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Initiatives PPTE et les perspectives de croissance
économique en Afrique sub saharienne, cas de la République
Démocratique du Congo
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IMPORTANT :
« Les lecteurs trouveront dans cet ouvrage la
vérité sur les fausses résolutions de la lutte contre la
pauvreté dans l 'ensemble des PED et particulièrement en RDCongo
initier par les Institutions Financières Internationale, Et un ensemble
des propositions des résolutions pour parvenir à une lutte contre
la pauvreté et renouer avec une croissance rapide et durable proposer
par l'auteur. »
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EPIGRAPHE
« S'il m'était donnée la
possibilité de faire toute chose dans ma vie sans subir une
conséquence, ce ne serait pas les études que j'aurais choisies.
Elles sont encombrantes et embarrassantes comme
activité.
Mais hélas ! dans le monde actuel, elles sont comme
un comp rimé qu'on avale douloureusement , mais avec l'espoir de gagner
plus d'énergies pour être efficace dans le travail »
Ben Ellah - BALONGELWA
DEDICACE
A celui qui est venu , et a annoncé la bonne nouvelle
de la paix à vous qui étiez loin, et la bonne nouvelle de la paix
à ceux qui étaient près; car par Lui nous avons, les uns
et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit;
Je dédie ce travail
AVANT- PROPOS
A près cinq années combien pénibles, nous
sommes arrivé au terme des nos études Universitaires. Seul le
courage sans relâche, la patience mais surtout la
persévérance nous ont permis d'arriver au bout du travail que
nous pouvons nous glorifier aujourd'hui.
Nos propres efforts n'ont pas suffi pour arriver au terme de
ce mémoire sanctionnant la fin de notre formation universitaire en
Sciences Economiques. Nous sommes sans doute le produit des efforts consentis
par plusieurs personnes. Nous ne saurions passer sous silence les efforts
désintéressés.
Nous adressons nos sincères remerciements au corps
professoral de l'Université Protestante au Congo pour avoir
contribué à notre formation. Puissent-ils trouver, par ce
travail, le couronnement de leurs efforts
désintéressés.
Nous pensons plus particulièrement au Professeur
Evariste MABI- MULUMBA, dont la direction clairvoyante a assuré
la cohésion de ce travail. C'est avec enthousiasme qu'il a
accepté de le diriger et ses remarques, ses conseils, propositions et
orientations nous ont été très
bénéfiques.
Nous exprimons aussi notre gratitude à l'Assistant
Alexandre NSHUE MBO MOKIME, dont l'encadrement préliminaire a
facilité grandement notre tache et aussi celle du professeur. Ses
remarques et considérations ont placé cette oeuvre à sa
hauteur.
Nous ne remercions jamais assez tous les camarades et amis avec
qui nous avons partagés les joies et peines durant cette longue
expérience Académique. Nous pensons à Bruno Mussa, Didier
Muland, Jay Ngalasi, Andres Udima, Simone Nabussi et Patrick kazadi,. En suite
notre pensée va à Fanny Mwanza.
Qu'ils trouvent, dans ce travail, le fruit de leurs
encouragements.
INTRODUCTION
Problématiques et hypothèses
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e par l'histoire de l'humanité, la fin d'un siècle
est toujours caractérisée par des événements qui
attirent même l'attention des observateurs les moins attentifs.
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A la fin du 20ème siècle, au moment
où certaines personnes ont les regards tournés vers la
technologie à cause de son progrès et ses découvertes
étonnantes , notre attention est focalisée sur les questions
soulevées par l'endettement ,la pauvreté et la croissance
économiques.
L'Afrique est en crise. Depuis des années,
l'évolution économique et les problèmes d'endettements y
sont préoccupant. Et cette évolution tend à la
marginaliser au sein de l'économie Mondiale. Dans les années qui
ont suivi la Deuxième Guerre Mondiale, l'Afrique a connu une
réelle croissance, mais déjà à cette époque,
le rythme en était inférieur à celui des autres pays de
l'OCDE.
Durant les années 1980 le retard grandit :
difficultés internes et externes s'accumulent, des secteurs
économiques importants stagnent ou régressent et, globalement, le
PIB par habitant reste faible. Sachant que la croissance économique ne
peut être réalisé sans investissements souvent massifs et
coûteux, les pays africains ,face à la faiblesse de leur
épargne interne , n'avaient de choix pour financer ces investissements,
que de recourir aux emprunts à l'extérieur. Ils ont même
été encouragés à le faire par les pouvoirs publics
des pays développés et les Banques qui trouvaient là un
moyen rentable de recycler les excédents des pays pétroliers
qu'elles recueillaient sous forme de dépôts
rémunérés.
Ce sentiment intense de bien-être et de confiance de
courte durée s'estompera avec les chocs pétroliers de 1973 et
1979, qui ont porté le prix du baril de pétrole de moins 3
dollars US à près de 40 dollars US et qui se sont suivi
concomitamment d'une détérioration des termes de l'échange
due à la baisse des cours de leurs principales matières
d'exportation, d'une hausse des taux d'intérêt internationaux,
ainsi que d'une réduction sensible des flux au titre de l'aide publique
au développement en faveur de ces pays.
Ne pouvant plus dégager suffisamment de ressources en
devises pour faire face au service de la dette , les pays africains ont
accumulé une dette de plus en plus importante qui les a conduit à
une crise d'endettement.
La République Démocratique Congo n'a pas
échappé à ce phénomène. En effet , le poids
de sa dette extérieure est passée de 380millions de dollars US en
1970 à 12.9 milliards de dollars US en 2002 dont près de
10,5milliards de dollars US d'arrières ( 80% de la dette du pays sont
des échéances impayées).
En 2002, la RDC se trouvait dans une situation difficile vis-
à- vis de sa capacité à assurer le service de la dette. Le
pays avait bénéficié entre 1981 et 1989, de six accords
de
rééchelonnement de sa dette au sein du Club de
Paris .Ces rééchelonnements, qui d'ailleurs sont des engagements
non productifs n'ont fait qu'alourdir à terme la facture de la dette .
Ainsi, entre 1990 et 2000 tous les indicateurs quantitatifs de gestion de la
dette extérieure de la RDC furent en rouge.
Les recettes d'exportation se sont effritées
d'année en année passant de 2 milliards de dollars US en 1991
à seulement 700 millions de dollars US en 2000, alors que le PIB est
passé de 6,5milliards de dollars US à 3,5milliards
évoluant à un taux de plus ou moins -5% en moyenne entre 1990 et
2001 contre un accroît démographique de 3,2% en
moyenne.1
Certains théoriciens et praticiens du
développement tel que RAVAILLON estiment qu'une suppression, à
tout le moins partielle, des dettes africaines qui tiendrait compte des
données comptables, c'est-à-dire des données
chiffrées pourrait en conséquences intervenir sans mettre en
cause l'équilibre financier des institutions privées et sans
menacer le système financier international. 2
D'ores et déjà nous pouvons estimer que la
solution à cette crise doit être recherchée sur les plans
externe et interne.
En septembre 1999, le Fonds Monétaire Internationale
(FMI) a créé la Facilité pour la Réduction de la
Pauvreté et la Croissance (FRPC) afin de placer les objectifs de la
lutte contre la pauvreté et de promotion de la croissance au centre de
ses opérations de prêts dans ses pays membres les plus pauvres.
L'examen de la FRPC achevé en 2002 a confirmé que les programmes
appuyés par les prêts accordés au titre de la FRPC sont
effectivement devenus plus favorables aux pauvres et à la croissance,
les objectifs et les conditions des programmes appuyés par la FRPC
étant tirés directement du Document de Stratégie pour la
Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Sur le plan interne l'enjeu pour le développement de
l'Afrique est essentiel, il n'est pas viable à long terme que tout
effort pour dégager des ressources supplémentaires aboutisse en
premier lieu à mieux servir les créanciers sans retombée
réelle sur la population , cependant un raisonnement dans les seuls
termes d'un volume donné de ressources escamote un aspect
économique et politique fondamental, celui de l'utilisation qui sera
faite des ressources nouvelles ainsi fournies aux pays endettés et
à la RDC en particulier.
1. Fonds Monétaire International (1999), Cadre
stratégique de la lutte contre la Pauvreté ; questions d'ordre
opérationnel,
tiré sur Internet. Htt://
www.imf.org
2. Norro. M, (1999), Economie Africaine : Analyse
économique de l'Afrique subsaharienne ; 2è Ed de BOECK ;
Bruxelles, p.248
Comment alors arriver à briser ce circuit auto -
entretenu entre l'endettement et une croissance économique nulle ou
négative pour résoudre durablement le problème de la
pauvreté en Afrique sub saharienne ?
L'initiative conjointe en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE) est-elle une nouvelle formule pour les institutions de
Betton Woods pour stimuler la croissance économique des pays en
développement (PED) et ainsi lutter contre la pauvreté ?
Alors que la RDC est bénéficiaire d'une telle
initiative, que peut-elle pour faire renouer avec la croissance et s'attaquer
à la pauvreté ?
Quels bénéfices peut-on attendre d'un
allégement de la dette au titre de l'initiative PPTE ? C'est autour de
ces interrogations que s'organise notre étude.
Intérêt et choix du sujet
Les menaces qui pesaient sur le système financier
international au début de la crise de l'endettement ne sont plus
imminentes aujourd'hui .Même si globalement cette dette continue de
s'accroître, elle ne constitue plus un danger pour ceux qui l'ont
financée faut-il en conclure que la crise de l'endettement est
terminée3 ?
Cette performance globale masque bien des disparités
.S'il faut se situer au niveau sous régional, les progrès en
cette matière ont été très
différenciés. Certains pays à revenu intermédiaire
d'Asie et d'Amérique latine se sont certes, affranchis du poids de leur
endettement, mais la situation reste très préoccupante pour
certaines régions notamment l'Afrique subsaharienne. En dépit des
multiples annulations et allégements dont elle a
bénéficié, cette partie du monde continue, en effet,
d'accumuler des arriérés de payement. Les difficultés
financières que cela engendre et les résultats mitigés
d'une décennie d'ajustement hypothèquent, aujourd'hui encore, le
développement de ces nations. Pour eux, la question de la dette
entière est préoccupante.
Il n'y a donc point de meilleur moment pour
réfléchir sur l'endettement la pauvreté et la croissance
que celui-ci qui voit les énergies être mobilisées sur le
plan international ,pour éradiquer la pauvreté et trouver une
réponse adéquate à l'endettement excessif qui freine le
développement économique.
La pauvreté est devenu l'une des questions les plus
brûlantes de l'heure. En dépit de tout ce qu'ont rendu possible
les révolutions techniques du 20ème siècle,
plus de la moitié de la population mondiale vit, en effet, avec moins
d'un dollar par jour et cette situation bloque l'expansion économique
des PED. Réfléchir aujourd'hui sur les facteurs qui sont
susceptible de pouvoir déterminer les mécanismes de
l'allégement de la dette et se proposer de présenter les voies et
moyens de sortir du sous-développement économique suscite notre
intérêt sur le plan scientifique tant que habitant d'un pays
classé parmi les pays pauvre très endetté .Par ailleurs ,
cette réflexion apparaît aussi comme une modeste contribution
parmi celles qui tentent de sortir des millions d'Africains et des Congolais de
la misère.
