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Impact socio économique du "Matouké Rubber Developpement Project" sur le développement rural. Cas de Matouké

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par Christian Charles ELOUNDOU ETOUNDI
Université Dschang - Cameroun - Ingénieur des travaux agricoles option économie et sociologie rurale 2009
  

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CHAP IV : RESULTATS ET DISCUSSIONS

Notons de prime abord que nos enquêtes ont porté sur la zone MATOUKE (Matouke village, camp 1, 2,) et que cette localité est entourée des plantations de la CDC de Penda Mboko et Matouke Estates.

> La population totale de la zone Matouké estimée est à : 1650 habitants dont 36% de femmes et 74 % d'hommes. Malgré cette distribution de la population a priori avantageux pour la réalisation des taches physiques du projet,la réalité est toute autre chose ,la main d'oeuvre féminine du projet représente une proportion de 47,11%.

Ces chiffres font ressortir une information essentielle, un pourcentage de 74% de femmes est avantageux pour le projet qui devra solliciter permanemment une main oeuvre puissante et forte. Bien que ce ne sont que majoritairement les femmes qui se présentent lors des recrutement par le MRDP.

TABLEAU No 6 : Principales occupations des habitants dans la zone Matouke

Métiers dans la communauté

Nombre de personnes.

Pourcentage

Agriculture

600

36,36%

Elevage

17

1,03%

Commerce

40

2,42%

Travailleurs CDC

940

56,98%

Autres (fonctionnaires ou agents publics, pêcheurs, moto taximen...)

53

3,21%

SOURCE: Auteur

Le Tableau N°6 montre que les agriculteurs de fonction et les travailleurs de la CDC représentent respectivement 36,36% et 56,98%. Chose apparemment normale puisqu'il faut noter que la CDC est le deuxième gros employeur après l'Etat du Cameroun. Pour les 36,36 % c'est

quand même étrange pour une zone rurale camerounaise, puisque bien étant travailleurs à la CDC les populations devraient avoir une parcelle de manioc, de pastèques ou bien qu'autres spéculations. Pourquoi ce chiffre ? Y a t-il un manque de terre ? Nos enquêtes nous révèlent qu'après la cession des terres de la localité par l'Etat à la CDC en 1978, le nombre d'agriculteurs a chuté à plus du triple, puisqu'il faut maintenant débourser 8.000 FCFA pour la location d'un Hectare/an à la CDC pour exploiter les parcelles. Chose très difficile pour un village où le revenu minimum mensuel est de 20.000 FCFA. Et très peu travaillent au MRDP comme le montre le Tableau N°7.

> Les natifs (autochtones de Matouké) qui travaillent dans le projet

TABLEAU No 7 : origine des travailleurs

Natifs

Non- natifs

Total

20

759

779

2,57%

97,43%

100 %

Source: MRDP

Pour un projet qui veut faire participer la population au développement, 2.57% se trouve endessous de ce qu'aurait espérer un modèle de développement participatif, interrogés pour les explications à propos, les responsables du projet disent que les natifs sont faibles et fuient le travail. Pour le chef du village ce sont les conditions de travail que proposent la CDC à sa population. Il est à noter que 19 de ces natifs se trouvent dans la catégorie 2A donc n'ont pas plus de 40.000 FCFA/ mois s'ils remplissent la tache de huit heures de travail par jour et un seul est à la 4éme catégorie. « Vous vous rendez compte, avec ces conditions, les natifs sont obligés de trouver d'autres activités pour joindre les deux bouts, le vol du caoutchouc est déjà une conséquence de cette situation » parole d'un notable du chef du village Matouke. Leurs terres étant toutes données à la CDC les femmes sont obligées de se plier aux conditions de travail inhumaines du projet avec même des bébés au dos, ce qui fait à ce qu'on retrouve presqu'autant de femmes que d'hommes dans le projet comme l'indique le Tableau No 4.

