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le souci comme être du Dasein chez Heidegger Martin

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par Serge MUTUMBO
Institut saint Jean Bosco kansebula - Graduat en philosophie et sciences de l'éducation 2003
  

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CONCLUSION GENERALE

Les lignes suivantes marquent avec des traces inoubliables l'achèvement de notre travail qui a été intitulé : « le souci comme être du Dasein chez Martin Heidegger ».

Ce modeste travail s'est articulé en trois chapitres sans compter l'introduction générale et la conclusion générale dont le premier s'est focalisé sur l'être-au-monde comme être-avec-autrui et être soi. Dans ce chapitre, nous avons commencé par définir, identifier le Dasein qui est l'étant que je suis moi-même. L'être-là est l'étant que je suis moi-même, c'est toi, c'est nous, c'est vous, en bref c'est l'homme qui est l'étant privilégié par rapport aux autres étants qu'il rencontre dans le monde où il est jeté. Il possède le caractère d'être-soi. Il est subsistant. C'est un sujet qu'on ne pourra en aucun cas réduire à un objet, une chose.

Et nul ne peut comprendre l'être-là sans faire référence aux autres qui sont avec lui dans le monde. Il est un être-au-monde toujours et déjà coexistant avec les autres. Il ne peut nier leur existence parce qu'il est ontologiquement lié aux autres qu'il rencontre dans le monde.

Le philosophe de Fribourg trouve que l'être-là ne rencontre pas seulement les autres hommes comme lui, mais aussi des outils qui sont dans le monde ambiant et qui renvoient à leurs fabricants. Avec cette découverte, Heidegger renforce sa pensée qui affirme que l'être-là est existentialement un être-avec-autrui. Nul ne peut clamer qu'il est seul. Il n'y a pas des cavaliers solitaires. Il est toujours avec les autres même à travers les outils, vêtements qu'il utilise, qui ont été fabriqués par les autres hommes. Et c'est ainsi que Heidegger dit que l'être-là vivant dans le monde avec les autres auxquels il est lié d'une manière existentiale ne peut pas ne pas être dans l'assistance qui est une constitution pour lui comme un être-avec-autrui. L'assistance selon Heidegger a deux dimensions : positive et négative. Dans la première dimension, l'être-là veut que l'autre soit responsable et prenne sa vie, son être en main. Il veut que l'autre puisse être capable de résoudre ses problèmes et soucis. Tandis que dans la deuxième, l'être-là veut se substituer à l'autre. Ce denier doit être-là sans aucun souci puisqu'il y a l'aide qui viendra de son assistant. Cette forme d'assistance ne permet pas à l'autre de grandir et d'être responsable. Au contraire, elle le rend dépendant pour ne pas dire parasite. Cet autre que le Dasein assiste est un doublet de soi puisqu'il est comme moi de par sa constitution ontologique. Et la relation entre les Daseins est possible dans la mesure où chacun a approfondi les profondeurs de son être qu'il découvre qu'il est toujours et déjà un être-avec-autrui.

C'est dans le souci de l'être-là de quitter l'anonymat pour son être-soi que le deuxième chapitre a trouvé son champ d'action. Il a été question de montrer comment le souci est l'être de l'être-là. Nous avons trouvé que le Dasein a le souci de son être mais pour que ce souci soit vrai et authentique, il doit passer par l'autre qui est lié ontologiquement à lui puisqu'il est un être-au-monde impliquant l'être-avec-autrui. Et en parlant de l'être-là qui est un être-au-monde, nous avons parlé de l'angoisse qui est le sentiment qui révèle le mieux le Dasein. Et du fait que le Dasein est un être-au-monde, il est directement angoissé. C'est l'être-au-monde qui est angoisse de l'angoisse. Elle vient du rien qui n'est nulle part. Elle stimule l'être-là à quitter la déchéance pour son être-libre dans l'authenticité. Et dans l'angoisse, nous ressentons le sentiment d'étrangeté. Il y a le dépaysement. Nous nous sentons étranger dans l'angoisse puisque nous sommes dans le monde déchu qui nous rend inauthentique. Ce sentiment d'angoisse qui nous rend étranger nous pousse à quitter cet état d'anonymat « on » pour la vérité de son être-soi-libre dans l'authenticité.

Le souci comme être du Dasein nous a conduit à découvrir que l'être-là est caractérisé ontologiquement par le souci d'être toujours et déjà plus soi-même dans son être. Le Dasein est un être qui est appelé à être dépassé de soi-même pour un être-plus. Jamais l'être-là ne pourra arrêter cet élan de son être d'être toujours et déjà un être-en-avant-de-soi-même. Il se projette vers un plus tandis qu'il est dans ce monde déchu où il est jeté. Il n'est pas isolé dans cet appel à être-plus parce qu'il y va de son être d'être-au-monde qui implique d'être-avec-autrui. Et comme il est un être-avec-autrui, l'être-là doit se préoccuper de l'étant qu'il rencontre dans le monde ambiant. La coexistence lui oblige l'assistance puisqu'il est ontologiquement un être-avec et aussi un être-auprès-de-l'étant-disponible qu'il rencontre dans le monde déchu.

