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Le phénomène de technophobie chez les populations étudiantes


par Faïza NAIT-BOUDA
Université Pierre Mendès - Grenoble - IUP Métiers du Livre - Master 1
Traductions: Original: fr Source:

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2. Typologie des profils d'usagers étudiants des NTIC

Les réactions et ressentis des publics étudiants face aux technologies sont diverses et d'intensité qu'il est possible d'échelonner.

De cette segmentation des comportements ressort quatre profils d'usagers étudiants distincts, ici présentés, du moins réfractaire au plus réticent aux nouvelles technologies, à leur acquisition et à leur usage.

La première catégorie correspond aux pionniers et voire à des technophiles. Ils sont ouverts aux innovations et familiarisés avec l'ordinateur dont ils disposent, en majorité, à domicile. Ils ont déjà adopté les NTIC et font en sorte d'accroître leur maîtrise. Pour eux, la technique n'est pas une contrainte mais un outil utile au quotidien. Ils appartiennent en partie à des sections universitaires où une initiation à l'usage des technologies est dispensée et/ou dans lesquelles le recours aux technologies est indispensable telles que l'informatique, l'industrie, ou encore le commerce.

Les insécures constituent un groupe d'étudiants ayant déjà amorcé l'appropriation des technologies mais sont facilement découragés face à aux obstacles d'usage de ces dernières. Ils ont besoin d'un cadre propice à leur recours (formation personnalisée, ambiance, etc). Une partie d'entre eux disposent d'un ordinateur, voire d'une connexion à Internet mais ne l'utilisent qu'accompagnés. Ceux ne disposant pas de matériel informatique invoquent le facteur prix comme obstacle à l'achat. Ils apparaissent néanmoins comme les plus prédisposés à devenir des pionniers.

Le troisième profil réfère aux craintifs. Ceux-là sont sujets à un malaise face à l'utilisation des technologies et n'ont bénéficié d'aucune formation, scolaire ou autre, d'où une angoisse due au manque de familiarisation avec les outils informatiques. Ils ont tendance à invoquer la complexité des technologies comme frein à l'usage de celles-ci et ont recours aux technologies le moins souvent possible et n'ont qu'une moindre connaissance des possibilités d'usage et de fonctionnalités offertes par ces outils.

Enfin, les réfractaires, eux, demeurent sceptiques face à l'utilité des technologies et refusent leur usage. Ils exposent leur rejet de la technique et le justifient par certains arguments propres aux technophobes et s'opposant à ceux des technophiles. L'inutilité des technologies qu'ils invoquent est confortée par le fait d'usages quotidiens sans nul recours à l'informatique. Ils ont hérité, pour la plupart, d'une culture livresque et appartiennent, en majorité, à des sections littéraires ou scientifiques.

Pour vérifier la validité de ce découpage des comportements face aux technologies, il est nécessaire d'exploiter des exemples concrets de façon à établir leur concordance avec certains des profils dressés ici.

Aussi, une enquête, menée en 2005 dans le cadre de la mise en place d'un environnement numérique de travail grenoblois et auprès d'étudiants des quatre universités de la ville sur leurs pratiques informatiques et d'information, a permis la rencontre d'étudiants ayant tous des rapports différents avec les nouvelles technologies. Néanmoins, deux cas méritent d'être particulièrement étudiés.

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