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UNIVERSITÉ CATHOLIQUE
DE LOUVAIN
Faculté de Philosophie et Lettres
Département d'Histoire de l'Art et
d'Archéologie

Le Forum de Trajan à Rome
Templum Divi Traiani
État de la question et tentative
d'interprétation
Claire RICHARD
I. Commentaires et analyse
Promoteur : Marco CAVALIERI Mémoire
présenté en vue de l'obtention du titre de licenciée en
Histoire de l'Art et Archéologie
Année académique 2004-2005- Session de
septembre
Je tiens à adresser mes
plus sincères remerciements :
-à Monsieur Marco
Cavalieri, mon directeur de mémoire, pour son aide précieuse, ses
conseils avisés, sa gentillesse et sa disponibilité ;
-à Messieurs Philippe
Bragard et Raymond Brulet pour avoir accepté d'assumer la tâche de
lecteur ;
-à ma soeur
Hélène, pour ses conseils, ses relectures et son aide tout au
long de la réalisation de ce travail ;
-à mes parents ainsi
qu'à Kevin pour leur présence affectueuse à mes
côtés ;
-à mes futurs
collègues pour leur soutien permanent et tout particulièrement
à Joëlle pour avoir consenti à relire cette
étude ;
-enfin, à toute personne
ayant contribué, de près ou de loin, à la
réalisation de ce mémoire.
INTRODUCTION
I.
MÉTHODOLOGIE, CHOIX DU SUJET ET OBJECTIFS
Au cours de ce travail, j'ai tenté de mettre en
application les méthodes qui m'ont été enseignées
durant mes quatre années d'études universitaires en Histoire de
l'Art et Archéologie. Pour reprendre les propos de M. CAVALIERI, la
méthodologie employée s'apparente à une véritable
« philosophie de la recherche ». Je suis donc
partie des données tant historiques, archéologiques que
littéraires qui constituent pour tout archéologue la base de
l'interprétation. Il était impératif de les communiquer
clairement à mes lecteurs. Dans un second temps, j'en suis
arrivée à émettre des hypothèses. J'insiste sur ce
terme car ma volonté ici n'est pas d'établir
catégoriquement un fait, mais de tenter de rechercher le pourquoi et le
comment par des comparaisons et confrontations. Ma démarche vise
à avancer divers arguments en faveur de telle ou telle proposition. Le
but conclusif est d'apporter un essai d'explication sans pour autant
prétendre que cette étude est exhaustive.
En septembre 2003, dans le cadre d'un premier entretien avec
mon promoteur, j'ai émis le souhait de réaliser un mémoire
sur une thématique architecturale de l'Antiquité romaine, mon
domaine de prédilection. M. CAVALIERI m'a alors proposé
d'étudier la fonctionnalité du Forum de Trajan à Rome.
Toutefois, mes premières recherches sur le sujet m'ont permis de
comprendre combien la tâche s'avérait complexe. En effet, j'ai pu
constater que les investigations archéologiques toutes récentes
sur le terrain avaient radicalement bouleversé la physionomie et la
planimétrie des lieux. Je me sentais donc incapable d'étudier la
fonctionnalité d'un site sur lequel planait une somme d'incertitudes. Au
jour d'aujourd'hui, les études sont plutôt au stade des
constatations et communiquent les données sans pour autant en
réaliser une analyse approfondie. C'est donc sur ce point que j'ai
fixé mon sujet. Le problème majeur porte sur la localisation du
Templum Divi Traiani et Plotinae attesté par les sources
littéraires et épigraphiques. Le premier chapitre est
destiné à retracer l'historique de cette problématique.
Les fouilles réalisées dans le cadre du Grand Jubilé de
l'année 2000 ont engendré une révision
planimétrique essentiellement des deux extrémités du
Forum. L'attribution de la zone médiane étant relativement
sûre, j'ai limité l'objet de mon étude à l'analyse
des secteurs méridional et septentrional. Ce sujet,
développé dans le second chapitre, constitue la pièce
maîtresse de ce mémoire. Je n'ai pu me référer
qu'aux propos de R. MENEGHINI, en charge des dernières fouilles, et
à ses toutes récentes hypothèses de reconstitution. Par
conséquent, l'analyse de la limite sise au nord, dont le plan reste
indéterminé, est à prendre avec toutes les
précautions de circonstance. Enfin, j'ai tenu dans le dernier chapitre
à aborder la problématique initiale qui m'avait été
proposée : la fonctionnalité du complexe. La récolte
de la littérature archéologique sur le Forum a également
porté mon attention sur deux émissions monétaires
traditionnellement attribuées au complexe. Au regard des nouvelles
données, leur attribution est aujourd'hui à revoir. À la
fin de l'analyse de chaque secteur, j'ai donc tenu à soumettre des
propositions quant à leur représentation.
Si au départ, il me paraissait difficile de trouver un
fil conducteur pour présenter clairement le sujet, l'élaboration
de ce travail s'est finalement portée sur une question :
« Qu'en est-il du Templum Divi
Traiani ?
Pouvons-nous le localiser au sein du Forum
Traiani
sur la base du nouveau
plan ? »
Mon objectif est ici de réaliser un état de la
question pour ensuite essayer d'avancer des hypothèses ou d'infirmer
certaines attributions. Toutefois, le sujet demeure très
compliqué, j'ai donc tenté de l'aborder et de le soumettre au
lecteur avec la plus gandre clarté possible. À cette fin, je
joins à la version texte une annexe illustrative pour guider la lecture
et surtout en promouvoir la compréhension. Il en va de même pour
les termes en gras qui sont destinés à suivre la progression de
mon discours.
Au terme de ce mémoire, vous pourrez constater combien
la bibliographie sur le Forum de Trajan ne manque pas. Le recensement des
informations destinées à la constitution du dossier heuristique
ne s'est donc pas avéré trop complexe. Cependant, comme je l'ai
déjà souligné, les toutes dernières
découvertes datent de l'extrême fin du XXème
siècle. Or, la majorité de la littérature
archéologique est antérieure au Jubilé. Dès lors,
sa validité est entachée. Aucune monographie post-jubilaire n'a
encore été réalisée sur le sujet à ma
connaissance. L'essentiel de ce travail repose, par conséquent, sur des
données communiquées par des articles (essentiellement ceux de R.
MENEGHINI et E. LA ROCCA responsables du projet). Toutefois, dans le cadre d'un
voyage à Rome en novembre 2003, j'ai eu l'occasion de contempler de
visu le site archéologique du Forum Traiani. Grâce
à l'intervention de mon directeur de mémoire, le Deutsches
Archäologisches Institut m'a également ouvert ses portes pour
me permettre d'accéder à sa bibliothèque. Ceci m'a permis
de compléter mon fichier de documentation en ayant sous la main les
revues et monographies qui ne sont malheureusement pas conservées en
Belgique. Tant pour le choix des illustrations que la récolte des
informations, je n'ai donc pas rencontré de contraintes majeures.
Internet abonde de sites en lien avec notre sujet. Ils ont cependant
été utilisés avec toutes les précautions de mise
pour ce type d'outil documentaire. Les sites des universités, des
musées de même que de numismatique ont dès lors
été privilégiés tout particulièrement pour
leur crédit photographique. Leur consultation visait à offrir au
lecteur un recueil d'illustrations en couleurs pour rendre cet exposé
plus limpide. Je tiens seulement à noter que les figures 49, 92 et 148
sont très schématiques, mais essentielles à la
clarté des explications. Aucun ouvrage n'offrait une reproduction de
l'agencement des marbres pour le site nouvellement reconstitué.
Dans sa seconde partie, ce chapitre introductif vise à
plonger le lecteur dans l'atmosphère de l'époque avant d'entrer
dans le vif du sujet. Pour ce faire, il reprend une brève biographie de
Trajan ainsi que le cadre générale du Forum.
J'espère sincèrement avoir pu tout mettre en
oeuvre pour promouvoir l'intelligibilité du sujet bien que j'admette que
la tâche reste compliquée pour celui qui n'est pas
imprégné en permanence de la civilisation romaine. Pour conclure,
je souhaite de tout coeur que ce mémoire suscite un intérêt
auprès du lecteur.
Dossier heuristique
Cf. note sur philosophie de la
recherche
I. OBJECTIFS
État de la question
Terminologie
II. CONTEXTE HISTORIQUE
A. BIOGRAPHIE DE L'EMPEREUR TRAJAN1(*)
« Il est deux qualités que l'on attend
des empereurs d'exception : l'intégrité dans la paix, la
bravoure sous les armes et, dans les deux cas, la sagesse ; il y avait en
Trajan une si juste mesure des plus grandes vertus qu'il semblait en avoir
réalisé une association harmonieuse. »
Pseudo-Aurélius Victor, Abrégé des
Césars, XIII, 4
Traduction de M. FESTY
Le monument étudié date du
IIème siècle apr. J.-C. Nous sommes alors sous la
dynastie des Antonins. C'est essentiellement son second représentant
Marcus Ulpius Traianus qui domine le début du siècle
(98-117). Contrairement à ses prédécesseurs, Trajan n'est
pas un Italien pure souche, mais un provincial. Il est né le 18
septembre 56 apr. J.-C. à Italica dans le sud de l'Espagne
(Bétique-Andalousie). Son père du même nom, homo
novus de la famille des Ulpii, était déjà au
service de l'État sous l'empereur Vespasien. Il s'était
illustré principalement lors de la guerre de Judée (67-68).
Élevé donc par un général, Trajan débute sa
carrière politique en 74 comme magistrat mineur (vigintivirat
probablement comme triumvir monetalis) pour devenir ensuite
tribunus laticlavius de Syrie (75) puis de Germanie (77). Marié
à Pompeia Plotina depuis 78, il gravit ensuite les
échelons du cursus honorum. Quaestor en 81,
praetor en 87, il est alors promu au rang de légat d'Auguste en
Germanie sous Domitien (legatus legionis VII Geminae). Suivent alors
les fonctions de consul ordinarius (91), gouverneur de Germanie
(92-93) et enfin de Pannonie (95-96). C'est toutefois à la suite de sa
brillante victoire face aux Suebi de Germanie que le premier des
Antonins et remplaçant de Domitien, Nerva (96-98), le désigne
comme successeur (septembre 97). En fait, depuis ce dernier, la tradition
d'associer ses fils au pouvoir est abandonnée au profit d'une
désignation d'un successeur selon son mérite. Quelques mois plus
tard (1er janvier 98), Trajan partage le consulat avec son
père adoptif. Cependant, la même année, le 28 janvier 98,
Nerva décède. C'est alors son successeur attitré qui prend
les rennes de l'Empire. Trajan, encore en Germanie à ce moment, est
proclamé Imperator Caesar Nerva Traianus Augustus Germanicus.
Il faudra attendre septembre 99 pour qu'il fasse son entrée à
Rome comme Princeps. Dans le courant de son quatrième consulat,
il décide de protéger les frontières du Danube. Commence
alors le 25 mars 101 le premier conflit contre les Daces (peuple de l'actuelle
Roumanie). Toutefois, une seule guerre s'avèrera insuffisante. Une
seconde campagne débute le 4 juin 105. Entre-temps, après un
premier triomphe, l'empereur s'est vu octroyé le titre de
Dacicus (décembre 102). La fin du conflit est provoquée
par le décès du chef emblématique des Daces,
Décébale, à la fin de l'an 106. La Roumanie est
transformée en province romaine. L'empereur occupe également
l'Arabie nabatéenne en 105. Avant 106, Trajan se lance dans un vaste
projet d'embellissement des provinces, mais surtout de l'Urbs. Il
achève les projets de Domitien après avoir restauré les
monuments publics endommagés par les inondations du Tibre (fossa
Traiana) ou détruits par les deux incendies de 64 et 80 tels que le
Circus Maximus ou encore le Ludus Magnus. De retour à
Rome en 107, les richesses acquises grâce à la prise de la Dacie
(filons d'or) lui permettent de réaliser de grands projets
urbanistiques. Nous notons comme constructions à son actif
lesThermae Traiani (22 juin 109), l'Aqua Traiana (24 juin
109), ou encore la Naumachia Traiani (11 novembre 109), sans compter
une redéfinition du pomerium ainsi que le développement
du port d'Ostie. Nous pouvons également mentionner la restauration du
Temple de Venus Genitrix du Forum Iulium en 113.
