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La crise de la dette souveraine dans la zone euro (2009-2011)

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par Charbel Hatoum
Universite Antonine - Liban - Gestion des affaires - option Finance 2012
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE ANTONINE

FACULTE DE GESTION DES AFFAIRES

Mémoire en vue de l'obtention de

La Licence en Gestion

Mention : Banque et Finance

TITRE DU MEMOIRE

La crise de la dette souveraine dans la zone Euro (2009-2011)

Présenté par :

HATOUM E. Charbel

Sous la direction de :

Monsieur le professeur Dr. Hassan AYOUB

Année universitaire 2011-2012

Zahlé

REMERCIEMENTS

J'exprime par ce travail mes remerciements à toute la direction de l'université Antonine, spécialement à celle de la faculté de la gestion des affaires et à son doyen Dr NEHME Georges.

Ensuite, et par la même occasion, je remercie toute l'équipe éducative de la faculté de gestion des affaires à Zahlé. Je dois ne pas oublier de remercier précisément le Directeur du centre universitaire Père MSALLEM Fadi et le Directeur administratif du centre Dr FICANI Abdallah.

Enfin, un grand merci à mon encadrant Dr AYOUB Hassan, qui pour ses conseils et remarques qui m'ont permis d'achever ce projet.

Résumé

Ce mémoire étudie la crise de la dette souveraine en Europe entre les années 2009 et 2011. Il est divisé en trois chapitres qui expliquent la nature de la crise dans les quatre premiers pays affectés (Grèce, Irlande, Portugal et Espagne), ses causes et ses conséquences. Ce travail met en lumière le rôle de la Banque Centrale Européenne et celui des agences de notation dans la crise. Il ressort de notre travail que cette crise avait des causes communes aux pays touchés et aussi des causes spécifiques liées à des facteurs économiques dans chaque pays. Les conséquences sont néfastes et touchent, non seulement les secteurs économiques, mais aussi la société.

Abstract

This dissertation examines the crisis of sovereign debt in Europe during the years 2009 to 2011. The dissertation is divided into three chapters that explain firstly the nature of the crisis in the first four countries mainly affected by this crisis. Then, they explain the causes and the consequences of this crisis. In addition, this dissertation highlights the role of the European Central Bank and credit rating agency in the crisis. And as a conclusion, it was clear that the crisis had a common cause among the countries and causes related to economic factors in each country and the consequences have affected some sectors such as financial markets, the growth of the country and the unemployment etc.

Sommaire

Introduction 6

Chapitre 1 : Description de la crise 8

Introduction 9

1- Constitution et traités principaux de la zone Euro 9

2- Situation de la Grece 11

3- Situation irlandaise 15

4- Situation portugaise 19

4- Situation de l'Espagne 24

Conclusion 27

Chapitre 2 : Les causes de la crise. 28

Introduction Erreur ! Signet non défini.

1- Causes communes Erreur ! Signet non défini.

2- Causes spécifiques dans chaque pays 34

Conclusion 38

Chapitre 3 : Les Concequences 39

Introduction 40

1- une recession qui s'aggrave et un chômage qui augmente 40

2- Fragilité du système Bancaire 43

3- Marchés financiers affectés 44

Conclusion 47

_Toc329555052

Conclusion Erreur ! Signet non défini.

Agences de notations Erreur ! Signet non défini.

Bibliographie 3

Introduction

Après la crise de l'année 2008 qui a éclaté dans les Etats Unies et qui avait pour origine la bulle immobilière, on a commencé à entendre les termes de la dette souveraine, des finances publiques, du déficit budgétaire,... Ces termes sont les mots clés qui caractérisent la crise touchant la zone euro pendant les années 2010 et 2011. La crise de la dette souveraine qui a mis le succès du projet de la zone monétaire d'euro en lumière, a débuté par la Grèce où l'économie est affectée par un grand déséquilibre et où les chiffres budgétaires étaient maquillés. Ensuite, elle a touché l'économie irlandaise qui était auparavant l'une des premières économies de la zone Euro qui a connu un investissement étranger très élevé profitant d'une main d'oeuvre efficace et d'une fiscalité attractive. Elle a affecté le système bancaire local surdimensionné qui a contribué largement à financer plusieurs projets de construction au sein du pays.

Après l'Irlande, elle a attaqué l'économie portugaise qui était caractérisée par une grande faiblesse avant auparavant. En effet, le Portugal connaissait, après l'adoption de la monnaie commune, un taux de croissance faible (précisément entre 2001 et 2007). Force est de constater qu'un problème économique structurel était à l'origine de cette crise, sans oublier la responsabilité des troubles politiques et sociales. La propagation de la crise a fini de toucher l'Espagne dont son économie était tournée vers le secteur immobilier. Il est à rappeler que l'Espagne n'a pas profité de sa participation à la zone euro et du taux d'intérêt faible facilitant son endettement. Cependant, l'importance du secteur immobilier dans l'économie, qui s'est traduite par une offre de construction qui dépasse la demande, a favorisé l'éclatement de la crise.

La crise des dettes souveraines avait des causes communes et spécifiques à ces pays. Elle engendrait des conséquences néfastes, non seulement sur l'économie, mais aussi, sur la société.

L'analyse de cette crise nous pousse à poser plusieurs questions.

- Quelle est la nature de la crise de dettes souveraines dans la zone d'euro et comment elle a touché les économies des pays les plus risqués ?

- Quelles sont les causes et les conséquences de cette crise ?

- Quelle est le rôle des agences de notation dans cette crise ?

Pour répondre à ces questions, nous proposons un plan qui se divise en 3 chapitres :

- Dans le premier chapitre, on présente la constitution de la zone monétaire de l'euro par ces principaux traités (traité de Maastricht et pacte de stabilité et de croissance), puis on décrit la crise en Grèce, en Irlande, au Portugal et en Espagne. On décrit également le changement des taux d'obligation, l'augmentation de l'endettement, l'évolution des notes souveraines attribuées par les agences de notation.

- Dans le deuxième chapitre, on étudie les causes de la crise qui se divisent en deux parties: les causes communes et spécifiques. Les premières concernent le manque d'optimalité dans la zone d'euro, la crise financière de 2008 et l'endettement excessif. Les secondes sont liées aux problèmes et aux caractéristiques de chaque pays étudié.

- Le troisième chapitre évoque les conséquences de la crise dans la zone monétaire sur les marchés financières, sur la croissance des pays, sur le taux de chômage dans la zone et sur d'autres facteurs.

- Enfin, on met en lumière les agences de notations et leurs rôles dans la crise de la dette souveraine dans la zone d'euro.

Ensuite, et à la fin de notre travail, nous dégageons une conclusion qui révèle des suggestions et des recommandations en ce qui concerne la crise de la dette souveraine en Europe.

Chapitre 1 : La description de la crise

Introduction

Dans ce chapitre, on parle d'abord de la constitution de la zone d'euro, notamment du traité de Maastricht qui a défini les critères de convergence permettant d'organiser l'intégration entre les pays candidats, et du pacte de stabilité et de croissance qui est déclarée en 1997.

Puis on décrit principalement et brièvement dans ce chapitre, le début de la crise qui s'est éclatée dans la Grèce puis sa propagation vers l'Irlande, le Portugal et l'Espagne, tout en mettant en expliquant les indicateurs liés à cette crise (les taux d'intérêt des obligations, le changement dans la notation souveraine de chaque pays, le taux d'endettement. En mettant en lumière les plans de sauvetage annoncés pour l'aide financier de ces pays et les réformes adoptées par le gouvernement de chaque pays.

1- Constitution et traités principaux de la zone Euro

La zone monétaire de l'Euro a été constituée en 1999, après plusieurs années de négociation entres les pays membres. Le traité de Maastricht (1992) était le point de départ théorique de cette union avec certains principes constitutifs et critères appelés critères de Maastricht. Ces derniers déterminent les conditions économiques pour l'entrée des pays candidats dans cette union monétaire.

Le principal objectif annoncé par le traité (Titre I, article 2) consiste à « promouvoir un progrès économique et social équilibré et durable, notamment par la création d'un espace sans frontières intérieures, par le renforcement de la cohésion économique et sociale et par l'établissement d'une union économique et monétaire comportant, à terme, une monnaie unique, conformément aux dispositions du présent traité »1(*).

L'adoption de ce traité a conduit à supprimer le contrôle de change, à favoriser la liberté de mouvement de capitaux dans la zone (phase 1). De plus, on trouve la constitution de la Banque centrale européenne (phase 2) qui est chargée de gérer la monnaie européenne et de mettre la politique monétaire de la zone Euro. La dernière phase (phase 3) comportait la création d'une nouvelle union monétaire sous l'angle de l'Euro.

