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L'Afrique face à la mondialisation des échanges


par Awa GUEYE
Université Cheikh ANta DIOP de Dakar - Maîtrise 2005
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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INTRODUCTION

La période d'après seconde guerre mondiale, particulièrement celle faisant suite à la dislocation du glacis socialiste, à la chute du mur de Berlin à la réunification de l'Allemagne a permis la mise en pace d'un troisième système international : « l'espace monde ».

En effet, sous la houlette des nouvelles technologies (révolution des transports, des télécommunications, l'avènement de l'informatique etc.), l'économie mondiale en général et le commerce international en particulier enregistrent des bonds formidables.

La production, la distribution sont animées par des firmes oligopolistiques qui ont délibérément choisi le marché mondial comme échelle.

La mondialisation consacre ainsi l'avènement de produits universels qui sont consommés partout de la même manière. Elle opère en même temps une mutation profonde qui se manifeste dans tous les secteurs. Désormais tout est marchandisé, cela tant au niveau de la production que de la circulation et de la distribution des biens et services.

La mondialisation peut donc être définie comme l'échange généralisé entre les différentes parties de la planète, l'espace mondial étant alors l'espace de transactions de l'humanité.

Les pays africains à l'instar des autres pays développés ou non ont intérêt à participer aux échanges internationaux. Mais cette insertion nécessite une participation active à l'élaboration des politiques et aux négociations au sein des institutions.

Malheureusement, la plupart pour ne pas dire la totalité des pays africains jouent un rôle encore trop marginal dans ces institutions, même lorsque des aspects déterminants de leur développement sont en jeu.

Cette marginalisation des pays africains au niveau de ces institutions reflète la faiblesse de leur poids économique au niveau international.

En effet, malgré les nombreux efforts des dirigeants africains au lendemain des indépendances et les opportunités offertes par la globalisation, l'Afrique n'a pas su tirer son épingle du jeu.

La fin du colonialisme avait libéré de nouvelles énergies et les dirigeants étaient résolus à ce que leurs pays rattrapent le monde développé.

La formule « il nous faut courir pendant qu'ils marchent » résume bien l'état d'esprit qui régnait au niveau de cette ère nouvelle. Nombreux étaient ceux qui encourageaient les Africains à faire preuve d'audace, affirmant que le continent pourrait trouver des raccourcis vers le développement.

C'est ainsi que tous les secteurs de l'économie ont connu une révolution.

Cependant, en dépit des progrès réalisés, l'Afrique aborde le 21eme siècle dans la catégorie des pays les moins avancés. Elle est le seul continent où la pauvreté est en hausse, 200 millions de pauvres. Et, quoi qu'elle représente 10 % de la population mondiale, l'Afrique ne génère que 1,5 % des échanges commerciaux mondiaux.

Ce retard profond des pays africains pose des questions capitales. L'Afrique se heurte - t-elle à des problèmes structurels particuliers qui n'ont pas été bien compris ? À t-on négligé la dimension institutionnelle ? Les réformes entreprises ont-ils été trop limitées ou superficielles ? À t-on correctement évalué l'impact des facteurs externes ? L'assistance externe et les mesures d'allégement de la dette sont-elles inappropriées et insuffisantes ?

Cette présente étude se propose de répondre à ces questions en étudiant la part que détient l'Afrique dans les échanges internationaux d'abord, puis les obstacles rencontrés par cette dernière dans le cadre de son développement et enfin nous ne manquerons pas de proposer des solutions.

CHAPITRE 1 : QU'EST CE QUE LA MONDIALIATION ?

Depuis le XIXe siècle, le monde tend de plus en plus nettement à constituer un ensemble de territoires parcourus et reliés par des flux de plus en plus amples et massifs d'hommes, de marchandises, de capitaux, d'informations... Quelques grandes puissances et quelques métropoles urbaines y ont une influence dominante. Tous les éléments de cet ensemble fonctionnant en interaction, on désigne fréquemment celui-ci par l'expression de « système monde ».

SECTION 1 : LA CONTRACTION DE L'ESPACE ET DU TEMPS

²Avant la première révolution des transports, au XIXe siècle, les difficultés et la lenteur des déplacements faisaient de la distance un obstacle majeur à la circulation. On a peine à imaginer qu'il y a moins d'un siècle, même dans les pays techniquement les plus avancés, l'horizon de la plupart des agriculteurs se limitait au marché du bourg voisin et ne s'étendait que dans des circonstances assez rares à la ville la plus proche.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l'accélération des progrès techniques a touché tant le transport maritime (gigantisme des pétroliers, révolution du conteneur) que le transport ferroviaire (électrification de la traction, puis apparition des trains à grande vitesse) ou routier (généralisation de l'automobile), et à donné naissance au transport aérien... Il n'est pas exagéré de parler d'une nouvelle révolution des transports.

Ainsi, aujourd'hui, il est possible non seulement de déplacer des quantités massives de produits d'un bout à l'autre de la planète, mais, de plus, les distances « raccourcissent » parallèlement à l'accélération des vitesses. Désormais, dans biens des circonstances, ce qui compte le plus pour les hommes comme pour les marchandises, ce n'est plus la distance absolue, exprimée en kilomètres, mais la distance-temps ainsi que la distance-coût, qui a diminué dans des proportions tout aussi considérables au fil des décennies.

Ceci a autorisé, depuis 1945, une expansion quasi exponentielle des échanges internationaux, favorisée également par un abaissement des barrières douanières qui s'est poursuivi pendant plusieurs décennies sous l'égide du GATT. Les échanges se sont donc développés à un rythme 2 fois plus élevé que le PNB mondial. Des vêtements, des téléviseurs ou des ordinateurs fabriqués en Asie parviennent en Europe ou en Amérique du Nord avec un surcoût secondaire. Des hommes d'affaires et des touristes sans cesse plus nombreux parcourent la planète en tous sens.

SECTION 2 : MOBILITE DU CAPITAL ET MONDIALISATION DES FIRMES

L'internationalisation du capital est un des phénomènes les plus significatifs de ces dernières décennies. Certes, dés le XIXe siècle, les firmes des pays occidentaux ont commencé à investir loin de leur territoire d'origine dans des plantations et des activités minières outre-mer.

Cependant, la véritable multinationalisation prend son essor aux Etats-Unis au lendemain de la seconde guerre mondiale et n'affecte plus seulement les activités primaires, mais aussi - et de plus en plus - les industries de transformation et les services, banque et hôtellerie par exemple. La conquête de marchés nouveaux est alors la principale motivation des firmes multinationales (FMN). Pendant les années 60 et 70, les entreprises européennes et japonaises emboîtent le pas aux firmes états-uniennes qui avaient lancé le mouvement.

Celui-ci s'est encore amplifié pendant les années 80, en particulier grâce à l'essor des télécommunications. Ainsi, les investissements directs (fusions, absorptions, création de filiales, prises de participations) ont progressé 2 ou 3 fois plus rapidement que le commerce mondial, une raison supplémentaire de ce mouvement étant la recherche de « gisements » de main-d'oeuvre à bas prix. Plus que d'internationalisation ou de multi-nationalisation, on parle aujourd'hui de globalisation.

C'est à dire que pour les très grandes firmes, le monde se transforme en une zone unique de production et d'échanges sur laquelle elles créent, suppriment ou déplacent (elles « délocalisent ») leurs usines ou leurs filiales, tendant d'ailleurs à s'associer de plus en plus souvent entre elles en nouant des réseaux complexes et mouvants.