Néanmoins, le monument le plus prestigieux d'entre tous reste sans
conteste le Forum Traiani dédicacé en 112-113 et ses
marchés. L'Imperator ne s'arrêtera toutefois pas à
la Dacie dans ses exploits militaires. En septembre/octobre 113, il prend route
pour affronter les Parthes (113-117), peuple hostile depuis plusieurs
générations. Il ne reviendra jamais vivant à Rome.
L'année suivante (114), le Sénat et le peuple romain
décident de lui accorder un titre honorifique, celui d'Optimus.
Il est alors lié directement à sa divinité protectrice
Iupiter Optimus Maximus. Sa titulature est caractérisée
par l'appellation d'Optimus Princeps. Le conflit parthe est
marqué par la prise de la ville d'Antioche le 7 janvier 114. Trajan
poursuit sa progression dans les territoires orientaux en s'opposant à
l'Arménie avec l'occupation de Satala en 114. Il entame l'année
suivante une expédition en Assyrie et en Mésopotamie. Nous sommes
alors en l'an 116 et l'Empire connaît son extension maximale. Un an avant
son décès, le 21 février 116, son titre de
Dacicus est doublé par celui de Parthicus. Enfin, le
9/11 août 117, gravement malade, l'empereur décède à
Sélinonte en Cilicie alors qu'il faisait route vers Rome (son
décès serait dû à une crise d'apoplexie). Son
successeur adopté en 117 (le 7 août seulement ?) et
petit-neveu, Hadrien, devient alors le nouveau Princeps. Son
avènement marque le retour d'une politique de repli territorial tout en
consolidant les frontières. Après son incinération en
Cilicie, les cendres de Trajan sont ramenées triomphalement à
Rome pour être déposées dans le socle de la Colonne Trajane
qui devient alors son monument funéraire. L'empereur-soldat est
maintenant devenu un divus.
Si nous tentons à présent de cerner la
personnalité de l'Optimus Princeps, il est clair qu'elle est
marquée par une forte volonté d'impérialisme. Ce n'est pas
pour rien si les prises de la Dacia, de la Parthia, de
l'Armenia ou encore de la Mesopotamia se retrouvent sur son
tableau de chasse. Son souhait est d'étendre indéfiniment les
frontières de l'Empire (et indirectement les routes commerciales)
à l'image d'Alexandre le Grand, son modèle charismatique. S'il
embrasse la vie militaire, c'est essentiellement par tradition familiale. Sous
les ordres de son père comme tribunus militum pendant une
dizaine d'années, l'empereur avait acquis une expérience
militaire solide. Ses qualités de général sont à
l'origine de ses réussites d'expansionnisme. À la veille d'une
probable guerre civile engendrée par les déboires de Domitien
(monarchie absolue), Trajan semble être le seul, par le prestige
militaire qu'il avait déjà acquis en Germania, à
pouvoir mater la révolte et rétablir l'ordre en ayant la main
mise sur un exercitus bien entraîné. Ce n'est pas par
hasard dès lors si Nerva le désigne comme successeur, et nous
considérons traditionnellement que son court règne n'a fait que
préparer celui de Trajan. Celui-ci s'entoure aussi d'une administration
impériale solide. La rupture politique avec le dernier des Flaviens est
dès lors entérinée. L'Empire entre dans une aire de
prospérité avec les Antonins qui règneront sur Rome
pendant plus d'un siècle (96-192). Pour cerner d'autant mieux le
personnage et dresser son portrait, il est intéressant de prendre
connaissance des propos de Dion Cassius (Histoire Romaine, LXVIII, 6)
(II-IIIème siècle apr. J.-C.).
« Car Trajan brillait au plus haut degré
par sa justice, par son courage et par la simplicité de ses moeurs. Il
avait le corps robuste (il était âgé de quarante-deux ans
lorsqu'il parvint à l'empire), en sorte qu'il supportait autant que
personne toutes les fatigues ; une âme vigoureuse, en sorte qu'il
était exempt et de la fougue de la jeunesse et de la lenteur de la
vieillesse. Bien loin de porter envie à quelqu'un ou de l'amoindrir, il
honorait tous les gens de bien et il les élevait en
dignité ; aussi ne redoutait-il et ne haïssait-il aucun
d'eux. »
Traduction d'E. GROS et V. BOISSÉE2(*)
Ce passage, tout comme l'extrait précité du
Pseudo-Aurélius Victor (IVème siècle apr.
J.-C.), reflète une image positive de l'empereur dans
l'Antiquité. Trajan a su acquérir l'approbation populaire par sa
proximité, sa simplicité et sa modération (à
l'inverse du dominus et deus). Il cherche avant tout à
faciliter la vie des Romains en modernisant les infrastructures. Grand
bâtisseur, il favorise les travaux d'utilité publique, son
ambition étant de renforcer un sentiment national (on ne dénote
aucun palais à son actif contrairement à Domitien et sa demeure
palatine). Outre ses qualités de stratège, il fait figure d'homme
parfait désireux de conserver une certaine stabilité familiale,
mais surtout politique (en apparence du moins) : respectueux des
magistratures et traditionaliste, il renforce le rôle du Sénat. Il
offre, par conséquent, un bel exemple à la population romaine.
Conquérant certes, mais il est aussi un pacificateur et un civilisateur
des territoires conquis. Sa gestion du pouvoir sur dix-neuf années
paraît exemplaire et les sources ne cessent de tarir d'éloges
à son égard (par exemple des contemporains comme Tacite ou Pline
le Jeune dans le Panégyrique de Trajan). Surnommé
« le meilleur des princes », il est entouré d'une
auréole divine et considéré comme le représentant
de Jupiter. Nous parlons alors d'apogée pour cette époque ou pour
reprendre les propos des Anciens de « Saeculum
Traiani »3(*).
B. TOPOGRAPHIE ET CADRE
GÉNÉRAL DU FORUM TRAIANI
Pour fixer les bases d'une bonne compréhension de ce
qui va suivre, il convient de présenter brièvement la
configuration des édifices environnants au monument étudié
ainsi que leur cadre chronologique. Après avoir pu visualiser le
quartier à l'époque de Trajan, nous aborderons le Forum
éponyme et ses différentes composantes. Ceci nous permettra une
mise au point terminologique et l'établissement de l'orientation des
structures.
ANALYSE TOPOGRAPHIQUE4(*) (fig. 1)
En 106 apr. J.-C., au lendemain de la victoire dace, Trajan
commande la construction d'un grand complexe architectural : le Forum de
Trajan (1). Le maître d'oeuvre des lieux est un architecte originaire de
Syrie avec lequel l'empereur collabore depuis le début de son
règne : Apollodorus de Damas. Le site archéologique
occupe aujourd'hui le complexe dénommé Fori
Imperiali englobant le Forum Iulium, le Forum
Augusti, le Templum Pacis, le Forum Transitorium et le
Forum Traiani. Ce dernier jouxte la Via dei Fori Imperiali
partant du Colisée pour rejoindre la Piazza Venezia. L'aire
antique se développait, quant à elle, de la croupe qui relie
l'Arx Capitolina et le collis Quirinalis vers la zone
comprise entre la Subura et le Forum Romanum.
Avec chaque Forum, nous franchissons une nouvelle étape
chronologique. L'élaboration de l'ensemble des Forums Impériaux
s'échelonne grosso modo entre le milieu du Ier
siècle av. J.-C. et le premier quart du IIème
siècle après J.-C sur plus de cent septante ans.
Iulius Caesar, le premier, avait implanté son
Forum (5) sur un territoire s'étendant vers le Campus Martius.
D'immenses travaux s'étaient avérés nécessaires en
raison de l'encombrement du Forum Romanum. De plus, Rome restait une
vieille ville et il devenait primordial de lui redonner un caractère
prestigieux. César est donc à l'origine de la propagation
urbanistique dans ce secteur. Préalablement, des constructions
républicaines appartenant à des particuliers devaient l'occuper.
Le terrain faisant dos à la Curia est acquis en 54 av. J.-C.,
pour répondre probablement au théâtre de son adversaire
Pompée précisément au Champ de Mars. Le complexe est
voté en 48 (bataille de Pharsale) et consacré en 46 av. J.-C. Il
semble cependant qu'il est inachevé à cette date et qu'il a connu
de nombreuses restaurations (notamment d'Auguste et de Trajan pour le
Haut-Empire). Le Forum se compose d'une place portiquée de forme
rectangulaire avec en son centre l'Equus Caesaris. Dans l'axe, le
Temple de Venus Genitrix domine. Ensuite, Octave
décide d'entreprendre la construction du second complexe (2). Son but
est d'édifier au fond de son Forum un temple en l'honneur de Mars
Ultor pour se venger de l'assassinat de César. L'idée est
émise dès 42 av. J.-C. (bataille de Philippes), mais le groupe
n'est inauguré qu'en 2 av. J.-C. Perpendiculairement à son
prédécesseur, il présente une place portiquée
quadrangulaire bordée de deux hémicycles. Une statue
équestre se trouve au centre et le Temple de Mars occupe le fond de
l'area forensis. Il faudra attendre plus d'un demi siècle pour
la construction du groupe suivant. Il s'agit du Templum Pacis (4)
considéré comme le « Forum » de
Vespasien. La construction a été
programmée entre 71 et 75 apr. J.-C. au terme du conflit victorieux
contre les Juifs. Le site plus en recul vers la velia était
à l'origine séparé du groupe augustéen par
l'argiletum. Il a été édifié sur un ancien
macellum. Nous détenons peu d'informations quant à sa
physionomie. À l'observation de la Forma Urbis Romae, il devait
se composer d'une cour entourée de portiques dont l'accès se
faisait par un propylée. Elle devait être agrémentée
d'un vaste jardin traversé par six canaux d'eau. Au sud, une salle
absidiée vouée à Pax est entourée de
dépendances. Il semblerait que l'une d'entre elles soit destinée
à la conservation du plan en marbre sévérien. Le dernier
des Flaviens, Domitien, vient ensuite combler le terrain laissé libre
entre les groupes augustéen et flavien. Toutefois, à sa mort, le
projet n'a pas abouti et le site n'est inauguré qu'en 97 apr. J.-C. sous
Nerva. Le Forum (3) est installé sur
l'argiletum. En raison de l'étroitesse des lieux, la place est
ici bordée de colonnades en ressaut et non de portiques. Le tout
constitue un espace de transition entre ses trois homologues impériaux,
d'où la dénomination de Forum Transitorium. Un temple
dédié à Minerve tourne le dos à la Subura.
Finalement, Trajan vient apporter la touche finale à
l'ensemble. Sur la base des estampilles, la construction des Marchés
aurait précédé celle du Forum (début du
IIème siècle apr. J.-C.). L'architecte est
également Apollodore de Damas. Le tout s'organise en plusieurs terrasses
de forme concave agencées sur la pente de la colline du Quirinal. Elles
viennent ceindre l'hémicycle oriental du Forum. Dans le même
alignement, les deux structures sont séparées par une rue. Les
Marchés se composent d'un ensemble de boutiques, de salles de
réunion ou de bureaux agencés de part et d'autre de la Via
Biberatica. Leur but est essentiellement commercial.