> le genre des travailleurs du projet MRDP .Au 18 août 2010 le projet compte 779 employés avec 667 permanents et 112 non permanents (à contrat saisonnier).

TABLEAU No 8 : genre dans le projet

HOMMES

FEMMES

TOTAL

412

367

779

52,89%

47,11%

1OO %

SOURCE: MRDP

Le Tableau N°8 présente le danger que court le projet avec un taux de femmes de (47,11%) comme ouvriers, le taux de travailleurs de sexe masculin est nettement plus petit que celui des femmes car presque 97 % des responsables sont des hommes et à priori ne participent pas concrètement au travail. Et l'utilisation de ces femmes aura plus loin des conséquences aux niveaux de l'accroissement de la population, ces ouvrières sont 8 heures durant la journée dans les plantations entrain de travailler et rentrent toutes fatiguées et n'ont pas le temps de pérenniser l'espèce humaine pour assurer les futurs ouvriers du projet. Ou encore les enfants de moins de 16 ans laissés à la maison causent un problème dans la mesure où dans cette localité c'est généralement le couple qui travaille pour ceux qui sont à la CDC et les enfants n'ont vraiment pas d'éducateur parental permanent à la maison pour corriger leurs bavures et ce sont ceux là qui volent parfois le caoutchouc ou encore fuient les cours.

> La répartition d'âge des travailleurs du projet

TABLEAU No 9 : Répartition des âges des travailleurs du projet

<20 ans

20-29 ans

30-39 ans

40-49 ans

50ans <

H

F

H

F

H

F

H

F

H

F

78

29

226

201

103

112

15

3

10

2

SOURCE: MR

Pyramide des ages des travailleurs

TABLEAU No 10 Nombre de travailleurs par classe de salaire mensuel( (FCFA/mois)

< de 30.000

30.000-100.000

100.000-250.000

250.000<

TOTAL

0

766

11

2

779

0%

98.33%

1.42%

0.25%

100%

SOURCE: MRDP

Le Tableau NO 10 montre la situation salariale des travailleurs du MRDP, plus loin on verra dans le tableau No8.,le nombre des recrutements de cette année 2010 qui est mentionné à 250 et 250 pour l'année d'avant et notons que ,tout nouveau travailleur commence à la catégorie 2A(31.000fcfa/mois) c'est à dire qu'il se trouve dans l'intervalle de 30.000 -100.000 FCFA / mois d'où cette tranche contient au moins 500 personnes avec un salaire de moins de 40.000/mois puisqu'il faut 3 ans pour changer d'échelons. Moralité seulement 20 travailleurs étaient des natifs et que 19 parmi eux étaient à la catégorie 2A. A la question pensez vous que le MRDP est venu changer la situation économique des autochtones ? Le chef du village Matouke nous a répondu "oui"mais négativement puisque dit-il,ces natifs viennent polluer son village avec des cases construites avec de vieilles tôles et leurs enfants mendient partout et font à ce qu'on nous appelle des voleurs de caoutchouc.

TABLEAU No 11 : Les abandons par les travailleurs des trois dernières années ;

Années

2008

2009

2010

Effectifs

8

14

31

Taux d'accroissement

/

75 %

121,43 %

SOURCE: MRDP

Le taux d'accroissement des abandons devrait être un indicateur pour le MRDP, à ce taux d'accroissement de 121,43% tous les ouvriers vont fuir les travaux trop pénibles et mal payés, notre descente sur le lieu d'exécution du projet nous a révélé que les fiches techniques des travaux considèrent une tache de 80 points pour le défrichage jadis utilisée pour une forêt primaire, alors que la présence de Imperata cylindra renvoie à une forêt secondaire qui est plus difficile à défricher qu'une forêt primaire ,ce qui donne généralement une moyenne de 5 heures de travaux par jour pour les ouvrières or pour avoir 1650 FCFA de pointés par jour il faut

travailler 8 heures5 .Ces abandons constants poussent le projet à recruter permanemment comme l'indique le Tableau No 12

TABLEAU No12 : Les recrutements du projet des trois dernières années

Années

2008

2009

2010

Effectifs

52

250

250

SOURCE: MRDP.

