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Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro
Dédicace

Je dédie cette oeuvre à Dieu qui a permis sa
réalisation, A ma mère qui entrepris d'énorme sacrifice
pour moi,
Et à toute ma famille.


Avant propos
Ce cycle de formation de l'Ecole
Nationale Supérieure de Statistique et d'Economie
Appliquée (ENSEA) d'Abidjan comprend deux volets : un
volet théorique et un volet pratique. Le premier volet est assuré
par des cours magistraux et des travaux dirigés. Quant au second, il est
réalisé au moyen d'exposés, d'enquêtes de terrain,
de séminaires et de conférences.
Les élèves Ingénieurs des Travaux
Statistiques reçoivent une solide formation d'une durée de deux
ans, qui les rend aptes à encadrer des travaux de production statistique
et d'analyse économique là où le besoin se fait sentir. A
terme, ils doivent être des agents de développement
affectés auprès d'organismes internationaux, des
ministères, des organismes publics et/ou privés, des grandes
entreprises.
Compte tenu de ces objectifs, les enseignements
dispensés dans cette filière de formation est d'un niveau
théorique très appréciable. Et le passage à
l'aspect pratique se fait de façon alternée avec des travaux de
recherche encadrés, des rapports et un stage d'application de trois mois
effectué à la fin de cycle. C'est dans le cadre de ce stage que
ce présent rapport de fin de cycle a été
rédigé.
Le thème de notre étude est:
"Analyse de la situation des enfants de 6 à 15 ans : un
défi majeur dans la reconstruction post crise : cas de la commune de San
Pedro". Il a pour objectif d'appréhender l'état
actuel du niveau de scolarisation au lendemain du conflit armé ainsi que
des diverses variables liées aux conditions de vie des ménages et
aux caractéristiques des parents susceptibles de favoriser ou non la
scolarisation des enfants. Ce travail intéresse non seulement les
planificateurs des politiques éducatives mais constitue un ouvrage
servant de guide pour les analyses plus approfondies.
Je remercie avant tout Dieu pour son soutien dans mes
études et plus spécifiquement dans l'élaboration de ce
Rapport de stage.
Toute ma gratitude au Docteur KOFFI N'Guessan et à
Monsieur KOUAKOU Jean Arnaud, respectivement Directeur de l'Ecole Nationale
Supérieure de Statistique et d'Economie Appliquée (ENSEA)
d'Abidjan et Directeur des études de la filière des
Ingénieurs de travaux Statistiques (ITS) et Maître de stage, qui
m'ont encadré pendant cette formation.
Mes remerciements vont également à tous les
enseignants de l'école singulièrement à Messieurs OUATTARA
Aboudou et SIKA Lazare, Mademoiselle MOSSO Rosine pour leur contribution
à la rédaction de ce mémoire.
Qu'il me soit permis de témoigner mes sincères
remerciements à mes amis DIBI Delchande, OTTOU Simon, ainsi qu'à
tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué d'une
manière ou d'une autre à l'achèvement de ce
mémoire.

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

Sommaire
Dédicace i
Avant propos ii
Sommaire iii
Sigles et Abréviations v
Listes des tableaux vi
Liste des graphiques et figures vii
Introduction 1
1.1 CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1
1.2. OBJECTIFS DE L 'ETUDE 3
1.3 EBAUCHE DU PLAN D'ANALYSE
4
Première partie: Cadre théorique de
l'étude, méthodologie de l'enquête et
caractéristiques de la population des enquêtés 5
Chapitre F: Cadre théorique et présentation du
système éducatif ivoirien 6
1. REVUE DE LITTERA TURE 6
1.1.1 Définition des concepts 6
1.1.2. L'éducation comme facteur de
développement dans un climat post crise 9
1.1.3. Facteurs liés à la demande
d'éducation 13
1.1.4. Facteurs liés à l'offre
d'éducation 15
2. PRESENTA TION DU SYSTEME EDUCA TIF DE LA COTE
D'IVOIRE 16
1.2.1 Évolution de l'éducation 16
1.2.2. Situation de l'éducation 18
Chapitre 2: méthodologie de l'enquête,
constitution de la base 21
2.1. METHODOLOGIE DE L 'ENQUETE
21
2.1.1. Conception de l'enquête 21
2.1.2. Objectif de l'enquête 21
2.1.3. Echantillonnage 22
2.1.4. Présentation du questionnaire 22
2.1.5. Déroulement de l'enquête 23
2.2. CONSTITUTION DE LA BASE
23
2.2.1. Apurement des données 23
2.2.2. Plan d'analyse 25
Chapitre 3: Caractéristiques
sociodémographiques de la population de la commune de San Pedro
26
3.1 CARA CTERIS TIQUES SOCIO DEMO GRAPHIQUES DES
ENQUE TES 26
3.1.1. Structures par sexe 26
3.1.2. Niveaux d'instruction et d'alphabétisation
26
3.1.3. Ethnie et religion 27
3.2. CONDITIONS DE VIE DES MENA GES
27
3.2.1. Caractéristiques des parents du chef du
ménage (CM). 27
3.2.2. Caractéristiques de commodité des
logements et d'équipements. 28


Deuxième partie: Cadre empirique et analytique de
l'étude da la population des enfants de 6 à 15 ans 30
Chapitre 4 : Analyse de la couverture scolaire des jeunes de
6 à 15 ans 31
4.1. DEFINITIONS ET ANALYSES DES CONCEPTS DES
INDICATEURS DE
SCOLARISATION RETENUS 31
4.1.1 Taux de scolarisation 31
4.1.2. Indice de parité scolaire 31
4.2. CARA CTERISTIQUES SOCIODEMO GRAPHIQUES ET
DESCRIPTION DE LA
SITUATION SCOLAIRE DES ELEVES.
32
4.2.1. Caractéristiques sociodémographiques des
élèves 32
4.2.2. Description de la situation scolaire des enfants.
33
4.3. CONDITIONS DE VIE DES JEUNES
37
4.3.1. Raisons de la non fréquentation actuelle
37
4.3.2. Occupation précoce des jeunes 38
4.3.3. Perspectives de retour à l'école des non
scolarisés 38
4.3.4. Prise en charge des frais scolaires des jeunes
39
Chapitre 5: Classification des enfants scolarisés en
fonctions des caractéristiques des ménages et du chef de
ménage et analyse économétrique 40
5.1. CLASSIFICATION DES MENA GES SELON LES CARA
CTERISTIQUES DE LOGEMENTS ET D 'EQUIPEMENTS
40 5.2. CARA CTERISA TION DE LA SITUATION SCOLAIRE
DES ENFANTS SELON
LES CARA CTERISTIQUES DU CHEF DE MENA GE.
41
5.2.1. Choix des variables 41
5.2.2. Analyse des résultats 42
5.3. ANALYSE ECONOME TRIQUE
47
5.3.1. Analyse des facteurs de la non scolarisation dans le
milieu rural 47
5.3.2. Analyse des facteurs de la non scolarisation dans le
milieu urbain. 49
Chapitre 6: Appréciation des politiques
éducatives en vigueur en termes d'incitation. 52
6.1. TYPES D 'ETABLISSEMENT FREQUENTE PAR LES ENFANTS
52
6.2. NIVEAU DE FREQUENTA TION DU PRESCOLAIRE PAR DES
ENFANTS 53
6.3. APPRE CIA TION DE LA POLITIQUE DE LIBERALISA
TION DU PORT DE LA
TENUE. 54
6.4. IMPACT DE LA POLITIQUE DE CONSTRUCTION DES
CANTINES 54
6.5. IMPACT DE LA POLITIQUE D'OCTROI DES KITS
SCOLAIRES 55
Conclusion, limites et recommandations de l'étude
57
Références bibliographiques 59
Annexes 61
Table de matière 76

