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Menaces sur la mangrove au Cameroun


par Uilrich WAFFO
Université de Yaoundé 1 - Maitrise 2009
Dans la categorie: Géographie
   
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I- PRESENTATION ET IMPORTANCE DE LA MANGROVE CAMEROUNAISE

A- PRESENTATION DE LA MANGROVE AU CAMEROUN

1- Localisation et étendue

Au Cameroun, les mangroves se localisent dans le golf de guinée entre 2° 45' - 4° 50' N de latitude et 8° 30' - 9° 00' E de longitude. Elles représentent 30% des 500 km de cote qui part d'Akwa yafé à la frontière avec le Nigeria au Rio Ntem à la frontière avec la guinée équatoriale. Elles couvrent une superficie totale de 400.000 hectares (250.000 ha avant la rétrocession par le Nigeria de la péninsule de Bakassi au Cameroun) c'est l'un des rares pays au monde avec une telle superficie de mangroves. Elles se repartissent suivant trois grands ensembles sur trois des dix régions administratives que comporte le pays ; on distingue la mangrove du Rio Del Rey qui se trouve dans la région du Sud Ouest à l'embouchure des fleuves Akpa, Yafe, Ndian et Meme ; elle a une superficie de 218.000 hectares c'est la deuxième plus grande mangrove en Afrique de l'Ouest de part son étendue et l'une des plus riches au monde de part sa biodiversité.

Source : Ndongo DIN, Daniel LACAZE et François BLASCO

Fig1. Étendue de la mangrove du Rio Del Rey

On a également la mangrove de l'estuaire du Cameroun qui se trouve dans la région du Littoral à l'embouchure des fleuves Bimbia, Mungo, Wouri et Dibamba couvrant une superficie de 180.000 hectares puis on a la mangrove de l'estuaire du Rio Ntem dans la région du Sud avec les fleuves Loukoundje Sanaga et Ntem sa superficie est de 2.000 hectares c'est la plus petite mangrove du pays.

2- Composition floristique et faunique

La biocénose de la mangrove camerounaise est très diverse sur le plan morphologique et sur le plan de la composition floristique et faunique La flore est faite essentiellement de palétuviers de type rhizophora. Il y a 6 espèces indigènes (Rhizophora racemosa, Rhizophora harrisonii, Rhizophora mangle (Rhizophoracée); Avicennia germinans (Avicenniacée); Lagunculacia racemosa, Conocarpus erectus (Combrétacée); et une espèce introduite Nypa fruticans (Aracée); soit 7 espèces appartenant à 4 grandes familles de plantes. Autres espèces sont associées dont les plus importantes sont : Drepanocarpus lunatus, Dalbergia ecastaphylum, Paspalum vaginatum, Hibiscus tilaceus, Phoenix reclinata, Acrostichum aureum, Pandanus candelabrun, Sesuvium portulacastrum, Alchornea cordifolia, Annona glaba, Elaeis guinensis, Athocleista vogeli, Bambusa vulgarus, Coco nucifera, Eremospatha wendlandiana, Guiborutia demensei, Raphia palma-pinus, etc. (Mbog, 1998). Les peuplements forestiers représentent plus de 72 % de la végétation des mangroves ; les peuplements arbustifs oscillent autour de 20 % et la végétation herbacée environ 8 %. Les Rhizophora racemosa occupe 90 à 95 pour cent  des mangroves de la zone des marées où cette espèce  peut atteindre 25 mètres de haut mais se limite plus souvent à quatre à huit mètres, plus à l'intérieur des terres. La composition faunique est très diverse avec la faune aquatique: mammifères, mollusques, crustacées, poissons ;  la faune terrestre: mammifères, reptiles et la faune aviaire: oiseaux d'eaux.

De part son immense richesse biologique et sa particularité écologique, la mangrove au Cameroun joue des rôles très importants et présente de grands enjeux dans plusieurs domaines.

Cliché WAFFO

Photo1 paysage de mangrove

B- IMPORTANCE DE LA MANGROVE CAMEROUNAISE

Les mangroves bondent de ressources et sont très importantes pas seulement à l'échelle des populations riveraines, mais aussi bien à l'échelle nationale que mondiale. Cette importance se dénote des fonctions qu'elles occupent dans la société et celles ci se classent en trois principaux domaines à savoir économique, scientifique et socioculturel.

