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Distribution spatiale de la maladie du sommet touffu de bananiers (BBTD) dans les différentes zones de production bananière en province du Maniema (RD Congo)


par Al Hadid SHADARI SALUMU
Université de Kindu et Université de Kisangani - Master 2022
  

sommaire suivant

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I

TABLE DES MATIERES

DEDICACE . III

REMERCIEMENTS IV

LISTE DES ABREVIATIONS VI

LISTE DES FIGURES VII

LISTE DES TABLEAUX IX

RESUME . X

ABSTRACT . XI

INTRODUCTION 1

1. Contexte général 1

2. Problématique 2

3. Questions de recherche 3

3.1 Question principale 3

3.2 Questions spécifiques 3

4. Hypothèses 4

4.1 Hypothèse principale 4

4.2 Hypothèses spécifiques 4

5. Objectifs 4

5.1 Objectif principal 4

5.2 Objectifs spécifiques 4

6. Intérêt de l'étude 4

7. Subdivision du travail 5
Chapitre premier : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES BANANIERS ET LA

MALADIE DU SOMMET TOUFFU DE BANANIERS (BBTD) 6

1.1 Bananiers 6

1.1.1 Origine, description botanique et systématique 6

1.1.1.2. Systématique 8

1.1.1.3 Description botanique 8

1.1.2 Distribution et diversité génétique 11

1.1.3 Importance alimentaire, socioéconomique et culturelle 12

1.1.3.2 Importance socio-économique de bananier 14

1.1.3.3. Importance culturelle de bananier 15

1.1.4 Production bananière 16

1.1.4.1 Production Mondiale ...15

II

1.1.4.2 Production en RDC

..15

1.1.4.3 Production au Maniema

16

1.1.4.4 Aire de culture et exigences écologiques .

16

1.1.4.4.1 Aire de Culture

16

1.2. Maladie du sommet touffu de Bananier (BBTD)

25

1.2.1 Origine et distribution de la maladie

25

1.2.2 Symptômes de BBTD

26

1.2.3 Agent vecteur : Pentalonia nigronervosa C.

27

1.2.4 Lutte contre le BBTD

29

Chapitre deuxième : MATERIELS ET METHODES

31

2.1. Milieu d'étude

31

2.1.1. Localisation de la zone d'étude

31

2.1.2. Subdivision administrative

32

2.1.3. Le climat

32

2.1.4. Le sol

32

2.1.5. Végétation et Hydrographie

32

2.1.6. Economie

34

2.2 Matériels

35

2.2.1 Matériels Biologiques

35

2.3 Méthodes

36

2.3.3. Les conditions culturales de bananeraies dans la zone d'étude

39

2.4 Analyse des données

39

Chapitre troisième : RESULTATS ET DISCUSSIONS

40

3.1 Conditions culturales et connaissances relatives au BBTD par les agriculteurs

40

3.2. Connaissances relatives au BBTD par l'agriculteur

44

3.3. Paramètres de maladie du sommet touffu de bananier (BBTD)

49

3.4. Analyse de différents paramètres épidémiologiques en fonction de cultivars de bananiers

et plantains dans la zone d'étude. 55

3.4.1. Corrélation entre les facteurs (cultivars et champs) et les variables (incidence, sévérité

de BBTD, présence et importance de vecteur) 55

3.4.2. Influence de facteur cultivars de bananiers et bananeraies sur la prévalence à la

maladie du sommet touffu de bananier (BBTD) 57

3.5. Répartition des cultivars de bananiers dans les différents groupes en fonction de leur

sensibilité au BBTD dans les différents territoires de Maniema 62

CONCLUSION ET SUGGESTIONS 66

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 68

ANNEXES 78

III

DEDICACE

A tous les agriculteurs de la Province du Maniema qui travaillent sans relâche pour leur survie en
dépit des multiples contraintes et tous ceux qui soutiennent l'agriculture comme socle du
développement, je dédie ce modeste travail

To all farmers of the Province of Maniema who work tirelessly for their survivol despite the many
contraints and all those who support agriculture as being the foundation of developpement, I
dedicate this modest work

IV

REMERCIEMENTS

L'aboutissement du présent travail a été possible grâce à la contribution de plusieurs personnes. Il ne peut avoir son pesant d'or que lorsqu'on reconnait à juste titre les éfforts fournis et les sacrifices concentis par chacun des acteurs qui constitue cette équipe. Il nous est difficile de trouver des mots justes pour exprimer notre reconnaissance et nos sentiments.

Nos premiers remerciements vont à l'endroit du Professeur Docteur Ingénieur Faustin NGAMA BOLOY promoteur de ce travail, qui a bien voulu nous encadrer, du fond de son coeur en traduisant tous son savoir, son savoir faire et son savoir être tout au long de ce périple combat qui n'ont fait que nous amener à la victoire.

Nos sentiments de gratitude s'adressent également au Professeur Docteur Ingénieur Jean-pierre MUKANDAMA NDOLANDOLA, notre premier co-promoteur, sa disponibilité, sa bonne volonté, son amour et ses conseils ont orienté positivement nos recherches.

Envolé vers d'autres cieux, Professeur Docteur Ingénieur BABOY LONGANZA Louis, notre second co-promoteur a su être dans le temps recore quelque soit la distance, apporter sa contribution scientifique dans l'accomplissement de cette oeuvre d'esprit.

Nous sommes également très reconnaissant envers les membres de notre comité d'accompagnement dont la composition a évolué au fil du travail pour aboutir au jury final qui fût tout simplement idéal ; Professeur Docteur ingénieur EBUY ALIPADE, Professeur Docteur Ingénieur OKANGOLA et Professeur Docteur Ingénieur PYAME, trois scientifiques issus des disciplines différentes et pour qui nous avons l'estime profonde. Ils se sont penchés sur notre travail pour en reconnaitre l'essence et y apporter des remarques constructives. Merci à vous d'avoir été là.

Il nous est impossible de lister les personnes formidables que nous avons rencontrées durant ces deux années de formation et qui ont contribué parfois même sans s'en rendre compte à cette étude. Parmi celles-ci, il y a eu des sages à l'image du Professeur Docteur Ingénieur Albert OKUNGO LOTOKOLA, Professeur Docteur Ingénieur BONDOMBE, Professeur Docteur Ingénieur Jean-Claude MONZENGA LOKELA, qui nous ont inspiré un profond respect par leur force tranquille et leur cohérance dans les actions, nous vous disons merci du fond de notre coeur pour votre contribution.

V

Nous exprimons encore notre profonde gratitude envers nos amis, lesquels nous avons concouru ensemble dans cette lutte à savoir : Ass Ir DIEUDONNE BANGBAMBINGO et Ir Serge BAGWE RUHEBUZA de l'INERA MULUNGU.

Nous pensons à toute l'équipe qui travaille dans le laboratoire de Phytopathologie et Biotechnologie végétale de l'IFA-YANGAMBI, bureau WAVE, pour nos amitiés ; entre autres CT Ir JÖEL EBWA, Ass Ir BEDIDJO, Ass. Ir Geremie ANGAFHUNE, Ass. Ir. DIKO, pour ne citer que ceux-là. Merci également à notre ainé Gaston LIMBA de l'INERA YANGAMBI pour votre soutien matériel et scientifique.

Nous avons l'obligation d'adresser très particulièrement nos remerciements à l'Ass. Ir SALUMU DJUMAA de l'Université de Kindu et notre jeune frère RAMAZANI SEFU Franck pour leur participation à la récolte sur le terrain, des données de ce travail.

Nous ne saurons nous arrêter là sans pour au tant placer une mention spéciale à notre très chère épouse Henriette KALOMBO et nos enfants RAMAZANI SHADARI Baba Idi, SHEDA SHADARI Charlie, SAFI SHADARI Ange, SALAMA SHADARI Saldice, ANNIFA SHADARI, ISMAILA SHADARI, SALUMU SHADARI, ARIDJA SHADARI, Bienvenue SHABANI SHADARI, ISIAKA SHADARI Gerard, MUSOMBO SHADARI Baudouin, MASHAKA SHADARI Raymond et Ausgustin AMISI SHADARI, vous avez enduré des sacrifices et des privations dans une vie de prières incessantes pour lesquels nous restons toujours rédevable envers vous.

Nous disons encore plus merci à Monsieur Gaston KISANGA et son épouse Nathalie SHEDA KABALA, sans oublier Monsieur ZEPHIRIN BUNGIASI et son épouse Elisabeth BIKITA KABALA pour l'amour et le soutien que vous n'avez cessé de nous témoigner.

Merci à la famille RAMAZANI KABEBE, nous pensons ici à Bwa RAMO et notre ainé Docteur BARON, pour les multiples assistances de votre part.

Nous remercions infiniment notre tente maternelle ZODE ARIDJA, les mots nous manquent pour exprimer notre reconnaisssance. Nous disons aussi merci à notre oncle matérnel, Monsieur FATAKI MAJALIWA Pychen, pour le soutien et l'encouragement.

Enfin, nous disons merci à tous ceux qui ont porté leur pierre à cette édifice, pour ne citer que : Papa RAMAZANI SHADARI et Maman MOZA MISADI Géorgette, nos parents qui ne se fatiguent jamais de nous. A vous nos parents et frères spirituels : Papa DIKUWA YUMA Daniel, Maman ZAINA KATAMBWE, nous disons merci pour votre soutien spirituel.

SHADARI SALUMU Al hadid

VI

LISTE DES ABREVIATIONS

B.P : Boîte Postale

% : Pourcentage

°C : Degré celcius

AAA : genome triploïde de musa acuminata

AAB : genome triploïde de musa acuminata et Balbisiana

ADN : Acide desoxyribonucleique

ARN : Acide ribonucleique

AW : Activity of Water

BBTD : Banan Bunchy Top Desease

BBTV : Banan Bunchy Top Virus

C.T : Chef de Travaux

CEC : Capacité d'echange cationique

FAO : Food and Agricultur Organisation

GPS : Global Positionning System

ha : Hectare

IPAPEL : Inspection Provinciale de l'Agriclture Pêche et élevage

J.C : Jésus Christ

Kb : Kilo barre

Mg : Magnesium

N : Nombre

NPK : Azote, phosphore, potassium

ONGD : Organisation Non Gouvernementale de Développement

pH : Potentiel en hydrogène

P.I.F : Plants issus de la fragmentation de bulbe

R.D.C : République Démocratique du Congo

TAS-ELISA: Triple Antibody Sandwish Enzyme Linked Immuno Sorbant Assy

VII

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Description schématique du bananier, 10

Cavendish .23

Figure 3 : Carte de la distribution de BBTV dans le bassin du Congo en RDC, ..25

Figure 4 : Puceron du bananier Pentalonia nigronervosa (forme aptère) (c)IAC - D.

Paulaud

.27

 

Figure 5 : Puceron du bananier (forme ailée) (c)IAC - D. Paulaud

27

Figure 6 : La carte administrative de la zone d'étude (Province de Maniema)

.30

Figure 7 : Forêt dense humide de Kailo

..32

Figure 8 : Galeries forestières de Kabambare

..32

Figure 2 : Echelle colorimétrique standard pour les bananes dessert du sous-groupe

Figure 9 et 10 : Systèmes de cultures dans les différentes zones d'étude en Province

deManiema 33

Figure 11 : Quelques cultivars de bananes et plantains inspectés dans le territoire de

Kabambare 34

Figure 12 : Interview avec les fermiers 38

Figure13 : Diagnostic visuel de paramètres dela maladie .38

Figure 14 : Source de matériels de plantation ..39

Figure 15 : Age de la bananeraie dans la zone d'étude .41

Figure 16 : Système de cultures dans la zone ...42

Figure 17 : Identification des symptômes de BBTD par les agriculteurs .44

Figure 18 : Origine probable de la maladie dans la zone d'étude .45

Figure 19 : Durée de production de la souche après observation des symptômes 46

Figure 20 : Connaissance du mode de transmission de BBTD par l'agriculteur 47

Figure 21 : Présence ou absence du vecteur sur chaque touffe de bananiers enquêtés ..48

Figure 22 : Importance du vecteur sur les touffes choisies suivant l'échelle de cotation de BBTD

(0-5) .50

Figure 23 : Incidence de BBTD sur au moins un plant de touffe de

bananiers ...52

Figure 24 : Sévérité de BBTD sur les cultivars de bananiers par

territoire 53

Figure 25 : Distribution des cultivars dans les différents groupes par rapport au BBTD .56

Figure 26 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents groupes par rapport au

BBTD 57

VIII

? Figure 27 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents champs par rapport au 58

? Figure 28 : Distribution des cultivars dans les différents champs en fonction de leur prévalence

au BBTD 59
? Figure 29 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents champs par rapport au

BBTD 59
? Figure 30 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents champs par rapport au

BBTD 60
? Figure 31 : Influence de différents cultivars de bananiers en fonction de leur sensibilité au

BBTD. 61

IX

LISTE DES TABLEAUX

- Tableau 1 : caractéristiques génétiques des variétés de bananiers 9

- Tableau 2 : Groupes génomiques et usages de certains bananiers très répandus en

Afrique centrale et orientale 11
- Tableau 3 : Composition chimique de la banane dessert et de la banane plantain (Pour

100 gdepulpe) ..13

- Tableau 4 : Répartition mondiale de la production bananière en 2011 14

- Tableau 5 : Quelques noms vernaculaires des Cultivars inspectés en Province de

Maniema 34
- Tableau 6 : Contribution des facteurs à la variabilité observée et leur corrélation avec

les variables évaluées 55
- Tableau 7 : Différents groupes de cultivars de bananiers en fonction de leur sensibilité

au BBTD à Kailo, Pangi, Kibombo, Punia, Lubutu, Kasongo et Kabambare 62

Mots-clés : Distribution, spatiale, BBTD, Bananiers, Maniema, R.D. Congo.

X

RESUME

Une étude relative à la distribution spatiale de la maladie du sommet touffu de bananiers (BBTD), dans les zones de production bananière de Maniema a été menée, dans l'objectif de déterminer les conditions culturales de la culture de bananier, dans les différentes zones de production bananière en Province de Maniema. L'incidence et la sévérité de BBTD, la présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa sur les différents cultivars de bananiers et plantains cultivés dans ces zones ont été aussi étudiées.

Sept territoires de la Province de Maniema où 1890 touffes de bananiers ont été inspectées en raison 30 touffes de bananiers par champ, 3 champs par villages et 3 villages par territoires. Les touffes selectionnées étaient analysées à partir des indicateurs principaux tels que : l'incidence de la maladie, la sévérité de la maladie (BBTD), la présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa, et l'état des lieux de connaissance des agriculteurs par rapport à la gestion de BBTD.

De l'analyse des résultats, il a été trouvé que 100% de bananiers sont cultivés en association avec le riz, le manioc, le maïs ou autres culture ; 95,24% des agriculteurs utilisent des rejets en provenance des champs des voisins ; l'âge des bananeraies enquêtées a varié de moins de 3 ans à plus de 10 ans soit 42,86% des bananeraies sont âgées de plus de 10 ans ; 38,10% de bananeraies sont agés de 5-7 ans et 8,33% de bananeraies sont agés de moins de 3 ans.

Le BBTD est présente à travers toute la zone d'étude avec une incidence variant de 78,52 à 88,15% où le taux élevé est trouvé sur les bananiers dans le territoire de Kibombo (88,15%) et 87,05% à Pangi, La decoloration des feuilles avec taille normale est le symptôme le plus fréquent et aussi élevé sur les bananiers avec une moyenne de 31,90%. Le vecteur P. nigronervosa est largement répandu avec une moyenne de 94,85% où une forte présence était trouvée sur les bananiers à Pangi (97,41%). Toutes les colonies de P. nigronervosa sont présentes sur les touffes de bananiers. Une grande colonie avec des insectes ailés est la forme la plus rependue avec une moyenne de 40,31%.

De l'analyse de différents paramètres épidémiologiques, il a été trouvé que les conditions culturales des bananiers (systèmes de culture et autres pratiques) favorisent l'incidence et la sévérité de la maladie aussi bien que, la présence et l'importance du vecteur P. nigronervosa. A partir des analyses factorielles multivariées, il a été classé dans chaque territoire de Maniema, les différents groupes de cultivars de bananiers sensibles et moins sensibles à la maladie BBTD où, les groupes constitués des cultivars moins sensibles se caractérisent par l'absence des symptômes (incidence et sévérité nulle) mais, généralement avec présence et importance du vecteur (Pentalonia nigronervosa) du niveau 2 et 3 de l'échelle de cotation de puceron dans tous les territoires de Maniema.

XI

ABSTRACT

A study on the spatial distribution of banana bunchy top disease (BBTD) in the banana production areas of Maniema was carried out, with the aim of determining the growing conditions of the banana crop, in the different areas in the Province of Maniema. The incidence and severity of BBTD, the presence and importance of the vector Pentalonia nigronervosa on the different banana and plantain cultivars grown in these areas were also studied.

Seven territories of the Province of Maniema where 1890 clumps of banana trees were inspected due to 30 clumps of banana trees per field, 3 fields per village and 3 villages per territory. Selected clumps were analyzed based on key indicators such as : disease incidence, disease severity (BBTD), presence and importance of the vector Pentalonia nigronervosa, and the state of knowledge of farmers compared to the management of BBTD.

From the analysis of the results, it was found that 100% of banana trees are intercropped with rice, cassava, maize or other crops ; 95.24% of farmers use suckers from neighbors' fields ; the age of the banana plantations surveyed varied from less than 3 years to more than 10 years, i.e. 42.86% of the banana plantations are over 10 years old ; 38.10% of banana plantations are 5-7 years old and 8.33% of banana plantations are less than 3 years old.

BBTD is present throughout the study area with an incidence varying from 78.52 to 88.15% where the high rate is found on banana trees in the territory of Kibombo (88.15%) and 87.05% In Pangi, discoloration of leaves with normal size is the most common symptom and also high on banana trees with an average of 31.90%. The vector P. nigronervosa is widespread with an average of 94.85% where a strong presence was found on banana trees in Pangi (97.41%). All the colonies of P. nigronervosa are present on the clumps of banana trees. A large colony with winged insects is the most common form with an average of 40.31%.