Quant à l'expansion des activités purement financières (achat et ventes d'actions et d'autres produits financiers, spéculation sur les fluctuations monétaires...), elle a été plus prodigieuse encore. Actuellement, les transactions sur les monnaies portent à elles seules sur plus de 1 000 milliards de dollars par jour, contre 250 en 1985 !

SECTION 3 : DES PROBLEMES QUI MONDIALISENT EUX AUSSI

La prise de conscience du rétrécissement de l'espace mondial tient aussi à l'extension à l'échelle planétaire de problèmes qui n'étaient jusqu'ici que locaux, régionaux ou nationaux. Ainsi en est-il de diverses formes d'économie illégale au 1er rang desquelles vient le trafic des stupéfiants. Les réseaux de distribution de la drogue s'organisent en effet à l'échelle du globe et porteraient annuellement sur 150 milliards de dollars pour cannabis, la cocaïne et l'héroïne seuls.

Le principal distributeur mondial de cocaïne, la mafia Cosa Nostra, est une véritable FMN qui compterait 22 000 membres et ferait un chiffre d'affaires, pour cette seule « activité », de 32 milliards de dollars.

Dans un tout autre domaine, la croissance démographique mondiale pose plus que jamais la question des limites des ressources de la planète et de leur partage. Si une redistribution significative des richesses en direction des pays du « Sud » ne se fait pas, on peut craindre que des pressions migratoires irrépressibles s'exercent du Tiers monde en direction des pays nantis.

Enfin, les problèmes relatifs à l'environnement ont pris eux aussi une dimension planétaire. La Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement tenue à Rio de Janeiro en 1992 en a été une manifestation hautement symbolique. Qu'il s'agisse de pollution atmosphérique (rejets de gaz carbonique et effet de serre, destruction de la couche d'ozone...), de dégradation généralisée de la qualité des eaux et des sols, des déboisements intensifs ou de la disparition des forêts sous l'action des pluies acides, de l'approvisionnement de la diversité biologique du globe (chaque année, plusieurs dizaines de milliers d'espèces animales ou végétales s'éteindraient), ou de l'accumulation des déchets (on est incapable d'éliminer les déchets nucléaires), les occasions de prendre conscience de l'échelle mondiale des interdépendances sur la « Planète bleue » sont multiples.

SECTION 4 : LES CONSEQUENCES ; UNIFORMISATION ET DIFFERENCIATION

Mondialisation et globalisation ont des effets contradictoires en apparence, mais complémentaires en fait.

D'une part, les forces d'uniformisation sont multiples : les mêmes paysages urbains, les mêmes modes de vie, les mêmes formes de consommation (restauration rapide, télévision, baladeurs, motorisation des déplacements...) tendent à se répandre sur toute la planète. L'économie libérale tend à se généraliser, avec ses techniques de production, de gestion, de distribution, de publicité, l'obsédante présence des mass média, etc., alors que le modèle qu'on lui a longtemps opposé, le marxisme, a été balayé avec la disparition de l'URSS.

En outre, la mondialisation tend à affaiblir le rôle de bien des frontières, qu'elles soient naturelles ou politiques. Ces interfaces (terme utilisé à l'origine en physique pour désigner une limite entre deux milieux par laquelle s'exercent des échanges) jouent un rôle grandissant à la surface du globe. Sur les littoraux comme sur les frontières ouvertes, on voit se développer zones franches industrielles ou zones industrialo-portuaires, villes commerciales actives, espaces touristiques..., autant de foyers attirant des migrants parfois de fort loin.

Mais des manifestations de rejet ou de défense face à la mondialisation apparaissent en de nombreux points du globe, et pas seulement dans le Tiers monde. Ainsi, on assiste à la montée des fondamentalismes, des revendications ethniques, nationalistes ou régionalistes. D'autre part, les effets uniformisateurs se distribuent très inégalement à la surface du globe : tandis que certains pays s'intègrent rapidement aux pôles économiques avancés, d'autres en sont plus ou moins nettement exclus : aux NPI asiatiques, il est facile d'opposer les PMA et la marginalisation de l'Afrique.

Mais des différenciations de plus en plus marquées s'observent aussi entre régions, villes et campagnes, quartiers urbains, individus, et tendent souvent à s'exacerber : nouveaux riches et nouveaux pauvres apparaissent à toutes les échelles, au sein des pays riches comme dans et entre les pays pauvres. En somme, si avec les succès économiques de certains pays d'Asie, le « Nord » s'étend vers le « Sud » dans le même temps, le « Tiers monde » s'infiltre au sein des vieilles sociétés industrielles : marginalisation et exclusion pourraient bien devenir des phénomènes massifs et permanents dans le « Nord ».

CHAPITRE 2 : POIDS DE L'AFRIQUE DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX

La détermination du poids que représente l'Afrique au niveau des échanges nécessite une étude globale et une étude par secteurs.

L'étude globale de l'évolution de l'économie africaine va s'articuler autour de trois points que sont : la part des exportations, celle des importations et la structure de la balance commerciale.

SECTION 1 : ETUDE GLOBALE

1 - 1 : LA PART DES EXPORTATIONS AFRICAINES

Au cours des années 60, le volume des exportations des pays africains avait augmenté en moyenne de 6 % par an, cette croissance ayant intéressée presque tous les pays. Cependant depuis 1973, ce volume au début stationnaire a nettement diminué dans la plupart des pays en moyenne de 0,7 % par an. (Voir la figure)

Malgré l'augmentation considérable du volume des exportations mondiales (157 milliards en 1963 et 6 272 milliards en 2002), la part de l'Afrique n'a cessé de baisser.

Cette part qui était de 3 % en 1990 n'est plus que de 1,7 % en 2001 dont la quasi-totalité est relative à des produits de base et des matières premières.

Cette perte de part de marché est associée à la baisse de l'importance de ces produits dans le commerce mondial. Et ce malgré l'évolution des conditions tarifaires qui sont devenus plus favorables avec l'application des avantages tarifaires concédés par l'Union Européenne en vertu de la convention de Lomé (1976-1981-1986-1990) et du système généralisé des préférences sur les principaux marchés.

La perte de ces parts de marché coûte 70 milliards de dollars par an à l'Afrique depuis la fin des années 60.

Source : rapport OMC 2003

1 - 2 : EVOLUTION DES IMPORTATIONS

Pour la bonne marche de leur économie, la plupart des pays africain ont besoin d'importer des marchandises qu'ils ne peuvent pas produire en quantité suffisante ou pas du tout. L'Afrique importe ainsi des pays du Nord des technologies (biens d'équipements, machines-outils etc.), des céréales de base et certains produits alimentaires (lait, viande etc.). Les importations de céréales qui étaient très faible en 1960 (seulement un million de tonnes par an) ont atteint plus de 10 millions de tonnes sur une consommation de 60 en 1997 millions de tonnes.

La dépendance de l'Afrique vis à vis de l'extérieur pour l'essentiel de sa nourriture s'est donc accrue très vite et de façon inquiétante.

La plupart des importations de produits énergétiques sont extraits de l'Afrique, exportés puis réimportés après transformation à un prix beaucoup plus élevé.

Cependant les importations de l'Afrique se sont effondrées, les déficits relativement importants de la Balance des paiements courants ne pouvant plus être financés par des apports de capitaux. (Voir figure)

Source : rapport OMC 2003

1 - 3 : STRUCTURE DE BALANCE COMMERCIALE

L'histoire économique récente montre que les pays qui se tournent vers l'extérieur pour assurer leur développement obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui essaient de vivre en autarcie. Elle confirme pleinement une théorie économique qui a été mise sur pied, il y a déjà deux siècles par plusieurs grands économistes dont David Ricardo (1772-1823) et qui a été résumé de façon simple et claire par Samuelson.