1- Fonction économique de la mangrove au Cameroun

Les populations riveraines des mangroves du Cameroun pour la plupart originaires d'Afrique de l'Ouest notamment du Nigeria, du Bénin, du Ghana et autres ; sont les premiers témoins de la portée économique de ce milieu. En effet, la mangrove regorge d'énormes quantités de ressources halieutiques principalement les poissons et les crustacés qui est une véritable manne pour les populations. Des villages de pêcheurs se sont érigés tout au tour de cette zone à l'instar de Yoyo vers Limbé dans la mangrove du Rio Del Rey. Pour assurer la conservation des poissons pêchés, on les fume et pour ce faire, la mangrove est une fois de plus sollicitée pour le bois qu'il procure et qui est utilisé comme source d'énergie ou pour les services diverses tels que la construction des pirogues (le palétuvier rouge étant adapté) et des pagaies. Le poisson après être fumé est transporté vers les grands marchés du pays. Par ailleurs, de nombreux produits forestiers non ligneux (P.F.N.L) telles que les lianes et les rotins abondent dans la région et sont prisés dans l'artisanat.

Les mangroves du Cameroun regorgent d'importantes ressources pétrolières et gazières principalement dans le bassin du Rio Del Rey. D'ailleurs, la production pétrolière camerounaise est réalisée à partir de 49 champs offshores et le bassin du Rio Del Rey fournit 90% de la production nationale de pétrole brut. Enfin d'autres importance et non les moindres sont : les mangroves sont des destinations de prédilection pour l'écotourisme, le sable qui s'y dépose est de très bonne qualité et est recherché pour des constructions diverses des carrières de sables y abondent surtout dans l'estuaire du Cameroun aux environs de Douala.

2- Fonction scientifique de la mangrove au Cameroun

L'importance scientifique de la mangrove au Cameroun se situe à plusieurs niveaux surtout biologique et écologique.

Au plan biologique, mangrove camerounaise abonde de vies sa biodiversité est impressionnante. En plus des palétuviers, plusieurs autres végétaux trouvent dans les marécages de mangroves un milieu propice à leur développement à eux, s'ajoute une faunes aux espèces variés allant des bactéries jusqu'aux mammifères en passant par des rongeurs des reptiles et des insectes. Plus de 80% des espèces halieutiques pêchées en mer sont tributaires de ces mangroves.

Au plan écologique, la mangrove est très active dans la stabilisation des sols les limons qui y abondent fertilisent le sol tandis que le sable filtre l'eau et la végétation régule le microclimat. C'est une zone de frayère pour la reproduction halieutique. Feuilles, brindilles et écorces des arbres constituent les fondement d'un important réseau trophique avec à sa base les détritivores. Les mangroves offrent une protection contre les vents et la houle limitant de ce fait l'érosion littorale. L'abondante végétation de la mangrove contribue par ailleurs à la lutte contre le réchauffement climatique à l'échelle mondiale en piégeant une partie du carbone.

La mangrove est un milieu tellement particulier et complexe qui se prêtre à la recherche scientifique dans plusieurs domaines. Nombre de chercheurs lui ont d'ailleurs consacré plusieurs de leurs travaux à l'instar de Roger NGOUFO, Ndongo DIN, François BLASCO pour ne citer que ceux là.

3- Fonction socioculturelle de la mangrove camerounaise

Au Cameroun, les communautés voisines des mangroves dépendent étroitement d'elles pour leur alimentation mais aussi pour leur santé car ils y trouvent des plantes médicinales pour se soigner et se protéger. En outre, des liens culturels très serrés lient la mangrove et la population riveraine comme à Manoka près de Douala la mangrove est le sites des rites et autres pratiques traditionnelles, c'est là que se reposent les ancêtres et où vivent les dieux ; plusieurs autels y sont aménagés pour les sacrifices.

Outre le bois de feu et le charbon de bois, les communautés côtières dépendent aussi des mangroves pour le bois de construction des logements et des embarcations. De surcroît, les mangroves fournissent du chaume résistant à l'eau pour les toitures, ainsi que du fourrage pour les animaux domestiques. La mangrove a un rôle de protecteur pour les communautés voisines une protection contre les effets du vent, des vagues et des courant.

Ainsi, l'importance des la mangrove camerounaise n'est plus démontrer et toutes richesses devant être exploiter, les populations ne ménagent aucun effort pour le faire. Cependant, son exploitation est faite de façon irresponsable et abusive ce qui fait peser sur celle-ci de sérieuses menaces.