From the analysis of different epidemiological parameters, it was found that the growing conditions of banana plants (cropping systems and other practices) favor the incidence and severity of the disease as well as the presence and importance of the vector P. nigronervosa. From multivariate factorial analyses, it was classified in each territory of Maniema, the different groups of banana cultivars susceptible and less susceptible to the BBTD disease where, the groups made up of the less susceptible cultivars are characterized by the absence of symptoms (zero incidence and severity) but, generally with the presence and importance of the vector (Pentalonia nigronervosa) of level 2 and 3 of the aphid rating scale in all the territories of Maniema.

Keywords : Distribution, spatial, BBTD, Banana trees, Maniema, D.R. Congo.

1

INTRODUCTION

1. Contexte général

Les bananes et les plantains figurent parmi les produits de base de l'alimentation des populations en Afrique centrale avec 35% d'apports en calories. La culture de banane en Afrique centrale occupe plus de 50% de la population active rurale et contribue significativement au produit intérieur brut agricole des pays de cette sous-région. Elle joue donc un rôle important dans la sécurité alimentaire des populations, dans la nutrition et assure également une partie des revenus aux petits producteurs (FAO, 2010). Son importance est d'autant plus marquée dans le bassin du Congo où l'on note une grande diversité de cultivars, la zone étant considérée comme un second foyer de diversification de plantains après l'Asie du Sud-Est. Tous les types de plantains y sont observés : les French, les French-Cornes, les Faux cornes, les vraie-corne, (Ganry et al., 2012).

La production bananière mondiale s'élève à 74 millions de tonnes par an. Environs 25 millions de tonnes, principalement des bananes plantains sont produites en Afrique, (Swennen et Vuylsteke, 2001). En 2010, l'Afrique avait réalisé une production de 10.311.554,00 tonnes de bananes contre 26.900.250,00 tonnes de bananes plantains, à la même année ; en R.D.C, on avait produit 316.472,00 tonnes de bananes, contre 1.250.000,00 tonnes de bananes plantains, (FAOSTAT, 2012).

En R.D.C, les Bananes et plantains constituent une nourriture de base pour la population du Nord-Est et du Centre du Pays. Après la récolte, près de 70% de la production bananière s'y consomment directement par les producteurs locaux, (ruraux et urbano-ruraux), 30% pour la commercialisation, (Bakelena et al., 1996). Dans les zones de production bananière, l'économie des agriculteurs est dépendante de celle-ci. Pour les zones à faible production, les revenus des ménages sont faibles alors que, dans les régions où la production est forte, les revenus sont plus élevés. Cependant, les systèmes de production de l'Afrique tropicale sont hétérogènes par l'écologie, les densités, les espèces végétales et animales, les outils aratoires, les techniques culturales, les combinaisons ou dissociations de productions (De Lapeyre, 2015). Les comportements des cultivateurs sont d'une extrême richesse, variable d'une région à l'autre, d'un village à l'autre, d'une habitation à l'autre et d'une intense souplesse adaptable à toutes les modifications de l'environnement physique et humain, (FAOSTAT, 2009).

Cette culture, conduite le plus souvent en agriculture familiale, présente souvent d'assez faibles rendements par rapport à la terre et au travail. Cette production vivrière familiale est en effet

2

peu encadrée techniquement et bénéficie de peu d'innovations scientifiques et techniques (Moïse et Ludovic, 2019).

Cependant, des lourdes menaces parasitaires pèsent sur la production des bananes et plantains (Ngama, 2014). Parmi ces menaces, il faudra noter les maladies virales, fongiques, bactériennes, les nématodes, et les insectes ravageurs dont le charançon Cosmopolites sordidus (Tixier et al., 2010) signalés un peu partout dans les zones de production bananière avec un impact très considérable sur la production (Baudouin et al., 2002). Des nombreux documents et traditions orales témoignent différemment de nombreuses souffrances endurées par différents peuples à la suite des maladies des plantes et qui ont été à la base des famines et exodes des populations (Camara et al., 2010).

2. Problématique

Ces dernières années, la production des bananes et plantains a globalement diminué dans plusieurs territoires en province de Maniema. Ceci pour plusieures raisons, notamment l'incidence de la maladie du sommet touffu de bananier (Banana Bunchy Top Disease) signalée dès lors dans d'importants foyers de production bananière impactant significativement les revenus des ménages. Ce qui pourrait compromettre la durabilité du système agricole de cette Province particulièrement dans les territoires où les plantains servent d'aliment de base (CIRAD, 2011 ; ISF et CTA, 2011).

Cette maladie appelée encore "sommet buissonnant du bananier" est due au virus Marmor abaca HOLMES appelé Banana Bunchy Top Virus (BBTV). Ce virus est transmis par un puceron surtout Pentalonia nigronervosa C. (Ngama, 2010). Elle affecte essentiellement la croissance et rend improductif les sujets atteints en phase végétative. Cette maladie est typique des conditions de basse et moyenne altitude. Les symptômes se manifestent par un rabougrissement excessif de la plupart des plants atteints précocement, un fort engorgement des pétioles et une réduction de la longueur des limbes. Par ailleurs, les rejets provenant des souches virosées sont inévitablement porteurs de ce virus et leur utilisation favorise l'extension de la maladie. Cette maladie a été signalée et confirmée en Asie et aux îles du Pacifique ainsi que dans les pays africains et sa gestion demande des études détaillées au préalable nécessitant la connaissance des moyens de propagation, la cartographie et la détection des foyers (FAO, 2010). Le BBTD est déjà signalé surtout dans les Provinces du Congo Central, du Nord et Sud Kivu ainsi que dans la Province de la Tshopo. Cependant, plusieurs autres provinces de la R.D.C sont également touchées, notamment le Maniema, le Bandundu, l'Equateur, les deux Kasaï ainsi que le Katanga, particulièrement dans sa partie Nord (Ngama et al., 2015).

3

Selon les enquêtes menées par Ngama (2014) en collaboration avec CIALCA-BIOVERSITY sur 9000 touffes de bananiers évaluées dans 300 fermes à raison de 30 touffes par ferme, les moyennes de l'incidence de BBTD obtenues dans les jardins de case et les plantations de bananiers étaient comprises entre 96,0 % et 98,7 % et la présence des pucerons était de 95,8 %. Cette étude a révélé que le BBTD est l'une des plus importantes maladies qui affectent le bananier dans cette zone de production bananière et de grande diversité génétique de la Province Orientale démembrées et ses environs. Alors, il a été suggéré d'élargir le champ d'étude compte tenu de l'incidence très élevée observée dans cette zone, bien qu'encore à de faibles niveaux de sévérité.

Mis à part les enquêtes ci-haut évoquées ; très peu de travaux ont été orientés dans le sens de poser le diagnostic de la distribution de BBTD en Province de Maniema qui fait partie de la zone de production bananière du bassin du Congo. En effet, le manque d'informations scientifiques sur les contraintes biologiques de la culture bananière liée à la maladie du sommet touffu de bananier (BBTD) dans les différents territoires en province de Maniema, constitue une préoccupation majeure et suscite notre curiosité scientifique qui se traduit par des questions de recherche ci-dessous.

3. Questions de recherche 3.1 Question principale

Existe-t-il une distribution spatialement des contraintes biologiques de la culture de bananiers liées au BBTD dans les différentes zones de production bananière en Province de Maniema ?

3.2 Questions spécifiques

1. Quelles sont les conditions culturales de bananiers et plantains dans les différentes zones de production bananière de Maniema ?

2. Que peuvent être l'incidence et la sévérité de BBTD sur les différents cultivars de bananiers et plantains dans les zones de production bananière de Maniema ?

3. Que peuvent être aussi la présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa dans la zone d'étude ?

4

4. Hypothèses

4.1 Hypothèse principale

Il existe une variation dans la distribution spatiale des contraintes biologiques de la culture de bananièrs liées au BBTD dans les différentes zones de production bananière en Province de Maniema.

4.2 Hypothèses spécifiques

L'étude part des hypothèses spécifiques selon lesquelles :

1. Les conditions culturales varient dans les différentes zones de production bananière en province de Maniema ;

2. L'incidence et la sévérité de BBTD peuvent être relativement vaiables en fonction de différents cultivars trouvés dans cette zone de production bananière de la Province de Maniema ;

3. La présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa peuvent être aussi variables dans ces différentes zones d'étude en Province de Maniema.

5. Objectifs

5.1 Objectif principal

Mettre en évidence la distribution spatiale des contraintes biologiques de la culture de bananiers liées au BBTD dans les différentes zones de production bananière en Province de Maniema.

5.2 Objectifs spécifiques

De manière spécifique, cette étude est entreprise dans le but de :

1. Déterminer les conditions culturales de la culture de bananier dans les différentes zones de production bananière en Province de Maniema ;

2. Déterminer l'incidence et la sévérité de BBTD sur les différents cultivars de bananiers et plantains cultivés dans cette zone d'étude ;

3. Déterminer la présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa dans les différentes zones d'étude en Province de Maniema.

6. Intérêt de l'étude

L'intérêt de l'étude est d'abord scientifique, car elle contribue à la connaissance de l'incidence et sévérité de BBTD ainsi qu'à la présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa dans les zones de production bananières de la Province de Maniema.

5

Sur le plan pratique, cette étude permettra aux partenaires et aux décideurs de la R.D.C en matière d'agriculture et aux institutions de recherche d'élaborer un programme de bonne gestion de la maladie et d'opérer un choix judicieux dans les stratégies de lutte contre le vecteur P. nigronervosa de manière à réduire la dissémination de la maladie.

7. Subdivision du travail

Ce travail comprend trois chapitres hormis l'introduction et la conclusion ; le premier chapitre traite des considérations générales sur les bananiers et la maladie du sommet touffu de bananier (Banana Bunchy Top Disease) ; le deuxième chapitre décrit les matériels et méthodes de travail et le troisième chapitre présente et discute les résultats.

6

Chapitre premier : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES BANANIERS ET LA MALADIE DU SOMMET TOUFFU DE BANANIERS (BBTD)

1.1 Bananiers

1.1.1 Origine, description botanique et systématique

1.1.1.1 Origine

Origine de la diversité génétique

La sous-espèce Musa acuminata banskii serait à l'origine de la plupart des bananiers cultivés aujourd'hui (Carreel, 1994). Les bananiers de Musa acuminata banskii présentant un début de parthénocarpie ont été sélectionnés par l'homme en Papouasie-Nouvelle-Guinée il y a près de 7000 ans (Jenny et al., 1999). Ils ont été transportés en Indonésie (sur l'île de Java) par les Austronésiens où ils se sont hybridés avec d'autres sous-espèces de Musa acuminata (Perrier et al., 2011). Ces hybridations ont permis l'émergence de diploïdes AA puis de triploïdes AAA par hybridations intraspécifiques. Une partie des diploïdes AA générés seraient rentrés en contact avec des bananiers de l'espèce Musa balbisiana aux Philippines ce qui aurait permis l'apparition des triploïdes AAB et ABB (Perrier et al., 2011). Les bananiers du sous-groupe plantain (AAB) auraient été introduits sur la côte orientale de l'Afrique par les Austronésiens il y a plus de 3000 ans (Blench, 2009). Des travaux sur les phytolithes (particules siliceuses microscopiques présentes sur les feuilles des plantes) indiquent la présence de bananier plantain au Cameroun il y a 2500 ans (Lassoudière 2010 ; Perrier et al., 2011). Les bananiers du sous-groupe plantain auraient été diffusés jusqu'en Afrique de l'Ouest par les migrations de populations des ethnies de langues bantoues (Lassoudière, 2010). 18 Certains cultivars de bananier du sous-groupe plantain présents en Afrique auraient suivi le flux du commerce des esclaves vers les Caraïbes et l'Amérique centrale et du sud (Lassoudière, 2010). La banane plantain serait présente en Guadeloupe dès le 17ème siècle où elle aurait été consommée par les esclaves (Lassoudière, 2010).

Les plus anciennes références aux bananiers datent de 500 ans avant Jésus-Christ. Le Grec ancien consigne la campagne d'Alexandre le Grand en Inde en 327 avant J.C. et on y mentionne la banane. Pline l'ancien parle sur les bananiers dans son livre d'histoire naturelle ; plus tard la banane apparait tant chez les musulmans que chez les chrétiens comme le fruit défendu du paradis terrestre. Une légende indienne affirme que la banane est le fruit qu'Eve a tendu à Adam. Cela explique son appellation de « fruit du paradis ». Par ailleurs, cette croyance est à l'origine du nom « Paradisiaca » donné à la banane plantain (Haicour et al., 1998).

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L'origine supposée des bananes comestibles reste incertaine. Cependant, l'hypothèse la plus généralement acceptée suppose qu'à l'origine, les bananiers se trouvaient dans l'espace englobant la péninsule malaisienne, l'Indonésie, les Philippines, la Papouasie et la Nouvelle Guinée. La seconde zone de dispersion et de diversification se situerait dans la vaste région indo-asiatique (Kervegant, 1935 ; Lassoudière, 2010) ; la dispersion hors de l'Asie se serait faite à travers les migrations humaines.

La Polynésie est ainsi devenue un autre centre de diversification secondaire des bananes, notamment les cultivars `Maia Maoli/Popoulu' ; ils sont identifiés comme des hybrides triploïdes AAB et appelés couramment les plantains du Pacifique. Ces plantains seraient venus des Philippines pour être dispersés en Polynésie il y a plus de 4 000 ans (Adheka, 2014). L'Afrique de l'Est, du Centre et de l'Ouest comprend aussi des zones très importantes de domestication secondaire ; le Bassin du Congo par exemple en Afrique centrale avec plus de 110 cultivars (AAB) de plantains connus, tandis que beaucoup restent à découvrir. Plus de 60 cultivars de bananes spécifiques (tous des triploïdes AAA) ont été découverts dans les zones d'altitude de l'Afrique de l'Est (Karamura, 1999).

Le genre Musa est donc originaire de l'Asie du Sud-Est (Aire géographique entre l'Inde, la Papouasie-nouvelle guinée et Iles du Pacific). Dans cette région du monde, on trouve les espèces sauvages Musa acuminata et Musa balbisiana (Swennen et Vuylsteke, 2001).

Il n'existe pas de variétés sauvages de bananier en Afrique (sauf dans des collections). L'existence de nombreux cultivars de bananiers d'altitude en Afrique de l'Est et de plantains laisse supposer qu'ils sont cultivés depuis très longtemps en Afrique (Alistair, 2010).

La période d'introduction des bananiers plantains en Afrique n'est pas totalement établie. Cependant, les recherches les plus récentes la situent, selon les sources, à au moins 3 000 ans avant notre ère. Des auteurs s'appuyant sur des études linguistico-taxonomiques situent l'introduction des Musa après le Vième siècle de notre ère (Julie, 2013). Certains autres chercheurs, prenant en compte le grand nombre de « cultivars » africains et des études historico-linguistiques, soutiennent que le genre Musa a été introduit en Afrique orientale il y a au moins trois millénaires (De Langhe et al., 1996).

Il existe aussi des travaux qui indiquent la présence de plantains en Ouganda 4 000 ans avant JC. Des découvertes archéologiques récentes, effectuées sur le site de Nkang au Sud Cameroun ont mis à jour des phytolithes de bananiers (structures siliceuses fossiles caractéristiques des espèces de plantes) incrustés dans les restes carbonisés d'aliments dans une poterie et dans le sol de comblement d'une fosse (Mbida et al., 2000).

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La datation de ce matériel remonte pour l'instant au premier millénaire avant notre ère. D'autres études, par contre, signalent la présence des plantains au Cameroun 2.500 ans avant JC. La culture des plantains se serait développée en raison de sa richesse en amidon de la souche et de l'apport en fibres plutôt que pour les fruits qui ne sont généralement pas consommés mûrs comme les bananes desserts. La cuvette congolaise serait le plus important centre secondaire africain de diversification des plantains (Moïse, 2019).

1.1.1.2. Systématique

Les bananiers appartiennent au genre Musa crée par Linné, dont on ne saura sans doute jamais s'il avait voulu le dédicacer au médecin de l'empereur Auguste (Antonius Musa) ou si son origine se trouve dans la désignation arabe de la plante ("maouz" ou "moz") (Champion, 1963). Le genre a donné son nom aux Musacées, famille généralement incluse dans l'ordre des Scitaminales. Mais parfois les Musacées sont considérées comme une sous-famille de la famille des Scitaminées. Si l'on tient compte des travaux du systématicien Emberger et de plusieurs spécialistes contemporains du bananier comme Simmonds, la position la plus satisfaisante du genre Musa dans les Monocotylédones serait la suivante : Ordre des Scitaminales (ou des Zingibérales pour certains auteurs) :

> Royaume : Plantae ;

> Division : Magnoliophyta ;

> Classe : Liliopsida ;

> Ordre : Zingiberales

> Familles : Musaceae ou Musacées ;

> Sous familles : Musoideae ;

> Genres : Musa ;

> Espèces : Musa spp

Le genre Musa comprend plus de 1500 variétés dont les plantains, est le plus important et le plus diversifié (Kagy, 1999). La section des Eumusa concentre pratiquement toutes les variétés de bananiers cultivés. Dans les années 1940, la classification des bananiers, alors basée sur le nombre de chromosomes et les caractéristiques morphotaxonomiques, répartissait les bananiers en quatre sections : Australimusa (n = 10), Callimusa (n = 10), Rhodochlamys (n = 11) et Eumusa (n = 11) (Cheesman, 1947). Dans les années 2000, une nouvelle classification basée sur l'AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism) a proposé deux groupes pour le genre Musa. Le premier comprend les sections Rhodochlamys et Eumusa et le second les sections Australimusa et Callimusa (Wong et al., 2002).

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Il existe plusieurs espèces de bananes dont les unes sont alimentaires. Certaines produisent de la fibre (Musa textilis) d'autres enfin sont simplement ornementales (Musa ensete). Le genre Ensete (ancien Musa ensete), qui est présent en Asie, en Afrique et en Amérique latine, ne rejetonne pas naturellement ; n'est cultivée qu'en Ethiopie (pour la consommation du rhizome fermenté et surtout de la pulpe du pseudo tronc, (Camara et al., 2010).

