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Sommaire Pages
Dédicaces 2
Remerciements . 3
Liste des sigles et acronymes 4
Introduction 7
Première partie : Le delta du fleuve
Sénégal : un milieu artificialisé
14 Chapitre 1: Le milieu naturel et le cadre humain dans le Delta
16 Chapitre 2 : L'introduction de l'irrigation et l'artificialisation
progressive du milieu .. 34
Deuxième partie : Organisation de la gestion et
travaux d'entretien dans le
périmètre de Boundoum .. 45
Chapitre 1: Organisation de la gestion et de l'exploitation du
périmètre .. 46
Chapitre 2 : Infrastructures hydrauliques et travaux d'entretien
59
Troisième partie : La nouvelle politique de
maintenance : un cadre de dialogue entre Etat, collectivités locales
et usagers 72
Chapitre 1 : La nouvelle politique de maintenance ... .....
73 Chapitre 2 : La mise en oeuvre de la nouvelle politique de maintenance :
Pratiques et
perspectives à Boundoum 84
Conclusion 94
Bibliographie 96
Tables des illustrations 99 Tables des matières
102 Annexes
DEDICACES
Ce travail est dédié à mon défunt
père Amadou Diéle et mon regretté ami d'enfance Ngandji
Sarr. Que la terre de Ronkh leur soit légère et que le bon Dieu
les accueille dans les prairies de son paradis.
A ma très chère et brave mère Daro Ndao qui
n'a jamais cessé de me procurer
l'envie et le courage d'étudier.
A toute la famille Ndiélène de Ronkh. A toute
la famille de Feu Babacar Diop Imam à Dagana. A toute la famille de
Ndiaga Diop à Ndiangué. A tous mes ami (e) s d'enfance et de
promotion.
Aux anciens élèves de la 3 M1 A du CEM de
Richard-Toll (promotion 1999), à tous mes camarades du module
Aménagement rural et à tous les walo-walo de l'UGB.
A tous les étudiants de la dahira Mouhtacimina
Bihablilahil Matini de l'UGB.
Une mention spéciale aux personnes qui me sont
chères : Adama Thiaw, Yallé
Sarr, Birane Ndiaye Wade, Alioune Mbodj, Djiby Séye, Awa
Ndao, Laye Bâ, Massata, Cheikhou, Badara, Cheikh Sidate Sy, Mansour
Séne, Papa Diagne, Djiby Diop, El hadj Abdoulaye Diop, Mouhamadou
Lamine Diop, Awa Diao, Abdoul Aziz
Diao, Oumar Ndiaye, leuz, Mame Sakory.
Aux «éternels forçats de la faim» (les
paysans). A toute la communauté estudiantine.
REMERCIEMENTS
En conformité aux exigences de la reconnaissance, nous
tenons à remercier : Le bon Dieu pour avoir permis et donné la
possibilité d'entamer et de terminer ce travail.
Notre directeur de mémoire, le professeur Sidy Mohamed
Seck pour avoir accepté d'encadrer ce travail, son concours très
précieux, sa disponibilité permanente et ses conseils .
A tous les professeurs de la section de géographie pour
leur générosité dans la transmission du savoir : Messieurs
Oumar Diop, Serigne Modou Fall, Boubou Aldiouma SY,
Géraud Magrin, Cheikh Samba Wade, Adrien Coly Cheikh
Sarr, André D'almeida, Dah
Dieng.
Ce travail n'aurait, sans nul doute, abouti à bon port
sans la collaboration fructueuse de :
M. Abdou Rahim Ndiaye, ingénieur et chef du DMR à
la DAM pour avoir été notre
directeur de stage ;
M. Abou Ndao, ingénieur des travaux agricoles, chef de
l'opération de Boundoum ; M. Macoumba Diop, conseiller agricole,
responsable de la gestion et de la
maintenance du périmètre de Boundoum ;
M. Amadou Niang, cartographe à la SAED ;
M. Abdoulaye Diop, comptable de l'union des OP de Boundoum
: A tous les agents de la DAM, de la Délégation de Dagana et
de la DAIH. A tous ceux qui ont de prés ou de loin contribué
à la réalisation de ce travail.
Listes des sigles et acronymes
ADRAO : Association pour le
Développement de la Riziculture en Afrique de l'Ouest AEP
: Adduction d'Eau Potable.
AFD : Agence Française de
Développement.
AI : Aménagement
Intermédiaire.
B.R.G.M : Bureau de Recherche
Géologique et Minière. BU :
Bibliothèque Universitaire.
CIFA : Centre Interprofessionnel de Formation
aux métiers de l'Agriculture. CIFAS : Club des
Investisseurs Français au Sénégal.
CNCAS : Caisse Nationale de Crédit
Agricole du Sénégal.
CORAF : Conférence des Responsables de
recherche agricole en Afrique de l'Ouest et du Centre.
CSC : Contre-saison Chaude.
CSF : Contre-saison Froide.
CSS : Compagnie Sucrière
Sénégalaise.
CTA : Centre Technique de Coopération
Agricole et Rurale. DAGE : Division Aménagement et
Gestion de l'Eau (au sein des Délégations de la SAED).
DAIH : Direction des Aménagements et
des Infrastructures Hydro agricoles. DAM : Direction
Autonome de Maintenance des infrastructures hydro agricoles. DAT :
Dépôt à Terme
FAO : Organisation des Nations Unies pour
l'Alimentation et l'Agriculture. FOMAED : Fonds de
Maintenance des Adducteurs et Emissaires de Drainage. FOMIIG
: Fonds de Maintenance des Infrastructures d'Intérêt
Général. FOMPI : Fonds de Maintenance des
Périmètres Irrigués. FOMUR : Fonds
Mutuel de Renouvellement des stations de pompage et
équipements Hydromécaniques.
FPA : Fédération des
Périmètres Autogérés.
GA : Grand Aménagement.
GEP : Groupe électropompe.
GER : Gros Entretien et Renouvellement.
GDS : Grands Domaines du
Sénégal.
GIE : Groupement d'Intérêt
Economique.
G.I.R.A.R.D.E.L : Groupe Interdisciplinaire de
Recherche pour l'Appui à la
Planification Régionale et au Développement
Local. GMP : Groupe Motopompe.
HTM : Hauteur Manométrique Totale.
ICA : Ingénieurs Consultants
Associés.
ISRA : Institut Sénégalais de
Recherches Agricoles.
KFW: Kreditanstalt Für Wiederaufbau.
MARP : Méthode Active de Recherche
Participative.
MAS : Mission d'Aménagement du
Sénégal.
MEC : Mutuelle d'Epargne et de
Crédit.
MEFS : Mission d'Etudes du Fleuve
Sénégal.
NEG : Note d'Entretien et de Gestion.
NPA : Nouvelle Politique Agricole.
OAD : Organisme Autonome du Delta.
OAV : Organisme Autonome de la
Vallée.
OMVS : Organisation pour la Mise en Valeur du
fleuve Sénégal. OP : Organisation
Paysanne.
PDRG : Plan de Développement
intégré de la Rive Gauche.
PME : Petites et Moyennes
Entreprises. PIP : Périmètre Irrigué
Privé.
PIV : Périmètre Irrigué
Villageois.
PSI : Pole régional de recherche sur
les Systèmes irrigués soudano sahéliens.
RGPH : Recensement Général de la
Population et de l'Habitat. RIDEV: Rice Development.
RNEDHA : Réseau National
d'Expérimentation et de Démonstration du Secteur de
l'Hydraulique Agricole.
SAED : Société nationale
d'Aménagement et d'Exploitation des Terres du Delta du fleuve
Sénégal et des Vallées du fleuve Sénégal et
de la Falémé. SCIEPS : Société
de Conseils, d'Ingénierie, d'Etudes et de Prestations de
Services. SDRS : Société de
Développement Rizicole du Sénégal. SEMRY
: Société d'Expansion et de Modernisation de la
Riziculture de Yagoua. SNTI : Société
Nationale de Tomate Industrielle. SOCAS :
Société de Conserve Alimentaire du Sénégal.
SOMALAC: Société Malgache
d'Aménagement du Lac Alaotra. SV: Section
Villageoise. T.E.R: Travail d'étude et de
Recherche. UGB: Université Gaston
Berger. UL: Union Locale. USAID: Us
Agency for International Development. VHR:
Variété à Haut Rendement.
Introduction
De tout temps, l'Afrique subsaharienne a connu de difficiles
moments de sécheresses
ayant comme conséquences des pénuries de
denrées alimentaires. Et les systèmes de production
traditionnels ne permettaient plus de penser à une
sécurité alimentaire. La notion de sécurité
alimentaire renvoie à la capacité d'assurer que le système
alimentaire fournit à toute la population un approvisionnement
alimentaire nutritionnellement adéquat sur le long terme. Cette
partie du continent connaît également une forte pression
démographique et une
baisse continue de la pluviométrie.
Cependant, comme l'avaient bien écrit Heq. J et Dugauqier
F. (1990), l'Afrique sahélienne a la chance d'être
traversée par les grands fleuves que sont le Sénégal, le
Niger, les Voltas, le Chari,
etc. et afin de valoriser ces ressources en
eaux beaucoup d'Etats sahéliens,
dans leurs stratégies, notamment pour atteindre
l'objectif d'autosuffisance alimentaire, ont
considéré comme panacée la
réalisation de grands périmètres irrigués (Groupe
de travail,
Coopération Française, 1989). Ces derniers
étaient placés sous la tutelle de Sociétés de
Développement rural tels que l'Office du Niger au Mali,
la SOMALAC à Madagascar, la
SEMRY au Cameroun, la SAED au Sénégal, etc.
Au Sénégal, c'est précisément le
Delta qui a été le site privilégié des ambitions
d'aménagement (Sarr. B 1995). L'option pour la riziculture
irriguée répondait à l'origine à un objectif
national qu'à une volonté de développement
régional, dira Jamin P.Y (1987) cité par Fall. M (1999). En effet
il s'agissait dans des grands aménagements de produire du riz pour
résorber le déficit céréalier.
Dans le Delta qui constitue notre zone d'étude, on y
trouve environ la moitié des superficies aménagées dans la
vallée sous diverses formes : grands périmètres
irrigués, périmètres intermédiaires et
périmètres irrigués villageois (Le Gal. P-Y et Dia. I
1991).
Dans ce secteur, se posent pas mal de problèmes
relatifs à l'aménagement. En effet, la gestion de beaucoup de
périmètres est maintenant du ressort d'organisations de
producteurs regroupés sous forme d'unions hydrauliques. Ces derniers
n'étant pas bien préparés dans cet exercice, il est
évident qu'ils seront confrontés à certaines
difficultés. C'est dans cette logique
que nous avons choisi de travailler sur la pratique de la
maintenance des aménagements hydro agricoles avec comme cas
d'étude le périmètre de Boundoum dont la gestion est
aujourd'hui assurée par les paysans eux-mêmes.
Problématique
La région du Delta s'étend sur 500 km2, de
Saint-Louis à Dagana (Dia. I., LE Gal. P.Y, 1991). Cette partie du pays,
depuis l'indépendance, a retenu l'attention des autorités
sénégalaises pour être le lieu d'application des politiques
d'aménagements hydro agricoles. La création, en 1965, de la SAED
matérialise cette ferme volonté de la part des pouvoirs publics
d'assurer un développement économique et social en
général et hydro agricole, en
particulier dans le Delta.
L'étude des aménagements présents dans le
delta du fleuve Sénégal révèle différents
types. On y rencontre les grands aménagements transférés,
les grands aménagements non transférés, les petits
périmètres transférés et les aménagements
intermédiaires transférés qui sont l'oeuvre de la SAED ;
les périmètres irrigués villageois (PIV), les
périmètres irrigués
privés (PIP) et l'agro industrie (CSS, SOCAS) qui sont
hors SAED.
Les grands aménagements (GA) y présentent une
importance sans égal car plus de
85% des GA recensés dans la rive gauche se trouvent dans
le Delta. En terme d'investissement, ils sont relativement onéreux et
le prix à l'hectare se situe entre 5 et 6,5
millions de Fcfa (Wade.M et al. 1996).
Le mode de fonctionnement, de gestion et la maintenance des
aménagements hydro agricoles varient suivant l'évolution des
politiques étatiques en matière d'aménagement. En fait,
selon l'attitude des pouvoirs publics, deux grandes périodes marquent
l'aménagement du
delta du fleuve Sénégal.
Pour la période allant des indépendances (1960)
jusqu'aux années 1980, c'est l'Etat
qui assurait, par le biais de l'OAD puis de la SAED, toutes les
charges relatives au fonctionnement, à la gestion et aux travaux
d'entretien. Sa présence dans l'activité agricole se
sentait d'amont en aval puisqu'il intervenait dans
l'étude des aménagements jusqu'à
l'exploitation éventuelle en régie (Maïga.M,
1995).
Vers la fin des années 1980, la gestion étatique
qui prédominait, se heurta à des problèmes de coûts
et de charges : faible performance du système irrigué due en
grande partie à des insuffisances d'entretien.
La seconde période est caractérisée par le
désengagement de l'Etat de la gestion des
aménagements réalisés ou
réhabilités sur fonds publics : c'est l'ère du transfert
des aménagements hydro agricoles et des responsabilités aux
organisations de producteurs.
Le transfert de responsabilités aux producteurs
signifie aussi un transfert de charges aux producteurs (Lavigne Delville. Ph,
1991). Mais ce transfert a occasionné l'établissement de contrats
de concession et des NEG (Note d'entretien et de Gestion) entre la SAED et les
OP. Ce sont des mesures consistant à définir les modalités
de fonctionnement des réseaux et des équipements, la nature,
l'intérêt et les coûts des travaux d'entretien à
réaliser pour assurer
la durabilité des performances des
aménagements.
Ainsi, l'entretien des périmètres, des stations de
pompage, des réseaux, des mailles
hydrauliques et des parcelles relève désormais de
la compétence des usagers et de leurs organisations. Concernant les
aménagements structurants ou collectifs, c'est l'Etat qui assure
aussi bien leur réalisation que leur entretien. Un
aménagement structurant est un type d'aménagement hydro
agricole dont la vocation est de desservir d'autres aménagements,
soit dans un objectif unique d'adduction d'eau (exemple : l'axe
Gorom-Lampsar) soit de drainage
(exemple : l'Emissaire du Delta) soit de circulation ou de
protection contre les crues
(exemple : la digue de ceinture du Delta).
Prés d'une décennie après la concession, on
s'est rendu compte que les paysans n'étaient pas en mesure d'assurer
pleinement la relève de la SAED. Les résultats que l'on
espérait obtenir étaient décevants suite
à des difficultés telles que l'insuffisance de la maintenance.
Alors des mesures d'accompagnement ne sont-elles pas à mettre en oeuvre
si l'on veut réussir totalement ce souhait de responsabiliser les
paysans? Mieux, ne doit-on pas appuyer davantage les unions concessionnaires
dans l'exercice de certaines tâches comme la maintenance afin de lever
toute inquiétude pour ce qui est de la pérennité des
infrastructures
hydro agricoles?
C'est ce que l'Etat du Sénégal, secondé
par ses partenaires au développement (Banque Mondiale, KFW, AFD, etc.),
a très vite compris en prenant à bras le corps la maintenance.
Cette ferme volonté se traduira par : d'abord, la Division Autonome de
Maintenance (DAM) voit le jour en janvier 1998 et deviendra une Direction en
Mars 2002 ; ensuite, une étude relative à la mise en place des
fonds de maintenance a été lancée pour mener à bien
cette nouvelle politique de maintenance. Les fonds créés sont les
suivants : les FOMAED (Fonds de Maintenance des Adducteurs et Emissaires de
Drainage), les FOMUR (Fonds Mutuel de Renouvellement des stations de pompage),
les FOMPI (Fonds de Maintenance des Périmètres
Irrigué) et les FOMIIG (Fonds de Maintenance des
Infrastructures d'Intérêt Général).
A la suite de Moulaye.A et Almadjir.R (1996) nous pouvons
définir la maintenance
« comme l'entretien de tous les constituants complexes
d'un aménagement mais aussi et surtout l'ensemble des actions qui
visent la pérennité du fonctionnement ». Un
aménagement est constitué d'une partie équipements
électromécaniques (par exemple : station de pompage,
d'exhaure) et d'une autre partie aménagement proprement
dit (par exemple : les modules à masque, vannes, prises à
parcelle, etc.). La mobilisation de ressources financières à un
niveau
suffisant pour la réalisation des travaux d'entretien et
de renouvellement est à inclure dans
cette définition de la maintenance car étant une
condition indispensable pour le bon
fonctionnement permanent des installations (Ponsy.P, 1998).
Nous avons choisi de travailler sur les grands
périmètres plus précisément sur le
périmètre de Boundoum pour plusieurs raisons :
- D'abord, l'aménagement de Boundoum fait partie des
réalisations les plus anciennes (1964). Donc le
périmètre est assez vieux (plus de trente ans) ;
- Ensuite, le casier a fait l'objet de plusieurs travaux de
réhabilitations ; ce qui fait qu'il constitue un cas exemplaire des
difficultés de gestion et de maintenance des
grands aménagements dans le Delta ;
- Enfin, la gestion du périmètre n'est plus
assurée par la SAED : elle est confiée aux organisations
paysannes regroupées autour de l'Union des OP et qui sont
appelées à assurer la maintenance.
Notre travail d'étude et de recherche se fixe comme
objectifs de contribuer à une
meilleure compréhension de l'importance de la
maintenance et de l'entretien des aménagements hydro agricoles mais
surtout des exigences ainsi que des aspects financiers,
techniques et sociologiques rattachés à ce
programme. Ce modeste travail prétend être un complément
par rapport aux nombreuses études menées dans le Delta et se veut
une contribution en direction des chercheurs et décideurs qui y
interviendraient.
Pour mener à bien notre étude, nous avons
posé les hypothèses suivantes :
- Les potentialités naturelles ont joué un
rôle considérable dans l'artificialisation du delta du
fleuve Sénégal ;
- l'organisation actuelle de la gestion et de la maintenance
dans le périmètre de Boundoum, laissée à l'Union
des OP seulement ne permet pas d'espérer une durabilité
de l'aménagement ;
- La nouvelle politique de maintenance va servir de cadre de
dialogue entre l'Etat, les collectivités locales et les usagers.
Méthodologie
Pour ce travail d'étude et de recherche, la
démarche suivie s'est déroulée en trois
principales phases :
La première phase était dévolue à
la synthèse bibliographique. En effet, elle visait à
connaître l'état de la production scientifique sur notre sujet.
Elle nous a conduit à consulter les ouvrages généraux
(« La vallée du fleuve Sénégal : évaluation et
perspectives d'une décennie d'aménagement »), entre autres ;
des thèses et mémoires que nous avons pu trouver dans les
centres de documentation des sections de géographie et
de sociologie, de la BU, du G.I.R.A.R.D.E.L, du CIFA, de l'ADRAO, etc. Cette
première étape nous a permis d'apprécier
la dimension du travail qui nous attendait et de participer
à notre guise à la recherche sur la
problématique de maintenance des aménagements
hydro agricoles dans le delta du fleuve
Sénégal.
Ce premier exercice nous a donc procuré une bonne
imprégnation sur la question, son
importance mais aussi et surtout d'affiner notre
problématique.
La collecte de données de terrain également
appelée descente sur le terrain a constitué la deuxième
phase de notre démarche. Elle s'est déroulée au niveau de
quatre villages du
casier : Boundoum-barrage, Boundoum Nord ou Diawar
(siége social de l'union), Wassoul et Ronkh et a duré trois
mois avec comme base l'élaboration d'un questionnaire destiné
aux agriculteurs, aux conseillers ruraux, aux agents des services techniques
intervenant sur la
filière agricole comme la SAED, l'ISRA.
La collecte des données qualitatives nous a
été en grande partie facilitée par l'usage de quelques
outils de la MARP (méthode active de recherche participative) comme le
profil
historique et l'interview semi structuré. Le profil
historique nous a permis d'avoir une idée sur
les événements qui ont marqué l'histoire
de cette collectivité. Par exemple la grande crue des années
1960 appelée « mbeund » par la population locale.
L'interview semi structuré consistait par des questions plus ou moins
ouvertes portant sur des thèmes sélectionnés d'avance
(agriculture, élevage, etc.) à faire discuter les populations
locales afin de faire
émerger des informations utiles pour mieux comprendre
l'objet à étudier.
Par ailleurs, nous avons bénéficié d'un
stage de formation qui a duré un mois (du 15 janvier au 15
février 2007) à la Direction Autonome de Maintenance des
infrastructures hydro agricoles (DAM). Ce stage qui portait sur la maintenance
des infrastructures hydro agricoles :
de la station de pompage aux parcelles nous a beaucoup
aidé dans cette tâche de collecte de
données surtout celles relatives à l'aspect
protocolaire de la maintenance.
La troisième et dernière phase de notre
démarche est le traitement des données de terrain. Le traitement
s'est fait à partir des systèmes de traitement statistique et
graphique et l'usage de l'outil informatique.
Les traitements statistiques nous ont permis de classer les
données numériques en tableaux et d'en déduire des valeurs
et variables pertinentes pour développer nos analyses. Avec les
traitements graphiques des données, nous avons pu, de façon
synthétique, présenter
certaines informations. L'outil informatique nous a permis la
saisie de notre document
(Microsoft Word), la cartographie (Mapinfo) et la
réalisation de courbes d'évolution et de
diagramme (Microsoft Excel).
Pour mener à bien ce travail, nous étudierons
dans un premier temps l'artificialisation du delta du fleuve
Sénégal ; puis nous analyserons l'organisation de la gestion et
les travaux d'entretiens dans le périmètre de Boundoum et enfin
la nouvelle politique de maintenance des
aménagements hydro agricoles constituera notre
troisième partie.



chapitre 1

Le Delta se situe à l'extrême Nord-Ouest du
Sénégal (cf.fig 1). Il couvre une superficie de 5 000
km2 de Richard-Toll à l'ancienne embouchure naturelle du
fleuve Sénégal. L'originalité du milieu naturel a fait
que cette zone ait fait l'objet de grands programmes
d'aménagements en vue de sa mise en valeur agricole. Ces derniers ont
fortement bouleversé les systèmes de production traditionnels
à tel enseigne qu'ils aient fortement artificialisé le Delta.
Pour une bonne compréhension de la situation qui
prévaut actuellement dans le Delta, nous consacrons cette partie
à l'analyse des différentes évolutions qui se sont
opérées au niveau écologique, économique,
démographique, politique voire institutionnel.
A- Le milieu naturel
1-Unités géomorphologiques, sols et
végétation 1-1) Les unités
géomorphologiques
Dans le Delta s'opposent deux grandes catégories
d'unité paysagères : une zone régulièrement
inondée par les crues du fleuve appelée walo et une
autre non inondable à cause de sa topographie un peu plus haute qu'on
appelle diéri.
Dans cet ensemble se distinguent trois ensembles
morpho-pédologiques qui sont spatialement imbriqués. Il s'agit
des cuvettes de décantation, des levées- fluvio deltaïques
et des dunes du diéri.
a) Les cuvettes de décantation (appelées
walo)
Les cuvettes de décantation forment des dépressions
topographiques où
l'alluvionnement était moindre et assurent la transition
entre les versants et les levées (J. Tricart, 1961). Ce sont des
unités postnouakchottiennes c'est-à-dire qu'elles ont
été édifiées
après le retrait de la mer. Les sols sont localement
appelés hollaldé, avec une grande
proportion d'argile (environ 55%). Ces sols ont une très
bonne capacité de rétention et sont très
indiqués pour la riziculture irriguée. Les
périmètres qui ont été les premiers à
être réalisés
ont été dans leur plus grande majorité
installés sur ces cuvettes. Nous avons le cas par exemple du casier
rizicole de Richard-Toll dans le haut delta, le périmètre de
Boudoum dans
le moyen delta, etc.
b) Les levées fluviodeltaïques
Les levées sont des bourrelets de berge construits par
le fleuve lui-même à partir de piégeage de
sédiments. Fluviodeltaïque vient de la combinaison de deux mots :
fluvio qui veut dire la charge solide du cours d'eau et de deltaïque qui
renvoie à une nappe d'eau. Cette unité a été mise
en place pour l'essentiel durant la période golfe (transgression marine)
qui a duré
de 12 000 jusqu'à 2 000 ans Bp. Du point de vue
granulométrique, les dépôts fluvio
deltaïques sont constitués de sables fins, de
limons et d'argiles. Localement, les sols de cette unité sont
désignés sous le nom de fondé. Ces
dépôts sont aujourd'hui le support des aménagements
hydro agricoles de type PIP, le long de l'axe Gorom-Lampsar
plus précisément dans le moyen delta (SY.B, 1995).
c) Les dunes du diéri
Les dunes du diéri se présentent sous
la forme de grands alignements longitudinaux de direction est/sud-ouest
à la bordure méridionale du Delta. D'autres alignements
s'étendent depuis Gorom-aval jusqu'à l'île de Ntieng. Elles
se sont mises en place durant une période d'aridité très
marquée (22 000-1 2000 ans Bp) que l'on appelle ogolien. Les sols qu'on
trouve sur ces dunes sont de type bruns subarides grâce aux phases de
stabilité (pluvial tchadien et pluvial néolithique) qu'a connues
le système ogolien. Ces dunes supportaient des cultures
pluviales et constituaient des champs de parcours pour le
bétail.
Aujourd'hui les alignements sont très discontinus à
cause des sapements et
recoupements par les différents bras. Une perte
progressive du profil pédologique par dénudation et/ou
remaniement caractérise la dynamique actuelle de ce système
dunaire.
Sur l'ensemble des unités présentées se
sont développés des sols déterminés en grande
partie par l'hydromorphie ou la salure.
1-2) les sols
Dans le delta du fleuve Sénégal, les sols peuvent
être regroupés en deux grandes familles. Une première
formée par les sols déterminés par la présence de
l'eau et une seconde regroupant les sols salés.
a) Les sols hydromorphes
Les sols hydromorphes sont principalement ceux des cuvettes de
décantation. Ils résultent d'une submersion plus ou moins durable
par les eaux de la crue du fleuve. Ce sont
les sols de « walo » constitués
essentiellement de « hollaldé » très argileux,
pauvres en
matière organique et d'une structure massive. Difficiles
à travailler, ils conviennent à la
riziculture.
b) Les sols salés
Les sols salés sont également appelés
sols halomorphes. Ils sont localisés au niveau de certaines cuvettes de
décantation et levées fluviodeltaiques. On peut aussi les
rencontrer dans les dépressions vouées à recueillir les
eaux de drainage. Les facteurs explicatifs de la présence du sel dans
ces sols sont la proximité de l'océan et la transgression marine
(Houma.Y 1993).
Aujourd'hui, le processus de salinisation des terres du delta du
fleuve Sénégal est si
accrue que l'on note beaucoup d'abandons en pleine campagne
agricole. Et face à cette situation alarmante, des mesures
draconiennes sont à prendre car la présence du sel dans les
sols compromet toute activité agricole (Lerricolais.A et
al. 1976).
Hormis ces deux grandes familles de sols, il faut y ajouter les
sols du système dunaire plus connus sous le nom de sols du
diéri. Ce sont des sols bruns subarides dont la teneur en
argile est faible.
1-3) la végétation
Les écosystèmes du Delta sont des formations
sahéliennes. Le couvert végétal naturel est souvent bien
adapté aux conditions difficiles du milieu. Dans l'ensemble, la
végétation est
discontinue et composée à majorité
d'herbes xérophiles. Selon Konaté.M. (1999), une
corrélation positive existe entre formation
végétale et type de sol dans ce paysage
sahélien. Ainsi, sur chaque grand ensemble morpho-pédologique
que compte le Delta vont pousser des
espèces spécifiques.
* Sur les dunes du diéri
Du point de vue floristique, les dunes du diéri
supportaient des espèces ligneuses comme Acacia albida, Acacia
radiana, Acacia seyal, Balanites aegyptiaca, etc. ; les strates
arbustives et herbacées sont constituées
d'euphorbiacées (Euphorbia balsamifera),
de combrétacées (Guiera senegalensis), et de
graminées saisonnières (Cenchrus biflorus, etc.)
Wade (2003). Ces espèces végétales sont
celle de la savane.
* Sur les cuvettes
Dans les cuvettes argileuses de décantation, autour des
défluents du Sénégal, prospéraient des forêts
d'Acacia nilotica. A cela s'ajoutaient les graminées
pérennes telles que
Oryza longistaminata, Echinochola stagnina et Vossia
cuspidata qui constituaient une ressource alimentaire d'une importance
non moins considérable pour le bétail.
Dans les cuvettes très salées (Sebkhas) se
développaient des plantes halophiles comme
Salsola baryosma, Tamarix sen egalensis,
etc.
* Sur les levées fluvio deltaïques
Les levées fluvio deltaïques constituent le plus
souvent le support des aménagements hydro agricoles.
Sous l'effet combinatoire de facteurs physiques
(sécheresses) et humains (création d'aménagements hydro
agricoles), de nombreuses espèces ont disparu ou ne
subsistent qu'à l'état résiduel (Kane. A in
mélanges) d'une part ; de nouvelles espèces ont vu le
jour (Typha australis, Salvinia molesta, etc.) d'autre part.
2- Climatologie
Le climat peut être défini comme la synthèse
des temps qu'il fait. Selon Maxe Sorre cité par Brunet.R et al. (2005),
« le climat d'un lieu est la série des états de
l'atmosphère au- dessus de ce lieu dans leur succession habituelle
».
Le climat du delta du fleuve Sénégal est
caractérisé par la double influence de l'océan et du
continent. Il est conditionné par trois principaux centres d'action ou
anticyclones. Ces
anticyclones sont celui des Açores, de
Sainte-Hélène et du Sahara communément appelé
anticyclone libyen. Chacun d'eux est responsable de
l'installation d'un type de vent spécifique et qui domine la
circulation atmosphérique générale du Delta pendant un
moment
bien déterminé.
2-1) Les masses d'air
* L'alizé maritime : c'est un vent issu de l'anticyclone
des Açores, de direction Nord à
Nord Ouest. De novembre à février (saison
sèche froide) ce vent domine la circulation
atmosphérique générale de la zone. Il est
chargé d'humidité en raison de son parcours océanique
mais n'est pas porteur de pluies. Il provoque un abaissement de la
température, du
brouillard, de la rosée cependant il s'assèche
rapidement vers l'intérieur.
* L'alizé continental ou Harmattan : de Mars à juin
(saison sèche chaude) domine l'harmattan. C'est un air saharien issu de
l'anticyclone libyen. Il est caractérisé par une grande
sécheresse (la population l'appelle « mboyo ») avec
des amplitudes thermiques fortes : frais
ou froid la nuit, il est chaud le jour. Souvent il s'accompagne
de poussière, de sable.
* La mousson : ce vent ne s'installe qu'en juin-octobre et issu
de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Son long trajet maritime le
rend très humide. Il est responsable de la quasi- totalité des
précipitations enregistrées au niveau du Delta.
En dehors de ces types de vent, il est possible de rencontrer
dans la zone des vents
locaux qui se manifestent généralement en fin de
saison sèche : ce sont les vents tourbillonnaires que la population
locale désigne sous le nom de « ngëlewër
».
2-2) Les températures
L'étude de la température présente une
importance capitale pour l'agriculture irriguée.
Dans le delta du fleuve Sénégal, les
températures sont élevées et sont liées à la
latitude tropicale de la région. Les moyennes annuelles vont de 20
à 40°c avec des extrêmes variant
entre 12°c (novembre-février) et 45°c
(mai-juin). Les températures sont également
caractérisées par des variations dans le temps
avec les saisons notamment avec les précipitations qui les abaissent
et dans l'espace avec la proximité ou l'éloignement de la mer.
Il convient de signaler que lorsqu'elle est élevée,
la température favorise le développement de la plante de riz
tandis que si elle est basse, elle est source d'avortement du
riz conduisant sans doute à de mauvais rendements. C'est
pour cette raison qu'il n'est pas
indiqué de cultiver du riz en saison sèche
froide.
2-3) Les précipitations
Les précipitations revêtent une grande importance en
ce sens que l'essentiel des activités du Delta leur sont tributaires
(Diagne P.S, 1974). La pluviométrie y est globalement
faible et est caractérisée par une
irrégularité interannuelle très marquée (voir tab.
1).
L'existence d'une seule et courte saison pluvieuse (3 mois
d'hivernage sur 12) fait que la quasi-totalité des
précipitations tombent durant cette période. Cependant, en saison
sèche, la
zone peut enregistrer des pluies éphémères
dues aux perturbations du front polaire appelées «Eug» par
la population locale.
Tableau (1): Evolution de la pluviométrie de
2000 à 2004
|
Postes Pmm
|
2000/2001
|
2001/2002
|
2002/2003
|
2003/2004
|
2004/2005
|
|
H
|
NJ
|
H
|
NJ
|
H
|
NJ
|
H
|
NJ
|
H
|
NJ
|
|
Dagana
|
Dm
|
Dm
|
307
|
17
|
170
|
13
|
275
|
18
|
118
|
9
|
|
Richard- Toll
|
359
|
19
|
318
|
19
|
163
|
16
|
261
|
17
|
221
|
12
|
|
Mbane
|
387
|
19
|
350
|
15
|
237
|
13
|
308
|
20
|
207
|
12
|
|
Ross- Béthio
|
Dm
|
Dm
|
366
|
24
|
226
|
14
|
263
|
15
|
185
|
11
|
|
Rao
|
419
|
22
|
Dm
|
Dm
|
191
|
17
|
216
|
23
|
159
|
14
|
|
Saint- Louis
|
446
|
23
|
282
|
31
|
228
|
20
|
353
|
28
|
131
|
16
|
H = hauteur - NJ= nombre de jour de pluie - Dm= données
manquantes Source : DRDR/Saint-Louis
D'après le tableau ci-dessus, la zone a reçu,
dans la période de 2000 à 2004, une moyenne pluviométrique
de l'ordre de 21 7mm, et la station de Richard-Toll située dans le haut
Delta, une moyenne de 264,4mm ( voir fig.1). Pour ce qui est du nombre de jours
de
pluie, on note aussi une faible moyenne (soit 14 jours de
pluie).
Au cours de cette période, les maxima et minima
enregistrés à Saint-Louis sont de
446mm et 131 mm, alors qu'à Richard-Toll nous avons 3
59mm et 221 mm. Le nombre de jours de pluie n'est pas constant d'une
année à une autre. A Saint-louis les extrêmes sont 31
et 16 (soit une moyenne de 23,5) et à Richard-Toll ils sont 19 et 12
(soit une moyenne de 15,5).
Figure 1 : Courbe d'évolution de la
pluviométrie à Richard-Toll de 2000 à 2004

400
250
200
350
300
150
100
50
0
R Toll
R Toll
En culture d'hivernage, lorsque la pluie est importante, elle
peut influer négativement
sur l'activité agricole. En effet, la pluie provoque la
prolifération des adventices, rend impraticable les pistes
d'accès occasionnant le report de certaines tâches
déterminantes (par
exemple les épandages).
3) Le réseau hydrographique
Le réseau hydrographique du Delta est tributaire à
la fois de la configuration géologique et géomorphologique et du
régime pluviométrique de la sous région. Au niveau de
cette région, le fleuve Sénégal semble être le plus
important concernant les eaux de surface.
· Le fleuve Sénégal
Le fleuve Sénégal, d'une longueur de 1700 km,
traverse les zones sahélo soudaniennes et sahéliennes où
il constitue le seul cours d'eau permanent (Lavigne Delvigne Ph., 1991). Cela,
J. Rodier cité par S.M. Seck (1981), l'a si bien souligné
lorsqu'il parlait de «fleuve
tropical débouchant en zone sahélienne». Donc
c'est un fleuve allochtone formé par la jonction du Bafing
(appelé Sénégal blanc par Muriel Devey) et du Bakoye
à Bafoulabé.
Dans le delta du fleuve Sénégal, le
régime naturel du fleuve est caractérisé par une
période de hautes eaux de juillet à octobre et de basses eaux de
décembre à juin (Thior P. 1998). L'eau de la mer remontait le
fleuve jusqu'à la hauteur de Dagana en saison sèche. Ce
phénomène de remontée de la langue
salée est aboli suite à la construction, sur le fleuve,
du barrage anti-sel de Diama en 1986.
A coté de ce dernier, nous avons un réseau de cours
d'eau anastomosés dont certains jouent le rôle d'adducteur et
d'autres, le rôle d'émissaire de drainage (Voir carte 2) :
- Le Gorom, long de 60km, part du village de
Ronkh plus précisément sur le site de Bépar. Il est
intrinsèquement lié au fleuve d'où proviennent presque
toutes ses eaux. Avant les barrages, le Gorom servait de réserve
d'eau douce pour la population, en période de décrue. Il
permettait également la pratique de cultures de décrue
qui occasionnaient le déplacement de nombreuses de familles.
Aujourd'hui avec les mutations que le réseau hydrographique a connues
(artificialisation hydrologique), le Gorom ne contribue qu'à
l'approvisionnement en eau des périmètres irrigués en plus
de l'activité de pêche qui s'y développe. Il rejoint le
fleuve en amont de l'île de Tieng en alimentant sur sa rive gauche les
marigots du Kassack et du Lampsar.
- Le Lampsar relié au Gorom amont
à hauteur du village de Boundoum-barrage où il prend son
origine, entre en confluence, successivement, avec les marigots du Kassack,
du Djeuss et du marigot de Khant avant de se jeter dans le fleuve
Sénégal en amont de la ville de Saint-Louis. Il décrit
des méandres engainés par de petites levées alluviales. Il
en résulte un isolement de cuvettes plus ou moins grandes à
Thiléne, Pont-Gendarme, etc. Fall.M (1999).
Le Gorom et le Lampsar constituent un axe qui retient, avec six
autres ensembles, l'attention d'un fonds de maintenance dénommé
FOMAED. C'est pour cette raison qu'on parle de système adducteur
Gorom-Lampsar.
- Le Djeuss, long d'une cinquantaine de km,
prend son origine au sud-est du parc de Djoudj et s'écoule presque
parallèlement au Lampsar avec qui il entre en confluence au nord de
la ville de Saint-Louis.
- Le Kassack a son origine entre le Gorom et
le Lampsar. Sa jonction avec ces derniers est aujourd'hui faite par
l'intermédiaire des ouvrages de Diambar et de Demba (près
de Diawar) ; il s'écoule parallèlement au Gorom sur 30 km
avant de se joindre au Lampsar.
- Le Diawel et le
Natché situés au Nord Est du Delta servent
aujourd'hui de collecteurs d'eaux de drainage des casiers rizicoles de
Thiagar et sucriers de la CSS ; son écoulement s'arrête dans
une plaine à l'ouest de Richard-Toll ;
- Le Ngalam situé au sud-est de l'axe
Gorom-Lampsar, dans le dièri, reçoit les eaux de lessivage de
la réserve attenante à l'ouvrage vanné de Ndiawdoune.
- Le lac de Guiers
Principale réserve d'eau douce du Sénégal,
le lac de Guiers occupe une dépression allongée dans l'axe
Nord-Sud d'environ 50 km de large entre 15°55 et 16° 16 de
longitude
ouest. L'alimentation du lac dépend du fleuve
Sénégal par l'intermédiaire de la rivière
Taouey. C'est à partir de ce lac que se fait
l'alimentation en eau de la ville de Dakar.

4.Le cadre humain
Le Delta correspond un peu à l'ancien royaume du Waalo
qui s'est périclité en 1859. La population de ce royaume
était essentiellement composée de wolofs qui s'y sont
installés depuis fort longtemps (Barry.B 1985). Il y avait aussi des
peuls et des maures. Cependant, contrairement à la moyenne
vallée, la zone du delta du fleuve Sénégal et ses
bordures apparaissaient comme des déserts humains avant les
aménagements. En fait, les conditions du milieu naturel
n'autorisaient aucune installation humaine durable.
L'avènement de la riziculture irriguée et de
l'agro-industrie a vu la création de nouveaux établissements
humains et la venue de populations nouvelles. Il en est résulté
un enrichissement de la composition ethnique.
1- La composition ethnique Les ethnies que
l'on rencontre dans le Delta sont principalement :
- Les wolofs qui constituent la population autochtone. Ils
représentent plus de 63,6 % de la population d'après le
recensement de 1988. Ils sont des sédentaires et se concentrent
le plus souvent dans les villages anciens.
- Les peuls qui sont des nomades par excellence en raison de
l'activité pastorale qui le leur exigeait. On note aujourd'hui une
sédentarisation de certain parmi eux qui se sont convertis en de
véritables agro pasteurs. Il y a également le rôle non
moins considérable de l'Etat. En effet, dans beaucoup de hameaux
peuls des salles de classe ont été construites.
- Les maures : leur présence dans cette zone peut
s'expliquer par les rapports qu'entretenaient le royaume du Waalo et les
maures du Trarza. Leur nombre n'est devenu important qu'au lendemain du
célèbre conflit frontalier Sénégalo-Mauritanien.
Les politiques de peuplement du Delta,
développées par la SAED ont été à l'origine
de l'apparition d'ethnies étrangères. Il s'agit des
toucouleurs venus du Fouta et des sérères provenant de
l'intérieur du pays.
En outre, dans des endroits où l'agro-industrie s'est
développée, il est possible d'y trouver la majeure partie des
ethnies existant au Sénégal. C'est le cas par exemple de
Richard-Toll avec la CSS, de Dagana avec la SNTI, etc.
2) Peuplement et colonisation du Delta
L'une des ambitions que nourrissait la SAED était
d'inciter les gens à venir pratiquer l'agriculture à travers
une politique dite de peuplement. Pour l'accueil de ces populations,
de nouveaux villages ont été construits. Faisons d'abord une
étude sur les villages traditionnels avant de parler de ces villages
de colons.
2.1) Les villages traditionnels
Sont qualifiés de villages traditionnels les villages
qui existaient dans le Delta avant la création de la SAED. Ces
villages se situaient presque tous au bord du fleuve. Cette
proximité du fleuve présentait un double avantage selon Diagne
P.S : les populations pouvaient aisément s'adonner à la
pêche en plus de cela, elles avaient la possibilité, en
période de décrue, de faire de l'agriculture de
décrue.
Aujourd'hui, beaucoup de ces villages (dans le Moyen delta et
un peu dans le Haut delta) ont connu un déguerpissement suite
à la demande de l'OMVS. Par exemple, les villages de Wassoul, Ronkh,
Khor, Ndiaténe sont actuellement derrière la grande digue de
protection créée en 1964.
2.2) Les villages neufs
Avec la SAED, de nouveaux villages sont crées.
C'était dans le but non seulement de peupler la zone qui offrait un
peu l'aspect d'un «no men's land » (désert humain) mais aussi
et surtout d'encourager le développement de l'agriculture
irriguée. Ainsi pour l'installation des gens en provenance du
Diéri, le village de Boundoum Barrage fut crée en 1965.
En 1966, deux autres villages virent le jour et étaient
peuplés de paysans déplacés à cause de la crue :
Boundoum Est pour les paysans venus du village de Ronkh et Boundoum Nord
pour ceux qui sont venus de Kheune et Wassoul. Mais la plupart de ces
populations déplacées retourneront plus tard dans leurs fiefs
d'origine. Ce qui fait que Boundoum Est et Boundoum Nord sont plus connus
respectivement sous les noms de Ronkh Delta et de Diawar.
Les villages neufs ne se limitaient pas à ces trois car
dans la même année, la SAED créa deux autres qui ont
servi de zone d'accueil aux toucouleurs venus du Fouta (Kassack Nord) et
aux sérères (Kassack Sud).
Il convient de noter que ces villages étaient construits
suivant les mêmes règles architecturales et il y'a des maisons
qui perdurent jusqu'à nos jours.
2.3) Population et évolution démographique
Le Delta, qui correspond à peu prés au
département de Dagana, a une population relativement faible. Selon
les résultats provisoires du recensement général de la
population et de l'habitat
(RGPH) de 2005, la population du delta du fleuve
Sénégal est passée de 204 371 à 192 207hbts
entre 1976 et 1988. En 2002 elle se chiffrait à 192 987hbts et les
estimations donnent le chiffre de 215 395hbts pour l'année 2005 (voir
tableau 2).
Tableau 2 : La répartition de la population du
département de Dagana selon la collectivité locale et les
différents recensements en 2005.
|
Collectivités locales
|
Population issue des recensements
|
Population estimée
|
|
RGPH 1976
|
RGPH 1988
|
RGPH 2002
|
2004
|
2005
|
|
Gaé
|
|
13 015
|
18 713
|
19 968
|
20 793
|
|
Mbane
|
|
20 028
|
30 536
|
33 535
|
34 921
|
|
Ross-Béthio
|
|
33 220
|
53 393
|
57 541
|
59 615
|
|
Ronkh
|
|
|
20 191
|
22 521
|
23 451
|
|
Population rurale
|
66 263
|
122 833
|
133 565
|
138 780
|
|
Rosso Sénégal
|
|
17 523
|
9 328
|
9 783
|
10 187
|
|
Dagana
|
|
15 742
|
18 205
|
19 092
|
19 882
|
|
Richard-Toll
|
|
29 679
|
42 621
|
44 699
|
46 546
|
|
Population urbaine
|
62 944
|
70 154
|
73 574
|
76 615
|
|
Total Département
|
204 371
|
129 207
|
192 987
|
207 139
|
215 395
|
Source : Service Régional de la Statistique de
Saint-Louis.
Malgré la présence de trois communes : Dagana,
Richard-Toll et Rosso Sénégal, la population du Delta est
à majorité rurale avec 138 780hbts contre 76 61 5hbts qui vivent
en milieu urbain en 2005 soit un taux d'urbanisation faible de l'ordre de
35%.
L'augmentation de cette population est grande partie due au
développement de l'irrigation et d'une agro industrie relativement
conséquente qui ont eu à drainer d'importantes populations.
Toutefois, il est important de souligner que la zone n'est pas
à l'abri de l'émigration. En effet, la majeure partie de la
population dépend directement de l'agriculture. Or cette
activité connaît de sérieuses contraintes durant ces
dernières années. C'est ce qui explique le départ
de bon nombre de « bras » de cette économie fortement
rurale. Les villes comme Nouakchott et Rosso en Mauritanie constituent les
destinations les plus fréquentes de ces départs.
3- Les activités traditionnelles
Les conditions climatiques et hydrologiques avaient rendu
possibles des modes d'exploitation des ressources du milieu variables dans
le temps et dans l'espace : la culture de décrue sur les terres du
walo et la culture pluviale sur les contreforts du
diéri. Ce terroir dont les principales ressources
étaient l'eau, la terre et les pâturages, a été
pendant des siècles, le théâtre
d'activités comme l'agriculture, l'élevage et la pêche.
En outre, d'autres activités traditionnelles, mais d'envergure
moindre, se pratiquaient dans ce secteur.
3-1) L'agriculture
L'agriculture a pu se développer dans cette
région sahélienne en grande partie grâce à
la présence du fleuve Sénégal. Elle reposait
essentiellement sur les cultures de décrue ou cultures du walo et
celles dites de diéri ou cultures pluviales.
Les cultures de décrue se faisaient durant la saison
sèche ou contre-saison sur les sols inondables du walo. Leur
étendue dépendait de l'importance ou non des crues du fleuve
et de ses défluents. Sur les berges du fleuve on cultivait du sorgho
(gros mil), du niébé, du maïs, etc. Le long du Gorom
(défluent du fleuve), sur les bourrelets de berges, la patate douce,
le manioc,
etc. se cultivaient. Cependant le
problème majeur de ces cultures de décrue était le sel
qui l'a toujours rendue faible.
La production était généralement
destinée à l'autoconsommation familiale. Selon Tourrand F. et
Jamin F.Y (1986), cette activité était le propre des wolofs
installés sur le fleuve dans le moyen et le haut delta entre
Débi et Richard-Toll, qui étaient les vrais les waalo
waalo.
Sur le diéri, formé de bas plateaux et
dépendant des précipitations, se pratiquaient des cultures
sous pluie. Les principales cultures étaient le mil, le sorgho, le
maïs, le niébé ainsi que l'arachide lorsque la
pluviométrie était suffisante.
Cette agriculture engendrait peu de revenus monétaires
du fait de sa vocation vivrière. Elle était le plus souvent
associée à l'élevage qui fut l'activité la plus
importante dans la zone du Delta.
3-2 L'élevage
L'élevage était à coté de
l'agriculture l'un des piliers de cette économie
essentiellement rurale. Son développement s'expliquait par plusieurs
raisons. D'abord des facteurs physiques propices : présence de l'eau,
pâturages. Ensuite, les facteurs humains : présence
d'ethnies pour lesquelles l'élevage n'a pas de secret
(Peulhs, Maures). C'était un élevage transhumant extensif qui
gravitait autour des points d'eau.
Cependant quelques différences méritent
d'être soulignées entre le système des Maures et celui
des Peulhs : en hivernage, les Maures partaient en Mauritanie avec leurs
troupeaux pour ne revenir dans le Delta qu'en saison sèche où
le bétail pouvait se contenter des reliques de cultures de
décrue ; tandis que les Peulhs partaient vers le sud du Delta
(le diéri) durant la saison pluvieuse où ils
associaient l'élevage aux cultures pluviales. Lorsque la valeur
fourragère du diéri diminuait et surtout dès
l'assèchement des marres (en saison sèche), le retour vers le
Delta s'imposait comme une condition sine qua none.
De nos jours, avec le recul des cultures traditionnelles
auxquelles il était lié, le développement de la culture
irriguée et de l'agro-industrie qui offre des
emplois rémunérés, l'élevage bat de l'aile et
est condamné à être relégué au second plan.
En somme, l'exploitation du cheptel, faute d'une bonne organisation des
éleveurs, demeure faible et mal assurée. Il s'y ajoute que les
conditions sanitaires sont relativement affectées par les effets
écologiques des barrages (pollutions de drainage et prolifération
de mauvaises herbes telles que le typha).