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro
Sigles et Abréviations
ACM : Analyse des Correspondances Multiples
BAD : Banque Africaine de
Développement
BEPC : Brevet d'Etudes du Premier Cycle
BTS : Brevet des Techniciens Supérieur
BUNAP : Bureau National Pour la Population
CEPE : Certificat d'Etudes Primaires
Elémentaires
CM : Chef de ménage
CNEI : Concertation Nationale sur l'Ecole
Ivoirienne
DDENFB : Directions départementales de
l'Education Nationale et de la Formation de Base DIPES :
Direction de l'Information, de la Planification, de l'Evaluation et du
Suivi DRENFB : Directions Régionales de l'Education
Nationale
ENSEA : Ecole National supérieure de
statistiques et d'Economie Appliquée
EPT : Education Pour Tous
ESP : Enquête de San Pedro
FNUAP/UNFPA : Fond de nations Unies Pour la
Population
MEN : Ministère de l'Education
Nationale
MENFB : Ministère de l'Education
Nationale et de la Formation de Base MESRS : Ministère
de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
METFP : Ministère de l'Enseignement
Technique et de la Formation Professionnelle:
IPS : Indice de disparité entre les
Sexes
ONG : Organismes Non Gouvernementale
ONU : Organisation des Nation Unies
PAN/EPT : Plan National d'Education Pour Tous
PASEC : Programme d'Analyse de Systèmes
Educatifs de la conférence des ministres de l'Education des Pays ayant
le français en partage.
PDRH: Programme de Développement des
Ressources Humaines
PNDEF : Plan National de Développement de
l'Education et de la Formation PSP : Port de San Pedro
PVRH : Programme de Valorisation des Ressources
Humaines
TBS : Taux Brut de Scolarisation
TBS : Tableau de Bord Social
UNESCO : Organisation de Nation Unies pour
l'Education, la Science et la Culture UNICEF : Fonds des
Nation Unies pour l'Enfance



Listes des tableaux
Tableau 1 :Taux Brut de scolarisation des enfants selon
l'âge, le sexe et le lieu de résidence 33 Tableau
2:Répartition (en %) des enfants non scolarisés selon leurs
caractéristiques socio-
démographiques. 37
Tableau 3 : Répartition des enfants non scolarisés
selon désir de retour à l'école 39
Tableau 4 : Prise en charge des frais scolaires des enfants de 6
à 15 ans 39
Tableau 5 : Dictionnaire de variables de l'ACM 42
Tableau 6: Facteurs déterminants de la non scolarisation
en milieu rural 49
Tableau 7: Facteurs déterminants de la non scolarisation
en milieu urbain 51
Tableau 8 :Répartition (en %) des enfants ayant
été à l'école une fois selon la
fréquentation du préscolaire. 53

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

Liste des graphiques et figures
Figure 1 : Modele Anthropologique 9
Graphique 1 : Evolution des effectifs dans le primaire et le
secondaire général en zone gouvernementale. 18 Graphique2 :
Evolution des effectifs dans le primaire et le secondaire général
en zone
gouvernementale. 19 Graphique3 : Taux de scolarisation du
niveau primaire par région en 2002/2003 et 2004/2005
19
Graphique 4 :Répartition des enfants en fonction du sexe
selon le milieu de résidence 32
Graphique.5 :Répartition de l'indice de parité
selon le lieu de résidence 34
Graphique 6 :Répartition du niveau de scolarisation des
enfants selon la taille des ménages 35
Graphique 7 :Répartition des enfants selon leur statut de
scolarisation 36
Figure 2: Représentation des variables dans le premier
plan factoriel 44
Figure 3: Représentation des variables dans
deuxième plan factoriel 44
Figure 4: Représentation des variables dans le premier
plan factoriel 46
Figure 5: Représentation des variables dans le
deuxième plan factoriel 46
Graphique7 :Répartition des scolarisés selon le
type d'établissements fréquentés 52
Graphique 8 :Répartition des scolarisés selon le
type de tenue 54
Graphique 9 :Répartition des scolarisés selon leur
fréquentation des cantines 55
Graphique 10 :Répartition des scolarisés ayant
bénéficie un kit scolaire 55


INTRODUCTION
1.1 CONTEXTE ET JUSTIFICATION
« L'éducation est un droit fondamental
pour tous, femmes et hommes, à tout âge et dans le monde
entier. » C'est en ces termes que le texte fondateur de
l'éducation pour tous (EPT), adopté lors de la conférence
de Jomtien (Thaïlande) en 19901, exprime dans un élan de
solidarité, la volonté des nations du monde à conjuguer
leurs efforts pour rendre l'éducation accessible à tous ceux qui
le désirent. Depuis, plus d'une décennie est passée et le
taux de scolarisation reste faible en Afrique2. Selon le rapport
mondial Education Pour Tous (2002) , 28 pays représentant plus de 26% de
la population mondiale risquent de n'atteindre en 2015 aucun des objectifs
mesurables fixés lors de la conférence de Dakar en
20003. Ces objectifs sont entre autres, l'enseignement primaire
universel, la réduction de moitié du taux d'analphabétisme
des adultes en particulier des femmes, l'élimination des
disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire
de même que l'inégalité entre filles et garçons dans
l'accès et l'achèvement d'un enseignement de base de
qualité. Deux tiers de ces pays sont en Afrique subsaharienne et la
Côte d'Ivoire y figure malheureusement (Odounfa ,2003).
Pays longtemps réputé comme l'un des plus
stables d'Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire dès son accession
à l'indépendance a érigé la formation des hommes au
rang de priorité nationale (BEGUY ,1998). Cela justifie sans doute sa
participation aux premiers rangs des sommets et conférences
organisés dans le monde et dont les questions de réflexions sont
intimement liées à l'éducation. Après la
conférence internationale de Jomtien en 1990, la Côte d'Ivoire a
adopté en 1992 un Plan National d'Education Pour Tous (PAN/EPT) par
lequel elle s'engage à atteindre un taux brut de scolarisation de 90 %
à l'horizon 2000 et à lutter contre l'analphabétisme.
Depuis lors, de multiples séries d'actions ont été
menées dans ce sens et il s'en est suivi, l'adoption d'une loi rendant
gratuite et obligatoire l'enseignement primaire, des opérations de
distribution des kits scolaires et de construction des cantines sur
l'étendue du territoire. En dépit d'un contexte
macroéconomique et démographique relativement difficiles
traversé par le pays depuis 1980, d'énormes investissements ont
été effectués dans le secteur éducatif (près
de 40% du budget consentis annuellement au cours des trois dernières
décennies4) et les résultats obtenus sont loin
d'être satisfaisants. En effet, selon le rapport publié en 2005
par la Banque Mondiale5, entre 1990 et 2000, le taux brut de
scolarisation est passé de 73% à 74% dans le primaire, de 29,5%
à 30,3%dans le premier cycle et de 11,6% à 13,3% dans le second
cycle du secondaire.
De plus, la crise politico-militaire traversée par la
Côte d'ivoire a remis en cause les efforts fournir par l'Etat en
matière d'éducation. Ainsi a-t-elle engendré des
bouleversements
1 Texte adopté par 155 pays et 160 organismes
gouvernementaux et non gouvernementaux
2 Odounfa Alice (2003). Le défi de
l'éducation pour tous en Côte d'Ivoire, EFA
Global Monitoring Report or to UNESCO, Abidjan, pp2.
3 Conférence au cours de laquelle un bilan a
été fait sur le parcours de chaque pays en matière
d'éducation par rapport aux objectifs fixés en 1990 à
Jomtien et où un nouveau délai a été fixé
pour atteindre des nouveaux objectifs.
4 Ministère délégué
auprès du premier ministre chargé du plan et développement
industriel (1997).Déclaration de politique nationale de population,
Déclaration adoptée par le conseil des ministres du 07 mars 1997,
Abidjan, 40p.
5 Banque mondiale (2005), Eléments d'analyse
pour instruire une politique éducative nouvelle dans le contexte de
l'EPT et du PRSP, Rapport d'Etat du Système Educatif Ivoirien,
septembre2005

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

profonds dans les politiques éducatives et des
perturbations dans le fonctionnement du système éducatif. C'est
ainsi qu'il a été enregistré une baisse notable des
effectifs scolarisés (- 17,04% entre 2002 et 2003) et une baisse globale
du taux d'accroissement annuel de ces effectifs (de 3,09 en 2001 à 0,5%
en 2002 en zone gouvernementale) (BIH, 2003)6. Cependant, ni la
destruction et la dégradation des installations scolaires dans les zones
occupées, ni les déplacements massifs d'élèves dans
les zones gouvernementales, n'ont constitué des facteurs de renonciation
à l'éducation. Bien au contraire, à peine trois (3) mois
après l'éclatement du conflit armé, des dispositifs
particuliers ont vu le jour, de part et d'autre, afin de faire face aux
obligations régaliennes de l'Etat et aux obligations morales des
communautés et des familles en matière d'éducation
/formation (Fadiga, 2006).7
A l'instar d'autres départements de la Côte
d'Ivoire, San Pedro a subi les conséquences des différentes
mutations socioéconomiques et politiques traversé par la
Côté d'Ivoire. Classé parmi les villes dont les taux de
scolarisation les plus faibles avant la crise, San Pedro a vu baisser
significativement le niveau global de l'éducation de sa population
scolarisable pendant le conflit armé. En effet, passant de 47,4%( 3 8,7%
pour les filles) en 2000 à 41,6% (14,6% pour les filles) en 2001, le
taux brut de scolarisation primaire n'a cessé de décroître
durant les périodes de trouble. Il est passé de 35,8% en 2002
à 23,5 % en 2005 traduisant peut être l'impact de la crise sur
l'éducation. Cependant ce taux au niveau des filles, malgré une
légère augmentation, reste faible et en dessous de celui des
garçons : 14.6% en 2002 (respectivement 41,5% pour les garçons)
et 20% en 2005 (respectivement 26,9% pour les garçons) (MEN/DIPES,
2006). Tout cela démontre la nécessité d'agir rapidement
pour aider les milliers de jeunes encore non scolarisations.
Toutefois, la recherche de solutions durables pour le retour
de la paix dans le pays a amené le gouvernement et les institutions
internationales à définir des programmes de reconstruction
nationale.
Aujourd'hui, sur le plan politique, l'espoir d'une
possibilité de résolution de la crise est permis avec la
signature de l'accord de paix de Ouagadougou. Cette nouvelle configuration
permet d'envisager sereinement une politique de reconstruction nationale et par
la même occasion constitue le moment idéal pour la mise en oeuvre
d'actions décisives visant la reconstruction progressive du
système éducatif national.
Dans ce contexte nouveau, où la communauté
internationale a explicitement reconnu que l'éducation, en particulier
l'enseignement primaire, est indispensable au progrès social et
démographique, à un développement économique
durable et à l'égalité des sexes (Nations unies, 2003 ;
cité par Pilon, 2006),8au vue des défaillances que
présente le système éducatif ivoirien ces dernières
années, l'ENSEA et des partenaires aux développements (FNUAP,
PSP) ont entrepris une enquête dans la région du Bas Sassandra.
Enquête dont le thème est :Enquête
sociodémographique dans la commune de Sans Pedro : A la recherche des
indicateurs de base pour la reconstruction post crise , et dans
laquelle figure, un volet sur
6 Etude sur l'égalité des sexes Dans le
domaine de l'éducation En cote d'ivoire, ROCARE, Abidjan,
décembre 2003
7 Dans les zones occupées,
l'ONG "Ecole pour tous" a pris le relais du
Ministère de l'Education Nationale de Côte d'Ivoire et dans les
zones gouvernementales, le Ministère de l'Education Nationale a
institué au sein des établissements (publics ou privés)
des établissements relais, grâce à la
généralisation de la double vacation, un mode de gestion qui a
permis de doubler pratiquement la capacité d'accueil des structures
existantes.
8 Pilon Marc (2006), Défis du
développement en Afrique subsaharienne : l'éducation en jeu,
CEPED, rencontres, paris.



Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

l'éducation des enfants de 6 à15 ans, permettant
d'apprécier le niveau d'instruction de ces derniers. Ainsi aboutira
t-elle à l'élaboration de nouvelles politiques éducatives.
Le choix de mener notre étude dans la ville de San Pedro s'avère
justifié car c'est une ville très sous scolarisée. Aussi,
se justifie-t-il entre autres, parce qu'une enquête a été
menée en 2001 sur les conditions de vie des ménages et les
données statistiques permettront de mieux appréhender l'impact de
la crise socio-politique, parce qu'elle est une zone d'intervention de l'UNFPA
et les analyses pourront être recoupées avec d'autres informations
disponibles auprès de cet organisme.
La présente étude s'inscrit dans le cadre de
l'élaboration d'un diagnostic de la situation éducative des
enfants de 6 à1 5 ans. De ce fait, dans une perspective de
reconstruction post crise du système éducatif, en particulier,
celle visant l'amélioration de l'éducation des enfants de 6
à 15 ans, il est important de disposer des indicateurs permettant de
mesurer avec exactitude les différents aspects de leur situation
scolaire afin de définir des politiques adéquates. Y parvenir
suppose que l'on puisse déceler certaines de leurs
caractéristiques. Il est donc opportun de s'interroger à
plusieurs titres : sur quels types de mesures et d'actions, les acteurs du
développement de l'éducation doivent centrer leurs efforts dans
le but de réaliser les objectifs de l'Education Pour Tous ? De plus,
quels sont les groupes de jeunes, les plus vulnérables, sur lesquels
l'attention devrait être singulièrement portée afin de
garantir les chances et l'égalité en matière
d'accès à l'éducation ? Telles sont des interrogations
sujettes à notre analyse.
1.2. OBJECTIFS DE L 'ETUDE
Les questions relatives à l'éducation dans le
monde et en Afrique en particulier, font l'objet de plusieurs débats au
sein des planificateurs du développement. Dans cette partie, seront
présentés les objectifs et les hypothèses de cette
étude sur la situation de l'éducation en Côte d'Ivoire.
1.2.1. Objectifs de l'étude
Successivement, l'objectif général de
l'étude puis les objectifs spécifiques qui en donnent une
orientation claire et précise feront l'objet de ce paragraphe.
1.2.1.1 Objectif général de
l'étude
En plus de son caractère académique, l'objectif
général de cette étude vise à faire une analyse de
la situation dans le domaine de l'éducation de base et de la
scolarisation des filles aux premières heures de la fin du conflit
armé de septembre 2002 afin de proposer des stratégies et
recommandations pour une orientation des politiques éducatives
futurs.
1.2.1.2 Objectifs spécifiques de
l'étude
Pour atteindre cet objectif général, l'étude
s'emploie à :
· Appréhender l'ampleur et la nature du défi
auquel le pays est confronté pour la réalisation des objectifs de
l'EPT ;
· Analyser les données statistiques sur la situation
des filles en matière d'éducation en Côte d'Ivoire et
particulièrement dans la commune de San Pedro
· Proposer des recommandations pouvant servir dans
l'élaboration des nouvelles politiques pour un nouveau départ.
Pour atteindre l'objectif général de cette
étude, des hypothèses seront formulées sur la base de ces
objectifs spécifiques. Celles-ci seront testées ensuite afin de
répondre aux questions centrales de ce mémoire de stage et
proposer des solutions aux problèmes posés.
1.2.1 Hypothèses de
l'étude.
Les objectifs ci-dessus spécifiés sont soutenus
respectivement par les trois hypothèses ci-dessous qui seront
testées :
Hypothèse1
La couverture de scolarité de jeunes est encore faible
(moins de 90%) et la disparité entre les sexes demeure au sein de la
population scolarisable de 6 à 15 ans
Hypothèse2
La scolarisation des enfants et surtout celle des filles est
liée aux conditions de vie des ménages et aux
caractéristiques socioculturelles des chefs de ménage.
Hypothèse 3
Les politiques éducatives en vigueur en termes
d'incitation n'ont pas eu d'effets escomptés.
1.3 EBAUCHE DU PLAN D'ANALYSE
Le travail est structuré en deux parties. La
première partie donnera un aperçu général et
théorique. La définition de quelques concepts dont la
compréhension nous semble utile et la présentation d'une revue de
littérature faisant état de l'importance de l'éducation
dans toutes sociétés qui se développent
(chapitre1) retiendra d'abord notre attention. Ensuite, il est
fait une méthodologie d'enquête (chapitre2)
consacrée, d'une part, à la mise en oeuvre de l'enquête qui
a servi à fournir les données de notre étude et, d'autre
part, à la présentation du processus d'élaboration de la
base de données et des principales méthodes d'analyses dont ces
travaux se sont servis. Cette partie s'achèvera au chapitre
3 où il sera question de faire une analyse descriptive
univariée et bivariée afin d'avoir une idée globale sur
les caractéristiques démographiques et socio-économiques
de la population des enquêtés de San Pedro. La seconde partie
abordera dans son premier chapitre (chapitre 4) la
présentation des caractéristiques de la population d'étude
c'est-à-dire la population des enfants dont l'âge est compris
entre 6 et 15 ans ainsi que les conditions dans lesquelles vivent ces derniers.
Le deuxième chapitre de cette partie (chapitre 5) sera
consacré à une classification des jeunes selon leur situation
scolaire présente en fonction des caractéristiques des chefs de
ménage et des ménages. Ce chapitre aboutira à une
régression logistique qui permettra de mettre en évidence les
facteurs susceptibles d'expliquer la non scolarisation des enfants. Le dernier
chapitre (chapitre6) de cette partie sera consacré
à l'analyse de l'ampleur des politiques déjà
engagées par l'Etat en matière d'éducation.


Première partie: Cadre théorique de
l'étude, méthodologie de l'enquête et
caractéristiques de la population des enquêtés
Cette partie permettra de cerner et de
comprendre les contours de cette étude.
Composée de trois chapitres, elle abordera
premièrement une revue de littérature en rapport avec le sujet
ainsi que la présentation du système éducatif ivoirien.
Ensuite, dans le deuxième chapitre, la méthodologie de
l'enquête ainsi que la procédure de constitution seront
présentées. Enfin, le chapitre 3 tentera d'apprécier les
caractéristiques de la population de San Pedro.

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

Chapitre 1: Cadre théorique et
présentation du système éducatif ivoirien
La littérature contient
plusieurs études réalisées sur l'éducation comme
facteur de
développement dans son aspect global (santé,
économie, cohésion, etc...). Une revue de ces études
permettra de mieux recentrer la question afin d'en faire une meilleure analyse
. Dans la première partie de cette section, nous allons d'abord
procéder à une définition des concepts de base de la
présente étude, ensuite donner les fondements théoriques
et empiriques qui font de l'éducation un enjeu louable dans tout
processus de développement socio-économique. Aussi
s'appesantira-elle à dégager quelques facteurs, obstacles
à l'éducation. Dans la seconde partie, nous allons nous atteler
à faire une présentation du système éducatif
ivoirien ainsi que les résultats obtenus au sein de celui-ci afin de
mieux apprécier les tenants et les aboutissants des politiques
éducatives menées jusqu'ici.
1.
REVUE DE LITTERA TURE
1.1 Définition des concepts
Éducation, éducation de base, éducation
de qualité, développement, ces notions assez récurrentes,
méritent d'être explicitées pour une compréhension
claire. Nous nous proposons dans cette sous partie de faire une clarification
de ces concepts et d'autres ayant une interrelation avec l'éducation.
1.1.1 Concept d'éducation
L'éducation est un concept difficile à
définir car elle émane parfois d'un consensus sur lequel
s'accordent les sociétés tant sur sa forme que sur ses
méthodes de transmissions. Toutefois, selon l'UNESCO, elle peut se
définir en termes généraux en tant que l'ensemble des
méthodes de formations humaines, ou de manière plus
étroite, en tant que processus d'acquisitions des connaissances dans des
institutions spécialisées. Elle constitue une forme essentielle
d'épanouissement des ressources humaines et ce sous plusieurs formes.
Dans la pratique, il existe plusieurs formes
d'éducations:
1.1.1.1 L'éducation formelle
C'est l'ensemble des apprentissages qui se déroulent
dans les institutions classiques de formation que sont les centres
d'éducation préscolaires, les écoles primaires,
secondaires et supérieures.
1.1.1.2 L'éducation non
formelle
C'est une éducation parallèle à
l'éducation formelle ; c'est toute activité de formation
organisée en dehors du système éducatif formel.
L'éducation non formelle offre la possibilité à la vaste
majorité d'enfants, de jeunes et d'adultes des pays en
développement qui ne sont pas atteints par le système
éducatif formel d'accéder à l'apprentissage. Elle est
destinée à fournir à des apprenants de tout âge bien
ciblés, des formations alternatives à objectifs bien
précis.