Le traité de Maastricht comporte cinq critères, (appelées critères de convergence ou critères de Maastricht) qui doivent être respectés par les pays candidats pour être admis à l'union monétaire de l'euro. Ces critères sont les suivants (article 121 du traité)2(*) :

- La stabilité des prix : le taux d'inflation d'un pays ne doit pas dépasser le taux moyen des trois pays les plus performants de plus de 1.5% ;

- Le taux d'intérêt à long terme : ce taux ne doit pas dépasser de plus de 2% la moyenne des taux de trois pays les plus performants, ayant les taux d'inflation les plus bas ;

- Le déficit public : il doit être inferieure à 3% de PIB ;

- La dette publique : elle doit être inferieure à 60% du PIB ;

- La stabilité de change : le respect de marge normale des fluctuations du taux de change prévue pendant les 2 ans précédant au moins.

En 1997, un «  pacte de stabilité et de croissance » est adopté par le conseil européen (conseil des premiers ministres européens) pour un objectif principal de garantir la pérennisation des critères de Maastricht relatifs à la politique budgétaire au delà du passage à l'union monétaire.

Il est annoncé pour deux justifications :

- prévenir l'insolvabilité d'un état membre, qui menace tout le système financier de la zone monétaire, par le risque de marché qui augmente le taux d'intérêt à long terme ou par l'instabilité des prix due à la création de la monnaie par la BCE pour confronter l'insolvabilité ;

- éviter la situation, où un pays qui dépasse les critères de convergence soit sanctionné par la hausse des taux d'intérêts, ce qui affecte les autre pays de la zone.

Ensuite, le pacte de stabilité et de croissance est basé sur les trois éléments principaux :

- éviter les déficits publics excessifs : le déficit budgétaire doit être inferieure à 3% du PIB et le taux d'endettement à 60%.

- la surveillance des politiques budgétaires : ceci oblige chaque état membre de l'union monétaire de présenter à la commission et au conseil européen un « programme de stabilité » et aux autres Etats de présenter un « programme de convergence » comportant le programme budgétaire sur 4 ans, et après une évaluation par la commission, le conseil donne son avis sur le cas de chaque pays et peut donner par la majorité des membres des recommandations à état pour modifier son programme.

- Lorsqu'un pays dépasse la limite de 3% de PIB au niveau du déficit budgétaire, ou il risque de dépasser cette limite, la commission européenne élabore un rapport concernant ces deux cas. Ensuite, elle adresse une proposition au conseil européen de donner des recommandations à ce pays.

Dans ce cas, le pays fautif doit adopter des mesures dans 4 mois, en vue de faire disparaitre les déficits excessifs dans l'année suivante, ou il doit confronter des sanctions.

Après la création de la monnaie unique, l'Euro a rapidement trouvé son statut dans l'économie mondiale. Elle est devenue une devise de réserve, il est le plus échangé dans le monde après le dollar. Son introduction a permis de supprimé le risque de change et de réduire les coûts des transactions.

Au début de l'année 2010, la situation est différente. La zone Euro traverse l'une des plus graves crises de son histoire liée principalement à la dette souveraine. Les déséquilibres économiques, budgétaires et financiers excessives sont à l'origine de cette crise qui a débuté en Grèce.

2- Situation de la Grèce

Dés l'année 2000, l'état grec a profité de deux conditions pour augmenter les dépenses publiques ; la croissance économique des années 2000 et la faiblesse des taux d'intérêt liée a sa participation à la zone d'Euro. La Grèce a accru les dépenses dans les domaines de l'éducation, de la santé, et de la protection sociale. Sous l'influence d'une croissance économique, l'état grec a ignoré l'importance des réformes fiscales et structurelles qui ont pour rôle de soutenir le système financier du pays. ca a élargi le déficit budgétaire et commercial du pays. L'année 2008 a marqué l'éclatement de la crise financière aux Etats unis (la crise de Subprime). Cette crise a impliqué des conséquences néfastes à la Grèce. Ces derniers se sont traduits par une hausse de taux de chômage, une baisse de l'investissement et une réduction forte de dépenses publiques.

Taux de chômage de la Grèce entre 2008 et 2011 (pourcentage de la population active).

Source : Eurostat

En novembre 2009, le nouveau premier ministre George Papandreou a déclaré que le déficit de la Grèce est de l'ordre 12,7% du PIB pour l'année 2009 et non pas le chiffre déclaré par le gouvernement précédent (6%), le taux d'endettement de cette année dépasse de 130% du PIB.

En fait, depuis longtemps, la réalité économique est camouflée par la déclaration de fausses statistiques. Cet état de fait a poussé les spéculateurs et les agences de notation à réagir

Cette situation a augmenté la demande sur les contrats d'assurance sur le défaut du paiement (Credit Default Swaps). Les spéculateurs ont acheté massivement les CDS engendrant une augmentation de prix de ces derniers. Cette augmentation ajoutée à des rendements sur le marché secondaire de la dette publique de la Grèce a supporté la spéculation alors que les titres se dégradent et les CDS s'évoluent en provoquant une augmentation des primes sur les contrats d'assurance. Cette situation renforce la menace d'un défaut du paiement.

D'autre part, la note souveraine de la Grèce est dégradée depuis Décembre 2009 par les agences de notation3(*).

Le risque de défaut de paiement implique une augmentation du taux d'intérêt sur les obligations. En effet, ils se situent à l'ordre de 7% sur les obligations à 10 ans en février 2010.

Taux d'intérêt sur les obligations grecques et de la zone Euro de 10 ans (Rapport d'OCDE)

Le 14 Janvier 2010, et sous la pression des autres Etats de la zone Euro, la Grèce a présenté un premier plan pour assainir les finances publiques dans le but de rendre le déficit public dans les limites des critères de convergence. Alors qu'elle prévoit un déficit de 2.8% du PIB en 2012. Ce plan est basé sur une augmentation de recettes, prévues de 7 milliards d'Euro et sur la réduction des dépenses, prévue de 3,6 milliards d'Euro. L'augmentation des recettes est planifiée par la lutte contre l'évasion fiscale, des contrats de privatisation et par des taxes sur les grandes fortunes, d'autre part, la réduction des dépenses prévoit le gel des salaires élevés et des embauches et la diminution des primes.

Le 3 Février 2010, la Grèce ajoute un deuxième programme d'austérité qui recule l'âge légal de la retraite de 65 à 63 pour les hommes et augmente les taxes sur les carburants.

Le début de Mars 2010, l'Etat grec annonce de nouveau un plan d'austérité qui augmente les taxes. La TVA a augmenté de 19% à 21%. De plus, le gouvernement à réduit 10% les salaires.

En Avril, et malgré les trois plans d'austérité présentés par la Grèce, les agences de notation abaissent la note de ce pays4(*). Le conseil des ministres des finances de la zone Euro (Euro groupe), se réuni mensuellement pour organiser la politique économique de la zone. Il approuve le plan d'aide pour la Grèce, qui permet d'éviter les taux d'intérêts obligataires prohibitifs, en le prêtant 45 Milliards d'Euros à un taux préférentiel de l'ordre 5%.

De nouveau, la situation de la Grèce se dégrade malgré ce plan. En effet, sa mise en place est tardive, les taux obligataires à 10 ans ont réagi à la hausse. Le plan approuvé n'a pas calmé les marchés, alors que les pays de la zone monétaire se dirigent vers deux actions d'envergure.

Le 2 mai, un nouveau plan d'aide est entériné par ces derniers, qui se base sur un prêt de 110 milliard d'euros pour la Grèce (80 milliards par les pays de zone et 30 milliard par le FMI).

Le 10 mai, les pays de la zone Euro, en coordination avec le FMI, s'accordent sur un autre plan, nommé historique, de 750 milliards d'euros pour aider les pays en crise et pour minimiser les effets de cette tempête financière. Les pays de la zone constituent un fond appelé <<fond de stabilité de la zone euro>> qui contient leur part.

La Banque Centrale Européenne (BCE), prend la décision d'acheter des titres obligataires, cette action a impliqué la baisse de taux d'intérêt des obligations publiques grecques à 10 ans de plus de 400 points de base. Cette intervention de la banque n'a pas permis de calmer la tempête5(*). Les taux d'obligations grecques à 10 ans montent de nouveau vers une position au dessus de 10%.

L'année 2011, marque des grèves générales annoncées par les syndicats pour protester contre les plans d'austérité annoncés par le gouvernement grec et de nouveau, un abaissement de la note souveraine grecque par les agences de notation a eu lieu en juin 2011 (Standard and Poor's l'abaisse vers CCC).

Le 27 octobre 2011, le sommet européen annonce un accord constitué de 3 points principaux :

1- un effacement accepté par les banques privées de 50% de la dette souveraine grecque (une somme de 100 milliards d'euros).

2- un renforcement d'un fond constitué en 10 mai 2010 (appelé fond de stabilité de la zone euro) de 440 milliards a 1000 milliards d'euros.

3- la recapitalisation des banques grecques, espagnoles et italiennes et autres (70 établissements) a limite de 106 milliards d'euros.

Après ce plan, les taux obligataires ont continué à augmenter jusqu'à 45.59 % a la fin de l'année 20116(*).

