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« La profonde méconnaissance dans notre pays de la culture technique et sa relégation, par les élites de la culture savante du moins, au niveau de l'intendance. Une tradition philosophique très pesante qui voit dans la technique un obstacle à la manifestation de l' "être" ou plus simplement une certaine forme de mal. » Edmond Couchot, Un climat technophobe, in Dialogues sur l'Art et la technologie Table des matières I. LE PHÉNOMÈNE DE TECHNOPHOBIE EN FRANCE 6 1.2.1 Persistance d'un mythe 7 1.2.2 Emergence du néo-luddisme 8 2. Technophobes vs technophiles 9 3. Une réalité française : études et chiffres 10 3.1 Du technophile au non consommateur absolu 10 3.1.1 Profil aiguisé du technophile français 10 3.1.2 Un portrait biaisé du technophobe 11 3.2 Diffusion disparate de l'outil Internet en France 12 II. LA TECHNOPHOBIE CHEZ LES POPULATIONS ÉTUDIANTES 13 1. Les obstacles à la culture numérique 13 1.1 Contraintes socio-économiques 13 1.3 Contraintes culturelles et psychologiques 15 1.3.1 Transmission d'une culture technophobe 15 1.3.2 Le réflexe technophobe 16 2. Typologie des profils d'usagers étudiants des NTIC 17 III. EXEMPLES RENCONTRÉS DANS LE CADRE D'UNE ÉTUDE SUR LES PRATIQUES D'INFORMATION DES ÉTUDIANTS GRENOBLOIS 19 1. Cas d'une étudiante en lettres à l'Université Stendhal de Grenoble 19 2. Cas d'un étudiant en physique à l'université Joseph Fourier de Grenoble 21
IntroductionDans le cadre du projet professionnel proposé par l'IUP Métiers du Livre, une enquête auprès de douze étudiants grenoblois a été menée et questionnait leurs pratiques et connaissances en matière d'information et d'informatique. Les réponses recueillies devaient constituer une prospective quant à la mise en place de la brique documentaire de l'Environnement Numérique de Travail (ENT) du conglomérat d'universités grenoblois, Grenoble-Universités. Au cours de l'administration des questionnaires, très rapidement, différents profils d'usagers des nouvelles technologies se sont dessinés au travers des discours recensés. De ces discours a émergé une problématique, à savoir celle de l'éventuelle existence d'une technophobie chez les populations étudiantes et, si technophobie il y a, de quelle nature relevait-elle. Ce questionnement se présente comme légitime. En effet, de tous temps, la technique et sa potentielle prédominance sur l'homme ont suscité méfiance et fascination de la part de ce dernier. A chaque époque, la technique a fait l'objet de mythes et de craintes poussant l'homme au rejet des innovations produites. L'émergence de la Société de l'Information et du Savoir a accompagné l'explosion des nouvelles technologies, les Technologies d'Information et de Communication (TIC). Et pour cause, l'insertion de ces innovations dans les pratiques courantes des individus et dans leur foyer a été des plus rapides et s'avère être une priorité pour nos gouvernements. Cependant, si nos sociétés occidentales, qualifiées de matures, ont largement oeuvré à insérer les technologies dans les moeurs, une relative réticence de la part des français demeure. L'hypothèse de la présence de cette même prudence chez les populations étudiantes peut alors être émise. Ce travail d'analyse vise à dresser un état des lieux de l'insertion des TIC auprès des publics étudiants et notamment à savoir si cette dernière peut être mise en corrélation avec les pratiques informatiques de ces étudiants dans un contexte où l'usage des nouvelles technologies devient une exigence sociale. La réflexion produite dans ce mémoire ne concerne que la population étudiante et ne constitue en aucun cas le résultat d'une étude aboutie et exhaustive sur le phénomène de technophobie, phénomène qui renvoie plus à un concept qu'à une réalité. Toutefois, ce sujet méritait d'être traité, d'abord, de part la rareté des travaux sur ce thème et sur ces populations, et, ensuite, dans la mesure où il permettait de mettre en exergue les paradoxes qu'engendrerait l'émergence de notre Société de l'Information. Ainsi, il semblait, avant tout, nécessaire de restituer la signification originelle du néologisme de technophobie et les contextes actuels dans lesquels celui-ci est énoncé, pour ensuite tenter d'établir sa portée sur le territoire français. Le public étudié ici correspond aux étudiants. Il paraissait donc primordial de juxtaposer les constats effectués auprès des français avec ceux issus de cette population. Enfin, l'expérience faite lors de la réalisation de l'enquête auprès des étudiants grenoblois dans le cadre de l'ENT, permettait de vérifier la concordance des postulats avancés avec une situation réelle. |