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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
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ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE
VETERINAIRES
(E.I.S.M.V.)

ANNEE: 2006 N° 7
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ETUDE DE LA DISTRIBUTION ET DE LA QUALITE DES
MEDICAMENTS VETERINAIRES AU CAMEROUN
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THESE
Présentée et soutenue publiquement le 14
Juin 2006 devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie
et d'Odonto-Stomatologie de Dakar pour obtenir le grade de
DOCTEUR EN MEDECINE VETERINAIRE
(DIPLOME D'ETAT)
Par
Florent MESSOMO NDJANA JURY
Président
M. Mamadou BADIANE
Professeur à la Faculté de Médecine, de
Pharmacie et d'Odonto - Stomatologie de Dakar
Directeur et Rapporteur M. François Adébayo
ABIOLA
de thèse Ancien Professeur à
l'E.I.S.M.V. de Dakar
Membres M. Louis Joseph PANGUI
Professeur à l'E.I.S.M.V. de Dakar
M. Germain Jérôme SAWADOGO
Professeur à l'E.I.S.M.V de Dakar
Mme. Rianatou BADA ALAMBEDJI
Maître de Conférences Agrégé à
l'E.I.S.M.V. de Dakar
Co-Directeur de thèse: M. ASSIONGBON TEKO -
AGBO
Chargé de recherches à l'E.I.S.M.V. de Dakar

BP 5077 - DAKAR (Sénégal) Tél.
(221) 865 10 08 - Télécopie (221) 825 42 83

COMITE DE DIRECTION
LE DIRECTEUR
Professeur Louis Joseph PANGUI
LES COORDONNATEURS
Professeur Moussa ASSANE Coordonnateur des
Etudes
Professeur Malang SEYDI
Coordonnateur des Stages et
de la Formation Post-Universitaires
Professeur Justin Ayayi AKAKPO Coordonnateur
Recherches/Développement
Année Universitaire
2005-2006

PERSONNEL ENSEIGNANT
PERSONNEL ENSEIGNANT EISMV
PERSONNEL VACATAIRE (PREVU)
PERSONNEL EN MISSION (PREVU)
PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV
PERSONNEL ENSEIGNANT DEA - PA

PERSONNEL ENSEIGNANT
DEPAR TEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET
PRODUCTIONS ANIMALES
CHEF DE DEPARTEMENT : Ayao MISSOHOU,
Maître de Conférences Agrégé
SERVICES
ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE
Serge Niangoran BAKOU Maître - Assistant
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
Ismaël SY Docteur Vétérinaire Vacataire
Camel LAGNIKA Moniteur
CHIRURGIE - REPRODUCTION
Papa El Hassane DIOP Professeur
Alain Richi KAMGA WALADJO Assistant
Mlle Doris NKO SADI BIATCHO Monitrice
ECONOMIE RURALE ET GESTION
Cheikh LY Professeur
Kora Brice LAFIA Docteur Vétérinaire Vacataire
PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIE-THERAPEUTIQUE
Moussa AS SANE Professeur
Rock Allister LAPO Assistant
Gilles Landry HAKOU TCHAMNDA Moniteur
iii
PHYSIQUE ET CHIMIE BIOLOGIQUES ET MEDICALES
Germain Jérôme SAWADOGO Professeur
Nongasida YAMEOGO Attaché de Recherche
Justin KOUAMO Moniteur
ZOOTECHNIE-ALIMENTATION
Ayao MISSOHOU Maître de Conférences
Agrégé
Arsène ROSSILET Assistant
Serge Alain CIEWE CIAKE Moniteur
DEPAR TEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET
ENVIRONNEMENT
CHEF DE DEPARTEMENT : Rianatou BADA
ALAMBEDJI, Maître de Conférences Agrégé
SERVICES
HYGIENE ET INDUSTRIE DES DENREES ALIMENTAIRES
D'ORIGINE ANIMALE (HIDAOA)
Malang SEYDI Professeur
Bellancille MUSABYEMARIYA Assistante
Serigne Khalifa Babacar SYLLA Attaché de recherche
Sylvain Patrick ENKORO Docteur Vétérinaire
Vacataire
MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIE
INFECTIEUSE
Justin Ayayi AKAKPO Professeur
Rianatou BADA ALAMBEDJI Maître de Conférences
Agrégé
Nadège DJOUPA MANFOUMBY Docteur Vétérinaire
Vacataire
NJONG Moniteur
iv
PARASITOLOGIE-MALADIES PARASITAIRES-ZOOLOGIE
APPLIQUEE
Louis Joseph PANGUI Professeur
Oubri Bassa GBATI Maître -Assistant
Hervé Séna VITOULEY Docteur
Vétérinaire Vacataire
PATHOLOGIE MEDICALE-ANATOMIE PATHOLOGIQUE-CLINIQUE
AMBULANTE
Yalacé Yamba KABORET Professeur
Yacouba KANE Assistant
Mireille KADJA WONOU Assistante
Gana PENE Docteur Vétérinaire Vacataire
Omar FALL Docteur Vétérinaire Vacataire
Charles Benoît DIENG Docteur Vétérinaire
Vacataire
Aurélie BOUPDA FOSTO Monitrice
Marcel Ohoukou BOKA Moniteur
PHARMACIE-TOXICOLOGIE
Félix Cyprien BIAOU Maître- Assistant (en
disponibilité)
Assiongbon TEKO AGBO Attaché de Recherche
Komlan AKODA Docteur Vétérinaire Vacataire
Basile MIDINHOUEVI Docteur Vétérinaire Vacataire
Florent MESSOMO NDJANA Moniteur
DEPARTEMENT COMMUNICATION
CHEF DE DEPARTEMENT : Professeur
Yalacé Yamba KABORET
SERVICES
BIBLIOTHEQUE
Mariam DIOUF Documentaliste
AUDIO-VISUEL
Bouré SARR Technicien
v
OBSERVATOIRE DES METIERS DE L'ELEVAGE (O.M.E)
Emile Ségbégnon Houssa Moniteur
SCOLARITE
El Hadj Mamadou DIENG Vacataire
Franckline ENEDE Docteur Vétérinaire Vacataire
Sékindé Lynette KINDJI Monitrice
PERSONNEL VACATAIRE (Prévu)
BIOPHYSIQUE
Sylvie SECK GAS SAMA Maître de Conférences
Agrégé
Faculté de Médecine et de Pharmacie UCAD
BOTANIQUE
Antoine NONGONIERMA Professeur
IFAN - UCAD
AGRO-PEDOLOGIE
Modou SENE Directeur de Recherche
Enseignant : ENSA - THIES
ZOOTECHNIE
Abdoulaye DIENG Docteur Ingénieur : ENSA - THIES
Léonard Elie AKPO Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
Kalidou BA Docteur Vétérinaire
(Ferme NIALCOULRAB)
vi
H I D A O A
*NORMALISATION ET ASSURANCE QUALITE
Mame Sine MBODJ NDIAYE Chef de la Division Agroalimentaire
de l'Association Sénégalaise de
Normalisation (A.A. S.N.)
