Conclusion
Une révolution a véritablement eu lieu dans le
secteur de presse au cours des dernières décennies et
spécialement sur le segment ici étudié, les magazines
hebdomadaires d'information générale.
Ce mémoire devait répondre aux questions de
l'étendue de la concentration sur les métiers journalistiques, et
plus spécifiquement sur les pratiques rédactionnelles dans les
news magazines.
L'étude des trois supports révèle la
place prépondérante que le phénomène
concentrationnaire occupe aujourd'hui à tous les stades du secteur, de
la conception à la diffusion. Les témoignages recueillis exposent
également le poids pris par la gestion financière dans le travail
quotidien de leurs journalistes et dans leurs pratiques
rédactionnelles.
Au sortir de cette analyse, on s'aperçoit que cette
tendance met à jour et nourrit vraisemblablement des paradoxes de longue
date régnant sur le secteur de presse écrite, secteur qui
revendique son statut de garant de la démocratie, un respect de son
indépendance et de ses libertés d'expression durement acquises,
mais qui, dans le même temps, base sa survie sur le capitalisme et le
libéralisme économique.
Cependant, cette analyse ne serait être
considérée comme exhaustive et ne porte que sur un
échantillon de professionnels appartenant à un segment qui compte
en fait des centaines de titres.
De plus, l'actualité du secteur de presse et de sa
conjoncture étant régulièrement changeante, il serait
déraisonnable de considérer cette analyse comme figée et
définitive. Une caducité de certaines informations
relatées dans ce mémoire pourrait être constatée
sous peu.
D'autres paramètres auraient pu être pris en
considération dans le cadre de l'analyse de l'impact de la concentration
tels que la nouvelle concurrence des journaux gratuits, l'évolution des
pratiques de lecture du public et la mise en parallèle des pratiques
rédactionnelles françaises avec celles de pays autres. Une
année d'étude n'aurait, évidemment, pas suffit pour le si
vaste et si complexe thème qu'est la concentration.
Outre une recherche théorique, on pourrait imaginer un
travail de sensibilisation du public, et notamment du jeune lectorat, sur le
devoir de citoyen en soutenant le débat démocratique qu'offre la
presse d'opinion. Pour conclure, d'après un sondage
réalisé en 2005 sur Internet par l'hebdomadaire d'information
générale Le Nouvel Observateur auprès de 4991
interrogés, 81,2% des votants affirment avoir peur de la concentration
des médias.
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