3- Situation irlandaise

Durant une décennie avant l'année 2008, l'économie Irlandaise été l'une des plus fortes économies de la région européenne, avec une croissance rapide du PIB et un niveau de vie permettant à l'Irlande d'occuper le quatrième rang des pays de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques)7(*). Cette situation résulte de la période du <<tigre celtique8(*)>> entre 1990 et 2001, quand le pays a profité des deux conditions principales pour construire une économie spectaculaire :

- Une fiscalité attractive pour les investisseurs étrangers, se traduit par un taux d'impôt sur le revenu au début des années 1990 de l'ordre de12.5% contre un taux de 30% comme moyenne dans les autres pays européens. Ceci transforme l'Irlande en un centre industriel pour les marchés de l'union européenne.

- Une main d'oeuvre jeune et bien formée et un gouvernement qui a encouragé l'investissement dans certains domaines comme la technologie informatique (production des ordinateurs) et l'industrie pharmaceutique.

En 2008, l'Irlande a confronté une grande crise bancaire reliée à la bulle immobilière qui a éclaté dans les Etats Unis pendant cette année. Le secteur bancaire irlandais surdimensionné par rapport à la taille de l'économie réelle9(*) se trouve face à des difficultés très graves, et à un risque de faillite. De cette manière Anglo Irsh Bank, la première banque dans le pays a perdu milliard d'euros en 2009.

Dans ce cas, l'Etat irlandais se trouve obligé de supporter le système bancaire national. Il injecte 46 milliards d'euros et rachète des actifs risqués d'un montant de 31 milliards d'euros. Toutes ces actions ont contribué à élargir le déficit du pays jusqu'à 31.2% du PIB en 2010. Le taux de chômage a augmenté pendant cette année. La croissance est ralentie d'une manière éclatante et la dette publique brute est arrivée à 92.5% du PIB contre un taux de 24.8% en 200710(*). Le pays est entré dans une grande récession.

Grâce à cette situation, les marchés financiers ont réagi aux réalités irlandaises négatives. La confiance des investisseurs commence à diminuer fortement, alors que les taux d'intérêt sur les obligations souveraines irlandaises à 10 ans ont augmenté en 2009 de 164 point en 30 décembre, pour atteindre 1151 Pb le 18 juillet 201111(*). Il convient de souligner la dégradation rapide de la note souveraine irlandaise par les trois agences de notation. Dans ce cas, le gouvernement se trouve dans une situation qui nécessite la demande d'aide extérieure et l'adoption d'un plan d'austérité. D'autre part, les autres pays de la zone euro ont le souci que la contagion de méfiance menace d'autres pays comme l'Espagne et le Portugal. Ils ont encouragé la mise en place des solutions rapides pour éviter le risque.

L'Irlande a annoncé en avril 2010 un plan d'austérité dure pour ramener le déficit à 3% du PIB en 2014 (31.2% du PIB en 2010). Ce plan a réduit les salaires, les allocations sociales (chômage et familiale). Il a supprimé 25000 postes dans les fonctions publiques et il a crée de nouvelles taxes. Le gouvernement d'Irlande, refuse de relever le taux d'impôt sur les bénéfices des sociétés, considéré le plus bas dans la région européenne. Force est de constater qu'il a attiré les investissements étrangères et qu'il a constitué un levier principal pour l'économie irlandaise.

Après le plan d'austérité présenté par l'Irlande, l'Union européenne en coordination avec le FMI accepte une aide financière pour l'Irlande de l'ordre de 85 milliards d'euros. Cette aide est basée sur un « programme négocié avec les autorités irlandaises par la Commission et le Fonds monétaire international, en liaison avec la Banque centrale européenne »12(*).

Le plan, adopté le 28 par une réunion informelle des ministres, inclut :

- 10 milliards d'euros pour recapitaliser les banques irlandaises ;

- Une réserve de 28 milliards d'euros ;

- 50 milliards pour financer le budget de l'Etat irlandais ;

De plus, le plan englobe également les recommandations du conseil européen suivantes : la restructuration de système bancaire, des réformés pour une croissance plus forte et la réduction du déficit budgétaire sous la limite des critères de convergence dans une durée de 5 ans (jusqu'à 2015, et non pas 2014 selon les objectifs du plan d'austérité irlandais).

En comparaison entre la situation des deux pays, nous constatons les points suivants :

- l'exportation est plus développée en Irlande qu'en Grèce, elle dépasse 100% du PIB dans le premier contre 21% dans le deuxième ;

- le peuple Irlandais est plus active et plus qualifié ;

- un climat plus attractif en Irlande, pour les entreprises estrangères (impôts plus faibles) ;

- un régime fiscal efficace en Irlande et des marchés réglementés et plus flexibles.

PIB, Déficit/excédent et dette de l'Irlande (en Euro)

Source : Eurostat

4- Situation portugaise

Après la Grèce et l'Irlande, le Portugal à confronté a son tour la crise financière européenne. La situation est différente par rapport aux autre pays touchés par la crise. En effet, elle est caractérisée par une fragilité du système économique, qui s'est manifesté après l'adoption de l'euro (1999) par une croissance faible du PIB (une moyenne de 1.1% entre 2001 et 2007, la plus faible moyenne dans la zone euro dans cette période) ; une situation politique dominée par deux forces équivalentes interdisant la mise en place d'une majorité parlementaire dans les élections législatives de 2009 et la définition d'une vision économique commune.

En comparant la situation de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, on trouve que les trois pays confrontent une crise similaire au niveau de la forme, se manifestant par les mêmes indicateurs économiques et financiers, le taux d'endettement, le déficit budgétaire excessif et le taux de chômage élevé.

En 2010, le taux d'endettement dans le Portugal est évalué à 82.1% du PIB13(*), soit 145.5 milliards d'euros; les obligations publiques, qui sont pour diminuer le déficit budgétaire (-10.2% du PIB en 2009 selon Eurostat), sont affectées par les mesures gouvernementales visant à confronter les effets de la crise financière mondiale de 2008. Elles constituent 70% de la dette publique Portugaise.

Et si on additionne la dette publique et les dettes privées (des entreprises et des ménages), le taux d'endettement dépasse 300% du PIB au Portugal contre 240% en Grèce, cette situation a affecté négativement la consommation et l'investissement dans le pays.

De plus le taux de chômage au Portugal a augmenté depuis 2008 de 8.5% à 12% en 2010 et à12.9% en 2011 selon les statistiques de la Banque Mondiale14(*). Cette image sombre de la situation financière et économique du Portugal se manifeste dans la notation des trois agences américaines et ensuite dans les marchés financiers déjà troublés par la situation grecque et irlandaise.

Le 30 novembre 2010, l'agence de notation Standard and Poor's place la note souveraine du Portugal sous vigilance négative. Elle prévoit une contraction du produit intérieure brut de 2% l'année suivante (2011) en posant des questions sur la fiabilité des mesures gouvernementales pour répondre a la crise.

En décembre 2010, Moody's place la situation portugaise sous vigilance négative, en doutant que les mesures portugaises soient satisfaisantes pour confronter la crise et en envisageant un nouvel abaissement de la note qui pourrait atteindre A2 ou A3 en mars 2011.

En même temps, Fitch abaisse la note souveraine portugaise en décembre 2010, en annonçant des perspectives négatives et une crainte d'une récession dans l'économie du pays.

Malgré la décision de la banque centrale européenne consistant à acheter les obligations publiques des pays en crise, le taux d'obligations publiques portugaises à 10 ans a atteint 7.18% en janvier 2011. Le ministre des finances portugais a annoncé fin 2010 que des taux obligataires supérieurs à 7% rendent l'endettement dans son pays insoutenable. Par la suite, les taux obligataires dans le Portugal qui ont été depuis 2003 sous la limite de 5%, ont dépassé cette limite après la fin de l'année 2010 sous la pression d'une crainte sur les marchés financiers, émanant avec la détérioration de la note souveraine portugaise par les agences de notation.

Taux des obligations portugaises a 10 ans

Source : BCE

Le premier plan d'austérité a été annoncé par le gouvernement en mars 2010 en vue du réduire le déficit budgétaire. Ces mesures (prises par le gouvernement minoritaire du socialiste José Socrate) ont trouvé une grande opposition au Portugal. En novembre 2010, une grève générale est annoncée dans le pays, affectant les services publics et les grandes entreprises.

Dans cette période, le gouvernement de Socrate a continué à refuser l'idée d'une demande d'aide du << Troïka>> : les pays européens, la BCE et le FMI (recourt au Fond européen de stabilisation financière, FESF) malgré une grande pression exercée par la majorité des pays européens et par la BCE. Ce refus se base sur 4 idées du gouvernement portugais :

- La spécifié de la crise du Portugal. Elle est structurelle et elle demande des solutions stratégiques au niveau d'une relance de la croissance et d'une diminution des dépenses publiques. Le gouvernement du pays et la BCE estimaient que le pays confronte une crise de liquidité et non pas une crise de solvabilité.