1.1.1.3 L'éducation marginale
C'est une forme d'éducation qui a longtemps
été mise en arrière plan lorsqu'on évoque les
questions d'amélioration de l'éducation dans les pays pauvres.
Elle peut se définir comme étant l'acquisition des connaissances
en dehors de tout cadre institutionnel ou tout programme organisé. Ce
type d'éducation est acquis au sein de la famille, au lieu de travail et
dans les collectivités.
Dans le nouveau cadre qu'exige l'environnement international
dans la « course » à l'Education Pour Tous, la notion
d'éducation de base est très souvent mentionnée lors de
multiples sommets et conférences comme étant le minimum à
atteindre, pour qu'un individu tout au long de sa vie, puisse avoir les
capacités de participer activement à la vie
socioéconomique de sa société. Il importe donc de
s'attarder sur ce concept.
1.1.2 Concept d'éducation de
base
Selon le cadre d'action de Dakar (conférence de 2000),
l'éducation de base englobe toutes les acquisitions des
compétences essentielles de la prime enfance, aux jeunes et aux adultes.
Tout de même le problème réside au niveau de ce qui est mis
dans l'éducation de base. A ce titre, plusieurs types d'approches
explicatives de son contenu sont observés par les experts de
l'éducation et nous pouvons les regroupés en deux.
D'abord, pendant que pour certains l'éducation de base
se réduit à l'enseignement primaire, d'autres pensent que
l'éducation de base va au-delà et englobe le premier cycle de
l'enseignement secondaire. Si l'on s'accorde sur la formulation selon laquelle
l'éducation de base est le minimum nécessaire à tout
individu pour vivre en phase avec sa société (minimum de
connaissances, de compétences et de valeurs) il apparaît
clairement qu'elle dépend du niveau d'évolution des
sociétés. Il y a des sociétés dans lesquelles
savoir lire et écrire peut suffire. Il y en a d'autres où
utiliser l'ordinateur est un minimum. On n'a donc pas le même niveau
d'éducation de base selon que l'on se trouve dans une
société ou dans une autre. Il revient par conséquent
à chaque pays de définir l'éducation de base et le niveau
minimum requis en fonction des exigences de sa société.
Enfin, lorsqu'on parle d'éducation de base en termes
d'éducation primaire ou d'alphabétisation, certains auteurs comme
Psacharopoulos (2002), pensent à des invariants universels : savoir
lire, écrire, compter, calculer, communiquer et résoudre des
problèmes. Ils considèrent que c'est là l'éducation
de base et rien d'autre. Cependant, savoir lire et écrire est une chose,
mais lire quoi ? et en vue de quoi ? en est une autre. Donc
définir les contenus d'éducation et de formation portés
par ces instruments apparaît être capital pour atteindre les
objectifs d'universalisation de l'éducation de base pour tous. C'est en
cela que le terme « qualité de l'éducation » alimente
les débats dans les milieux de l'éducation.
1.1.3 Qualité de
l'éducation
La qualité est au coeur de l'éducation. Elle
influe sur ce que les élèves apprennent et sur la façon
dont ils l'apprennent ainsi que sur les bénéfices qu'ils tirent
de leur éducation. La définition de l'éducation de
qualité s'avère complexe tout comme le processus visant à
son évaluation ou sa mesure. Selon le rapport mondial sur le suivi sur
l'EPT en 2005, deux principes caractérisent la plupart des tentatives de
définition d'une éducation de qualité: le

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

premier identifie le développement cognitif des
apprenants comme l'objectif explicite majeur de tous les systèmes
éducatifs. En conséquence, leur réussite à cet
égard est un indicateur de leur qualité. Le second met l'accent
sur le rôle de l'éducation dans la promotion des valeurs et des
attitudes liées à une bonne citoyenneté et dans la mise en
place de conditions propices au développement créatif et
affectif. En guise de définition, l'éducation de qualité
peut être considérée comme celle qui satisfait les besoins
d'éducation fondamentale ainsi que les besoins d'éducation tout
au long de la vie de l'individu et ceux de la société. Il
appartient donc aux pays de développer un système éducatif
capable non seulement de satisfaire la demande éducative mais aussi de
produire une éducation de qualité afin de répondre aux
enjeux de développement qu'ils envisagent. De ce fait, la demande et
l'offre de qualité éducatives sembles être essentielles.
1.1.4 Notion de demande et offre
éducatives
La demande et l'offre éducatives sont très
importantes dans tous systèmes éducatifs et il appartient
à chaque Etat de veiller à un équilibre afin
d'éviter d'une part une propension de la sous scolarisation, et d'autres
part a un gaspillage des ressources disponibles.
Par définition, la demande d'éducation est
l'intention exprimée ou non par une frange de la population
d'entreprendre ou de poursuivre des études. Elle est
matérialisée par la population scolarisable et résulte
d'un ensemble de décisions déterminées par plusieurs
facteurs. En revanche, l'offre éducative est un ensemble de dispositions
mises en place pour permettre de satisfaire la demande exprimée. Elle
est principalement l'oeuvre de l'état et ses partenaires.
Après avoir clarifié quelques notions
liées au concept d'éducation, nous considérons dans notre
étude l'éducation de base celle retenue par UNESCO (2001) qui,
englobe aussi bien le primaire que le premier cycle du secondaire, donc celle
qui pourrait concerner les enfants de 6 à 15 ans.
Par ailleurs, l'éducation est souvent
considérée comme un atout indispensable pour amorcer le
délicat problème du développement durable des pays du sud
en particulier celui de l'Afrique subsaharienne. Il est opportun qu'on puisse
porter une analyse assez brève sur ce concept qui depuis les lustres
fait l'objet de tant d'études tout en restant dans cadre de notre
étude.
1.1.5 Concept de
développement
Le concept de développement semble défier toute
définition, mais ce n'est pas faute de propositions (Cowen, 1996 ;
Nolwen, 2006). Deux visions dans la perception du développement sont
observées dans le monde. D'une part, certains l'assimilent à un
problème purement économique et d'autres accordent une place
importante aux facteurs non économiques9 notamment celui de
l'éducation. Ainsi, selon cette dernière vision, les
modèles alternatifs dits « anthropologiques et culturels du
développement » ont vu le jour dans les années 70. Ils
soutiennent que l'alphabétisation, associée à la hausse de
l'âge au mariage, constitue l'élément central de
l'accession d'une société à la modernité.
(graphique0).
9 Les facteurs non économiques englobent les
facteurs culturels, environnementaux et sociaux

