2. Typologie des profils
d'usagers étudiants des NTIC
Les réactions et ressentis des publics étudiants
face aux technologies sont diverses et d'intensité qu'il est possible
d'échelonner.
De cette segmentation des comportements ressort quatre profils
d'usagers étudiants distincts, ici présentés, du moins
réfractaire au plus réticent aux nouvelles technologies, à
leur acquisition et à leur usage.
La première catégorie correspond aux pionniers
et voire à des technophiles. Ils sont ouverts aux innovations et
familiarisés avec l'ordinateur dont ils disposent, en majorité,
à domicile. Ils ont déjà adopté les NTIC et font en
sorte d'accroître leur maîtrise. Pour eux, la technique n'est pas
une contrainte mais un outil utile au quotidien. Ils appartiennent en partie
à des sections universitaires où une initiation à l'usage
des technologies est dispensée et/ou dans lesquelles le recours aux
technologies est indispensable telles que l'informatique, l'industrie, ou
encore le commerce.
Les insécures constituent un groupe d'étudiants
ayant déjà amorcé l'appropriation des technologies mais
sont facilement découragés face à aux obstacles d'usage de
ces dernières. Ils ont besoin d'un cadre propice à leur recours
(formation personnalisée, ambiance, etc). Une partie d'entre eux
disposent d'un ordinateur, voire d'une connexion à Internet mais ne
l'utilisent qu'accompagnés. Ceux ne disposant pas de matériel
informatique invoquent le facteur prix comme obstacle à l'achat. Ils
apparaissent néanmoins comme les plus prédisposés à
devenir des pionniers.
Le troisième profil réfère aux craintifs.
Ceux-là sont sujets à un malaise face à l'utilisation des
technologies et n'ont bénéficié d'aucune formation,
scolaire ou autre, d'où une angoisse due au manque de familiarisation
avec les outils informatiques. Ils ont tendance à invoquer la
complexité des technologies comme frein à l'usage de celles-ci et
ont recours aux technologies le moins souvent possible et n'ont qu'une moindre
connaissance des possibilités d'usage et de fonctionnalités
offertes par ces outils.
Enfin, les réfractaires, eux, demeurent sceptiques face
à l'utilité des technologies et refusent leur usage. Ils exposent
leur rejet de la technique et le justifient par certains arguments propres aux
technophobes et s'opposant à ceux des technophiles. L'inutilité
des technologies qu'ils invoquent est confortée par le fait d'usages
quotidiens sans nul recours à l'informatique. Ils ont
hérité, pour la plupart, d'une culture livresque et
appartiennent, en majorité, à des sections littéraires ou
scientifiques.
Pour vérifier la validité de ce découpage
des comportements face aux technologies, il est nécessaire d'exploiter
des exemples concrets de façon à établir leur concordance
avec certains des profils dressés ici.
Aussi, une enquête, menée en 2005 dans le cadre de
la mise en place d'un environnement numérique de travail grenoblois et
auprès d'étudiants des quatre universités de la ville sur
leurs pratiques informatiques et d'information, a permis la rencontre
d'étudiants ayant tous des rapports différents avec les nouvelles
technologies. Néanmoins, deux cas méritent d'être
particulièrement étudiés.
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