II- LA MANGROVE CAMEROUNAISE UN ECOSYSTEME EN DANGER

Malgré les caractéristiques et l'importance de cet écosystème fragile, les mangroves du Cameroun ont subi pendant près de 50 années des pressions énormes, suivies de dégradations importantes (voir graph. 2) consacrant ainsi la perte de plus de 30% de sa surface de mangrove (de 600 000 ha à 400 000 ha à ce jour). Cela est dû à beaucoup de facteurs surtout la déforestation pour le fumage de poisson (Ajonina et Usongo 2001 ; Ajonina et al 2005). Ces menaces ont des répercussions énormes à divers niveaux.

A- MENACES QUI PESENT SUR LA MANGROVE AU CAMEROUN

Plusieurs menaces de natures diverses pèsent sur les mangroves (voir tableau1). Les principales menaces de la mangrove ont pour origine la pauvreté et la croissance démographique pour facteur aggravant ces menaces sont nombreuses on distingue.

1- L'exploitation irresponsable des ressources de la mangrove et sa dynamique naturelle

L'exploitation des ressources de la mangrove est faite sans souci du lendemain. Associée à la dynamique naturelle des mangroves, elles contribuent à hauteur de près de 90% à la dégradation (voir graph. 1) ceci en partie être expliqué par l'explosion démographique dans les villes voisines des mangroves comme les villes de Limbé et de Douala or les ressources des mangroves ne sont pas inépuisables. On distingue :

a- La pêche et la chasse non conventionnelles

En effet, La pêche constitue l'activité principale des communautés côtières traditionnelles dans lesquelles elle est perçue d'abord comme une activité culturelle avant les besoins économiques. Malgré le rôle primordial que les mangroves et les systèmes connexes jouent dans les pêcheries (Robertson and Duke 1987; Primavera 1998). Les statistiques officielles estiment que chaque année, au Cameroun, 50 000 t de poisson sont pêchés dans les mangroves: bossu, bar, mulet, machoiron et surtout bonga (Ethmalosa dorsalis), l'espèce la plus demandée sur les marchés camerounais. De plus, au large des côtes du Cameroun, la  pêche industrielle est importante. Les autorités qui gèrent les pêches n'apportent pas beaucoup de solutions sur la protection et la conservation de ces écosystèmes. La chasse au fusil et par câble pratiquée dans les mangroves (Ngoufo 2002) à des fins de consommation ou de loisir contribue à l'extinction rapide de la faune terrestre et aviaire.

b- L'exploitation abusive du bois et PFNL

Le bois constitue la principale ressource des mangroves. En effet, Dans les campements de pêche de la zone littorale du Cameroun, le bois de mangrove est coupé à un rythme quotidien incessant et en quantité astronomique pour construire des baraques en planche de palétuvier, des pirogues mais surtout pour en faire du combustible à fumer le poisson (voir photo 1) et servir comme principal combustible dans les villes avoisinantes. Le droit de coupe de bois est facilement accordé à tous. Il n'y a que quelques bouteilles de liqueur et quelques billets de banque à fournir au chef des campements en guise de compensation comme c'est le cas dans le campement Yoruba Makollè. Une compensation assez mince compte tenu des dommages infligés à la mangrove. On estime à environ 60 000 m3 la quantité de bois qu'on sort par ans dans les mangroves au Cameroun. La demande des PFNL tels que le tannin, le vin et autres boissons distillées à partir du palmier nipa, la toiture, les décorations, les aliments et les médicaments devient de plus en plus croissante avec la croissance démographique ce qui commande des pressions plus acerbes sur la mangroves. Un autre facteur accélérateur fut la modernisation du matériel de coupe par introduction de tronçonneuses et parfois de grosses pirogues propulsées par des moteurs hors bord (Din and Blasco 1998).