Pour compléter cet environnement, l'Optimus
Princeps y ajoute le Forum Traiani (1). Le dernier des
Fora s'insère dans l'angle formé par les complexes
césarien et augustéen. Auparavant, le site devait être
occupé par des constructions (habitations, tabernae)
d'époque républicaine. Toutefois, il semble que sous l'Empire
Trajan n'est pas le premier à opérer dans le secteur. En effet,
nous notons une intervention de Domitien qui avait déjà
oeuvré pour le Forum Transitorium voisin. Poussé par ses
ambitions architecturales, l'empereur flavien aurait préparé le
terrain en nivelant la selle entre les deux massifs rocheux du Capitole et du
Quirinal. Cependant, son projet est interrompu. Trajan, dans les
premières années de son règne, ne poursuit pas tout de
suite l'oeuvre entamé par Domitien. De fait, des affaires le retiennent
à l'étranger. Ce n'est donc qu'au terme du conflit dace en 106
apr. J.-C. qu'il se lance dans ce vaste projet urbanistique. La construction,
confiée à Apollodore, débute au lendemain de sa victoire
triomphale. C'est précisément les butins ramenés de
Roumanie qui ont permis le financement du monument (ex manubiis).
L'édifice est terminé définitivement sous Hadrien, vers
l'an 128. Les Fasti Ostienses nous indiquent que l'inauguration a eu
lieu le 1 janvier 112 apr. J.-C. pour le Forum et sa Basilique et le 12 mai 113
pour la Columna Traiana.
PRÉSENTATION
GÉNÉRALE DU FORUM TRAIANI (fig. 2)
Trajan réalisa un complexe monumental aux proportions
énormes : plus de 255 m de long et 170 m de large. Il peut
être subdivisé en six parties : l'aula, l'area
forensis, la Basilica Ulpia, la Columna Traiana, les
Bibliothèques et l'entrée. Au cours de ce présent travail,
nous considèrerons que l'aula se situe au sud et
l'entrée au nord.
o L'aula (1) occupe la zone de
transition entre l'area forensis au nord et le portique du Forum
Augusti au sud. Il s'agit d'une salle à ciel ouvert entourée
de portiques sur trois côtés. Elle fait environ 28 m de long pour
24 m de large. Elle est devancée au nord par une galerie. Sa fonction
reste indéterminée.
o Le terme d'area forensis (2)
désigne la place du Forum (jusqu'à 110 m de long et 85 m de
large). Elle est entourée au nord par la Basilica, au sud par
l'aula et à l'est comme à l'ouest par des portiques qui
donnent accès aux hémicycles. En son centre, un socle est
destiné à supporter l'Equus Traiani, la statue
équestre de Trajan.
o La Basilica (3) tire son nom
d'Ulpia du nomen de Trajan, Ulpius.
Positionnée perpendiculairement à la place, elle est
formée d'une nef principale et de quatre nefs latérales. Elle se
termine aux extrémités par deux absides. La façade est
divisée en trois avant-corps. Il s'agit de la basilique la plus grande
qui ait jamais été construite à Rome. Elle mesure 170 m de
long avec les absides et 60 m de large. Dans ce lieu se déroulent des
activités judiciaires et commerciales.
o Édifiée entre la Basilica et les deux
Bibliothèques, la Columna Traiana (4) est
l'une des composantes essentielles du Forum. Elle est aussi le seul
élément pratiquement intact. Sa hauteur globale est d'environ
42-43 m. Après la mort de Trajan en 117 apr. J.-C., elle deviendra son
monument funéraire. Elle occupe un péristyle étroit de
forme rectangulaire.
o Les deux salles jumelles disposées en
vis-à-vis sont identifiées comme des Bibliothèques
(5). Il s'agit de pièces rectangulaires de 20 m de long pour 15
m de large.
o L'entrée (6) probable se
localiserait au nord. Il pourrait s'agir selon R. MENEGHINI d'un
propylon octostyle.
Contexte vie de Trajan
Présentation générale du forum de
Trajan
CHAPITRE I. HISTORIQUE D'UNE
PROBLÉMATIQUE
I.
LE PLAN
A. LES ESSAIS DE RECONSTITUTION AU REGARD
DES DONNÉES ARCHÉOLOGIQUES
Au cours des sièclesDe tous temps, de nouvelles
reconstitutions planimétriques du Forum de Trajan n'ont cessé
d'apparaître5(*). En
effet, d'abord assez restreinte autour de la Columna Traiana, la zone
archéologique d'abord assez restreinte autour de la Columna
Traiana, s'est amplifiée agrandie progressivement grâce
à de nouvelles investigations sur le terrain. Des venant ainsi donner
une nouvellemodifications permanentes sont alors apportées physionomie
au plan et la physionomie du complexe est sans cesse revue. Deux zones
stratégiques posaient posent particulièrement
problème : les deux extrémités du Forum. De fait, le
coeur historique de Rome ne s'est pas arrêté de vivre avec Trajan
et des édifices postérieurs (fig. 3) se sont implantéss
suren le secteur septentrionalces lieux. Le secteur septentrional, s'est vu
agrémentéil s'agit plus précisément de l'actuel
Palazzo della Provincia e della Prefettura (le Palazzo
Valentini-Zambeccari) situé sis entre les églises Santa
Maria di Loreto et Santissimo Nome di Maria. Quant àDe
même, la limite méridionale, ainsi qu'une partie de la place du
Forum, elle supportait également des constructions postérieures
avant les récentes fouilles, et principalement, avant les
récentes fouilles, un espace vert entre la Via Alessandrina et
la Via dei Fori Imperiali. Les investigations archéologiques
limitées jusqu'alors restreintes dans ces secteurs ont doncavaient
permis l'élaboration d'hypothèses allant vers des essais de
reconstitution progressive du groupe trajanien, aujourd'hui totalement remises
en question.
Tout d'abord, à partir de vestiges
archéologiques et de données numismatiques, les études les
plus anciennes situent l'entrée du Forum est
située, par les études les plus anciennes, au sud du complexe,
.c'est-à-dire qu'elle donnait L'accès au Forum Traiani
se faisait donc du côté du Forum Augusti (fig. 4). Elle
Il est décrite par G. GATTI comme un arc triomphal à une
entrée fornix inséré dans ce qu'il appelle un
murus marmoreus (mentionné sur la base de cette mention dans
des documents de 1263) de forme courbe, peu profonde, et convexe vers
l'extérieur. A. BARTOLI, en 1924, pensait, quant à lui, à
un mur rectiligne. Il utilise alors des gravures de la Renaissance pour
établir la reconstitution (fig. 5) d'une colonnade en ressaut avec
ornée d'une frise d'Amours, de lions et de griffons (Ghirlandaio,
Spoglia Christo et Simone del Pollaiolo, il Cronaca6(*)). Le tout semblable au
schéma décoratif des Colonnacce du Forum
Transitorium. Puis, J. E. PACKER vient flanquer à cet arc
principal deux arcs secondaires par volonté d'harmonisation
planimétrique avec la façade de la Basilica
Ulpia. ; Iil accentue ainsi le caractère monumental
de l'accès au complexe7(*).
Ensuite, la partie centrale du complexe (fig.
4) ne semble pas poser susciter énormément de controverses.
L'area forensis, de forme rectangulaire, est entourée au nord
par la Basilica Ulpia, au sud par la pseudoprétendue
entrée principale, et à l'est comme à l'ouest par des
portiques qui donnent accès aux deux hémicycles. Des incertitudes
subsistaient cependant sur la statue équestre en bronze de Trajan,
l'Equus Traiani situé traditionnellement , qu'on situait au
centre de la place. On ne peut s'en faireSon existence est attestée par
des une idée qu'en observant les monnaies de l'époque8(*). Centrées sur les arcs de
la Basilica, quatre allées d'arbres devaient entourer la
statue9(*). L a
Basilica Ulpia vient se pPositionnerée perpendiculairement
à la place. Elle, la Basilica Ulpia est
formée d'une nef principale et de quatre nefs latérales et , elle
se termine aux extrémités par deux exèdres. Les
incertitudes majeures concernent sonporte sur son
élévation10(*). Derrière cet édifice, la
Columna Traiana, très bien documentée
et étudiée, est entourée par les deux
bibliothèques latine et grecque.
Enfin, depuis le XVIème siècle
déjà, un temple étaiton avait
incorporé au Forum. Les études l' un temple
inséraienté dans un temenos au nord du complexe11(*). Cette idée est
liée à la découverte de vestiges au caractère
impressionnant. E, en 1534, à proximité de l'église
Santa. Maria di Loreto et du palais Valentini, deux
fûts de de ux colonnes monolithes de proportions énormes en granit
gris du Mons Claudianus (1,90 m de diamètre et 14 m de
hauteur/50 pieds) ont été exhumés. Dèés
lors, selon basant essentiellement sur un passage de l'Historia
l'Histoire Augusta Auguste (Hadrien, 19XIX,
9)12(*), Pirro P. LIGORIO
et Bartolomeo. MARLIANO l'ont associé ces structures architecturales au
pronaos d'un temple, créant ainsi une terminaison monumentale
face à la Columna Traiana. De plus, la découverte en
1695, sous l'église San. Bernardo (qui précède
SantissimoS. Nome di Maria), d'une première épigraphe
attribuant à Hadrien la dédicace d'un Templum Divi
Traiani venait renforcer cette hypothèseinterprétation.
Ainsi, au début du XXème siècle, R. LANCIANI
soumet l'hypothèse de d'apposersituer cette inscription sur le fronton
du temple colossal. Tout d'abord, lLes études positionnèrent,
tout d'abord, l'édifice dans un péribole quadrangulaire.
Toutefois, à la suite à sesd'investigations menées entre
1902 et 1904, G. GATTI réalise une nouvelle planimétrie optant
pour une cour en fer à cheval (fig. 6): un temple de grande ampleur
octostyle, périptère sine postico (semblable au
Temple de Mars Ultor dans le u Forum d'Auguste),
s'insèreé entre deux portiques en arc de cercle
(temenos). Cependant, Mais il prévoit, cependant un
accès au Forum par le Campus Martius via deux passages
latéraux. Cette reconstitution est liée à la
découverte , sous le Palazzo Torlonia, d'un tronçon de
voie légèrement incurvé bordant un quartier
d'insulae du IIème siècle (fig. 6, 6), le
long de la Via Lata, sous le Palazzo Torlonia. Cette
hypothèse semblait être confirmée par les monnaies de
l'époque et concorder avec un fragment de la Forma Urbis Romae
qui signalait signale trois colonnes partant de l'angle nord-ouest de la
Bibliothèque occidentale : elles appartiendraient
subséquemment dès lors au portique du temenos. D'autres
vestiges architectoniques ont également été mis au jour,
on peutnous pouvons noter notamment un fragment de fût de colonne en
granit (8 m de long) retrouvé en 1836, mais aussi un chapiteau colossal
(plus de 2 m de haut) lors des fouilles de 1865-1866 à proximité
du Palazzo Valentini.
Par conséquenceconséquent, avant les
dernières investigations sur le terrain programmées dans le cadre
du Jubilé, la physionomie du Forum Traiani, incertaine sur bien
des points, s'arrêtait au plan général
référentiel établi par I. GISMONDI en 1933 (fig. 4).
Partant de toutes les recherches, les études et les hypothèses
avancées, il en est arrivé à un schéma
planimétrique qui seraa, d'ailleurs, été utilisé
pour la réalisation de la maquette de la Rome antique au Museo della
Civiltà Romana (E.U.R.).
B.
SA NOUVELLE PHYSIONOMIE
D'autres explorations, et particulièrement la grande
campagne de recherches réalisée en vue du Grand Jubilé de
l'année 2000, ont apporté un nouveau visage neuf au Forum
Traiani. En effet, grâce à de nouvelles précieuses
données archéologiques, les archéologues et
particulièrement R. MENEGHINI en charge du projet sont
arrivés à l'élaboration d'un tout nouveau plan. Ils
changent ainsi radicalement la physionomie du dernier des Fora
Imperialia, se basant maintenant sur de véritables évidences
archéologiques. Ce sont principalement les deux limites
problématiques du complexe qui ont vu leurs reconstitutions
modifiées.