3.Thetika Banzodila., Endettement extérieur
et pauvreté en Afrique subsaharienne ; Mémoire
2ème licence économie mathématique,
UPC,2002-2003, p.5
Délimitation spatiale et temporelle
Comme l'indique l'intitulé de notre travail, l'Afrique
Subsaharienne constitue notre champ de recherche ou d'action. Le choix de cette
partie du continent est guidé par l'évolution similaire de
l'endettement et de la pauvreté de ces différents pays. Notre
étude portera sur la période allant de1 999 à 2003, mais
il y a lieu de signaler que cette délimitation temporelle n'est pas
rigide puisque la compréhension d'un aspect du problème demande
de dépasser ces limites
Méthodes et techniques de recherche
Toute travail scientifique recours à des méthodes
et techniques comme un moyen ou cheminement pour arriver à certains
résultats.
En effet, pour ce travail nous avons utilisé l'interview
libre inorganisée (unstandardised interview), nous avons
préfère cette technique à celle de l'interview par
questionnaire. En suite tout part aussi d'un modèle économique
analysant les limites du processus de l'endettements; les faits historiques
sont alors confrontés aux enseignements tirés du modèle.
Ainsi, nous avons recouru aux méthodes et techniques documentaires
Subdivision du travail
Le travail est organisé en trois chapitres et
sanctionné par une conclusion et quelques suggestions.
Le premier chapitre porte sur des considérations
générales. Il circonscrit les notions essentielles relatives au
sujet; il s'agit de la définition des concepts de base, des causes et
des conséquences de la crise d'endettement, des programmes d'ajustement
structurel et des différentes approches utilisées pour
résoudre la crise de l'endettement.
Le deuxième chapitre retrace tous les problèmes
liés à l'endettement extérieur et la crise
économique de la RDC.
Le troisième chapitre traite de l'Initiative PPTE et
des perspectives de croissance en RDC. Il est proposé, dans ce chapitre,
quelques pistes de solution pour sortir le pays de cette situation qui justifie
en partie son appauvrissement.
Chapitre I. CONSIDERATIONS GENERALES
Dans le présent chapitre, nous parlerons de certaines
considérations générales qui, à notre sens, sont
nécessaires pour la compréhension du sujet sous-examen. Nous
parlerons essentiellement de l'endettement extérieur, nous
présenterons les contours et la terminologie. Dans la première
section, nous montrerons à l'aide d'un modèle
macroéconomique très simple pourquoi certains pays recourent
à l'emprunt extérieur. Dans la deuxième section par
contre, nous définirons les concepts de base. Par la suite, nous
évoquerons les causes qui ont été à la base de la
crise de l'endettement des années 80, ainsi que les conséquences
qu'elles ont fait peser sur les économies des PED, avant d'analyser la
genèse et les concepts de l'approche PPTE.
Section I. Origine de l'endettement extérieure
I.1. Justification économique de l'emprunt
La justification économique de l'emprunt
extérieur se trouve dans la possibilité qu'il donne à un
pays de réaliser sans attendre des investissements, pour lesquels ses
ressources propres sont aujourd'hui insuffisantes mais qui sont susceptibles de
générer une valeur ajoutée supérieure au montant
qui devra ultérieurement être remboursé (principal et
intérêt).
Il s'ensuit que la contribution nette de l'emprunt au
développement et à la croissance dépend de deux
éléments :
- la rentabilité atteinte dans l'utilisation des
ressources empruntées ;
- et le coût du remboursement.
Ces dernières années, dans de nombreux pays en
développements (PED), et de l'Afrique subsaharienne en particulier, ces
deux éléments n'ont pas été satisfaisants.
Parmi les raisons principales qui expliquent le recours
à l'emprunt extérieur, on peut citer la faiblesse de
l'épargne interne par rapport aux investissements projetés. En
d'autres termes, l'endettement extérieur est le fruit des besoins de
financement ressentis par le pays débiteur. Si l'épargne
nationale était abondante et suffisante pour financer les
investissements nécessaires, l'idée d'emprunter à
l'extérieur des capitaux serait une fantaisie sans
justification.4
Considérons d'abord une économie ouverte, c'est
-à - dire qui entretient de relations avec l'extérieur. La
demande globale D de l'économie est donnée par la somme ci-
après :
D= C+G+I+X-M (1)
où C représente la consommation
privée ou des ménages, G la consommation publique, I
l'investissement, X les exportations et M les
importations.
4.Nakas (1986), Le recours à l'emprunt
extérieur dans le processus du
du développement ,
PUSAF/Abidjan,l'harmattan,Paris,p.57
Les revenus perçus par les agents Y leurs permettent de
financer leurs dépenses de consommation C, de faire face aux redevances
fiscales T et de constituer des épargnes S. Nous pouvons donc
écrire :
Y=C+T+S (2)
Puisque l'équilibre macroéconomique est une
situation dans laquelle le revenu national Y suscite une dépense
nationale D qui lui est identique, on peut égaliser les relations (1) et
(2). Nous obtenons l'identité suivante :
I+ G =T+S ou I = S+ (T- G)
Après arrangement des termes, on obtient : X- M = (S - I)
+ (T- G) (3)
X- M représente le solde de la balance commerciale, S-I
est le solde du compte capital consolidé du pays et T- G le solde des
finances publiques. De manière générale, ce dernier solde
est presque toujours négatif, soit T-G<0. Dans ces conditions, si X-M
est aussi négatif, alors S-I sera nécessairement négatif :
S-I<0 ou S<I, et l'économie ressent, bel et bien un besoin de
financement.
Au regard de ce qui vient d'être dit, les
économies qui s'endettent sont celles confrontées à des
déficits extérieurs et à des déficits importants
des finances publiques Elles sont marquées pour la plupart par une
instabilité des prix intérieurs.
La réalisation de la croissance qui est une
nécessité fondamentale dans un processus de développement
n'est possible que grâce à l'investissement. Pour les pays qui
ressentent un besoin de financement, l'investissement devra être
financé en partie par l'épargne intérieure S (si le solde
est positif ceci traduit que l'épargne intérieure est
supérieure à l'investissement intérieur, ce qui permet de
prêter au reste du monde); et en partie par les transferts reçus
du reste du monde.
Ces transferts peuvent être gratuits (dons) ou assortis
des conditions de remboursement (dettes). En cas de solde négatif
(balance courante déficitaire) comme ce fut le cas des PED une demande
d'investissement supérieur à l'épargne oblige le pays
d'augmenter son endettement extérieur du montant du déficit
courant qui en résulte.
D'ou l'endettement extérieur, dans ce cas, doit
être perçu comme une réponse optimale (rationnelle) de
l'économie face à un déséquilibre
extérieur.
Pour faire bref, à cause de leur exigence en
investissement et de la faiblesse de leur épargne intérieure, les
PED se sont vus obligés de recourir aux capitaux extérieurs afin
de financer leur croissance, et briser par conséquent « le cercle
vicieux de la pauvreté ». Cependant, ce besoin légitime de
recourir à l'aide extérieure, dans un monde de plus en plus
interdépendant, ne portait pas en soi des germes d'une éventuelle
crise5 . Cette dernière est la résultante de plusieurs
facteurs tant exogènes qu'endogènes. C'est ce que nous
épinglerons dans les lignes qui suivent.
5.Thetika ,B ;op.cit. p.8.
I.2. Définition des concepts
I.2.1. La dette extérieure et son
service
L'endettement extérieur brut d'un Etat, à un
moment donné, est la somme des engagements contractuels en cours et
ayant donné lieu à des versements de la part des résidents
d'un pays en faveur des non-résidents, comportant obligation de
remboursement du principal avec ou sans paiement d'intérêt, ou de
paiement d'intérêt avec ou sans remboursement de
capital.6
Autrement dit, il s'agit de l'ensemble des dettes d'un pays
à l'égard de l'étranger.
La dette extérieure peut etre publique ou
privée. Elle est publique lorsqu'elle est contractée par l'Etat
ou une société privée avec la garantie de l'Etat. La dette
privée non-garantie est contractée par une société
privée suffisamment importante pour inspirer confiance aux
prêteurs en dehors de la garantie de l'Etat.
Le service de la dette désigne les paiements
d'amortissements du principal et des intérêts que doit assurer le
débiteur en conséquence des emprunts
effectués,7 c'est-à-dire l'ensemble des charges
liées à l'exécution des obligations contractées.
6.Bizot,B.C. (2001) , «La dette des pays en
développement :vers une nouvelle gouvernance internationale »,in
notes et études ,
n°5124.La documentation Française,
Paris,p.13
7.BEKOLO-EBE.B.(1985), Le statut de l'endettement
extérieur dans l'économie sous-développée :
Analyse critique. Présence africaine, Paris,p.229
I.2.2. Capacités de s'endetter et de servir la
dette
La capacité de servir la dette peut se définir
comme la capacité du débiteur à payer aux
créanciers les sommes dues au titre d'amortissement du principal et des
intérêts.
Cette notion permet d'apprécier si le débiteur est
à même d'assurer les charges découlant des dettes
contractées. Elle permet de fixer une limite à
l'emprunt.8
La capacité d'endettement est un concept qui fait appel
à l'idée d'un plafond fixé au volume de l'endettement, en
fonction d'une anticipation sur la capacité du débiteur d'as
surer ultérieurement le service de la dette.9
I.2.3. La capacité d'emprunter et de
remboursement
D'après DHONTE, 10 la capacité
d'emprunter est le plus haut niveau de versements en pourcentage des
exportations qui puissent être indéfiniment maintenu sans que le
taux de service de la dette dépasse un plafond donné. Dans le
même sens, la capacité d'emprunt se comprend comme ce qui peut
être régulièrement emprunté pour renouveler la dette
existante sans diminuer l'apport net au développement.11
Contrairement à la capacité de servir la dette, la
capacité de remboursement porte sur la capacité du pays à
assurer uniquement les règlements d'amortissements.
I.2.4. Le rééchelonnement de la
dette
IL s'agit de la modification du calendrier de remboursement
ainsi que de la structure des échéances. Il renvoie à plus
tard le paiement de la dette arrivée à échéance
grâce à un différé d'amortissement et donc, à
un étalement des échéances dans le temps, avec bien
entendu comme conséquence directe, une pénalisation au niveau du
taux d'intérêt.
I.2.5. L'encours de la dette, aide liée (ou
prêt liée) et niveau de l'endettement maximal
L'encours désigne la partie de la dette non encore
payée alors que l'aide liée ( ou prêt lié) est une
assistance conditionnée par l'achat des biens ou services provenant du
pays donateur .Le niveau d'endettement maximal est, le seuil au-delà du
quel le poids de la dette n'est plus supportable.