Ce dernier démontre de façon inattaquable et concrète qu'entre deux ou plusieurs pays qui ont des économies différentes, et des prix de revient différents, les échanges apportent presque toujours des avantages à toutes les parties.

Cependant, cette ouverture aux échanges a eu pour effet de diminuer la contribution de l'Afrique au commerce mondial.

Cette diminution de la part des exportations est cumulée, subordonnée à une perte de valeur des produits exportés.

En effet, plus le continent exporte en volume, moins cela lui rapporte en valeur. Depuis les années 1980, hormis quelques rares exceptions, les prix des matières premières n'ont cessé de baisser plus rapidement que les prix des produits manufacturés des pays du Nord. Il en résulte que l'Afrique se voit condamnée par des fluctuations extérieures à vendre ses matières premières sans valeur ajoutée.

La valeur du panier des produits exportés par l'Afrique a ainsi perdu la moitié de sa valeur face aux produits du Nord qu'elle importe.

On constate que même si le volume des exportations est supérieur à celui des importations, la valeur des importations est plus importante ;les prix des produits exportés étant inférieur à celui des biens importés.

La balance commerciale africaine connaît un déficit croissant. Le déficit commercial inexistant au début des années 1980, passe de 600 millions de dollars en 1990 à 11,5 milliards en 1996 soit presque vingt fois plus en 6 ans.

L'Afrique se révèle donc être une exception à cette règle puisque sa participation aux échanges mondiaux a eu pour principal effet la baisse de ses parts de marché.

SECTION 2 : ETUDE PAR SECTEURS D'ACTIVITES

Cette étude va concerner le secteur agricole, le secteur industriel et le secteur énergétique et minier.

2 - 1 : LE SECTEUR AGRICOLE

L'agriculture africaine est marquée par des siècles de mauvaises politiques et d'échecs sur le plan institutionnel, et elle porte un lourd passé d'extraction des ressources et d'imposition dans les zones rurales.

Les améliorations apportées aux politiques entre le milieu des années 1950 et la fin des années 60 avaient entraîné une augmentation rapide du volume des exportations des produits agricoles. Mais ces politiques n'ont pas eu d'effets durables. Cette croissance s'est transformée, à peu près depuis 1970 en stagnation ou en recul.

On assiste à une diminution de la part de l'Afrique intertropicale dans la production et l'exportation mondiale pour presque toutes les denrées (voir figure).

Source : FAOSTAT 2000

La perte de ses pertes de marché est due au fait que l'agriculture africaine a une faible productivité et le prix de ses principaux produits d'exportation connaît une baisse depuis le début des années 70. La part dans les échanges mondiaux de matières premières agricoles est passée de 4% à 2,2% du total entre 1980 et 2002.

Les pays africains connaissent de plus en plus de difficultés face notamment aux pays développés soutient inconditionnels du libre-échange et de la déréglementation de l'OMC. Ceci malgré leurs nombreux efforts afin d'appliquer les recommandations de l'OMC quant au libre-échange et à l'ouverture les frontières.

2 - 2 : LE SECTEUR INDUSTRIEL

Depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale, le développement a été exclusivement associé au processus d'industrialisation. Les pays africains, après l'indépendance ont mis en place des structures industrielles pour promouvoir leur développement. Ces industries leur permettaient d'exporter non seulement des matières transformées, mais aussi des produits manufacturés.

Cependant, malgré que les résultats fussent au début prometteurs, l'Afrique n'a toujours pas trouvé sa place dans les échanges internationaux. Elle ne produit que des biens de consommation et produit peu ou pas de biens d'équipements. Elle ne produit encore qu'une faible part des articles industriels qu'elle consomme et perd des parts du marché mondial.

La croissance industrielle est passée de 8 % dans les années 60 à moins de 1 % dans les années 90.

Des enquêtes portant sur 345 entreprises montrent que le continent devient un cimetière d'usines. Car en quelques années, il ne restait plus que 195 qui fonctionnaient dans de mauvaises conditions, 79 étant totalement arrêtés. On assiste alors à un processus de désindustrialisation.

La création de liens privilégiés entre la CEE et les pays ACP, visant à ouvrir largement les frontières de la CEE aux produits industriels des pays ACP sans limitation de quantité, et sans droits de douane (alors que les non ACP paient des droits de douane de l'ordre de 10 à 20 %) n'a pas eu les effets escomptés.

En effet, on constate que de nombreux pays non ACP, notamment, ceux d'Asie et d'Amérique Latine concurrencent avec succès les productions africaines. En 1987, la CEE a importé des textiles pour 62 milliards d'écus, dont seulement 0,7 milliard en provenance des ACP.

Il y a un échec des entreprises publiques et privées, ainsi que des gouvernements africains qui n'ont pas su créer un environnement favorable pour le développement des industries et à l'accroissement de leur productivité. L'Afrique n'a pas su créer les conditions de la productivité de ses entreprises.

Dans la plupart des pays africains, hormis quelques entreprises qui bénéficient d'une protection naturelle, l'industrie édifiée depuis 1960 et même parfois celle édifiée avant 1960 se sont effondrées.

De toute façon, avant l'effondrement, l'industrie africaine n'avait jamais joué qu'un rôle très marginal sur les marchés mondiaux. Elle y est maintenant presque inexistante. Non seulement trouver dans un pays occidental un produit manufacturé africain est une gageure, mais trouver un produit manufacturé africain en Afrique est entrain de le devenir, tant ce continent est désormais envahi par des produits d'autres régions, notamment made in Asia.

Il n'y a pas de domaine où l'échec de l'Afrique ait été plus visible que celui de l'industrie. Alors que les pays du nord et quelques pays du sud sont engagés dans une compétition industrielle et commerciale sans merci, l'Afrique au sud du Sahara paraît observer, étrangère, sur le bord de la route de l'histoire, cette course qui n'appartient pas à son monde.

2 - 3 : LE SECTEUR ENERGETIQUE ET MINIER

L'Afrique est riche en minerais et en énergie, y compris en pétrole. Cependant, la plupart des pays d'Afrique commencent à peine à tirer parti de ces ressources.

Les mines apportent une contribution importante à l'économie de 14 pays subsahariens en fournissant 55 % des exportations, 12 % du PIB et environ 20 % des recettes fiscales.

Les exportations (à l'exclusion du pétrole et du charbon) se sont élevées à

5 milliards de dollars par an entre 1980 et 1987, ce qui représente environ 30 % des exportations non pétrolières et environ 14 % du total des exportations de la région. En 1988, grâce à la hausse des cours des minéraux, les exportations de produits miniers ont dépassé 8 milliards de dollars.

L'activité minière est devenue une destination privilégiée des investissements internationaux en Afrique. Les investissements dans les mines africaines sont passés de 418 millions de dollars en 1996 à 662 millions de dollars en 1997.

La part de l'Afrique dans les investissements miniers a nettement augmenté passant de 12 à 16 % durant la même période.

Parallèlement au développement des activités minières, l'Afrique connaît également un accroissement sensible des activités dans le domaine énergétique.

Dans le domaine énergétique, par exemple les activités d'exploration et de développement se sont intensifiées conduisant à la découverte de 12 nouveaux gisements en 1996.