- Le coût de l'emprunt (de l'aide) est estimé élevé, les taux d'intérêt des crédits d'aide par le Fond Européen de Stabilisation Financière ont marqué 5.2% pour la Grèce et 5.8 pour Irlande. Le gouvernement portugais préfère une diversification de la dette souveraine et de la source de financement. Ceci permet de diminuer les pressions des marchés et éviter les mesures économiques de la BCE et du FMI pour obtenir un aide.

- L'intervention constitue un risque politique et social : pour le gouvernement portugais, une intervention du Fond monétaire international indique une politique de rigueur sévère, qui ne trouve pas de grâce dans la société portugaise. D'autre part, le seul avantage d'une intervention du FMI, selon la majorité de la population, s'explique par les mesures obligatoires qui peuvent lutter contre la corruption dans le pays.

- L'aide européenne n'a pas permis d'empêcher la contagion. Le gouvernement annonce qu'une aide extérieure n'est pas efficace et il ne peut pas éviter la contagion de la crise à l'Italie et à l'Espagne. Notons que l'intervention extérieure n'a pas évité que la crise de la Grèce affecte l'Irlande et le Portugal.

Donc, le gouvernement continu à refuser la demande de l'aide extérieure et prendre les mesures d'austérités pour diminuer le déficit.

Le principal objectif de la loi des finances pour l'année 2011 a été la réduction du déficit jusqu'à 4.6% du PIB au cours de l'année 2011. Cette tendance s'obtient par la réduction des dépenses et l'augmentation des recettes publiques. La loi a annoncé une réduction des salaires dans le secteur publique, un gel de recrutement, une baisse des allocations familiales (25%). L'évolution des recettes passe principalement par une augmentation de la TVA de 21% à 23% et une création des nouvelles taxes sur les crédits.

De plus, cette loi encourage la privatisation de quelques entreprises durant deux années prochaines.

Un autre programme qui encourage la compétitivité est présenté au parlement, il a pour objectifs :

- le soutien des sociétés exportatrices ;

- encourager les entreprises locaux par la diminution des charges administratives ;

- stimuler les marchés locatifs ;

En mars 2011, un quatrième programme d'austérité est présenté par le gouvernement de Socrate devant le parlement. Il peut éviter le recours à l'aide financière extérieure, mais le parlement a rejeté ce programme en 23 mars. Monsieur Socrate annonce sa démission le même jour. Après ces événements, le président de la République dissout le parlement et convoque à des élections législatives anticipées dans 50 jours.

Le pays est entré dans une période critique ou la crise est transformée a une crise économique et politique. La méfiance des marchés financiers se manifeste par une hausse des taux obligataires et le pays doit faire face à un remboursement de sa dette de 9 milliards d'euros d'ici jusqu'à 15 juin de l'année 2011.

Ensuite, la note souveraine portugaise été dégradé de nouveau par les agences de notation, Moody's a abaissé en avril cette note de A3 a Baa1 devant « l'augmentation des incertitudes politiques, budgétaires et économiques ».

Par la suite, le gouvernement portugais du premier ministre démissionnaire a officiellement demandé l'aide financière de la commission européenne et du FMI en 6 avril 2011.

Le 16 mai, les ministres de finances européens ont entériné un plan de sauvetage pour le Portugal (discuté par la BCE, le FMI et la commission européenne) qui consiste a lui prêter 78 milliards d'euros pour 3 ans avec un taux d'intérêt de 5.5% (environ), dont 2/3 du montant est présenté par les européens et 1/3 est présenté par le FMI.

Ce plan nécessite des mesures pour arriver à diminuer le déficit budgétaire en 2011 de 5.9% du PIB et à 3% en 2013, les principales mesures sont :

- Prendre de nouvelles mesures de rigueur ;

- Renforcer le capital des banques portugaises ;

- Passer a des privatisations ;

- Prendre des actions pour reformer le système de l'administration et de sante.

Après l'annonce du plan de sauvetage, les taux d'intérêt sur les obligations portugaises à 10 ans ont diminué pour quelques jours (9.16% en 17 mai 2011)15(*), puis ils ont augmenté grâce à des doutes diffusés sur l'efficacité du plan.

A la fin de l'année 2011, les taux d'obligation à 10 ans du Portugal enregistre un taux de 13.71% le 30 décembre 2011. Au début de l'année 2012, la note souveraine attribuée au pays se présente aussi :

- Moody's : Ba2

- Standard and Poor's : BBB-

- Fitch : BB+

PIB, déficit/excédent, dette dans le Portugal (en Euro)

Source : Eurostat

5- Situation de l'Espagne

Le prolongement de la crise affecte ensuite l'Espagne. L'économie de l'Espagne reposait sur le secteur immobilier tout en occupant le cinquième rang parmi les pays européens.

Malgré les taux d'intérêts faibles après la constitution de la zone, l'Espagne n'a pas confronté un endettement excessif. En 2007, la dette publique représente 36,2% du PIB, le solde budgétaire 1,9% du PIB. Le pays enregistre un taux de croissance qui évolue à la hausse.

Source : Eurostat

Une croissance démographique rapide, une politique fiscale favorable, une culture nationale et un taux d'intérêt faible, sont les conditions qui ont permis un grand développement dans le secteur immobilier de pays. L'Espagne a construit 800000 logements par an entre 2005 et 2007, tandis que la demande porte sur 350000 logements par an durant la même période.

Après l'année 2008, l'économie espagnole entre dans une période de récession, une augmentation du taux de chômage et une chute de la consommation domestique.

De plus, le secteur bancaire qui a accordé 60% de ses crédits pour financer le secteur immobilier, est affecté encore dans cette crise

La dette souveraine de l'Espagne a passé de 40,2% du PIB en 2008 à 53,9% du PIB en 2009 à 61,2% en 2010. La note souveraine de l'Espagne avec la note des principaux banques dans le pays ont été dégradé par les agences de notation (entre avril et octobre 2010 les trois agences de notation ont abaissé la note souveraine de l'Espagne) et les taux obligataire à 10 ans ont augmenté depuis l'année 2009 (fin 2009 ce taux a marqué 3,96% et a la fin de l'année 2010 il a marqué 5,45%).

Le gouvernement espagnol a annoncé entre 2008 et 2010, plusieurs plans de rigueur (abaissement des salaires et des allocations sociales et augmentation du TVA...) et des plans pour relancer l'économie du pays et pour faire diminuer le taux de chômage (3.5 millions de personne au chômage en 2009).

PIB, Déficit/excédent, Dette en Espagne (en Euro)

Source : Eurostat

L'année 2011 a porté une continuité dans la politique d'austérité appliqué par le gouvernement espagnol. Les taux d'intérêt d'obligations à 10 ans, ont resté autour de 5% dans les six premiers mois de cette année ; le plus haut taux dans cette année été en aout (6,23%) alors qu'a la fin de 2011, ce taux a reculé a 5.26% en 30 décembre.

D'autre part, durant l'année 2011, la note souveraine de l'Espagne baisse. Cette note été à la fin de 2011 :

- Moody's : A1

- Standard and Poor's : AA-

- Fitch : AA-

Par rapport à la note souveraine des trois pays de crise, la Grèce et l'Irlande et le Portugal, la note souveraine de l'Espagne été la plus petite a la fin de l'année 2011 :

Pays

Moody's

Standard and Poor's

Fitch

Espagne

A1

AA-

AA-

Grèce

Ca

CC

CCC

Irlande

Ba1

BB+

BB+

Portugal

Ba2

BBB-

BB-

Source : Wikipedia

Conclusion

Donc, la crise de la dette souveraine a touché plusieurs pays dans la zone monétaire de l'euro, cette zone a été constituée en 1999, par la conclusion de plusieurs traités qui organisent l'intégration des pays participants. Elle a touché principalement et premièrement la Grèce puis, elle s'est propagée vers l'Irlande, le Portugal et l'Espagne.

Pour confronter cette crise, les gouvernements ont appliqué plusieurs séries de reforme et plans de sauvetage. Ces mesures ont contribué à influencer l'évolution du taux des obligations des pays. Les agences de notation on joué un rôle aggravant la dégradation des notes souveraines des pays. La BCE et le FMI ont tenté par leurs interventions de réduire la méfiance des agents et d'empêcher les effets de contagion.

Chapitre2 : les causes de la crise

Chapitre 2 : les causes de la crise

Introduction

Le chapitre aura pour objectif d'analyser les causes de la crise de la dette souveraine qui s'est éclatée et propagée dans la zone d'euro. Dans un premier temps, les causes communes seront analysées. Dans un second temps, nous mettons en évidence les causes spécifiques liées a chaque cas de ces pays touchés.

1- Causes communes :

A- la zone d'euro n'est pas optimale ?

En 1961, Robert Mundell, a développé sa théorie de << la zone monétaire optimale >>.