8 . BEKOLO EBE,B.,Op.cit,p.229
9. Idem, p.229
10 .DHONTE, cité par BEKOLO EBE, Op.cit.p.230
11.MOKONDA Bonza,(2001-2002), Politique
économique, cours dispensé à l'UPC/FASE,
inédit, Kinshasa ,p.78
I.2.6. Composantes et forme de la dette extérieure
I.2.6.a. La composante
La généralisation du prêt à
l'échelle internationale comme moyen de financement du
développement a entraîné une multiplicité de centres
pourvoyeurs. Au plan national et international, des structures
appropriées ont été mises en place pour répondre
aux demandes.
La dette elle-même fait une notion multiple. Elle est
contractée à court terme, en devise ou en monnaie locale. Les
créanciers et les emprunteurs sont soit publics ou privés,
bilatéraux ou multilatéraux; les taux de références
sont fixes ou variables,...La figure ci- après donne une idée
claire sur les composantes de la dette.
Figure 1. Les composantes de la dette
Dette extérieure
Dette à court terme
Dette à long terme

Crédit au FMI

Par débiteur
Dette privée non garantie
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Dette publique et dette garantie
|
|
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Multilatéraux
Etats
Club de Paris
Club de Londres
Marché Secondaire
Autres
Créanciers privés
Créanciers officiels

Par Créancier
Source :Bizot,B.C.op.cit.p.14.
En substance, nous pouvons relever qu'il existe selon l'origine :
- des crédits fournisseurs (formule CPD) ;
- des crédits gouvernementaux ou bilatéraux ;
- des crédits des organismes multilatéraux ;
- des crédits des banques privées.
Les crédits fournisseurs : il s'agit
des crédits qui, contrairement aux autres prêts ne sont pas
accordés par des organismes financiers mais par des institutions non
financières, notamment des entreprises qui obtiennent des contrats des
prestations de services ou qui sont sollicités pour effectuer des
travaux.12 Il se passe en conséquence une convention
appelée «convention de paiement différé
» (CPD) entre l'entreprise et le pays bénéficiaire de
la prestation.
Les crédits gouvernementaux ou
bilatéraux : ils mettent en relation directe deux pays et
visent à établir des rapports plus étroits et personnels
entre les gouvernements et à développer la coopération
entre les pays concernés. Aussi, il est généralement
demander que ces crédits soient utilisés pour acquérir des
biens ou services en provenance du pays donateur, d'où leur
caractère lié. Cependant, ils sont assortis de taux
d'intérêts de faveur se situant en dessous des taux du
marché, et ils bénéficient des échéances
longues. Pour ces deux raisons, ils constituent une source de financement
susceptible d'être avantageuse pour les pays en développement (
PED).
Les prêts des organismes multilatéraux
: les prêts accordés par la Banque Mondiale (BIRD), la
Banque Africaine de Développement ( BAD), la Banque Européenne
d'Investissement (BEI), le Fonds Spécial des Nations - Unies (FSNU),...
relèvent de cette catégorie. Ils sont assortis de conditions se
situant en dessous de celles du marché.
La particularité de ces prêts est qu'ils sont des
occasions pour ces institutions créancières de prodiguer des
conseils aux gouvernements bénéficiaires des prêts, et de
demander la restructuration de tel ou tel secteur ou l'organisation de telle ou
telle entité économique.
Les crédits des banques privées
: Par transformation des dépôts et des liquidités
du marché monétaire national et l'euromarché
monétaire, les banques privées ont contribué pour une
large part au financement des projets des PED. Wellons13 indique
qu'entre 1971 et 1973 au moins 605 établissements financiers de par le
monde ont transformé des fonds à court terme de plus de 11,5
milliards de dollars pour recycler en Afrique, en Asie et en Amérique
latine sous forme de prêts à moyen et long termes. Dans la
même période, on a constaté que 78 établissements de
12 pays différents ont participé à des crédits
organisés en faveur d'un seul pays, la République
Démocratique du Congo.
'2.Naka, .Op. cit.,pp.29-30
'3.Wellons cité par Naka,. Op. cit.,
p.35
Cependant, ces contrats abondent en commissions et frais
divers au profit des prêteurs (commission d'engagements gestion, de
participation, frais d'avocat, de télex, de voyages, d'impression, ...).
Il arrive que ces commissions et frais atteignent jusqu'à 1,5% du
montant total du crédit, surtout quand les prêteurs ont en face
d'eux des négociateurs peu expérimentés et n'ayant pas
d'informations sur l'évolution des tendances du marché.
I.2.6.b. La forme
L'assistance de l' étranger prend diverses formes, dont
les plus importantes sont l'aide publique au développement et les
investissements privés directs.
L'aide publique au développement (APD)
::: est destinée à créer les conditions pour un
développement socio-économique durable et donc à
améliorer de manière progressive et substantielle le niveau de
vie des populations des pays bénéficiaires. L'aide publique est
composée des prêts octroyés par les puissances occidentales
et les organisations multinationales .Elle est donc bilatérale ou
multilatérale.
L'APD bilatérale peut revêtir plusieurs formes :
les dons (en espèce ou en nature), l'assistance technique et militaire,
ou les prêts assortis de conditions de faveur. Il est important de noter
que l'aide militaire est exclu de la dette.14 Cependant, comme cela
a été dit précédemment, l'une des principales
caractéristiques de l'aide publique bilatérale est qu'elle est
liée. Il en résulte souvent des désagréments pour
les pays bénéficiaires dans ce sens que cela fait perdre à
l'emprunteur le bénéfice de la concurrence, et partant , le choix
des meilleurs prix et de la meilleure qualité.
Notons par ailleurs que l'APD répond à une
condition financière stricte de libéralité
(élément - don) qui doit être au moins de
25%.15
L'APD multilatérale est une aide qui transite par
l'intermédiaire d'organisations internationales. Celles-ci peuvent
être classées en trois catégories.16
- les Organismes des Nations Unies tels que le
Haut-Commissariat aux Réfugiées (HCR), le Programme Alimentaire
Mondiale (PAM), le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et le Fonds des
Nations Unies pour la Population (FNUAP) ;
- Les institutions financières internationales, telles
l'Association Internationale de Développement (IDA), les guichets
concessionnels des banques régionales (BAD par exemple) ;
- La commission des communautés européennes
(CCE).
14. MOKONDA.Bonza,cité par MUELA B. , Op.cit.,
p.75
15.MUELA.B,(2003), «Problématique de
l'endettement extérieure et financement du
développement économique en République
Démocratique du Congo »,
travail de mémoire 2E licence économie
mathematique,UPC, p.8
16.Ibidem,p.20
Les Investissements Directs Internationaux (IDI)
::: ils sont réalisés en grande partie par les
entreprises multinationales. Par définition, l'IDI traduit l'objectif
d'une entité résident dans une économie (investisseur
direct) d'acquérir un intérêt durable dans une
entité résident dans une économie autre que celle de
l'investissement (entreprise d'investissement direct).
La notion d'intérêt durable implique l'existence
d'une relation à long terme entre l'investissement direct et
l'entreprise, et l'exercice d'une influence notable sur la gestion de
l'entreprise. L'investissement direct comprend à la fois
l'opération initiale entre les entités et toutes les
opérations ultérieures en capital entre elles et entre les
entreprises affiliées, qu'elles soient constituées ou non en
sociétés.17
Ces investissements privés ajoutent au problème
de la dette une nouvelle dimension, à savoir le rapatriement d'une
partie des bénéfices sous la forme de dividendes.18
Ainsi par exemple, le financement de l'IDI par
réinvestissement de bénéfices (normalement pris en compte
dans les balances de paiements comme un double flux, d'entrée et de
sortie) vient rompre l'égalité entre IDI et apport de devises :
il y a croissance des actifs détenus par des entreprises
étrangères sans entrée de devises.19
17 . François Bost (1999), L'Afrique
subsaharienne , oubliée par les investisseurs, cité par
Thetika B. ;Op. cit., p.43.
18. MOKONDA Bonza, Op. cit.,p.76
19 .Raffinot,M (1991)., Dette
extérieure et ajustement structurel.
Edicef/ AUPELF, Paris, P.54
Section II. Crise d'endettement et Programme
d'ajustement structurel
II.1. Crise de l'endettement
II.1.1 Genèse de la crise
L'origine de l'endettement peut être fixée aux
environs de la deuxième moitié des année 1 960.Certains
pays en développement sont d'ailleurs nés endettés comme
la République Démocratique du Congo (R.D.C) qui hérita des
dettes de l'ancienne colonie Belge envers la métropole.20 Le
phénomène s'est déclaré dés 1970 et son
intensification à partir de 1975 s'est exacerbée dans les
années 1980.21
Le début des années 1980 fut
caractérisé par la crise de la dette qui éclata dans la
plupart des pays débiteurs d'Amérique Latine et d'Afrique Sub
saharienne. Avant toute chose, voyons les principales caractéristiques
de la dette des deux continents synthétisées dans le tableau ci-
dessous
Tableau 1 : Structure et coûts de la
dette
|
Amérique Latine
|
Afrique Sub saharienne
|
1) Structure en (%)
|
|
|
- Créanciers privés
|
68
|
25
|
- Créanciers Public
|
20
|
61
|
- Multilatéraux
|
12
|
24
|
2) Service annuel de la dette (en % des exportations)
|
|
38,10
|
20,21
|
|
Source : ZAKI LAIDI (1989) , Enquête
sur la Banque Mondiale, cité par MOKONDA .B,Op.cit,p.72
20 . Raffinot,M,. Op.cit. p.45
21 . MOKONDA Bonza, Op.cit. p.72
La structure comparée de la dette dans les deux
continents montre d'une part que les pays de l'Amérique latine sont plus
endettés vis-à-vis des créanciers privés, tandis
que pour les pays de l'Afrique Subsaharienne ce sont les Etats qui ont
été les plus gros prêteurs. D'autre part, le service de la
dette représente 38,10% des recettes d'exportation des pays de
l'Amérique latine contre 26,21% pour ceux de l'Afrique subsaharienne.
II.1.2. Les causes
Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et les
déficits courants
En octobre 1973, la guerre éclata entre Israël et
les pays Arabes. Pour protester contre l'appui donné à
Israël par les Etats - Unis et les Pays- Bas, les membres arabes de
l'organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) imposèrent
un embargo sur les livraisons de pétrole à ces deux pays. Dans la
crainte d'une désorganisation plus générale des
expéditions de pétrole, les acheteurs firent augmenter les prix
sur les marchés pétroliers en essayant de s'assurer des stocks de
production.
Encouragés par ces développements sur le
marché du pétrole, les pays membres de l'OPEP commencèrent
à relever les prix qu'ils pratiquant à leurs principaux
acheteurs, les grandes compagnies pétrolières.
Le prix du pétrole connut une forte augmentation. En
mars 1974, le prix du pétrole avait quadruplé par rapport
à son prix d'avant-guerre, passant de 3 USD à 12 USD le baril.