*ASSURANCE QUALITE - ANALYSE DES RISQUES DANS LES
REGLEMENTATIONS
Abdoulaye DIAWARA Direction de l'Elevage
Ousseynou Niang DIALLO du Sénégal
ECONOMIE
Oussouby TOURE Sociologue
Adrien MANKOR Docteur Vétérinaire- Economiste
Chercheur à l'I.S.R.A
PERSONNEL EN MISSION (Prévu)
ANATOMIE
Mohamed OUAS SAT Professeur
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II
(Rabat) Maroc
TOXICOLOGIE CLINIQUE
Abdoulaziz EL HRAIKI Professeur
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II
(Rabat) Maroc
PATHOLOGIE MEDICALE
Marc T. KPODEKON Maître de Conférences
Agrégé
Université d'ABOMEY-CALAVI (Bénin)
PARASITOLOGIE
Saïdou SALIFOU Maître de Conférences
Agrégé
Université d'ABOMEY-CALAVI (Bénin)
vii
BIOCHIMIE
Georges Anicet OUEDRAOGO Professeur
Université de BOBO-DIOULASSO (Burkina Faso)
H.I.D.A.O.A
Youssouf KONE Maître de Conférences
Université de NOUAKCHOTT (Mauritanie)
REPRODUCTION
Hamidou BOLY Professeur
Université de BOBO- DIOULASSO (Burkina -Faso)
PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV (Prévu)
MATHEMATIQUES
Sada Sory THIAM Maître-Assistant
Lamine KONATE Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
PHYSIQUE
Issakha YOUM Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
* Travaux Pratiques
André FICKOU Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
viii
CHIMIE ORGANIQUE
Abdoulaye SAMB Professeur
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
CHIMIE PHYSIQUE
Abdoulaye DIOP Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
* Travaux Pratiques de CHIMIE
Rock Allister LAPO Assistant
EISMV - DAKAR
* Travaux Dirigés de CHIMIE
Momar NDIAYE Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
BIOLOGIE VEGETALE
Kandiroura NOBA Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
BIOLOGIE CELLULAIRE
Serge Niangoran BAKOU Maître - Assistant
EISMV - DAKAR
EMBRYOLOGIE ET ZOOLOGIE
Karamoko DIARRA Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
PHYSIOLOGIE ANIMALE
Moussa ASSANE Professeur
EISMV - DAKAR
ix
ANATOMIE COMPAREE DES VERTEBRES
Cheikh Tidiane BA Professeur
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
BIOLOGIE ANIMALE (Travaux Pratiques)
Serge Niangoran BAKOU Maître - Assistant
EISMV - DAKAR
Oubri Bassa GBATI Maître - Assistant
EISMV - DAKAR
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
EISMV - DAKAR
GEOLOGIE
* FORMATIONS SEDIMENTAIRES
Raphaël SARR Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
* HYDROGEOLOGIE
Abdoulaye FAYE Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
CPEV
* Travaux Pratiques
Franckline ENEDE Docteur Vétérinaire Vacataire
Sékindé Lynette KINDJI Monitrice
x
PERSONNEL ENSEIGNANT DU D.E.A - P.A
Coordination des stages et formation post -
universitaires Responsable du D.E.A.P.A : Professeur Malang
SEYDI
M O D U L E S :
1. ZOOTECHNIE - ALIMENTATION
Responsable: Ayao MISSOHOU, Maître
de Conférences Agrégé Intervenants :
Moussa AS SANE Professeur
EISMV - Dakar
Alpha BA Docteur vétérinaire
(Ferme NIALCOULRAB)
Serge Niangaron BAKOU Maître - Assistant
EISMV - Dakar
Abdoulaye DIENG Ingénieur : ENSA - THIES
Yalacé Yamba KABORET Professeur
EISMV - Dakar
Ayao MISSOHOU Maître de Conférences
Agrégé
EISMV - Dakar
Gana PENE Docteur Vétérinaire Vacataire
Arsène ROSSILET Assistant
EISMV - Dakar
Germain Jérôme SAWADOGO Professeur
EISMV - Dakar
2. SYSTEME DE PRODUCTION - ENVIRONNEMENT Responsable
: Professeur Yalacé Yamba KABORET
xi
Intervenants :
Moussa ASSANE Professeur EISMV - Dakar
Abdoulaye DIENG Ingénieur
Enseignant à ENSA - THIES
Moussa FALL Docteur Vétérinaire
Lamine GUEYE Docteur Vétérinaire
Yalacé Yamba KABORET Professeur
EISMV - Dakar
Léonard Elie AKPO Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques - UCAD
Ayao MISSOHOU Maître de Conférences
Agrégé
EISMV - Dakar
3. REPRODUCTION - AMELIORATION GENETIQUE Responsable
: Professeur Papa El Hassan DIOP
Intervenants :
Moussa AS SANE Professeur
EISMV - Dakar
Serge Niangaron BAKOU Maître - Assistant
EISMV - Dakar
Papa El Hassan DIOP Professeur
EISMV - Dakar
Alain Richi KAMGA WALADJO Assistant
EISMV - Dakar
Racine SOW Chercheur à l'I.S.R.A
Germain Jérôme SAWADOGO Professeur
EISMV - Dakar
xii
4. ECONOMIE - STATISTIQUES - EPIDEMIOLOGIE
Responsable : Professeur Cheikh LY
Intervenants :
Justin Ayayi AKAKPO Professeur
EISMV - Dakar
Cheikh LY Professeur
EISMV - Dakar
Adrien MANKOR Docteur Vétérinaire Chercheur
5. HYGIENE ET INDUSTRIES DES DENREES ALIMENTAIRES
D'ORIGINE ANIMALE (H.I.D.A.O.A)
Responsable : Professeur Malang SEYDI
Intervenants :
Rianatou BADA ALAMBEDJI Maître de Conférences
Agrégé
EISMV - Dakar
Belancille MUSABYEMARIA Assistante EISMV - Dakar
Serigne Khalifa Babacar SYLLA Docteur
Vétérinaire
Attaché de Recherche EISMV - Dakar
Malang SEYDI Professeur EISMV - Dakar
Issakha YOUM Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
Youssouf KONE Maître de Conférences
Université -NOUAKCHOTT (MAURITANIE)
Ousseynou Niang DIALLO
Abdoulaye DIAWARA Ingénieurs à la Direction de
l'Elevage du Sénégal
xiii
Je rends grâce à Dieu pour Son amour et le soutien
qu'Il nous a apporté dans la réalisation de ce travail. Je le
dédie :
A mon pays le Cameroun
A ma famille notamment :
mon Papy
mes deux Mamy
mes Parents
mes Tantes et Oncles
mes s°urs et frères
mes filles Léandrine, Brenda et Rose ainsi que leurs
frères
A mes encadreurs :
Professeur Fran çois Adébayo ABIOLA Docteur
HAMADOU Saïdou
Docteur Assiongbon TEKO-AGBO
Docteur Kolman AKODA
Docteur Basile MIDINHOUEVI
Monsieur El Hadji Mamadou Moctar NIANG
A mes très chers :
Alice Bertille NDZANA
Edwige FONKOA
Eric DOMBOU
Jean-Blaise ADJELAKARA MOSS US
Célestin FONKOA
A l'EISMV de Dakar ;
A l'équipe qui a °uvré à mes
côtés en tant que Président de l'AEVD ; A toute la famille
de la campagne « ControlArms » ;
A l'Amicale des Etudiants Vétérinaires de Dakar
;
En témoignage de ma profonde gratitude. Ce
travail est le vôtre.
xiv
Nous remercions sincèrement :
L'Etat camerounais qui nous a donné la possibilité
de suivre cette formation dans de bonnes conditions ;
Le Sénégal pour son accueil chaleureux ;
Tous les enseignants de l'EISMV pour la formation de
qualité qu'ils ont sue nous donner ;
Le personnel de la Direction des Services
Vétérinaires du MINEPIA à Yaoundé au Cameroun pour
son accueil très chaleureux et son encadrement;
Tous les délégués provinciaux du MINEPIA et
leurs collaborateurs pour leur disponibilité et leur encadrement sur le
terrain ;
Tous les vétérinaires du Cameroun et tous ceux qui
nous ont donné leur appui pour la réalisation de nos
enquêtes ;
Tous les Délégués commerciaux des
laboratoires pharmaceutiques vétérinaires aux
Sénégal pour les entretiens qu'ils nous accordés;
Docteur Guillaume REMOND, Directeur Général de
Laprovet, pour les informations qu'il nous a apportées tout au long de
ce travail ;
Docteur Gabi FALL, vétérinaire clinicien à
Dakar au Sénégal ;
Madame DIOUF, bibliothécaire à l'E.I.S.M.V. pour
son aide permanente au cours de ce travail;
Nos s°urs et frères Camerounais de l'E.I.S.M.V.
Nos collègues de la 33ème promotion pour
les moments merveilleux que nous avons passés ensemble ;
Mes amis Camel LAGNIKA, Christian TSHALA, Linette, Guy
Hervé AMBASSA, ABEKE, Théodore ONGUENE, David TSHALA ;
M. Flavien NDONGO et M. Samuel ZOUMBOU pour leur assistance
informatique ;
Clin d'°il à Samuel ETO'O qui nous gratifié
d'un beau football tout au long de cette année.
xv
NOS MAITRES ET JUGES
A notre Maître et Président de jury,
Monsieur Mamadou BADIANE Professeur à la
Faculté de Médecine de Pharmacie et d'Odontostomatologie de
Dakar
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de
présider notre jury de thèse. Votre abord facile et la
spontanéité avec laquelle vous avez répondu à notre
sollicitation nous ont beaucoup marqués. Trouvez ici l 'expression de
nos sincères remerciements et de notre profonde gratitude.
Hommage respectueux.
A notre Maître, Directeur et Rapporteur de
thèse, Monsieur le Directeur Fran çois Adébayo
ABIOLA. Ancien Professeur à l'EISMV de Dakar ;
Il eût été regrettable que vous ne
soyez pas présent à ce Jury de thèse ; malgré vos
multiples fonctions et la distance qui sépare Dakar de Cotonou, vous
avez accepté en plus d 'en être le Rapporteur. Maître, vous
restez pour nous l 'exemple d'intelligence, de travail et d'abnégation.
Nous vous rendons un hommage respectueux et vous assurons de notre
indéfectible attachement.
Sincères reconnaissances.
A notre Maître et Juge, Monsieur le Directeur
Louis Joseph PANG UI Professeur à l 'EISMV de Dakar
;
Nous sommes très sensible à l 'honneur que
vous nous faites en acceptant de juger spontanément ce travail
malgré vos multiples occupations. Cela ne surprend guère quand on
connaît vos hautes qualités d'homme de science, votre
caractère humain et votre abord facile. Veuillez trouver ici l
'expression de notre profonde admiration et nos sincères
remerciements.
Hommage respectueux.
xvi
A notre Maître et Juge, Monsieur Germain
Jérôme SA WADOGO Professeur à l 'EISMV
de Dakar ;
En acceptant de siéger dans notre jury de
thèse malgré les nombreuses occupations qui sont les
vôtres, vous en rajoutez à la grande estime et à
l'admiration que nous portons à votre personne. Votre simplicité
et vos très grandes qualités scientifiques nous inspirent.
Veuillez accepter nos hommages respectueux.