Le genre Musa, qui se divise en espèces séminifères à fruits non comestibles et variétés à fruits charnus sans graines (parthenocarpie). Les espèces à graines se répartissent en cinq sections : Australimusa avec 2n=20 chromosomes dont (M. textilis qui est une espèce à fibre), Calimusa avec 2n=20 chromosomes dont (M. coccinea, qui, est une espèce ornementale), Rhodochlamys dont (M. ornata, qui est une espèce ornementale aussi), Ingentimusa dont (M. ingens, bananier sauvage géant) et Eumusa avec 2n=22 chromosomes. Dans la section Eumusa se trouvent Musa acuminata (génome A) et M. balbisiana (génome B), espèces qui sont à l'origine des variétés cultivées, (Dhed'a, et al., 2011). Les caractéristiques génétiques de différentes variétés de bananiers sont présentées dans le tableau 1.

Tableau 1 : caractéristiques génétiques des variétés de bananiers

Groupe Sous- groupe

Cultivars

Type de fruits

AA

Sucrier

Pisang Mas/Frayssinette/Figue sucrée

Dessert-sucrée

 
 

Pisang lilin

Dessert

 
 

Pisang Beragan/Lakatan

Dessert

AAA

Canvendish

Lacata/Poyo/Williams/Grande naine/Petite

naine

Dessert

 

Gros-michel

Gros-michel/Highgate/ Cocos

Dessert

 

Figue-Rose

Figue-Rose rose/Figue- Rose verte

Dessert

 

Lijugira

Intuntu/mujuba

A bière/à cuire

10

 

Ibota

Yangambi Km5

Dessert

AB

Ney Poovan

Safetvelchi/sukari

Dessert-acidulé

AAB

Figue-Pomme

Maca/Silk

Dessert-acidulé

 

Pomme

Prata

Dessert-acidulé

 

Mysore

Pisang Ceylan

Dessert- acidulé

 

PisangKelat

PisangKelat

Dessert

 

Pisang Rajah

Pisang Rajah Bulu

A cuire

 

Plantain

French/Corne/faux corne

A cuire

 

Popoulou

Popoulou

A cuire

 

Laknao

Laknao

A cuire

 

PisangNangka

PisangNangka

A cuire

AAB

Bluggoe

Bluggoe/Matavia/Poteau/Cacambou

A cuire

 

Pelipita

Pelipita

A cuire

 

PisangAwak

Fougamou

Dessert

 

Peyan

Saba

A cuire

 

Saba

 

A cuire

Source : (FAO, 2012)

1.1.1.3 Description botanique

Le bananier est une herbe géante monocotylédone de grande taille sans tige végétative aérienne. La tige souterraine est le centre vital du bananier, lieu de formation des racines, des feuilles et de l'inflorescence. C'est à ce niveau que se différentient les rejets assurant la pérennité de l'espèce. Le système radiculaire est de type fasciculé (sans pivot). L'émission de racines se fait pendant toute la phase végétative. Le pseudo-tronc n'est pas une vraie tige. Il résulte de l'imbrication des graines foliaires les unes dans les autres (Jenny et al., 1999).

Le cigare foliaire monte au centre, comme par la suite, l'inflorescence. Le système foliaire est très développé et sa structure présente des particularités liées aux contraintes de l'alimentation hydrique. L'inflorescence se forme au niveau de la tige souterraine et parcourt tout le faux tronc avant son apparition à l'extérieur de la plante. La fleur femelle donne le régime de bananes

De nouvelles variétés de bananiers, notamment de bananes à cuire, ont été créées pour faire face à la pression parasitaire et pour satisfaire la demande des consommateurs. Cependant, des

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consommables et commercialisables (Lassoudière, 2007). La description schematique de bananier est donnée par la figure 1.

Figure 1 : Description schématique du bananier, (Adheka, 2014).

1.1.2 Distribution et diversité génétique

Le genre Musa compte plus de 1000 variétés de bananes parmi lesquelles les cultivars les plus importants sont les bananes de type dessert (AAA pour la plupart) et les bananes à cuire (AAA, AAB et AAB). Les variétés AA sont majoritairement rencontrées en Asie du Sud-Est. Quelques variétés AB ont été répertoriées en Afrique de l'Est et en Inde. Les variétés triploïdes AAA (bananes dessert et à cuire), AAB (plantains et bananes à cuire) et AAB (bananes à cuire) sont largement distribuées dans le monde, notamment en Amérique latine et centrale, aux Caraïbes, en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique (Jones, 2000 ; Lassoudière, 2007).

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progrès restent à faire sur les qualités culinaires et gustatives en comparaison avec les variétés traditionnelles. Le besoin en nouvelles variétés concerne aussi bien la banane dessert que la banane à cuire, qu'elles soient destinées à l'exportation, à l'autoconsommation ou aux marchés nationaux (Abadie et al., 2003 ; Cirad, 2001). Le tableau 2 donne les groupes génomiques et leurs usages.

Tableau 2 : Groupes génomiques et usages de certains bananiers très répandus en Afrique centrale et orientale

Groupe génomique

Nom du cultivar

Usage

AAA

Gros Michel Muraru, Mushale

Dessert

A cuire, à rôtir, dessert

AAA-EAHB

Nakitembe Kabula

A cuire vert Bière

AAB

Nakatansese, French plantain

A cuire mûr, à rôtir

AAB

Kivuvu

Kayinja (Musa)

A cuire mûr Bière

AB

Kisubi

Bière

AAB

Sukali Ndiizi

Dessert

AAAB

Série de bananiers FHIA

Dessert, à cuire, bière, chips, fruits séchés

Source : (Karamura et al, 1999)

1.1.3 Importance alimentaire, socioéconomique et culturelle 1.1.3.1. Importance alimentaire

Bien que le bananier et les bananiers plantains soient connus aujourd'hui pour leur grande importance dans l'alimentation, toutes les parties de la plante peuvent être utilisées d'une manière ou d'une autre (Cirad, 2002).

Le bananier est une plante facile à cultiver. Il en existe de nombreuses variétés directement exploitables au niveau des familles avec ou sans transformation préalable. Ce qui en fait une plante au potentiel économique immense. Plus de 60% des bananiers produites en Afrique sont consommés localement. Près de 50% de la production africaine se composent de bananes à cuire et à bière, le plantain représente 32% et les bananes dessert 18%. L'Afrique est le seul continent à produire de grandes quantités de bananes d'altitude et 46% de la production mondiale de plantains y sont réalisés (Lepoivre, 2003).

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Il existe de très nombreuses variétés de bananiers cultivées pour leurs fruits. Il est rare de cultiver le bananier pour une valorisation prioritaire d'autres organes. La production de fruits (bananes plantains, bananes à cuire et banane dessert) dépasse légèrement 100 millions de tonnes depuis 2003 (Jones, 2000).

La banane partage avec l'ananas le titre de « Roi » ou « Empereur des fruits ». Pline l'ancien (naturaliste gastronome) vantait les mérites gustatifs de la banane « fière et orgueilleuse ». Produit exotique par excellence, la banane est le fruit le plus vendu au monde et le plus consommé notamment par les populations indigènes en raison de ses propriétés énergétiques (Lescot, 2013). La composition chimique de la banane est donnée par le tableau 3.

Tableau 3 : Composition chimique de la banane dessert et de la banane plantain (Pour 100 g de pulpe).

Eléments Banane dessert

Banane plantain

Eau (g)

74

65

Potassium (g)

380 - 400

500

Calcium (mg)

6 - 9

3

Magnésium (mg)

30 - 45

35

Sodium (mg)

1

4

Phosphore (mg)

30

30

Fer (mg)

0,3 - 0,7

0,6

Energie (kcal)

82 - 92

122

Protéines (g)

1

1,3

14

Lipides (g)

0,48

0,37

Glucides (g)

19 - 23

32

Fibres (g)

2,0 - 3,4

2,0 - 3,4

Source : (Lassoudière, 2007)

1.1.3.2 Importance socio-économique de bananier

Les bananes et bananes plantains font partie des principaux aliments de base dans les pays producteurs et constituent une source considérable d'emploi et de revenus à travers les marchés locaux et internationaux (Frison et Sharrock, 1999). Le bananier constitue le quatrième produit agricole en termes de production mondiale après le riz, le blé et le maïs. Il occupe le premier rang de la production fruitière, avec un peu plus de 145 millions de tonnes produites en 2011 à l'échelle mondiale (Ganry et al., 2012). La répartition mondiale de la production bananière est donnée par le tableau 4.

La valeur culturelle des bananes est considérable dans plusieurs régions. Dans la légende hindoue en Inde, la banane était considérée comme le fruit interdit du jardin d'Eden. Elle est le

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Tableau 4 : Répartition mondiale de la production bananière en 2012

Continent Pays Banane Banane plantain

Afrique

Cameroun

1.376.000 3.400.000

RCA

162.799 109.265

Côte d'Ivoire

317.727

1.559.210

RDC

408.900 1.552.060

Ghana

60.000 3.619.830

Kenya

1.197.990 31.000

Rwanda

44 3.036.270

Uganda

522.945 10.547.400

Angola

2.646.070 -

Burundi

1.848.730 -

Amérique

Costa Rica

1.937.120 90.000

Guadeloupe

58.00 7.620

Guatemala

2.680.390 188.755

Panama

340.342 97.432

Pérou

- 1.967.920

Venezuela

415.693 488.878

Brésil

7.329.470 -

Asie

Chine

10.705.740 -

Inde

29.667.000 -

Thaillande

2.036.430 -

Viet Nam

1.523.430 -

Philippines

9.165.040 -

Europe

Italie

351 -

Portugal

30.181 -

Espagne

346.500 -

Turquie

206.501

-

Source : (FAOSTAT, 2012)

1.1.3.3. Importance culturelle de bananier

Dans la province de Maniema, le Bananier constitue un aliment par excellence, il se consomme cuit avec les poissons frais. On coupe les fruits en morceaux puis bouillir au feu, si à l'état mûr,

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symbole de la fertilité et de la prospérité dans des nombreuses communautés d'Asie du sud, et est fréquemment exposée dans les cérémonies nuptiales (Frison et Sharrock, 1999).

Dans la Province de Maniema, le bananier est utilisé comme plante ornemental, mais aussi dans les rites coutumiers, usage des feuilles comme matelas, les feuilles sont ramollies au feu pour servir la nourriture à la fête ou au deuil. Le tronc de bananier est coupé jeté dans l'eau en cas de naufrage, un rituel qui permet de retrouver le corps du disparu au même lieu de naufrage (Shadari S. et Ngama, 2022).

1.1.4 Production bananière

1.1.4.1 Production Mondiale

La production bananière mondiale s'élève à 74 millions de tonnes par an. Environs 25 millions de tonnes (soit 34% de production mondiale), principalement les bananes plantains sont produites en Afrique (Swennen et Vuylsteke, 2001). Elle a peu varié au cours des quinze dernières années entre 28,05 Mt et 32,61 Mt. Au moins 52 pays et îles (dont 18 pays africains) sont concernés par cette production. L'Afrique, l'Amérique du Sud, les Antilles et les îles de l'Atlantique concentrent 96 % de la production mondiale de plantains. Huit pays (six en Afrique et deux en Amérique du Sud) produisent plus d'un million de tonnes de plantains/an. Ils concentrent environ 78 % de la production mondiale (FAOSTAT, 2012).

1.1.4.2 Production en ROC

En République Démocratique du Congo, le bananier et le bananier plantain, comparativement à d'autres cultures occupent la deuxième place dans la production nationale après le manioc selon les statistiques nationales avec une production annuelle de 1.960.960 tonnes en 2011, (FAOSTAT, 2012). Les bananiers et les bananiers plantains en particulier représentent les cultures alimentaires parmi les plus importantes en R.D.C. Dans le bassin du Congo de la cuvette centrale du Nord-Est ; les bananiers plantains constituent aussi la deuxième culture après le manioc et jouent de ce fait un rôle très important dans la sécurité alimentaire et le revenu de la population (Dhed'a et al., 2009).

1.1.4.3 Production au Maniema

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on fabrique le LITUMA en mélange avec le manioc. Cependant, sa production se situe à la quatrième position après le riz, le maïs et le manioc. Dans cette zone, les bananiers se cultivent principalement dans le système extensif, en association avec d'autres cultures vivrières ou maraichères ; ce qui rend sa production faible (Shadari et al., 2021).

1.1.4.4 Aire de culture et exigences écologiques

1.1.4.4.1 Aire de Culture

Différents types de bananier sont cultivés dans diverses écorégions d'Afrique. Les bananiers d'altitude sont surtout cultivés dans les régions d'altitude de l'Afrique de l'Est (Nord-Kivu et Sud-Kivu (R.D.C), Ouganda, Rwanda, Tanzanie, et Ouest du Kenya) près des villages et dans des champs permanents (Lescot, 2013).

Les bananiers à fruits desserts et les plantains se plaisent sur les basses terres, ils ne se développent que lentement en altitude. Les bananiers produisant des bananes à cuire et à bière préfèrent par contre les altitudes entre 1200 et 1800 m au-dessus du niveau de la mer. Les bananiers tolèrent un peu d'ombre. Les intensités lumineuses optimales ne sont pas connues (Lahav, 1995).

1.1.4.4.2 Exigences écologiques

Les plantains sont produits dans des jardins familiaux ou associés à d'autres cultures vivrières, dans des systèmes des cultures itinérantes. Ils prédominent sur les basses terres des tropiques humides en RDC, au Congo-Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, au Nigéria, au Ghana, en Côte d'ivoire, en Guinée et au Libéria (Swennen et Vuylsteke, 2001).

Les bananiers sont généralement cultivés entre 19° C et 33° C. Une température supérieure n'empêche pas leur culture si l'apport d'eau est adéquat. La croissance s'arrête cependant au-delà de 38°C. La température idéale pour la fructification est supérieure à 2°C environ à celle pour la formation des feuilles. Une température trop basse ralentit l'émission des feuilles et allonge le cycle de croissance. La croissance est nulle en dessous de 14°C et le refroidissement endommage les fruits. Exposés à moins de 0°C, les bananiers périssent (Jenuwein, 1988).

Les bananiers à fruits desserts et plantains sont cultivés dans un environnement humide à hygrométrie élevée de 60 à 100%. Les bananiers requièrent 25 à 70 mm d'eau par semaine (ou 1300 à 3600 mm par an) en fonction du taux d'évapotranspiration. Une humidité du sol égale à 80 à 100% de la capacité au champ est requise. Ceci correspond à une pluviosité minimale de 100 mm par mois (Jenny et al., 1999). Les sols profonds, limoneux et bien drainés conviennent

18

les mieux pour la culture du bananier. Les éléments N.P.K, Ca et Mg sont indispensables pour atteindre un bon niveau de développement et une production élevée. Le pli peut varier de 4,0 à 8,0 (Carlier, et al., 2002).

1.1.4.5 Système de culture dans la Province de Maniema

Le système de culture intègre la combinaison des cultures en présence, leur ordre d'introduction et leur position dans le dispositif de la parcelle, et les techniques culturales mises en oeuvre. Les producteurs ont des gestes techniques qui attestent une certaine logique et la maîtrise des espèces plantées et des itinéraires culturaux qui leur sont familiers. Plusieurs systèmes de cultures peuvent se retrouver au sein d'une exploitation (Moïse, 2019).

L'économie de la province du Maniema est fondée essentiellement sur la production agricole qui occupe la majorité de la population. Il s'agit en grande partie d'une agriculture de subsistance caractérisée par une absence de mécanisation. On y produit le riz, l'arachide, le manioc, le maïs et la banane comme principales cultures vivrières. Quant aux cultures industrielles héritées de la colonisation et qui concernaient principalement le coton, le café et l'huile de palme, elles sont à l'arrêt depuis plusieurs années (Meunier et al., 2011).

1.1.4.5.1 En forêt primaire

C'est une pratique assez répandue dans les systèmes traditionnels de culture du bananier plantain. Le planteur laisse se développer plusieurs rejets sur chaque souche. Les touffes semblent plus stables en comparaison des chutes multiples observées dans les bananeraies oeilletonnées malgré le tuteurage ou haubanage. Les densités pratiquées dans les champs sont plus faibles à la plantation (400-500 pieds/ha). Plus tard, elles peuvent atteindre ou dépasser 3 000 à 4 000 pieds/ha suite au développement des touffes (Moïse, 2019).

Les touffes ont un retour cycle plus rapide, plusieurs rejets-frères pouvant produire à la suite. De plus, une légère fertilisation permet d'avoir des régimes normaux, le rendement global par pied étant assez élevé. En outre, les espacements des touffes permettent les cultures intercalaires qui contribuent à l'amélioration du rendement de la parcelle. Pour le moment, ce système est largement valorisé dans les jardins de case où les bananiers reçoivent régulièrement les déchets organiques des ménages ainsi que dans les grandes plantations avec de faibles densités au démarrage, dans une optique de sécurisation des terres (Verheij et Coronel, 1991).

1.1.4.6 Techniques culturales

1.1.4.6.1. Choix du Matériel de plantation

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Le matériel végétal employé pour la mise en place d'une bananeraie qu'elle soit en culture conventionnelle ou en association avec d'autres productions doit être de la meilleure qualité possible. Cela implique de travailler avec du matériel végétal (plants, rejets) indemnes de parasites comme par exemple les nématodes et les charançons. En assurant la qualité du matériel végétal, on prévient la contamination des champs ou des parcelles, et on augmente leur potentiel de rendement. La meilleure garantie sanitaire que l'on puisse avoir vient de l'utilisation de vitro-plants certifiés (Rennes, 2016).

1.1.4.6.2. Vitro-plants

La culture in-vitro est un moyen de produire rapidement (en 4 à 6 mois) des milliers de nouvelles plantules de bananiers qui sont :

y' Saines : sans maladie et sans insecte ;

y' Uniformes ;

y' Plus vigoureuses que des rejets traditionnels ;

y' Facilement transportables, donc facilement commercialisables.