Figure 1 : MODELE ANTHROPOLOGIQUE
Structure familiale

Alphabétisation + Hausse de l'âge au
mariage


Transformation Politique
|
|
Transformation Démographique
|
|
Transformation Économique
|
Source : TOOD Emmanuel, 1984. L'enfance du
monde, structure familiale et développement, Paris, Edition du seuil,
p.166. (Cité par Anoh, 2007).
Cette approche du développement qui met l'accent sur
l'alphabétisation et l'éducation de manière
générale comme moteurs centraux est, de nos jours, reconnu par la
communauté internationale en tant que condition préalable au
progrès social et démographique, à un développement
économique durable et à l'égalité des
sexes10. Si tel est le cas, comment l'éducation est telle
indispensable dans les pays en pleine reconstruction post-crise ?
1.2. L'éducation comme facteur de
développement dans un climat post crise
Le processus de reconstruction dans les États
perturbés requiert un contexte de sûreté et de
sécurité. La nature même de la cessation du conflit
armé ou de la paix obtenue est un élément crucial à
l'heure du choix de la politique stratégique pour le processus de
redressement. Une fois que les structures de sécurité sont en
place, la reconstruction politique, sociale et économique doit non
seulement aborder les besoins immédiats créés par l'impact
du conflit armé, mais aussi envisager la manière dont la
société a été (ou doit être)
transformée après le conflit par rapport au modèle
d'avant-guerre. Poursuivant le but d'étendre l'éducation de base
à tous les enfants, aux jeunes gens et aux adultes, qui a
été retenu par l'ONU comme un des objectifs du millénaire
pour le développement, l'élaboration de politiques
éducatives dans le contexte d'une paix et d'une stabilité
relative peut représenter un défi majeur pour les pays en sortie
de crise. L'objectif de cette partie est de montrer à l'aide des
études, l'impact de l'éducation sur les variables ou
phénomènes de population (cohésion sociale,
fécondité...) susceptible d'impulser un souffle nouveau au
développement des pays du sud particulièrement de ceux en pleine
reconstruction post conflit. Et l'analyse de quelques obstacles à
l'éducation dans les pays africains retiendra notre attention en second
volet de cette partie.
10 Nation unies (2003).population, éducation et
développement. Rapport concis, département des affaires
économiques et sociales, Division de la population, New York, 59p.

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro



1.2.1 Le rôle de l'éducation dans la
réconciliation sociale et le bien être social
Quel rôle peut jouer l'éducation dans le
processus de réconciliation sociale dont la reconstruction sociale
dépend si intimement ? Quelles questions relatives aux objectifs, au
contenu, aux méthodes et à la gestion de l'éducation
doivent être abordées ? Telles sont les grandes interrogations
qu'on peut se poser quant au rôle que peut jouer l'éducation dans
la reconstruction sociale dans un contexte de post-conflit. Peu sont les
thèmes dans la revue de littérature que nous avons
consulté qui abordent ce sujet.
Avant toutes actions menées dans le sens d'un
développement durable dans des pays qui ont enregistré des
longues périodes de troubles, il s'avère nécessaire de
concilier toutes les ressources humaines disponibles. Ceci nécessite un
dessein universellement voulu de définir de nouvelles valeurs morales,
citoyennes et civiques dans le but d'inculquer de nouvelles perceptions du bien
fondé d'une paix durable suite à des épreuves aussi bien
éprouvantes psychologiquement et physiquement engendrées durant
les périodes de conflits.
Le défi pour l'éducation, dans ce cadre, est de
pouvoir insuffler les valeurs et attitudes appropriées dans ses
programmes afin de promouvoir une société humanitaire.
José Antonio11 soulignait dans un article parut en 2003 sous
le titre de « Repenser la question de développement » que :
« éducation est un facteur clé du développement
de la démocratie et d'une citoyenneté bien établie et,
plus largement, dans la réalisation de soi-même ». Ainsi
l'éducation (conjointement à d'autres systèmes) peut aider
à définir la nature de la nouvelle société à
construire et à panser les plaies du conflit. Bien qu'il soit vrai que
l'impact qualitatif de la destruction sur la culture et les mentalités
ou l'ampleur de la fracture culturelle dans les situations de conflit soit
difficile à évaluer (UNESCO, 1997)12, l'introduction
dans les programmes scolaires de l'histoire de la guerre pourrait être un
moyen d'éveil et de prise de conscience sur les erreurs passés,
en vue d'une reconstruction d'un environnement propice à tous. Une fois
que la cohésion sociale serait en cours de normalisation, il ira de soit
que l'éducation aurait un impact positif considérable et sans
précédent dans différents domaines entrant dans
l'engrenage du développement durable13.
1.2.2 L'éducation dans les changements
démographiques
Dans tout processus de développement, la maîtrise
des phénomènes de population est un enjeu capital dans la mise en
oeuvre des politiques de développement. Or lors des conflits, il est
difficile à tout gouvernement de contrôler l'évolution de
sa population. En effet, en dehors du fait que des violences sexuelles
occasionnant les grossesses non désirées sont
enregistrées, la dégradation des conditions de vie conduit
parfois à l'adoption des comportements favorables à un
accroissement du taux de natalité et le taux de mortalité. D'
après Charbit (2006), l'instruction constitue assurément un
moteur de changement des mentalités et d'adoption de nouveaux
comportements démographiques, préalables à tout
progrès économique. A cet effet, plusieurs études ont mis
en évidence de fortes relations entre le
12 UNESCO (1997).rapport final et études de
cas de l'atelier sur la destruction et la reconstruction de l'éducation
dans les sociétés perturbées 15-16 mai 1997,
Genève, suisse organisé conjointement par le bureau international
d'éducation et l'université de Genève
.édité par sobhi tawil,pp.44-50.
13 Le développement durable ici se
définit comme étant une politique et une stratégie visant
à assurer la continuité dans le temps du développement
économique et social, dans le respect de l'environnement et sans
compromettre les ressources naturelles indispensables à
l'activité humaines (CCE, 1992 ; cité par ANOH, 2007)
niveau d'instruction14 et les variables
démographiques telles que la fécondité, la
mortalité (Cohrane, 1979 ; citée par Anoh, 2007).
1.2.2.1 Impact de l'éducation sur la
fécondité
L'influence de l'éducation sur la
fécondité est mise en relief par la théorie de la
modernisation socioculturelle. En effet, le cadre théorique dans lequel
se situe la relation entre l'éducation et la fécondité est
celui de la transition démographique et de la modernisation
socioculturelle (Kirk, 1996 ; citée par Chabit, 2006). Les baisses de la
mortalité et de la fécondité se produisent en
général dans un contexte de développement
économique et social caractérisé par un changement dans le
statut de la femme15 . Il devient alors socialement acceptable pour
les femmes d'utiliser la contraception. Dans cet environnement,
l'élévation du niveau serait une variable clef : les femmes
découvrent de nouveaux modèles culturels, elles connaissent mieux
leur physiologie, utilisent plus efficacement la contraception, aspirent
à se réaliser socialement en tant que personne et non plus
seulement en tant que mère. Ainsi, selon cette théorie, on
devrait observer une corrélation négative entre
fécondité et instruction.
Plusieurs auteurs ont montré qu'en Afrique
subsaharienne, l'éducation des femmes et plus particulièrement le
fait d'atteindre le niveau d'enseignement secondaire, est fortement
corrélé à des faibles taux de fécondité
(Feachem et al., 1991 ; Cohen, 1993 ; citée par Chabit, 2006).
Une analyse de Rosen (1998) met en évidence le fait que certains pays de
l'Afrique australe16 , qui ont fait des gros investissements dans
l'éducation, ont été les premiers à voir baisser la
fécondité et cette baisse s'amplifiait en fonction de
l'évolution du niveau scolaire des filles. Cette influence positive de
l'éducation sur la fécondité est aussi constatée au
niveau de l'entrée tardive en union chez les femmes et sur la
mortalité.
1.2.2.2 Impact de l'éducation sur la
mortalité
Tout comme la fécondité, la mortalité
qu'elle soit maternelle ou infantile décroît au fur et à
mesure que le niveau d'instruction de la mère augmente. En effet,
l'éducation permet une meilleure connaissance des besoins nutritionnels
de l'enfant, des notions d'hygiènes et l'utilisation de la contraception
qui, en espaçant les naissances, favorise la survie des enfants. Selon
l'Unicef (1999), une augmentation de 10 % du taux de scolarisation des filles
dans le primaire pourrait permettre de réduire la mortalité
néonatale17 de 4,1 décès pour mille. De
même, 10 % de filles en plus dans l'enseignement secondaire
contribueraient à une nouvelle baisse de 5,6 décès pour
mille. Dans une étude similaire sur la mortalité des enfants au
Cameroun, Timnou (1993) a mis en exergue cette relation négative entre
la scolarisation féminine et la mortalité infantile. Et en guise
de conclusion, il ressortait que le quotient de mortalité qui
était de 117 pour mille pour les parents analphabètes est
réduit à 80 pour mille si les parents savent lire et
écrire.
Toutefois, cette maîtrise des phénomènes
naturels liés à la population n'est possible que dans un
environnement social où l'égalité et
l'équité entre les personnes constituent des valeurs clé
pour s'épanouir et développer ses valeurs intrinsèques.
14 Le niveau d'instruction est en
général mesuré par le nombre d'années
d'études.
15 L'urbanisation et le développement du
salariat font peu à peu échapper celles-ci à leur
rôle traditionnel de reproductrice
16 Le Botswana, le kenya et le Zimbabwe
17 Mortalité des enfants qui ont au plus
28jours après la naissance