Get accroissement des prix du pétrole eu comme effet immédiat
d'augmenter de 10 fois le surplus courant des principaux pays producteurs de
pétrole et de creuser en même temps les déficits courants
des pays non producteurs.22
22.Raffinot,M.,Op.Cit, p.775.
Tableau n° 2 : Balance courante des principaux pays
exportateurs de pétrole, des pays en développement et des pays
industrialisés entre 1973-1986 (en milliards de USD)
|
Année
|
Principaux Exportateurs
|
Pays en développement
|
Pays Industrialisés
|
|
1973
|
6.7
|
-11.3
|
20.3
|
|
1974
|
68.3
|
-37.0
|
-10.8
|
|
1975
|
35.4
|
-46.3
|
19.8
|
|
1976
|
40.3
|
-32.6
|
0.5
|
|
1977
|
29.4
|
-29.6
|
-2.4
|
|
1978
|
-1.3
|
-33.2
|
14.6
|
|
1979
|
56.8
|
-49.7
|
-25.6
|
|
1980
|
102.4
|
-74.4
|
-61.8
|
|
1981
|
45.8
|
-95.0
|
-18.9
|
|
1982
|
-17.8
|
-73.2
|
22.2
|
|
1983
|
-18.0
|
-40.9
|
-23.0
|
|
1984
|
-10.0
|
-25.0
|
-64.2
|
|
1985
|
-5.5
|
-28.7
|
-54.2
|
source : FMI, Perspectives de l'économie mondiale,
1983,1985,1986
En 1973 et 1974, la balance courante des pays en
développement non producteurs de pétrole passa de -11,3 à
-37 milliards de dollar. Par contre celle des pays industrialisés passa
de 20,3 milliards à - 10,3 milliards de USD.
L'accroissement du déficit courant de ces deux groupes de
pays correspondit à l'accroissement du surplus courant des principaux
producteurs de pétroles.
Le surplus a augmenté de plus de 10 fois entre ces deux
années (6,7 milliards à 68,2 milliards de USD) témoignant
ainsi d'un transfert de revenu des premiers vers les seconds. D'après le
modèle développé dans la première section, ce
déficit courant des pays en développement devait les amener
à s'endetter en vue de desserrer les contraintes financières
nées de ce choc pétrolier.
En effet, incapables de modifier, à court terme, leurs
dépenses respectives, les pays membres de l'OPEP vont transférer
cette manne pétrolière dans les banques commerciales des pays
riches pour la fructifier. Ces banques, à leur tour,
prêtèrent massivement aux pays du sud pour financer leurs
déficits courants et cela sans aucune règle de prudence en cette
matière.
Quels sont les facteurs qui étaient à la base
du mouvement de ces pétrodollars du Nord vers le Sud ?
Premièrement, la réduction de l'activité
dans les pays de l'OCDE et la chute des taux de profit vont faire chuter la
demande de crédits (situation conjoncturelle due au choc
pétrolier). Il en résultera une concurrence interbancaire de plus
en plus vive qui conduira les banques commerciales à s'intéresser
étroitement aux possibilités de « vendre » du
crédit aux pays en développement et, plus
particulièrement, à ceux qui sont relativement plus
riches.23
Deuxièmement, il faut noter que jusqu'au moment
où a eu lieu le premier choc pétrolier, les exportations des pays
en développement étaient très confortables du fait d'une
relative stabilité des cours mondiaux des matières
premières. En plus, ces économies ont connu, jusqu'au
début des années 70, une croissance rapide .Tout semblait
indiquer que ces pays seraient capables de faire face à leurs
engagements extérieurs.
Troisièmement, face à un environnement mondial
marqué par une forte inflation, la rémunération
réelle de ces prêts était faiblement positive voire
même négative. Aussi, les pays en développement trouvaient
que l'emprunt était si peu coûteux qu'il aurait été
peu judicieux de refuser les prêts offerts.
En 1976, les bons de trésor à 3 mois aux Etats
-Unis rapportaient 4,9% l'an alors que l'indice de prix à la
consommation s'accroissait de 6,7%. Ce qui revient à dire que si une
banque américaine accordait un prêt intérieur en 1976, elle
aurait eu un taux de rendement réel de -1 ,8%.24
L'intérêt que les banques percevaient sur leurs prêts aux
pays en développement était lié aux taux interbancaires
sur le marché de Londres, le LIBOR (London Inter Bank Offered
Rate).
23.Raffinot,M , Op.cit., p.37
24.Krugman, P.R.et Obstfeld,M., (1996),Economie
Internationale,
2è éd .De Boeck, Bruxelles,p.776
Nous avons esquissé ci- dessus les difficultés
extérieures liées à la gestion de la dette. Or, il s'est
avéré qu'entre 1970 et 1980, trois facteurs conjugués ont
eu une incidence négative sur l'évolution de la dette :
- la hausse des taux d'intérêt ;
- la diminution des recettes d'exportation ;
- et l'effondrement des transferts financiers en faveur des
pays débiteurs.
Les taux d'intérêts furent la goutte d'eau qui
fit déborder le vase. Au cours de la période susvisée, les
créanciers, en l'occurrence les banquiers recyclant les
pétrodollars accumulé, faisaient du crédit à un
taux réel négatif, justifié par le fait que le taux
nominal du crédit était inférieur au niveau de l'inflation
en vigueur dans les pays occidentaux.
Les banquiers à la recherche des clients,
concédaient des prêts à des taux négatifs dans
l'espoir sans doute que les efforts déployés par leurs
gouvernements pour maîtriser l'inflation finiraient par donner des
résultats escomptés. Il va sans dire que si cette situation
avaient perduré , ce sont les débiteurs qui auraient tiré
leur épingle du jeu ; le coût du crédit étant plus
abordable. En fin 1979, malencontreusement, la décision des Etats -Unis
de libéraliser la fixation des taux d'intérêt eut comme
conséquence directe le relèvement au-delà de 10% du
Libor.25 En plus , la désinflation des économies
occidentales (6,2% en 1982 contre 13,5% en 1980) rendit aussitôt positif
le taux au point que même avec la baisse du Libor au niveau réel,
le taux parut encore élevé. La nouvelle donne issue de la
combinaison de la hausse de taux d'intérêt et de la
désinflation se traduit pour les pays du Tiers Monde par un bond des
taux d'intérêt réels de 20% entre 1978 -1979 et 1980
-1981.
Cette situation dramatique ajoutée à la
modicité des recettes d'exportation, résultat combiné de
la détérioration des termes de l'échange et de
l'inélasticité de la demande des matières
premières dans les pays industrialisés, entraîne
une augmentation du coût de remboursement de la dette qui ne pouvait que
provoquer une grave crise. Déjà en 1979, vingt- deux pays,
incapables de faire face au service annuel de la dette, se sont vus dans
l'obligation de reporter à l'année suivante le paiement de
l'ordre de 5,1 milliards de USD. Il faut alors souvent recourir à des
crédits de court terme qui vont asphyxier très rapidement
beaucoup de pays. Le Brésil accumulera, en 1982 12milliards de USD de
crédits nouveaux à court terme pendant que le Mexique totalise 80
milliards de USD. Le Nigeria n'a pas trouvé mieux que d'expulser un
million d'émigrés croyant ainsi résoudre ses
problèmes26 .
25.MOKONDA BONZA , Op.Cit.p.72 26.MOKONDA
Bonza , Op.Cit.p.75
II.1.3. Les conséquences
La crise de l'endettement a été suivie de fortes
conséquences nuisibles pour les PED dont la croissance reposait
essentiellement sur l'afflux des capitaux extérieurs. D'une façon
globale, cette crise a induit l'inflexion du financement extérieur.
Ainsi, il a été observé 27:
- l'effondrement des flux de financement privés ;
- la réduction des flux multilatéraux ;
- la stagnation de l'aide publique au développement ;
- le fléchissement des investissements directs vers les
PED.
Par ailleurs, il convient de remarquer que pour un pays, le
fait d'être très endetté et insolvable a de lourdes
conséquences sur son développement économique. Insolvable,
il ne peut recevoir des prêts de la part des prêteurs privés
et sa capacité d'emprunter auprès des prêteurs officiels
est très faible.
Très endetté, il doit souvent faire d'importants
remboursements du capital emprunté. Et surtout, il doit payer
annuellement des intérêts qui représentent plus de 15% de
ses recettes d'exportation de biens et services et souvent plus de 4% de son
PNB, même s'il n'assure pas la totalité de ses obligations. Il
doit limiter ses importations de biens de consommation, mais aussi de
matières premières et de biens d'équipements
destinés à l'activité de production. Dans de nombreux cas,
la charge de la dette effectivement assurée, remboursement du capital et
versement des intérêts, excède l'aide reçue. Il y a
donc un transfert net de ressources du PED vers les pays
prêteurs.28
Aujourd'hui, l'ensemble de la dette des PED est estimé
à 2400 milliards de USD, c'est environ moins de 4% de toutes les dettes
du monde.
27.Raffinot,M ,Op.Cit, pp.49-54.
28.Auverny-Bennelot,P. (1991), « La dette du
tiers- monde : Mécanisme et enjeux », in Notes et études
documentaires, n°4940, Ed. La documentation française,
paris,p.68
Avec 80 milliards de USD selon les estimations du
Secrétariat Général du Comité pour l'Annulation de
la Dette, on peut éliminer l'extrême pauvreté de la
planète. Lorsque cette somme est étalée pendant dix ans,
elle peut suffir pour éliminer les besoins en eau potable, pour avoir
une alimentation décente et des soins de santé essentiels avec
une éducation primaire pour tous.29
La crise de l'endettement témoigne de l'existence de
déséquilibres, par la dette extérieure. La crise de 1982
se présente comme une crise financière classique marquée
par une rupture des flux de financement privés. Elle frappe de plein
fouet l'Amérique Latine, contrairement aux pays de l'Afrique
financés par un nombre croissant de capitaux publics. Les pays
d'Amérique du sud font donc face à une situation de surajustement
en ce sens qu'ils doivent en plus compenser la réduction du flux de
financement privé.
La nécessité de faire face à des
remboursements élevés et à des transferts négatifs,
pèse sur la croissance du fait des sorties de devises liées au
services de la dette, de la pression à la baisse des prix dans les pays
débiteurs, d'une limitation de la production des agents privés
par anticipation d'une hausse de la fiscalité.
L'évolution économique des pays du tiers monde
dans les années quatre-vingt a été pour l'Amérique
Latine et l'Afrique, et à la différence de l'Asie, les
années marquées par un effondrement des taux de croissance, les
revenus étant fortement touchés et les firmes
étrangères fermaient leurs filiales et multipliaient les
désinvestissements. De plus, l'ajustement achoppait souvent sur la
réduction du déficit budgétaire et sur la balance des
paiements. Toutefois, on a assisté, dans un second temps, à une
réduction du déficit de la balance courante permettant un
ajustement extérieur. Il est cependant difficile de déterminer si
ces évolutions sont les résultats de l'endettement
extérieur ou de l'ajustement structurel imposé.