Les paysans peuvent se procurer de ces vitro-plants directement au laboratoire. Les vitro-plants sont produits dans un environnement stérile dans des laboratoires spécialisés (Israeli, et al., 1995). Des morceaux de bulbes sont prélevés d'une plante mère saine et amenés au laboratoire, où ils sont désinfectés ; multipliés sur un milieu de multiplication (4 semaines) ; enracinés sur un milieu d'enracinement (4 semaines). Ensuite, les petites plantules sont transférées dans une pépinière pour être endurcies (Verheij et Coronel, 1991).

1.1.4.6.3. Plants issus de la macro propagation

Les rejets sélectionnés pour la technique des plants issus de fragments du pseudo tronc (P.I.F), doivent avoir une hauteur comprise entre cinq (5) et quarante (40) centimètres, (Moïse, 2019). De plus, la partie basale (bulbe) doit être assez représentative (sept à dix centimètres de diamètres, pour une hauteur de cinq à sept centimètres), car c'est elle qui contient la réserve en éléments nutritifs, indispensables à la nutrition des futurs vivo-plants. Elle doit être exempte des galeries de Cosmopolites sordidus d'une part et d'autre part, les racines ne doivent pas présenter les symptômes d'attaques des nématodes (coloration rougeâtre de la partie lignifiée des racines ou des racines nécrosées) (Mayeki et al., 2010).

1.1.4.6.4. Installation d'une bananeraie

Le choix et la préparation du terrain dépendent de l'objectif dans la production de bananiers et plantains, des contraintes liées au terrain pressenti, connues à travers l'histoire de la parcelle

En lignes jumelées en quinconce : ce dispositif comprend un grand rang d'au moins 3,6 m et un petit rang de 1,8 ; bon système sauf pour la régularité du couvert. Dans le cas de mécanisation

20

(pratiques ancestrales communautaires, successions culturales), des contraintes de moyens et des choix et techniques du producteur, (Haïcour, et al., 1998).

Pour un bon choix du terrain, il faut vérifier les points suivants :

> Accès facile aux moyens de transport (pour évacuer la récolte en tout temps et sans difficulté, et diminuer les temps de travaux en cas de récolte surtout pour les bananeraies d'une superficie importante) ;

> Pente faible ou nulle (terrain plutôt plat ou avec une pente ne dépassant pas 5 % pour éviter les effets liés au vent et à l'érosion par les eaux de surface) ;

> Sol avec bonne texture et structure correcte ;

> Terrain avec ensoleillement suffisant et ombrage modéré (inférieur à 30 %) ;

> Terrain non inondable (nappe phréatique à plus d'un mètre en dessous de la zone limite de prospection des racines) ;

> Zone non soumise aux vents ou avec peu de vent (sinon il faudra construire des brise-vent et faire du tuteurage pour éviter les chutes de bananiers) (Dhed'a et al.,2011).

1.1.4.6.5. Densité de plantation

L'Objectif est d'assurer une bonne implantation des plants, donc de réaliser la mise en place avec le maximum de soins. Il faut veiller en particulier à la qualité et à l'homogénéité du matériel végétal, à la qualité de la mise en terre. Comme pour de nombreuses autres espèces, la qualité de la mise en place a une incidence sur toute la durée de la culture, sur plusieurs années, Il faut replanter parce que le rendement décroit et la rentabilité n'est plus assurée, la plupart du temps en raison d'une baisse importante de la densité de peuplement (nombre de bananiers productifs à l'unité de surface). Cependant, il faudrait replanter le moins souvent possible, pour des raisons de coût de remise en culture, mais aussi de préservation de la fertilité des sols (Ngama, 2015).

Il existe plusieurs schémas de plantation possibles. Le plus courant est la plantation en 2 m x 3 m qui permet d'atteindre une densité de 1670 pieds/ha. Une autre possibilité est celle du double rang. Elle a l'avantage de faciliter les opérations de soins aux fruits et les opérations d'haubanage (Ex : 2 m x 2 m x 4 m). En lignes simples : 3,0 m X 1,9 m dans le sens de la pente. Ce dispositif procure une bonne couverture et un bon développement du rejet mais haubanage est plus difficile (Meunier et al., 2011).

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des travaux, un grand intervalle de 4 m et plus est à envisager. En quinconce : il faut tenir compte de la facilité de travail des ouvriers dans la parcelle (déplacement, repérage des régimes, coupe et transport des fruits, ...), de la facilité d'haubanage et de la mécanisation. Ce dispositif offre la possibilité de diminuer l'intervalle entre deux récoltes grâce à l'amélioration de la croissance du rejet. Les trous de plantations doivent être profonds (minimum 40 cm x 40 cm x 40 cm et maximum 60 cm x 60 cm x 60 cm), pour constituer un volume de terre travaillé, suffisant et important, qui facilitera le développement des plants (Adheka, 2014).

1.1.4.7 Matériel de plantation

Le matériel végétal employé pour la mise en place d'une bananeraie qu'elle soit en culture conventionnelle ou en association avec d'autres productions doit être de la meilleure qualité possible. Cela implique de travailler avec du matériel végétal (plants, rejets) indemnes de parasites comme par exemple les nématodes et les charançons (ISF et CTA, 2011). En assurant la qualité du matériel végétal, on prévient la contamination des parcelles, et on augmente leur potentiel de rendement. La meilleure garantie sanitaire que l'on puisse avoir vient de l'utilisation de vitroplants certifiés (Lescot, 2013).

Les plantations de bananier pour l'exportation sont établies en plantant des rejets baïonnettes, dont le cormus est pelé et le pseudo-tronc coupé à quelques centimètres au-dessus du cormus, de manière à ramener la taille du rejet à 25 cm environ. Cette pratique contribue à la lutte phytosanitaire. En effet, elle réduit la population de nématodes et permet d'écarter les rejets infestés par les charançons (dont la présence est signalée par des galeries noire-brunes dans les cormus pelés). Avant leur plantation, les rejets ainsi préparés sont plongés dans de l'eau chaude (50° à 55°C) pendant 20 minutes environ ou dans un mélange aqueux de nématicide et d'insecticide (Brun, 1994).

Le prélèvement doit se faire avec beaucoup de précaution pour d'une part obtenir des rejets complets et d'autre part ne pas trop endommager le bulbe du pied-mère. La base du pied-mère doit être au préalable dégagée pour bien visualiser la partie du bulbe où l'on procède à la séparation du rejet. Il est souhaitable d'éviter de prélever des rejets dans de vieilles parcelles car les anciens pieds-mères et leurs rejets sont plus susceptibles d'être contaminés par des maladies (Menuier et al., 2011).

1.1.4.8 Plantation

Avant de placer le rejet, remplissez au fond du trou la terre de surface, si possible mélangée avec du compost. La terre de surface (souvent appelée terre noire) et le compost sont riches en

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nutriments et permettront une excellente croissance du bananier lors des premiers mois, favorisant son établissement, et par la suite sa production (Brenda et al., 2008). Placez ensuite le rejet au contact de cette première couche puis remplissez le trou avec de la terre de surface et complétez avec la terre de profondeur. Enterrez le rejet de sorte qu'il y ait environ 10 cm entre la surface du sol et le collet. Il ne faut pas enterrer la partie aérienne (au-dessus du collet) qui risquerait de rapidement pourrir. Veillez enfin à pailler tout autour du rejet fraîchement planté (Menuier et al., 2011).

1.1.4.9 Entretien

1.1.4.9.1 Paillage :

Dans le champ, il est rare d'utiliser des herbicides, les mauvaises herbes y sont généralement coupées. Les paillages et les cultures intercalaires sont deux autres moyens de lutte contre les mauvaises herbes. On coupe généralement tous les rejets, sauf un, pour qu'ils ne concurrencent pas la plante principale. Quand le bananier porte des fruits, il ploie sous le poids du régime. Le bananier n'étant pas une plante ligneuse, il casse facilement lorsqu'il est exposé à des vents violents ou stressé par la sécheresse. C'est pourquoi, il est courant dans les bananeraies de soutenir l'inflorescence par une perche en bois ou bambou étayant le pédoncule (Bouwmeester et al., 2009).

1.1.4.9.2 Fumure

Les fumures organiques ont pour objectif d'améliorer durablement les caractéristiques du sol aussi bien chimiques (taux des matières organiques, CEC, pouvoir tampon), que physique (stabilité structurale, conductivité hydrique et rétention en eau) et biologique (activités biologiques) et les apports sont faits en fonction des analyses de sol, plus souvent juste avant la plantation (Cornack, 2004). Les quantités sont de l'ordre de 30 à 60 tonnes par hectares (produits frais). L'épandage est à faire sur toute la surface. Il doit être suivi d'un apport d'azote (45 à 60 kilos d'urée par hectare) pour activer la vie microbienne et éviter le risque de carence temporaire en azote de la plante (Lassoudière, 2012).

Les fumures minérales ont pour objectifs d'éviter l'acidification du sol (risque de toxicité en aluminium, en manganèse dans certains sols) en maintenant le pH au-dessus de 5,2-5,4. Les épandages sont à faire sur toute la surface. Les doses, les fréquences et la nature des produits sont à préciser obligatoirement selon l'analyse de sol. Les quantités d'engrais appliquées sont fonction de la qualité du sol et des conditions climatiques et peuvent atteindre des taux de 600 kg de N, 320 kg de P, 600 kg de K par hectare. L'application d'azote (N) et de potassium (K)

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est fractionnée (6 à 10 applications par an) pour éviter le lessivage. L'engrais est appliqué dans un cercle de 50 à 100 cm de diamètres autour de la touffe et n'est pas enfoui dans le sol pour ne pas endommager le système racinaire superficiel (Swennen et Vuylsteke, 2001).

1.1.4.9.3 Désherbage

Il est indispensable de régulièrement retirer toutes les mauvaises herbes de la plantation, afin d'éviter la compétition avec les bananiers et d'améliorer la productivité de la plantation. Le désherbage, manuel ou à la houe, s'effectue tous les 2 à 4 mois en fonction de leur prolifération, qui dépend des saisons. Les herbes et autres végétaux arrachés sont de préférence laissés sur place et serviront pour le paillage de la plantation (Brun, 1994).

1.1.4.9.4. Elimination de la fleur mâle

L'opération a pour objectif de concentrer les nutriments dans les fleurs femelles, afin de faciliter le grossissement des fruits. Elle permet également de détruire un foyer de contamination potentiel pour prévenir la propagation de certains nuisibles (thrips, anthracnose, mélipones) (Champion, 1963). Les fleurs mâles peuvent être éliminées au stade « dernière main », c'est-à-dire une fois que la dernière main femelle est sortie de la popote. La hampe florale doit faire l'objet d'une coupe franche à 30 cm des dernières fleurs femelles avec un sabre propre pour éviter le développement de pourritures à l'extrémité du régime (Nyabyenda, 2006).

1.1.4.9.5. Oeilletonnage

L'oeilletonnage est une opération culturale qui consiste à supprimer les premiers rejets apparus et sélectionner ceux qui permettront le renouvellement de la bananeraie. Elle consiste à sélectionner les rejets qui permettront le renouvellement de la bananeraie, sa pérennisation ainsi qu'à contrôler la densité de plantation et maintenir le potentiel de production de la parcelle (Cirad, 2001).

L'oeilletonnage est à effectuer toutes les 6 à 8 semaines. Aucun rejet ne doit dépasser 20 cm. Plus l'oeilletonnage est effectué tard, plus l'opération sera difficile et perturbante pour le pied mère (destruction de racines, etc.) (Brun, 1994).

1.1.4.9.6. Récolte et transport des rejets

La récolte des régimes ne s'improvise pas. Les fruits en entrée de murisserie ne doivent pas dépasser le stade vert tournant (stade 3 de l'échelle colorimétrique qui commence par les stades 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7). L'objectif est de récolter au grade le plus élevé possible (gain de poids) compatible avec l'absence de mûrs d'arrivage à l'entrée en murisserie (Adheka, 2014). La figure 2 présente l'échelle colorimétrique de maturation de banane.

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1 2 3 4 5 6 7

Aux Etats-Unis d'Amérique, un extrait naturel du pseudo-tronc est commercialisable en tant que complément alimentaire et comme pilule préventive contre le cancer. Le jus de la banane

Figure 2 : Echelle colorimétrique standard pour les bananes dessert du sous-groupe Cavendish ( http://www.promusa.org).

La récolte des régimes intervient 8 à 12 mois après la mise en place des rejets. Le temps de production varie en fonction de la vigueur des bananiers et de la saison.

Le prélèvement du régime s'effectue simplement en entaillant le pseudo-tronc pour que ce dernier fléchisse lentement. Le régime est réceptionné délicatement puis coupé avec une machette au niveau de la hampe. Les résidus du bananier producteur sont ensuite débités en morceaux et laissés sur place (ou ajoutés à votre compost). La plus grosse partie du pseudo-tronc qui n'a pu être débitée en petits morceaux peut quant à elle être emportée hors de la plantation, car elle constitue un foyer privilégié pour les parasites. Elle peut aussi etre conservée pour fabriquer des pièges à charançons (Cirad, 2001).

1.1.4.9.7. Usage et transformation

La banane (surtout le plantain) est utilisée plus pour l'autoconsommation, Dans certaines régions, la banane est souvent la principale denrée cultivée et purée des paysans, mais aussi comme le premier aliment solide donné aux nourrissons (Camara, 2010). Les fruits verts et les gaines foliaires servent partout pour l'alimentation du bétail. La banane produit de la farine ; celle-ci s'utilise dans la fabrication des beignets, biscuits et gâteaux ; la purée de la banane peut être congelée pour une utilisation ultérieure lors de la fabrication des glaces, des bonbons, le milk-shake, les chewing-gums, etc. (Baudouin, 2002).

Les utilisations traditionnelles de bananes et bananes plantains sont multiples ; elles varient selon le pays et les habitudes alimentaires des consommateurs. La transformation artisanale et industrielle des plantains en chip constitue une importante activité génératrice de revenus dans les régions d'Afrique Centrale et Occidentale (Ndjango, 2021).

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mure est consommé frais, fermenté pour obtenir une bière avec une faible teneur en alcool commercialisable ou médical (Haïcour, 1997). Les bananiers plantains fournissent de fibres très utilisées dans la fabrication de certains papiers utilisés dans l'industrie manufacturable de sachets, de thé et des billets de banque au Japon. Et ces fibres ont d'autres usages dans la fabrication des cordes, ficelles et de nombreux objets d'artisanat (Cirad, 2001).

1.2. Maladie du sommet touffu de Bananier (BBTD) 1.2.1 Origine et distribution de la maladie

La maladie du sommet touffu de bananier (BBTD) est l'une des plus importantes maladies de bananier dans plusieurs régions d'Afrique, d'Asie et du Pacifique Sud. Elle est causée par au moins un virus contenant de l'ADN simple brin. L'agent pathogène du BBTD est un virus appelé Banana Bunchy Top Virus (BBTV) ou Virus du Bunchy Top de Bananiers. Il appartient à la famille de Nanoviridée et au genre Babuvirus. Le virus se propage d'une plante à l'autre par les pucerons et d'un endroit à la plantation par des personnes transportant les matériaux obtenus à partir de plantes infectées (Kallow et al., 2021).

Le BBTV, comme tout virus, est un parasite obligatoire et effectue son cycle de multiplication dans la plante hôte qui est le bananier. Il est préférentiellement localisé dans les tissus du phloème où il induit une désorganisation à l'origine du symptôme de traits discontinus vert-foncé. Il colonise l'ensemble des cellules de la plante et tous les organes ; à l`exception des cellules du méristème. Ainsi tous les rejets issus du pied principal ou pied mère sont infestés (Caruana., 2003).

La maladie existait dès 1879 (Magee, 1927). Elle a été noté d'abord dans les iles de Fidji en 1889, et a été identifiée dans la région du Pacifique (y compris les samoa américaines, l'Australie, Guam, Hawaii, Kiribati, Ogosowaragunto, Tonga, Tuvalu, Wallis et Samoa occidentales) et en Asie (y compris la Chine, Inde, Indonésie, Pakistan, Philippines, Sri Lanka, Taiwan et Viet Nam) et en Afrique (y compris le Burundi, le Congo Brazzaville, la Republique Centre Africaine, l'Egypte, le Rwanda, le Gabon et la R.D.C) (Ngama, 2015). La distribution de BBTV en RDC est donnée par la figure 3.

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Figure 3 : Carte de la distribution de BBTV dans le bassin du Congo en RDC (Ngama et al., 2014).

L'impact sur le rendement est dépendant de la date d'infection. Les plants infectés où les symptômes se manifestent en début de cycle de culture ne produisent pas de régime, tandis que les plants infectés où les symptômes se manifestent tardivement ont une production réduite. Par la suite tous les plants ne produiront aucune récolte (Caruana, 2003).

La maladie du Bunchy Top de bananier (BBTD) est l'une des graves maladies car la plante contaminée ne produit pas des fruits (Mirko et al., 1997).

1.2.2 Symptômes de BBTD

Le symptôme typique de la maladie de Bunchy Top de bananier est très précis, clairement identifiable de ceux causés par les autres virus des bananiers et a été décrit en détails par Magee (1936). Les plants infestés par le puceron, les symptômes apparaissent habituellement sur la seconde feuille émergeante après l'inoculation et consistent à quelques tirets ou pointillés vert-foncés sur les nervures secondaires de la partie inférieure du limbe. Les stries forment des crosses dès qu'elles entrent en contact avec la nervure principale et sont plus faciles à distinguer en observant la feuille en contrejour. Le symptôme « pointillé » peut également être observé sur le pétiole. Les feuilles suivantes peuvent manifester des traits blanchâtres le long des nervures secondaires lorsqu'elles sont encore enroulées. Ces traits deviennent verts foncés lorsque la feuille se déploie (Kaper et al., 2004). Les feuilles suivantes sont plus petites en

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longueur et largeur de limbe, et souvent ont des bordures chlorotiques et enroulées. Elles deviennent cassantes et dures et ont une tenue plus érigée que la normale donnant au plant un aspect touffu à l'extrémité « bunchy top » en forme de rosette, avec un nanisme prononcé. Sur les plants infectés très tardivement dans le cycle de culture, le seul symptôme présent peut être quelques stries vert-foncé à l'extrémité de la bractée florale, (Thomas et al., 1999).

