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L'influence de la concentration sur les pratiques rédactionnelles des journalistes en hebdomadaires d'actualités générales


par Faïza NAIT-BOUDA
Université Pierre Mendès - Grenoble - IUP Métiers du Livre - Licence 3
Traductions: Original: fr Source:

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1.3 Le Nouvel Observateur

Avant le rapport des réponses des interrogés, il est à rappeler la quasi-indépendance de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur qui n'a cédé, pour le moment, que 6% de son capital au groupe La Vie-Le Monde.

L'un des interrogés précise la raison de cette cession consistant, d'après lui, « uniquement à un échange permettant d'améliorer la gestion des espaces publicitaires et des petites annonces ».

D'après les interlocuteurs, le prix unitaire de l'hebdomadaire n'a pas évolué. Néanmoins le tirage a progressé et fait partie des plus forts sur le segment des news magazines.

Comme L'Express, Le Nouvel Observateur a des activités traditionnelles d'éditions complémentaires : Obs Région, L'Obs permanent, et L'Obs Paris-Ile-de-France.

Concernant les activités supplémentaires à celles de presse et selon l'un des journalistes interrogés, Le Nouvel Observateur aurait des parts dans une entreprise de sanitaires nommée SFA.

D'après les réponses collectées, le lectorat du support s'est diversifié, allant du cadre du privé aux jeunes. L'un des interrogés du support le qualifie « de plus consensuel qu'à l'époque » en invoquant la concurrence pour source de cet élargissement de cible.

Les stratégies promotionnelles de l'hebdomadaire sont les mêmes que celle de L'Express, à savoir la publicité via presse, radio, Internet (sur son site propre) et affichage en kiosque. Les trois premiers canaux de promotion ont une influence sur la vente par abonnements ; l'affichage, lui, agit sur la vente au numéro selon les sujets annoncés en couverture.

Les deux journalistes interrogés n'adhèrent pas à un syndicat, ceci dû à la présence de la Société des Journalistes du Nouvel Observateur.

Le budget rédactionnel ne semble pas être réparti de façon égale entre les différents services. En effet, le journaliste rattaché au service monde rapporte une stagnation du budget de la rédaction, alors que le second interrogé du support, lui, rattaché au service culture évoque un budget « serré ». Cette répartition inégale s'explique probablement par la différence de taille des articles de ces rubriques dans le support et donc une hiérarchisation de l'importance de ces dernières.

Les deux interlocuteurs s'accordent à dire que la politique éditoriale et la forme du support n'a guère évolué. L'un deux ajoute même « un manque d'originalité » des sujets traités. Le second, lui, évoque « la persistance d'une certaine tradition politique de gauche» dans la rédaction des articles.

L'équipe rédactionnelle du service monde compte approximativement vingt personnes. Le nombre total des agents de la rédaction n'est pas connue des interrogés. Mais tous deux estiment n'avoir constaté nul changement de celui-ci depuis l'entrée du groupe La Vie-Le Monde dans le capital du support.

La maquette du journal a connu une évolution. Elle a été récemment remaniée mais « légèrement ». Quant à la rubrique monde, elle compte désormais, et ce depuis 2004, en moyenne, neuf pages, contre 4 auparavant. La taille de la rubrique culture tend à se réduire pour des raisons budgétaires.

Conformément à l'évolution de la taille des rubriques, les délais de rédaction se sont allongés pour les rédacteurs de la rubrique monde, et restreints pour ceux de la rubrique culture.

Pareillement aux autres supports traités, les journalistes disposent des mêmes outils de rédaction qu'avant cession des parts du capital au groupe La Vie-Le Monde.

Les contraintes d'écriture évoquées diffèrent selon le service auquel sont rattachés les journalistes. Ainsi, l'interrogé travaillant au sein du service Monde ne note pas de contraintes matérielles d'écriture. Tandis que celui rédacteur au sein du service culture, lui, rapporte des contraintes de l'ordre du format alloué « très strict » et du « respect rigoureux du nombre de caractères demandés ». Ce dernier affirme aussi rencontrer des difficultés quant au ton requis dans « ces papiers » où « il ne faut jamais perdre de vue la cible élargie du journal ».

Enfin, les journalistes du Nouvel Observateur semblent être moins directement touchés par l'influence de la concentration du secteur. Le groupe La Vie-Le Monde n'a, d'après les interrogés, aucun regard sur le contenu de l'hebdomadaire. Toutefois, un impact indirect est décelé au travers de ces réponses. Plus que la concentration même, c'est la concurrence sévère entre les titres qu'elle génère qui oriente les évolutions des pratiques rédactionnelles des journalistes de ce support.

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