Selon Mundell, deux critères principales doivent être trouvées pour que plusieurs pays ou entités soient capables de bénéficier de l'adoption d'une monnaie commune :

- L'absence des chocs asymétriques fréquents ;

- La mobilité des facteurs de production (capitaux et main d'oeuvre).

Le choc asymétrique est expliqué par Mundell d'une manière explicite. Il suppose qu'un pays X produit des produits A et un pays Y produit des produits B. Les deux pays ont une monnaie commune. Si un changement dans le goût des consommateurs affecte différemment la demande des produits dans les deux pays, on parle ici d'un choc asymétrique. Le choc asymétrique expose la banque centrale à un dilemme : doit-elle lutter contre le chômage qui menace le pays Y ou lutter contre l'inflation qui menace X ?

Ce problème peut être résolut par une mobilité des facteurs de production et surtout le facteur du travail16(*).

Le transfert des capitaux ou mouvement des capitaux, « permet aux citoyens d'effectuer de nombreuses opérations à l'étranger, par exemple d'ouvrir un compte bancaire, d'acheter des parts dans des entreprises d'autres États membres, d'investir là où le rendement est le meilleur ou d'acquérir un bien immobilier »17(*), tandis que la mobilité de travailleurs signifie le déplacement de la main d'oeuvre d'une région affectée par un choc économique à une autre région possédant des bonnes conditions économiques. Par exemple lorsque la Grèce est affectée par une crise économique (chômage), les chômeurs grecs doivent se déplacer vers un autre pays de l'Union pour rétablir l'équilibre.

En ce qui concerne l'union monétaire européen, la plupart des analystes ont conclu que les pays de l'Europe ne constituent pas une zone monétaire optimale, elle ne répond que partiellement aux critères de Mundell car la mobilité des travailleurs est très faible en Europe. Le marché du travail n'est pas flexible dans cette zone pour plusieurs causes : citons la barrière de langue et de culture, plus la différence entre les pays européens dans le régime de sécurité sociale et l'absence de diversification sectorielle.

Après Mundell, Johnson par ses travaux (Further Essays in Monetery Theory, 1970), a ajouté un nouveau critère pour la réussite d'un projet d'union monétaire, c'est la présence d'un budget fédéral. Il annonce qu'une intégration budgétaire et fiscale peut confronter les chocs par le transfert budgétaire entre les régions18(*).

En l'Europe, la structure actuelle du budget est à l'inverse exact d'une structure fédérale, un budget fédéral implique une coordination budgétaire comme dans un état fédéral (Etats unies), pour jouer un rôle de stabilisation économique en confrontant les fluctuations conjoncturelles et les chocs dans un état membre. En Europe, la situation est différente ; en 2001 le budget européen représente 1,11% du PIB communautaire. Cette part n'est pas suffisante pour jouer le rôle de stabilisation et effectuer les transferts budgétaires entre les membres.

D'autre part, il y a des obstacles dans le chemin de fédéralisme budgétaire en Europe comme le dit Jacques Le Cacheux, cet auteur révèle que les barrières sont de nature politique. les gouvernements nationaux ne préfèrent pas transférer une partie de leurs compétences à d'autres pays19(*).

Ensuite, l'absence d'une intégration fiscale entre les pays européens (comme la présence d'un impôt européen commun) est une grande barrière devant le budget fédéral qui est une condition importante pour la réussite d'une zone monétaire.

B - La crise financière 2008

Cette crise a touché plusieurs pays du monde. Elle a influé le système bancaire et financier mondial à cause de la circulation des dettes sous forme des produits pourris.

L'origine de cette crise monte à l'année 2000, lorsque les valeurs boursières ont chuté de manière importante. A partir de cette année, les investisseurs se sont dirigés vers d'autres placements à la recherche d'une meilleure rentabilité. La situation du marché immobilier s'améliore.

Dans un contexte d'exigence de rentabilité chez les investisseurs ajouté a une forte concurrence entre les intermédiaires financiers et la présence d'une grande liquidité chez les banques, l'attribution des prêts bancaires en Etats Unies, même aux familles modestes est devenu facile. Cette tendance cause l'augmentation de demande et des prix des biens immobiliers.

Vers la fin de l'année 2006, un grand nombre d'emprunteurs n'était pas capable de remboursé leurs prêts. La méfiance des investisseurs se propagent au niveau des marchés. Les valeurs des titres chutent. Une crise bancaire s'éclate aux Etats Unis et se propage vers d'autres pays du monde.

La première conséquence de cette crise était la paralysie des nombreuses banques et entreprises d'assurance aux Etats Unis (comme Lehman Brother). Nous avons constaté aussi la fusion, la nationalisation et le sauvetage de certaines banques dans autres pays ( Northen Rock Banque en Royaume-Uni, Indy Mac et Merrill Lynch dans les Etats Unis...).

A partir de cette situation, le sauvetage des banques de la faillite et le refinancement d'économie de certain Etats ont obligé ces derniers à dépenser des sommes très élevées.

Cette situation est l'une des causes de surendettement des Etats où les autorités financières sont incapables de payer le service de la dette publique.

C - l'endettement excessif des états

Selon les critères de Maastricht, l'endettement doit être limité à 60% du PIB. Le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 3% du PIB dans tous les pays. En réalité ces critères n'ont pas été respectés par la plupart des pays européens. L'endettement a augmenté progressivement dans la zone d'euro en dépassant la limite de 60% du PIB dans presque la plupart des pays. Le déficit budgétaire général dans la zone a augmenté depuis 2008 pour dépasser la limite de 3% du PIB en 200920(*). Force est de constater que certain pays ont dépassé cette limite depuis longtemps, comme la Grèce, le Portugal, l'Italie et autres.

Dette publiques, déficit budgétaire, dépenses et recettes publiques dans la zone Euro (17 pays), % du PIB.

 

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Dettes publiques

69.2

69.6

70.2

68.6

66.3

70.1

79.9

85.3

87.2

Déficit budgétaire

-3.1

-2.9

-2.5

-1.3

-0.7

-2.1

-6.4

-6.2

-4.1

Dépenses publiques

48.0

47.4

47.3

46.7

46.0

47.1

51.2

51.0

49.4

Recettes publiques

44.8

44.5

44.8

45.3

45.3

45.0

44.8

44.7

45.3

Source : Eurostat

Nous constatons que l'endettement est non seulement excessif en Europe mais aussi est complexe. Il est lié à la crise financière de 2008. Cette dernière a épuisé le secteur bancaire des pays périphériques21(*) en Europe (Grèce, Portugal, Italie...), d'une part, et a provoqué une hausse des dépenses publiques. En plus la hausse des taux d'intérêt, la méfiance sur les marchés et le taux de croissance faible affecté par la récession de 2008 ont été à l' origine de ce problème.

2- Causes spécifiques dans chaque pays

A - La Grèce

En Grèce, les origines de la crise économique et financière se divisent en deux ; les origines structurelles et internes et celles externes.

Les facteurs internes, sont importants en Grèce. Ce pays a dépensé, à l'instar de la majorité des pays européens, massivement sans que ses recettes publiques couvrent les dépenses. En 2007, les dépenses des administrations publiques en Grèce se situent à l'ordre de 47,6% du PIB. En Allemagne elles représentent 43,5% du PIB. En même temps, les recettes totales des administrations publiques en Grèce représentent de 40,8% du PIB. En l'Allemagne elles représentent 43.7% du PIB22(*).

Ce déficit est une cause principale du problème structurel de la Grèce. La baisse des recettes s'explique par l'évasion fiscale des entreprises, de travailleurs indépendants, des privilèges fiscaux accordés aux banques, aux armateurs, à l'église, etc.23(*)

Les recettes fiscales en pourcentage du PIB ont diminué de 2,25% entre 2000 et 200724(*).

En plus, le taux d'endettement a augmenté grâce à la croissance des dépenses militaires en Grèce, le sauvetage des entreprises privées suite à la crise de l'année 1980 et des banques suite à la crise de l'année 2008, le déficit de la sécurité sociale après l'année 1990 et la corruption dans le secteur public grecque. Encore, et dans les origines internes, l'entrée de la Grèce dans la zone monétaire européenne en 2001, a encouragé l'état grecque à s'endetter massivement grâce aux taux d'intérêt très bas. En même temps la croissance des taux de rendement ont encouragé les investisseurs à financer l'endettement des Etats.

Parmi les origines externes, c'est la crise économique de l'année 2008 qui a augmenté le risque de dette publique en Grèce. Cette crise a poussé les investisseurs internationaux à quitter les titres émis par les Etats les plus endettés et à préférer ceux les plus sure, ceci explique la hausse des taux des obligations.

De plus, la décision de la banque centrale européenne de pas accepter les titres publics grecs comme garantie pour les prêts des banques privées a aggravé la crise en augmentant les taux des obligations. Il ne faut pas oublier le rôle des agences de notations américaines qui ont évalué la note grecque, en contribuant à l'augmentation des taux des obligations encore et ensuite la croissance de l'endettement public.

