le cours d'eau ;

· améliorer les infrastructures routières ;

· Traiter les boues de vidange dans une station de traitement et de valorisation des boues de vidanges ;

- Réduction des maladies et inondations : Communauté urbaine et CAMWATER

· mettre en place des bornes fontaines ;

· équiper les puits en pompe manuelle ou électrique, couvrir les points d'eau ;

· Creuser des puits communautaires à au moins 30 m des latrines et en amont (Morgan, 1991) ;

· Déguerpir les populations résidant dans le lit du cours d'eau ;

· Draguer le lit du cours d'eau ;

- Gestion du bassin versant : Gouvernement

· Mettre en application les lois et réglementations en matière de protection d'eau douce en vigueur au Cameroun

· Etablir des normes de rejet des effluents et des normes de qualité des eaux courantes ;

5.2.2 Travaux futurs

Afin de mieux cerner le problème de pollution dans ce bassin versant, il serait judicieux dans les travaux futurs de :

- caractériser les rejets de chaque industrie ;

- analyser le process de chaque industrie en vue de l'amélioration en qualité des effluents rejetés ;

- Faire une étude comparative des débits avec la pluviométrie le long du cours d'eau ; - caractériser les eaux des puits répertoriés dans le bassin versant ;

- évaluer le degré de contamination des denrées produites sur les rives du cours d'eau ; - évaluer les paramètres microbiologiques et le benthos du cours d'eau ;

- étudier l'évolution des macrophytes sur le cours d'eau ;

BIBLIOGRAPHIE

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