A notre Maître et Juge, Madame Rianatou BADA
ALAMBEDJI Maître de Conférences
Agrégé à l 'E.I.S.M. V. de Dakar,
Enseignant, vous nous avez impressionné : tant
votre adresse de communication et vos qualités humaines nous ont
séduits. Vous nous donnez de pouvoir vous écouter à
nouveau et de profiter de vos connaissances scientifiques pour améliorer
ce travail qui nous est cher. Sincère gratitude.
xvii
« Par délibération, la Faculté de
Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie et l'Ecole Inter-Etats
des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar ont
décidé que les opinions émises dans les dissertations qui
leurs sont présentées, doivent être
considérées comme propres à leurs auteurs et qu'elles
n'entendent leur donner aucune approbation ni improbation »
xviii
SOMMAIRE
INTRODUCTION 1
Première partie : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE 4
Chapitre I : L'ELEVAGE AU CAMEROUN ET SES CONTRAINTES
SANITAIRES 5
Introduction 5
I.1- Le cheptel 5
I.2- Zones d'élevage 6
I.2.1- Zones d'élevage des ruminants 6
I.2.2- Zones de l'élevage porcin 7
I.2.3- Zones de l'aviculture 8
I.2.4- Zones de l'élevage équin et asin 8
I.3- Systèmes d'élevage 8
I.3.1- Systèmes d'élevage des ruminants 8
I.3.2- Systèmes utilisés en aviculture 10
I.3.3- Systèmes de l'élevage porcin 10
I.4- Les contraintes sanitaires 11
I.4.1 - Principales maladies parasitaires animales au Cameroun
12
I.4.2- Maladies infectieuses animales majeures au Cameroun 12
Chapitre II : LE MARCHE DES MEDICAMENTS VETERINAIRES EN AFRIQUE
SUBSAHARIENNE (ASS.) : PARTICULARITES ET REGLEMENTATION 16
Introduction 16
II.1- Particularités du marché des
médicaments vétérinaires en ASS 17
II.1.1- Importance du marché 17
II.1.2- Classes thérapeutiques dominantes 17
II.1.2.1 - Cas particulier des trypanocides 18
II.1.3- Origine des médicaments
vétérinaires commercialisés en ASS 21
II.1.4- Acteurs du marché officiel des médicaments
vétérinaires en ASS 23
II.1.4.1 - Les importateurs-grossistes -répartiteurs
23
II.1.4.2- Les détaillants 24
II.1.4.3- Les soins aux animaux 25
II.1.5- Marché parallèle des médicaments
vétérinaires en ASS 25
xix
II.1.5.1 - Acteurs du marché parallèle des
médicaments vétérinaires en ASS 26 II.1.5.2- Origine
des médicaments vétérinaires rencontrés dans le
marché
parallèle 27
II.2- Réglementation de la pharmacie
vétérinaire en ASS 28
II.2.1 - Textes réglementaires existants 28
II.2.1.1 - Exemple du Tchad 29
II.2.2- Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) 30
II.2.3- Enregistrement des médicaments
vétérinaires 31
II.2.4- Inspection de la pharmacie vétérinaire
34
Chapitre III : QUALITE DES MEDICAMENTS VETERINAIRES EN
AFRIQUE
SUBSAHARIENNE 36
Introduction 36
III.1- Définitions 36
III.1.1- Médicament vétérinaire 36
III.1.2- Qu'entend-t- on par médicament
vétérinaire générique ? 37
III.1.3- Les médicaments vétérinaires
essentiels 38
III.1.4- La qualité du médicament
vétérinaire, de quoi s'agit-il ? 39
III.2- Indicateurs de qualité des médicaments
vétérinaires 40
III.2.1- Etiquetage 40
III.2.2- Composition du médicament 40
III.2.3- Numéro de lot 41
III.2.4- Durée de vie du médicament 41
III.2.5- Date de fabrication 41
III.2.6- Date d'expiration 41
III.2.7- Stockage et conservation des médicaments 42
III.2.8- Laboratoire fabricant 42
III.3- Marché des médicaments
vétérinaires non-conformes en ASS 42 III.4- Contrôle de
la qualité des médicaments vétérinaires en ASS: le
LACOMEV et
les progrès réalisés en la matière
44
Conclusion partielle 45
xx
Deuxième partie: ETUDE DE LA DISTRIBUTION ET DE LA QUALITE
DES MEDICAMENTS VETERINAIRES AU CAMEROUN 46
Chapitre I : METHODOLOGIE 47
Introduction 47
I.1- Cadre de l'étude 47
I.2- Phase d'enquête 48
I.2.1 - zones et période de l'enquête 48
1.2.2-Méthode 48
I.2.2.1 - Recherche bibliographique 48
I.2.2.2- Rencontres avec les autorités en charge de
l'élevage 48
I.2.2.3- Visites et entretiens 49
I.2.2.4- Observations directes et interviews informels 49
I.2.2- Echantillonnage des médicaments
vétérinaires 50
I.2.2.1- Molécules ciblées 50
I.2.2.2- Description de l'échantillon 50
I.2.2.3- Nombre d'échantillons prévu 51
I.2.2.4- Réalisation du prélèvement 51
I.3- Phase de laboratoire 54
I.3.1- Matériel 54
I.3.1.1- Médicaments vétérinaires 54
I.3.1.2- Matériel de laboratoire 55
I.3.2- Méthodes de contrôle 56
I.3.2.1- Contrôles galéniques 56
I.3.2.2- Identification et dosage des principes actifs 57
1.3.2.3- Normes de conformité 60
1.3.2.4- Traitement des données 60
Chapitre II: RESULTATS 61
Introduction 61
II.1- Résultats de l' enquête sur la distribution
des médicaments vétérinaires au Cameroun 61
II.1.1- Arsenal législatif sur la profession et les
médicaments vétérinaires 61
II.1.1.1- Textes existants 61
xxi
II.1.1.2- Présentation de la loi n° 2000/018 du 19
décembre 2000 portant
réglementation de la pharmacie vétérinaire
au Cameroun (annexe 1) 62
II.1.2- Physionomie du marché des médicaments
vétérinaires au Cameroun 64
II.1.2.1- Marché officiel 65
II.1.2.2- Marché parallèle ou marché
illicite 72 II.2- Résultats du contrôle de la qualité
des échantillons de médicaments vétérinaires
au laboratoire 78
II.2.1- Contrôle des emballages et tests galéniques
78
II.2.2- Résultats de l'identification et du dosage des
principes actifs 84
II.2.2.1- Identification des principes actifs 84
II.2.2.2- Dosage des principes actifs 1
II.2.2.2- Dosage des principes actifs 86
II.2.3- Synthèse des résultats de contrôle
pharmaceutique 88
Chapitre III : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS 90
III.1- Discussion 90
III.1.1- Méthodologie 90
III.1.2- Distribution des médicaments
vétérinaires 91
III.1.2.1 - Réglementation 91
III.1.2.2- Organisation du circuit de distribution 92
III.1.2.3- Usage des médicaments
vétérinaires 94
III.1.3- Résultats d'analyse des échantillons
95
III.1.3.1 - Non-conformité pharmaceutique 95
III.1.3.2- Non-conformités dans les deux circuits du
marché 96
III.1.3.3- Non-conformités sur le plan des classes
thérapeutiques 97
III.1.3.4- Types de non-conformité et conséquences
98
III.2- Recommandations 100
III.2.1- Aux autorités camerounaises en charge de
l'élevage 100
III.2.2- Aux professionnels et à l'Ordre National des
Vétérinaires (ONV) 101
III.2.3- A la coopération internationale 102
Bibliographie 109
Annexe 116
xxii
LISTE DES TABLEAUX Tableau I: Effectifs du
cheptel national du Cameroun 5 Tableau II: Maladies de la liste A et de la
liste B de l'OIE, présentes au Cameroun.... 11
Tableau III: Quelques trypanocides rencontrés en Afrique
subsaharienne et les espèces sensibles 20
Tableau IV: Répartition du marché des
médicaments vétérinaires par classe thérapeutique
(en %) dans 5 pays de l'Afrique sub saharienne 21
Tableau 5: Liste des échantillons de médicaments
vétérinaires prélevés au Cameroun
52
Tableau VI: Répartition des échantillons
prélevés par groupe de médicaments
vétérinaires et en fonction du secteur d'achat 54
Tableau VII : Quelques laboratoires pharmaceutiques
vétérinaires d'Amérique et d'Asie dont les
médicaments sont commercialisés au Cameroun 65
Tableau VIII: Quelques laboratoires pharmaceutiques
vétérinaires européens dont les produits sont
commercialisés au Cameroun 66
Tableau IX : Quelques laboratoires pharmaceutiques
vétérinaires africains dont les médicaments sont
commercialisés au Cameroun 66
Tableau X: Répartition du marché des
médicaments vétérinaires au Cameroun par classe
thérapeutique 68
Tableau XI: Localisation des vétérinaires au
Cameroun par secteur et par province .. 71
Tableau 12 : Résultats détaillés des tests
galéniques et physico-chimiques des
échantillons de médicaments
vétérinaires 82
Tableau XIII: Résultats du contrôle
galénique par type de médicaments vétérinaires
84
Tableau XIV: Résultats du contrôle galénique
par secteur de prélèvement 84
Tableau 15: Résultats détaillés de
l'identification et du dosage des principes actifs des échantillons de
médicaments vétérinaires. 86
Tableau XVI: Résultats du dosage des principes actifs en
fonction du type de médicaments vétérinaires 88
Tableau XVII: Résultats du dosage des principes actifs en
fonction des secteurs de prélèvement 88
Tableau XVIII: Taux de non-conformité par type de
médicaments vétérinaires 89
Tableau XIX: Taux de non-conformité par secteur de
prélèvement 89
xxiii
LISTE DES FIGURES
Figure 1: Sites de prélèvement des
échantillons de médicaments vétérinaires 53
Figure 2: Vue d'ensemble des échantillons de
médicaments vétérinaires prélevés 53
Figure 3: Le supposé trypanocide ''Kenya solution''
prélevé dans le marché parallèle au Cameroun 75
Figure 4: Schéma du circuit officiel de distribution des
médicaments vétérinaires au Cameroun 76
Figure 5: Schéma des circuits parallèles de
distribution des médicaments vétérinaires au Cameroun
77
Figures 6 et 7 : Emballages secondaires de Vériben ( 6 =
original; 7 = copie prélevée dans le marché
parallèle) 79
Figure 8 : Flacon de Terramycin Q du laboratoire Pfizer
prélevé dans le marché parallèle 79
Figure 9 et 10 : Comparaison entre des préparations
injectables à base de diminazène soumis au test de
solubilité 80
Figure 11 et 12 : Comparaison entre des préparations
injectables à base
d'isométhamidium soumis au test de solubilité
81
Figure 13 : Chromatogramme des standards de diminazène et
d'antipyrine 85
Figure 14 : Chromatogramme d'un échantillon supposé
contenir du diminazène et de l'antipyrine 85
Figure 15 : Chromatogramme d'un standard d'oxytétracycline
85
Figure 16 : Chromatogramme d'un échantillon supposé
contenir de l'oxytétracycline 85
xxiv
LISTE DES ABREVIATIONS
AMM : Autorisation de Mise sur le
Marché
ASS : Afrique Subsaharienne
BPL : Bonnes Pratiques de Laboratoire
CONAMED : Commission Nationale du
Médicament
CNFZV : Centre National de Formation
Zootechnique et Vétérinaire
CEMAC : Communauté Economique et
Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale
CSP : Comité Sahélien des
Pesticides
EISMV : Ecole Inter-Etats des Sciences et
Médecine vétérinaires
FAO : Food and Agriculture Organisation
FNEC : Fédération Nationale des
Eleveurs Centrafricains
GIE : Groupements d'Intérêt
Economique
HP : Hewlett Packard
HPLC : High Performance Liquid Chromatography
ISRA : l'Institut Sénégalais des
Recherches Agricoles
ISO : International Standard Organisation
LABOCEL : Laboratoire Central d'Elevage
LANAVET : Laboratoire National
Vétérinaire
LACOMEV : Laboratoire de Contrôle des
Médicaments Vétérinaires
LCV : Laboratoire Central
Vétérinaire
LMR : Limites Maximales de Résidus
LNCM : Laboratoire National de Contrôle
des Médicaments
LNERV : Laboratoire National d'Elevage et de
Recherche Vétérinaire
LNS : Laboratoire National de Santé
MINEPIA : Ministère de l'Elevage, des
Pêches et des Industries Animales
OIE : Organisation Mondiale de la Santé
Animale
OMS : Organisation Mondiale de la
Santé
ONG : Organisations Non Gouvernementales
PIB : Produit Intérieur Brut
PPCB : Péripneumonie Contagieuse
Bovine
PPR : Peste des Petits Ruminants
RCA : République Centrafricaine
UCAD : l'Université Cheikh Anta Diop
UV : Ultra Violet
xxv
INTRODUCTION
1
La libéralisation des économies africaines s'est
accompagnée dans le cadre des programmes d'ajustement structurel, du
désengagement des Etats concernant différents secteurs de
l'économie. La filière des médicaments
vétérinaires n'a pas échappé à cette
mutation. Elle connaît désormais une réelle
libéralisation des segments de la production, de l'approvisionnement et
de la distribution avec comme conséquence, un développement mal
maîtrisé du commerce des produits vétérinaires, tant
au niveau de la qualité qu'au niveau du nombre d'opérateurs.
