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La radiodiffusion au cameroun de 1941 à 1990

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par Louis Marie ENAMA ATEBA
Université de Yaoundé I - Master II en Histoire des Relations Internationales 2011
  

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I.2. Un événement inédit : la régionalisation de la radio

En 1962, Radio-Buea fut créée. Radio-Buea était en effet la troisième station provinciale de la radio camerounaise. Par la suite, le processus de dissémination de la radiodiffusion s'arrêta au Cameroun. Il reprit en 1978. L'ambition avouée de Monsieur Ahidjo, alors Président de la République, était de « réaliser un conglomérat de tribus, une nation une et indivisible ». À son avis, la radio nationale du Cameroun devait être le socle sur lequel devait se bâtir l'unité nationale.

I.2.1. Les raisons de la dissémination

Le processus de dissémination de la radiodiffusion au Cameroun avait repris avec la création de Radio-Bertoua en 1978, et de Radio-Bafoussam en 1980. La dissémination de la radiodiffusion du Cameroun était liée aux contextes politiques, économiques et sociaux.

La dissémination de la radiodiffusion du Cameroun était liée à la superficie du pays, qui s'évaluait à 475 000 km² environ. En plus, le Cameroun présentait un relief accidenté, qui limitait les possibilités de transmission de l'information par les ondes. En effet, dans certaines régions du Cameroun, les reliefs étaient constitués de hautes terres et de basses terres. Les hautes terres étaient rencontrées à l'Ouest et au Nord, et les basses terres dans la côte et le plateau sud-camerounais. Les basses terres représentaient des zones d'ombre de la radio, car les ondes étaient bloquées au niveau des zones de hauts reliefs, en raison de la faiblesse des émetteurs. Bien plus, le Cameroun se caractérisait par sa diversité économique, sociale et culturelle. Les événements et considérations politiques à forte incidence culturelle, à savoir la réunification, en octobre 1961, du Cameroun francophone, avec le Cameroun anglophone, et son unification, le 20 mai 1972, font aussi partie des mobiles de dissémination de la radio nationale. En effet, dans le contexte de la réunification, le Cameroun devint un État fédéral. Dès lors, il y existait deux États fédérés : l'État fédéré du Cameroun francophone et l'État fédéré du Cameroun occidental. Suite à son unification, le Cameroun devint un État unitaire. La radio nationale devait alors se conformer à ces réalités.

La dissémination de la radio nationale était un motif de satisfaction des besoins du public. Sa nécessité avait été définie en ces termes, dans les 3e et 4e plans quinquennaux de développement, lors de l'inauguration de la station de Bamenda: à l'élaboration du 3e plan, l'objectif qui avait été de doter chaque province d'une station de radiodiffusion, compte tenu des besoins spécifiques en informations, devait se poursuivre au cours du 4e plan, par la construction de la station du Nord-Ouest». La régionalisation de la radiodiffusion au Cameroun s'inscrivait dans un débat culturel qui datait de l'époque coloniale. Dans un État en quête de modernité, à l'instar du Cameroun, il urgeait d'informer les citoyens. Au cas contraire, le gouvernement risquerait de promulguer des lois, de signer des décrets et des arrêtés inutiles. Une double information législative, l'une à l'usage du public moyen, et l'autre juridique et technique, à l'usage des spécialistes, était nécessaire.

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