Au regard de toutes ces conséquences, il s'avère
indispensable pour les pays prêteurs de mettre en place des
mécanismes à même de leur permettre de suivre
l'évolution de l'endettement et de prendre ainsi des mesures
estimées adéquates pour éviter des situations de crises et
insérer les flux de dette dans le processus de croissance. Pour ce
faire, il a été mis au point des indicateurs quantitatifs afin de
permettre une bonne gestion de la charge de la dette.
29.Millet D.,(2004), Document radio phonique : Radio
France Internationale ;
Secrétariat Général du Comité pour
l'Annulation de la Dette (SGCAD) ; Paris.
II.2. L'ajustement structurel
Les conséquences de l'endettement extérieur des
pays de l'Afrique subsaharienne ne se limitent pas à la menace de
déstabilisation du système financier international ; elles sont
également internes et se situent au coeur même de leur processus
de développement et de la croissance de leurs économies, dans la
mesure où le poids de cet endettement est devenu un obstacle
difficilement surmontable.30
L'obligation des pays Africains d'honorer les
échéances d'une part et la limitation ou le tarissement des flux
nouveaux de capitaux extérieurs d'autre part entraînent une
moindre croissance et un prélèvement sur les maigres ressources
disponibles. Dans certains cas, les rééchelonnements successifs
du capital emprunté et des intérêts aboutissent, par un
effet « boule de neige » c'est- à- dire une
augmentation de volume, à un accroissement de l'encours nominal, alors
même que le pays concernés ont accepté de mener pendant des
années des politiques d'austérité de
rigueur.31
Devant cette crise, ni même la Communauté
Mondiale, ni les pays Africains ne sont restés indifférents. Au
contraire, les prises de positions se sont multipliées, entraînant
recherches de causes et propositions de politiques. Mieux, certaines mesures de
redressement ont commencé à être appliquées.
De façon assez logique , la première
réflexion d'ensemble a été menée en Afrique
même .En Avril 1980, les chefs d'Etats et de gouvernements de l'OUA
,réunis à Lagos dans une conférence , ont
élaboré et adopté un plan d `action en vue de la mise en
oeuvre de la stratégie de Moronvia pour le développement
économique de l'Afrique.
Parmi les recommandations de cette stratégie de
croissance économique, deux sont mises en évidence :
l'intégration régionale et la politique d'autonomie, il faut dire
le rapport, préparer la voie à l'établissement
ultérieur d'un marché commun Africain, prélude à
une Communauté Economique Africaine et , sans faire fi de toutes les
contributions extérieures il importe que les gouvernements
privilégiaient les efforts internes de développement sans rupture
d'avec le marché mondial.
Ultérieurement, en 1985, à Addis - Abeba, les
chefs d'Etats et de gouvernement se sont à nouveau réunis pour
faire le point sur la mise en oeuvre du plan d'action de Lagos. Il a fallu
constater que les recommandations avaient connu peu de suivi. Mais cette
évolution est surtout perceptible dans le programme qui a
été adopté en juin 1986 lors de la session extraordinaire
des Nations - Unies, consacrée à l'Afrique. Dans ce programme
d'action des Nations- Unies pour le redressement et le développement de
l'Afrique (PANUEREDA), les idées qui prévalent sont celles d'une
part, de la responsabilité divisée de l'Afrique et de la
communauté internationale face à la crise et d'autre part, de la
nécessité de mener conjointement toute politique de
redressement.32
30.Duruflé,G. (1998),L'ajustement structurel
en Afrique , Ed KARTHALA, Paris,p.14
31 . Duruflé ,G. ,Op. Cit.,p.15
32 . Norro, M. ,Op.Cit,p.24
Les mesures prises sont reparties en :
- mesures prises par les pays Africains;
- par la communauté internationale ;
- et les mesures prises par le système des Nations
Unies.
Que faut -il penser ?
IL est claire que l'Afrique n'est pas sortie de la crise : les
changements , si changements il y a eu ,faibles et fragiles, on est loin
d'être certain que les politique d'ajustement, telles qu'elles ont
été conçues et menées , aient constitué des
réponses adéquates.
En raison du caractère excessivement serré des
contraintes financières, ce qui est annoncé comme un processus
d'ajustement tend à devenir une gestion de l'enlisement dont on ne voit
pas le terme. Cette conclusion est malheureusement une des constantes de
l'analyse que , pour des raisons compréhensibles , mais non sans
hypocrisie , les bailleurs de fonds , eux - même confrontés au
caractère statutairement limité de leurs ressources et aux
exigences de leur conseil d'administration, tentent d'escamoter. Tous les
programmes d'ajustement de la BIRD se doivent assortis d'un scénario de
sortie de crise où, moyennant une enveloppe de financement
extérieur fixée ex-ante, on dessine un scénario
macroéconomique de retour progressif à l'équilibre des
finances publiques et extérieures accompagné d'un taux de
croissance au moins égal à celui de la population. Aucun de ces
scénarios ne résiste vraiment à une analyse serrée
, et de fait , année après année , les besoins de
financement dépassent les prévisions, tandis que les pays
s'installent dans la stagnation voire dans la récession et le
désinvestissement .
Il a fallu attendre la crise financière mexicaine, puis
le plan Baker, pour que les pays créanciers reconnaissent
officiellement, pour les pays endettés et en particulier pour l'Afrique,
le besoin urgent d'un desserrement des contraintes financières et d'un
apport substantiel d'argent frais. Encore ne l'ont -ils fait que du bout des
lèvres .Les banques commerciales ont suivi, avec réticence, pour
le Mexique et le Brésil, qui faisaient peser les plus fortes menaces sur
le système financier international et, depuis, n'ont cessé de se
couvrir et de se dégager. Quant aux pays Africains, de
rééchelonnement en rééchelonnement , on ne fait que
leur maintenir la tête hors de l'eau , tout en leur imposant des
programmes d'austérité qui contreviennent à toute autre
perspective de croissance et de développement et qui se traduisent par
une dégradation souvent dramatique des conditions de vie de couches
importantes de la population .33
33. Duruflé, G ;Ibidem
II.2.1. Les programmes d'ajustement : des aspects
dogmatiques
Le débat sur l'efficacité des mesures
d'inspiration libérale, de restructuration de l'économie
introduit par la Banque Mondiale est fortement hypothéqué par ce
que l'on vient de dire sur les contraintes financières. Dans bien des
cas, il est presque dérisoire d'en appeler à la vigueur de
l'investissement privé et aux vertus des forces du marché dans le
climat de déflation qui prévaut. Ces incantations masquent alors
bien mal un quasi dégagement sans contrepartie de l'Etat et un pur et
simple désinvestissement En revanche , les critiques qu'à bon
droit suscite ce processus d'ajustement déflationniste dont on ne voit
pas le terme, avec toutes les conséquences que cela implique pour les
conditions de vie des populations, ne doivent masquer ni la justesse d'une
partie des diagnostics portés par la Banque Mondiale sur la faiblesse de
la gestion et les erreurs de la politique économique du passé ,
ni certains effets positifs de tous les efforts de réorganisation , de
rationalisation , de remise en ordre de la gestion des finances publiques ,
menés sous la férule du FMI et de la Banque Mondiale et avec leur
appui technique .34
Sur les orientations de fond : ouverture de l'économie
et articulation du système de prix intérieur sur le
système des prix internationaux, désengagement de l'Etat,
privatisation, application généralisée du principe de la
vérité des prix et priorité donnée aux forces du
marché , les termes généraux du débat sont
connus.
Par rapport à ce débat , s'il est une chose que
font ressortir les différentes études de cas , c'est la faible
pertinence des positions systématiques : bien des oppositions de
principe aux réformes proposées par la BIRD ne font que
défendre un statu quo dont la mauvaise gestion et les
conséquences économiques néfastes sont
indéfendables et sans issue . Dans bien des cas, les analyses de la BIRD
ont au contraire le mérite de s'attaquer à des problèmes
laissés dans l'ombre pour des raisons politiques, mais auxquels des
solutions doivent être trouvées . A l'inverse, dans de nombreux
cas, les a priori systématiques du FMI et de la Banque Mondiale en
faveur des solutions libérales ou bien ne se justifient pas après
étude, ou bien semblent relever plus de la croyance que de l'approche
pragmatique de la situation. Il en est ainsi de la recherche
désespérée d'un taux de change d'équilibre, de la
libéralisation du prix du riz ou du système d'allocation des
devises à Madagascar, de certains programmes de privatisation (cas
de la Sodesucre en Cole d'Ivoire), ou encore de cette conviction
affichée que, dans un contexte plus libéral , l'investissement
privé national et étranger suffira à assurer une
croissance soutenue du secteur industriel, comme si celui -ci se composait d'un
tissu homogène dépourvu des blocages et des discontinuités
qu'une analyse concrète met en évidence35.
34. Duruflé, G. ;Op.cit ,p.15 35 Ibidem, p.16
II.2.2. Le plan BAKER
Le Plan BAKER a été annoncé lors de
l'Assemblée Annuelle du Fonds Monétaire International et de la
Banque Mondiale qui s'est tenue à Séoul du 08 au 11 octobre 1985,
par le Secrétaire d'Etat au trésor des Etats - Unis. Ce plan a
proposé que les banques de développement multilatérales
prêtent un montant supplémentaire de 9 milliards de dollars au
cours de la période 1986-1988 pour favoriser l'adoption par les pays
endettés des politiques axées sur les marchés et aussi que
les banques privées s'engagent à donner un montant total de 20
milliards de dollars sous forme de nouveaux concours net au cours des 3
années à venir pour appuyer les programmes d'ajustement. On
retiendra que 58 banques privées qui avaient consenti des prêts
aux pays en développement, se sont réunies à Washington
D.C. le 28 octobre 1985 et ont donné leur accord de principe à la
stratégie de la dette proposée par Baker.36
En ce qui concerne particulièrement l'Afrique
subsaharienne, ce plan a prévu de consentir de nouveaux prêts
à partir d'un fonds spécial de 2,7 milliards de USD
alimenté par les remboursements des prêts accordés à
la fin des années 60 aux pays de l'Afrique au Sud du Sahara . Ce fonds
consentirait des crédits aux pays africains les plus pauvres, à
des taux bas et avec de longues périodes de remboursement.
Le plan Baker prévoyait aussi de fournir 1,2 milliard
de USD environ par an aux pays Africains les cinq prochaines années .Il
faut signaler que les montant proposés étaient nettement
inférieurs aux besoins de financement de l'Afrique Subsaharienne ;la
République Démocratique du Congo, à elle seule avait
besoin d'un Financement de l'ordre de 1milliard de USD par an sur les trois
années à venir pour amorcer la relance de son économie.