Ces évolutions ont sans doute augmenté le risque
que les médicaments vétérinaires qui sont à la fois
des facteurs de production d'un enjeu économique majeur en terme de
développement, et des facteurs de risque de santé publique,
circulent dans des conditions qui ne garantissent pas la santé des
animaux et celle des consommateurs. Ces conditions, dans la plupart des pays de
l'Afrique subsaharienne regroupent entre autres la vente illicite, la
détention et l'utilisation des médicaments
vétérinaires par des personnes non qualifiées.
La même situation est observée au Cameroun
où le marché des médicaments vétérinaires
est estimé selon HAMADOU et BANIPE (2001) à environ 20 milliards
de francs CFA. Selon les mêmes auteurs, les opérateurs
officiellement reconnus couvrent à peine la moitié de ce chiffre
d'affaires. Malgré l'importance de ce marché, les informations
publiées apportent peu de précisions sur la qualité des
médicaments vétérinaires en circulation dans le pays
(ABIOLA, 2001), contrairement aux médicaments humains qui ont jusque
là bénéficié d'une meilleure attention des
autorités publiques et de la communauté scientifique nationale et
internationale.
Cependant, une enquête préliminaire par un
sondage limité, menée en 2001 dans cinq provinces du pays, sur
les anthelminthiques à base d'albendazole ou de lévamisole ainsi
que les trypanocides contenant du diminazène ou encore de l'homidium, a
montré que 47% des 34 échantillons prélevés dans
les circuits officiel et parallèle n'étaient pas conformes
(ABIOLA, 2001).
Ces résultats sont révélateurs de
préoccupations dans la filière des médicaments
vétérinaires au Cameroun et bien qu'ils n'aient pas une valeur
statistique nationale, ils traduisent néanmoins un degré de non
conformité assez élevé dans un espace
2
géographique restreint. Face à cette situation,
l'auteur de ladite enquête recommanda une étude plus ambitieuse
dans le pays avec un plan d'échantillonnage plus large ; tant en nombre
d'échantillons de médicaments vétérinaires qu'en
sites de prélèvement. Pour les autorités camerounaises en
charge de l'élevage qui nous ont apporté leur appui dans la
réalisation de ce travail, cette recommandation est opportune et
permettrait de mieux évaluer la situation.
C'est dans ce cadre que s'inscrit la présente
étude dont l'objectif général est l'étude de la
distribution et de la qualité des médicaments
vétérinaires au Cameroun. Il permettra :
- de faire le point sur la réglementation et
l'organisation de la distribution des médicaments
vétérinaires au Cameroun ;
- d'évaluer la qualité des médicaments
vétérinaires au Cameroun à travers l'analyse au
laboratoire de quelques échantillons prélevés dans les
différentes provinces du pays.
Cette étude comporte 2 parties :
- la première partie est une synthèse
bibliographique. Elle traite des données générales de
l'élevage au Cameroun, ses contraintes sanitaires ainsi que des
particularités du marché des médicaments
vétérinaires et de la qualité de ces derniers en Afrique
subsaharienne.
- la deuxième partie est consacrée à
notre travail personnel. Elle présente notre méthodologie ainsi
que les résultats d'enquête et d'analyses des échantillons
de médicaments vétérinaires prélevés sur le
terrain. Ces résultats après discussion, nous permettront de
faire des propositions sur ce qui peut et doit être fait dès
maintenant et dans l'avenir en vue de l'amélioration de la situation.
3
PREMIERE PARTIE :
SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
Chapitre I : L'élevage au
Cameroun et ses contraintes sanitaires
Chapitre II : Le marché des
médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne (ASS) :
Particularités et sa réglementation
Chapitre III : Qualité des
médicaments vétérinaires en Afrique subsaharienne
|
|
4
Chapitre I : L'ELEVAGE AU CAMEROUN ET SES
CONTRAINTES SANITAIRES
Introduction
Le secteur de l'élevage s'impose aujourd'hui comme une
valeur sûre et considérable de l'économie camerounaise. Il
participe ainsi à près de 165 milliards de francs CFA à la
formation du Produit Intérieur Brut (PIB) et procure des revenus
à environ 30 % de la population rurale (HAMADOU, 2001). Autrefois,
activité identitaire pour les éleveurs traditionnels, l'
élevage connaît désormais l'intervention d'une nouvelle
génération d'opérateurs en quête de revenus à
savoir les fonctionnaires, les jeunes diplômés chômeurs et
les «hommes d'affaires». Il représente pour les populations
qui n'ont accès ni à des services financiers fiables ni à
la capitalisation foncière, une façon de constituer une
épargne sûre. Les systèmes de productions et les
contraintes sanitaires qui déterminent le cheptel varient selon les
régions.
I.1- Le cheptel
Le cheptel camerounais est pour l'essentiel constitué
de bovins, d'ovins, de caprins, de porcins et de volailles. Le tableau I
présente son évolution entre 1995 et 2000.
Tableau I: Effectifs du cheptel national
du Cameroun
Années
|
Bovins
|
Ovins
|
|
Caprins
|
Porcins
|
Volailles
|
1995/96
|
4
|
623
|
000
|
1
|
904
|
000
|
2
|
216
|
000
|
950 000
|
25
|
000
|
000
|
1996/97
|
4
|
737
|
000
|
2
|
094
|
000
|
2
|
681
|
000
|
1
|
000
|
000
|
28
|
000
|
000
|
1997/98
|
4
|
846
|
000
|
2
|
304
|
000
|
2
|
949
|
000
|
1
|
200
|
000
|
31
|
000
|
000
|
1998/99
|
5
|
500
|
000
|
3
|
200
|
000
|
3
|
800
|
000
|
1
|
000
|
000
|
25
|
000
|
000
|
1999/2000
|
6
|
000
|
000
|
3
|
500
|
000
|
4
|
000
|
000
|
1
|
500
|
000
|
25
|
000
|
000
|
|
Source: CAMEROUN, MINEPIA (2000)
L'élevage de nouvelles espèces animales voit
progressivement le jour dans les différentes provinces du pays. Il
s'agit essentiellement du lapin et de l'aulacode.
5
Malgré son importance, ce cheptel demeure insuffisant
pour satisfaire à la demande de la population camerounaise en
protéines animales d'autant plus qu'il est de plus en plus
sollicité par les pays voisins.
Ce cheptel est élevé dans plusieurs régions
du pays.
I.2- Zones d'élevage
La répartition des zones d'élevage au Cameroun
est influencée par la variabilité des facteurs tels que le
climat, le relief, la végétation, le milieu humain et les
contraintes sanitaires.
Le pays est divisé en deux grands ensembles
climatiques.
- le domaine équatorial, situé dans la partie
sud du pays, offre une grande pluviométrie avec une
végétation constituée de forêt dense. Ce domaine
héberge les glossines qui constituent un facteur limitant de
l'élevage des ruminants,
- le domaine tropical, situé dans la partie
septentrionale du pays, se caractérise par un climat chaud, de faibles
précipitations, un couvert végétal constitué de
savanes arborées et de steppes.