L'Afrique subsaharienne possède d'abondantes ressources énergétiques naturelles : un taux de croissance de la production d'énergie de 5 % ne consommerait qu'une petite partie des ressources connues de pétrole, de gaz, de charbon et d'énergie hydroélectrique et géothermique. Les réserves connues de pétrole équivalent à 120 années d'approvisionnements régionaux ; au rythme de consommation actuelle, les vastes ressources hydroélectriques de l'Afrique ont un potentiel estimatif d'environ 300 Giga Watt, dont moins de 4 % ont été mis en valeur.

Les réserves connues de gaz naturel équivalant à 250 Giga watt d'électricité, soit 20 fois la capacité hydroélectrique actuellement installée et celle qu'on pourrait capter de façon économique dans les années à venir.

Cependant, l'Afrique se heurte à d'énormes obstacles pour réaliser son potentiel et obtenir, dans des conditions économiques, l'énergie totale dont elle a besoin pour soutenir sa croissance et ses exportations.

L'importance de ces ressources associée au faible coût d'exploration et de production due à l'évolution technologique explique l'engouement des investisseurs pour ce secteur. L'énergie et les mines sont le seul secteur où l'Afrique parvient à trouver ses repères. Elles occupent une part non moins importante dans les exportations mondiales.

L'Afrique accuse un retard considérable quant à son développement. Tous les secteurs de l'économie sont en état de gestation hormis dans quelques pays comme les pays d'Afrique du Nord et l'Afrique du Sud.

Il se pose alors la question de savoir ce qui est à la base de la croissance à l'état latent.

Le manque de compétitivité des produits africains est dû à de nombreux facteurs .Il s'agit entre autres de : l'application de mauvaises politiques (les PAS seront retenus dans le cadre de cette étude), la faillite industrielle, la crise agraire, le manque d'infrastructure, les problèmes financiers etc.

CHAPITRE 1 : L'APPLICATION DES POLITIQUES D'AJUSTEMENT STRUCTUREL (PAS)

En théorie économique, le concept d'ajustement désigne le processus d'adaptation des économies à une nouvelle situation à la suite d'une perturbation quelconque.

L'ajustement a été mis en place dans les pays en voie de développement dans un contexte caractérisé par les échecs économiques enregistrés par bon nombre de pays, voir la stagnation économique pour beaucoup dans les années 1970, l'éclatement de la crise de la dette au début des années 1980.

Ces PAS étaient focalisées sur la recherche de solutions aux problèmes soulevés par les importants déséquilibres externes et internes de court terme. Elles imposaient :

- Une réduction drastique des dépenses publiques par la suppression des subventions aux agriculteurs, par des politiques visant à encourager les départs volontaires etc.

- Réduction de l'intervention excessive du rôle de l'Etat dans la vie économique ;

- La libéralisation des échanges et des prix ;

- La privatisation des entreprises ;

- La dévaluation pour améliorer la balance des paiements courants ;

- Etc.

Nombre d'économies africaines du Sud au Sahara ont été soumises, sous la pression des bailleurs de fond (FMI et Banque Mondiale) à ces processus d'ajustement. Ceux qui refusaient leur application étant victimes d'une discrimination.

La carte économique de l'Afrique subsaharienne offre, à l'aube des années 1990, une mosaïque d'échecs sur les plans, économique, politique et social. En effet, après une application studieuse des PAS, du FMI et de la Banque Mondiale, les résultats n'ont guère été brillants.

Le désengagement de l'Etat et la privatisation dans les secteurs-clefs de l'économie ont entraîné un déséquilibre social d'une part, et une diminution globale de l'aide publique au développement sur le plan international d'autre part.

L'équilibre de grandes filières agricoles, essentielles pour l'avenir du développement africain, comme la compétitivité d'industries encore précaires et à la base limitée, se trouve fragilisée comme l'objectif de redressement ne prend pas en compte leur situation particulière.

Le retrait de l'Etat du secteur public a dans certains cas découragé un mouvement important du secteur privé vers la distribution des engrais, alors que les subventions aux intrants agricoles ont été supprimées.

Beaucoup d'erreurs sont intervenues au niveau de la privatisation de certaines entreprises. La réduction réelle et généralisée des salaires a découragé les initiatives dans de nombreux pays, le résultat en est la démoralisation des fonctionnaires, l'inefficacité accrue et la corruption généralisée.

Les PAS sont pour beaucoup dans les problèmes rencontrés par les pays africains. Elles ont engendré des phénomènes de fuites devant les nombreuses contraintes de l'impôt, l'extension du secteur informel, la baisse des rendements de recettes douanières à cause de la prolifération de la fraude.

Les états bénéficiaires sont devenus dépendants ce qui a conduit à leur responsabilité politique. De plus, les secteurs-clefs de l'économie ont été négligés au profit du rétablissement des finances publiques. D'où les nombreux problèmes rencontrés par les secteurs industriels et agricoles.

CHAPITRE 2 : LA FAILLITE INDUSTRIELLE

La faillite industrielle africaine peut être attribuée aux mauvaises politiques des états qui ont freiné la compétitivité des entreprises.

SECTION 1 : LES MAUVAISES POLITIQUES DE L'ETAT

Les gouvernements africains ont conduit des politiques très volontaristes d'industrialisation qui se sont avérées être des échecs. Les causes immédiates de ces échecs sont définies comme étant :

- Les choix stratégiques faits par les Etats africains pour promouvoir eux-mêmes une industrie moderne en procédant à des investissements publics. La mise en oeuvre de ces stratégies sans souci suffisant des marchés et plus généralement sans souci des conditions locales a conduit à des entreprises non viables ou extrêmement fragiles :

- La mauvaise gestion des entreprises publiques ou semi publiques liée aux interférences de l'Etat et au mode de fonctionnement des sociétés africaines (le jeu des solidarités en groupe, le poids du chef de groupes) :

- le refus ou l'incapacité des gouvernements à créer les conditions favorables à l'émergence et au développement d'investissements privées par l'établissement d'un « Etat de droit » qui assure un environnement stable :

Les entrepreneurs n'ayant pour issue que le fait de rester discrets, informels autant qu'il leur est possible, afin d'échapper à la prédation de l'Etat et des détenteurs d'une parcelle de pouvoir.

- Les états ont adopté les politiques héritées du système colonial. Faute de pouvoir créer des richesses nouvelles par une augmentation de la productivité, jusqu'à présent impossible, les pouvoirs n'ont eu d'autres issues que de s'approprier les rentes ;

- Les investissements se sont révélés trop souvent inadéquats, surinvestissements et mal investissements caractérisent l'industrie africaine ;

- La sous capitalisation des entreprises qui a pour conséquence un recours excessif à l'emprunt et souvent l'utilisation de crédits à court terme onéreux, pour financer des actifs qui devraient l'être par d'autres ressources ;

- Dans les entreprises privées, l'interventionnisme de multiples administrations, le poids de la fiscalité officielle et de la parafiscalité grèvent les comptes d'exploitation des entreprises. Celles-ci sont de plus en plus vulnérables, d'où la tentation pour les petites entreprises de disparaître dans l'informel et pour certaines plus grandes, de développer un secteur souterrain à côté de leur activité officielle ;

Ces différentes défaillances et les réactions qu'elles suscitent sont source de non-compétitivité et de destruction du tissu industriel.

SECTION 2 : LE MANQUE DE COMPETITIVITE

Qu'il s'agisse d'exportation ou de parts de marché local que les entreprises africaines peuvent satisfaire, le problème de la compétitivité constitue le point focal de toute analyse. Les causes en sont multiples :

- tous les facteurs de production sont, à des degrés divers, d'un coût supérieur en Afrique à ceux de leurs concurrents, asiatiques notamment : main d'oeuvre, énergie, fret, crédit etc. ;

- Les entreprises sont dotées d'une infrastructure matérielle insuffisante et de ressources humaines limitées ayant un niveau d'instruction primaire et secondaire peu élevé, elles manquent aussi de personnel qualifié ;

- Au coût des facteurs de production s'ajoutent des coûts liés à l'environnement politique et administratif, à la pauvreté de l'environnement industriel et économique qui entraîne des coûts supplémentaires : nécessité de constituer des stocks de précaution, de doubler les équipements, de renforcer les effectifs dans certaines spécialités, de supporter les défaillances de fonctionnement des télécommunications etc. ;

- Au cours de la vague d'industrialisation qui a suivi les indépendances, chaque pays s'est doté d'équipements industriels directement concurrents entre eux ; on retrouve de ce fait les mêmes activités industrielles dans tous les pays ;

- La prolifération de la fraude fait partie des maux qui rongent l'industrie africaine. Outre le manque à gagner considérable que représente la fraude douanière pour les budgets de l'Etat, elle remet en cause la position concurrentielle des industries fabriquant localement les produits et entraîne la faillite de ces dernières ;

Les multiples problèmes rencontrés par le secteur industriel sont la cause de ses pertes de marché au niveau mondial.

CHAPITRE 3 : LA CRISE AGRAIRE

Des siècles de politiques inadéquates et d'échecs sur le plan institutionnel sont la cause première du manque de capitaux et du peu de compétitivité qui caractérise l'agriculture africaine.

La déficience des ressources causée par l'extraction de ces dernières a entraîné des effets tant directs qu'indirects, par son incidence sur les politiques. Les politiques sectorielles conduites par les Etats tout autant que l'évolution du coût des facteurs expliquent la dégradation actuelle.

L'absence d'investissement public dans le secteur rural et de soutien institutionnel a limité les opportunités pour les paysans et les agro-industries. Le manque d'investissements dans ce secteur a entraîné la vieillesse des vergers, le déficit de fertilité des sols des plantations, la déstructuration des filières.

L'Afrique a ainsi du mal à rester compétitive en face des producteurs des autres pays, les rendements des terres étant très bas. Or dans la plupart des pays africains, les produits étrangers qui sont les bases de la nourriture entrent sans taxe à l'importation, les paysans ne pouvant absolument rien faire face à la concurrence de prix si bas. Les agro-industries sont parfois obligées d'exporter à perte leurs surplus.

Le secteur agricole africain est mal géré, ou géré suivant des principes ignorant les réalités du marché mondial. La faible compétitivité externe apparaît ainsi comme l'une des conséquences directes de l'inadaptation des politiques à l'évolution du marché mondial.

L'environnement de l'agriculture africaine est illustré par :

- des coûts de revient élevé : les agro-industries africaines peuvent payer jusqu'à 7 fois plus cher leur gasoil ou 3,8 fois plus cher, leur électricité que leurs concurrents ;

- la compétitivité d'une société agricole africaine peut être remis en cause à tout instant par la lenteur des décisions de ses autorités de tutelle ou par la concurrence d'intérêts particuliers ;

- La gestion macro-économique des filières agro-industrielles africaines n'est pas assurée ;

- Les paysans vendent cher leurs produits agricoles, mais achètent très cher tout ce qui est nécessaire à leur travail ;

- Le commerce privé qui a parfois tendance à profiter du besoin de ressources financières des paysans au moment de la récolte pour lui acheter des grains à bas prix, et de la pénurie forte ou relative des mêmes denrées au moment de la soudure pour les revendre à prix fort, surtout quant il y a peu de concurrents ;

- La faible productivité du travail des paysans dus à une mauvaise alimentation ;

- Etc.

Ces facteurs entravent directement le développement agricole en haussant le coût du transport, en freinant l'adoption de nouvelles technologies, en élevant le coût des services sociaux et agricoles.

Les effets directs de la déficience du patrimoine naturel, et non seulement ceux de politiques néfastes, seraient donc responsables au plan des institutions et des marchés, de maintes défaillances qui maintiennent l'agriculture à la traîne. À cela s'ajoute la suppression brutale des subventions aux engrais pourtant capital, sous la pression du FMI et de la Banque mondiale sans laisser aux paysans et à tous les acteurs économiques le temps de s'adapter à une situation nouvelle en diminuant les subventions progressivement.

CHAPITRE 4 : L'ABSENCE D'INFRASTRUCTURES

L'Afrique, surtout si l'on exclut l'Afrique du Sud, est à la traîne du reste du monde sur presque tous les plans du développement de l'infrastructure : qualité, quantité, coût et égalité d'accès. En outre, au cours des dernières années, le fossé entre l'Afrique et le reste du monde s'est creusé. Ceci explique la perte de parts de marché de l'Afrique au niveau mondial.

Dans bien des pays africains, c'est sur les routes que s'effectue une bonne partie du transport de marchandises. Or, l'Afrique se trouve à la queue de liste lorsqu'il s'agit de densité routière, la plupart des gens sont plus éloignés d'une route en Afrique qu'ailleurs. En Ethiopie, 70 % de la population n'a aucun accès à des routes praticables en toute saison.

Le mauvais fonctionnement du réseau ferroviaire rend la distribution d'engrais coûteuse et inefficace et retarde la croissance de la productivité agricole qui pourrait inciter les consommateurs ruraux à dépenser d'avantage pour des produits industriels et créer des relations verticales pour l'industrie.

Le coût du transport aérien devrait être moins touché par les frontières et les distances, pourtant ce coût pour l'intérieur du continent est de deux à quatre fois plus élevé que pour la traversée de l'Atlantique. Il faut ajouter que dans de nombreux pays d'Afrique occidentale, le fret aérien est tout simplement inexistant.

Le manque de moyens de transport et de communication explique environ 25 % du déclin de la part africaine des exportations. En effet, des interruptions de production, des retards de livraison ou l'incapacité de communiquer raisonnablement bien interdisent le développement de produits à forte valeur ajoutée, qui doivent absolument être livrés à temps.

Le coût du transport en Afrique est le plus élevé au monde, le fret pour les importations coûte 70 % de plus en Afrique de l'Est et de l'Ouest que dans les pays asiatiques en développement.

Cette déficience de l'infrastructure a des conséquences multiples :

- Les coûts de revient sont élevés par rapport aux autres pays ;

- La croissance et la compétitivité industrielle à long terme de l'Afrique sont considérablement entravées par le mauvais état des infrastructures ;

- Le ralentissement de l'intégration aux marchés intérieurs, or même si elle est moins évidente que l'obstacle à la compétitivité mondiale, l'obstacle à l'intégration des marchés est préjudiciable pour la croissance ;

- Le manque de routes rurales praticables en toute saison, en particulier, condamne les zones rurales à l'isolement, à une production de subsistance et à des risques élevés ;

- La mauvaise infrastructure de télécommunications abaisse d'un point de pourcentage le taux de croissance de l'Afrique. Elle entraîne une faible compétitivité des prix qui explique environ 25 % du déclin de la part africaine dans les exportations mondiales etc. ;

L'absence d'infrastructures est l'une des causes premières du manque de compétitivité. Amjadi et Jeats concluaient en 1995, qu'en Afrique, le coût du transport est une barrière commerciale plus élevée que les droits de douane. Or, le coût du transport dépend de la qualité de l'infrastructure, selon des variables telles que, la densité du réseau routier, du réseau des routes revêtues, du réseau ferroviaire, et du nombre de téléphones par habitant.