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

1.2.3 Influence positive de la promotion de
l'éducation des filles sur le bien être d'un pays
La promotion de l'éducation des filles et les avantages
qu'elle induit est assurément l'un des sujets qui alimente la plupart
des conférences sur l'éducation dans le monde. Longtemps
restreint au rôle de procréatrice dans les sociétés
Africaines, l'éducation des jeunes filles apparaît être un
point focal pour amorcer leur développement soutenable. En effet, sans
compter le fait qu'elle contribue à améliorer les indicateurs de
santé et de démographique, l'éducation des femmes favorise
l'équité et l'égalité dans l'accès à
l'éducation des jeunes filles, améliore la santé des
enfants et donne plus de chance aux enfants d'aller à l'école.
Ainsi, selon l'UNESCO18 (2002), « l'école est non
seulement l'un des droits fondamentaux des filles, mais un moyen efficace
d'engendrer une croissance économique plus soutenue et un
mieux-être social ». Elle continue en précisant que
« les filles qui ont été scolarisées se marient plus
tard, ont moins d'enfants, elles se nourrissent et s'occupent mieux
d'elles-mêmes et de leur famille. Leur taux de survie est plus
élevé, et leurs filles ont plus de chances d'être
scolarisées ». Hus sain19 (2006) dans cet ordre
d'idée souligne que « l'instruction de la mère semble
avoir une incidence plus grande sur la scolarisation des filles. »
Outre le rôle que joue l'éducation dans
l'égalité de chance en matière d'épanouissement
individuel, son importance dans la croissance économique d'une
société est encore déterminante.
1.2.4 L'éducation et la
croissance
La revue de littérature sur l'impact du capital humain
et particulièrement de l'éducation dans la croissance
économique est importante. Sans toutefois, entrer dans les
détails des fondements théoriques de la croissance
endogène et ceux mettant un point d'honneur sur le rôle de
l'éducation, nous allons brièvement dégager l'impact de
l'éducation sur la croissance.
Un bouleversement, dans la réflexion sur le
développement humain, s'est opéré ces dernières
années. Longtemps, le revenu par tête était l'indicateur
principal du succès des politiques de développement. De nos
jours, un nouveau cadre d'analyse qui met l'accent sur la satisfaction des
besoins des populations et leur accès aux droits fondamentaux a vu le
jour. Dans cette vision, l'éducation est capitale parce qu'elle peut
aider ceux qui sont marginalisés à trouver une place dans la
société. Il est généralement reconnu (Grimm, 2003 ;
cité par Ajavon, 2005) que l'éducation accroît la
productivité individuelle tant en milieu rural qu'en milieu urbain. Dans
cet ordre d'idée, Schultz (1998 ; citée par Hussain, 2000)
soutient que « les périodes de croissance soutenue de la
production nationale par unité de production vont de pair avec des
améliorations en matière d'instruction, de nutrition, de
santé et de mobilité ». Il ajoute que « toute
dépense susceptible d'améliorer le niveau de formation d'un
individu augmente sa productivité, et par conséquent ses revenus
futurs ». Des lors, disposer d'une population instruite
s'avère alors primordial pour une croissance économique surtout
dans des pays en sortie de crise.
A l'issu de ce qui précède, il est
évident que l'éducation constitue un facteur clé pour le
développement des pays en voies de développement en particulier
en serait pour ceux qui sont en sortie de crise. Pourtant, tout cela passe par
un tout autre type de lutte ; celle des contraintes liés à la
promotion de l'éducation pour tous.
18 Site de l'Education pour tous :
www.unesco.org/education/efa
19 Hussain et al (2006).développement du
capital humain. Publication du séminaire du centre de
développement sur : Afrique : réforme et croissance.
Éditions de l'OCDE, paris.pp146


1.3 Facteurs lies à la demande
d'éducation
La demande éducative dépend d'un certain nombre
facteurs que nous essayerons de mettre en exergue dans cette partie.
1.3.1 Facteurs socio-économiques 1.3.1.1.
Pauvreté
La situation économique des personnes pauvres les
empêche de satisfaire pleinement leurs besoins d'éducation. Les
pauvres pensent à se nourrir d'abord et ensuite aux besoins secondaires.
Donc l'initiative de mettre un enfant à l'école est jugée
comme une dépense supplémentaire.
1.3.1.2. Coûts directs (droits, uniformes,
transports, etc.)
Les frais tels que les droits d'inscription, les uniformes, le
transport et les fournitures scolaires découragent les parents. En
effet, à chaque rentrée scolaire, l'accumulation de ces
dépenses s'élève à un montant tel que les parents
d'élèves se trouvent incapables de les satisfaire. Par exemple,
dans les zones sous scolarisées du nord de la Côte d'Ivoire,
l'avantage concurrentiel que présente l'école coranique sur
l'école « moderne » contribue à la faiblesse de la
scolarisation dans ces zones (Tapé, 1996 ; cité par Ibata, 2003)
car les dépenses exigées par l'école coranique sont en
effet moindres que celles relatives à l'école « moderne
» (Marietou, 1997 ; cité par Ibata, 2003). Les parents
préfèrent donc choisir soit de s'abstenir d'emmener les enfants
à l'école, soit d'opter pour des écoles coraniques.
1.3.1.3 Coûts d'opportunité
d'éducation des filles
La fille, candidate potentielle au mariage est vue comme une
source de revenu pour les parents. Le paiement de la dote constitue une source
de revenu pour les parents. Ainsi, ils ont une préférence
à garder les filles, dans l'espoir de voir la fille se marier à
un jeune homme qui serait capable de subvenir aux besoins de la famille. Par
conséquent les garçons seront ceux vers les chance d'aller
à l'école seront plus élevé.
1.3.1.4. Besoins de enfants pour des tâches
agricoles/ménages
Les activités courantes rencontrées dans nos
pays sont les travaux domestiques et champêtres. Ces travaux
requièrent une main d'oeuvre importante. Le conflit entre l'école
et le travail en économie paysanne décrit par Kamuzora (1984 ;
cité par Ibata, 2003) montre combien la scolarisation limite la
contribution des enfants à la production domestique. Cet arbitrage entre
l'école et les travaux domestiques fait par les parents va amener
ceux-ci à ne pas scolariser leurs enfants puisque la production
domestique est prioritaire. Les filles sont de plus en plus associées
à ces travaux. Par exemple dans l'ouest du Cameroun, les jeunes filles
participent aussi bien aux travaux champêtres les plus laborieux que les
garçons. Elles s'occupent aussi des travaux domestiques. Ainsi, avoir
des filles est une source de richesse que la providence a elle même
donné. En Côte d'Ivoire, les travaux extrascolaires, qui
concernent aussi bien les travaux domestiques que les travaux champêtres,
la garde des animaux, l'exercice du petit commerce, etc., constituent un
obstacle à l'accès et surtout au maintien des enfants à
l'école particulièrement celle des filles (Dedy et Bih, 1997 )