B - Irlande

Avec une croissance du PIB, de moyenne de 7% par an et un niveau de vie qui occupe le quatrième rang parmi les pays de l'OCDE, l'économie irlandaise s'est développé fortement dans la région européenne. Par la suite, elle a confronté une crise financière qui a touché principalement son secteur bancaire en engendrant un taux d'endettement privé très haut.

Les causes de cette crise sont nombreuses :

- Une économie liée fortement au secteur de construction : les banques ont facilité l'octroi des prêts pour financer la construction de logement. Ceci a conduit à une évolution rapide du secteur de construction d'une part et une réduction de taux d'épargne et une augmentation de l'endettement chez les ménages d'autre part. Après que les prix de logement ont atteint un pic dans l'année 2007, une baisse apparait après l'année 2008 avant que les prix ont diminué de 43% en juillet 2011, sans oublier les dettes massives du secteur privé.

- Un déficit budgétaire basé sur quatre facteurs : après que le solde budgétaire a marqué 2.9% du PIB en 2006 ce dernier est arrivé a -7.3% en 2008, -14.0% en 2009 et -31.2% du PIB en 2010, ce déficit budgétaire a comme causes quatre facteurs importants :

1- La base d'imposition en Irlande durant la période d'expansion est liée aux logements, alors qu'elle est devenue vulnérable aux chocs économiques ;

2- L'effondrement du marché immobilier ;

3- la diminution du PIB de 5.2% en 2007 à -7.0% en 2009 ;

4- le coût très grand du sauvetage du secteur bancaire après l'année 2008.

- Le manque de la surveillance et du contrôle financier dans l'Irlande : il ya beaucoup de nuances au niveau de surveillance et du contrôle financier a l'Irlande qui ont précipité la crise dans ce pays, parmi ces nuances figurent le manque des critères de communication d'informations, de système d'analyse de risque, de mécanisme de vérification et de contrôle de gestion et les procédure d'évaluation des prêts.

C- Le Portugal

Les causes de la crise au Portugal s'expliquent par les facteurs suivants :

- Une fragilité économique : Après l'année 2001, l'économie portugaise a confronté de nombreux problèmes structurels qui se manifestent par :

1. une faible croissance du PIB. Ce taux se situe à l'ordre de 1.1% entre 2001 et 2007.

2. un taux de chômage très important qui a augmenté de 5.1% en 2002 à 10.9% en 2010.

3. un déficit budgétaire qui a augmente de -3.4 % du PIB en 2002 à -6.5% en 2005 jusqu'à -10.2% en 2010.

4. un pouvoir d'achat le plus bas de la zone Euro et un salaire moyen de 800 euros.

De plus, ce pays confronte un problème au niveau de sa compétitivité et de la productivité de son économie, lié au niveau pauvre de formation dans ce pays existe une compétitivité et une productivité de l'économie très faible, cette faiblesse est liée au niveau pauvre de formation dans le Portugal. L'OCDE annonce que 20% des portugais entre 25 et 64 ans possèdent de diplômes d'enseignement secondaire, tandis que 70% est la moyenne dans les autres pays de l'OCDE25(*).

- Une manque d'une convergence réelle après l'adoption de l'euro : après la convergence nominale (l'adoption de l'Euro), le Portugal n'a pas connu une convergence réelle. La convergence nominale a facilité au Portugal son endettement à des taux d'intérêts faibles. L'absence de la convergence réelle a interdit l'ajustement de la politique économique du pays à la réalité des marchés.

- Un endettement privé énorme : en additionnant les dettes privées (ménages et entreprises) avec la dette publique, la dette du Portugal dépasse 300% du PIB contre 240% du PIB en Grèce. Ensuite la dette privée atteint 238% de la richesse nationale contre un taux de 120% en Grèce et 210% en Espagne. Ces charges ont une influence négative sur la consommation et sur l'investissement.

- Une crise politique grave : l'élection législative de l'année 2009 n'a pas conduit à la formation d'une majorité parlementaire réelle qui peut définir une vision économique précise. Ce cas a permis de mettre des barrières devant les reformes économiques dans le pays, et ensuite cette situation à obstruer l'aide du FMI et de la BCE pour confronter la crise.

D- L'Espagne

Après 15 ans de croissance, l'économie espagnole est touchée par la crise d'euro en 2010, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

La population a augmenté dans ce pays grâce à une croissance démographique rapide et à l'immigration. Ceci a conduit à une augmentation dans la demande des logements. En plus, les conditions pour obtenir des crédits bancaires dans l'Espagne sont très faciles, ces deux facteurs ont provoqué une expansion dans le secteur immobilier et une grande hausse dans l'offre de logement par rapport à la demande. L'Espagne a construit 800000 logements par an entre 2005 et 2007, tandis que la demande se situe à un niveau de 350000 logements par an dans cette période. Cette expansion explique en partie la crise, notamment quand les prix de logement ont chuté grâce à la bulle immobilière qui a provoqué la crise financière de l'année 2008.

Ensuite le model économique de l'Espagne est caractérisé par une faible capacité d'amélioration de la productivité dans le domaine de l'industrie26(*).

A coté de ces facteurs, la jeunesse espagnole est mal formée. Nombreux sont les jeunes qui sont attirés par le travail dans le secteur de construction ou les salaires sont élevés pendant les années d'expansion. Ils ont alors quitté le système scolaire. Force est de rappeler que le taux d'échec scolaire en l'Espagne est le plus élevé en Europe. On note qu'un tiers des jeunes qui quittent l'école dans l'Espagne sans diplôme. La plupart des diplômés en l'Espagne occupent des emploie sans relation avec leurs diplômes.

Il est important de savoir que la crise de l'Espagne est un résultat direct de la dépendance de l'économie de secteur immobilier mal organisé, et de la main d'oeuvre non professionnelle et mal formée.

Conclusion

La crise de la dette souveraine en Europe avait des causes communes dans les quatre pays, la théorie de la zone monétaire optimale de Mundell est pertinente pour appréhender la zone d'euro sur la base des critères qui manquent l'optimalité. Ensuite, cette crise a pour origine principal la crise financière de 2008 qui explique l'endettement excessif en Europe. Il convient de ne pas oublier les causes spécifiques à chacun de ces pays qui sont liées à leurs caractéristiques socioéconomiques.

Chapitre 3 : les conséquences de la crise

Chapitre 3 : les conséquences de la crise

Introduction

Dans ce chapitre on analyse les conséquences de la crise de la dette souveraine sur certains domaines économiques et financiers. De plus, on décrit la récession économique en expliquant l'évolution des indices macroéconomiques comme le chômage, la croissance économique, l'épargne brute et biens d'autre. Puis on étudie les conséquences de la crise sur le secteur bancaire en montrant le changement dans les échanges interbancaires, au niveau des actions bancaires et des créances douteuses par rapport aux dépôts bancaire. Enfin, on décrit la situation des marchés financiers pendant cette période de crise.

1- Une récession qui s'aggrave et un chômage qui augmente

La crise financière de la zone d'euro, qui est la plus grave depuis la seconde guerre mondiale, a eu des conséquences sur le continent européen. L'observation des chiffres macroéconomiques de la zone monétaire, permet de conclure qu'une grande récession économique affecte la zone.

Après que la croissance du PIB27(*) réel dans la zone d'euro (17 pays) avait marqué 0.4% en 2008, cette croissance est arrivée à un taux de -4.4% en 2009. Après cette datte, et en 2010, elle a augmenté de 2% grâce aux plans d'austérité et au rôle de la BCE et du FMI dans la gestion de cette crise. En 2011 la croissance du PIB a diminué de nouveau à 1.5%.

Taux de croissance du PIB réelle - variation par rapport a l'année précédente (%)

Années

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Taux

0.7

2.2

1.7

3.2

3.0

0.4

-4.4

2.0

1.4

Source : Eurostat

L'économie allemande, la plus importante dans la zone d'euro, n'a pas connu une bonne situation économique en 2009. La croissance du PIB est arrivée a -5.1% et après 2010, il a diminué. La chute des marchés asiatiques et les plans d'austérité dans certain pays européens ont exposé ce pays à des nombreuses difficultés en raison de la baisse des exportations ce qui a provoqué la faillite de certaines grandes entreprises.

En France, la deuxième économie dans la zone d'euro n'a pas trouvé une croissance réelle jusqu'à 2011, les mesures gouvernementales visant à diminuer le déficit budgétaire ont ralenti le rythme de la croissance dans ce pays.

En plus, la zone d'euro en générale, et les pays qui ont annoncé des plans d'austérité (pays de la crise, Grèce, Irlande, Portugal et l'Espagne) ont enregistré une baisse dans leur production industrielle. La variation en pourcentage a montré que cette production a diminué d'un taux de -19% en 2009.

La variation en pourcentage de la production industrielle dans la zone d'euro.