I.2.1- Zones d'élevage des ruminants Les
bovins
Quatre vingt trois pour cent (8 3%) du cheptel bovin
camerounais se trouvent dans les trois provinces que sont le Nord,
l'Extrême-Nord et l'Adamaoua. Les 17% restant sont répartis dans
les provinces de l'Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Est (MINIPIA,
2000).
Les animaux élevés au Cameroun sont surtout les
zébus (Bos indicus). Les taurins (Bos taurus) sont en
nombre assez restreint et ne représentent que 2% de la population bovine
totale.
Les espèces taurines retrouvées sont :
6
- les muturu au Sud-Ouest ;
- les Namchi ou Dowayo au Nord-Ouest dans le Faro ;
- les Kapsiki à l'Extrême-Nord et dans le Mayo
Tsanaga ;
- les Kouri au niveau du Lac Tchad.
Les races de zébus élevées au Cameroun sont
au nombre de 4:
- le zébu Mbororo rouge ou Red fulani qui vit au Nord, au
Nord-Ouest, à l'ExtrêmeNord, dans l'Adamaoua, à l'Ouest et
à l'Est;
- le zébu Mbororo blanc ou White fulani est
élevé dans les trois provinces septentrionales du pays, à
l'Ouest et à l'Est;
- le zébu Goudali se rencontre dans l'Adamaoua, à
l'Est et au Nord-Ouest;
- le zébu peuhl du Sahel est retrouvé dans le Nord
et l'Extrême-Nord.
Les petits ruminants
Les petits ruminants sont élevés sur toute
l'étendue du territoire avec une importance variable selon les
provinces. Les provinces du Nord et de l'Extrême-Nord totalisent à
elles seules près des 3/4 du cheptel national.
Les différentes races de moutons élevées
au Cameroun sont représentées par le mouton du Sahel
rencontré au Nord et à l'Extrême-Nord ; le mouton Oudah
qu'on retrouve à l'Extrême-Nord ; le mouton Djallonké dans
le Nord, l'Extrême-Nord et l'Adamaoua ; puis le mouton Belly au centre,
au Sud et à l'Est.
Quant aux races de chèvres, elles regroupent la
chèvre du Sahel au Nord et à l'Extrême-Nord ; la
chèvre rousse au Nord et à l'Extrême-Nord ; la
chèvre Djallonké au Nord, à l'Extrême-Nord et
à l'Adamaoua ; puis la chèvre naine dans les zones
méridionales.
I.2.2- Zones de l'élevage porcin
L'élevage porcin est surtout pratiqué dans les
régions de l'Ouest, du Nord et du Sud-Ouest, du Littoral, du Centre, du
Sud, de l'Adamaoua et dans l'Extrême-Nord. Les
7
principales races exploitées sont
représentées par les races locales et des métisses (races
locales x Large white / Land race).
I.2.3- Zones de l'aviculture
L'élevage traditionnel exploitant les souches locales
est pratiqué dans tout le pays, alors que les élevages modernes
sont concentrés autour des grandes villes des provinces de l'Ouest, du
Littoral et du Centre et exploitent les souches exotiques.
I.2.4- Zones de l'élevage équin et
asin
Le cheval est présent dans les régions du Nord
et de l'Ouest du pays. Il est utilisé dans la chevalerie nationale, le
transport, la traction hippomobile, l'équitation sportive, la
chorégraphie équine lors des manifestations culturelles telles
que la fantasia au Nord du pays. Il est très peu rencontré au
centre et au sud du pays du fait de la trypanosomose qui y sévit.
Les systèmes d'élevage pratiqués dans ces
différentes zones sont multiples.
I.3- Systèmes d'élevage
Les systèmes d'élevage au Cameroun varient
d'une région à une autre selon les délimitations
géographiques et climatiques. Ils sont par ailleurs influencés
par les évolutions de la demande des populations en produits animaux,
par la culture des populations et par le niveau d'instruction ou de formation
des éleveurs.
I.3.1- Systèmes d'élevage des
ruminants
Les systèmes d'élevage des ruminants sont peu
spécialisés. Ils restent dominés par le mode extensif de
conduite des troupeaux.
En fonction de la densité animale dans chaque zone
écologique et des disponibilités en fourrage, on distingue de
façon schématique trois grands systèmes de
8
production bovine au Cameroun : l'agropastoralisme, le
pastoralisme et le ranching (MINEPIA, 2000).
L 'agropastoralisme
Le système agropastoral consiste en l'association de
l'élevage aux cultures pluviales (mil, maïs, arachide, coton, etc.)
et irriguées (riz, tomate et oignon, etc.). Le mode de conduite des
troupeaux est déterminé par la recherche de parcours saisonniers
dans les limites des territoires villageois ou à l'extérieur de
la zone d'attache. La transhumance y est pratiquée avec
différents niveaux de sédentarisation. De nombreux cas de litiges
sont couramment signalés entre agriculteurs et éleveurs sur les
parcours. Au Nord-Ouest, des accidents dus à l'ingestion de plantes
toxiques notamment la fougère, par les animaux sur les parcours sont
souvent enregistrés.
Ce système concerne près de 65% du cheptel
national. Il est pratiqué par les éleveurs Foulbé
(MINEPIA, 2000).
Le pastoralisme
Le pastoralisme correspond à une exploitation
extensive des pâturages naturels entraînant des déplacements
d'ampleur variable. En effet, les contraintes liées au milieu naturel,
notamment la dispersion dans l'espace des ressources en eau, en pâturage
et leur variabilité dans le temps, imposent une grande mobilité
des éleveurs et de leur bétail. Le mode de vie des
éleveurs et l'ensemble des activités productives sont
subordonnés à la sécurisation du troupeau. Ce
système est pratiqué par les éleveurs Mbororo et concerne
30% du cheptel bovin national (MINEPIA, 2000).
Le ranching
C'est une méthode d'élevage de plein air dans
un espace bien délimité, reposant sur l'exploitation exclusive
des pâturages le plus souvent naturels dans un système faisant
appel à un minimum de main d'°uvre (GONGNET, 1997). Ce
système
9
représente 5% du cheptel bovin camerounais. Il est
pratiqué par des personnes nanties dans la province de l'Adamaoua et de
l'Ouest.
Quant aux petits ruminants, à l'exception de la partie
septentrionale du pays oü il existe des élevages structurés,
la divagation est le mode d'élevage le plus pratiqué. Les
élevages familiaux existent avec un système de gardiennage unique
dans les villages.
I.3.2- Systèmes utilisés en
aviculture
L'aviculture traditionnelle utilise les souches locales et
représente 70 % de l'effectif aviaire camerounais (ICHAKOU, 2004). Elle
est essentiellement pratiquée en milieu rural. Les effectifs par
propriétaire sont faibles et dépassent rarement dix
têtes.
L'aviculture moderne quant à elle connaît des
progrès considérables. En effet, l'interdiction des importations
de poulets de chair conditionnés au cours de l'année 2005,
l'augmentation de la demande et des investissements privés ont permis
l'exploitation des effectifs importants. Les producteurs font aussi bien
l'élevage des poulets de chair que celui des pondeuses.
I.3.3- Systèmes de l'élevage
porcin
L'élevage porcin est dominé par une production
traditionnelle et familiale. Les élevages naisseurs sont peu nombreux
par rapport aux élevages naisseurs-engraisseurs. Les éleveurs
pratiquent le plus souvent des stratégies de reconstitutions successives
des troupeaux consécutives aux passages répétés de
la Peste Porcine Africaine (PPA) qui demeure la contrainte majeure de cette
production.
Le développement de l'élevage dans ces
différents systèmes de production est confronté à
plusieurs problèmes parmi lesquels les contraintes sanitaires.
10
I.4- Les contraintes sanitaires
Aujourd'hui, les maladies animales demeurent un des facteurs
limitant du développement de l'élevage en Afrique subsaharienne
car, elles entraînent de lourdes pertes directes et indirectes dans les
cheptels nationaux (SIDIBE, 2001). Ces maladies anéantissent parfois les
efforts des éleveurs pour la multiplication du troupeau. Les principales
pathologies rencontrées dans le cheptel camerounais sont
présentées dans le tableau II suivant.
Tableau II: Maladies de la liste A et de
la liste B de l'OIE, présentes au Cameroun
|
Maladies de la liste A de l'OIE
|
|
|
Maladies de la liste B de l'OIE
|
·
|
Fièvre aphteuse
|
|
·
|
Charbon bactéridien
|
·
|
Brucellose
|
·
|
Peste des petits ruminants
|
|
·
|
Tuberculose (bovine surtout)
|
·
|
Trypanosomose
|
·
|
Péripneumonie contagieuse
|
des
|
·
|
Dermatophiose
|
|
|
|
bovidés
|
|
|
|
·
|
Rage
|
·
|
Dermatose nodulaire
|
|
·
|
Cysticercose (porcine
|
|
|
|
|
|
|
surtout)
|
·
|
Choléra aviaire
|
|
Contagieuse
|
|
|
|
|
|
·
|
Clavelée et variole caprine
|
|
·
|
Bronchite infectieuse aviaire
|
·
|
Typhose aviaire
|
·
|
Peste porcine africaine
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
·
|
Maladie de Marek
|
|
|
|
·
|
Variole aviaire
|
|
|
·
|
Maladie de Newcastle
|
|
|
|
|
|
|
|
|
·
|
Maladie de Gumboro
|
|
|
|
Source : HAMADOU et BANIPE (2001)
Les pathologies dominantes au sein des effectifs peuvent
être regroupées en deux catégories selon le type d'agent
pathogène responsable : les maladies parasitaires et les maladies
infectieuses. Dans ces deux groupes de maladies, nous allons nous
intéresser particulièrement à celles qui ont une grande
incidence sur le cheptel et qui constituent de ce fait, de véritables
obstacles au développement de l'élevage au
11
Cameroun. Ainsi, nous présenterons d'abord les
principales maladies parasitaires puis, les maladies infectieuses maj eures.