Les rejets d'une souche infectée montrent des sévères symptômes sur la première feuille émise et ont un nanisme important. Les feuilles sont en forme de rosette, petites avec des chloroses marginales qui tendent à devenir nécrotiques. Les stries vert-foncées sont habituellement évidentes sur les feuilles ; les stries peuvent aussi évoluer et devenir importantes au niveau du pseudo tronc (FAO, 2018).

Le BBTD est disséminé par deux modes : les pucerons et les matériels de plantations infectées. Le puceron Pentalonia nigronervosa est la seule espèce et même le seul puceron vecteur de BBTD. Le puceron de la forme ailée seul peut disséminer le virus en migrant de plante infectée vers une nouvelle plante. Lorsqu'une souche est infectée, tous les rejets et le plant mère seront infectés (Allen, 1977 ; Thomas, 1994).

1.2.3 Agent vecteur : Pentalonia nigronervosa C.

Le puceron Pentalonia nigronervosa est la seule espèce d'insecte vecteur du BBTV chez les bananiers. Il fait partie de l'ordre des Homoptères et de la famille des Aphididae (Buyckx, 1962). Il est probablement originaire d'Asie du Sud-Est (Mau et al., 2000). Ses antennes sont légèrement plus longues que le corps, ses ailes sont bordées de veines brunes, ses cornicules (petits tubes à l'arrière de l'abdomen) sont longues et légèrement enflées à l'extrémité. Les fourmis vivent ensemble avec les pucerons. Elles récoltent le miellat produit par les pucerons et semble en échange leur apporter une protection contre les prédateurs et parasitoïdes (Hill, 1983).

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Figure 4 : Puceron du bananier Pentalonia nigronervosa (forme aptère)

Figure 5 : Puceron du bananier (forme ailée)

Le Puceron de bananier se reconnait grâce à ses différentes particularités physiques : la taille est très petite et atteint 1,6 à 1,8 mm lorsque les ailes sont déployées ; son abdomen est de couleur brun foncé. Les pucerons forment des colonies, celles-ci se nichent généralement (Cornack et Venette, 2004) :

? Sur la face inférieure des feuilles, près de la nervure centrale,

? Sur le pseudo-tronc, de la base de la feuille la plus jeune jusqu'au sol.

Quand la colonie compte trop d'individus et que si la qualité de la matière végétale se détériore (vieillissement, jaunissement), des pucerons ailés apparaissent et migrent sur de nouvelles plantes situées à 20 mètres de leur colonie d'origine, sans vent et jusqu'à plusieurs kilomètres avec du vent (Jones, 2000).

En termes épidémiologiques, seule la forme ailée des pucerons est un vecteur important et même le seul qui, migrant vers une nouvelle plante en provoquant une nouvelle infection. La forme la plus commune non ailée, sédentaire ne peut jouer le rôle de vecteur entre différents plants. Les fourmis récoltent le miellat que les pucerons produisent en grande quantité. Elles les accompagnent toujours et seraient responsables d'une certaine protection contre les prédateurs et parasites (Caruana., 2003).

Il n'y a pas de mâle chez le puceron du bananier. La reproduction de cette espèce se fait sans fécondation (parthénogénèse). Les femelles ne pondent pas d'oeufs, elles donnent directement naissance aux petits pucerons et la reproduction est parthénogénétique (sans fécondation) ; elles sont donc vivipares (Padmalatha et Singh. 2002).

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A part les bananiers, il existe d'autres plantes-hôte du puceron du bananier : Taro (Colocasia), Alpinia, Heliconia, Costus, Zingiber, Palisota sp et la Tomate. Ces plantes peuvent héberger des colonies de pucerons qui sont susceptibles de transmettre la maladie à des bananiers à proximité, s'ils sont infectés (Kagy et al., 2000).

1.2.4 Lutte contre le BBTD

1.2.4.1. Lutte prophylactique

On doit éviter tout déplacement de matériel contaminé d'une zone infectée vers une zone saine. Tout plant visiblement infecté doit être détruit. On peut aussi intercaler quelques plantes pièges dans le champ pour attirer et capturer les pucerons ou planter les végétaux contenant les huiles répulsives (ail, citronnelle) aux pieds du bananier (Thomas, 1994).

1.2.4.2. Lutte chimique

Le meilleur moyen de tuer les pucerons est de les empoisonner par leur mode d'alimentation. Les pulvérisations foliaires à base de chloropyrifos et acephate ont été efficaces dans la réduction des populations de pucerons. L'application de ces produits se fait avant la récolte. Par ailleurs, l'utilisation de prélavage dans un détergent doux est aussi appliquée à l'ouverture des bractées dans les cultures de bananier sous serre suivie d'un trempage pendant 5 minutes dans un savon insecticide pyrethroïde (Ngama, 2014).

1.2.4.3. Lutte culturale

Cette lutte consiste à arracher, détruire et remplacer régulièrement les plantes atteintes. On doit éviter tout déplacement de matériel contaminé d'une zone infectée vers une zone saine. Tout plant visiblement infecté doit être détruit. On doit éviter les tailles drastiques et les excès d'engrais riches en azote qui favorisent la prolifération des pousses tendres et succulentes et choisir des engrais en libération lente et à teneur modérée en azote (Cornack et Venette, 2004).

1.2.4.4. Lutte Biologique

La lutte consiste à réaliser un lâcher inondation d'insectes parasitoïdes qui vont pondre des oeufs dans une colonie de pucerons ou à proximité. Ces oeufs vont se développer aux dépens de puceron et les tuer. L'utilisation d'Ephedrus cerasicola semble être aussi prometteuse (Stary et al., 1990).

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1.2.4.5 Protection intégrée en culture des bananiers

La protection intégrée en culture des bananiers est la combinaison optimum de toutes les méthodes de la lutte dans l'objectif de sécuriser et optimiser la protection des bananiers et de limiter l'impact d'usage excessif des pesticides sur l'environnement et pour les humains (Regnaut et al., 2005).

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Chapitre deuxième : MATERIELS ET METHODES

2.1. Milieu d'étude

Cette étude couvre les 7 territoires de la province de Maniema qui sont : Kailo, Pangi, Kibombo, Punia, Lubutu, Kasongo, et Kabambare. Les différents territoires et villages de la Province de Maniema enquêtés sont représentés par la figure 6 ci-dessus :

Figure 6 : La carte administrative de la zone d'étude (Province de Maniema)

Les investigations étaient faites dans 21 villages pour l'ensemble de la Province de Maniema, située dans la région Sud-Est de la cuvette centrale congolaise, au cours de la période allant d'Avril 2021 jusqu'au 25 Février 2022.

2.1.1. Localisation de la zone d'étude

L'étude a été menée dans la Province de Maniema, située au Centre- Est du pays (R.D. Congo) et s'étend entre 0° et 5° de latitude Sud et 24° 55' et 28° 8' de longitude Est à 497m d'altitude. Cette Province est limitée à l'Est par les provinces du Nord- Kivu et du Sud Kivu, au Nord par la Province de la Tshopo, à l'Ouest par la province de Sankuru et au Sud par les Provinces de Lomami et de Tanganyika. Sa superficie totale est de 132.520 Km2 soit 5,6% de la superficie totale du pays (Makondambuta, 1997).

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2.1.2. Subdivision administrative

La Province du Maniema a été créée par l'ordonnance loi n° 88-031 du 20 juillet 1988. Elle est la plus grande province issue du démembrement de l'ancien Kivu, dont la superficie couvre quatre fois celle du Nord-Kivu et deux fois et demie celle du Sud-Kivu. Ce découpage kivutien aurait servi de « cas expérimental » dans le processus de décentralisation initié par le Président Mobutu dans les années 1980. Elle est administrativement subdivisée en sept territoires : Kailo, Kasongo, Kibombo, Kabambare, Pangi, Punia et Lubutu. La province comprend 19 secteurs, 16 chefferies et 7 Cités ou communes rurales (Makondambuta, 1997).

2.1.3. Le climat

La province du Maniema jouit d'un climat tropical chaud et humide de type AW selon la classification de Koppen et de Martonne. Ce dernier évolue vers le type équatorial (AW1) au Nord et vers le type soudanais (AW4) au Sud. Dans ces deux tendances, la durée de la saison sèche est respectivement de 2 à 3 mois et de 3 à 4 mois. Elle comprend deux grandes saisons ; la saison sèche et la saison de pluie. La température moyenne annuelle est de 27°C et les précipitations annuelles s'élèvent à 1650mm d'eau (Makondambuta, 1997 Op.cit.).

2.1.4. Le sol

Le sol étant un édifice d'une extrême complexité, il varie parfois assez considérablement dans une même zone. Les varient du type sablonneux (Kibombo) au type argileux compact (Pangi et Kasongo). En fonction des sols à trois origines :

? Sédimentaire avec de grès tendre, grossier et rouge, de l'argile et des schistes ;

? Métamorphique avec de calcaire silicifié, de quartozitz, de gneiss et des roches métamorphiques ;

? Eruptive avec des roches granitiques éruptives (PAPRBIO,1999).

Effet, le ferralsol du type Yangambi s'identifie au Nord de Lubutu (Makondambuta, 1997 ; Ctcpm, 2002).

2.1.5. Végétation et Hydrographie

2.1.5.1. Forêt

En Province de Maniema, la forêt équatoriale décrit un arc de cercle partant de Kindu en passant par Shabunda et par Walikale pour rejoindre la forêt équatoriale du Sud de Béni. Partant du Sud du Maniema au Niveau du Sud d'UVIRA jusqu'à la limite avec la Province du Tanganyika, on trouve des mosaïques de savanes boisées et des galeries forestières traduisant la dégradation de

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la forêt par l'action de l'homme. La faune est riche et variée. Deux grandes formations végétales couvrent le Maniema : la forêt dense humide et la savane. La forêt dense couvre les territoires de Lubutu, Punia, et Pangi et une partie de Kailo et Kibombo. Cette forêt est riche en essences forestières de valeurs. Les galeries forestières couvrent les territoires de Kasongo, de Kibombo ainsi qu'une partie du territoire de Kabambare où la galerie forestière s'appelle Nywema, d'où l'origine du nom de Maniema (Makondambuta, 1997).

Figure 7 : Forêt dense humide de Kailo Figure 8 : Galeries forestières de

Kabambare

2.1.5.2. Savane

Le sud du Maniema est principalement occupé par une savane arbustive. Au sein de celle-ci, quelques savanes herbeuses sont présentes au Sud-Ouest, tandis qu'au Sud-Est, on rencontre différents types de végétations : savane arbustive, quelques petites forêts claires, une savane boisée de petite superficie, quelques savanes arborées et des surfaces agricoles de moindre ampleur. Ces deux écosystèmes caractéristiques de forêt dense et savane sont relativement bien délimités et s'expliquent par les climats distincts que connaissent le Nord et le Sud de la province. Les conditions climatiques variant du Nord au Sud au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur (Makondambuta, 1997).

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2.1.5.3. Hydrographie

Le fleuve Congo traverse la province du Sud au Nord. Il est navigable de Kindu à Ubundu (Province de la Tshopo). Il est arrosé par plusieurs affluents dont les plus importants sont : Lulindi, Musukuyi, Mulongoy, Ulindi, Kasuku, Kunda, Lufubu, Lowa, Lweki et Elila, etc. (Makondambuta, 1997).

2.1.6. Economie

L'économie de la province du Maniema est fondée essentiellement sur la production agricole qui occupe la majorité de la population. Il s'agit en grande partie d'une agriculture de subsistance caractérisée par un faible degré de mécanisation. On y produit le riz, l'arachide, le manioc, le maïs et la banane comme principales cultures vivrières (Makondambuta, 1997).

Figure 9 et 10. Systèmes de cultures dans les différentes zones d'étude en Province deManiema

Quant aux cultures industrielles héritées de la colonisation et qui concernaient principalement le coton, le café et l'huile de palme, elles sont à l'arrêt depuis plusieurs années. Seules subsistent encore quelques rizeries dont le décorticage s'effectue désormais de manière artisanale, faute d'usines de transformation abandonnées progressivement par leurs propriétaires. L'élevage de type traditionnel s'y pratique comme partout, essentiellement axé sur le petit bétail et la volaille mais qui suffit à peine à combler les besoins de la population. La pêche, de type artisanale, s'effectue dans le fleuve Lualaba, ses affluents et sur le Lac Ndjale dans le territoire de Kibombo (Mrac, 2011).

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2.2 Matériels

2.2.1 Matériels Biologiques

Les matériels biologiques utilisés dans cette étude sont les différents cultivars de bananiers et plantains (Musa spp.) inspectés dans les champs et en jardins des cases des paysans. Le tableau 6 présente les différents cultivars de bananiers et plantains, leurs génotypes et leurs noms vernaculaires dans la zone d'étude. Et le tableau 6 en bas, illustre quelques cultivars de bananes et plantains inspectés dans les différentes zones de production bananière de Maniema.

Tableau 5 : Les différents cultivars de bananiers et plantains inspectés dans la zone d'étude en

 

Province de Maniema

 

Noms vernaculaires

Génotypes

01

Mbijaonde ou Mukokoonde

AAB

02

Mbudi ou Mbuzi

AAB

03

Muyaudi ou Bisamunyi

AAA

04

Kibubu ou Kebobo

AAB

05

Bonjilo ou Bunzilo

AAB

06

Ibota

AAA

07

Bambote

AAA

08

Kamera

AAA

09

Atili

AAB

10

Amamundu

AAB

Légende :

A : Acuminata

B : Balbussiana

Figure 11 : Quelques cultivars de bananes et plantains inspectés dans

le territoire de Kabambare

36

2.2.2 Matériels techniques

Les matériels techniques utilisés étaient composés d'une fiche d'enquête constituée des questions (Bioversity-CIALCA, Ngama 2010), d'une loupe pour visualiser les pucerons, d'un carnet, d'un stylo, et d'une moto AG100.

2.3 Méthodes

Une étude relative à l'incidence et la sévérité de la maladie du sommet touffu de bananier (BBTD) a été réalisée dans les sept territoires de la Province de Maniema région située au Centre- Est du pays. Cette étude a consisté en évaluation de l'incidence et la sévérité de BBTD, la présence et l'importance de puceron Pentalonia nigronervosa sur les bananiers dans la zone d'étude. Les conditions culturales (source de matériels de plantation, âge de la bananeraie et le système cultural) et les connaissances relatives au BBTD par l'agriculteur (identification des symptômes par les agriculteurs, origine probable de BBTD dans la zone d'étude, dispersion de BBTD dans la région et connaissance du mode de transmission de BBTD) ont été aussi analysées.

2.3.1. Conditions culturales et connaissance de la maladie

Pour recueillir les informations, en rapport avec les conditions culturales des champs de bananiers (source de matériels de plantation, âge de la bananeraie et le système cultural) et les connaissances relatives au BBTD par les agriculteurs (identification des symptômes par les agriculteurs, origine probable de BBTD dans la zone d'étude, dispersion de BBTD dans la région et connaissance du mode de transmission de BBTD) dans les zones de production bananière de Maniema, nous avons enquêté les agriculteurs pratiquant la culture de bananiers dans ces différentes zones d'étude.

2.3.2. Paramètres de maladie

Les observations relatives aux paramètres de maladie (l'incidence, la sévérité, la présence et l'importance de P. nigronervosa) étaient faites sur les différents cultivars de bananiers et plantains en culture dans les champs et jardin de cases des agriculteurs.

2.3.2.1. Evaluation de l'incidence de la maladie (BBTD)

Pour évaluer l'incidence de la maladie, nous nous sommes servis de questionnaire de Bioversity-CIALCA (en annexe) pour obtenir les informations sur l'incidence et la sévérité de la maladie. L'incidence de BBTD a été évaluée à partir de symptomes de la maladie BBTD sur

37

au moins un plant de la touffe inspectées par champ ou jardins de case. Au total, 30 touffes de bananiers étaient analysées par champ ou jardin de cases.

Les niveaux moyens d'incidence de BBTD ont été calculés en proportion de plantes infectées sur un nombre total touffe enquêtées. Elle a été obtenue à partir de la relation mathématique suivante :

Incidence (%) = Nombre des touffes infectées

Nombre total des touffes ×100

2.3.2.2. Evaluation de la sévérité de la maladie (BBTD)

Les symptomes typiques de la maladie du sommet touffu des bananiers sont très bien précis, clairement identifiables de ceux causés par les autres virus des bananiers. Les différents niveaux de sévérité de la maladie sur les touffes infectées ont été determinés à partir des observations visuelles de différents aspects (deformations de feuilles) et colorations des feuilles. Cette évaluation était faite à l'aide d'une échelle de cotation ordinaire allant de 0 à 5, avec les cotes plus élevées indiquant la gravité croissante de la maladie. L'échelle de cotation (Cialca, 2008 ; Ngama et al., 2014 et Ngama, 2015) utilisée pour évaluer la gravité de la maladie du Bunchy top de bananier se présente comme suit :

- Niveau 0 : sans symptômes,

- Niveau 1 : stries sur les feuilles,

- Niveau 2 : stries foncées jusqu'au pseudo - tronc,

- Niveau 3 : décoloration des feuilles avec taille normale,

- Niveau 4 : taille réduite de feuilles décolorées,

- Niveau 5 : aspect touffu au sommet « Bunchy top ».

2.3.2.3. Evaluation de la présence du vecteur Pentalonia nigronervosa

Le puceron noir du bananier P. nigronervosa se localise entre la vieille gaine et la jeune gaine foliaire. Il peut même se localiser au niveau des feuilles, cigare et fruit. Pour observer la présence de puceron, les bananiers de chaque touffe était inspectés à l'aide d'une loupe. L'observation consistait à degainer le faux tronc du bananier pour visualiser ce puceron. La présence du puceron P. nigronervosa a été évaluée à partir du rapport entre le nombre total des touffes portant les pucerons sur l'ensemble des touffes observées et exprimé en pourcentage.