CHAPITRE 5 : LES PROBLEMES FINANCIERS

L'Afrique est confrontée à un important déficit financier dû en partie à l'insuffisance de l'épargne et de l'investissement et aux réticences du système bancaire

SECTION 1 : INSUFFISANCE DE L'EPARGNE ET DE L'INVESTISSEMENT

En Afrique, la croissance industrielle dépend essentiellement de l'accroissement de la part des investissements dans le produit national. Des investissements plus élevés permettent la mise en oeuvre de nouvelles technologies dans la production. Or, l'investissement est en partie tributaire de l'épargne. L'investissement nécessaire à l'expansion industrielle nécessite l'accroissement de l'épargne nationale.

L'épargne provient des ménages, des entreprises et des administrations publiques.

L'épargne des ménages dépend fortement de leur niveau de revenu, mais elle est limitée par l'accroissement de la pauvreté. Les 80 % de la population active africaine n'ayant pas suffisamment accès au revenu monétaire car vivant de la subsistance. La propension globale à épargner des ménages africains (urbains et ruraux) dépasse rarement 3 à 5 % des revenus acquis à cause du manque de confiance envers le système bancaire.

L'épargne des entreprises est stimulée par des réductions d'impôts sur les bénéfices. Mais les coûts élevés réduisent considérablement ces bénéfices.

L'épargne des administrations publiques connaît un déficit croissant.

Ce déficit peut-être alloué au non-paiement des impôts et taxes par les entreprises. En effet en Afrique, les grandes entreprises appartiennent à des étrangers et ces derniers s'arrangent pour réduire les bénéfices à déclarer pour payer moins. Il y a aussi la prolifération de micro-entreprises qui hésitent à se développer pour réduire le risque d'être soumises à une réglementation contraignante ou aux abus de l'Etat. Le volume de l'impôt collecté baisse entraînant celle de l'épargne publique.

L'épargne africaine est faible par rapport aux autres pays en développement. Pendant les années 1990, sa part dans le PIB n'atteignait que la moitié de celle de l'Asie.

La part des investissements et de l'épargne dans le PIB pour l'ensemble de l'Afrique est tombée depuis la fin des années 1970 et le début des années 80.

Voir figure ci après

La faiblesse de l'investissement est en partie due à celle de l'épargne. Mais elle dépend aussi de la baisse de l'investissement public global et de l'investissement privé.

L'investissement public a diminué de moitié entre le début des années 1970 (12,6 % du PIB) et le début des années 1990 (5,6 % du PIB).

Les étrangers sont parfois réticents à investir. L'incertitude politique est grande, et dans les services publics traditionnels, le coût en capital est élevé, la durée prévue de l'investissement est longue et les bénéfices se présentent en monnaie locale plutôt qu'en devises. L'investissement semble donc à risque et l'investisseur étranger qui est disposé à investir peut exiger une prime de risque élevé.

Le plus souvent, les capitaux étrangers sont à la recherche de profit maximum et ne s'investissent que là où ils peuvent tirer ce profit en un minimum de temps. C'est pourquoi les capitaux engagés ne s'orientent que vers des activités qui permettent une récupération rapide du capital et qui ne rapportent parfois rien aux pays.

Les investissements étrangers sont faibles et même lorsqu'ils existent n'apportent qu'un profit dérisoire aux pays.

La faiblesse de l'épargne et de l'investissement dans les pays africains est l'une des causes de la fragilité des dynamiques de croissance et de la productivité.

SECTION 2 : LES PROBLEMES LIES AU SYSTEME BANCAIRE

Le développement est impossible sans un système financier efficace. Ce système devrait pouvoir mobiliser les ressources nationales et étrangères en vue d'investissements à forts rendements, servir d'intermédiaires entre les épargnants et les investisseurs pour réduire et répartir les risques, et offrir un accès général aux services financiers sans oublier les segments de la population qui vivent en marge de l'économie.

La qualité, la quantité, le coût et l'accessibilité des services financiers sont aussi importants pour le développement.

Cependant, le système bancaire pose de nombreux problèmes quant à l'accès au crédit ;

- Les banques attachent beaucoup d'importance à la garantie réelle qui freine l'élan de la clientèle potentielle vers le crédit car celle-ci ne peut pas toujours y faire face. L'inexistence ou l'insuffisance des garanties engendre le rejet de nombre de demande de crédits ;

- Les banques exigent des entreprises d'avoir une certaine visibilité sur les emplois à financer, visibilité qui présuppose les états financiers de l'investisseur et la description de l'environnement devant accueillir l'investissement. Or beaucoup d'industries africaines naviguent entre les secteurs formels et informels, et se trouvent généralement dans l'impossibilité de mettre à disposition une information comptable et financière sur une certaine période ;

- Les banques obligent les entreprises à constituer des déposits importants en garantie d'opérations de crédit documentaire, d'escompte commercial, de cautionnement etc., entamant dangereusement leur trésorerie. Cette pratique empêche les entreprises de financer le reste des charges et de rembourser à bonne échéance les concours bancaires accordés ;

- Il y a une certaine lenteur entre le moment du dépôt des dossiers et le moment de la réponse, ce qui leur fait souvent rater des opportunités commerciales décisives pour leur avenir.

- Elles offrent des crédits à court terme au détriment du financement de l'expansion et de crédits appropriés pour les importations et les exportations ;

- Les taux d'intérêt appliqués sont très élevés (8,25% et 13,25%). Les entreprises reprochent aux banques de ne pas appliquer des taux préférentiels. Les taux d'intérêt exorbitants grèvent sérieusement le prix de revient compromettant ainsi leur compétitivité ;

Les banques en Afrique sont loin de remplir leur rôle, elle sont attirées avant tout par le profit et ne financent que les entreprises qui ont une certaine assise financière, même si celles-ci ont peu d'utilité sociale. Les paysans quant à eux ont une infirme possibilité pour accéder aux crédits, les garanties imposées souvent inaccessibles pour eux.

Les obstacles externes sont pour l'essentiel, le poids de la dette, la détérioration des termes de l'échange, la politique protectionniste des pays développés et la structure du marché mondial.

CHAPITRE 1 : LE POIDS DE LA DETTE

Pour bon nombre de pays africains, l'endettement est devenu un problème crucial, qui risque d'entraver leur développement et même pour certains de les pousser vers le déclin.

Globalement l'endettement des pays en développement y compris ceux de l'Afrique a fortement progressé au cours des années 1970 en raison des disponibilités bancaires abondantes des pays créanciers et de taux d'intérêts relativement bas (10%). Les pays africains estimaient donc pouvoir emprunter de grosses sommes, puisque les recettes des produits d'exportation leur donnaient un gage pour le paiement des annuités futures.

Mais à partir des années 1980, la hausse des taux d'intérêt qui a atteint 40% a augmenté le poids de la dette. Dans la même période, les prix à l'exportation pour les principaux produits ont baissé. L'Afrique qui était endettée est devenue sur endettée.

De nombreux pays africains sont alors dans une situation très grave. Ils sont incapables de payer intégralement les annuités de la dette, les paiements partiels qu'ils font déséquilibrent leur balance des paiements. Ce service de la dette à la hausse épuise les ressources financières nécessaires au développement de ces pays où l'économie est stagnante.