Le Dasein qui a le souci comme son être a en lui deux nécessités ontologiques dont il ne peut s'en passer en aucun cas. Il s'agit du vouloir et du souhait. La première nécessité (vouloir) aide le Dasein à arriver à son être parce qu'il est un pro-jet qui ne peut pas ne pas vouloir. Il veut quelque chose, quelqu'un puisqu'il est un être-avec. Son vouloir est toujours de quelque chose. Tout vouloir a toujours et déjà un voulu. On ne peut vouloir le néant, le vide, le chaos. Tandis que le souhait aveugle le Dasein dans la prise de conscience des possibilités qu'a son être. On souhaite beaucoup de choses dans le monde et on oublie par ce souhait de s'occuper de son être qui est rempli des possibilités reçues de l'être. Nul ne pourra enlever l'impulsion qu'a le Dasein de vivre ni même essayer de rompre l'inclination qu'a celui-ci de se préoccuper pour la vie qu'il mène dans le monde où il habite comme pro-jet.

Le témoignage préontologique nous a montré clairement comment le Dasein est fait du souci qui l'a engendré dans son existence. Il est dans le souci qui est son être tant qu'il vit dans le monde où il est jeté facticiellement. Il y a des possibilités qui font qu'il ait le progrès dans son être puisqu'il a la capacité de devenir ce qu'il peut être grâce au souci qui est existential. L'être-là est ontologiquement souci.

Comme toute oeuvre humaine est marqué d'incomplétude puisque l'homme lui-même est ontologiquement fini et caractérisé par des manques, des failles et insuffisances, le troisième chapitre a vu le jour pour critiquer notre auteur. Nous avons relevé les points positifs et les insuffisances de notre maître à penser avec plus d'objectivité possibles.

Ainsi, nous avons découvert que notre auteur a le mérite d'avoir considéré l'homme comme étant l'étant le plus privilégié de tous les autres étants. Cette supériorité est due au fait que l'être-là est le lieu d'ouverture de l'être. Il est le berger de l'être. Le Dasein a la charge de veiller à la vérité de l'être. En plus de cela, l'auteur de Sein und Zeit trouve encore que l'être-là est un être-au-monde et cela fait qu'il soit un être-avec-autrui qui lui exige l'assistance positive qui veut que l'autre prenne en main ses soucis à travers les possibilités.

Heidegger découvre que le souci est l'être du Dasein puisqu'il le pousse à être en avance toujours et déjà par rapport à lui-même dans son être. Il est un projet qui se fait, se réalise toujours tant qu'il existe dans ce monde où il est jeté comme pro-jet. Et le souci est la structure unitaire du Dasein qui le tient dans son être.

Notre maître à penser montre que nous sommes toujours des êtres avec les autres. Nul ne pourra dire qu'il est vraiment seul puisque même dans la solitude, il se sert toujours des instruments, des outils qui renvoient à leurs fabricants. Et donc étant avec les outils, on est d'une manière ou d'une autre avec ceux qui les ont fabriqués. Pour notre auteur, la solitude absolue n'existe pas. Et même dire qu'on est seul n'est pas vrai puisque cette solitude est inconsciente puisqu'on est toujours et déjà avec les autres. C'est un existential d'être-avec-autrui.

Le philosophe allemand a compris qu'étant dans le monde, le sentiment d'angoisse nous envahit. Et ce qui angoisse l'angoisse est le monde comme tel. Cette angoisse vient de rien et n'est nulle part. le dépaysement, le sentiment d'étrangeté que nous avons dans l'angoisse nous pousse à mobiliser nos forces, nos potentialités pour la perfection de notre être puisque dans le monde on ne sent pas chez soi. Nous devons travailler pour notre être et c'est cela le souci qui est l'être du Dasein et qui le caractérise.

Méthodologiquement notre auteur a réalisé une révolution. Contrairement à la métaphysique traditionnelle qui partait des concepts abstraits tels que la notion de l'être en tant qu'être pour descendre à l'homme en dernière position, Martin Heidegger part de l'homme que nous sommes qui est capable de s'interroger sur son existence, sur son être et celui des autres pour arriver à l'ontologie. Il s'est servi de la base anthropologique pour aboutir à l'ontologie.

Nous devons reconnaître qu'à côté de ses mérites, il y a des insuffisances dans sa pensée. Il a parlé largement de l'être, mais curieusement il ne l'a pas identifié. Comment l'être qui donne d'être aux étants avec une identité concrète peut manquer lui-même d'identité ? L'être doit avoir une identité personnelle. Il ne peut pas être impersonnel comme l'a souhaité notre maître à penser.

Le philosophe allemand dit que le Dasein est jeté dans le monde. Nous trouvons que l'être qui est bon, qui se communique, ne peut nous jeter dans le monde comme des choses dont il ne prend pas en considération. Il est mieux de dire que l'être nous engendre au lieu de dire qu'il nous a jeté dans le monde. L'être qui nous donne d'être est bon et se communique à ceux qui ont reçu son être. Il ne peut nous jeter mais plutôt il nous engendre puisqu'il est bon.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius