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Femmes fonctionnaires et éducation des enfants a Cotonou


par Geneviève Dagbégnon SAVI
Université d'Abomey- Calavi (Bénin) - Maitrise sociologie anthropologie 2009
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Anthropologie
   
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CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE SUR LES FEMMES FONCTIONNAIRES ET L'EDUCATION DES ENFANTS

I.1.PROBLEMATIQUE

I.1.1. Problème

L'enfant est un être précieux pour toute famille. Cela étant, outre les valeurs citoyennes à lui transmettre depuis sa naissance jusqu'à un âge raisonnable, son éducation mérite d'être assurée afin de lui garantir un avenir meilleur dans la société. Pendant longtemps ce rôle délicat a été dévolu à la femme du fait de sa présence permanente au foyer. Mais depuis plusieurs décennies, l'environnement politique, économique et social a imposé de nouvelles mutations obligeant la femme aussi à exercer des activités professionnelles génératrices de revenu au même titre que l'homme pour participer à certaines charges domestiques ou tout au moins assurer son indépendance financière. Il apparaît dès lors le problème de conciliation du travail salarié de la femme et de sa présence dans le foyer. La femme pourra-t-elle dans ces conditions concilier le travail salarié et l'éducation de ses enfants?

Dans les pays de l'occident au lendemain de la révolution industrielle, les femmes avaient eu le désir d'appartenir à la nouvelle société en qualité de membres actifs. Dès ce temps, elles avaient aspiré à l'émergence d'une politique publique définissant plus clairement la problématique de conciliation de l'activité professionnelle aux exigences familiales. De nos jours, l'inscription de la conciliation vie familiale et vie professionnelle dans la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne a consacré définitivement cette problématique au niveau européen.

En Afrique et plus particulièrement au Bénin la question reste d'actualité. En effet, il est à constater que l'organisation de la vie familiale et en particulier la question de la garde des jeunes enfants reste majoritairement le fait des femmes qui cumulent plus qu'elles ne concilient vie familiale et vie professionnelle. Interrogées parfois, elles donnent l'impression qu'elles réussissent à concilier de manière satisfaisante leur vie professionnelle et leur vie familiale. De ce point de vue, la conciliation de la vie professionnelle et de l'éducation des enfants serait-elle alors une affaire réglée ou cela signifie-t-il comme l'a dit Duclos cité par Gérard (2004) « qu'au quotidien, les gens se débrouillent comme ils le peuvent, et ce fait n'est pas nouveau en lui-même »?

Lorsque l'enfant est encore très jeune, il est plus difficile pour la femme d'accomplir convenablement ses fonctions parentales et professionnelles. Or comme le rapporte Gérard « la quasi-absence des mères au foyer entraîne une demande accrue de modes de garde pour les jeunes enfants, et fait de cette question un enjeu majeur de politique familiale ».

Il se trouve donc que la famille est à l'épreuve des grandes mutations économiques et socioculturelles, et l'apport salarial de la mère est devenu une réalité. Ce salaire est souvent nécessaire pour la survie économique des familles biparentales et devient essentiel pour les familles monoparentales dont la responsabilité incombe majoritairement aux femmes. Pourtant, l'organisation et la culture du travail demeurent encore fermées à ces réalités de la famille et les femmes doivent composer avec toutes les contraintes que cela impose. Les mesures sociales d'aide à la famille quant à elles se sont améliorées mais certaines d'entre elles comme le congé parental demeurent souvent peu accessibles ou sont nettement insuffisantes à cause de la précarité du type d'emploi occupé par les femmes et leur niveau de salaire. Les femmes étant sur le marché de l'emploi, l'affection familiale prend donc un coup et les enfants sont abandonnés à eux-mêmes. Ils ne bénéficient plus d'assez d'attention de la part de leurs parents.

Aussi, l'absence de la femme au foyer ouvre-t-elle la porte à la délinquance sur toutes ses formes, surtout à l'âge de l'adolescence. Les plus jeunes se trouvant dans un environnement sans la moindre canalisation ne font que mettre en pratique ce que font leurs aînés.

La stabilité sociale dépend de la stabilité familiale. Plus généralement, lorsque la famille par rapport à laquelle un enfant est identifié ne joue plus pleinement son rôle de transmission des valeurs, il est clair que les conséquences qui en découleraient, jailliront de façon visible sur l'ensemble de la société.

Celles-ci s'exprimeront par la dépravation des moeurs et ses implications comme l'extravagance vestimentaire, la recherche de gains faciles, le non respect du plus âgé, la mauvaise gestion de la santé de reproduction avec ses conséquences d'attraction des maladies sexuellement transmissibles. Tout ce dont souffre la société aujourd'hui n'est que le reflet des tares que traînent les nouvelles formes de famille enregistrées çà et là, la femme perd de plus en plus son rôle d'éducatrice.

Plusieurs recherches ont été menées par des auteurs sur la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale. Parmi ces auteurs, on peut citer Abeng (1972), pour qui le passage de la famille traditionnelle à celle moderne avec l'apparition de diverses formes de familles comme la famille nucléaire, la famille monoparentale laisse le plus souvent la femme comme chef de famille. Dans une telle situation, la mobilisation des ressources financières suffisantes s'avère nécessaire pour la prise en charge des enfants.

Pour Decaux (1972), deux tiers des femmes travaillent par obligation, soit parce qu'elles sont seules, soit parce qu'il faut un double salaire au ménage. Près de 68% des célibataires ont une profession, 36% des femmes mariées, 60% des veuves et 75% des divorcées. Trois quarts d'entre elles estiment que la femme doit travailler même si elle n'en a pas besoin.

Face au double statut de la femme salariée, il urge alors de se demander comment la femme fonctionnaire concilie-t-elle le travail salarié et l'éducation des enfants à Cotonou ?

Les réponses à cette interrogation nécessitent qu'une analyse de fond soit faite à partir des informations recueillies sur le terrain. Pour ce faire, la rigueur scientifique exige une démarche méthodologique; d'où la nécessité de formuler des hypothèses de travail. Les hypothèses formulées dans le cadre de ce travail se présent comme suit :

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