Cliché WAFFO

Photo2 bois des mangroves pour combustible dans le Rio del Rey

c- L' exploitation du sable

De vastes étendues de mangroves au Cameroun ont été défrichés et reconverties en carrières de sable et l'exploitation est faite sans aucun souci dans la mangrove de Douala par exemple, l'on exploite environ 30 à 40 camions de sable par jour et la demande se fait de plus en plus croissante avec la modernisation de l'habitat et des infrastructures.

d- la dynamique naturelle des mangroves

La dynamique naturelle progressive des mangroves peut aboutir à l'obstruction des voies d'eau, perturbant ainsi la navigation et éloignant les zones de pêche en plus les espèces se livrent une compétition naturelle dans cet écosystème qui abouti souvent à la décadence des êtres les plus faibles qui sont pour la plupart les espèces pionnières favorisant de ce fait le recul des mangroves à une vitesse plus rapide.

2- L'expansion urbaine, les activités industrielles et agricoles

Cette expansion et ces activités sont fortement influencée par la croissance démographique urbaine et la dégradation du secteur moderne qui accentuent la pauvreté en augmentant non seulement le nombre de coupeurs de bois, mais aussi le nombre de consommateurs incapables de payer les sources d'énergie modernes (Nicole et al. 1994; Saenger and Bellan 1995; Din 2001).

a- L'expansion urbaine

A la fin du siècle dernier, le pays a été frappé par une grave crise économique qui a peuplé ses villes de nombreux chômeurs. Dans les villes côtières, le commerce du bois provenant des mangroves est apparu comme une activité florissante. La pression démographique provoque leur destruction et son influence s'accentue dans des zones non protégées, surtout aux voisinages des agglomérations où les problèmes fonciers et la pauvreté poussent les populations à occuper des espaces libres à faibles coûts on assiste donc à un développement d'habitats spontanées et anarchiques dans les mangrove jouxtant les grandes villes.

b- Les activités agricoles

Au Cameroun, les surfaces de mangroves cultivées sont négligeables (F.A.O 2005) car les riverains n'ont pas l'agriculture pour propension. Cependant, la mangrove est menacée par des pollutions diverses provenant des pesticides et des engrais des plantations côtières d'hévéas, de palmiers à huile et de bananiers à coté de cette pollution, il y'a l'invasion de la mangrove par des plantes envahissantes tels que la jacinthe d'eau douce provenant des activités agricoles en amont.

c- Les activités industrielles

Le gros des industries camerounaises se localise dans la zone côtière fortement urbanisée. a plupart de ces industries ont un matériel archaïque ce qui fait qu'elles produisent énormément de déchets qui sont évacuer dans la mangrove voisine jusqu'ici enclavée. Par ailleurs l'exploitation pétrolière off shore met aussi la mangrove en danger de part les pollutions qu'elle génère et aussi de part la surface de mangrove qui est détruit pour cela. Dès lors dans le bassin du Rio del Rey, plus de 143,36 km2 de mangrove sont concédées a l'association Dissoni (Snh / Pecten / Total E&P, opérateur) en plus des de 474 km2 concédées à Addax, opérateur.

Tableau1 récapitulatif des menaces sur la mangrove au Cameroun

menaces

La pêche et la chasse non conventionnelles

Exploitation abusive du bois et PFNL

Exploitation du sable

Exploitation du pétrole off-shore

Activités agricoles et industrielles

L'expansion urbaine

Dynamique naturelle

Estimation Proportion%

18

45

5

9

7

10

6

Source : enquêtes de terrain

Fig3 : estimation des proportions de chaque menace

Source : tableau1

A coté de toutes ces menaces, réside une autre quelque peu négligée mais somme toute importance. Il s'agit de l'absence de connaissances sur la superficie exacte des mangroves du pays. En effet plusieurs sources avancent des chiffres avec des écarts considérables au point où il devient assez difficile de savoir quel est l'état de dégradation exacte

Toute cette panoplie de menaces conduisent inéluctablement à la dégradation des mangroves et cette dégradation pourra entraîner de sérieuses et sévères conséquences.

B- IMPACTS POTENTIELS DE LA DEGRADATION DE LA MANGROVE AU CAMEROUN

Si l'exploitation abusives des ressources des mangroves, leurs pollutions par les déchets industriels ainsi que leurs reculs suite à l'expansion urbaine bref si la dégradation de la mangrove se poursuit, elle est successible d'entraîner une série de conséquences sur le plan environnemental et sur le plan socio économique. D'ailleurs, certaines de ces conséquences sont déjà perceptibles.

