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Média, support, temporalité : le cas des pure-players de presse.


par Colin FAY
Université Rennes 2 - Master Information et Communication 2014
  

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Colin FAY

 

Université Européenne de Bretagne - Rennes 2

UFR ALC

MASTER 2 COMMUNICATION
Parcours EPIC

 

Média, support, temporalité :

le cas des pure-players de

presse.

FAY Colin

Sous la direction de : Jean-Luc Bouillon

Septembre 2014

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Colin FAY

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Note de confidentialité

Le corpus de cette version est anonymisé. Cette version est destinée à la diffusion.

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Note de confidentialité 2

Introduction 5

1. Mise en perspective 5

1.1. Contexte général 5

1.2. Présentation générale du corpus 7

1.3. Présentation des actants du corpus 10

1.4. Limite de l'accès au corpus 11

2. Internet, médias, territoires. 12

2.1. Média et territoire 12

2.2. L'information overload et l'économie de l'attention 14

2.3. Territoire et enjeux territoriaux 16

2.4. Particularités du corpus 17

3. Médias et temporalité : périodicité, flux, sédimentation. 18

3.1. Singularité du Pure-player 18

3.2. De la periodicité au flux-sédimentant. 19

3.3. Flux et pertinence 21

1. Écrire 23

1.1. Les signes passeurs 24

1.1.1. Les signes passeurs 24

1.1.2. Créer des signes passeurs 26

1.1.3. Tension des signes passeurs 28

1.2. Logique de parcours 30

1.2.1. Construire un récit 30

1.2.2. Contextualiser le parcours 32

1.2.3. Fragiles récits 35

1.3. De l'auteur au narrateur 37

1.3.1. Signatures 37

1.3.2. Écriture et légitimité 39

1.3.3. Tension et dissolution de la figure écrivante 41

2. La présence continue 43

2.1. Présence continue, longue traine, trace 44

2.1.1. L'effet longue traine 44

2.1.2. Trace 48

2.1.3. Trace, écriture, lecture 51

2.2. Présence continue et interaction 54

2.2.1. La place des RSN 54

2.2.2. RSN et temporalité 57

2.2.3. Tension des RSN 60

2.3. Présence continue et mort de l'auteur 62

2.3.1. La « mort de l'auteur » 62

2.3.2. RSN et horizons d'attente 64

2.3.3. La tension du répondant 66

3. Vitesse 68

3.1. Le mythe 68

3.1.1. Cadre général 68

3.1.2. Le mythe de la vitesse 70

3.1.3. L'illusion de l'immédiat 73

3.2. Vitesse et écriture 76

3.2.1. Délégation de l'écriture à la technique 76

3.2.2. Le choix des signes 79

3.2.3. L'écriture automatique 81

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3.3. Vitesse et information 83

3.3.1. Les source 83

3.3.2. La tentation du copier-coller 85

3.3.3. Double temporalité 87

Conclusion 89

Limites 92

Quelle valeur ajoutée ? 93

Ouverture 95

Bibliographie 96

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Introduction

1. Mise en perspective

1.1. Contexte général

D'après les chiffres d'une enquête menée par l'INSEE en 2012, trois personnes sur quatre auraient accédé à Internet au cours des trois mois précédent l'enquête (contre une sur deux en 2007). Au sein de ces derniers, 79% auraient accédé à Internet tous les jours ou presque, et 40% via Internet sur appareils mobiles -- chiffres en constante évolution ces dernières années (Enquête INSEE Première publiée en Juin 2013). Au sein de ce contact avec Internet, les réseaux sociaux numériques (désormais abrégés RSN) sont des dispositifs qui sont devenus centraux dans les dynamiques communicationnelles depuis le début du XXIème siècle. Facebook, Twitter, Google +, LinkedIn -- pour ne citer qu'une infime partie d'une liste qui s'amplifie chaque jour -- sont devenues des plateformes utilisées de manière quotidienne par de nombreuses organisations et individus. Par exemple, en juin 2013, le nombre d'utilisateurs quotidiens de Facebook se chiffrait mondialement à 699 millions. Ce même chiffre rapporté au mois monte à 1,15 milliard d'utilisateurs actifs1. En France en 2012, on comptait environ 26 millions d'utilisateurs actifs de Facebook (se connectant au moins une fois par mois), ce qui représente plus d'un internaute sur deux, et utilisant le réseau en moyenne 5 heures par mois2, dont 16,4 millions l'utilisant tous les jours 3.