I.4.1- Principales maladies parasitaires animales au
Cameroun
La trypanosomose est la pathologie parasitaire majeure du
cheptel bovin camerounais. Elle constitue une entrave majeure à
l'élevage des ruminants dans la partie sud du pays qui présente
des conditions favorables au développement des glossines mais qui offre
pourtant de fortes potentialités fourragères.
Les effets directs de la maladie sont principalement la mort
des animaux qui entraîne une réduction du cheptel de 30% à
50 % et une réduction de la production de viande et de lait d'au moins
50 % (PANGUI, 2001). Des pertes considérables d'animaux dues à la
trypanosomose sont enregistrées dans le plateau de l'Adamaoua (SALEU,
1988).
Les effets indirects sont représentés par une
réduction d'environ 40% des terres traitées par la traction
animale et une réduction d'environ 5% à 10 % de la valeur totale
de la production agricole (PANGUI, 2001).
D'autres maladies parasitaires affectent le cheptel. Il
s'agit principalement des affections à tiques (cowdriose, babesiose,
rickettsioses, anaplasmose, dermatophilose), des gales, des helminthoses et les
coccidioses qui causent de lourdes pertes dans les élevages de volailles
(MINEPIA, 2000).
Ces maladies parasitaires sont parfois potentialisées
chez les mêmes animaux par des maladies infectieuses.
I.4.2- Maladies infectieuses animales majeures au
Cameroun
Les maladies infectieuses majeures qui sévissent dans le
cheptel camerounais varient en fonction des espèces animales.
Dans le cheptel bovin, ces maladies sont principalement
représentées par la Péripneumonie Contagieuse Bovine
(PPCB), la fièvre aphteuse, les charbons
12
bactéridien et symptomatique, la tuberculose. Par
contre, le Cameroun est provisoirement déclaré indemne de la
peste bovine (MINIPIA, 2000).
La Péripneumonie Contagieuse Bovine
(PPCB)
Plusieurs foyers de la maladie sont signalés dans les
différentes zones d'élevage des bovins notamment dans la partie
septentrionale du pays. Pour réduire l'incidence de la PPCB, l'Etat
organise des programmes annuels de vaccination par le biais des mandats
sanitaires dans les zones infectées.
La fièvre aphteuse
Cette maladie affecte le cheptel bovin de la province de
l'Ouest. Elle sévit également dans la partie septentrionale du
pays mais à moindre degré.
Les charbons bactéridien et
symptomatique
Ces deux maladies sévissent particulièrement au
nord du Cameroun où les campagnes de vaccination sont organisées
chaque année pour réduire leurs incidences. Les vaccins
utilisés sont produits par le Laboratoire National
Vétérinaire (LANAVET) de BOKLE-GAROUA.
La tuberculose
La tuberculose occasionne des pertes économiques
importantes dans le cheptel bovin. Elle est à l'origine de nombreuses
saisies aux abattoirs ; le taux de saisie pouvant aller jusqu'à 33,09 %
(SALEU, 1988).
La composante PACE Cameroun, dont le protocole d'accord a
été signé en décembre 2001 pour un montant
d'environ 2,7 millions d'euros soit environ 1,8 milliards de francs CFA, a
permis de créer un réseau d'épidémiosurveillance
pour
13
contrôler la naissance de nouveaux foyers et
l'évolution de ces maladies sur l'étendue du territoire (MINEPIA,
2000).
Le cheptel ovin et caprin quant à lui, fait face
à la peste des petits ruminants.
L'élevage porcin est confronté à la
peste porcine africaine qui cause des pertes importantes dans la filière
et dans toutes les régions du pays. Elle limite l'exploitation des
effectifs importants dans les élevages. Son passage est
généralement marqué par la mort de l'effectif de
l'exploitation atteinte.
Pour faire face à cette << arme de destruction
massive >> du cheptel porcin camerounais, plusieurs mesures ont
été prises par l'Etat. Ainsi, l'arrêté N°000009
du 08/07/82 portant déclaration de l'infection de peste porcine
africaine dans certaines zones du pays reste en vigueur. Cet
arrêté interdit le déplacement des porcs, de leurs produits
(carcasses, fumier, etc.) et matériel d'élevage y compris les
véhicules servant au transport des animaux et de leurs produits, des
zones infectées vers les zones indemnes (MINIPIA, 2000). Un programme
d'appui pour la lutte contre la peste porcine à été mis
sur pied par le ministère en charge de l'élevage et auquel vient
s'ajouter le projet porc, projet de l'initiative PPTE (Pays Pauvres Très
Endettés) dont l'objectif principal est de trouver des stratégies
de contrôle de la peste porcine africaine au Cameroun.
Les maladies de Newcastle et de Gumboro constituent les
pathologies infectieuses aviaires dominantes. Les taux de mortalité,
lors d'endémie atteignent 60 à 80% des effectifs voir 100%
(EVALI, 1996). Une étude menée par ICHAKOU (2004), a
montré une prévalence de 63,63% de la maladie de Newcastle dans
la province de l'Extrême-Nord. La maladie de Marek, la bronchite
infectieuse et le choléra aviaire causent également de lourdes
pertes à l'aviculture locale (KOUAGHU, 2006).
A ces maladies, s'ajoute la grippe aviaire qui
représente aujourd'hui la plus grande menace à la santé
publique et à l'aviculture locale. En effet l'apparition de foyers de
cette maladie au Nigeria et au Niger, au Burkina-Faso, en Egypte puis au
Cameroun place ces pays dans ce que DEKEN (2006) a appelé << the
new axis of evil >> (le nouvel axe du mal). Au Cameroun, la grippe
aviaire a été dépistée chez les
14
canards dans la province de l'Extrême-Nord. Un plan
d'urgence a été élaboré par les autorités en
charge de l'élevage pour limiter son extension.
En résumé, la situation zoosanitaire au
Cameroun reste préoccupante. En effet, malgré les efforts
consentis par l'Etat pour réduire l'incidence des pathologies majeures
dans le cheptel par des campagnes de sensibilisation et de vaccination
régulières, les maladies animales continuent de réduire
parfois à néant les sacrifices des éleveurs mettant le
plus souvent ces derniers dans une situation économique et sociale
très inconfortable. C'est aussi le cas dans la plupart des pays de
l'Afrique subsaharienne où les maladies animales représentent
encore la contrainte majeure au développement de l'élevage. Loin
de se laisser vaincre par cette situation, les éleveurs ont recours
à plusieurs méthodes de lutte contre ces maladies animales et
dont la plus courante aujourd'hui est l'utilisation des médicaments
vétérinaires, d'où l'objet du chapitre suivant qui porte
sur le marché des médicaments vétérinaires en
Afrique subsaharienne. Ce chapitre nous permettra de voir, avant d'aborder dans
les résultats le marché des médicaments
vétérinaires au Cameroun, quelle en est la situation dans les
autres pays de l'Afrique subsaharienne.
15
Chapitre II : LE MARCHE DES MEDICAMENTS VETERINAIRES
EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (ASS.) : PARTICULARITES ET REGLEMENTATION
Introduction
Selon LY (1998), le marché du médicament
vétérinaire représente l'ensemble des transactions
financières concernant le médicament vétérinaire
pendant une période et dans une région donnée.
En 2001, ABIOLA estimait le marché mondial des
médicaments vétérinaires à 11,2 milliards d'euros.
Selon le même auteur, cette valeur correspond à la somme des PIB
de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Burkina Faso ou bien celui du
Cameroun, du Tchad et de la République Centrafricaine (RCA). La
répartition mondiale de ce marché est très inégale
sur le plan des continents, l'Amérique et l'Europe occupant la
première place suivies de l'Asie, puis de l'Afrique (BA, 2001). Cette
prédominance de l'Amérique et l'Europe est essentiellement due
à leur mode d'élevage intensif. Car, selon THOME et al
(1995), plus les systèmes d'élevage s'intensifient et
s'intègrent dans une logique commerciale, plus leur consommation
potentielle en intrants augmente.
Le présent chapitre se propose de présenter
à travers la recherche bibliographique, les particularités du
marché des médicaments vétérinaires en Afrique
subsaharienne notamment son importance, les classes thérapeutiques
dominantes, l'origine des médicaments vétérinaires qui y
sont commercialisés, ses acteurs, puis sa réglementation.
16
II.1- Particularités du marché des
médicaments vétérinaires en ASS
II.1.1- Importance du marché
Le marché africain représente 1,6% du
marché mondial des médicaments vétérinaires
(ABIOLA, 2001) soit 180 millions d'euros. Soixante dix huit pour cent (78%)
reviennent à l'Afrique du Sud et au Maghreb ; l'Afrique du Centre et de
l'Ouest ne comptant que pour 10%. Cette faible part de l'Afrique
témoigne d'une faible consommation en intrants
vétérinaires due essentiellement aux modes d'élevage
pratiqués par les éleveurs (BA, 2001). Contrairement aux
systèmes intensifs, les systèmes pastoraux transhumants et
villageois traditionnels ont faiblement recours aux médicaments
vétérinaires, mais sont surtout demandeurs d'un service
d'intervention capable de répondre rapidement aux grandes
épizooties (THOME et al, 1995). De plus, dans de nombreuses
situations, l'ensemble de paramètres permettant d'établir le
rapport coût/bénéfice des opérations de santé
animale ne sont pas connus. L'estimation des pertes évitées
grâce au traitement des animaux est très souvent
ignorée.
Enfin, beaucoup d'éleveurs en Afrique subsaharienne
préfèrent avoir recours à la pharmacopée
traditionnelle que de faire face au coût élevé des produits
pharmaceutiques vétérinaires. Malgré cette situation, les
contraintes sanitaires ne permettent pas aux propriétaires d'animaux de
se passer de certaines classes de médicaments
vétérinaires.
II.1.2- Classes thérapeutiques dominantes
Le marché des médicaments
vétérinaires en Afrique subsaharienne est inégalement
réparti sur le plan des classes de médicaments
commercialisés. En effet, ce marché est dominé par les
médicaments antiparasitaires regroupant les anthelminthiques, les
antiparasitaires externes et les trypanocides qui représentent une part
comprise entre 30 et 40% (BA, 2001). Cette répartition répond
à la situation zoosanitaire de la région, laquelle est
dominée par les maladies parasitaires. Elle
17
correspond à la configuration du marché
mondiale oü les antiparasitaires représentent 29% (BA, 2001).
Cette prépondérance du médicament
antiparasitaire a été décrite en République
Centrafricaine par NAMKOISSE (1999), au Sénégal par NIANG (2004)
et au Bénin par ASSOGBA (2001), oü il représente
respectivement 80%, 60% et 54% du marché des médicaments
vétérinaires.
La configuration du groupe des antiparasitaires est
influencée elle-même par la composante des trypanocides dont
l'importance varie en fonction de l'incidence des trypanosomoses animales dans
les pays.
II. 1.2.1- Cas particulier des
trypanocides
Les lourdes pertes occasionnées par les trypanosomoses
animales dans le secteur de l'élevage font des trypanocides un groupe
particulier de médicaments vétérinaires en Afrique
subsaharienne. En effet, la FAO indique que les populations animales
exposées à la trypanosomose sont de 60 millions de bovins et 100
millions de petits ruminants (SIDIBE, 2001) et selon GOOL (2001), 38% seulement
de ces animaux sont traités annuellement avec 35 millions de doses de
trypanocides. Ces derniers représentent environ 8% du marché des
médicaments vétérinaires en Afrique soit un chiffre
d'affaires de 10 milliards de francs CFA (ABIOLA, 2001). L'importance de ce
marché dans chaque pays est étroitement liée à sa
situation sanitaire en ce qui concerne les trypanosomoses animales.
Ainsi, dans les pays à faible incidence
trypanosomienne, les trypanocides sont moins utilisés que les
anthelminthiques. Au Sénégal par exemple, BA (2001) a
estimé à 43% la part des anthelminthiques sur le marché
sénégalais alors que les trypanocides ne représentent
qu'une part marginale de 7,40% sur un chiffre d'affaires total estimé
à 1,35 milliards de francs CFA. Les mêmes trypanocides
représentent 10% du marché des médicaments
vétérinaires au Rwanda (MUHINDA, 2001).
Par contre, dans les pays à forte incidence
glossinaire, les trypanocides occupent une place importante dans le
marché des médicaments vétérinaires. En effet,
18
ils font 42% du chiffre d'affaires au Bénin (ASSOGBA,
2001), 55% du chiffre d'affaires au Niger (BOISSEAU, 2005) et 60% du chiffre
d'affaires en République Centrafricaine (NAMKOISSE, 1999).
Selon CODJIA (2001), les formulations de trypanocides
généralement utilisées en Afrique subsaharienne sont
à base d'isométamidium, de diminazène acéturate, de
chlorure ou de bromure d'homidium. Le même auteur estime qu'environ dix
formulations différentes d'acéturate de diminazène et deux
d'isométamidium sont fréquemment rencontrées sur le
marché africain. Ces chiffres ont certainement évolué au
cours de ces dernières années. En effet, l'augmentation des
effectifs de bétail et l'intérêt accordé à la
lutte contre les trypanosomoses animales en Afrique subsaharienne suscitent un
grand engouement au marché des trypanocides chez les fabricants. Dans la
réalité, on ne connaît même pas approximativement, le
nombre de formulations en circulation sur le marché africain. Le tableau
III nous en donne quelques exemples dans les circuits officiels.
19
Tableau III: Quelques trypanocides
rencontrés en Afrique subsaharienne et les espèces sensibles
Dénomination commerciale
|
Produit
|
Activité (1)
|
Trypanosomoses sensible
|
Utilisé chez
|
Suramine Naganol
|
Suramine
|
C/P
|
T.b. brucei (s.I.)
T. evans
|
Hommes
Canidés Camélidés Equidés
|
Cymélarsan
|
Mélarsomine
|
C
|
T. evansiT. b. brucei
|
Camélidés Equidés Canidés
|
Ethidium
|
Homidium (bromure)
|
C/P
|
T. vivax
T. congolense
|
Bovidés
Petits ruminants
Equidés
|
Novidium
|
Homidium (chlorure)
|
|
T. vivax
T. congolense
|
Bovidés
Petits ruminants
|
Trypamidium- Samorin Veridiu
|
Isométamidium
|
C/P
|
T. vivax
T. congolense T.b. brucei
T. evans
|
Bovidés
Petits ruminants
Equidés Canidés Camélidés
|
Berenil Veriben Trypazène Ganaseg Trypan
|
Diminazène
|
C
|
T. Congolense T. vivax
|
Bovidés
Petits ruminants
|
|
Equidés Bovidés
|
|
Camélidés
|
Antrycide (sulfate) Trypacide (sulfate)
|
Quinapyramine (sulfate
|
C
|
T. viva
T. congolens
T.b. bruceiT. simiae
|
Bovidés
Petits ruminants
Canidés Camélidés
|
|
Camélidés Equidés
|
|
Source: CIRAD, 2006 [http ://
epitrop.cirad. fr]
(1) C : Curatif P : Préventif
20
En résumé, la répartition du
marché des médicaments vétérinaires en fonction des
classes thérapeutiques en Afrique subsaharienne est variable suivant les
pays. Mais, ce marché est en général dominé par les
médicaments antiparasitaires avec une composante importante
représentée par les trypanocides (tableau IV).
Tableau IV: Répartition du
marché des médicaments vétérinaires par classe
thérapeutique (en %) dans 5 pays de l'Afrique subsaharienne
Classes thérapeutiques
|
Part du marché (%)
|
|
Niger (2005)
|
Bénin (1999)
|
Burkina Faso (2005)
|
Sénégal (2001)
|
Antibiotiques
|
15
|
6
|
-
|
20
|
12,91
|
Antiparasitaires
|
20
|
32
|
-
|
25
|
43,2 1
|
Trypanocides
|
60
|
55
|
47
|
10
|
7,40
|
Vaccins
|
-
|
2
|
4
|
20
|
5,60
|
Autres
|
5
|
5
|
49
|
25
|
30,88
|
Total
|
100
|
100
|
100
|
100
|
100
|
|
Source: NAMKOISSE (1999), ASSOGBA (2001), BA (2001),
BOISSEAU (2005)
II.1.3- Origine des médicaments
vétérinaires commercialisés en ASS
Les pays de l'Afrique subsaharienne importent presque la
totalité des produits pharmaceutiques vétérinaires, la
plupart du temps, de l'Union Européenne en général et de
la France en particulier (BOISSEAU 2005). KOUMI (2001) a estimé en
Côte d'Ivoire à 50% la provenance française des
médicaments vétérinaires. Au Burkina Faso, 55% de
médicaments vétérinaires sont importés de la France
(BOISSEAU, 2005) et au Sénégal, BA (2001) estime les importations
de médicaments vétérinaires de la France à 92%.
Malgré cette forte présence des marques
françaises sur le marché pharmaceutique vétérinaire
africain, on y trouve de plus en plus les médicaments
vétérinaires provenant des pays d'Amérique du Nord
(Canada), d'Amérique latine
21
(Brésil) et particulièrement des pays
asiatiques (Inde, Pakistan, Chine.). Les laboratoires pharmaceutiques
vétérinaires originaires de ces pays, présents sur le
marché africain sont multiples. A titre d'exemples, le marché des
médicaments vétérinaires sénégalais est
approvisionné par 68 laboratoires étrangers (LY, BA et COLY,
2002). En Côte d'Ivoire, OULAI (2004) estime à 35 le nombre de
firmes pharmaceutiques vétérinaires qui exercent dans le pays. Et
selon DIEDY (2004), les médicaments vétérinaires
commercialisés en Mauritanie proviennent de 16 pays étrangers.
THOME et al. (1995) expliquaient la multiplication de laboratoires
pharmaceutiques en Afrique par le fait d'une libéralisation survenue
dans des systèmes politiques et réglementaires
caractérisés par le "iou". Et comme le pensent KLIMEK et PETERS
(1995), les autorités dans chaque pays ont la responsabilité de
limiter et de contrôler ces importations.
Outre les médicaments vétérinaires
importés de l'occident, on retrouve sur le marché africain, des
produits pharmaceutiques vétérinaires fabriqués par des
laboratoires installés en Afrique. Au Nigeria, on en dénombre une
centaine et plus de 50 d'entre eux font l'objet de doute concernant la
qualité de leurs produits (BA, 2001). Le Ghana quant à lui compte
plus de 25 unités de production modernes mais seules 3 tournent
régulièrement de manière optimale et satisfaisante (BA,
2001).
En Afrique de l'Ouest et du Centre, il existe des
unités de production de vaccins notamment le Laboratoire National
Vétérinaire (LANAVET) de Garoua au Cameroun, le Laboratoire
National d'Elevage et de Recherche Vétérinaire (LNERV) de Dakar
au Sénégal, le Laboratoire Central Vétérinaire
(LCV) de Bamako au Mali, le Laboratoire Central d'Elevage (LABOCEL) de Niamey
au Niger (BOISSEAU, 2005). Ces laboratoires approvisionnent les marchés
des deux sous-régions en vaccins. Au Togo et au Bénin par
exemple, seuls le LANAVET et le LNERV ravitaillent les marchés en
vaccins (AKODA, 2002). Par contre au Burkina Faso, 50% seulement de vaccins
importés proviennent des laboratoires africains notamment du Cameroun,
du Mali et du Sénégal (BOISSEAU, 2005). En République
Centrafricaine, l'approvisionnement en vaccins contre la peste bovine, le
charbon symptomatique et la pasteurellose est assuré par le LANAVET du
Cameroun (NAMKOISSE, 1999).
22
Quelle que soit leur origine, les médicaments
vétérinaires en Afrique subsaharienne sont commercialisés
par de nombreux acteurs qui différent selon que l'on se trouve dans les
secteurs officiel ou parallèle.
II.1.4- Acteurs du marché officiel des
médicaments vétérinaires en ASS
Le marché officiel des médicaments
vétérinaires dans la plupart des pays africains au sud du Sahara
est animé par divers acteurs. Ces acteurs peuvent être
regroupés en 2 catégories à savoir les
grossistes-répartiteurs et les détaillants (OULAI, 2004).
II. 1.4.1- Les importateurs - grossistes -
répartiteurs
Avant la libéralisation de la profession
vétérinaire dans la plupart des pays africains au sud du Sahara,
l'importation des médicaments vétérinaires était
assurée par des structures étatiques. C'est encore le cas de la
pharmacie nationale vétérinaire en Côte d'Ivoire qui
détient par ailleurs le monopole de l'importation et de la distribution
des vaccins contre la Péripneumonie Contagieuse Bovine (PPCB) et la
Peste des Petits Ruminants (PPR) (OULAI, 2004).
Par contre, depuis le désengagement des Etats de cette
filière, l'importation des médicaments vétérinaires
est désormais assurée par des structures privées. On en
dénombre 8 au Burkina Faso toutes concentrées à
Ouagadougou (BOISSEAU, 2005), 3 en Guinée (SEKOU, 2001), 6 au
Sénégal et 4 au Niger (BOISSEAU, 2005). Au Rwanda, les
médicaments vétérinaires sont importés par les
sociétés AGRITECH et AFRICHEM (MUHINDA, 2001). En Côte
d'Ivoire, les sociétés privées CODIVET, PROMAVET,
SNPROVECI et CPV importent la plus grande partie des médicaments et
produits vétérinaires à côté de la pharmacie
nationale vétérinaire (OULAI, 2004).
En République Centrafricaine, l'importation des
médicaments vétérinaires est plutôt assurée
par la Fédération Nationale des Eleveurs Centrafricains (FNEC)
(OULAI, 2004).
23
A ces grossistes, s'ajoutent les délégués
commerciaux des firmes pharmaceutiques vétérinaires
installés dans la plupart des pays.
Tous ces acteurs assurent la distribution des médicaments
vétérinaires en gros auprès des détaillants.
II. 1.4.2- Les
détaillants
Plusieurs acteurs interviennent dans la distribution au
détail des médicaments et produits vétérinaires en
Afrique subsaharienne. Ces acteurs peuvent varier selon les pays.
Au Sénégal par exemple, la distribution au
détail des médicaments vétérinaires est
réservée aux docteurs vétérinaires et aux
pharmaciens mais dans la réalité, il existe une diversité
d'intervenants (DIAGNE, 2001).
Au Bénin, la gestion des cabinets et pharmacies
vétérinaires est assurée par les docteurs
vétérinaires et les agents techniques d'élevage
exerçant sous le patronage d'un vétérinaire. En 2001, le
Bénin comptait 113 cabinets et pharmacies vétérinaires
détaillants privés répartis sur l'ensemble du territoire
national (AKODA, 2002).
Au Tchad, outre les vétérinaires privés,
les groupements d'éleveurs et les auxiliaires d'élevage, les
commerçants patentés sont autorisés à distribuer
les médicaments vétérinaires (ADOUM et DAOUNAYE, 1999).
Quant au Mali, la distribution des produits pharmaceutiques
vétérinaires est assurée par des officines dirigées
par les docteurs vétérinaires et les ingénieurs
d'élevage. Les agents techniques d'élevage ne peuvent exercer
cette activité que sous la tutelle d'une officine (SOW, 1999).
En Mauritanie, la vente du médicament humain et
vétérinaire est libre. Tout commerçant disposant de moyens
financiers substantiels a en effet le droit de tenir une officine de pharmacie
humaine ou vétérinaire (NIANG et TOLL, 2002).
Il ressort de ces exemples que l'importation et la
distribution des médicaments vétérinaires en Afrique
subsaharienne sont assurées par une diversité d'acteurs. Dans
24
la plupart des pays, il s'agit des docteurs
vétérinaires, des pharmaciens, des ingénieurs, des agents
techniques d'élevage, des groupements d'éleveurs et des
commerçants autorisés. Certains de ces acteurs en dépit de
leur manque de qualification prodiguent également des soins aux
animaux.
II. 1.4.3- Les soins aux animaux
Les soins aux animaux en Afrique subsaharienne restent le
"parent pauvre" de la santé animale (THOME et al., 1995). Leur
réalisation est généralement déléguée
aux techniciens d'élevage, aux éleveurs, aux bergers et aux
vendeurs ambulants des médicaments vétérinaires. Ces
personnes prescrivent et administrent toute sorte de médicaments
vétérinaires aux animaux. Plusieurs causes sont à
l'origine de ce phénomène parmi lesquelles l'absence de
vétérinaires praticiens dans les campagnes due aux effectifs
insuffisants de docteurs vétérinaires dans la plupart des pays.
De plus, les éleveurs sont souvent peu disposés à
régler les honoraires des praticiens pour des actes
réalisés (THOME et al., 1995).
En outre, lorsqu'un vétérinaire est
installé en clientèle privée, il se fait
généralement aider par des assistants le plus souvent non
qualifiés et auxquels il confie la tâche d'administrer les soins
aux animaux. En effet, les "installés" recherchent plus la confiance en
terme de gestion que la compétence chez leurs "assistants", ce qui les
amène à privilégier le recrutement des membres de leur
famille, indépendamment de leur niveau de compétence.
L'inaccessibilité financière des
médicaments vétérinaires vendus à l'officine et la
difficulté du marché officiel à couvrir les zones les plus
reculées dans les pays obligent parfois les éleveurs à
recourir au marché illicite des médicaments
vétérinaires qui offre des prix relativement plus bas que le
marché officiel.
II.1.5- Marché parallèle des
médicaments vétérinaires en ASS
La vente illicite des médicaments
vétérinaires est une réalité dans la plupart des
pays africains au sud du Sahara (AKODA, 2002).
25
En effet, les études menées par SALEU (1988) au
Cameroun, par SIAOUFOULOU (1988) en République Centrafricaine ; par VIAS
(2001) au Niger ; par BA (2001), DIAGNE (2001) et NIANG (2002) au
Sénégal ; par AKODA (2002) au Bénin et au Togo ; par DIALL
(2001) au Mali et par OULAI (2004) en Côté d'Ivoire, confirment
l'existence de marchés parallèles de médicaments
vétérinaires en Afrique subsaharienne à des degrés
variables selon les pays.
De façon générale, 50 à 70 % des
produits vétérinaires consommés en Afrique ne
transiteraient pas par les circuits autorisés (SIDIBE, 2001). Dans la
zone UEMOA, le chiffre d'affaires du marché illégal serait
équivalent à 35% du marché des médicaments
vétérinaires de cette sous-région, soit 5 milliards de
francs CFA en 1997 (TCHAO, 2000). Au Burkina Faso, THOME et al. (1995)
estiment que le volume des importations "occultes" des médicaments
vétérinaires est égal à celui des importations
officielles.
Dans la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne, ce
marché parallèle est animé par une diversité
d'acteurs dans les grandes villes et dans les campagnes notamment au niveau des
marchés à bétail.
II. 1.5.1- Acteurs du
marchéparallèle des médicaments vétérinaires
en ASS
Ce sont toutes les personnes qui exercent dans
l'illégalité les activités d'importation, de distribution
en gros et au détail des médicaments vétérinaires.
En Afrique subsaharienne, il s'agit des techniciens et auxiliaires
d'élevage, des ingénieurs agronomes, des commerçants, des
vendeurs ambulants et des éleveurs. Il faut y ajouter les auxiliaires
formés en santé humaine qui complètent par quelques
intrants vétérinaires leur panoplie (THOME et al,
1995).
Au Tchad par exemple, le marché parallèle des
médicaments vétérinaires est animé par un bataillon
de colporteurs communément appelés « docteurs choukous
» qui approvisionnent les marchés dans les campagnes (ABIOLA,
2005).
Ces acteurs opèrent de façon purement
commerciale, sans se préoccuper ni de la destination, ni de
l'utilisation du médicament vétérinaire qu'ils
cèdent aux utilisateurs.
26
Ils sont prêts à s'approvisionner à toutes
les sources disponibles dans le seul but d'avoir le maximum de
bénéfice.
II. 1.5.2- Origine des médicaments
vétérinaires rencontrés dans le marché
parallèle
Les médicaments vétérinaires
commercialisés dans le circuit parallèle en Afrique subsaharienne
ont deux principales origines, la première étant le marché
officiel et la seconde, le marché de la contrefaçon et les
contrebandes. L'exemple du Sénégal illustre |