Dans un premier temps (1991-1995), R.
MENEGHINI concernant se penche sur le Templum Divi Traiani et sa
situation énigmatique dans le secteur septentrional (fig. 7)13(*),R. MENEGHINI. Il a
souligneé tout d'abord la présence de quatre structures sous le
Palazzo Valentini (PV1-PV2-PV3-PV4). Il a réaliseé
également une série de carottages sur le pourtour et dans la cour
du Palazzo (S1-S2-S3-SA-SB-SC-SD). Il en revient ensuite à des
structures découvertes par C. AMICI en 1982 :: dd'une part, un le
mur de fondation en blocs de péperin de l'époque de Trajan (f5),
il devait soutenir le mur de délimitation de la cour de la Columna
Traiana et marque donc la limite du Forum ; d; d'autre part, les
fragments de trois structures murales partant du mur septentrional de la
bibliothèque Bibliothèque occidentale (a-b-c), ces
dernières marquent donc la présence d'une structure
adossée à la bibliothèque « salle de
lecture » (simples pilastres internes d'une construction unique pour
C. AMICI C. ou division en trois espaces pour R. MENEGHINI). Enfin, il
découvre, sous l'église Santissimo Nome di
Maria, trois murs (A-B-C) : il les identifie comme faisant partie
d'un système de cage d'escaliers donnant accès à au moins
un étage de la bibliothèque Bibliothèque orientale. Par
souci de correspondance planimétrique, il place le même
schéma à l'extrémité de son
homologuebibliothèque occidental (ce qui semble, par ailleurs,
concorder avec le mur c).
Dans un second temps (1997), R. MENEGHINI en
arrive à établir des constatations troublantes14(*). Tout d'abord, certaines
structures murales (PV7) sont légèrement désaxées
par rapport à celles du Forum (f5). Ensuite, il note une
différence de niveau avec le cortile. En effet, on peutnous
pouvons noter une altitude de 15,15 m au-dessus du niveau de la mer au centre
du périmètre identifié comme celui du Templum
(PV7) alors qu'au centre de la cour u péristyle de la Colonne, on est
à 17,25 m. À partir de ces différents résultats, il
en arrive à la conclusion suivante : la topographie de la zone au
nord de la Colonne Trajane se déploie sur trois terrasses relativement
étroites créant une dénivellation d'environ 2 m par
rapport à la cour de la Columna. Il semble également que
les conclusions de G. GATTI ne tiennent pas car le cheminement de la route est
incertain (fig. 6,6) et la structure courbe doit correspondre à une
exèdre d'habitation15(*), peut-être à un
balneum16(*)
ou à un nymphée17(*) . Il conclue alors en précisant qu'il n'existe
donc pas de structures monumentales capables de soutenir un temple colossal, m.
Mais qu'au contraire, le secteur semble, à l'époque, être
occupé par un quartier d'habitation qui se déploie sur une
série de terrasses. Il en vient donc à faire tomber toutes les
hypothèses préalablement établies depuis LIGORIO et
MARLIANO. La question étant est de savoir maintenant où situer le
Templum Divi Traiani attesté par les sources littéraires
et épigraphiques et que faire des colonnes de granit gris. Il en arrive
alors à cette proposition : « L'unica soluzione
possibile appare quella di un ribaltamento dell'accesso al colonnato che non
sarebbe più da identificare con la facciata di un tempio in cui si
entrava da sud bensì come un monumentale propileo di accesso da nord al
complesso basilica-biblioteche e, in definitiva, all'intero foro. [...] Il
tempio del Divo Traiano si sarebbe dunque presentato, secondo questa prima
ipotesi, come una sorta di <edicola-tempio> ricavata all'interno del
pronao di accesso al foro dal Campo Marzio » 18(*) (fig. 8). Toutefois, à
ce moment, les évidences archéologiques concernant l'autre
extrémité du Forum manquent., Iil avance ainsi une autre
hypothèse : pourrait-on ions-nous alors placer le Templum Divi
Traiani au sud, en face de la Basilica Ulpia (fig. 9)?
Dans un troisième temps, une grande campagne de
fouilles (1998-2000), mise en oeuvre à l'occasion du
Grand Jubilé de l'année 2000, a donné une
nouvelle image aux Fori Imperiali et tout particulièrement au
Forum de Trajan19(*). De
fait, la zone occupée alors par un jardin a été
dégagée et a mis au jour des données archéologiques
inattendues et de la plus haute importance pour la compréhension du
secteur méridional. Ce dernier s'est vu attribué une physionomie
radicalement opposée aux propositions émises jusqu'alors. C'est
ainsi que la seconde hypothèse de R. MENEGHINI a dû notamment
être revue, mais également toute la fonctionnalité du
complexe.
Les recherches de R. MENEGHINI ont confirmé la
présencen'ont pas remis en cause la présence probable au nord
d'un propylée. Il pourrait s'agir d'(un pronaos octostyle fait
de colonnes de granit gris), d'environ 22 à 30 m de hauteur et
constituant l'entrée principale de Forum Traiani du
côté du Campus Martius. La fosse de fondation de
l'Equus Traiani a été retrouvée. et il
est intéressant de souligner qu'elleElle ne se situe pas exactement au
centre de l'axe majeur de l'area forensis, mais que la statue
était décalée vers le sud. Enfin, les opérations
menées dès 1999 dans le secteur méridional du Forum
avaient comme objectif premier de dégager la zone occupée par un
jardin, comprise entre la Via Alessandrina et la Via dei Fori
Imperiali (fig. 10). Ces investigations ont permis de mettre en
évidence deux points majeurs.
Le premier concerne le mur de fermeture du
Forum site du côté du Forum d'Auguste (fig. 11). Les vestiges ont
révélé la présence non pas d'un simple mur, mais
d'une salle large d'une dizaine de mètres recouverte d'une voûte
en berceau. Il s'agit d'une galerie bordant la limite méridionale sur
toute la largueur du complexe. Cependant, la structure ne suit pas une
progression circulaire, contrairement au plan de I. GISMONDI, mais est
subdivisée en trois parties : les deux sections latérales
rejoignent la partie centrale en angle obtus. Les deux ailes
collatérales présentent un schéma architectonique, du
côté de la place, similaire à celui proposé par A.
BARTOLI : pour chaque segment, six colonnes en ressaut portent un
entablement en saillie. La section médiane forme un avant-corps
octostyle de dimensions colossales, semblable au schémaà
l'apparence de la nouvelle entrée de côté du Campus
Martius. R. MENEGHINI y place une couverture en fronton par souci de
symétrie avec l'entrée septentrionale et pour exalter
l'accès de la salle arrière., mais Cependant, elle est purement
hypothétique.
Le second point porte sur la
zone comprise entre le Forum Traiani et le Forum Augusti
(fig. 12). Celle-ci est occupée par une cour de plan rectangulaire
(13,40 m X 18 m)venant s'accoler à l'exèdre occidentale du
portique du Forum augustéen. Cette aula est entourée
d'un étroit portique voûté en berceau sur trois
côtés et soutenu par desde colonnes de cipolin et des chapiteaux
corinthiens sur trois côtés. Deux allées débouchent
sur le Forum d'Auguste. Le sol est pavé de cipolin et
portasanta. La partie centrale se situe à un niveau
inférieur d'environ 1 m par rapport au portique. Son pourtour comporte
une plinthe de marbre blanc et une inscription en bronze de 15 cm de
profondeur. Celle-ci fait mention de la titulature de Trajan de son vivant et
offre ainsi un élément chronologique (terminus ante
quem). Il n'existe pas de possibilité d'accès, comme des
marches, entre les deux niveaux. Cette cour en contrebas, dallée de
marbre blanc, est surmontée par une niche insérée dans le
mur du fond.
Dès lors, aux vues de l'élaboration de ce
nouveau plan, R. MENEGHINI propose une reconstitution en trois dimensions (fig.
13). Toutefois, la problématique du Templum Divi Traiani
retrouve ici un regain de faveur. Où le situer ? Comment
interpréter ces nouvelles découvertes ? Faut-il voir dans
cette aula méridionale une fonction cultuelle ? Faut-il
rechercher un temple répondant à un schéma canonique ou
faut-il élargir le concept ? Partant de cette nouvelle physionomie
du Forum Traiani, voici bien des questions auxquelles il faudra
essayer d'avancer des hypothèsesfaudra tenter de répondre.
II. REMARQUES
PRÉLIMINAIRES
A. UNE AUTRE HYPOTHÈSE
En dépit de ces nouvelles données
archéologiques, J. E. PACKER
maintient, dans un article récent, la possibilité de
situer le Templum Divi Traiani derrière la Colonne
Trajane20(*).
D'après lui, le nombre de colonnes de granit découvertes sur le
site s'élève à environ 2921(*). Or un propylée, en l'occurrence un octostyle
dans notre cas, ne peut contenir un nombre aussi élevé de
colonnes. Il faut donc les rattacher à un temple colossal. De plus, il
note que les données apportées par R. MENEGHINI - - absence de
structures pouvant appartenir à un podium, zone occupée
par un quartier d'habitation - n'entravent en rien la probabilité d'un
prolongement du Forum vers le nord. De fait, il argumente notamment en
signalant que , contrairement aux propos de son collègue, les murs PV7 a
(percé d'une porte) et b (fig. 14), contrairement aux propos de son
collègue, sont bien alignés perpendiculairement à l'axe du
Forum et qu'ils sont similaires à ceux des
bibliothèquesBibliothèques. IlIl prolonge son argumentation en
identifiant les murs PV7 comme des « internal substructures of the
temple podium »22(*) : « this podium [...] will have
had a series of barrel-vaulted chambers connected by doors like the one that
survives»23(*).
Les deux murs indiqueraient, également, la distance (23 pieds) qui
séparait les composantes de la colonnade interne qu'ils
supporteraient24(*). Mais
comment placer une construction colossale sur un terrain formé de
terrasses ? Cette interrogation ne semble pas le perturber. En effet, pour
J. E. PACKER, la dénivellation d'environ 2 m correspondrait au niveau de
sol où se pose le podium. Il en vient donc à proposer un
nouvel essai de reconstitution (fig. 15-16-17).
Toutefois, il semble difficile de soutenir une telle
hypothèse. Il m'est impossible ici de confirmer ou d'infirmer que si ces
structures PV7 suivent l'alignement du Forum ou sont d'époque
trajaniennee. En supposant qu'elles le sont, nous sommes en présence de
colonnes de granit de 50 pieds, c'est-à-dire 14,70 m de haut, et d'un
chapiteau de 2,12 m de hauteur, ce qui laisse présupposer un temple
colossal (ce que J. E. PACKER ne remet pas en cause). Mais d'aussi importantes
proportions nécessiteraient alors de puissantes substructures. Or les
fragments de mur découverts ne sont pas assez larges pour remplir cette
fonction et supporter un tel poids., R. MENEGHINI nous mentionne qu'ils ne sont
épais que de quelques dizaines de centimètres25(*). De plus, dans l'optique des
Romains, un temple doit connaître une position dominante à
l'instar du Temple de Mars Ultor. Tout au contraire, dans sa
reconstitution, J. E. PACKER insère l'édifice dans un
temenos sis à un niveau inférieur par rapport au reste
du complexe. L'espace est aussi relativement exigu, ce qui vient entraver la
visibilité du temple. On est alors en droit de se demander si les
arguments avancés par J. E. PACKERce dernier tiennent
réellementsont vraiment fondés.
B. QUELQUES HYPOTHÈSES À
ÉCLAIRCIR
Parmi d'innombrables hypothèses émises sur le
complexe trajanien, certaines sont particulièrement pertinentes et
demandent un éclaircissement nécessaire pour une bonne
compréhension de ce qui va suivre. Deux problématiques portant
sur la Columna Traiana sont tout
particulièrement intrigantes.