Le poids de la dette des pays africains au sud du Sahara, déjà lourd en 1980, devient insupportable vers la fin de la décennie 90. Le stock total de la dette représentait à cette date 340,8% des exportations de biens et services contre 98,4% en 1980 et 106,1% du PNB contre 28,1% en 1980.

La dette est théoriquement estimée à 231 milliards. Cette somme est minime comparée à la dette de l'ensemble des pays du tiers monde, évaluée à 2200 milliards de dollars. Mais la dette africaine est un terrible fardeau pour des économies africaines qui comptent parmi les plus vulnérables du monde. Le service d'une telle dette est une véritable hémorragie financière, qui hypothèque l'avenir du continent. Par exemple dans les années 1990, l'Afrique Subsaharienne a transféré plus de 105 milliards de dollars à ses créanciers de l'OCDE, c'est à dire au club des pays les plus riches du monde.

Depuis 1988, plus de 65% de l'encours de la dette extérieure, presque les deux tiers, est composé d'arriérés d'amortissement et d'intérêts capitalisés. Depuis cette date, seuls 21,4 milliards de dollars d'argent frais ont été octroyés au continent. En revanche, au cours de la même période ,144 milliards en sont sortis, sous forme de service de la dette, soit près de sept fois les nouveaux apports au titre de la dette.

Il naît alors une perte de confiance en la solvabilité de ces pays entraînant l'élévation du niveau de l'incertitude quant au financement par les bailleurs de fond. Ces bailleurs sont aussi réticents à financer puis que estimant que dans la plupart de ces pays les sommes énormes empruntées ont été mal utilisé. Elles ont été employées pour des investissements non productifs qui ne sont pas capables de créer des richesses suffisantes pour payer les annuités des emprunts.

Cette dette trop élevée à payer hypothèque l'avenir des pays africains emprunteurs en ce sens qu'elle freine le développement et limite l'investissement des bailleurs.

Elle est devenue aussi la manifestation la plus visible de l'interdépendance entre pays industrialisés et pays en développement, à travers le fonctionnement du système monétaire international.

Les pays africains ne pourront payer les annuités correspondant à leur dette que s'ils parviennent à se donner une balance des paiement excédentaire, ce qui suppose le plus souvent une Balance également excédentaire du commerce extérieur. Cela n'est pas rendu facile par les politiques des pays développés.

La dette est un instrument de recolonisation pure et simple, comme le prouvent les programmes de privatisation, de libéralisation et toutes les autres conditionnalités imposées par la Banque Mondiale et le FMI aux pays africains, en réponse à la crise de la dette.

CHAPITRE 2 : LA DETERIORATION DES TERMES DE L'ECHANGE

Cette expression désigne la diminution du volume de marchandises industrielles qu'un pays pauvre peu acheter avec une quantité donnée de ses produits agricoles ou miniers.

Les termes de l'échange se sont dégradés de façon croissante au file des décennies.

Cette dégradation entraîne une situation particulièrement dommageable à toute politique de développement en rendant variable d'une année sur l'autre les ressources en devises disponibles pour l'investissement, en augmentant certaines années la sous-utilisation des capacités de production existantes et en réduisant l'activité économique interne.

Les causes de la détérioration constatée pour certains pays et produits sont nombreuses. Parmi celle-ci, les plus fréquemment citées sont :

- la réduction de la quantité de matières premières utilisée par unité de produits industriels ;

- l'inégalité des pouvoirs de négociation entre petits producteurs et filiales de grosses sociétés ce qui ne permet pas aux premiers de bénéficier des gains de productivité qu'ils sont susceptibles de réaliser ;

- La subvention des agriculteurs des pays développés : 70 % de la production mondiale bénéficie de subventions directes à la production, mais l'Afrique n'a pas les moyens financiers pour faire de même ;

- L'inélasticité relative de la demande de produits primaire par rapport à celle des produits manufacturés ;

- L'utilisation de produits de synthèse (textile, caoutchouc etc....) ;

- La forte croissance de l'offre de certains produits primaires ;

- Les ventes de société - mère à leur filiales font que, dans bon nombre de cas, les prix ne sont pas déterminés par des marchés de type concurrentiel, mais sont administrés ;

Cette détérioration des termes de l'échange illustre l'incapacité de l'OMC de faire respecter les règles de base de l'organisation à savoir le libre échangisme.

Les pertes attribuables aux termes de l'échange pendant la période 1970-1997 ont représenté près de 120% du PIB.

CHAPITRE 3 : LA POLITIQUE PROTECTIONNISTE DES PAYS DEVELOPPES

Les produits africains font face de plus en plus aux restrictions des pays développés. Et il semblerait que les organisations internationales ne plaident pas en leur faveur. En effet, l'OMC comme elle le prétend est loin d'être au service de la concurrence loyale. Alors qu'on développe dans les médias dominants un discours « contre la corruption », l'OMC veut interdire aux pays africains le contrôle par leurs inspecteurs, des prix facturés par les exportateurs occidentaux, un moyen idéal à la fois pour le transfert de capitaux et la corruption.

Les produits de base de l'exportation africaine comme les textiles, les produits agricoles, les produits miniers etc. sont exclus de la gestion de l'OMC.

En outre c'est dans le cadre de ces organisations que les pays du nord imposent des mesures phytosanitaires, des normes techniques, des barrières environnementales, des règles d'origine etc. qui inhibent le potentiel compétitif des pays africains. Or les pays africains n'ont pas l'infrastructure et les moyens pour certifier leur propre produit, et leur certification peut ne pas être acceptée par les pays développés consommateurs.

De plus, les tarifs imposés par le Nord sur les produits manufacturés importés du Sud restent quatre fois plus élevés que pour ceux venant d'autres pays du Nord.

Par conséquent, les produits africains n'ont pas accès aux marchés protectionnistes du Nord tandis que la mondialisation se limite aux pays du Nord.

CHAPITRE 4 : LA STRUCTURE DU MARCHE MONDIAL

Le marché mondial est depuis longtemps, déséquilibré parce que composante et reflet de la mondialisation qui, elle même, implique polarisation et marginalisation. Cette asymétrie s'exprime, d'abord, par le fait que les différents mécanismes mis en place : les accords du cycle de négociations d'Uruguay, les règles de jeu de l' OMC, les dispositions de la convention de Lomé pour les ACP, etc. reflètent le déséquilibre des forces en présence, notamment dans les négociations et pouvoirs de marchandage entre la coalition des pays économiquement riches et puissants et ceux du tiers monde.

La libéralisation et l'ouverture des marchés sont quasi obligées pour ces derniers alors que les marchés des premiers restent encore fermés aux pays du Sud, surtout dans les domaines où ils sont moins compétitifs.

L'asymétrie relève d'un phénomène plus fondamental : le fonctionnement de la mondialisation dont le marché n'est qu'un terrain d'expression. En effet, bien que censée ouvrir des opportunités à tous la mondialisation fonctionne plutôt comme un processus de polarisation, d'accumulation inégale de richesses et de marginalisation entre pays industriels et pays pauvres du Sud.

Cette asymétrie et cette polarisation montrent que la concentration des richesses du Nord, particulièrement dans les pays industrialisés, fait que l'essentiel de la demande sur le marché mondial provient de ces pays, et que les vrais forces qui commandent l'économie et les marchés mondiaux y sont concentrées.