Années

1980

1990

2000

2005

Surface des mangroves en ha

272 000

256 300

251 500

250 000

Taux de dégradation en %

5,4

1,22

0.4

En attente

Tableau2 évolution de la superficie de la mangrove camerounaise dans le temps

Source : Atlas Mondial Des Mangroves F.A.O 2007 (données approximatives)

1- Impacts environnementaux de la dégradation des mangroves

L'utilisation de la mangrove demeure le problème fondamental sur le plan environnemental dans ce sens qu'elle provoque toujours des perturbations irréversibles et dans plusieurs cas, la destruction est totale.

a- La perte de la biodiversité et disparition de l'écosystème

L'exploitation abusive et irresponsable des ressources des mangroves caractérisée par des techniques de chasse de pêche et de coupes non conventionnelles ; couplées avec les pollutions diverses que subit les mangroves sont successibles de conduire à une extinction massives des espèces vivantes faunique et floristique rares et précieuses de ce milieu. Comme c'est déjà le cas avec certaines plantes médicinales et certaines espèces de poissons à Yoyo par Limbé. Dans la mangrove du Rio del Rey, des niches écologiques entières ont disparu suite à la création des puits de pétrole.

b- L'érosion littorale et les catastrophes naturelles

L'exploitation du sable ainsi que des palétuviers dénudent le sol des zone de mangroves et les rendent de ce faits aux actions de la houle des marées et des vents ce qui entraîne une érosion rapide et sévère du littoral et par ricochet le recul des côtes signe de l'avancée de la surface marine au détriment de la surface continentale. Suite à ces dégradations la zone côtière sera exposée aux inondations et aux vents violents qui seront très destructeurs.

c- Destruction de la couche d'ozone et réchauffement climatique

Les pertes dans l'exploitation du bois de mangrove dues essentiellement à l'abandon des houppiers sur le terrain sont de l'ordre de 50% au Cameroun (Din, 2001). Ces houppiers en pourrissants libèrent dans l'atmosphère une quantité importante de dioxyde de carbone qui une fois libérée s'attaque à la couche d'ozone.

La contribution de la flore de mangrove ainsi que le sol toujours humide au piégeage du carbone est non négligeable surtout avec sa situation à proximité de la zone industrielle ainsi, sa disparition accentuera l'effet de serre et dans la même lancée le réchauffement climatique les zones littorales étant déjà réputées pour leur climat très chaud.

2- Impacts socioéconomiques de la dégradation des mangroves

La destruction de la mangrove aura de conséquences socioéconomiques dramatiques sur les populations riveraines mais également pour l'ensemble du pays.

a- Impacts économiques

Les mangroves du Cameroun mettent dans le circuit commercial environ 60.000 tonnes de poissons fumés par an, environ 50.000 tonnes de bois utilisés comme principale source d'énergie dans plusieurs villes. Ces seul deux activités pour ne citer qu'elles font vivre plus de 2500 familles (Mbog 1998) des pêcheurs exploitants à ceux charger de fumer le poisson jusqu'aux multiples commerçants de gros et détails des différents marchés du pays. Ainsi une cessation de cette activité va induire des pertes sérieuses pour l'Etat en terme de taxes et autres redevances. De plus, après la grave crise économique des années 1990, beaucoup de personnes ont trouvé dans la mangrove une activité pour assurer sa survie ainsi que celle d'une famille nombreuse restée au village.

b- Impacts socioculturels

Au plan socioculturel, la destruction de la mangrove pourra entraîner des catastrophes naturelles comme les inondations en marrées hautes ou alors la stérilité des sols à cause de la sècheresse et de l'érosion. Ces aléas vont induire des crises sociales graves tels que les conflits fonciers, la faim, la sous nutrition, le chômage, et l'accentuation de la paupérisation des grandes métropoles voisines car envahies par de nombreux sans emploie en quête de travail cela va inéluctablement faire croître les maux urbains déjà criards dans ces villes comme le grand banditisme, la prostitution et la promiscuité

La mangrove à une valeur culturelle très importante dès lors si elle disparaissait, il y'aura perte de valeurs culturelles qui va conduire à l'acculturation voire à une disparition de la culture car la mangrove est un lieu de pratiques religieuses et traditionnelles des peuples qui en dépendent.

Ainsi, on comprend aisément l'impérieuse nécessité qu'il y'a à protéger les mangroves du moment où l'avenir de plusieurs groupes en dépend.

Fig4 : Tendances de dégradation de la mangrove au Cameroun entre 1980 et 2000 (données approximatives) Source : FAO 2003

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