Édifiée entre la Basilica et les
bibliothèquesBibliothèques, la Columna Traiana
est l'un des monuments majeurs du Forum. Le début du
XXème a vu naître autour d'elle toute une controverse.
La construction a été inaugurée le 12 mai 113, soit un an
après l'inauguration du Forum, le 1er janvier 112. Ces dates
nous sont mentionnées par les Fasti Ostienses. , de plus,
Ccelle de la colonne nous est confirmée également par la
titulature de Trajan dont communiquée par l'inscription fait mention.
Haute d'environAvec ses 30 m de hauteur, (100 pieds romains soit 29,65 m), le
fût, selon l'épigraphe sur du le socle, nous indique qu'elle
signale indique la profondeur de l'entaille réalisée dans une
colline.
SENATVS POPVLVSQUE ROMANVS / IMP. . CAESARI. DIVI.
NERVAE. F. NERVAE / TRAIANO. AVG. GERM. DACICO. PONTIF. / MAXIMO. TRIB. POT.
XVII . IMP. VI. COS. VI. P. P. / AD DECLARANDVM. QVANTAE. ALTITVDINIS. / MONS.
ET. LOCVS. TAN<TIS. OPE> RIBVS. SIT EGESTVS.
C.I.L., VI, 960
« Le Sénat et le peuple romain à
l'Empereur César Nerva Trajan Auguste, fils du divin Nerva, Germanique,
Dacique, Grand Pontife, investi pour la dix-septième fois de la
puissance tribunicienne, acclamé empereur pour la sixième fois,
consul pour la sixième fois, père de la patrie. Pour indiquer
à quelle hauteur s'élevait la colline qui fut détruite par
les travaux. »
Traduction de F. COARELLI26(*)
En regard de ces données, l'existence d'un massif
rocheux reliant le Capitole et le Quirinal a été proposée.
Le dégagement de ce mons était ainsi devenu
nécessaire pour la construction du Forum. Cependant, G. BONI (fig. 18)
met au jour en 1906 la présence, à 4 m de profondeur, d'une route
pavée (C) et d'un égout qui passent juste en dessous de la
Columna27(*).
Cette voie, aux vues des fouilles de C. RICCI de 1934 (fig. 18), était
bordée de constructions républicaines (B) (habitat et
activités commerciales/tabernae)28(*). Dès lors, il semblait
impossible que la colonne marque la hauteur de l'excavation nécessaire
à la construction du groupe trajanien puisque le site, à une
époque antérieure, était déjà occupé
à ce même niveau. C'est pourquoi, quelques études ont
proposé d'y de voir différentes phases dans l'élaboration
de la colonne historiée.
Le premier à s'y intéresser fut est V. GROH.,
Ll'idée, émise en 1925, serait de considérer que la
Columna était destinée, dans un premier temps, à
être placée dans l'hémicycle oriental de
l'area forensis29(*). Ensuite, dans un second temps, plus
précisément à la mort de Trajan, ce concept a
été abandonné., laLa Columna TraianaColonne
estfut alors placée dans son cortile actuel pour devenir la
tombe du Princeps sous Hadrien. Ce revirement de projet serait
lié à une nécessité :, celle de placer la
sépulture de l'empereur en dehors du pomerium30(*). Initialement, il était
donc prévu qu'elle se localise à l'endroit précis de
l'entaillure du Quirinal, dans l'hémicycle, au lieu même où
encore aujourd'hui, nous pouvons voir le déploiement des marchés
sur le flanc de la colline. Cette hypothèse semblait alors concorder
avec l'inscription. À partir de ces interrogations sur la situation
préalable de la Columna Traiana, on en estnous en sommes
arrivés à se nous demander si l'ensemble du secteur au nord de la
Basilique ne serait pas à attribuer à Hadrien (ce qui n'est pas
à exclure, nous y reviendrons). Mais à son emplacement actuel, la
Columna coclide se trouve de toute façon dans le
pomerium. La construction peut renvoyer au vaste travail de
dégagement de ces mons et locus sans pour autant indiquer
l'endroit précis où celui-ci a été
opéré. Cette proposition concorde également avec les
données épigraphiques.
Il est vrai que si nous observons les sources numismatiques,
il semble y avoir eu différentes phases dans l'élaboration de la
colonne historiée. Sur certaines monnaies, on nous retrouvonse un simple
fût non sculpté surmonté d'un aigle (fig. 19) (ou d'une
chouette31(*)), ou encore
ce même fût élevant la statue de l'empereur (fig. 20),
contrairement à d'autres pièces qui représentent la
Columna telle que nous l'attendons, sculptée de sa frise en
spirale et couronnée de la statue de Trajan (fig. 21). Dès lors,
les hypothèses affluent, peut-être faut-il chercher une
explication à ces variations typologiques dans l'inachèvement de
la Columna au moment de son inauguration ? 32(*) La question reste ouverte,
mais elle ne constitue pas l'objet de notre étude et ce n'est pas ici
notre point d'étude. Toutefois, il est intéressant de noter la
proposition de L. RICHARDSON de 197733(*): la colonne a occupée effectivement
l'hémicycle oriental (contrairement à V. GROH qui ne parle que
d'un projet préalable abandonné avant de connaître une
application réelle)., Cce ne serait que par la suite qu'elle aurait
été déplacée quand la décision fut prise d'y
placer les cendres du défunt.fut prise qu'Hadrien aurait ajouté
, seulement à ce moment, la frise, seulement à ce moment, pour
célébrer la gloire militaire et dédicacé le temple.
Même si aujourd'hui l'absence de structures archéologiques infirme
l'hypothèse de placer la Colonne dans l'hémicycle, la proposition
d'unecelle de l' élaboration en deux phases reste maintenue34(*) : : ddans un
premier temps, elle est offerte par le Sénat et le peuple - SPQR de
l'inscription - pour célébrer la construction du Forum ;
det dans un second temps, ensuite, sous Hadrien, on en faitelle est reconvertie
en le tombeau de l'empereur et la frise est sculptée ; s. Sa
situation dans l'ensemble restant, dès le début, celle qu'elle
occupe encore aujourd'hui. Mais alors pourquoi représenter sur la frise
en spirale les guerres daces, alors que les derniers exploits de Trajan sont
faceont été accomplis face aux Parthes ? Pour certains, ce
serait par souci de continuité thématique avec le projet initial
du Forum élaboré en 106, année du premier triomphe contre
les Daces (101-106)35(*).
Toutes ces propositions suggestions liées à la
situation problématique de la Columna Traiana semblent
aujourd'hui écartées. Il est vrai qu'il est difficilement
imaginable de supposer qu'une colonne Colonne de cette envergure puisse
être déplacée. Des études plus pointilleuses sur les
techniques de construction de la colonne Colonne et d'élaboration des
sculptures qui la composent, notamment celles de P. ROCKWELL et de L.
LANCASTER, ont établi que le monument a colonne devait occuper sa
position actuelle dès la conception du projet36(*). Nous partirons donctiendrons
donc compte, pour dans la suite de ce propos, des l'hypothèses qui
placent la Colonne dans la conception apollodorienne du Forum Traiani
ainsi que dans le péristyle septentrional.
L'implantation de la Columna Traiana au sein du
pomerium a toujours suscité l'étonnement. En effet, il
est établi qu'un empereur ne peut se voir de son vivant accordéer
le droit de se faire enterrer dans cette enceinte sacrée de son vivant.
Il semblait donc logique de chercher une autre fonction à la colonne
avant sa réaffectation comme tombeau du Princeps et de son
épouse Plotine. Sur À ce point de vue, une hypothèse a
été avancée : le socle du monument serait à
l'origine un lieu de conservation et d'exposition des butins
ramenés de Dacie par l'empereur-soldat. En effet, il est attesté
que les visiteurs pénétraient dans la colonne coclide pour
accéder tout d'abord à une antichambre flanquée de portes
de chaque côté (fig. 22-23). La porte de droite donnait
accès à l'escalier en colimaçon taillé dans la
masse, il permet d'arriver au sommet de la colonne où se trouvait une
statue de Trajan (Saint-Pierre depuis Sixte Quint en 1588). Par celle de
gauche, un petit passage latéral conduisait à une chambre
rectangulaire. C'est là que se trouvaient les urnes funéraires en
or de Trajan et de son épouse Plotine déposées sur une
banquette de marbre. et cC'est aussi à cet endroitlà que des
archéologues, comme F. LEPPER, S. FRERE, A. CLARIDGE ou encore M. WILSON
JONES, situeraient la salle d'exposition des trophées37(*). Le socle en forme de
dé orné sur trois faces par des armes daces et sur la
quatrième par des Victoires tenant l'inscription viendrait renforcer
cette proposition hypothèse par volonté de transposition
matérielle de la décoration externe au sein de la base.
Toutefois, le socle de la colonne historiée ne mesure que 3,40 m de long
pour 1,86 m de large et 1,92 m de haut38(*). De plus, « light came from one small
slit window with a wide inner embrasure, like those on the staircase»
(18 x 5 cm) «, high on the left hand wall as one
enters »39(*). Si la colonne, avait comme fonction originelle de
recevoir les butins daces, le visiteur qui voulait les observer se retrouvait
dans un espace trop exigu et assez sombre. Or de par sa personnalité
d'Optimus Princeps et par volonté de continuité
avec la thématique global du Forum, on estnous sommes en droit de penser
que Trajan serait plus désireux d'exalter ses exploits et dès
lors d'exposer plus visiblement ses trésors de guerre dans une
atmosphère triomphale. On ne peut donc rester cantonnéer à
une telle hypothèse. Cette précision est de la plus haute
importance pour la suite de mon propos.
C.
PRÉSENTATION DE DEUX MONNAIES ÉNIGMATIQUES
Il convient maintenant de présenter deux monnaies
ambiguës quant à l'identification de leur représentation. Au
fil de ce propostravail, nous essayerons d'aboutir à de nouvelles
propositions. Mais tentons, tout d'abord de les décrire et
d'énoncer les différentes attributions qui leur ont
été émises.
Au revers, le premier type d'aureus
présente la légende FORVM TRAIAN(I) à l'exergue (fig.
24)40(*). Au champ, un
édifice comporte six colonnes en façade. En son centre, une porte
arquée repose sur un soubassement fait de deux marches41(*). Les entrecolonnements sont
comblés par quatre niches à fronton triangulaire abritant chacune
une statue debout (des divinités probablement42(*)). Au-dessus de ces
renfoncements muraux et de l'arc d'entrée, on note cinq petits
médaillons (imagines clipeatae ?43(*)). La hauteur de l'attique est
importante et, l'architrave est divisée en bandes rectangulaires
verticales avancées. La section centrale, soutenue par deux des six
colonnes, domine la composition., elleElle est entourée, de part et
d'autre, par deux bandes rectangulaires plus fines dans le prolongement des
colonnes. L'attique supporte huit effigies. En son centre, un seiuges
seiuges est conduit par deux personnages, probablement Trajan tenant
une branche de laurier44(*), il est couronné par une Victoire ailée
qui l'accompagne. De part et d'autre, un trophée entouré de deux
autres personnages ferme la composition (soldats ou prisonniers ?45(*) et, aux
extrémités, une Victoire dédicaçant le
trophée ?46(*)). Il existe évidemment des variations
typologiques et stylistiques. D'autres monnaies, notamment une en
bronze47(*)(fig. 25),
présentent une légende supplémentaire en bordure du champ,
S.P.Q.R. OPTIMO., et Ll'inscription en exergue est complétée par
la mention S.C.. , Nouson pouvonspeut noter aussi que les détails
architectoniques sont plus minutieux.
Ce type monétaire est daté traditionnellement
entre 112 apr. J.-C., date de l'inauguration du Forum et 117 apr.