Par ailleurs , il y a lieu de souligner que selon le document de l'O.U.A.
intitulé « programme prioritaire de redressement économique
de l'Afrique, 1986-1990 », qui a servi de base à une session
extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies
en 1986, le service de la dette Africaine absorberait à lui seul entre
14,6 et 24,5 milliards de dollars par an jusqu'en 1990, pour une dette qui se
situait, selon les estimations , entre 130 et 170 milliards de USD en 1986.
Avec les efforts d'ajustement structurel clairement pensons
-nous qu'il était illusoire et trompeur de parler de sortie de crise par
le haut, ou même plus simplement de sortie de crise dans un horizon
prévisible , étant donné les conditions financières
qui prévalaient , les différents programmes d'ajustement dont
leur remboursement a été imposé par des conditions
socio-économiques strictes par le Fonds Monétaire International
et la Banque Mondiale sans tenir compte des difficultés qu'avaient les
différents pays .Il y a parfois d'incompatibilité dans la
réalisation simultanée de certains de ces objectifs 37.
36. MUTAMBA LUKUSA ,Op.cit, p. 63
37.Idem,p.63
C'est ainsi que les mesures de dévaluation ont rarement
conduit aux résultats attendus en matière d'accroissement de la
production. Plus d'une fois, la limitation des crédits qui accompagnait
la dévaluation a asséché la trésorerie des
entreprises, les empêchant d'accroître ou même de maintenir
le volume des importations d'intrants nécessaires à la
production. Comme le montre Maryse DE HERDT et Ndayambaje dans le cas du
Rwanda, la primauté donnée par le FMI à l'assainissement
des finances publiques n'a pas permis d'améliorer la
rémunération des exportateurs (en l'occurrence la production du
café) freinant la stimulation à la production attendue
38.
Le laminage du fardeau de la dette (d'une façon ou
d'une autre) et l'apport d'argent frais sont des conditions nécessaires
à toute reprise d'une croissance soutenue et plus
équilibrée , et à toute perspective de
développement (infrastructures, éducation , santé
apparition de nouveaux dynamismes économiques...) premièrement.
Mais ces conditions nécessaires ne sont cependant pas à elles
seules suffisantes, comme le montrent la genèse des
déséquilibres dès la fin des années 70, sous
l'effet même de l'apport massif de capitaux extérieurs.
Il faut ajouter aussi l'annulation totale de la dette des pays
en développement, en souhaitant que l'Initiative PPTE apporte une aide
qui viendra en renfort des autres instruments dont dispose la Communauté
Internationale - y compris les crédits aux projets et à l'appui
de réformes, et l'assistance consentie par les bailleurs de fonds, en
vue d'engager les économies sur le chemin d'un développement
durable axé sur la réduction de la pauvreté.
38 · Norro, M. , Op.Cit.,p.248
Section III. Mécanisme PPTE, genèse et
concept
Les deux premiers sections nous ont permis de faire un constat
: le niveau d'endettement de l'Afrique subsaharienne est intolérable
pour un grand nombre des pays. Ce qui se traduit par une contraction de
l'activité économique et par un renforcement de la
pauvreté.
L'endettement et la croissance s'auto-entretiennent et
piègent le développement économique Un niveau
élevé du service de la dette sape les efforts pour une croissance
économique réelle, et une croissance ralentie ne permet
évidemment pas de générer suffisamment de revenu pour
faire face au service de la dette. L'une des hypothèses retenues dans ce
travail est que , la solution , à court terme , passe par une
réduction significative de la charge de la dette pour créer un
environnement propice à la relance de la croissance.
Depuis les temps où les premières
difficultés de la dette sont apparues, beaucoup des mesures ont
été prises dans ce sens. Bien que louable, l'ensemble des ces
actions posées n'ont eu que des effets très limités sur
l'encours de la dette de ces pays. La communauté internationale a depuis
lors pris conscience des effets néfastes sur la croissance et la
pauvreté d'un service de la dette élevé, surtout pour les
pays qui sont au départ très pauvres.
En réponse à cette situation, un consensus se
dégage aujourd'hui autour de la vision qui tente à
dépasser le cadre des mécanismes classiques d'allégement
de la dette pour une approche plus globale et étendue. L'initiative
PPTE, que nous nous approprions dans ce travail, est la traduction, dans les
faits, de cette volonté commune. Nous affirmons que cette initiative
constitue manifestement une avancée significative dans la volonté
de restructuration de la dette des pays pauvres. Son originalité tient
à son articulation avec les politiques de lutte contre la
pauvreté.
Nous allons tacher, dans cette troisième section,
d'explorer les pistes de résorption de . La crise de la dette à
travers l'initiative PPTE. Si la réduction de la dette dans le cadre de
l'initiative offre aux pays la possibilité de sortir du cycle de
rééchelonnement, cependant pour que le niveau d'endettement reste
tolérable, il est indispensable de remédier aux causes
sous-jacentes du problème de sa dette. L'initiative en elle - même
est un vaste chantier qui inclut des reformes et des ajustements à forte
potentialité de relance de la croissance économique. Si la
réduction de la précarité des exportations dont elle
préconise pour le maintien de la dette à un niveau
tolérable il devrait s'inscrire dans un cadre élargi de
l'ouverture extérieure de ces économies qui ne peut être
possible que si les contraintes qui y pèsent sont réduites.
III. 1. Mécanisme PPTE : Concept
Les pays d'Afrique subsaharienne ont affiché des
résultats économiques décevant dans les années 80
et au début des années 90, la plus grande partie de la
région se montrant incapable de rompre avec un scénario de
croissance faible ou de recul du revenu par habitant, de forte inflation et de
difficultés de balance des paiements.
Entre 1995 et 1997, toute fois, les performances se sont
améliorées et le revenu réel par habitant a
commencé à progresser dans certains pays qui ont maintenu une
croissance rapide au cours des deux dernières décennies. Si le
redressement des termes de l'échange y a aussi contribué, cette
embellie a été possible avant tout parce que de nombreux pays se
sont engagés à mener des politiques macroéconomiques
saines, à s'ouvrir d'avantage sur l'extérieur, à mieux
gérer leurs économies et à relever le formidable
défi économique et social lancé à l'ensemble de la
région.
Là où les autorités ont tenu ce cap, la
croissance s'est accélérée et la pauvreté a
reculé. Souvent, cette nouvelle politique a été
adoptée dans le cadre des programmes à moyen terme appuyés
par le FMI et la Banque Mondiale. En dépit des progrès
récents, la croissance reste fragile, les niveaux de vie sont toujours
très bas et la pauvreté est endémique. Les indicateurs
d'éducation et de santé demeurent médiocres et, dans
certains pays, le rythme des créations d'emplois ne parvient pas
à suivre celui de la population active. Les économies restent
à la merci des aléas climatiques (sécheresse, inondations)
et sont toujours fortement tributaires des aides extérieurs
concessionnelles. La région n'a pas été capable de tirer
pleinement profit du processus de mondialisation.39
L'idée d'un engagement plus actif de la
Communauté Internationale se heurte, dans la plupart de ces pays,
à une série d'obstacles : l'insuffisance des infrastructures et
les carences de l'administration fiscale et du recouvrement de l'impôt;
des politiques fiscales et d'investissement soumises davantage au bon vouloir
de quelques fonctionnaires qu'à des règles transparentes;
l'accès limité aux technologies de l'information; le manque
d'équipements de communication ;l'état encore embryonnaire des
services financiers et la faiblesse de l'appareil judiciaire.40
Enfin, plusieurs conflits armés assombrissent les
perspectives économiques de la région et, dans de nombreux pays,
la propagation du SIDA/VIH abaisse la productivité de la main -
d'oeuvre. Ce survol de la situation régionale trace les grandes lignes
des politiques susceptibles d'améliorer les chances
d'accélération durable de la croissance et de recul de la
pauvreté en Afrique subsaharienne.
39.F M I (2002), Finance et
développement ;
publication trimestriel, Washington , septembre,p.29
40.FMI (2000) , Accélérer la croissance et
réduire la pauvreté, role du FMI , publication trimestriel,
Washington Décembre,p.2
Il est essentiel, en effet, que la croissance
s'accélère durablement si l'on veut relever les niveaux de vie et
réduire la pauvreté, car la faiblesse du revenu par habitant est
telle dans la région que la redistribution ne modifiera guère,
à elle seule, la situation de pauvreté actuelle.
Outre la stabilité macroéconomique, sur laquelle
il faut continuer à mettre de l'accent en menant des politiques
budgétaire, monétaire et de change appropriées, des
réformes structurelles doivent être réalisées pour
améliorer l'efficience des marchés .
IL est largement reconnu que l'endettement extérieur
d'un certain nombre de pays à faible revenu, Africains pour la plupart,
est devenu extrêmement difficile à gérer.
Même l'arsenal complet des mécanismes classiques
de rééchelonnement et de réduction de la dette ,
allié à des apports continus de financement concessionnel et
à la poursuite des politiques économiques saines, ne suffisent
pas pour ramener l'endettement extérieur de ces pays à un niveau
supportable, dans des délais raisonnables et sans le
bénéfice d'un complément de soutien
extérieur41. L'image contrastée et dramatique qu'offre
l'humanité aujourd'hui est celle d'une extrême pauvreté de
masse qui côtoie l'opulence indescriptible d'une minorité. Cette
triste réalité choque les esprits les plus lucides du fait de son
ampleur : près de 3 milliards de personnes vivent avec moins de 2
dollars par jour et sont quotidiennement soumises à des dures
épreuves.
Les recherches et les engagements sans espoir se multiplient
sur le plan international. La déclaration du millénaire s'est
assignée, dans ses objectifs de développement, la tâche
ambitieuse de réduire de moitié le nombre de pauvres d'ici 2015.
Le doute est permis à ce sujet : des dizaines de ces engagements se sont
avérés, dans le passé, comme des simples
déclarations d'intention. Différentes acceptions que
présente la pauvreté et la non explication de celles-ci peut
conduire les observateurs non avertis à des erreurs
d'interprétation. Lorsqu'on évoque 10% ou 20% des pauvres dans
les pays occidentaux, les lecteurs de l'annuaire 2001 de la Banque Mondiale sur
la pauvreté ne retrouvent aucun de ceux-ci sur ces statistiques.
La confusion vient de la différence qu'il y a entre
pauvreté relative (terme employé en occident) et pauvreté
absolue (utilisé dans les pays en développement). La
première acceptation désigne un indicateur
d'inégalité : est pauvre ce lui qui n'a pas accès aux
biens consommés par la grande majorité de ses concitoyens. Celui
- ci n'est pas nécessairement pauvre en terme absolu. Pour l'autre
acception, est pauvre ce lui qui est incapable de satisfaire ses besoins
fondamentaux. Si pour un habitant de l'Europe Occidentale, manquer une voiture
ou un poste téléviseur est un signe de pauvreté, mais ces
biens ne sont pas nécessaires pour la survie d'un individu comme le
serait l'accès aux soins de santé et à la nourriture.