TABLEAU No 13 : Présence des infrastructures de base dans le village (observations)

Infrastructures

Présence

 

Qualité

 

Participation de la CDC à sa mise en place

Routes

Oui Km)

(20

Impraticable saison des pluies

en

A 50% puisqu'elle n'aménage que les pistes de ses plantations

Electrification

Non

 

R.A.S

 

R.A.S

Points d'eau potable

Oui

 

Mediocre

 

0%, coopération japonaise

Hôpitaux

Non

 

R.A.S

 

La CDC n'admet pas les habitants du village dans ses centres de santé

Ecoles

Oui

 

Bonne

 

0%, projet PPTE

SOURCE: Auteur

La route principale qui relie Camp 1 au village est le cimetière de beaucoup de motos, et même engins du projet, cette route longue de plus de 20 km jusqu'au bureau du projet est aussi l'une des raisons de la fuite du travail par natifs désirant travailler au projet car longue et impraticable en saison de pluies .Les villageois disent que cette route a juste été aménagée par la CDC après avoir trouvé une piste dans les années 70,aujourd'hui ce sont les tracteurs et les grosses cylindrées de la structure qui l'ont rendu encore impraticable .La route étant le début de tout investissement le village Matouke est loin de toucher au mot développement avec la CDC dans ces conditions.

Le manque d'électricité dans le village laisse perplexe car dans moins de 3 ans l'agro-industrie devra installer ses camps au village pour continuer leurs opérations et laisser dans l'obscurité les populations qui vous ont accueilli dans les années 70 et vous donnez ces enfants comme ouvriers c'est être inhumain quand on se rappelle que la SPM ( la Société des Plantations de Mbanga ) à

5 Les 8 heures correspondent à un Homme/jour à la CDC et pour les avoir dans le cas du défrichage il faudra défricher autour de 80 pieds d'hévéa à raison d'un écartement de 7 m x 2,8 m

coté, fait profiter les populations riveraines de nombreuses aides sociales et finance certains projets( assistance dans la création des plantations villageoise,adduction d'eau potable ...) .

Où le bât blesse c'est le fait que la CDC refuse que les villageois non travailleurs profitent des offres de santé il sont obligés de faire beaucoup de kilomètres pour aller se faire soigner à Mbanga.

L'éducation a fait naître l'esprit d'auto promotion permettant aux villageois de solliciter l'implantation d'une école privée catholique dans le village on pourrait alors se demander si CDC n'a pas voulu former ses potentiels ouvriers de demain en construisant une école même primaire. Toutes ces frustrations sont partagées par la population comme le montre le résultat de cette enquête sur les apports du Matouke Rubber Development Project dans le village ,90 % de la population pense que le MRDP est venu régresser l'économie du village et seulement 10% ont un sentiment mitigé car disent-ils certains de nos enfants y travaillent.

A la question pourquoi le MRDP a régressé leur économie ?

Tous répondent « ils ont arraché nos terres »
A la question quelles étaient vos attentes ?

36.9 % la construction des routes 20 % l'électrification

19.3 % la construction des écoles 16 % l'offre de d'eau potable

12.8 % la construction des hôpitaux

Les sentiments des travailleurs du projet.

100 % des cadres dirigeants du projet (SFA, JFA, FA, P Accounter) pensent que le projet a été mal conçu et que le développement rural ne peut pas suivre sur cette lancée.

87 % des réponses des employés sur les problèmes cruciaux du projet avaient ; le manque de logistique de travail et l'état de la route

Le projet a beaucoup de problèmes à suivre les résultats de cette enquête, une guerre en sourdine est née entre les natifs, et la structure même avec les travailleurs.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams