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Ségrégation et dynamiques multiculturelles à  Séville:le cas du quartier "El Cerezo"

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par Matthieu Bouchet-Wacogne
Université de Poitiers - Master 1 migrations internationales 2010
  

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2/ Intervention dans les établissements scolaires

Intervenir dans les bâtiments scolaires permet de sensibiliser les enfants et jeunes du district de la Macarena à des projets multiculturels que mettent en place les différentes associations humanitaires que nous avons présenté précédemment. Entre 2003 et 2007 le nombre d'élèves étrangers dans le secondaire est passé de 80286 à 169490 (MARTINEZ DE LIZARRONDO ARTOLA, 2009, M.E.P.S.Y.D., p.95).

L'idée d'ouvrir les programmes scolaires à l'inter-culturalité apparaît comme une solution face aux problèmes de ségrégation. Cela passe par la formation aux valeurs humaines d'égalité, de respect, de tolérance, de diversité et de coopération; en reconnaissant le droit personnel de chaque élève, en admettant le respect de la différence, la lutte contre le racisme, la discrimination et les stéréotypes et enfin, en intégrant les parents des élèves immigrés dans la vie des établissements scolaires (PENALVA VELEZ, 2009). Tout ceci ne peut se faire que lorsque que c'est jugé "important" par les professeurs, c'est pourquoi il est essentiel que des membres d'associations participent également à la mise en avant des valeurs humaines dans les lieux de scolarisation.

a/ La cour de récréation : espace de visibilité

Les cours de récréation sont des lieux révélateurs de ségrégations sociales entre groupes ethniques. En effet, il suffit de se rendre dans les deux établissements scolaires les plus proches du quartier El Cerezo43 pour s'apercevoir que les différents jeunes restent entre groupe de même origine géographique. "C'est le reflet de l'éducation qu'ils ont à la maison" (Tania, péruvienne, volontaire Acoge). Les enfants se mélangent peu car leurs parents ont, en règle générale, de faibles contacts avec les différents groupes ethniques du quartier. Mais cela dépend bien souvent du travail que les parents exercent. En effet, beaucoup de femmes travaillent dans l'aide et l'assistance à la personne et peuvent être perçues comme des personnes "aux services des espagnols dans des situations d'infériorité". Cette perception de Tania fait partie de son imagerie, et donc de ses perceptions. Sa réponse expliquerait les motifs de mise à l'écart entre autochtones et immigrés dans des situations de dominant/dominé. Cela est bien évidemment le constat d'une personne et ne peut donc pas être généralisable.

43 Ces deux établissements sont l'école San Jose Obrero dans le quartier El Rocio et le lycée Miguel Cervantes dans le quartier Leon XIII

Par ailleurs, pour Demba (médiateur culturel, Cepaim) "il existe un phénomène de ségrégation visible durant la récréation au collège José Obrero". C'est pourquoi une de ses actions est de lutter contre cela en mettant en place des activités d'interactions ouvertes à tous les élèves. En revanche, pour Aziz (médiateur culturel, ACCEM) qui intervient lui aussi dans ce collège, "il n'y a pas de groupes de jeunes qui forment des groupes par nationalité".

Nous avons donc ici deux avis qui divergent dans la description d'un même lieu. Cela signifie que leurs représentations des attitudes sociales des enfants dans cet espace sont influencées, autant par leur imagerie que par leur profession ainsi que par le désir d'influencer et de créer de la multiculturalité. C'est seulement en se rendant dans l'école primaire San Jose Obrero pendant la récréation qu'il est possible de remarquer des regroupements communautaire entre enfants. Bien que, de nouveau d'après Aziz, les enfants jouent entre eux sans "différence ethnique, les jeunes ne forment pas de groupes par nationalité". Suite au constat que nous avons pu faire il est évident que son avis est n'est pas neutre. D'après lui, rechercher à tisser des liens avec des personnes de son groupe ethnique, concerne principalement les mineurs non accompagnés44, sans repère familial, ce qui ne concerne pas les enfants de cette école. En effet, les jeunes se regroupent davantage pour leur goûts sportifs, musicaux, vestimentaires, etc. De plus, toujours selon Aziz, "la diversité culturelle n'est pas dans les gènes" ce serait propre à chaque individu par rapport "aux croyances, aux goûts, à la composition familiale, aux revenus" etc. En cela les enfants n'ont pas ou peu de préjugé concernant les différences culturelles. "Les enfants ont des amis de différents pays avec qui ils jouent sans problème" (Elena, espagnole). Il n'y aurait alors pas de conflits directs entre jeunes en lien avec leurs origines. Nous ne pouvons pas en dire davantage puisque l'enfance et l'adolescence sont de vastes sujets dont certains raccourcis seraient malvenus.

A l'indifférence des jeunes vis-à-vis de la diversité culturelle, s'ajoute le désintérêt de certains habitants de quartiers multiethniques aux difficultés des autres, "les gens ne s'intéressent aux problèmes de discrimination que quand cela les concerne personnellement" (Tania, volontaire Acoge). Sensibiliser les individus aux discriminations et au "vivre ensemble" apparaît alors comme un défi où il importerait que chacun trouve un intérêt personnel. De plus, dans ces quartiers "le racisme existe mais il n'est pas flagrant même s'il y a des problèmes d'exclusion sociale" (Esteban, coordinateur Acoge). Il est possible de distinguer une mise à l'écart de certains groupes ethnique par les autochtones, ce qui créée de

44 Selon la legislation de l'Union Européenne, un mineur non accompagné est un ressortissants de pays tiers âgés de moins de dix-huit ans qui vit dans un territoire dont il n'est pas originaire sans être accompagnés d'un adulte qui soit responsable de lui, de par la loi ou la coutume.

l'exclusion sociale dans certains lieux tel des bars ou encore des salons de coiffure. Le but des interventions de différents acteurs associatifs dans les établissements scolaires est bien de créer une cohésion entre les jeunes, principalement durant les temps de récréations pour ainsi lutter contre d'éventuelles mises à l'écart. Intervenir dans les écoles est une forme d'action sociale et de sensibilisation pour éviter l'exclusion.

Il n'en reste pas moins que cela ne concerne pas seulement les enfants. La médiation interculturelle avec les voisins de différentes origines est également une façon d'aider à créer du "vivre ensemble" de la part des membres des associations (Cepaim, ACCEM et Acoge).

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