41.KAZADI,J. et AREND KOUWENAAR.A,(2003),
Soutenabilité de la dette et ressources PPTE ,
Ministère du Plan de la RDC, Kinshasa ,p.3
Aussi lorsque la Banque Mondiale publie les statistiques sur la
pauvreté basées sur le seuil de 1 ou 2 dollars par jour, les
pauvres de l'Occident ne sont donc pas concernés.
Devant cette réalité et sous la pression de la
Société Civile Internationale sur les pays riches ou (G7), la
Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ont lancé un
programme d'allégement de la dette des pays pauvres très
endettés connu sous le nom de l'initiative en faveur des pays pauvres
très endettés (Initiative PPTE).
Il s'agit d'un cadre d'action conçu pour fournir une
assistance spéciale aux pays pauvres très endettés qui
mettent en oeuvre des programmes d'ajustement et de reformes avec l'appui de
ces deux Institutions, mais pour qui les mécanismes classiques
d'allégement de la dette ne suffisent pas. Cette initiative vise
à garantir qu'aucun pays ne soit confronté à une charge
d'endettement intolérable.
Il s `agit , en outre , de garantir les programmes sociaux,
surtout en matière de santé et d'éducation de base parce
que ayant compris que les investissements dans la mise en valeur des ressources
humaines sont indispensables à la fois pour accroître la
rentabilité du travail et promouvoir la mobilité sociale.
Après un examen exhaustif de l'initiative , un certain nombre de
modifications ont été approuvées en 1999 à la
réunion du G7 en Cologne afin d'octroyer plus vite un allégement
plus important et d'une portée plus large et de renforcer les liens
entre l'allégement de la dette , la réduction de la
pauvreté et la politique sociale.
III.2. Allégement de la dette et l'initiative
PPTE
L'initiative PPTE est l'aboutissement d'un long processus
d'allégement de la dette qui a commencé au début de la
crise en 1982. La plupart de ces mesures étaient fonction de
l'idée que l'on se faisait de cette crise qui, au début,
paraissait temporaire. Mais avec le temps, la crise prenait des allures d'une
crise fondamentalement structurelle qui menaçait l'équilibre
macroéconomique des pays débiteurs. La réponse à
cette évolution fut l'adoption des solutions plus globales.
Avant d'analyser l'allégement de la dette dans le cadre de
l'initiative PPTE, nous allons d'abord faire un survol rétrospectif des
mécanismes d'allégement de la dette.
III.1.1. Allégement de la dette dans le
passé
Lorsque la crise éclata au début des
années 80, les créanciers étaient convaincus qu'elle
était passagère : ils l'imputaient à une crise de
liquidité temporaire. Aussi refusèrent-ils d'envisager des
mesures globales, préférant s'y prendre au cas par cas. Soit que
les dettes étaient restructurées -
rééchelonnées - soit refinancées (apport de
nouveaux crédits pour payer la dette). Parfois des créances
furent échangées contre les produits du pays où contre des
actions de développement.42
Malgré ces actions ponctuelles, la crise de
liquidité ne fut pas résorbée et pire encore, la dette des
PED continuait de gonfler. Cette évolution entraîna une prise de
conscience, par la Communauté Internationale, d'une insolvabilité
durable. Alors, petit à petit, on envisageait l'adoption des solutions
globales.
En 1987, la Citicorps, banque américaine, prit la
décision de provisionner 50% de l'encours de se créances
latino-américaines. Ce qui fut un encouragement pour les autres banques
à constituer des provisions sur les créances douteuses. Cette
option sera suivie puis généralisée par les banques du
monde entier.
C'est à Toronto (1988), lors de la réunion du
G7, que les premières réductions de la de la dette publique
seront évoquées. Les pays riches proposèrent
d'alléger d'un tiers la dette des pays pauvres et les plus
endettés. Ces réductions ont atteint 4 milliards de USD en 1991,
somme très modique relativement à l'encours de la dette de ces
pays. En mars 1989, le Secrétaire Américain au Trésor,
Brady, proposa un plan qui portera son nom qui se voulait un accord cadre
pour la dette bancaire. Cet accord permettait aux pays à revenu
intermédiaire de racheter les prêts en cours avec une
décote (garantie par la banque centrale américaine) ou de les
échanger contre des titres qui diminuent la dette ou son service.
Près de 100 milliards de dette avaient pu être restructurée
en 1991, mais ce ne sont que des gros débiteurs d'Amérique Latine
et le Nigeria qui en ont bénéficié.43
Beaucoup d'autres initiatives vont suivre. Au sommet de
Naples, en 1995, l'idée d'une réduction substantielle de la dette
pour les pays les plus pauvres et les plus endettés, vit le jour. Elle
trouvera enfin son expression avec l'initiative PPTE, proposée par la
Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International en 1996
42.Brunel,S.(1995), Le sud dans la nouvelle
économie mondiale, Ed. P.U.F,Paris,pp.232-233
43.ONU, cité par THETIKA,B. ; Op.cit
,p.63
III.1.2. L'initiative PPTE genèse
L'initiative constitue un dispositif global de
réduction de la dette des pays pauvres qui requiert la participation de
tous les créanciers ; elle suppose donc une action concertée de
la communauté financière en vue de ramener à un niveau
tolérable la charge de la dette de ces pays. Pour
bénéficier de cette initiative, le pays doit s'engager à
mettre en oeuvre des programmes d'ajustement et des réformes de
politiques sociales.
Sa mise en oeuvre part du constat que l'endettement
extérieur d'un certain nombre des pays pauvres, est devenu
extrêmement difficile à gérer. Même l'arsenal complet
des mécanismes classiques de rééchelonnement et de
réduction de la dette , allié à des apports continus de
financement concessionnel et à la poursuite de politiques
économiques saines , peut ne pas suffire pour ramener l'endettement
extérieur de ces pays à un niveau tolérable dans les
délais raisonnables, sans le bénéfice d'un
complément de soutien extérieur.44
Proposée par la Banque Mondiale et le FMI en 1996 et
entérinée lors du sommet de G8 à Cologne en juin 1999,
l'initiative PPTE a la particularité de s'articuler avec les politiques
de lutte contre la pauvreté. C'est en principe la raison pour la quelle
les pays qui postulent à l'initiative devraient être dotés
d'un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté(CSLP) dans un
document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP),
élaboré en concertation avec la société civile.
A. Quels sont les pays admissibles
?
Pour bénéficier de l'initiative PPTE, un pays
doit remplir les critères suivant : (i) avoir un faible revenu qui le
qualifie à emprunter aux conditions fortement concessionnelles ; (ii)
avoir un fardeau d'endettement insoutenable, hors de champ de mécanisme
d'allégement traditionnels ; (iii) établir des
antécédents positif dans la mise en oeuvre des réformes et
de bonnes politiques économiques.
Actuellement, sur 41 pays en développement
classés parmi les très endettés, 84% sont d'Afrique
Subsaharienne. Il s'agit notamment de: Angola ,Bénin, Burkina Faso,
Burundi, Cameroun, Comores , Congo, Cote d'Ivoire, Ethiopie, Gambie , Ghana
,Guinée - Bissau, Kenya, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie,
Mozambique, Niger, Ouganda, République Centrafricaine, RDC, Rwanda, Sao
Tomé et Principe, Sénégal ,Sierra Leone , Somalie, Soudan,
Tanzanie, Tchad, Togo et Zambie.
B.Les étapes de l'initiative PPTE,
éligibilité et condition
Pour être éligible à l'initiative PPTE, le
pays doit avoir: (i) adopté avant le point de décision ( voir
tableau de synthèse à la page suivante page 32) un document de
stratégie pour la réduction de la pauvreté ( DSRP)
établi selon un vaste processus participatif, au moins provisoire; (ii)
une situation de dette non soutenable, après application de toutes les
mesures d'allégement décidées dans le cadre du Club de
Paris avant l'initiative ; (iii) adopté des programmes d'ajustement et
de réformes appuyés par le FMI et la Banque Mondiale et
établir des antécédents satisfaisants.
44.FMI (2002),
:www.imf.org/np/exr/facts/fer/hipcf.htm
D'après les critères (ii), on procède
à une analyse du degré d'endettement tolérable du pays.
Suivant les seuils retenus, on suppose que si le ratio valeur actualisée
nette de la dette extérieure/ exportations dépasse 150%,
après application des mécanismes classiques d'allégement
de la dette, le pays peut être admis à recevoir une aide au titre
de l'initiative .Dans le cas particulier des économies très
ouvertes ( ratio exportations / PIB supérieur à 30%) ayant une
charge d'endettement très élevée par rapport aux recettes
mobilisées (plus de 15%, du PIB) , le ratio valeur actualisée
nette de la dette / exportations retenu comme objectif peut être
fixé en dessous de 150%. Dans ce cas, l'objectif retenu pour le ratio
valeur actualisée nette de la dette / recettes budgétaires est de
205%, au point de décision.
Une fois atteint le point de décision et admis au titre
de l'initiative, commence alors une période intermédiaire dont la
durée peut s'étaler de 1 à 3 ans selon les performances
des pays. Pendant cette période, le pays continue d'appliquer comme il
convient les programmes et réformes soutenues par la Banque Mondiale et
le FMI. Les créanciers bilatéraux et les banques commerciales
sont invités durant cette période à prendre des mesures
d'allégement des obligations venant à échéance (90%
de la VAN).Le pays continu, entre temps, à appliquer sa stratégie
de lutte contre la pauvreté et prépare sa version finale du
DSRP.
A l'is sue de cette deuxième phase, le pays atteint le
« point d'achèvement ».Sont alors enclenché de
façon définitive, les annulations de dette nécessaires
pour amener la dette au niveau déclaré soutenable .Les
créanciers publics, multilatéraux, et bilatéraux sont
impliqués dans cet effort d'annulation en proportion de leurs
créances respectives.45
45. Jacquet, P. (2003), « L'aide au développement
dans la gouvernance globale » in Synthèse annuelle de
l'actualité mondiale (Ramsès), IFRI, Paris
,pp.227-228
Initiative PPTE : diagramme des flux
|
*Le pays établit des bons antécédents
pendant une période de trois ans et met au point,
avec la société civile un document de
stratégie pour la réduction de la pauvreté.(DSRP) ;
initialement , un DSRP intérimaire qui peut atteindre le point de
décision.
*Le club de Paris procède à un
rééchelonnement de flux aux conditions de Naples , c'est à
dire du service de la dette admissible arrivant à
échéances au cours de la période de consolidation de trois
ans , la réduction pouvant atteindre la valeur actuelle nette des
échéances de la dette admissible.
*Les autres créanciers bilatéraux et les
créanciers commerciaux accordent des conditions au moins comparables.