2.3.2.4. Evaluation de l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa

Comme les différentes colonies de P. nigronervosa se localisent généralement entre la gaine de la plus récente feuille et la vieille gaine, nous avons observé les différentes colonies de ce

38

puceron sur les différents organes de bananier. Les différentes formes de puceron (larves, nymphes, alatés ou adultes) formant les différentes colonies étaient observbées sur le cigare, les feuilles deployées et les gaines foliaires de bananier. L'importance du vecteur sur les touffes choisies a été évaluée à l'aide de l'échelle du BBTD allant de 0 à 5 avec les cotes plus élevées indiquant l'augmentation des populations de pucerons P. nigronervosa. L'échelle de cotation des pucerons P. nigronervosa se présente de la manière suivante (Cialca, 2008 et Ngama et al., 2014) :

- Niveau 0 : sans vecteur sur la touffe,

- Niveau 1 : une colonie simple sans insectes ailés,

- Niveau 2 : plusieurs colonies simples,

- Niveau 3 : une grande colonie avec des insectes ailés,

- Niveau 4 : plusieurs grandes colonies,

- Niveau 5 : colonies généralisées au niveau des feuilles et du pseudo-tronc.

2.3.3. Echantillonnage

Au total 7 territoires ont été enquêtés en raison de 3 villages par territoires. En effet, 1890 touffes des bananes et plantains ont été inspectées dans 63 champs à raison de 30 touffes par champs, 3 champs par village dans l'ensemble de la Province du Maniema. Quant à l'échantillonnage, nous avons utilisé la méthode de diagonale où, nous avons établi dans chaque champ les diagonales pour selectionner les touffes de bananiers pouvant constituer nos échantillons représentatifs sur lesquels ont porté nos observations.

Les villages étaient selectionnés en fonction de l'existence et abondance de bananeraies dans la zone d'étude. Les agriculteurs étaient aussi à leurs tours selectionnés à partir de la taille de leurs bananeraies. Pour l'entretien, le chef de ménage seul ou accompagné de membres de sa famille répondait aux questions (interview) en rapport avec les conditions cutirales de sa bananeraie et sur la connaissance de la maladie du sommet touffu de bananier (BBTD). La figure 15 et 16 présente l'interview et l'observation de paramètres de maladie BBTD avec les agriculteurs.

39

2

2 Fi diti 12 I t lt i l d l b f i d l Diagnostic visuel de paramètres de la

one détude

maladie

2.4 Analyse des données

Les données obtenues ont été analysées par les méthodes multivariées. La méthode factorielle, nous a permis de faire la distribution spatiale des cultivars, tandis que celle de cluster, nous a servi à la classification des cultivars en groupes selon leurs sensibilités à la maladie du sommet touffu de bananier à l'aide du logiciel STATGRAPHICS_Centurion_XVI version 16.20.04 (32bits).

L'analyse des résultats inscrits dans la figure 14 montre que, dans la province de Maniema ; 100% de bananiers sont cultivés en polyculture, soit en association avec le riz, le manioc, le

40

Chapitre troisième : RESULTATS ET DISCUSSIONS

Ce chapitre présente les résultats et les discussions en rapport avec les conditions culturales (source de matériels de plantation, âge de la bananeraie, le système cultural), les connaissances relatives au BBTD par l'agriculteur (l'identification des symptômes de la maladie par les agriculteurs, l'origine probable de BBTD dans la zone d'étude, la dispersion de BBTD dans la région et connaissance du mode de transmission de BBTD) et les paramètres de la maladie (l'incidence et la sévérité de BBTD, la présence et l'importance de P. nigronervosa) dans les zones de production bananière en Province de Maniema.

3.1 Conditions culturales et connaissances relatives au BBTD par les agriculteurs 3.1.1. Système de cultures de bananiers dans la zone d'étude

La figure 14 présente les valeurs en rapport avec le système de cultures de bananiers dans la zone d'étude et les valeurs brutes sont consignées dans le tableau 3 en annexe.

A B C D E F G Système de cultures

Pourcentage moyen

100

40

20

60

80

0

Figure 14 : Système de cultures dans la zone

Légende :

A : Bananier en monoculture ;

B : Bananier en association avec le riz ;

C : Bananier en association avec le manioc ;

D : Bananier en association avec la patate douce ;

E : Bananier en association avec le haricot ;

F : Bananier en association avec le maïs ;

G : Autres

41

maïs ou autres cultures, l'association bananier-patate douce représente 76,19%, suivi de l'association bananier-haricot 33,33%. Cependant, il n'existe pas de bananeraie en monoculture.

En R.D. Congo, le bananier est cultivé à différentes altitudes et sa production est distribuée à travers tout le pays, sur de grandes et petites exploitations. Dans le pays et dans la Province de Maniema en particulier, la culture se pratique en trois systèmes : dans les périphéries, les bananiers sont cultivés dans les champs paysans souvent en association avec d'autres cultures (riz, manioc...), en forêt secondaire vieille ou en jachère et dans le centre-ville, le bananier est

en culture de case. Les bananiers et les plantains sont produits dans les jardins familiaux ou associés à d'autres cultures vivrières dans les systèmes des cultures itinérantes. Ils sont plantés sur des terrains dont la végétation naturelle où la culture de couverture a été coupée et ou brulée. Selon Ngama (2015), la production bananière est faite sous différents systèmes de culture, à savoir les cultures de case, les cultures en champs, en association ou en monoculture. La culture mixte n'est pratiquée que sur des petites exploitations en forêt secondaire vieille qui se régénère naturellement ou artificiellement à partir d'une végétation forestière autochtone âgée et qui dénote des différences marquées dans la structure de la forêt. Il poursuit en disant que, ces

associations sont complexes et sont fonction du régime alimentaire et importance économique de chaque contrée. Toutefois, ces champs ne constituent pas des grandes plantations. Le paillage et l'application de fumure ne sont cependant pas pratiqués. Les maladies et ravageurs ne sont pas aussi contrôlés. Peu de soins sont accordés au choix du terrain pour installer une culture de bananier.

Selon Dhed'a et al. (2011), la plupart des bananiers sont cultivés dans l'arrière-cour ou dans les jardins de case d'une superficie variant entre 0,5 à 4 ha où plusieurs cultures sont pratiquées ensemble pour l'autosuffisance alimentaire. Onautshu (2013) rapporte que, ces jardins de case sont des systèmes d'exploitation permanents de culture et d'élevage, stratifiés et très diversifiés, situés autour des maisons et où l'accent est mis sur les espèces végétales domestiques à usages multiples, ligneuses et herbacées. Ces champs ne constituent pas de grandes plantations de cultures pures, bien fertilisées et protégées contre les maladies et les ravageurs soulignent le même auteur. Ce système est pratiqué par les paysans en utilisant tout ce qui est comme déchets de cuisine, déchets de récolte, matières fécales et autres sous forme de matières organiques servant à la nutrition des plantes.

42

3.1.2. Sources du matériel de plantation

Les valeurs relatives à la source de matériels de plantation dans la zone d'étude sont présentées par la figure 15. Les valeurs détaillées par contre, sont consignées dans le tableau 1 en annexe.

 

100,00

 
 
 
 
 
 
 

Poucentage moyen

80,00 60,00 40,00 20,00

 
 
 
 
 

0,00

 
 

A B C D E F Provenance de materiel de plantation

Figure 15 : Source de matériels de plantation

Légende :

A : Rejets issus de la même plantation ;

B : Rejets en provenance des champs de voisins ;

C : Rejets issus des plantations situées loin de la zone ;

D : Vitro-plants distribués par les services de l'état (IPAPEL, Recherche, ONGD) ;

E : Vitro-plants achetés chez les privés ;

F : Autres à préciser.

L'analyse des résultats inscrits dans la figure 15 renseigne que dans la province de Maniema ; 95,24% des agriculteurs utilisent des rejets en provenance des champs des voisins ; suivi de 90,48% qui utilisent des rejets issus des plantations situées loin de leurs zones ; de 52,38% d'agriculteurs utilisant les rejets issus de la même plantation. Cependant, 9,52% d'agriculteurs évoquent plusieurs autres raisons. Et pourtant, les vitro-plants ne sont pas distribués par les services de l'état (IPAPEL, Recherche, ONGD) sur toute l'étendue de la Province et moins encore les vitro-plants achetés chez les privés.

L'analyse de l'ensemble de ces résultats révèle que, les agriculteurs de la Province de Maniema utilisent les matériels de plantation nos contrôlés et non assainis provenant de champs de voisins ou de leurs propres champs et aucune sources d'approvisionnement de rejets ou vitro-plants sains n'existe dans cette zone d'étude.

43

Selon Dhed'a et al. (2011), le matériel de plantation utilisé par les agriculteurs est constitué essentiellement des rejets provenant d'anciens champs ou des champs voisins ne subissant aucun traitement. En pratique, le meilleur matériel de plantation est constitué de 3 sources principales (les rejets baïonnettes, les vitro plants et les rejets issus de la macropropagation) rappelle le même auteur. Le rejet est choisi sur un plant sain se trouvant dans un champ de bananier exempt de maladie souligne t-il. Les plantations de bananiers sont établies en plantant des rejets sevrés et des rejets baïonnettes, dont les cornus sont pelés et le pseudo-tronc coupés à quelques centimètres au-dessus de cormus. Cette pratique contribue à la lutte phytosanitaire rapportent Swennen et Vuylsteke (2001). Tandis que, Rennes (2006) rapporte que, le matériel végétal employé pour la mise en place d'une bananeraie qu'elle soit en culture conventionnelle ou en association avec d'autres productions doit être de la meilleure qualité.

Le plus souvent les pieds ou touffes destinés à fournir les matériels de plantation sont choisi sur base de la plante qui les porte (vigueur, productivité, absence de symptômes de maladies) rapporte Ngama (2015). De même, Lassoudière (2007) recommande d'utiliser exclusivement du matériel sain et homogène.

3.1.3. Age de la bananeraie dans la zone d'étude

La figure 16 présente les valeurs relatives à l'âge de bananeraies des agriculteurs de la zone d'étude et les données détaillées sont consignées dans le tableau 2 en annexe.

50

Age moyen des bananeraies

40 30 20 10

0

 
 
 
 
 
 
 
 
 

A B C D E

Bananeraies

Figure 16 : Age de la bananeraie dans la zone d'étude

Légende :

A : Plantation de moins de 3 ans ;

44

B : Plantation de 3-5 ans ;

C : Plantation de 5-7 ans ;

D : Plantation de 7-9 ans ;

E : Plantation de plus de 10 ans.

L'analyse des résultats inscrits dans cette figure 16 montre en général que, l'âge des bananeraies varie de 3 à 10 ans dans les zones de production bananière de Maniema où 42,86% des bananeraies enquêtées sont âgées de plus de 10 ans, suivi de bananeraies de 5-7 ans (38,10%), bananeraies de 3-5 ans (14,29%), bananeraies de moins 3 ans (8,33%) et de bananeraies de 7-9 ans (4,76%).

Ces résultats par ailleurs, sont contradictoires à ceux de Ngama et al. (2014) dans les conditions paysannes similaires où plus de 55% des bananeraies étaient âgées de 3 à 7 ans. D'après Dhed'a (2011), l'âge des bananeraies des agriculteurs est d'environ 3 ans suivi de son abandon pour permettre à la forêt de se reconstituer et de favoriser ainsi la fertilisation du sol.

En principe, les souches de bananiers produisent pendant 5 ans, au-delà, il faut replanter à partir d'un rejet latéral prélevé sur un plant sain. Selon le même auteur précité, il est rare de trouver dans les milieux paysans les installations de bananeraies ayant quelques hectares en dehors des villages dans l'optique d'obtenir de hauts rendements pendant plus de 7 ans de culture. C'est aussi ce que démontre le même auteur, pour qui, les bananiers sont des plantes monocotylédones vivaces qui se succèdent à elles-mêmes. De sa tige souterraine (appelé aussi bulbe, souche ou rhizome) vont pousser des rejets (ou rejetons) qui assureront, par voie végétative, la pérennité du bananier. Chaque rejet peut donner un plant de bananier qui peut succéder au pied-mère sur la même souche ou être détaché pour être planté et cultivé ailleurs suggère Dhed'a (2011 Op.cit.).

3.2. Connaissances relatives au BBTD par l'agriculteur

3.2.1. Identification de symptômes de BBTD par les agriculteurs

Les valeurs relatives à l'identification de symptômes de BBTD par les agriculteurs dans la zone d'étude sont présentées par la figure 17. Les données détaillées sont consignées dans les tableaux 4 en annexe.

45

Pourcentage moyen

90,00 80,00 70,00 60,00 50,00 40,00 30,00 20,00 10,00

 

0,00

Identification des symptômes de BBTD

A

B

C

D

E

F

Figure 17 : Identification de symptômes de BBTD par les agriculteurs dans la zone d'étude. Légende :

A : connaissance de BBTD

B : Observation des symptômes sur les feuilles

C : Observation des symptômes sur le pseudo-tronc

D : Aspect touffu des plants infectés

E : Système d'enracinement non fonctionnel

F : Autres précisions

L'analyse des résultats de la figure 17 indique que 76,19% des agriculteurs de la zone d'étude connaissent la maladie du sommet touffu de bananier, par contre 80,95% identifient la maladie en observant les symptômes sur les feuilles ; suivi de 61,90% qu'identifient les symptômes par l'aspect touffu au sommet ; de 52,38% qu'identifient la maladie par les symptômes au pseudo-tronc. Tandis que, 47,62% suggèrent autrement l'identification, contre 4,76% qui identifient la maladie à partir du système d'enracinement non fonctionnel.

Le symptôme typique de la maladie de Bunchy Top de bananier est très précis, clairement identifiable de ceux causés par les autres virus des bananiers (Ngama et al., 2014 ; Magee, 1927 ; Kavino et al., 2007). Malgré cette clarté dans l'expression de la maladie, les symptômes dans les champs des agriculteurs ne sont pas assez bien définis par ces derniers pour un diagnostic visuel. C'est ce qui complique la gestion de cette maladie (BBTD) dans les champs, augmentant ainsi le risque de propagation de l'agent pathogène (BBTV) (Ngama, 2015 ; Allen, 1927).

46

3.2.2. Origine probable de la maladie (BBTD) dans la zone d'étude

Les valeurs relatives à l'origine probable de BBTD dans la zone d'étude sont présentées par la figure 18. Les données détaillées sont consignées dans les tableaux 5 en annexe.

0,00

L'endroit où l'on a observé pour la 1ere fois le BBTDT

Pourcentage Moyen

40,00

25,00

20,00

35,00

30,00

15,00

10,00

5,00

ABC

Figure 18 : Origine probable de la maladie dans la zone d'étude Légende :

A : Dans sa propre plantation ;

B : Chez les voisins (moins de 10 Km) ;

C : Pas connu par l'agriculteur.

Il ressort de l'analyse de la figure 18 que dans la zone d'étude, l'origine probable de BBTD n'est pas clairement connue de manière précise par les agriculteurs (28,57%). Par contre, une bonne moyenne des agriculteurs l'attribue aux voisins de moins de 10Km de leurs villages (38,10%) contre seulement 33,33% qui l'attribue dans leurs propres champs.

La maladie BBTD a été enregistrée pour la première fois en Afrique continentale, plus précisément en Egypte vers les années 1901 (Fahmy, 1927), où les dommages économiques se sont produits en 1953 (Dale, 1927). En Afrique centrale, dans la région de Kisangani (R.D. Congo), elle a été observée dans les années 1950 (Ngama, 2014 ; Wardlaw, 1961). Par contre, en R.D. Congo, cette maladie est déjà signalée, surtout dans les Provinces du Bas Congo, du Sud et Nord Kivu ainsi que dans l'ex Province orientale démembrée et ses environs (Province de Maniema) (Ngama et al., 2014 ; Ngama, 2015 et FAO, 2010). L'entrée tardive en Afrique vers les années 1958, plus précisément à Yangambi, dans la Province de la Tshopo serait

47

introduite par des rejets contaminés offerts en cadeaux au Roi Albert Ier. De ce fait, il est fort possible que les mêmes matériels de plantation qui circulent entre les agriculteurs de la zone et ses environs soient à la base de la dissémination de la maladie (BBTD), étant donné que la contamination à des grandes distances est due au déplacement des matériels par l'homme et à courte distances par le puceron Pentalonia nigronervosa.

3.2.3. Dispersion de BBTD dans la Zone d'étude

Les valeurs relatives à la dispersion de BBTD dans la région (durée de production de la souche après observation des symptômes) sont présentées par la figure 19. Les données détaillées sont consignées dans les tableaux 6 en annexe.

Pourcentage Moyen

50,00 40,00 30,00 20,00 10,00

0,00

 
 

A B C D E

Années de production

Figure 19 : Durée de production de la souche après observation des symptômes Légende :

A : 2 ans de production

B : 3 ans de production

C : 5 ans de production

D : Plus de 5 ans

E : Moins d'une année

Les résultats de la figure 19 indique que, dans la zone d'étude, 47,62% de bananiers infectés par le BBTD restent productifs moins d'une année ; 33,33% de bananiers restent productifs jusqu'à 2 ans, 9,52% vont jusqu'à 3 ans et 4,76% de bananiers peuvent encore produire jusqu'à 5 ans et plus. Ces résultats se confirment par Faure G., et al., (2018) qui stipule que, la maladie affecte essentiellement la croissance et rend improductif les sujets atteints au cours de leur végétation.

48

Comme les rejets des touffes de bananiers sont presque toujours infectés, Magee (1927) pense que la maladie est censée être systémique. Cependant, Caruana (2003) signale que le BBTD est transmis à travers toutes les formes végétatives du matériel utilisé pour la plantation incluant les rejets et les plants issus des cultures in vitro.

Cependant, les études de Lokana et al., (2016) sur la systémicité de BBTD à Kisangani ont établi que, lorsqu'une souche est infectée, tous les rejets et les plants-mères seront infectés même si l'infection n'est pas initialement présente dans toutes les parties de la souche. Par ailleurs, les rejets provenant des souches virosées sont inévitablement porteurs de virus BBTV et ainsi l'extension de la maladie est généralement due à l'utilisation du matériel végétal contaminé signale le même auteur. Et pourtant, dans les différentes régions de production bananière, l'homme joue apparemment un rôle important comme agent de dispersion du vecteur Pentalonia nigronervosa et indirectement du virus BBTV rapporte Thomas et al., (2003).

3.2.4. Connaissance du mode de transmission de BBTD par l'agriculteur

Les valeurs relatives à la connaissance du mode de transmission de BBTD par les agriculteurs dans la zone d'étude sont présentées par la figure 20. Les données détaillées sont consignées dans les tableaux 7 en annexe.

Pourcentage Moyen

100 80 60 40 20

 

0

Mode de transmission de BBTD

A B C D

Figure 20 : Connaissance du mode de transmission de BBTD par l'agriculteur de Maniema

Légende :

A : Transmission par le sol

B : Transmission par les rejets

C : Transmission par un vecteur

D : Transmission par outils (houes, machettes, etc.)

49

La lecture des résultats sur la figure 20, révèle que, 100% des agriculteurs dans cette zone confirme une transmission de la maladie par les rejets ; par contre 90,48% disent que le BBTD se transmet par un vecteur ; 85,71% pensent que la maladie est véhiculée par les outils de travail (houes, machettes, etc.) et afin une probable transmission de BBTD par le sol n'est pas reconnue par les agriculteurs.

Le BBTD est causée par le virus BBTV qui est principalement transmis par le matériel de plantation infecté et, d'autre part, par un puceron vecteur Pentalonia nigronervosa. Le mouvement du matériel de plantation infecté est le principal mécanisme de propagation de la maladie sur de longues distances à travers les différentes zones de production bananière renseignent Thomas et Caruana (2000) et Ngama et al., (2014). Cependant, les résultats de l'étude de Ngama (2015) sur l'épidémiologie de BBTD au champ et la jachère sans puceron, indiquent que la dissémination de la maladie à des longues distances est faite par l'homme qui utilise des rejets provenant de plantations infectées. Le virus se propage d'une plante à l'autre par les pucerons infectés et d'une plantation à l'autre par des personnes transportant les matériels infectés, de pucerons infectés sur les habits et voire même le transport de pucerons infectés par les fourmis rapporte le même auteur. Toutefois, le virus BBTV n'est pas transmis mécaniquement.

3.3. Paramètres de maladie du sommet touffu de bananier (BBTD) 3.3.1. Incidence de BBTD dans la zone d'étude

Les résultats des observations de l'incidence de BBTD obtenus sur au moins un plant de la touffe de bananiers sont illustrés par la figure 21. Les valeurs brutes sont consignées dans le tableau 8 en annexe.

50

0 1

80,00

60,00

40,00

20,00

0,00

Incidence de BBTD (en %J

100,00

Territoires

Figure 21. Incidence de BBTD sur au moins un plant de touffe de bananiers Légende :

0 : Absence ; 1 : Présence.

Il ressort de la figure 21 que, l'incidence de BBTD a varié de 78,52% à 88,15% dans les zones de production bananière de Maniema. En moyenne 82,85% de touffes enquêtées ont porté les symptômes de BBTD. Cependant, le taux le plus élevé est enregistré dans le territoire de Kibombo (88,15%) suivi de Pangi (87,05%), Kasongo (85,93%), Kabambare (81,48%), Lubutu (79,63%), Punia (79,26%) et Kailo (78,52%).

Numériquement, ces valeurs sont élevées dans les différentes zones de production bananières de Maniema et restent comparables à celles trouvées par Ngama (2014) dans la région Nord-Est du bassin du Congo où l'incidence de BBTD allant de 70,2% à 96,5% a été observée dans les différentes Localité enquêtées. De même, ces valeurs sont en fait largement supérieures à celles trouvées en jardins de case et en plantation (5 à 30%) par Magee (1927) lors de sa première enquête sur la maladie de BBTD. Les valeurs relativement faibles observées dans le territoire de Kailo, Punia, Lubutu et Kabambare pourraient aussi être justifiées par des valeurs hautes d'altitude étant donné que cette maladie est typique de conditions de basse et moyenne altitude (FAO, 2010). C'est aussi ce que démontrent Thomas et Dietzgen (1991) qui déclare que l'incidence de BBTD fluctue avec l'altitude. Les différents niveaux élevés d'altitude peuvent donc être un élément pouvant en partie expliquer la moindre incidence de la maladie

51

dans certains territoires de la Province de Maniema. Toutefois, ce paramètre n'est pas le seul à avoir une influence sur le développement de la maladie BBTD souligne Caruana (2007).

En plus, ces résultats ont aussi montré que la maladie de BBTD est largement rependue à travers toute la zone de production bananière de Maniema et a varié en fonction de territoire. Si l'on se fonde sur ces observations telles que documentée dans les années 1950 pour la R.D. Congo (Wardlaw, 1961 ; Ngama et al., 2014), il est fort possible que les facteurs critiques pour la première diffusion de BBTD dans les nouvelles régions aient été les pratiques traditionnelles des agriculteurs, les préférences à certains types de cultivars de bananiers, la demande du matériel de plantation et la direction du mouvement de ce matériel à partir des zones touchées par la maladie (BBTD).

3.3.2 Sévérité de la maladie (BBTD) dans la zone d'étude

Les valeurs relatives à la gravité de la maladie du sommet touffu (BBTD) dans les différents territoires de Maniema sont présentées par la figure 22. Les données détaillées sont consignées dans le tableau 9 en annexe.

Sévérité

40,00

25,00

20,00

35,00

30,00

15,00

10,00

0,00

5,00

0 1 2 3 4 5

Territoires

Figure 22. Sévérité de BBTD sur les cultivars de bananiers par territoire

Légende :

0 : sans symptômes,

1 : stries sur les feuilles,

2 : stries foncées jusqu'au pseudo - tronc,

52

3 : décoloration des feuilles avec taille normale,

4 : taille réduite de feuilles décolorées,

5 : aspect touffu au sommet « Bunchy top ».

L'analyse de résultats présentés pâr la figure 22 en rapport avec la sévérité de BBTD partant de l'échelle de cotation allant de 0 à 5 renseigne que, les différents niveaux de symptômes de BBTD sont présents sur la majorité de bananiers dans cette zone de production bananière. Cependant, la décoloration des feuilles avec taille normale (niveua 3) est fréquente et plus élevée sur l'ensemble de bananiers et plantains dans les différents territoires. En moyenne, 31,90% des bananiers ont porté des feuilles decolorées avec taille normale (niveau 3). Les stries foncées jusqu'au pseudo-tronc (niveau 2) sont aussi relativement élevées avec une moyenne de 21,90% par rapport aux niveaux 1, 4 et 5 respectivement stries sur les feuilles, taille réduite de feuilles decolorées et aspect touffu au sommet qui, restent moins élevés. En général, les symptômes ont été apparents sur les touffes de bananiers observées dans la zone d'étude. Au moins les plantes présentant les symptômes typiques de la maladie (taille réduite des feuilles décolorées et un aspect touffu au sommet) ont été observées à travers les différents territoires de Maniema. Toutefois, pour l'ensemble de la Province, c'est dans le territoire de Punia et Lubutu que l'on trouve le moins de bananiers ayant atteint les niveaux 4 et 5 de ladite maladie.

Ces valeurs obtenues sur la gravité de la maladie de BBTD dans cette zone d'étude, sont généralement moins élevées mais restent comparables à celle trouvées par Ngama et al., (2014) dans son étude sur la distribution de BBTD dans le bassin du Congo, en région Nord-Est, où en moyenne 37% des touffes de bananiers enquêtés avaient présenté les stries sur les feuilles (stade 1), suivi des feuilles décolorées avec taille normale (20,5%) et les stries jusqu'au pseudotronc (19,7%). La taille réduite de feuilles décolorées (stade 4) et l'aspect touffu au sommet (stade 5) étant faiblement représentés.

Les différents niveaux d'altitude (400 à 800m) et les conditions du milieu (température, pluviométrie, ...) peuvent aussi en partie expliquer la moindre sévérité de BBTD dans les zones de production bananière de Maniema. En effet, il existe une grande variation dans les symptômes de BBTD chez les différents cultivars de bananiers et plantains, ceci peut aussi être imputable à des différences génétiques des bananiers souligne Magee (1953). Le même auteur suggère que, les bananiers dans leurs phases initiales de récupération, affichent les symptômes de stries (niveau 1) sur quelques feuilles seulement et toujours dans une grande partie de la forme réduite de feuilles (niveaux 4 et 5). La surface du développement de premier symptôme sur la feuille est variable. Dans certains cas, les premiers symptômes sont bénins et sont constitués uniquement d'une légère chlorose marginale. Selon Magee (1948), il n'y a aucun

53

symptôme unique ni un groupe de symptômes, sur lesquels un diagnostic définitif pourrait

reposer.

3.3.3. Présence du vecteur Pentalonia nigronervosa sur les touffes de bananiers

La présence du vecteur P. nigronervosa sur chaque touffe de bananier dans la zone d'étude est représentée par la figure 23. Les données brutes non détaillées sont consignées dans le tableau 10 en annexe.

0 1

Territoires

Présence et absence du Puceron (en %)

100,00

80,00

60,00

40,00

20,00

0,00

Figure 23 : Présence ou absence du vecteur sur chaque touffe de bananiers enquêtés

Légende :

0 : Absence ;

1 : Présence

Au regard des valeurs figurées ci-dessus, il ressort que le vecteur P. nigronervosa est largement répandu dans les différents territoires de Maniema ; ce qui correspond à des valeurs assez élevées, témoignant la présence de puceron avec une moyenne de 94,44%. Ces valeurs ont différemment fluctué dans la Province de Maniema dans l'intervalle de 91,85% à 97,41% avec le taux le plus élevé au territoire de Pangi (97,41%).

Ces valeurs obtenues dans les conditions de moyenne et haute altitude de la zone de production bananière de Maniema sur la présence de vecteur P. nigronervosa sont généralement très élevées et restent comparables à celles trouvées par Ngama et al., (2014) dans les régions de basse et moyenne altitude du bassin du Congo. Le taux élevé de puceron P. nigronervosa pourrait certainement être dû à la présence de certaines plantes hôtes de ce puceron, l'altitude et l'importance de la plantation des bananiers qui, peut donner lieu à un taux élevé de ce vecteur.

54

Toutefois, ce puceron probablement originaire du Sud-Est asiatique, est présent dans la plupart des régions du monde où la culture de bananier est pratiquée. En effet, cette culture constitue l'hôte principal pour ce puceron qui est aujourd'hui pantropical, puisqu'il est pratiquement présent sur tous les tropiques (Mau et al., 1994 et Waterhouse, 1987).

3.3.4. Importance du vecteur Pentalonia nigronervosa sur les touffes de bananiers (en %)

La figure 24 indique l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa sur les touffes de bananiers choisies suivant l'échelle de BBTD (0-5). Les données détaillées sont présentées en annexe, dans le tableau 11 en annexe.

Importance du vecteur (en %)

45,00

40,00

25,00

20,00

35,00

30,00

15,00

10,00

0,00

5,00

0 1 2 3 4 5

Territoires

Figure 24 : Importance du vecteur sur les touffes choisies suivant l'échelle de cotation de BBTD (0-5) Légende :

0 : Sans vecteur sur la touffe,

1 : Une colonie simple sans insectes ailés,

2 : Plusieurs colonies simples,

3 : Une grande colonie avec des insectes ailés,

4 : Plusieurs grandes colonies,

5 : Colonies généralisées au niveau des feuilles et du pseudo-tronc.

La figure 24 indique que toutes les colonies de P. nigronervosa sont présentes sur les touffes de bananiers à travers la zone d'étude. Cependant, une grande colonie avec des insectes ailés est la forme la plus rependue à des taux élevés dans le milieu d'étude où le taux le plus élevé est trouvé dans le territoire de Lubutu (44,44%) suivi de Punia (44,07%), Kabambare (40,74%),

55

Kibombo (40,0%), Kasongo (38,89%), Kailo (38,52%) et Pangi (35,56%). En moyenne 40,31% représente une grande colonie avec des insectes ailés dans l'ensemble de lazone d'étude.

Ces valeurs obtenues dans cette zone de moyenne et haute altitude de Maniema, sont cependant comparables à celles trouvées par Niyongere dans les zones de grands Lacs (Burundi, Rwanda et R.D. Congo) où les pucerons aptères dans des colonies simples ont été plus fréquemment observés (36%) ; tandis que les individus ailés ont été observés sur une moyenne de 9% de touffes de bananiers enquêtées. Par contre, ces valeurs sont moins comparables à celles de Ngama et al. (2014) où en moyenne, une colonie simple de P. nigronervosa était la forme la plus représentée (37,8%), suivi de plusieurs colonies simples sans insectes ailés (28,8%) et une grande colonie avec des insectes ailés (12,7%).

Le taux relativement moins élevé de certaines colonies pourrait être attribué à des températures plus basses et aux altitudes plus élevées. D'autre part, le manque d'entretien de la culture de bananiers par les agriculteurs et le couvert végétal dense pourrait également favoriser l'augmentation de la population du vecteur P. nigronervosa dans les autres territoires de la Province de Maniema.

3.4. Analyse de différents paramètres épidémiologiques en fonction de cultivars de bananiers et plantains dans la zone d'étude.

3.4.1. Corrélation entre les facteurs (cultivars et champs) et les variables (incidence, sévérité de BBTD, présence et importance de vecteur)

Les résultats de la corrélation entre les facteurs (cultivars et champs) et les variables (incidence, sévérité de BBTD, présence et importance du vecteur) dans la zone d'étude sont consignés dans le tableau 6.

56

Tableau 6 : Contribution des facteurs (cultivars et champs) à la variabilité observée et leur corrélation avec les variables (incidence, sévérité de BBTD, présence et importance de vecteur) évaluées

Facteurs

Territoires

Kailo

Pangi

Kibombo

Punia

Lubutu

Kasongo

Kabambare

Fa

FI

FII

FI

FII

FI

FII

FI

FII

FI

FII

FI

FII

FI

FII

Valeurs propres

2,32

1,05

1,93

1,09

2,36

1,11

2,31

0,94

2,30

0,95

2,26

0,85

2,63

0,73

Variance relative

58,05

58,05

48,31

48,31

59,00

59,00

57,76

57,76

57,45

57,45

56,39

56,39

65,77

65,77

Variance cumulée

26,19

84,24*

27,49

75,80*

27,63

86,63*

23,57

81,33*

23,73

81,18*

21,31

77,70*

18,31

84,08*

Incidence

0,82

-0,46

0,79

-0,44

0,77

-0,53

0,82

-0,46

0,83

-0,42

0,83

-0,43

0,85

-0,19

Sévérité

0,80

-0,50

0,81

-0,39

0,79

-0,50

0,82

-0,42

0,81

-0,45

0,82

-0,35

0,88

-0,37

Présence ou absence du vecteur

0,72

0,52

0,58

0,57

0,72

0,59

0,74

0,43

0,73

0,43

0,71

0,33

0,65

0,75

Importance du vecteur

0,70

0,56

0,54

0,63

0,79

0,47

0,66

0,61

0,64

0,62

0,62

0,66

0,85

-0,00

Légende :

FI : facteur 1

FII : facteur 2

* : Cumul de deux facteurs (cultivars et champs)

Il ressort du tableau 6 que, les cultivars de bananiers et les différentes bananeraies ont été extraits avec une variance moyenne de 81,56% où, de façon positive les cultivars de bananiers ont influencé à 57,53% l'incidence, la sévérité de la maladie du sommet touffu, la présence et l'importance du vecteur (Pentalonia nigronervosa). Ces valeurs sont illustrées par les graphiques 25, 26, 27, 28, 29, 30 et 31 en bas.

Le genre Musa compte plus de 1000 variétés de bananes parmi lesquelles les cultivars les plus importants sont les bananes de type dessert (AAA pour la plupart) et les bananes à cuire (AAA, AAB et AAB) (Dhed'a, 2011). Selon le même auteur, les variétés AA sont majoritairement rencontrées à l'Est. Les variétés triploïdes AAA (banane dessert et à cuire), AAB (plantain et banane à cuire) et AAB (banane à cuire) sont largement distribuées dans le monde, notamment en Amérique latine et centrale, aux Caraïbes, en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique ajoute Dhed'a (2009). Par ailleurs, Karamura et al., (2004) rapportent qu'on trouve un grand éventail

57

de variétés de bananier en Afrique centrale dont certains sont spécifiquement adaptées à ces différentes régions agro-écologiques et cultivées pour différents usages. Sur les hauts plateaux à l'Est, les bananiers à cuire AAA et les bananiers à bière dominent le paysage et la région est considérée comme un centre de diversité secondaire des bananiers. D'autres types comme les bananiers plantains (AAB), les variétés dessert (Gros Michel et Cavendish AAA), Kahinja et Kivuvu (AAB) et des diploïdes AB sont aussi largement distribuées. En plus des variétés locales, de nouveaux cultivars développés par les programmes internationaux d'amélioration du bananier ont été introduits dans les différentes zones de production bananière et plusieurs d'entre eux ont déjà été diffusés auprès des agriculteurs. Dernièrement, les tendances du marché dans les zones de production ont amené les agriculteurs à sélectionner et cultiver seulement des variétés répondant immédiatement aux besoins des consommateurs. Par ailleurs, la pression démographique n'a pas permis l'observance des périodes de jachère ni restauration de la fertilité des sols. Ces deux phénomènes couplés aux effets sélectifs des maladies et ravageurs, ont conduit à l'accroissement de l'érosion génétique de la diversité de Musa dans les régions productrices (Ngama, 2015).