Source : L'Équipe Gecodia.fr

En 2009, l'investissement a chuté dans certains pays de la zone d'euro. Selon le forum mondial sur l'investissement (World Investment Forum, WIF) en juin 2010 à La Baule, les projets des secteurs lourds comme l'automobile, les mines et le transport, qui traditionnellement sont attirés vers l'Europe centrale et de l'est, ont chuté, de même les projets de logiciels. Les économies de l'Espagne et de l'Irlande, qui ont été au passé très attractives grâce à la croissance, à l'infrastructure et au système fiscal attractif, ont connu une chute dans l'investissement grâce à la crise financière de l'euro.

Ensuite, l'impact le plus grave est trouvé en Pologne, Hongrie, Romanie et la république tchèque, ou les nombre des projets ont diminué de 40% en 2009 et ou les investisseurs étrangers ont cherché la stabilité dans d'autres économies.

Mais, il y a des pays dans la zone d'euro où la crise n'a pas menacé le domaine de l'investissement comme dans l'Allemagne, la France et autre pays.

Selon les statistiques du Banque mondiale, les exportations dans la zone d'euro ont diminué à 36.6% du PIB en 2009, après que ce taux a représenté 41.9% du PIB en 2008. Après 2009, le taux d'exportation a augmenté lentement. Les importations aussi et comme les exportations, ont diminué mais de 130% du PIB en 2008 a 120% dans l'année 2009 selon Eurostat.

En ce qui concerne l'épargne brute dans la zone d'euro, son pourcentage du PIB a diminué pendant cette crise. On remarque encore, selon les donnés de la banque mondiale, que depuis 2009 l'épargne a diminué à 19.2% du PIB (le tableau ci-dessous retrace son évolution).

Epargne Brute En % du PIB dans la zone d'euro (17 pays)

Années

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Epargne brut en % du PIB

21.6%

22.7%

23.4%

21.9%

19.2%

19.7%

20.4%

Source : Banque Mondiale

Le taux de chômage a augmenté depuis 2008 (7.5% de la population active) jusqu'à 2010 (10% de la population active). Il atteint en 2011 10.3% de la population active.

Dans l'Espagne, le taux de chômage a enregistre 23%, 19% en Grèce, 14% en Irlande et 13% de la population active en Portugal. (Données de l'Eurostat).

Le tableau ci-dessous retrace l'évolution du chômage dans la zone Euro.

Chômage dans la Zone d'euro - pourcentage de la population

Source : Banque Mondiale

En somme, la crise a affecté tous les indicateurs macroéconomiques dans la zone pendant cette période.

2- Fragilité du système bancaire

Durant la crise, se posaient des questions sur la capacité de quelque pays de la zone à financer son endettement sur les marchés. Cette perturbation au niveau de la confiance a eu des répercutions sur la solvabilité des banques qui étaient exposés à des risques élevés en souscrivant les obligations souveraines comme garantie, elles sont fragilisées et ont besoin du soutien des Etats. Cette chaine a contribué à une dégradation des conditions des prêts interbancaires et à une hausse des primes de risque au second semestre 2011 selon une étude économique de l'OCDE sur la zone Euro en mars 2012. Les cours des actions bancaires européens ont chuté après 2009 par rapport à la période 2000 - 2007.

Grace à cette situation, plusieurs banques dans la zone monétaire ont rédigé des plans pour réduire la taille, les travaux et les bilans. Dans ce cas, la banque centrale européenne a annoncé que les conditions des prêts bancaires pour les ménages et les entreprises non financières sont devenues plus dures dans la zone après 2009.

Un autre rapport publié en août 2012, par le groupe Price Waterhouse a annoncé que les banques de l'Europe ont cumulé un grand nombre des créances douteuses, qui est arrivé fin 2011 à 1.05 milliers de milliards d'euros. Cette tendance est le résultat de la politique de la BCE qui les a encouragé, depuis 2010 à racheter les créances douteuses des économie en défaillance. Le taux de croissance de créances douteuses a progressé depuis 2008 jusqu'à 2011 dans les dépôts des banques européennes, cette situation a impliqué une diminution importante des prêts interbancaires.

3- Marchés financiers affectés

A- Marchés obligataires

L'obligation est un titre permettant a un Etat de s'endetter. Leur émission donne lieu à un taux d'intérêt pour les créanciers. Ce taux réagisse avec le degré de risque perçu par les investisseurs.

L'impact direct de la crise de la dette souveraine a été une hausse rapide des taux obligataires. Dans cette période, un régime de différenciation des obligations souveraines s'est trouvé dans la zone monétaire européenne, les obligations souveraines grecques ont cessé d'être considéré sûres comme celles d'autres pays (l'Allemagne et la France). Ce régime a été différent avant la crise, quand les obligations des pays de la zone ont été comparables.

En Grèce, la hausse des taux d'obligations a commencé en novembre 2009. Le 31 décembre 2008 les taux des obligations à 10 ans ont enregistré 5.08% ; la fin de l'année 2009, 5.49% ; la fin de 2010, 12.01% et au 31 décembre 2011 ce taux a marqué 21.14%.

Ensuite, l'anticipation d'un effet de contagion dans la zone d'euro par les investisseurs a provoqué la hausse des taux obligataires en Irlande et au Portugal depuis mai 2010. Dans ce cas, les investisseurs ont commencé a cherché les actifs de qualité, et leur demande porte sur les obligations allemandes. Cet état de fait s'explique par la diminution des taux obligataires allemands à 10 ans de 3.05% en fin 2008 à 1.93% fin 2011.

En ce qui concerne les autres pays sous tension, on remarque que les taux obligataires à 10 ans ont aussi augmenté comme le graphe suivant le montre :

Taux des obligations a 10 ans dans l'Espagne, le Portugal et Irlande

Source : Site de la Banque centrale Européenne

B- Marchés des actions

En ce qui concerne la performance des bourses durant, les cours des actions ont connu une chute importante après l'année 2009. Plusieurs conditions ont contribué à cette chute ; la récession économique, la peur de la contagion de la crise vers d'autres pays après la Grèce et la fragilité du système bancaire de la zone.

Selon l'étude de l'indice boursier EUROSTOXX 50, un indice au niveau européen, regroupant cinquante sociétés dans le continent comme France Telecom, Deutsch Bank, Nokia et autres grandes entreprises, ce dernier a enregistré sa plus basse valeur depuis la constitution de la zone d'euro dans l'année 2009. Sa tendance à la baisse était marquante jusqu'à la fin de 2011.

Indice EUROSTOXX 50 entre 1987 et 2011 (Euro Price)

Source : www.STOXX.com

En plus l'indice STOXX 600, qui couvre la région européenne et regroupe 600 sociétés de différente taille a chuté grâce à la crise en 2009 :

Indice EUROSTOXX 600 entre 2008 et 2011 (Euro Price)

Source : www.STOXX.com

Conclusion

La crise de la dette souveraine dans la zone d'euro a porté des conséquences sur plusieurs domaines. Une grande récession a frappée l'économie européenne, la croissance a contracté, le chômage a augmenté, l'épargne brute a chuté et les investisseurs ont diminué leurs projets dans certains pays de la zone. Ensuite, les créances douteuses ont fragilisé les banques et ont conduit à la diminution des prêts interbancaires et des titres bancaires. Enfin, la crise n'a pas épargné les marchés financiers. En effet, les taux des obligations ont augmenté, et les investisseurs ont cherché les titres sûrs en Allemagne et dans d'autre pays. Encore, les indices boursiers en Europe ont chuté en 2009 grâce à la crise de la zone monétaire.

Conclusion générale

La zone d'euro qui a été crée en 1999, a traversé une grande crise financière après l'année 2009. On peut dire qu'elle avait des différentes causes qui se divisent entre causes communes et causes liées aux conditions des pays affectés. La zone monétaire de l'euro n'a pas constitué une zone monétaire optimale et n'a pas respecté les deux critères d'une zone monétaire optimale : la mobilité des facteurs de travail et le manque d'intégralité budgétaire. En plus, la crise financière de 2008 a poussé les dépenses publiques à augmenter lorsque les états ont aidé le secteur bancaire touché par la bulle immobilière Les taux d'endettement ont augmenté aussi en raison de la même crise.

Les causes propres aux pays touchés par la crise peuvent se résumer de la manière suivante :

- La Grèce a négligé les critères de convergence et a dépensé plus que ses recettes. De plus, ce pays est frappé par la corruption.

- L'Irlande a été touchée par la crise grâce aux projets d'investissements immobiliers financés par les crédits bancaires. Ceci a effondré le secteur bancaire et a poussé le gouvernement à dépenser pour aider les banques.

- Dans le Portugal, la crise a été plus structurelle, ce pays a soufré des problèmes économiques après son intégration à la zone.

- En Espagne, la crise a été liée à la dépendance de ce pays au secteur immobilier avec un excès d'offre.

D'autre part, on conclut que la crise de dette souveraine a porté des conséquences néfastes, elle a causée une récession grâce à l'augmentation du taux de chômage, la baisse de l'épargne brute et la croissance faible. En plus, elle a affecté le secteur bancaire tout en le fragilisant. Les marchés des obligations et des titres ont été affectés par la crise. Le cours d'actions a baissé et les taux des obligations ont augmenté dans les pays à risque quand les investisseurs ont cherché les titres sûrs (de l'Allemagne) ou les taux ont diminué grâce à la demande élevée.

Nous proposons quelques recommandations permettant d'éviter les crises financières dans la zone d'euro :

- L'intégrité économique, financière et budgétaire dans la zone ;

- le respect des critères de convergence, qui peuvent être obligatoires et sous une direction de la BCE avec des procédures de sanctions contre les pays qui ne les respectent pas ;

- Créer un système d'alerte des crises financières ;

- Etablir des programmes de fiscalité efficaces pour augmenter les recettes et encourager la privatisation dans certains pays comme la Grèce et le Portugal ;

- Enfin, nous recommandons avec l'économiste Christian Saint-Etienne, par son article « la solution des deux euros » (2010, les Echos), de diviser la zone d'euro en deux zones différentes, l'une constitué de l'Allemagne, l'Autriche et les Pays bas, centré sur l'exportation et l'autre constitué de la France et les pays de sud d'Europe centré sur la consommation, où on trouve un excédent dans les premiers et des déficits dans les secondes.

Agences de notation

Les agences de notation financières ont le rôle d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs qui peuvent être des Etats, des entreprises, des collectivités locales etc., en anglais, on utilise le mot « Rating » pour décrire la mission de ces agences. Dans notre monde financier, trois agences sont importantes dans le domaine de notation ; Fitch, Moody's et Standard and Poor's.

Chaque agence possède un système de notation spécifique, le « Rating » commence par une note de fiabilité complète ou le risque est quasi nul, et ensuite se dégrade pour arriver à une notation d'une situation de faillite de l'emprunteur.

La notation d'une entreprise ou d'un Etat, joue un rôle dans les conditions de financement. Plus la note est élevée, plus le financement peut être par des taux d'intérêts faibles, et a l'inverse, lorsque la note est faible, les taux d'intérêts sur le financement augmentent.

En Europe, les agences de notation ont joué un rôle dans la crise, la dégradation des notes souveraines des pays comme la Grèce, le Portugal, l'Espagne et autres pays, a aidé les taux sur les obligations à augmenter.

Les observateurs de la crise financière de l'Euro on critiqué ces agences pour différentes causes28(*) :

- les méthodologies utilisées par les agences (la prise par les facteurs politiques) ;

- Le manque de transparence dans les décisions ;

- Les moments choisis pour annoncer les décisions ;

- Le déficit d'explication lors de changement de notation.

Tableau des notes de notations a long terme selon les trois agences de notation

Source : www.Banque-France.f

Bibliographie

- Artus, P. Betbeze, J. De Boissier, J. et Capelle-Blancard, G. (2008). La crise Des subprimes. Rapport. Conseil d'Analyse Economique PQA, Paris.

- Barnes, S. Moerer, C. Pareliussem, J. (2012). Etudes économiques de l'OCDE Zone Euro. Etudes économiques. Département des affaires économiques de l'OCDE, France.

- Antonin, C. (2010). La fragilité grecque : un scenario Prévisible ? Etude économique de l'OFCE. Centre de recherche en économie de science Po, France.

- Haugh, D. Pina, A. Mcgorwan, A. (2011). Études économiques de l'OCDE Irlande. Etude économique. Département des affaires économiques de l'OCDE, France.

- Humbert, J.F (2011). La crise économique et financière au Portugal. Rapport d'information. SENAT, France.

- Banque de France. (2012). l'impact de la crise de l'endettement public sur le marché obligataire. Document financier. Document et Débats, France.

- Karamessini, M. (2010). Crise de la dette publique et thérapie de choc. Étude économique. IRES, France.

- Toulemet, R. (2011). Crise irlandaise, crise de l'euro, crise de l'Europe. Étude économique. L'Idéal Fédéral, Canada.

- Rocfort Giovanie, B. (2010). Irlande : du Tigre celtique a l'effondrement. Le nouvel observateur, OBSN 2496

- Fournier, A. (2010). Irlande un plan de sauvetage pour contre la défiance des marchés, le monde.

- Steinberg, S. (2012) la récession s'aggrave en Europe et le chômage augmente. Document économique. Comité international de la quatrième international CIQI, Etats Unies.

- Rouillot, N. (2010). La théorie des zones monétaires optimales. Études économiques. Science - Economique, France.

- Scammell, D. (2011). La dette souveraine européenne en 2011. Document financier. Schroders, London

- www.Gecodia.com

- www.banquemondial.org

- www.STOXX.com

- www.ECB.int

- www.epp.eurostat.ec.europe.eu

Table des matières

Introduction 6

Chapitre 1 : Description de la crise 8

Introduction 9

1- Constitution et traités principaux de la zone Euro 9

2- Situation de la Grece 11

3- Situation irlandaise 15

4- Situation portugaise 19

4- Situation de l'Espagne 22

Conclusion 25

Chapitre 2 : Les causes de la crise. 27

Introduction Erreur ! Signet non défini.

1- Causes communes Erreur ! Signet non défini.

A- la zone d'euro n'est pas optimale? 28

B- la crise de l'année 2008 30

C- l'endettement excessif des états 31

2- Causes spécifiques dans chaque pays 32

A- la Grèce 32

B- l'Irlande 33

C- Le Portugal 34

C- L'Espagne 36

Conclusion 36

Chapitre 3 : Les Concequences 37

Introduction 38

1- une recession qui s'aggrave et un chômage qui augmente 38

2- Fragilité du système Bancaire 41

3- Marchés financiers affectés 42

A- Marchés obligataires 42

B- Marchés des actions 43

Conclusion 43

_Toc329555052

Conclusion générale 46

Agences de notations 48

Bibliographie 50

* 1 Journal officiel de l'union européenne, C 321 E/1, 29/12/2006.

* 2 Journal officiel de l'union européenne, C 321 E/1, 29/12/2006.

* 3 Premièrement Fitch puis Standard and Poor's dégrade la note de la Grèce de A- a BBB+, ensuit Moody's abaisse la note de ce pays de A1 a A2.

* 4 Le 22 Avril, Moody's dégrade cette note de A2 a A3, et après cinq jours Standard and Poor's l'abaisse de BBB+ a BB+

* 5 Moody's abaisse la note souveraine grecque en juin 2010 de A3 a Ba1

* 6 www.Banquemondiale.org

* 7 Organisation qui regroupe 34 pays les plus développés, qui représentent 80% des PNB du monde (2009).

* 8 Rocfort Giovanie, B. (2010). Irlande : du Tigre celtique a l'effondrement. Le nouvel observateur, OBSN 2496.

* 9 Fournier, A. (2010). Irlande un plan de sauvetage pour contre la défiance des marchés, le monde.

* 10 Eurostat.

* 11 www.Gecodia.fr

* 12 Conseil de l'union européenne, Bruxelles, le 9 Décembre 2010. Presse335, 17525/10

* 13 http://epp.eurostat.ec.europa.eu/

* 14 www.banquemondiale.org

* 15 www.ECB.int

* 16 Une mobilité des facteurs de productions de Y qui soufre d'une baisse de demande vers X qui bénéfice d'une demande excédentaire, peut rendre l'équilibre et la stabilité dans les prix et l'emploie car le mouvement des capitaux de Y a X sert à augmenter l'investissement et l'offre ce qui limite l'évolution des prix dans X et le mouvement de main d'oeuvre de Y a X sert à résoudre le problème du chômage dans le premier.

* 17 Ec.europa.eu (site de la commission européenne)

* 18 Rouillot, N. (2010). La théorie des zones monétaires optimales. Études économiques. Science - Economique, France.

* 19 Loury, A. (2012). Pour un budget européen fédéral : reformons son financement actuel ! Le Taurillon, N. de 19 février 2012.

* 20 -6.4% selon Eurostat

* 21 Scammell, D. (2011). La dette souveraine européenne en 2011. Document financier. Schroders, London

* 22 Eurostat

* 23 Karamessini, M. (2010). Crise de la dette publique et thérapie de choc. Étude économique. IRES, France.

* 24 Antonin, C. (2010). La fragilité grecque : un scenario Prévisible ? Etude économique de l'OFCE. Centre de recherche en économie de science Po, France.

* 25 Pasquet, J.M. (2011). Lisbonne : la crise est-elle moins pénible au soleil ? Les Echos, N. de 29/11/2011.

* 26 Etude économiques de Matilde Perez, Elies Furio Blasco et Christel Camarasa (professeures a l'université Lyon 2 et 3), publiée en 31/05/2011. Sur le site www.lejournaldunet.com/economie.

* 27 Selon Eurostat, Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure de l'activité économique. Il est défini comme la valeur de tous les biens et services produits, moins la valeur des biens et services utilisés dans leur création.

* 28 Banque de France, (2012). Le rôle des agences de notation dans la crise de l'endettement souverain, Document et Débats, Numéro 4. France.