3.2 Enjeux de la
concentration
De nombreux enjeux et d'ordres divers peuvent être
rattachés au phénomène concentrationnaire.
Différentes hypothèses sont avancées quant au devenir de
la structure économique du secteur, de son internationalisation due
à l'éventuelle introduction de capitaux étrangers,
à un oligopole redouté par les professionnels qui tendrait
à estomper la pluralité des médias, conséquence
d'une potentielle formation d'un agglomérat de firmes dans le secteur de
presse.
Néanmoins, conformément au sujet de
mémoire traité, seul les enjeux se rapportant à l'exercice
du métier journalistique nous intéressent ici.
Précédemment, tout ou partie de la
propriété du segment de presse d'information
générale par les marchés financiers a été
démontré. La question qui se pose désormais est de savoir
quels en sont les enjeux pour les organes de presse mais aussi et surtout sur
les pratiques rédactionnelles dans ces derniers.
Cette financiarisation du secteur, selon les multiples formes
qu'elle prend aujourd'hui, pourrait intégrer une notion de
dépendance partielle ou totale de la part des organes de presse
vis-à-vis des capitaux issus de marchés financiers.
De plus, outre l'introduction de capitaux provenant des
acteurs du marché capitaliste et les transactions des empires familiaux,
on note que souvent l'actionnaire majoritaire devient le dirigeant du journal
capitalisé comme le prouve la cas de Serge Dassault à la
tête du groupe Express-Expansion-L'Etudiant et de ses titres. Un
contrôle de ses supports pourrait être appréhendée
autant dans leur contenant que dans leur contenu de façon à en
faire des supports rentables.
A ce titre, si ce dernier enjeu est considéré,
il impliquerait un impact sur les salariés qui remplissent ces supports,
qui les créés. Si l'on conçoit cette
éventualité de rentabilité du contenu, il pourrait en
résulter une participation directe ou indirecte des pratiques
rédactionnelles aux objectifs économiques fixés par les
gestionnaires du support concerné. L'influence économique de la
concentration sur ces métiers se confirmerait alors.
En dressant cet état des lieux, On peut déduire
que, plus que le souci de liberté d'opinion et d'indépendance qui
régnait chez les éditeurs de presse au siècle dernier, ce
qui pourrait primer désormais est la loi de marché et la
rentabilité des supports vendus.
L'analyse de l'impact de ces changements économiques
sur les pratiques rédactionnelles prend donc plus de cohérence en
s'intéressant principalement au segment le plus lucratif et attirant en
conséquence le plus d'investissements, celui des news
magazines.
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