Il en résulte que les pays comme ceux de l'Afrique sont appelés à s'ajuster à ce processus, à satisfaire la demande des pays industrialisés, si tant est qu'elle s'adresse à eux de manière significative et accorde une certaine part de marché aux produits africains. On peut déjà prendre la mesure des limites, pour l'Afrique, des stratégies de développement basées sur la réponse à la demande du Nord.

Les causes de l'échec de l'Afrique au niveau des échanges mondiaux sont multiples. Cet échec peut être attribué aux mauvaises politiques économiques, au manque de moyens techniques et financiers, à l'insuffisance des investissements étrangers, aux restrictions des pays industrialisés etc...

CHAPITRE 5 : SUGGESTIONS

L'Afrique malgré le grand découragement qu'elle suscite peut sortir de la crise. Elle dispose pour cela de nombreuses possibilités.

SECTION 1 : LES SOLUTIONS INTERNES 

L'Afrique doit avant tout compter sur ses propres forces. Elle doit pour cela : 

- Rechercher une autonomie collective : l'unité africaine peut contribuer à abolir la marginalisation politique et économique, à créer de nouvelles structures en dehors de l'héritage coloniale et à protéger les intérêts africains lors des négociations de nature politique et économique ;

- Améliorer le rôle de l'état : les états doivent se doter de la capacité nécessaire pour qu' il y ait réponse rapide, efficace, adéquate et diversifiée aux politiques mises en oeuvre . Ils doivent jouer un rôle important dans l'ouverture de l'économie soit par la subvention directe des activités visant à l'internationalisation de ses effets externes, soit par le soutien de regroupements institutionnels inventifs. Ils doivent donc se charger de la transformation structurelle et aider à surmonter les imperfections du marché ;

- Restructurer l'industrie : l'industrialisation est un moyen de lutte contre le sous développement car la croissance et le développement ne peuvent se concevoir autrement que par l'ascension d'un pays dans la hiérarchie des pays industrialisés. En effet, l'industrialisation accroît les débouchés et permet une meilleure utilisation de tous les facteurs de production y compris des millions de bras qui chôment ;

- Développer les agro-industries : les secteurs agro-industriels de l'Afrique comprennent une série d'industrie caractérisées par un avantage comparatif potentiel ;

- Accroître la part de marché des exportations agricoles : il faut promouvoir le développement de certaines cultures d'exportation qui, d'après les critères internationaux ont un rendement faible, investir dans l'exportation des produits de base pour augmenter leur part de marché ou pour récupérer les parts perdues ;

- Encourager l'épargne et l'investissement : pour augmenter le taux de croissance économique, il faut accroître l'épargne et l'investissement. Il faut donc une stabilité macroéconomique pour stimuler l'épargne et l'investissement qui est un moyen d'incorporer le progrès technique ;

- Un climat économique qui stimule l'épargne et l'investissement intérieurs attirera probablement aussi l'investissement étranger. Encourager les micro entreprise et les PME : la croissance de l'emploi suscitée par les micro entre prise serviront à réduire la pauvreté au niveau de la population ;

SECTION 2 : LES SOLUTIONS EXTERNES 

Les pays développés ont aussi un rôle à jouer dans la résolution de ces problèmes :

- L'allègement de la dette : pour réaliser les objectifs du développement international d'ici 2015, il faut empêcher l'augmentation du nombre de pauvres ce qui exige un taux de croissance de 5% tandis que la réduction de moitié du nombre de pauvres de moitié d'ici 2015 exige un taux de croissance de 7% ou plus. Il est donc nécessaire qu'il y ait une inversion de la fuite des capitaux (pays développés vers pays en voie de développement) par la suppression ou l'allégement de la dette ce qui peut représenter un supplément de ressources. Les pays développés doivent aider les pays emprunteurs en maintenant un environnement économique sain, réduire les taux d'intérêts dans le monde et y maintenir une croissance forte ;

- L'ouverture plus large des frontières aux exportations africaines : les pays riches qui souhaitent se faire rembourser doivent en déduire qu'il leur faut ouvrir le plus possible leurs frontières aux exportations africaines il est donc de l'intérêt commun que les barrières économiques s'abaissent et que les négociations des organisations internationales progressent favorablement ;

- Orienter l'aide au développement : il est vital pour l'avenir de l'Afrique que l'aide apportée par les bailleurs de fonds contribue à lui permettre de prendre ses affaires en main, et de résoudre elle même ses propres problèmes. Les programmes d'aide devraient porter sur des réflexions portant sur la situation du pays considéré, ses sensibilités, ses caractéristiques sociales et socioculturels, les chances de développement de tel ou tel secteur d'activité etc. Et même si les pays bénéficiaires n'ont pas les moyens d'effectuer de tels études, pourquoi les pays donateurs ne le feraient ils pas ?

CONCLUSION

A l'échelle mondiale, les pays dont l'économie a connu la croissance la plus rapide sont ceux qui ont participé le plus activement à la mondialisation.

Les accords de réduction des barrières commerciales issus des négociations internationales qui sont mis en oeuvre ont imprimé un nouvel élan à l'expansion des échanges mondiaux.

L' Afrique ainsi que les autres pays de la planète sont poussés dans une dynamique d'échanges internationaux régis par des règles visant à faire respecter le libre échangisme.

Cependant comme l'a reconnu le sommet des sept à Lyon la mondialisation ne se fait pas au bénéfice de tous. En effet même si les avantages de mondialisation de l'économie semblent de manière globale plus importante que les coûts qu'elle engendre, ces gains masquent en fait certaines disparités parmi les acteurs plus particulièrement dans les pays en voie de développement.

Les pertes estimées de la mondialisation ont surtout touché les pays les moins avancés, et donc la majorité des pays d'Afrique Subsaharienne.

Ces pertes de revenus en devises de l'ordre de 1.2 milliards de $ par an pour l'Afrique ont des répercussions importantes sur la croissance économique et la pauvreté dans ce continent (économie quasi stationnaire et accroissement de la pauvreté.

Il n'est donc pas possible de parler de bénéfice de l'expansion du commerce international pour l' Afrique, les pertes subies étant plus importantes que les gains réalisés.

Les raisons de telles distorsions sont multiples et tiennent à la fois à la faiblesse de certaines politiques nationales, aux pressions des forces extérieures (pression de la BM et du FMI à travers les PAS), à l'inégalité et à la discrimination des législations internationales, trop favorables aux forts et écrasantes pour les faibles, à la dette trop lourde à supporter et au déséquilibre intrinsèque du processus de globalisation.

Le processus de mondialisation est donc faites de deux mondes, d'un coté ceux qui en bénéficient et qui sont minoritaires et de l'autre ceux qui subissent les conséquences et qui sont majoritaires.

L'Afrique est le continent qui semble le plus intégré dans la mondialisation et qui en dépend le plus. Des solutions doivent donc être trouvée pour qu' elle sorte de la crise qu'elle traverse, solutions qui doivent venir aussi bien de l'Afrique elle même, mais aussi des pays développées.

Diverses politiques sont mises en oeuvre à ce effet. Il y a entre autre le développement de la culture de la démocratie, l'ouverture des marchés américains dans le cadre de l' AGOA, la suppression de la dette des 18 pays les moins avancés dont les 14 sont africains( pour un montant de 40 milliards) par les pays du G8 etc.

L'Afrique saura t-elle tirer parti de toutes ces opportunités qui s'offrent à elle ?

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- L'Afrique peut-elle revendiquer sa place dans le 21eme siècle : 

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