J.-C.48(*). H. COHEN
avance la date hypothétique de 11449(*). Écartons ici les dates précises, mais
retenons simplement qu'elles sont datées du règne de Trajan.
À quoi correspond l'édifice illustré sur
ces émissions ? Préalablement, avant les investigations de
R. MENEGHINI dans le secteur méridional, les chercheurs ont voulu y voir
l'arc d'entrée monumental au Forum site du côté du Forum
d'Auguste. Il serait alors situé au centre du murus
marmoreus curviligne (fig. 5). Or, pour ce laps de temps, les sources
littéraires, et plus précisément Dion Cassius
(Histoire Romaine, 68LXVIII,.29,.3) ne nous fait mentionmentionnent
qu'e d'un seul arc voté par le Sénat pour célébrer
la victoire de Trajan face aux Parthes. Il aurait été
érigé ou remodelé50(*) en 116/117. Une identification avec l'entrée
du Forum Traiani a alors été proposée51(*). Toutefois, actuellement, il
est établi que la planimétrie de la limite méridionale du
complexe trajanien présente une physionomie radicalement
différente. L'attribution de l'édifice frappé sur les
monnaies avec l'entrée du Forum doit donc être revue. Dès
lors, le le problème question est de savoir à quoi renvoie
maintenant ce bâtiment., ilIl est à situer obligatoirement dans le
Forum Traiani puisque la légende le mentionne. Mais
où précisément ? La question reste ouverte et nous
essaierons de l'éclaircir au cours de cette étude.
Après avoir essayéer de trouver une
correspondance entre les reconstitutions de l'entrée du Forum et les
données numismatiques, les publications (dès le
XIXème siècle) ont également tentéer de
faire de même avec l'autre secteur qui pose controverse, la limite
septentrionale, . Le fameux Templum Divi Traiani
où y seraiton positionnaitlocalisé le fameux Templum
Divi Traiani. Partant de la probabilité qu'un temple
devait faire partie du projet originel d'Apollodore de Damas (nous y
reviendrons plus loin lorsqu'il conviendra d'aborder la notion de forum
tripartite), il était clair que ce templel'édifice ne pouvait,
dès son élaboration, être dédié au Divus
Traianus dès son élaboration., De fait, puisque qu'un
empereur, de son vivant, ne pouvait se faire ériger un temple à
son divus. Il fallait donc s'interroger sur le destinataire originel
du temple. L'observation des trouvailles monétaires de l'époque
de Trajan ne révéla seulement que deux types proposant l'effigie
d'un temple octostyle.
Pour le premier (fig. 26), nous pouvons lire comme
légende en bordure de champ S.P.Q.R. OPTIMO PRINCIPI et en exergue
S.C52(*)... Le
podium est composé de deux ou trois marches (selon les
variations typologiques). Au centre de la colonnade octostyle, dans l'axe, une
statue de culte debout semble tenir, dans sa main droite, un sceptre et, dans
sa main gauche, une corne d'abondance. Sur le tympan, on retrouverait Jupiter
assis de face entre deux figures couchées. Le fronton supporte cinq
figures d'acrotères. Tenant compte de la présence d'une corne
d'abondance, on nous avons a voulu y voir le temple de Divus Nerva qui
avait une prédilection pour la Fortune sur ses propres émissions
monétaires53(*). De
plus, les sources littéraires attribuent son élaboration à
Trajan54(*). Cette
proposition semblait globalement admise55(*). La datation avancée est celle de 104-110 apr.
J.-C. pour H. COHEN et plus précisément 107 pour P. L.
STRACK56(*).
Toutefois, c'est le second temple octostyle
représenté sur les monnaies de la même période avec
la légende SPQR OPTIMO PRINCIPI SC qui a particulièrement
suscité l'intérêt57(*). Ces monnaies (fig. 27) dépeignent toujours un
temple octostyle sur un podium constitué de quatre marches.
Dans l'axe, au centre de la colonnade, on retrouve une statue de culte cette
fois-ci assise, identifiée comme celle de Jupiter58(*). Le tympan est similaire
à l'autre type de monnaie avec Jupiter assis accompagné de deux
figures agenouillées. Trois acrotères surplombent le fronton.
Celui du centre est debout et tient dans sa main droite une lance, il est
entouré de deux Victoires tenant des trophées. L'édifice
vient s'insérer au centre d'une galerie couverte, à six colonnes
(ou quatre sur certains exemplaires) de chaque côté et
terminée par une couverture en fronton. Des acrotères ornent le
faîte de ce portique. Quelques exemplaires sont complétés,
en avant du podium, par un autel (ou un trône59(*)) (fig. 28). On Nous nousse
retrouvionsait, donc, en présence d'un édifice qui concordait
parfaitement avec les découvertes de G. GATTI G. dans le secteur
septentrional du Forum Traiani et aux reconstitutions
hypothétiques qui en ont découlé. Dans un premier temps,
on Les études ont a donc voulu y voir, tout d'abord, une illustration du
Templum Divi Traiani. Cependant, dans un second temps, on il a
été souligné ensuite que les émissions
monétaires de ce type étaient datées de
104-107/11160(*), donc du
vivant de Trajan. Mais l'hypothèseL'hypothèse ne devait pas pour
autant être abandonnée, mais simplement
révisée : au départ, la construction était
vouée à quelqu'un d'autre et ce ne serait qu'après la mort
de Trajan qu'Hadrien aurait dédicacé le temple en l'honneur de
ses parents adoptifs. Quant à identifier ce destinataire originel, les
propositions affluent, nous y reviendrons dans le développement du
second chapitre : Divus Nerva61(*), Divus Traianus Pater62(*), la Victoire63(*), Jupiter64(*) (etc.).
Néanmoins, au regard des ces nouvelles récentes
découvertes et de la nouvelle planimétrie de R. MENEGHINI, il est
établi, si on prend compte de la nouvelle planimétrie de R.
MENEGHINI, que toute la zone au nord de la Columna Traiana est
inexistante. Dès lors, la probabilitéil est impossible que la
monnaie corresponde au Templum Divi Traiani tombe. Il faut, par
conséquent, donner une nouvelle attribution à cette construction.
Mais laquelle ? Nous tenterons de dégager des
éléments significatifons en vue de nouvelles propositions.
III. CONCLUSION
Ce bref préambule avait pour objectif de faire le point
sur les données archéologiques en notre possession et
d'établir les bases nécessaires à la une bonne
compréhension de la suite de cette étude. Il n'est
évidemment pas possible, pour conserver un discours cohérent et
structuré, de prendre en considérations toutes les propositions
de reconstitution émises. C'est ainsiAinsi que, pour éviter
toutes confusions, je poursuivrai en me basant sur les fondements
archéologiques établis par R. MENEGHINI. Sa reconstitution
planimétrique, qui reste évidemment toujours hypothétique
et qui peut être infirmée à tout moment, nous servira de
point de référence. Toutes ces digressions nous ont permis de
mettre au clairdécouvrir le contexte historique du Forum
Traiani et de prendre compteconstater de l'ampleur et de la
complexité de la problématique autour du Templum Divi
Traiani. Nous allons donc dès à présent, sur la bases
de ces données archéologiques, mais en ayant recours
également à d'autres types de sources, tenter de dégager
le terrain et d'avancer de nouvelles propositions quant àsur
l'interprétation des deux limites du complexe trajanien.
CHAPITRE II. À LA LUMIÈRE DES NOUVELLES
DÉCOUVERTES, MISE AU POINT, ESSAITENTATIVE D'ANALYSE ET
D'INTERPRÉTATION
I.
PRÉALABLES
A. LE CONCEPT DE FORUM TRIPARTITE
Nous venons d'appréhender, dans le
précédent chapitre, les données archéologiques. Au
terme de ce développement, nous pouvons souligner constater la
détermination des chercheurs à placer au sein du complexe
trajanien un édifice cultuel. Ces études se basent
principalement, on l'a vunous l'avons vu, sur des sources littéraires,
épigraphiques et numismatiques au détrimentcontre des vestiges
archéologiques lacunaires, du moins jusqu'aux recherches de R.
MENEGHINI. Les publications s'interrogeant sur la situation et la physionomie
du Templum Divi Traiani ne sont plus à compterlégion.
Mais tentons de comprendre cette ferveur interrogative.
En vérité, cette obstination à
positionner un templum au nord de la Columna Traiana, dans
l'élaboration progressive des reconstitutions hypothétiques,
semble nettement dirigées'orienter vers une volonté : ,
celle de parvenir à un schéma planimétrique qui englobe
les trois composantes du forum type : la place
bordée de portiques, la basilique et le temple italique (templum
Italicum sine postico).
J.-Ch. BALTY nous explicite
l'élaboration de ces éléments
conventionnels constitutifs des fora dit tripartites : en bref,
c'est vers la fin du IIème siècle av. J.-C. qu'un
temple souligne, désormais, de par son ampleur, l'une des
extrémités de l'area forensis (Pompéi)
(fig. 29)65(*);
à l'époque de Sylla et plus précisément à
Alba Fucens, la basilique vient se positionner sur un des petits
côtés de la place66(*)(fig. 30) ; et enfin, entre le Ier
siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.-C., la place
s'entoure de portiques et se ferme définitivement67(*).
On Nous en arrivonse alors à un schéma
planimétrique similaire à celui prescrit par Vitruve, dans son
De architectura (V, 1, 7)., Ppour Fano (Colonia Iulia
Fanestris), : la curie/tribunal (aedes Augusti)
s'ouvre sur la basilique positionnée transversalement à la place,
. Ccette dernière fait face, de l'autre côté de la place,
à un temple dédié à JupiterIupiter.
L'élaboration de ces trois structures
stéréotypées aboutit subséquemment par
conséquent à la fermeture progressive du forum. Dès lors,
tourné essentiellement sur lui-même, il constitue désormais
un ensemble architectural unifié et prône une harmonisation de ses
composantes. L'axialité et la symétrie sont de mise dans les
principes de composition. Comme le proclame R. MARTIN, « au type
ouvert, discontinu, à tendance agglutinante, se substitue un type
fermé, sans relation avec l'extérieur, où la place, centre
d'attraction, devient une cour délimitée, simple espace à
ciel ouvert entre les portiques et les colonnades qui en constituent
l'ossature »68(*). On parle alors de
« bloc-forum ».
Citons quelques exemples illustratifs de ce choix de typologie
planimétrique: en Gaule romaine, on nous retrouve retrouvons notamment
le complexe de Feurs69(*)
(Ier siècle av. J.-C.-Ier siècle apr.
J.-C.) (fig. 31, a) ou de Saint-Bertrand-de-Comminges70(*) (fin du Ier
siècle av. J.-C.) (fig. 31, b) ; pour la Germanie, on nous
mentionneronsa le forum d'Augst71(*) (IIème siècle apr.
J.-C.) (fig. 31, c) ; et enfin, pour l'Afrique, Leptis Magna
(fin du IIème siècle apr. J.-C.) en est un bon exemple
(fig. 31, d).
Ce concept de schéma tripartite issu de la tradition
tardo-républicaine fut également appliqué à
d'autres ensembles architecturaux plus tardifs comme celui du Panthéon
(fig. 32). De fait, Hadrien (118 et 125 apr. J.-C.) insère un
édifice cultuel (1), le Panthéon (1), au sein d'une cour
bordée de trois portiques (2) qui viennent clore la composition ;.
Eet à l'arrière, accolée au temple, la Basilica
Neptuni (3) constitue le dernier élément canonique.