3.4.2. Influence de facteur cultivars de bananiers et bananeraies sur la prévalence à la maladie du sommet touffu de bananier (BBTD)

3.4.2.1. Dans le territoire de Kailo

Le graphique 25 présente l'influence de facteur cultivars de bananiers et facteur champ sur la sensibilité de bananiers à la maladie du sommet touffu (BBTD) dans le territoire de Kailo. Tandis que les valeurs détaillées de cette répartition sont consignées dans le tableau 19 en annexe.

3

FII (26,19%)

2

1

0

-3 -2 -1 0 1 2 3

FI (58,05%)

-4

-1

-2

-3

Figure 25 : Distribution des cultivars dans les différents groupes par rapport au BBTD

58

De la figure 25, il ressort que les différents cultivars de bananiers ont plus influencé à 58,05% la sensibilité à la maladie du sommet touffu de bananiers (BBTD). Contrairement à l'influence apportée par le facteur champ (26,19%). De ce fait, une dispersion de points (cultivars) dans les zones négatives indique la moindre sensibilité de ces cultivars de bananiers. La zone positive quant à elle comprend les cultivars plus sensibles à la maladie (BBTD).

3.4.2.2. Dans le territoire de Pangi

L'influence du facteur cultivars de bananiers et facteur bananeraies sur la sensibilité au BBTD dans le territoire Pangi est illustrée par le graphique 26. Tandis que les valeurs détaillées de cette répartition sont consignées dans le tableau 20 en annexe.

1

0

 

0 1

2

3

-1

 
 
 

-2

 

FI (48,31%)

 

-3

 
 
 

-4

 
 
 

-5

 
 
 

-6

 
 
 

-7

 
 
 

-8

 
 
 

-4 -3 -2 -1

2

FII (27,50%)

Figure 26 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents groupes par rapport au BBTD

L'analyse de la figure 26 montre que, les cultivars de bananiers (FI) ont relativement influencé à 48,31% la sensibilité à la maladie (BBTD), contrairement au facteur bananeraies (FII), qui à son tour l'a moins influencé (27,50%). De ce fait, une dispersion de points (cultivars) dans les zones négatives indique la moindre sensibilité de ces cultivars de bananiers. La zone positive quant à elle comprend les cultivars plus sensibles au BBTD.

3.4.2.3 Dans le territoire de Kibombo

L'influence du facteur cultivars de bananiers et facteur bananeraies sur la sensibilité au BBTD dans le territoire Kibombo est illustrée par le graphique 27. Tandis que les valeurs détaillées de cette répartition sont consignées dans le tableau 21 en annexe.

59

2

FII (27,63 %)

1

0

-5 -4 -3 -2 -1 0 1 2

-1

-2

-3

-4

-5

FI (59,00 %)

Figure 27 : Distribution des cultivars de bananiers dans les différents champs par rapport au BBTD

L'analyse de la figure 27 montre que, les cultivars de bananiers (FI) ont plus influencé à 59,0% la sensibilité à la maladie (BBTD), contrairement aux bananeraies (FII), qui l'a influencé à 27,63%. Graphiquement, la dispersion des cultivars dans les zones négatives indique leur moindre sensibilité à la maladie. Cependant, les zones positives quant à elles comprennent les cultivars plus sensibles au BBTD.

3.4.2.4. Dans le territoire de Punia

Le graphique 28 présente l'influence de facteur cultivars de bananiers et facteur champ sur la sensibilité de bananiers à la maladie du sommet touffu (BBTD) dans le territoire de Punia. Tandis que les valeurs détaillées de cette répartition sont consignées dans le tableau 22 en annexe.

BBTD

60

-1

-2

-3

-4

-5

FII (23,57 % )

1

0

-4 -3 -2 -1 0 1 2 3

FI (57,76 %)

2

Figure 28 : Distribution des cultivars dans les différents champs en fonction de leur prévalence au BBTD

De la figure 28, il ressort que les différents cultivars de bananiers ont plus influencé à 57,76% la sensibilité à la maladie du sommet touffu de bananiers (BBTD). Contrairement au facteur bananeraie (FII), qui l'a moins influencé à 23,57%. Graphiquement, la dispersion des cultivars dans les zones négatives indique leur moindre sensibilité à la maladie. Cependant, les zones positives quant à elles comprennent les cultivars plus sensibles au BBTD.

3.4.2.5. Dans le territoire de Lubutu

Le graphique 29 présente l'influence de cultivars de bananiers et bananeraie sur la sensibilité de bananiers à la maladie du sommet touffu (BBTD) dans le territoire de Lubutu. Les valeurs détaillées sont consignées dans le tableau 23 en annexe.

3

FII (23,73 %)

-3

1

0

-4 -3 -2 -1 0 1 2 3

-1

FI (57,45 %)

2

-2

-4

Figure 29 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents champs par rapport au

61

L'analyse de la figure 29, indique que les différents cultivars de bananiers ont influencé à 57,45% la sensibilité à la maladie du sommet touffu de bananiers (BBTD). Contrairement au facteur champ de bananiers (FII), qui l'a moins influencé à 23,73%.

3.4.2.6. Dans le territoire de Kasongo

Le graphique 30 illustre l'influence de facteur cultivars de bananiers et facteur champ sur la sensibilité à la maladie (BBTD) dans le territoire de Kasongo. Les valeurs détaillées sont consignées dans le tableau 24 en annexe.

-2

-3

-4

-5

-6

-7

1

0

-4 -3 -2 -1 0 1 2 3

-1

FI (56,39 %)

2

FII (21,31 %)

Figure 30 : Distribution spatiale des cultivars dans les différents champs par rapport au BBTD

Il ressort du graphique 33 que les deux facteurs ont différemment influencé la sensibilité de la maladie (BBTD) dans le territoire de Kasongo. Les cultivars de bananiers ont plus influencé l'infection à 56,39%. Quant au facteur champ de bananier, son influence était moyennement faible dans l'ordre de 21,31%.

3.4.2.7. Dans le territoire de Kabambare

Le graphique 31 illustre l'influence de différents cultivars de bananiers en fonction de leur sensibilité au BBTD. Tandis que les valeurs détaillées de cette répartition sont consignées dans le tableau 25 en annexe.

62

FII (18,31 %)

0

2

1

-5 -4 -3 -2 -1 0 1 2

-1

FI (65,77 %)

-2

-3

-4

-5

-6

-7

Figure 31 : Influence de différents cultivars de bananiers en fonction de leur sensibilité au BBTD.

L'analyse de la figure 31 renseigne que les cultivars de bananiers ont plus influencé à 65,77% la sensibilité à la maladie du sommet touffu de bananiers (BBTD). Le facteur champ (FII) quant à son tour l'a moins influencé à 18,31%.

3.5. Répartition des cultivars de bananiers dans les différents groupes en fonction de leur sensibilité au BBTD dans les différents territoires de Maniema

Le regroupement de différents cultivars de bananiers en fonction de leur sensibilité à la maladie du sommet touffu du bananier (BBTD) est présenté dans le tableau 7 et la repartition detaillée par groupe de sensibilité suivant la méthode Cluster (STATGRAPHICS-CENTURION-XVI) se trouve dans les tableaux 12, 13, 14, 15, 16, 17 et 18 en annexe.

63

Tableau 7 : Différents groupes de cultivars de bananiers en fonction de leur sensibilité au BBTD dans les territoires de Maniema.

Groupes

Nombre

Fréquence

 

Moyenne

 

Incidence de BBTD

Sévérité de BBTD

Présence ou absence du vecteur

Importance du vecteur

G1/Kailo

42

15,61

0,00

0,00

1,00

3,00

G2/Kailo

205

76,21

1,00

3,00

1,00

3,00

G3/Kailo

22

8,18

0,27

0,73

0,00

0,00

G1/Pangi

232

85,93

1,00

3,00

1,00

3,00

G2/Pangi

31

11,48

0,00

0,00

1,00

3,00

G3/Pangi

7

2,59

0,43

0,57

0,00

0,00

G1/Kibombo

22

8,15

0,29

1,40

0,00

0,00

G2/Kibombo

23

8,52

0,00

0,00

1,00

3,00

G3/Kibombo

130

48,15

1,00

3,00

1,00

3,00

G4/Kibombo

95

35,13

1,00

3,00

1,00

4,00

G1/Punia

17

6,30

0,12

1,00

0,00

0,00

G2/Punia

212

78,52

1,00

3,00

1,00

3,00

G3/Punia

41

15,19

0,00

0,00

1,00

3,00

G1/Lubutu

214

79,26

1,00

3,00

1,00

3,00

G2/Lubutu

41

15,19

0,00

0,00

1,00

3,00

G3/Lubutu

15

5,56

0,07

0,13

0,00

0,00

G1/Kasongo

11

4,07

0,09

1,00

0,00

0,00

G2/Kasongo

81

30

1,00

4,00

1,00

4,00

G3/Kasongo

150

55,56

1,00

3,00

1,00

2,00

G4/Kasongo

28

10,37

0,00

0,00

1,00

3,00

G1/Kabambare

220

81,48

1,00

3,00

1,00

3,00

G2/Kabambare

39

14,44

0,00

0,00

1,00

2,00

G3/Kabambare

11

4,07

0,00

0,00

0,00

0,00

Légende:

G: Groupe

BBTD: Banana Bunchy Top Disease

Il ressort du tableau 7 que, les analyses factorielles multivariées ont classé dans chaque territoire de Maniema, les différents groupes cultivars de bananiers sensibles et moins sensibles à la maladie de Banana Bunchy Top Disease. Les groupes constitués des cultivars moins sensibles se caractérisent par l'absence des symptômes (incidence et sévérité nulle) mais, généralement

64

avec présence et importance du vecteur (Pentalonia nigronervosa) du niveau 2 (Plusieurs grandes colonies) et niveau 3 (une grande colonie avec des insectes ailés) de l'échelle de cotation de puceron dans tous les territoires de Maniema.

De ce fait, les analyse en rapport avec les groupes des bananiers selon leur sensibilité au BBTD ressortent que ; dans le territoire de Kailo, les bananiers moins sensibles au BBTD sont classés dans le groupe I selon la méthode de Cluster où, le type AAA (bananes) représente 35,71% contre 64,28 % de plantains (AAB). Dans le territoire de Pangi, il sied de signaler que les bananiers moins sensibles à la maladie sont classés dans le groupe II où la majorité de cultivars (90,32%) sont des plantains (AAB) contre 9,67% de bananes (AAA). A Kibombo par contre, nous trouvons les cultivars de bananiers moins sensibles au BBTD dans le groupe II où les bananes (AAA) représentent 26,08 %, contre 73,91 % de plantains (AAB). Cependant, il est indiqué qu'à Punia, les bananiers moins sensibles à la maladie sont signalés dans le groupe III où le type AAA (bananes) représente 24,39%, contre 75,60% de plantains (AAB). Il a été demontré également qu'à Lubutu les cultivars moins sensibiles au BBTD sont consignés dans le groupe II où les bananes (AAA) représentent 21,95%, contre 78,04% de plantains (AAB). A Kasongo, les cultivars de bananiers moins sensibles à la maladie se trouvent classés dans le groupe IV où les bananiers du type AAA (bananes) représentent 28,57%, contre 71,42% de plantains (AAB). Par conséquent, à Kabambare les cultivars de bananiers moins sensibles sont classés dans le groupe II et III. Dans ces deux groupes 66% sont des plantains (AAB) et 34% représente les bananes (AAA).

En moyenne générale sur l'ensemble des territoires de la Province de Maniema, il se révèle que les bananiers moins sensibles sont du génotype AAB (plantains) avec (74,22%), contre (25,76%) du type AAA (bananes).

En effet, cette disproportion fréquentille de plantains (AAB) par rapport aux bananes (AAA) est due par le faite que, la majorité de bananiers inspectés dans les champs et en jardins de cases des agriculteurs étaient des plantains.

En Afrique centrale et de l'ouest, environ 120 variétés des plantains sont connues contre seulement 10 en Afrique du Sud-est. En Afrique de l'Est environ 70 variétés sont répertoriées. En Asie du Sud-Est, plus de 1000 variétés de bananiers sauvages et cultivés sont inventoriées. Cependant, Reynolds (1927) et Kervégant (1935), postulent que l'introduction de bananiers et plantains en Afrique de l'Est a été faite par les Arabes. La Province de Maniema étant le berceau de la communauté Arabe musulmane qui, considéraient la banane comme une plante sacrée du Coran, il est fort possible que la grande majorité des types de bananiers et plantains cultivés

65

soient trouvés et utilisés dans cette Province avec des dénominations variables selon les zones de production et les dialectes. Ainsi, la situation de la variabilité des bananiers plantains et dessert s'avère-t-elle très complexe rappellent Dhed'a et al., (2011).

Cependant, la production de ces cultivars de bananiers est limitée par les contraintes biotiques et abiotiques. Les problèmes phytosanitaires les plus couramment rencontrés sont les charançons noirs, le Bunchy Top de bananier et la Cercosporiose. L'exposition de bananeraies (au vent, pluie, soleil) influence la distribution spatiale de la maladie BBTD (Lepoivre, 2003). La proportion des individus infectés d'une variété varie grandement suivant la dynamique de transmission du virus, dynamique influencée par des facteurs comme la densité d'individus susceptibles, la saison de l'année, la pression infectieuse du virus, et des pucerons infectés (Smith et al., 1998). Dans les régions de production bananière, le mouvement de la maladie est surtout facilité par les hommes et les pucerons noirs du bananier Pentalonia nigronervosa qui peuvent être apportés par des vols accompagnés, par les hommes et les fourmis (Thomas et Dietzgen, 1991). Selon les mêmes auteurs toujours ; les facteurs environnementaux jouent nécessairement aussi un rôle déterminant dans la dynamique de la maladie du sommet touffu de bananiers. L'intensification et la propagation de la maladie sont liées au vol aléatoire du vecteur qui est influencé par les changements saisonniers et la température de l'air.

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CONCLUSION ET SUGGESTIONS

Cette recherche sur la distribution spatiale de la maladie du sommet touffu de bananiers dans les différentes zones de production bananière de Maniema s'est fixée l'objectif principal de mettre en évidence la distribution spatiale des contraintes biologiques de la culture de bananiers liées au BBTD dans les différentes zones de production bananière en Province de Maniema, afin d'envisager le contrôle de cette virose qui, contribuerait à la baisse de la production bananière et à la disparition de ressources génétiques bananières dans la Province de Maniema et ses environs.

Partant de questions études, nous nous sommes servi d'un total de 1890 touffes de bananiers et plantains analysés dans 63 champs, à raison de 3 champs par village et 3 villages par territoire dans l'ensemble de la Province.

Les conditions culturales (source de matériels de plantation, âge de la bananeraie et le système cultural) aussi bien que les connaissances relatives au BBTD (identification des symptômes par les agriculteurs, origine probable de BBTD dans la zone d'étude, dispersion de BBTD dans la région et connaissance du mode de transmission de BBTD par l'agriculteur) ont été analysées.

De cette étude, les résultats obtenus ont montré que :

La maladie du sommet touffu de bananiers est largement rependue à travers toute la zone de production bananière de la Province de Maniema ;

Les conditions culturales varient relativement en fonction de territoires de cette Province où 100% de bananiers sont cultivés en association avec le riz, le manioc, le maïs ou autres culture ; 95,24% des agriculteurs utilisent des rejets en provenance des champs des voisins. En moyenne 42,86% des bananeraies sont âgées de plus de 10 ans, 38,10% de bananeraies sont agés de 5-7 ans et 8,33 bananeraies sont agés de moins 3 ans.

L'incidence de la maladie a été très élevée dans tous les territoires et a varié de 78,52% dans le territoire de Kailo à 88,15% dans le territoire de Kibombo avec une moyenne de 82,85% d'incidence sur toute l'étendue de la Province de Maniema.

Quant à la sévérité de BBTD partant de l'échelle de cotation (0 à 5), les différents niveaux de symptômes sont présents sur la majorité de bananiers dans les territoires de Maniema. La décoloration des feuilles avec taille normale (niveau 3) est plus remarquable et plus élevée avec une moyenne de 31,90% sur les bananiers ;

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La présence du vecteur sur les touffes des bananiers a été en moyenne de 94,44% et avec une importance moyenne de 40,31% de grande colonie avec des insectes ailés dans l'ensemble de la zone d'étude ;

Les cultivars de bananiers et champs de bananiers contribuent significativement à la variation de la maladie de BBTD dans cette zone d'étude, avec une moyenne de 81,56% où les cultivars de bananiers ont en moyenne influencé à 57,53% l'incidence, la sévérité de BBTD, la présence et l'importance du vecteur Pentalonia nigronervosa ;

A partir des analyses factorielles multivariées, il a été classé dans chaque territoire de Maniema, les différents groupes de cultivars de bananiers sensibles et moins sensibles à la maladie BBTD où, les groupes constitués des cultivars moins sensibles se caractérisent par l'absence des symptômes (incidence et sévérité nulle) mais, généralement avec présence et importance du vecteur (Pentalonia nigronervosa) du niveau 2 et 3 de l'échelle de cotation de puceron dans tous les territoires de Maniema.

La majorité des bananiers et plantains dans les différents territoires sont affectés par le BBTD tandis que, certains parmi eux sont asymptomatiques ou moins sensibles. En général, les bananiers moins sensibles sont du génotype AAB (plantains) avec 74,22% de moyenne, contre 25,76% du type AAA (bananes) sur l'ensemble de cette Province.

De l'ensemble de ces résultats, il ressort que le BBTD est largement rependu dans la zone de production bananière de Maniema mais encore avec une faible sévérité dans la plupart des territoires prospectés. Ceci indique qu'une bonne sensibilisation des agriculteurs en matière de la gestion de la maladie du sommet touffu de bananiers, l'éradication de touffes de bananiers infectés de BBTV, l'utilisation des matériels de plantation sains, l'adoption de bonnes pratiques culturales visant à contrôler la population de puceron Pentalonia nigronervosa sont des facteurs déterminants pour une gestion durable de cette maladie. En outre, la mise en quarantaine de matériels de plantation provenant des zones infectées vers des zones non encore touchées peuvent contribuer à empêcher la propagation de BBTD vers les autres zones non encore touchées.

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