Les conditions du milieu plaidaient également en faveur
d'une autre activité mais d'une importance moindre : la
pêche.
3-3) La pêche
La pratique de la pêche dans le delta du fleuve
Sénégal était rendue possible par les eaux du fleuve et
l'existence d'une gamme importante de cours d'eau (Gorom, Lampsar,
etc.). Pour Barry B. si l'élevage attirait l'attention des peuples
nomades, la pêche était le monopole des Waalo Waalo. Une partie
des prises était réservée à la commercialisation
et le reste à l'autoconsommation.
3-4) Les autres activités traditionnelles
A côte de l'agriculture, l'élevage et la
pêche, les habitants du Delta connaissaient d'autres activités
mais d'importance relativement moindre. Il s'agit de la chasse et la
cueillette, de l'artisanat et du commerce.
Avec l'introduction de l'irrigation dans ce secteur et
l'artificialisation de plus en plus soutenue du milieu naturel, ces
systèmes de production traditionnels connaîtront de profonds
bouleversements.

chapitre 2
A- L'introduction de l'irrigation
1- Du plan de colonisation agricole du baron Roger à
la création de la SAED
L'introduction de l'irrigation au Sénégal remonte
vers le XIX ième siècle. Elle résulte de
la volonté des puissances coloniales de substituer le commerce des
comptoirs à une colonisation agricole. Le projet de colonisation
agricole a été encouragé en partie par l'abolition
de l'esclavage. En effet, face aux difficultés d'amener la
main-d'oeuvre là où se trouvait les plantations, la meilleure
solution fut de faire l'inverse c'est-à-dire de transporter le travail
là où il y'avait la main d'oeuvre corvéable (Barry B.
1985 citant Scheffer). Donc c'était le coup d'envoi de la
colonisation agricole qui venait d'être donné avec le
Sénégal, le Madagascar et la Guyane qui furent retenus comme
lieux d'expérimentation.
Au Sénégal, c'est le royaume du Waalo qui fut
retenu par ces tentatives avec la signature d'un traité de concession
des terres entre le gouverneur Schmaltz et Amar Fatim Mborso, brack du Waalo
d'alors. Schmaltz, dans le souci d'alimenter l'industrie naissante en
matière première, avait pensé à la canne
à sucre, le coton et l'indigotier.
Dans l'ensemble, ces tentatives se sont soldées par des
échecs qui ont entraîné le remplacement du gouverneur
Schmaltz par le baron Roger en 1821. Ce dernier créera plus tard un
jardin d'expérimentation à Richard-Toll.
Pour promouvoir la recherche agronomique dans le royaume du
Waalo, Roger mit en place un jardin d'essai à Richard-Toll en 1822.
Ce jardin était placé sous la férule d'un
pépiniériste du nom de Richard. Concernant l'exploitation, des
primes et mesures incitatives telles que bestiaux, machines à
égrener, étaient mises à la disposition des plus
méritants (Maiga M. 1995).
Du point de vue de la conception technique, nous avions de
petites parcelles délimitées par des digues. Le système
d'approvisionnement en eau était calqué sur le modèle
qui prévalait en Algérie : la Noria.
Une gamme très diversifiée de
variétés était cultivée à Richard-toll.
Néanmoins, on peut les regrouper en trois grandes familles : d'abord
les fruits et légumes (manguier, goyavier, papayer, etc. pour les
fruits et chou, carotte, etc. pour les légumes) ; ensuite les
céréales avec le riz comme espèce dominante et enfin
les cultures de rente (coton, mûrier, plantes tinctoriales, etc.).
Le bilan des travaux de Roger a été plus ou moins
décevant avec une exception faite pour les légumes qui ont
connu un franc succès. En plus de cet échec, le royaume du Waalo
était sous la domination des Maures. Cette annexion suscitait de
sérieuses inquiétudes chez les français et il faudra
attendre jusqu'au XX iéme siècle pour voir les vrais
programmes d'aménagements se développer dans le Delta. Vers
1900, l'aménagement de la vallée et du delta était mis
en veilleuse au profit de la monoculture arachidière qui n'avait pas
manqué à exacerber le déficit vivrier du pays (Sarr B.,
1995).
Ce n'est que vers les années 1920 que de nouvelles
possibilités d'aménagement furent étudiées dans
la vallée du fleuve Sénégal avec le plan Augier.
C'était un plan multisectoriel qui comprenait entre autres objectifs
la régularisation du fleuve, une navigabilité permanente
de Kayes à Saint-louis, etc. Ce projet qui était
coûteux va pousser l'administration coloniale à reculer et
à adopter des projets beaucoup plus modestes. En 1935 la MEFS (Mission
d'Etude du Fleuve Sénégal) est créée. Cette
structure était chargée de la conduite et de l'exécution
de tous les travaux expérimentaux à réaliser dans tout
le bassin du fleuve Sénégal. Elle sera remplacée par la
MAS (Mission d'Aménagement du Sénégal) en 1938 qui
n'était rien d'autre que son prolongement.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, face au
déficit céréalier consécutif à la
rupture des importations de riz en provenance d'Indochine, on ordonna
à la MAS de mettre en valeur l'ensemble du Delta (P.S Diagne,
cité par Seck.S.M 1981). L'objectif poursuivi dans tout
cela était l'aménagement en l'espace d'une décennie de
50.000 ha et la production de 80.000 tonnes de paddy afin de couvrir les
besoins nationaux. Ainsi, en 1946, le casier pilote de Richard-toll fut
réalisé et nécessita la mise en place d'un pont-barrage
entre la Taouey et le fleuve Sénégal. Tous ces travaux
pouvaient se traduire par une forte artificialisation de la zone en donnant
un autre cachet à Richard-Toll poussant certains chercheurs comme (S .M
Seck, 1981) à parler de l'émergence d'un «second
Richard-Toll». La gestion de ce casier était assurée par
la SDRS (Société de Développement Rizicole du
Sénégal) et du fait du sous- peuplement du Delta à ce
moment le recours à la mécanisation était imparable.
Dés l'aube des indépendances (1960), la MAS
céda la place à l'OAD ( Organisation Autonome du Delta) dans
le delta du fleuve Sénégal et à l'OAV (Organisation
Autonome de la Vallée), soeur jumelle de l'OAD intervenant au niveau
de la vallée (G. Diemer et E.Van der Laan, 1987). Cependant aucun de
ces deux organismes ne disposait ni d'une personnalité juridique ni
d'une autonomie financière ; ce qui faisait qu'ils atteignaient
très tôt la limite de leurs prérogatives. En 1965, l'OAD
céda la place à une structure beaucoup plus solide avec
le statut de société publique à caractère
industriel et commercial : la SAED
(Société d'Aménagement des terres du Delta).
En 1972, la zone d'intervention de la SAED fut étendue
à la zone de l'OAV (Basse Vallée) puis en 1974 sur l'ensemble
de la rive gauche.
2) Le processus d'artificialisation du milieu
Le processus d'artificialisation dans le delta du fleuve
Sénégal peut se résumer sur trois principales phases :
la reconversion des cuvettes de décrue en cuvettes rizicoles, la
création de la digue de protection et l'artificialisation du
régime hydrologique interne.
2-1) Des cuvettes de décrue aux cuvettes
rizicoles
Beaucoup de casiers rizicoles du Delta faisaient l'objet de
cultures de décrue avant d'être destinés à la
riziculture. Ces casiers étaient tributaires des marigots tels que le
Gorom, le Kassack, le Lampsar, le Djeuss, etc. En raison de la forte
quantité de sel induite par les transgressions marines du
1er quaternaire, une partie importante de ces cuvettes
n'étaient pas favorables à la riziculture (Maïga M.,
1995).
L'artificialisation a consisté à transformer ces
cuvettes en casiers rizicoles. Pour ce faire, on a réalisé un
ensemble de digues et de canaux dont le but était de rendre les hauteurs
de plans d'eau dans le fleuve, les chenaux et les cuvettes
indépendants les uns des autres sous réserve d'une
hiérarchisation correcte de ces niveaux.
Ainsi, on cultivait du riz en pratiquant la submersion
contrôlée qui consistait à faire pousser la plante par
la pluie et à la faire développer par la crue du fleuve dont
l'entrée dans les cuvettes était assurée par un
système de digues et de vannes.
2-2) L'endiguement du Delta
Le deuxième événement phare de
l'artificialisation progressive du Delta est la création de la digue
de protection. En effet, en 1964, sous l'initiative de la MAS, une digue longue
de 82 km a été édifiée sur la rive gauche du
fleuve Sénégal. Elle était équipée
d'ouvrages pour le contrôle de la submersion dès les
premières heures de la crue. Donc l'aménagement
consistait à dresser des endiguements de protection contre la crue et
surtout à la mise en place d'ouvrages vannés pour la
régulation de l'eau à l'entrée et également en
empêchant la pénétration de la langue salée qui
émanait de la mer en période de décrue.
Cette digue représentait alors l'un des
éléments importants d'un dispositif évolutif qui a
été parachevé en 1986 par la fermeture du barrage de
Diama.
2-3) L'artificialisation du régime hydrologique
interne
Le régime hydrologique interne renvoie à
l'ensemble des marigots présents dans le Delta et qui constituent des
défluents pour le fleuve Sénégal. Certains ont fait
l'objet d'aménagements et ont acquis un régime artificiel. Il
s'agit du Gorom, Djeuss, Ngalam, Djoudj, Kassack, etc. Avec
l'artificialisation de leur régime leurs eaux sont destinées
principalement à l'irrigation au niveau des aménagements hydro
agricoles. Selon le rôle qui leur est dévolu, nous pouvons en
distinguer des adducteurs et des émissaires :
Un adducteur est un aménagement structurant dont l'objet
est l'adduction d'eau à des aménagements terminaux. Parmi ces
adducteurs on peut citer le Gorom Amont, Gorom Aval, Lampsar, Kassack,
Diovol, Ngalam et trois marigots au sud de la RN2 (voir carte2).
Un émissaire de drainage se définit comme un
aménagement structurant dont l'objet est l'évacuation des eaux
de drainage des aménagements terminaux. Les émissaires que
l'on rencontre dans le Delta sont : le Noar, le Natché, le Krankaye,
le Mbeurbeuf, le Ndiael et l'émissaire du Delta (voir carte 2).