Sous l'Empire, dans les villes provinciales
d'occidentd'Occident, le temple peut être destiné au culte
impérial. C'est ainsi que pour les forums impériaux, on peutnous
pouvons parler véritablement de monuments honorifiques
érigés à la gloire de l'empereur et voués à
son culte72(*). C'est bien
évidemment ce schéma qu'on a voulu appliquer au Forum
Traiani. C'est pourquoi, comme déjà noté dans le
chapitre précédent, parmi les deux hypothèses
émises par R. MENEGHINI, la seconde situait le Templum Divi
Traiani en face de la Basilica Ulpia (fig. 9). Il est vrai que
placer un temple colossal dans l'axe de la porte de la Columna Traiana
aurait constituéer une interaction visuelle mais surtout symbolique on
ne peut plus alléchante entre les deux structures. MaisCependant, depuis
les dernières investigations, l'idée d'un temple canonique dans
ce secteur est à proscrire. Cependant Or, ne pourrionsait-nousn pas voir
en l'aula méridionale une zone cultuelle pour retrouver ce
même choix urbanistique ? La question reste ouverte pour le moment.
Toutefois, si l'on observe les autres Fori
Imperiali, ce concept n'apparaît pas aussi clairement que
défini supra. De fait, pour ce qui concerne le Forum
Iulium, la basilique est manquante (bien qu'une source telle que
Cicéron (Atticus, IV, 16, 8) en fait fasse mention
(Atticus, 4, 16, 8)), mais cette absence on peutest peut-être
à lier cette absence àavec la proximité immédiate
des basiliques Iulia (dont la construction a été
lancée par César dès 54 av. J.-C.) et Aemilia
(qu'il a restaurée à la même époque) du Forum
romainRomain. La même carence lacune se retrouve au Forum
Transitorium, mais celle-ci est probablement liée à la
topographie et l'exiguïté du terrain. De plus, il serait fort
hasardeux d'avancer de telles explications pour le Templum Pacis qui
de lui-même ne constitue pas un forum en tant que tel. Cependant, le
Forum Augusti est de nouveau un bel exemple demanifeste de nouveau
cette volonté de calquer ce schéma tripartite. En effet,
récemment, à la suite à de la découverte des
vestiges d'une exèdre à l'ouest du complexe, E. LA ROCCA a voulu
y voir une transposition du plan vitruvien. Il propose de positionner une
basilique à exèdres en vis-à-vis du Temple de Mars
Ultor73(*)
(fig. 33). Il reproduisant, par conséquent, le plan d'un forum
tripartite par excellence. Néanmoins, l'espace entre l'édifice
cultuel et ce bâtiment où se rend la justice semble bien
étroit., Ddès lors l'idée de P. GROS qui de placer le
tribunal (tout en utilisant comme terminologie le mot
basilica) dans les deux hémicycles septentrionaux semble plus
attrayante74(*).
Toutefois, dans l'ensemble, ces Fora Imperialia reproduisent le
schéma d'une place fermée où l'accessibilité est
réduite par un nombre d'entrées limitées ;. ils Ils
rejoignent, par conséquent, donc cette typologie de
« bloc-forum ».
Au regard de ces distorsions, il émane que si ce
schéma tripartite peut assez facilement se dégager dans les
cités provinciales, toutefois, si nous observons ce qui porte la
dénomination de forum au sein de l'urbsUrbs, il semble
difficile de pouvoir établir formellement comme tel ce concept.
Dès lors pourquoi chercher à l'appliquer impérativement au
Forum Traiani ? Comme J.-Ch. BALTY75(*), j'adhère à
l'idée qu'il ne faut pas chercher ici un plan canonique car il existe
d'innombrables variantes à la fois régionales (il faut distinguer
la capitale, Rome, le centre de pouvoir, des régions qui constituent son
Empire), sociales (il s'agit d'une construction qui émane de l'empereur
et qui porte son nom), topographiques (l'exiguïté du terrain
où s'implante les Fori Imperiali, tout comme la
préexistence d'édifices antérieurs), politiques,
fonctionnelles, etc.. De plus, comme nous avons pu le voir ci-dessus, la
nouvelle physionomie du forum Forum fait tomber toutes ces prérogatives.
Le nouveau plan ne connaît pas d'autres précédents bien
qu'on puisse évidemment en dégager des éléments
conventionnels fondamentaux des fora (place, portiques, basilique).
C'est donc toute l'idéologie sous-jacente qui est radicalement
différente, il faut donc se méfier de tout rapprochement trop
hâtif avec les autres fora.
Cependant, il me semble intéressant de souligner
également que pour J. E. PACKER, il existe tout d'abord une
interaction entre le Forum Traiani et les autres
Fori Imperiali qui vient entériner la présence d'un
temple. De fait, « planimétricalement » (et non
visuellement pour le spectateur) un axe privilégié se dessine,
l'axe nord-sud. Il le fait traverser successivement, sur la base des
données archéologiques en sa possession à ce moment, le
Templum Divi Traiani, l'Equus Traiani, le Forum
Augusti, le Forum Nervae, le Templum Pacis pour se
terminer au temple proprement dit de ce Forum Vespasiani76(*)(fig. 34). Des analogies
arithmétiques de même type ont pu se dégager des
études de A. FRAZER, G. WIGHTMAN ou encore tout récemment de M.
WILSON JONES. Pour le premier, il existe sept séquences dominantes qui
ressortent dans les cinq Fora Imperialia, et l'élément
à prendre en considération est qu'elles sont globalement de la
même dimension, 400 pieds romains ou 118 m77(*)(fig. 34). Le second, dans une
étude complexe de 1997, note l'existence d'une proportion
arithmétique (x) que l'on retrouve comme dimension de base pour
l'ensemble des Forums Impériaux (fig. 35). Il explique que pour chaque
mesure que l'on dégagera d'un des complexes, on nous trouveronsa un
multiple ou un diviseur de x. Cette proportion x équivaut
approximativement à 150 pieds romains ou 45 m78(*). Enfin, le troisième
parle essentiellement de reprises de « key
dimensions » de 50, 150 et 400 pieds79(*) (fig. 36). Il semble donc
exister un lien mathématique clair parmi les différents
Fora qui n'est nullement remis en cause par les récentes
découvertes. J. E. PACKER tient ensuite à voir aussi au sein du
complexe trajanien, le dernier des Fori Imperiali, une inspiration
venant des autres Fora : notamment les exèdres, le
pavement des portiques, le Templum, le décor architectonique,
etc. qui renvoient au Forum Augusti, l'Equus Traiani qui
rappelle l'Equus Caesaris, etc.80(*). Il insiste tout particulièrement sur une
correspondance avec le Templum Pacis (nous développerons cette
proposition par la suite) qui perdrait de sa pertinence si on nous
infirmionsait la localisation au nord de la Columna Traiana du si
controversé Templum Divi Traiani (ce qui me semble d'ailleurs
à discuter, nous y reviendrons). Tout ceci et bien d'autres points lui
permettent alors de défendre l'hypothèse de la présence
incontestable, à l'époque d'Hadrien, d'un temple colossal en
l'honneur de ses parents adoptifs à la limite septentrionale du site.
Toutefois, si l'on nous observonse des fora comme
ceux de Britannia, dans la majorité des cas,
ils ne présentent pas de temple. Prenons le cas du site d'époque
hadrienne (117-138) de Caerwent (fig. 37) : le forum
possède bien une place fermée d'un côté par une
basilique transversale et clôturée de l'autre par trois portiques
qui viennent restreindre le nombre d'accès, on nous rejoignonst donc cet
archétype de « bloc-forum », mais le site ne s'est
vu octroyéer un temple que plus tardivement. ; Ppar
conséquent, il ne faisait pas partie de la conception première
du forum. Ne pourraitpourrions-on nous pas voir ce même changement de
procédé typologique en sein du Forum Traiani ?
Même si cette interrogation pourrait s'avérer juste (nous y
reviendrons), la question du projet originel reste cependant la même.
En conclusion, on nous ne peut pouvons pas en arriver à
prétendre qu'un temple inclus dans le complexe trajanien, dans sa
conception originelle du moins, soit un fait évident. Il est certain que
de nombreux chercheurs, comme P. ZANKER, S. SETTIS, J. B. WARD-PERKINS, avaient
adhéré à cette idée qui leur semblaient alors
naturelle puisque, comme le dit S. SETTIS, une amputation serait
« contro la tradizione » 81(*). De fait, avec les premiers
essais du reconstitution du site, notamment le plan proposé par G.
GATTI, les composantes du forum tripartite (place portiquée,
Basilica Ulpia, Templum Divi Traiani) ressortaient
immanquablement (bien que la typologie de cette zone cultuelle soit innovante
puisque le temple s'insère dans un portique en fer à cheval, non
pas coupéer du monde extérieur, mais présentant des
accès latéraux créant ainsi la liaison avec le Campus
Martius). Pourtant, les découvertes de 1998-2000 renversent
radicalement la donne, et il est temps maintenant de réviser ces
préjugés trop hasardeux. Cependant, si l'on hypothèque la
présence d'un templum colossal au sein du forumForum, c'est
toute l'idéologie sous-jacente à la construction qui est à
revoir. Ou alors faut-il attribuer à une autre composante le rôle
d'édifice cultuel ? Quelle était la volonté de
l'Optimus Princeps et de son architecte Apollodore de Damas ?
Quelle image voulait-il transmettre par une telle construction sans
précédent? C'est, dès lors, ici la question de la
« laïcisation » du Forum de Trajan
qui est posée.
B. LE RAPPROCHEMENT AVEC LES PRINCIPIA
Après avoir assimilé le Forum de Trajan à
un complexe tripartite, les études anciennes ont également voulu
y voir des similitudes avec les principia, les quartiers
généraux des camps militaires (fig. 38). En effet, si l'on
reprend l'ancien plan du Forum, on nous pouvait pouvions aisément
considérer comme partiellement indépendante la zone au nord de la
Colonne Trajane comprenant alors le pseudoprésumé Templum
Divi Traiani. De même, ce type de scission se retrouve notamment
dans une colonie de l'époque de Trajanun établissement
daté sous Trajan, la colonia Ulpia Traiana Augusta Dacica
Sarmizegetusa (Dacie) (fig. 39). Dans cette dernière, la basilique
joue également « le rôle de diaphragme entre le
forum civil et le forum religieux »82(*). C'est alors que
dépourvue du secteur septentrional, le forum
« civil », tout comme la colonie trajanienne, prend des
allures de principia militaires.
L'idée a été
émise pour la première fois par G. RODENWALDT en 192683(*). Ce dernier souligne des
analogies, principalement les exèdres, entre la Basilica Ulpia
et celle de Castra Vetera (Ier siècle apr. J.-C.)
près de Xanten (Germanie) (fig. 40). La comparaison a été
étendue, notamment par P. ZANKER84(*), à Lambaesis (fig. 41) pour l'Afrique
et Dura-Europos pour l'Orient (IIIème siècle
apr. J.-C.) (fig. 42).
Qu'en est-il de ce rapprochement ? Dans
les principia (Lagerfora) à Querhalle (cour
en travers)(Lagerfora) , une basilique (arrière-cour)
comparable à une basilique ferme sépare d'un côté
l'area ouverte bordée de portiques et de l'autre un ensemble
composé , derrière ce bâtiment se trouved' une pièce
pour la conservation des archives de la légion, ainsi que d'un
sanctuaire pour les enseignes de la légion, le sanctuaire des
drapeaux85(*). Si l'on
nous en vient à confrontonser ces plans avec celui du Forum de Trajan
(fig. 43), on notenous notons, dans les deux cas, une place à portique,
l'area forensis, celle-ci est bien en liaison avec une basilique, la
Basilica Ulpia ; derrière laquelle la Columna
Traiana joue le rôle de sanctuaire et les bibliothèques
Bibliothèques celui de tabularium.