*Les institutions multilatérales continuent d'appuyer
l'ajustement dans le cadre des programmes soutenus par le FMI et la Banque
Mondiale.
|
Point de décision
Soit soit


La réduction du stock de la dette consentie par le Club
de Paris aux conditions de Naples et les conditions comparables
accordées par les autres créanciers bilatéraux
Sont suffisantes
Sortie du processus

La réduction du stock de la dette consentie par le Club
de Paris aux conditions de Naples et les conditions
comparables accordées par les autres
créanciers bilatéraux et commerciaux. Ne sont pas
suffisantes Pour ramener la dette du pays à un niveau
tolérable


|
Tous les créanciers (multilatéraux ,
bilatéraux et commerciaux ) se décident à alléger
la dette au point d'achèvement < flottant ».Le montant de l'aide
fournie est fonction de l'effort nécessaire pour ramener la dette
à un niveau tolérable ; il est calculé à partir des
dernières données
disponibles au point de décision
|
Deuxième étape
*Les pays établissent une seconde série
d'antécédents favorables en appliquant les politiques convenus au
point de décision (qui vise à atteindre le point
d'achèvement < flottant ») et liées au DSRP
(intérimaire). *La Banque mondiale et le FMI apportent une assistance
transitoire.
*Le Club de Paris accorde un rééchelonnement des
flux aux conditions de Cologne (réduction de 90% de la VAN de la dette,
ou davantage si nécessaire).
*Les autres créanciers bilatéraux et commerciaux
accordent un allégement de la dette à des conditions
comparables.
*Les autres créanciers multilatéraux accordent un
allégement transitoire de la dette à des conditions
discrétionnaires.
*Tous les créanciers et donateurs continuent d'appuyer
la stratégie globale de réduction de la pauvreté
conçue par les gouvernements concernés avec la participation de
la société civile et de la communauté des donateurs
d'aides.
Point d'achèvement « flottant
»
*Le point d'achèvement est lié à la mise
en oeuvre pendant au moins une année d'une stratégie globale de
réduction de la pauvreté, et notamment d'une politique de
stabilisation macro-économique et d'ajustement structurel, pour les pays
qui n'étaient pas admissibles au titre de l'initiative initiale (cas non
réactifs), et à l `adoption d'un DSRP complet pour ceux qui
étaient admissibles au titre de l'initiative initiale(cas
rétroactifs).
*Tous les créanciers apportent une aide
déterminée au point de décision ; l'allégement
transitoire de la dette fourni entre le point de décision et le point
d'achèvement est pris en compte dans le calcul de cette assistance.
*Tous les groupes de créanciers accordent une réduction
équivalente (en valeur actuelle nette ) de leurs créances,
déterminée par l'objectif de viabilité de la dette. Cet
allégement n'est assorti d'aucune conditionnalité nouvelle. 1.Le
Club de Paris accorde une réduction de la dette admise aux conditions de
Cologne (réduction de 90% de la dette ou davantage si nécessaire
; 2.Les autres créanciers bilatéraux et commerciaux accordent des
conditions au moins comparables sur les stock de la dette ; 3.Les institutions
multilatérales accordent un allégement de la dette , chacune
d'elles choisissant parmi un menu d'options possibles.
Source : FMI (2002), Rapport annuel 2002,
www.imf.org
Il est à noter que les créanciers
bilatéraux peuvent décider d'aller au-delà de leurs
obligations dans le cadre de l'initiative PPTE.La France, par exemple, a pris
l'engagement d'annuler la totalité de ses créances
bilatérales au titre de l'APD sur les pays au point d'achèvement.
Pour ces pays, il est aussi prévu un éventuel concours de
financement au cas où un choc exogène viendrait
détériorer les indicateurs de la dette.
En 2000, 22 pays ont atteint le point de décision ; ils
étaient 26 en 2002 et 6 ont atteint le point d'achèvement en
juillet 2002 (Bolivie, Burkina Faso, Mauritanie, Mozambique, Tanzanie et
Ouganda).
Tableau n°3 : Initiative renforcée en faveur
des PPTE : Classification des pays, fin avril 2002
|
Points d'achèvement Points de décision
Points de décision Pays dont la dette
Atteints (6) atteints (21) non encore atteints (12) est
tolérable (4)
|
|
Bolivie
|
Bénin
|
Mauritanie
|
Burundi
|
Rép. Dém. Pop. Lao
|
Angola
|
|
Burkina Faso
|
Cameroun
|
Nicaragua
|
Comores
|
Somalie
|
Kenya
|
|
Mozambique
|
Ethiopie
|
Niger
|
Congo, Rép.du
|
Soudan
|
Vietnam
|
|
Ouganda
|
Gambie
|
Rwanda
|
Congo, Rep.
|
Togo
|
Yémen
|
|
Tanzanie
|
Guinée
|
Sao Tomé
|
Démocratique
|
|
|
|
Mauritanie
|
G-Bieeau
|
et- Principe
|
Cote d' Ivoire
|
|
|
|
Honduras
|
Sénégal
|
Libéria
|
|
|
|
Madagascar
|
Sierra Leone
|
Myanmar
|
|
|
|
Malawi
|
Tchad
|
République
|
|
|
|
Mali
|
Zambie
|
Centrafricaine
|
|
|
Source :FMI(2002),Documents PPTE ;
www.imf.org
Les pays qui ont atteint le point d'achèvement,
bénéficient, au titre de l'initiative PPTE multilatérale
et bilatérale, d'une réduction de dette de 30 milliards de USD
sur une dette initiale de 52 milliards de USD.46
III.1.3.Allégement de la dette et
réduction de la pauvreté
L'allégement de la dette, même substantiel, n'est
pas une panacée. Cependant, il aménagera, tout au moins, un
environnement propice à la relance de la croissance. Un service de la
dette élevé agit comme un frein à l'investissement et
entame sérieusement la croissance. Les faits historiques ont
attesté cette constatation.
Du moment où l'endettement agit négativement sur
les déterminants de la croissance, il agit de ce fait même sur la
pauvreté. Dans les meilleurs des hypothèses, on est en droit de
s'attendre à des gains de croissance à la suite de la
réduction de la charge de la dette. La réduction de la dette
(au titre de l'initiative PPTE) est directement
bénéfique aux pauvres sans que cela soit assuré par
l'entremise de la croissance. Le Rapport 2002 du FMI47
révèle cet aspect. Il affirme qu'en réduisant d'environ un
tiers le ratio service de la dette /exportations des PPTE, l'allégement
accordée leur permettra d'épargner entre 1/2 et 1 1/2 du PIB par
an sur un budget et d'augmenter ainsi sensiblement les dépenses en
faveur des pauvres comme l'éducation et la santé.
46.FMI (2002),Rapport annuel , Washington,p.59
47. Idem, p.59
Somme toute, l'initiative PPTE s'inscrit dans la démarche
qui tend à rechercher durablement des solutions aux problèmes de
la pauvreté et la relance économique.
Chapitre II. APERCU SUR LA SITUATION ECONOMIQUE ET LES
PROBLEMES D'ENDETTEMENT DE LA RDC
Dans le présent chapitre, nous parlerons de
l'aperçu sur la situation économique de la R.D.C.et les
problèmes liés à l'endettement de la République
Démocratique du Congo.
Section I. Situation économique de la RDC
Se penchant sur la situation post - coloniale de la R.D.C.,
l'une des observations qui frappe est la faillite économique et la
misère sociale généralisée de la population.
L'économie Congolaise présente le paradoxe le plus frappant du
continent noir. En effet, pays le plus potentiellement riche d'Afrique avec
d'incomparables ressources minières, forestières, et humaines la
RDC possède une économie parmi les moins performantes du
continent ; entre 1990 et 2000, le taux de croissance moyen de son PIB
était de - 6,5% alors que la population était en train de
croître au taux de 3,4% par année.
Dans les lignes qui suivent, nous proposons une lecture
évolutive de la situation de la RDC. Nous avons subdivisé
l'histoire économique du pays en 4 grandes périodes, à
savoir :
- 1960-1966 : période des troubles ;
- 1967-1974 : période d'expansion ;
- 1975-1989 : période de la récession et des
tentatives de stabilisation ;
- 1990-2003 : période de la grande crise ou de la
conflagration économique.
1.1. Période des troubles 1960 à 1966
Les querelles politiques des cinq premières
années qui ont suivi l'indépendance (mouvement de
rébellions, de récession et des guerres civiles) ont
entraîné une destruction et un abandon important des
infrastructures économiques du pays. Il s'agit notamment de la
destruction et de l'abandon des voies de communications, des ponts, des usines,
des plantations, des écoles, des hôpitaux, etc. Ce qui eut comme
conséquences une hausse importante des prix intérieurs, un
déséquilibre des paiements extérieurs et un quasi -
épuisement des réserves de change, entraînant
l'instauration d'un système de contrôles administratifs des
importations et des paiements de plus en plus restrictifs et compliqué.
Il en est a donc résulté le détournement des ressources
des activités productives vers les activités commerciales et
spéculatives. Nonobstant ces constats tristes, une bonne partie des
engagements du pays vis-à-vis de l'extérieur a été
respectée pendant cette période. 48
1.2. Période d'expansion ou de l'essor
économique 1967 à 1974
A partir de 1966, le pays est entré dans une
période de paix civile et sociale marquée par l'instauration de
l'autorité de l'Etat et la réorientation de la politique
économique. En effet, la reforme monétaire de juin 1967,
conjugué avec la montée des cours du cuivre et de la confiance
des nouveaux investisseurs, à entraîné un apport massif des
capitaux; et il s'en est suivi une croissance réelle du PIB de 7% en
moyenne annuelle de 1968 à 1974. Les réserves de change
atteignaient, fin 1970, le montant de 220 49 millions de dollars,
soit trois années de besoin d'importations.
48.NZANDA-BUANA KALEMBA.M.,(1995), Economie
zaïroise de demain :pas de navigation à vue.
Edition ProsDé, Kinshasa, p.91
49.Cfr NZANDA- BUANA, Op.cit.pp.97-100, et NDELE BAMU,
A. (1992), « Les grandes leçons de l'histoire monétaire,
financière et économique du Congo -Zaïre », in
Zaïre - Afrique, n°267, Kinshasa, pp 395 - 403
C'est durant cette période de haute conjoncture que le
pays a réalisé plusieurs projets économiques :
industriels, routiers, hydroélectriques et autres, ainsi que la
création et la restructuration des grandes entreprises publiques dans le
domaine de la distribution de l'eau (REGIDESO), de l'électricité
(SNEL), des transports (ONATRA) et des assurances (SONAS).
A ces dysfonctionnements internes provoqués par la
zaïrianisation, sont venus s'ajouter d'autres facteurs essentiellement
externes dont la chute des cours de cuivre et la hausse des prix des produits
pétroliers (premiers chocs pétroliers).
1.3. Période de la récession et des
tentatives de stabilisation de 1975 à 1989
A partir de 1975, l'économie Congolaise est
entrée dans une phase de récession marquée par une
profonde détérioration des principaux indicateurs
économiques et sociaux. L'origine de cette récession tient
principalement à trois phénomènes; il s'agit d'abord de
l'échec de l'expérience de la politique de Zaïrianisation/
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