3- De la reconversion des aménagements vers la
maîtrise de l'eau
3-1) les aménagements en submersion
contrôlée
La submersion contrôlée est un principe
d'aménagement hydro agricole d'origine asiatique plus
précisément dans le delta du Mékong et la plaine du
Tonkin. Elle sera introduite en Afrique et expérimentée dans
l'office du Niger. Ce n'est que sous la MAS qu'elle est introduite dans le
delta du fleuve Sénégal vers les années 1960. C'est pour
cette raison que tous les aménagements réalisés pendant
cette époque étaient qualifiés
d'aménagements primaires.
Ces aménagements connaîtront un peu plus tard, en
1968, des modifications ; mieux des améliorations à cause des
problèmes que connaissait la submersion contrôlée
(irrégularité des précipitations, problèmes
topographiques, cycle cultural qui dépendait trop des
conditions climatiques etc....). Ces améliorations avaient pour noms
: construction de canaux et de diguettes et édification de stations
de pompage au niveau des départs (Seck.S.M, 1991). Avec cette
évolution, on leur qualifia d'aménagements
secondaires. Ainsi le problème de l'eau
à l'amenée venait d'être réglé mais un
autre restait encore sans solution : celui de la distribution de l'eau
à l'intérieur des parcelles.
3-2) Les aménagements en maîtrise
complète de l'eau
En 1972, la SAED va réaliser des aménagements
permettant une maîtrise complète de l'eau par pompage de relais
à partir du retrait de la langue salée du fleuve
Sénégal qui avait le plus souvent lieu du 8 au 15 Septembre(
Reynard A. et Monnier J, 1971). Si la station de pompage permettait de
maîtriser l'eau à l'amenée, le réseau
hiérarchisé de canaux d'irrigation et de drainage assurait
quant à lui la maîtrise de l'eau à la distribution.
Ces progrès d'ordre technologiques marquèrent
l'avènement des aménagements tertiaires. Et
l'heure venait de sonner pour que l'on abandonnât l'irrigation par
submersion contrôlée. Par ailleurs les aménagements
secondaires seront progressivement convertis en aménagements
tertiaires et tous les nouveaux aménagements seront
réalisés sur ce modèle.
B- Les différents types de
périmètres et leur organisation
Dans le delta du fleuve Sénégal, on note la
présence de divers types de périmètres. Ils
sont souvent l'oeuvre de sociétés d'Etat (la SAED par exemple)
d'où leur qualification d'aménagements publics ou
privées (CSS, SOCAS).
1- Les périmètres irrigués de la
SAED
Dans la réalisation des périmètres
irrigués, la SAED intervient à plusieurs niveaux. Nous avons
les grands aménagements, les petits périmètres et les
aménagements intermédiaires.
1-1) Les grands aménagements
Un grand aménagement est un périmètre dont
la taille varie entre plusieurs centaines et quelques milliers d'hectares.
Il est le plus souvent localisé dans une cuvette aménagée
d'un seul tenant. Il est également caractérisé par la
hiérarchisation de son réseau de canaux (canaux primaires,
secondaires et tertiaires) avec surtout une station de pompage. On peut retenir
aussi que le grand aménagement est divisé en mailles
hydrauliques subdivisées en parcelles. C'est un aménagement
relativement coûteux avec un prix à l'hectare variant entre 5 et
6,5 millions de Fcfa /ha (SAED : Banque de données, 1997).
Les populations bénéficiaires ne sont, pour la
plupart du temps, pas associées à la réalisation de
l'aménagement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les grands
périmètres étaient
difficiles à gérer à ce stade de
l'évolution du monde paysan et techniquement lourd à manier.
Au niveau du Delta, selon l'organisation de la gestion nous
avons deux types (voir tableau) : ceux qui sont placés sous la
gestion d'une union hydraulique (aménagements transférés)
et ceux qui ne le sont pas avec un comité d'usagers qui est
l'équivalent de l'union hydraulique pour ces derniers.
Tableau 3: Les GA du Delta et leur mode de
gestion
|
Périmètre
|
Gérant
|
|
Boundoum
|
Union hydraulique
|
|
Débit-Tiguet
|
Union hydraulique
|
|
Grande Digue-Tellel
|
SAED
|
|
Kassack
|
Union hydraulique
|
|
Thiagar
|
Union hydraulique
|
Source : compilé par l'auteur 1-2) Les petits
périmètres
Les aménagements que la SAED a réalisés en
guise de petits périmètres ont une faible superficie qui
tourne autour de 20 à 50 ha et répondent parfois sous le nom de
PIV (périmètre irrigué villageois). Contrairement au
grand aménagement, le petit périmètre se localise
généralement sur un bourrelet de berge. Mais cela peut
s'expliquer par le fait qu'il est irrigué à partir d'une moto
pompe. Le coût à l'hectare est compris entre 600 mille et 1,5
million de Fcfa/ha (SAED : Banque de données, 1997).
Concernant la conception technique des petits
périmètres, la SAED avait surtout
bénéficié de la participation manuelle des
populations.
1-3) Les aménagements
intermédiaires
Vers les années 1980, dans le but d'éviter les
méfaits des grands aménagements et de récupérer
les bienfaits des petits périmètres, la SAED avait
décidé de changer de stratégie. C'est dans cette
optique que le périmètre de Ndombo-Thiago fut créé
vers la fin des années 1970. Ce genre de périmètre est
appelé périmètre intermédiaire. Sa
superficie varie de 50 à 1500 ha et l'hectare peut coûter au
minimum 4 millions de Fcfa et au maximum 4,5 millions de Fcfa (SAED : Banque
de données, 1997).
2- Les périmètres privés
Dans le Delta, la présence des aménagements hydro
agricoles privés est due à la combinaison de plusieurs
facteurs que sont entre autres le désengagement de l'Etat,
le reversement des zones pionnières en zones de terroir, un
accès facile au crédit de la Caisse Nationale de Crédit
Agricole du Sénégal (CNCAS) et une ressource en eau
rendue disponible avec la mise en service des barrages (Diama et Manatali,
notamment).
En moins d'une décennie, les superficies
aménagées se sont développes de
manière fulgurante passant de 1300 ha en 1987 à plus de 40 000
ha en 1994.
Du point de la conception technique, l'aménagement peut
se résumer sur l'installation d'un groupe moto pompe au bord de la
voie d'eau (voir photo 1), le percement d'un canal d'amenée et la
réalisation de diguettes. Dans l'ensemble, ce sont des
aménagements sommaires, réalisés sans respect des
normes techniques requises avec un coût d'investissement à
l'hectare se situant entre 100 000 et 250 000 Fcfa.

Photo 1 : un groupe moto pompe installé sur les
berges du Gorom-Amont
Tableau 4: Les différents types
d'aménagement en fonction du coût d'investissement à
l'hectare.
|
Type d'aménagement
|
Coût d'investissement à
l'hectare
|
|
GA
|
Entre 5 et 6,5 millions Fcfa
|
|
PIV
|
Entre 600 mille et 1,5 million Fcfa
|
|
PIP
|
Entre 100 mille et 250 mille Fcfa
|
|
AI
|
Entre 4 et 5 millions Fcfa
|
Source : SAED, d'après Banque de données de
1997 3- Les périmètres agro-industriels
Ce sont des types d'aménagement hydro agricoles
gérés par des compagnies spécialisées dans la
production d'une spéculation particulière (la Compagnie
Sucrière Sénégalaise pour le sucre, la
Société de Conserves Alimentaires du Sénégal pour
la tomate).
3-1) les aménagements de la CSS
Créée en 1970 par le groupe Mimran, la Compagnie
Sucrière du Sénégal (CSS) produit de la canne à
sucre dans les anciens casiers rizicoles de Richard-toll. En convertissant
ces casiers rizicoles, on souhaitait que la CSS soit en mesure d'assurer la
couverture des besoins du pays en sucre. Cette entreprise agro-industrielle
a aménagé 7 300 ha (FAO, 2006). Elle dispose d'une usine et
d'un centre de recherche pour améliorer les variétés
de canne à sucre. L'eau d'irrigation est fournie par le lac de guiers
et le canal de la Taouey à partir duquel des canaux secondaires
irriguent et drainent des zones de culture. Le mode d'irrigation est
l'irrigation à la rigole, siphonage ou à la raie.
3-2) Les aménagements de la SOCAS
La Société de Conserves Alimentaires du
Sénégal a été créée en 1969 par les
Moulins SENTENAC. Entreprise privée possédant sa propre
fabrique, la SOCAS est l'un des plus gros complexes agro-industriel du
Sénégal, sis dans la région du Fleuve (CIFA, 2006).
Sur une surface totale d'à peu près 260 ha, 14 000 paysans
contribuent à la production de 70 000 tonnes de tomates
achetées par la SOCAS qui leur garantit l'achat à un
prix rémunérateur (FAO, 2006).
Aujourd'hui, on note l'apparition d'une autre
société agroalimentaire : les Grands Domaines du
Sénégal (GDS). Cette entreprise à capitaux
français, s'est implantée dans le bas Delta un peu en amont du
village de Ndiawdoune. Elle utilise une technique d'irrigation moderne qui
demande beaucoup de moyens : c'est l'irrigation au goutte-à- goutte.
La production se fait sous serre et est vouée directement à
l'exportation.



partie 2

chapitre 1
A- Organisation de la production et de la gestion du
périmètre
1- Historique et évolution de
l'aménagement de Boundoum
1.1) Localisation et historique
Le périmètre de Boundoum se trouve à 70 km
au nord-est de la ville de Saint-louis. On y accède par la Nationale 2
à partir de Ross-Béthio par une route plus ou moins
défectueuse longue de 20 km et qui va jusqu'au village de Boundoum
barrage.
Le casier a été créé depuis 1964 par
l'organisation autonome du Delta (OAD). C'est
une cuvette dont l'aménagement est marqué par
différentes phases suivant l'évolution
technologique. En fait en 1964, la superficie totale se
chiffrait à 1800 ha sous forme d'aménagement primaire
(aménagement sommaire qui permettait de canaliser la crue vers les
dépressions). La technique agricole que cela exigeait
était la submersion contrôlée.