Cette hypothèse ne s'en est pas arrêterse limite
pas là., mais Aa contrario, elle a donné lieu à
nombre de a suscité pas mal de tergiversations. Je ne vais pas ici me
lancerentrer dans un développement bien trop complexe du processus
d'influences qui a permis d'arriver à de telles analogies, ce qui
suscite d'ailleursà l'origine de moult controverses, ni relancer le
débat des partisans et opposants86(*). Cependant, comme explicité dans le chapitre
précédent chapitre, on nous adhéronse
généralement à l'idée que la Colonne Trajane aurait
subi différentes phases d'élaboration, notamment sur la base des
arguments avancés par A. CLARIDGE., Nouson estime estimons
également que le projet du forum Forum n'était pas totalement
abouti au moment de son inauguration, impliquant l'intervention d'Hadrien pour
terminer l'oeuvre de son père adoptif. Dès lors, de nombreuses
incertitudes planent sur le projet initial d'Apollodore de Damas. C'est
pourquoi, établir avec conviction des similitudes entre les
principia provinciaux et le Forum de Trajan me semble pousser trop
loin la comparaison. Néanmoins, il est clair que si on nous prend
prenons le plan tel qu'il nous est donné aujourd'hui par R. MENEGHINI,
sans prendre en compte les différentes phases d'élaboration, on
nous ne peut pouvons nier qu'il existe des correspondances ne
fût-ce que formelles avec ces Lagerfora militaires
(fig. 43). De fait, le complexe privé effectivement de son secteur
septentrional se rapproche davantage du plan stéréotypé
des quartiers généraux. C'est pourquoi les propos de P. GROS qui
parle d'une « transposition d'un établissement
militaire »87(*) me semblent justes et j'adhère donc pour ma
part à l'idée de ce dernier : « le dernier des
"« forums impériaux "» a repris, en le sublimant
jusqu'à le rendre illisible à l'usager ordinaire, le
schéma simple mais efficace du "« quartier
général "» »88(*). On Nous pourrait pourrions
dès lors parler de principia marmorea au sein de
l'urbsUrbs.
Néanmoins ce n'est pas pour autant que je parle ici
d'une véritable architecture militaire au sens premier du mot, mais
simplement de similitudes qui cacheraient alors une valeur idéologique
forte. Même si vraisemblablement le visiteur ne pouvait en dégager
toutes les inspirations, c'est probablement une volonté de
militarisation qu'il faut chercher derrière ce choix
architectural. Trajan, fils du général Marcus Ulpius
Traianus89(*),
homo novus de la famille des Ulpii, avait acquis, sous les
ordres de son père (dix ans), une solide expérience
militaire90(*), ce qui
favorisa d'ailleurs son adoption par Nerva. Par conséquent, cCe n'est
pas pour rien , par conséquent, si son règne est marqué
par des orientations politiques extrêmement militarisées. Par ses
expéditions en Germanie et en Dacie, puis en Orient contre les Parthes
et les Arabes, l'Empire va connaître à son époque sa plus
grande extension. Et il n'est point à douter que cette construction soit
un véritable outil de propagande. Il suffit pour cela d'observer la
thématique globale du complexe : la victoire de Trajan sur les
barbares (Victoria Dacica) et la glorification de ce grand
Imperator (fig. 44).
Tout d'abord, la décoration architectonique
présente de multiples représentations d'armes,
à la fois sur la façade de la Basilica (gb), sur le
socle de la Colonne (a), ou de l'Equus Traiani (j). Ces armes n'ont
pas seulement un aspect fonctionnel, mais sont de véritables symboles de
l'honneur guerrier, du courage des troupes, c'est un facteur de prestige.
Ensuite, attribut du vainqueur, la Victoire
est omniprésente dans l'iconographie du Forum, à la fois sur les
reliefs architectoniques (frise de Victoires tauroctones de la nef centrale de
la Basilica91(*)
(c), Victoire écrivant sur un bouclier (e) de la Columna
Traiana (b)) ou sur des statues (biges, quadriges, seiuges
seiuges surmontant les portiques), elle accompagne l'Optimus
Princeps dans la réalisation de ses prouesses.
Il en va de même pour les représentations
à l'effigie des Daces qui ponctuent l'entablement des
portiques et la façade de la basilique (gb). Ils sont montrés
avec toute leur puissance physique renforçant ainsi la gloire de celui
qui les a vaincus.
De plus, selon Aulu-Gelle, « in fastigiis fori
Traiani simulacra sunt sita circumundique inaurata equorum atque
signorum militarium » (gb), il ajoute ensuite
« subscriptumque est : " ex
manubiis " » 92(*). SubséquemmentDès lors, la construction
du groupe a été financée par les trésors
ramenés de Dacie, terre riche en minerai d'or. C'est d'ailleurs,
l'année de son triomphe contre les barbares après deux campagnes
militaires, en 106 apr. J.-C., qu'il que Trajan commande à son
architecte la construction du site.
On peut aussi mentionner la statue de Trajan en
Imperator avec l'armure (loricatus)
devançant l'une des entrées de la Basilica (eg), tout
comme l'Equus Traiani pacificateur (lance vers le
bas) au coeur de la place (hj).
Puis, la frise de la Columna Traiana, avec ses 155
scènes et ses 2500 personnages pourrait correspondre à une
illustration figurée des Commentarii de
Trajan, récit, semblable à l'oeuvre de César, relatant le
conflit dace. Ce volumen devait être conservé dans l'une
des bibliothèques Bibliothèques et la forme de la frise en
spirale s'est probablement inspirée de ce livre antique en rouleau. La
frise historiée n'a d'autre but que d'exalter les exploits guerriers de
l'Optimus Princeps, sans parler de la « Grande
Frise » réutilisée sur l'arc de Constantin
dont la localisation au sein du « forum
bellum » reste problématique.
Pour appuyer sa domination, l'Imperator
n'hésite pas également à avoir recourt à des
éléments caractéristiques des contrées
impériales tels que les sphinges (fi) ou les
griffons (d-j-kf-h) d'Orient, allusion probable à
l'expédition en vue contre les Parthes., ouOu encore, il exprime cette
puissance de l'Empire par l'utilisation de marbre polychrome, exploitant ainsi
en abondance les ressources des territoires dominés par Rome (voir
chapitre III).
Enfin, outre ces préceptes architecturaux, il ne faut
pas négliger qu'il fait appel à un architecte, qui plus est
à un ingénieur militaire pour les mettre en vigueur.
Apollodorus de Damascus se voit
attribuéer notamment par Dion Cassius (Histoire Romaine,
69LXIX, .4, .3) l'élaboration de quatre édifices : un pont
sur le Danube à Drobeta (Roumanie) illustré sur la
Colonne Trajane (scène LXXIV) (105 apr. J.-C.), les thermes Thermes de
Trajan à Rome (109), le Forum de Trajan et ses marchés
Marchés (112) et enfin un Odeum à Rome ( ?). Soit,
toutes des constructions à caractère civil ou militaire et non
religieux au stade de nos connaissances actuelles. Des similitudes avec les
principia ont aussi été dégagées pour ce
qui concerne la capitale dace Sarmizegetusa (fig. 39)93(*) ; c'est pourquoi on a
également voulu y voir une intervention apollodorienne94(*).
Bref toutes ces combinaisons architecturales ne sont pas le
fruit du hasard, mais dissimulent une politique et une volonté de
représentation du pouvoir. Le tout va dans le sens d'un désir
d'exaltation du prestige militaire et de fixation du souvenir des actes
héroïques de l'empereur. C'est pourquoi, lorsque' onous regardonse
la thématique architectonique et idéologique globale,
l'assimilation avec les principia semble on ne peut plus
séduisantee.; Dde même, elle se trouve encore renforcée par
les premiers essais d'interprétation de la fonctionnalité de
certaines pièces. Nous y reviendrons et nous tenterons de dégager
tout au long de ce propos d'autres éléments qui vont dans ce
sens.
II. TEMPLUM DIVI TRAIANI ?
A. LES SOURCES ARCHÉOLOGIQUES,
NUMISMATIQUES ET LITTÉRAIRES
L'élément déterminant, d'un point
de vue archéologique, fut la découverte d'une double
inscription de dédicace. La première épigraphe
proviendrait de la zone de transition entre les complexes trajanien et
augustéen. Nous disposons de peu d'informations (essentiellement le
C.I.L) quant àsur cette découverte : ce
titulus serait aurait été transcrit au
XVIème siècle par Silvester S. Peruzzi PERUZZI et
conservé au musée Museo degli Uffizi de
Florence95(*) (fig. 45).
L'inscription, bien que fragmentaire, a pu être restituée comme
suite.
[E]X· S· C· DIVI[s
Tr]AIANO· PARTHICO· ET ·[Plotinae /
im]P CAES[ar / di]VI ·TRAIANI
·PARTHICI [f] DIVI N[ervae /
nepos s traia]NUSNVS ·HADRIANUSHADRIANVS
·AVG ·PONT·M[ax /
trib. Pot. --] COS ·III
·PARENTIBUSPARENTIBVS·SVI[s]
C.I.L., VI, 966 = I.L.S., 306
« Sur décision du Sénat, aux
divins Trajan Parthique et Plotine, l'Empereur César, fils du divin
Trajan Parthique, petit-fils du divin Nerva, Trajan Hadrien Auguste, Grand
Pontife, investi de la puissance tribunicienne, consul pour la troisième
fois, à ses parents. »
Traduction de l'auteur
Une seconde inscription au texte similaire, exhumée en
1695, provient des substructures de l'église San Bernardo
(Santissimo Nome di Maria depuis sa destruction en 1748)96(*). Acquise en 1703, elle est
actuellement conservée dans la Galleria Lapidaria (n° inv.
6.886) des musées Musées du Vatican. E ; elle est
constituée de lettres de bronze insérées dans une dalle de
marbre (fig. 46).
D(ivo) NER(va) TRAIANO PARTHICO ET
DIVAE / PLO(tinae) DIVI TRAIANI PARTHICI VXORI / IMP(erator)
C(aesar) TRAIANVS HADRIANVS AVGVSTVS / P(ontifex)
M(aximus) TR(ibunicia) P(otestate)
CO(n)S(ul) III PARENTIBVS SVIS
C.I.L., VI, 966
« Au divin Nerva Trajan Parthique et à la
divine Plotine, épouse du divin Trajan Parthique, l'Empereur
César Trajan Hadrien Auguste, Grand Pontife, investi de la puissance
tribunicienne, consul pour la troisième fois, à ses
parents. »
Traduction de l'auteur
Tentons d'analyser les composantes de cette inscription pour
en dégager une séquence chronologique. Trajan et son
épouse Plotine présentent ont tous deux le titre de
divus/diva, ils sont donc décédés.
Trajan est mort le 9/11 août 117 apr. J.-C. à
SelinonteSélinonte en Cilicie et Plotine en 121-122 apr. J.-C..
L'empereur a reçu son nomen ex virtute de Parthicus le
21/23 février 116. Hadrien, quant à lui, devient Imperator
Caesar Traianus Hadrianus Augustus en 117, il est Grand Pontife dès
117 et proclamé pour la troisième fois consul en 11997(*). C'est communément la
puissance tribunicienne qui sert de repère pour établir une
datation, mais dans notre cas, il n'est pas mentionné le nombre de fois
où celle-ci a été renouvelée. Le terminus post
quem est fixé, par conséquent, sur la base du
décès de Plotine en 122 apr. J.-C. Généralement, on
considère que c'est après son retour de voyage à
l'étranger, c'est-à-dire en 127/128, qu'Hadrien aurait
réalisé cette dédicace. Cette date marque aussi la fin de
son consulat et constitue donc le terminus ante quem. La
séquence chronologique est dès lors comprise entre
121/122-127/128 apr. J.-C..
Nous disposons également d'émissions
monétaires en or reprenant le même type de
dédicace. En effet, sur un premier type98(*) (fig. 47), on nous retrouvonse au droit l'effigie
d'Hadrien, de profil, tourné vers la droite avec en bordure de champs la
légende HADRIANVS AVG COS III PP. Le revers présente les
portraits de Trajan et de Plotine affrontés et surmontés chacun
d'une étoile avec la mention sur le pourtour du champ DIVIS PARENTIBVS.
Hadrien en est donc également à son troisi&e |