Nouvel outils, nouvel espace, mais aussi nouvel environnement économique, le numérique se développe de manière exponentielle depuis les années 1990, créant de nouveaux usages et de nouvelles pratiques, et est à l'origine de transformations d'anciens et de l'émergence de nouveaux médias. C'est à un type précis de ces nouveaux médias que nous allons nous intéresser dans ce travail : les pure-players de presse, c'est-à-dire les médias de presse dont la production de contenu passe uniquement par une plateforme numérique, i.e. sans équivalent ou pendant print physique. En plein développement depuis 2007, et potentiel renouveau pour sortir de la crise qui touche la presse (« les nouveaux médias en ligne américains ont généré près de 5.000 emplois en quelques années » annonce l'AFP le 26 Mars 2014, d'après une étude publiée par le Pew Research Center, alors que les emplois dans les médias traditionnels ont diminués de 6,4 %. En 2013, 681 points de vente de journaux ont fermé), le pure-player est pourtant un

1 http://www.prnewswire.com/news-releases/facebook-reports-second-quarter-2013-results-216805531.html

2 http://www.zdnet.fr/actualites/facebook-en-france-26-millions-d-utilisateurs-actifs-plus-de-5-heures-par-mois-39774160.htm

3 http://www.blogdumoderateur.com/chiffres-facebook-france-aout-2013/

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modèle dont il faut appréhender les nouvelles formes et les nouvelles normes4 : son statut uniquement numérique lui confère un nouveau rapport à la fois à l'écriture et à la temporalité, et y voir les normes de la presse pré-numérique (que nous appellerons « presse traditionnelle ») crée un décalage, un jeu, voire même parfois une inadéquation dans les enjeux et dans les pratiques des nombreux actants, en particulier sur la valeur à apporter à l'information et au travail. Avec le numérique émergent de nouveaux rapports à l'écriture et à la temporalité, et de ce fait de nouvelles pratiques de lecture et de nouveaux mythes (au sens où l'entend Barthes, 1957) qui se rencontrent sur le territoire d'écriture sur lequel évoluent journalistes, organisations et lecteurs, ainsi que de nouveaux rapports à la valeur du travail dans l'organisation.

Bien que de nature hétérogène quant à leurs lignes éditoriales, ce sont des dispositifs unis autour d'une dynamique commune : leur pérennité repose sur une continuelle production d'écrits5 sur les dispositifs numériques, écriture continue et interactive, et créatrice de nouveaux rapports à la lecture et au temps. L'utilisateur du réseau, qu'il soit scripteur ou lecteur Ñ et bien souvent les deux Ñ se trouve devant un potentiel qui lui est subjectivement infini (bien que possédant une limite matérielle finie) : Internet s'impose selon un niveau d'échelle dans lequel le lecteur a face à lui des possibilités de lecture qui dépassent le temps d'attention qu'il peut y accorder, et le scripteur peut toujours avoir accès à une quantité de récits à raconter qui est supérieure au temps qu'il peut accorder à l'écriture. Comme l'écrit McLuhan (1968:25-26) :

« les effets d'un médium sur l'individu ou sur la société dépendent du changement d'échelle que produit chaque nouvelle technologie, chaque prolongement de nous-même, dans notre vie. (...) Le "message" d'un médium ou d'une technologie, c'est (ce) changement d'échelle, de rythme ou de modèle qu'il provoque dans les affaires humaines. »

Ainsi, au delà du contenu, les pure-players journalistiques sont des nouveaux dispositifs, de nouveaux supports, qui sont créateurs de nouvelles normes d'écritures, de lectures et de temporalité. Comme le rappelle Debray (1991:169), « les formes de diffusion déterminent la nature du diffusable. » C'est pourquoi « le support est peut-être ce qui se voit le moins et qui compte le plus. » (ibid:195)

4 Comme le souligne Marion (1997:79) : « il convient donc d'appréhender au mieux le potentiel spécifique d'un média. Ce potentiel est régi notamment par les possibilités techniques du support, par les configurations sémiotiques internes qu'il sollicite et par les dispositifs communicationnels et relationnels qu'il est capable de mettre en place. »

5 Nous utiliserons ici, sauf indication contraire, le terme d'écriture au sens large du terme, i.e. toute action de production de signe(s), c'est-à-dire selon la définition qu'en donne Leroi-Gourhan (1964:261), en tant qu'elle est « l'aptitude à fixer la pensée dans des symboles matériels ».

De la même façon, le terme de lecture référera à toute activité de visualisation de cette écriture.

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