La première campagne a eu lieu pendant hivernage 1964-1965
avec les semis envolés. Les variétés cultivées
étaient photopériodiques dont le cycle dépendait de la
variation de la
température.
L'aménagement secondaire constituait une
amélioration avec la création d'une station
de pompage à Diawar en 1970. Mais cette station ne
permettait pas alors une maîtrise complète de l'eau.
L'évolution vers l'aménagement tertiaire se fera progressivement
et sera matérialisée par des endiguements et des
réseaux d'irrigation et de drainage. Cela a réellement
démarré en 1974 et 596 ha vont s'ajouter à
la superficie (soit une superficie totale de 2396
ha).
En 1991 le casier a été réhabilité
puis concédé à l'Union des GIE et SV de Boundoum et ce
transfert s'inscrivait dans le cadre de l'application de la politique de
responsabilisation des organisations de producteurs.
Aujourd'hui le périmètre est divisé en 118
secteurs hydrauliques. Ce sont des blocs autonomes d'irrigation de taille
variable appelés également mailles hydrauliques.

1.2) Les réhabilitations et extension du
périmètre
Le périmètre a bénéficié
d'une réhabilitation et d'une extension entre 1991 et 2001 avec l'appui
de la KFW (coopération allemande) et de la Banque Mondiale (BM) pour un
coût global de 9 292 millions de FCFA. Suite à cette
opération la superficie a été portée à
3 295 ha dont 3098,56 ha sont présentement exploitables
soit 93,85%.
Nous entendons par réhabilitation une opération
qui découle d'une prise de conscience d'une situation de départ
jugée insatisfaisante, et qui propose des principes et des
démarches en vue d'une situation d'arrivée satisfaisante. Elle
vise donc la durabilité de l'aménagement et l'amélioration
des rendements et par extension celle du niveau de vie des populations
locales.
Avec cette réhabilitation, on voulait résoudre un
lot important de problèmes dont le périmètre était
confronté. En effet, avant la réhabilitation, il était
presque difficile de réaliser
de bonnes performances dans le casier de Boundoum à la
suite d'un défaut notoire de maintenance ou de conception : la
salinisation des terres, l'ensablement et l'enherbement des
canaux, l'absence d'une station d'exhaure en constituaient les
causes majeures.
Les travaux de la réhabilitation se sont
organisés suivant deux grandes tranches : - Le 22 Avril 1990 marque le
début de la première tranche qui n'avait duré pas moins de
14 mois. Cette première tranche avait permis la réalisation des
deux premières phases pour une superficie de 972 ha dont 913 ha
étaient mis en culture depuis 1991. En 1993 démarre une
troisième phase de 725 ha qui concernait la partie génie civil de
l'extension de la station de
Diawar de même que la protection des berges des canaux
primaires. La première tranche a pris fin le 30 Juin 1994 et en ce
moment, la superficie nette irrigable
était 1697ha.
- La seconde tranche de la réhabilitation a
débuté en Septembre 1995. Subdivisée en deux phases,
elle est livrée en Mars 1997. La superficie couverte par cette
deuxième tranche était 1664 ha (voir tableau 5). Mais c'est en
2001 que les travaux ont complètement pris fin.
Tableau 5 : Chronologie de la
réhabilitation
|
Zones
|
|
Première tranche
|
(3 phases)
|
B. barrage
|
B. Nord
|
B. Est
|
Total
|
|
784ha
|
329ha
|
584ha
|
1697ha
|
|
Deuxième tranche
|
Phase 1
|
224ha
|
378ha
|
160ha
|
726ha
|
|
Phase 2
|
418ha
|
_
|
169ha
|
902ha
|
|
Total
|
1426ha
|
1022ha
|
913ha
|
3361ha
|
Source : Réhabilitation du périmètre de
Boundoum ; RAZEL, 1998.
1.3) Evolution de la gestion des terres
Dans le delta du fleuve Sénégal, c'était la
SAED qui se chargeait de l'affectation des terres. En effet, celle-ci en
rapport avec les coopératives représentées par leur
président, affectait les terres dans les cuvettes
aménagées. Mais ce mode de distribution avait très
tôt
montré ses limites en ce sens que chaque année, la
répartition des terres était reprise et les
paysans couraient le risque de ne plus retrouver les mêmes
terres.
La SAED changea vite de méthodes afin d'instaurer un
climat de stabilité dans le mode d'affectation des parcelles. Ainsi,
elle continuait à assurer la gestion des terres jusqu'en 1987 qui marque
le renversement des zones pionnières dans la zone dite de terroir. A
partir de
cette date, la SAED n'exerça plus son pouvoir sur ces
terres dont la gestion venait d'être
confiée aux Conseils Ruraux.
Des problèmes n'ont pas manqué de surgir lorsqu'on
a voulu réhabiliter le casier. En
fait, au moment de la réhabilitation, la SAED avait
demandé aux Conseils Ruraux de
confirmer les unions comme affectataires des terres. En
réaction à cette requête, une délibération
du Conseil Rural avait affecté les terres du périmètre aux
unions hydrauliques et cela était en parfaite contradiction avec les
textes législatifs qui affectaient ces terres non pas
aux unions hydrauliques mais aux OPB ou groupements de
producteurs.
Apres l'extension, beaucoup de paramètres étaient
pris en considération dans l'affectation des terres. Ainsi pour
être attributaire d'une parcelle de 0,40 ha (appelée « kop
»
par les paysans du périmètre), il fallait
être âgé de 18 ans ou plus, être habitant d'un
des villages de l'union, appartenir à un groupement de producteurs ou
une coopérative librement
constituée.
2- Organisation de la gestion et de l'exploitation 2.1)
Organisation de la production
Le périmètre de Boundoum polarise au total sept (7)
villages : Boundoum-Barrage
(wolofs et Maures), Boundoum-Est (wolofs), Diawar appelé
Boundoum-Nord (wolofs),
Wassoul (wolofs), Ronkh (wolofs), Kheun (wolofs) et Diadiam
(Maures). Il concerne une population de 15 508 habitants repartis dans ces
sept villages. La superficie totale exploitable s'élève
à 3 098,56 ha et va au profit de 2 557 familles attributaires de
parcelles (voir tableau
ci-dessous).
Tableau 6 : la répartition des terres entre les
villages
|
Villages
|
Pop Totale (Hbts)
|
Familles Attributaires
|
Sup exploitables (Ha)
|
Sup/attributaire (Ha/Fam)
|
S.V
|
|
Boundoum- Barrage
|
4 500
|
964
|
1180,51
|
1,22
|
10
|
|
Boundoum- Est
|
722
|
103
|
102,6
|
1,00
|
2
|
|
Diawar
|
3 363
|
337
|
602,45
|
1,79
|
9
|
|
Wassoul
|
941
|
319
|
190,39
|
0,60
|
3
|
|
Ronkh
|
3960
|
479
|
629,71
|
1,31
|
9
|
|
Kheun
|
1307
|
116
|
186,75
|
1,61
|
3
|
|
Diadiam
|
715
|
239
|
206,15
|
0,86
|
3
|
|
Total
|
15 508
|
2 557
|
3 098,56
|
1,21
|
39
|
Source : Données SAED 2005
repartition des superficies aux villages

6%
38%
20%
6%
3%
20%
7%

1
2
3
4
5
6
7
Figure 2 : répartition des superficies aux
villages
2.2) Les organisations paysannes -
L'union hydraulique
L'union des OP de Boundoum a été
créée en 1991. Elle regroupe trente neuf (39) Sections
Villageoises (SV), six GIE et sept (7) Groupements Féminins (GPF). Son
siège social se trouve à Diawar.
Avec comme vocation initiale de piloter l'agriculture et la
gestion des aménagements hydro agricoles, l'union a vu son objet
s'étendre vers un appui aux GIE et SV membres à travers la
fourniture de bon nombre de services tels que l'approvisionnement en eau et sa
gestion, l'octroi d'intrants agricoles et de crédit, l'entretien des
canaux. L'union assure
d'autres activités :
- L'exploitation et l'entretien des stations de pompage
(irrigation et drainage).
- Elle dispose d'une commission « matériel » qui
a pour charge la gestion et l'entretien des locaux et des magasins de l'union,
des équipements et du matériel de bureau, du véhicule
de transport de l'union.
- La commission « commercialisation » assure le suivi
de la collecte du paddy, de son décorticage et de sa vente pour le
remboursement de la redevance hydraulique et des avances
effectuées sur intrants par l'union. Elle se charge
également de suivre les opérations de
commercialisation entre l'union et les riziers.
- La commission « adduction d'eau potable » (AEP) est
responsable de la gestion des
différents systèmes d'adduction d'eau potable
installés dans les villages du casier.
Loin de se limiter à ces différentes tâches,
l'union entretient des relations plus ou
moins privilégiées avec des partenaires comme :
- la SAED : Appui-conseil ;
- la CNCAS : Crédit de campagne ;
- la F.P.A (Fédération des
Périmètres Autogérés) : Affiliation ;
- l'union des coopératives ;
- l'union de Boundoum-Barrage ;
- etc.
Le fonctionnement de l'union repose essentiellement sur la
redevance hydraulique payée par les OPB comme source unique de
financement. En plus de cela, il y a les organes de décision qui sont
au nombre de trois : le bureau exécutif de 12 membres, le conseil
d'administration
composé de 53 membres et l'assemblée
générale d'environ 203 membres mandatés par
les différentes sections villageoises.
- Les OP de base
Les OP de base sont chargées de la maintenance des
aménagements terminaux, l'acquisition et la gestion du crédit
et la mise en valeur agricole. Ces différentes tâches sont
définies par un contrat qui lie les OP de base à leur Union.
Suivant cette logique les organisations paysannes de base assurent les
fonctions suivantes : - Recenser les expressions de besoins, dresser des
demandes de crédit qu'on soumettra au visa technique de la SAED et
négocier le crédit nécessaire auprès des structures
de crédit locales ; - Rendre compte l'Union de tous les
éventuels problèmes de leurs membres et de leur organisation
(par exemple retard au niveau de l'approvisionnement en semence, etc.) ; -
di |