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

1.3.1.5 Chômage des
diplômés
L'état actuel de nos économies est
défavorable à la scolarisation des enfants. Certains parents,
ayant pour objectif premier de recevoir des ressources financières de
leurs enfants lorsqu'ils auront achevé l'école, se
réjouissent du sentiment que les diplômés sortant ne
gagnent pas du travail et donc décident de ne pas scolariser leurs
enfants. Pourtant la réponse première que l'école peut
apporter à quelqu'un est de lui donner la formation afin de lui
permettre de s'affirmer au sein de sa société. Mais
malheureusement nos populations en ont un autre jugement.
1.3.2. Facteurs socioculturels
1.3.2.1 Faible importance accordée à
l'éducation des filles
Dans nos sociétés traditionnelles, la jeune fille
est perçue d'une part, comme une main d'oeuvre au service de sa
mère, et d'autre part comme une épouse reproductrice (Marietou,
1997 ; cité par Ibata, 2003). C'est ce qui traduit dans l'effectif
scolaire dans nos pays, la faible proportion des filles. Ce jugement malheureux
hérité des traditions, Africaines, condamne des millions de
filles sous l'ornière de la non scolarisation.
1.3.2.2 Bas niveau d'éducation des parents et
sexe du chef de ménage (CM)
Le niveau d'éducation des parents influent fortement
sur la scolarisation de leurs enfants. Les parents ayant déjà
fréquenté l'école ont une grande préférence
à emmener leurs enfants à l'école. En revanche, ceux
n'ayant pas un niveau scolaire appréciable, ni n'ayant pas
fréquenté l'école accordent moins d'importance à la
scolarisation de leurs enfants. Concernant le sexe du chef de ménage,
une étude montre qu'au nord de la Côte d'Ivoire les CM de sexe
féminin assure une scolarisation plus forte que leurs homologues de sexe
masculin (Toto ,1999).
1.3.2.3 La taille du ménage
Le nombre élevé de personnes dans le
ménage, notamment des enfants très jeunes, limite les
capacités de ce dernier à investir dans la scolarisation des
enfants. Ainsi la relation entre la taille du ménage et la scolarisation
des enfants pourrait être négative surtout dans les ménages
pauvres. Les études réalisées en Afrique tendent à
infirmer cette hypothèse classique. En Côte d'Ivoire, on observe
un effet ambigu. Montgomery et al. (1995 ; cité par Ibata, 2003) ont
effectué une étude comparative sur la Côte d'Ivoire et le
Ghana, et montrent qu'en milieu rural la taille du ménage à un
effet positif sur la scolarisation et qu'en milieu urbain, l'effet est
négatif. Une autre étude de Dedy et Bih (1997) montre que la
taille du ménage agit négativement sur la mise à
l'école particulièrement dans les régions sous
scolarisés du Nord.
1.3.2.4. La religion
Les enseignements ainsi que les pratiques de certains groupes
religieux peuvent affecter la scolarisation, surtout celle des filles. La
plupart des parents musulmans de certaines régions de la Côte
d'Ivoire affirment privilégier la pratique religieuse chez les filles ;
l'école publique laïque, apparaît comme un des obstacles
majeurs à la vie spirituelle des familles qui, pour la contourner,
préfèrent garder leurs enfants à la maison ou les inscrire
à l'école


coranique (Trah, 1996). L'école est perçue comme
un lieu de dépravation des moeurs, lieu de rupture avec le milieu
familial, contrairement à l'école coranique qui enseigne le
respect, la soumission et les principes de la religion musulmane (Marietou,
1997 ; cité par Ibata, 2003). Toto (1999) prouve qu'en zone urbaine
comme en zone rurale, les chefs de ménages chrétiens scolarisent
plus les enfants que ceux d'obédience musulmane.
1.3.2.5 Autres facteurs
Parmi les facteurs socioculturels, il faut citer
également les grossesses et mariages précoces et la perception de
l'éducation en conflit avec les valeurs traditionnelles. Il faut noter
l'impact de certaines maladies telles que la pandémie du sida sur la
demande éducative. D'après une estimation de l'AFD (2004 ;
citée par Dougnon et al, 2006), certains pays comme le Malawi, la
Zambie, Le Zimbabwé et l'Afrique du Sud verrons d'ici 2010 leur
population se réduit d'un quart par rapport à une situation
d'évolution démographique normale a cause du sida.
1.4. Facteurs
liés à l'offre d'éducation
1.4.1. Facteurs institutionnels/politiques
Les inégalités sont également
expliquées par les facteurs tels que l'insuffisance du budget publique
pour les secteurs sociaux, l'inadéquation des dépenses publiques
pour certaines couches sociales, l'instabilité politique, les tensions
sociales, le manque d'une stratégie claire sur l'éducation des
filles et des femmes. A ces facteurs il faut aussi ajouter le bas statut de la
femme en général, les perspectives d'emploi limitées et
l'orientation des femmes vers des disciplines non scientifiques et techniques.
De plus, la capacité insuffisante de collecte et d'analyse de
données pour recherche et l'utilisation d'une politique
appropriée, l'inadaptation de l'école aux valeurs traditionnelles
et la complexité des démarches administratives sont aussi
à la base des faibles taux de scolarisation et des
inégalités dans les pays.
1.4.2. Facteurs liés à
l'école
Les systèmes scolaires dans leur organisation
constituent en eux-mêmes un frein dans le processus de scolarisation. Le
nombre de places à l'école, la distance des écoles et des
lycées, la faible proportion d'enseignantes, les coûts
d'inscription trop élevés, les stéréotypes à
l'école (manuels scolaires), les enseignant(e)s non
sensibilisé(e)s aux problèmes de genre, les programmes non
adaptés à la culture traditionnelle; tous ces facteurs sont
très influents sur l'éducation des enfants.
D'autres tels que l'exclusion des filles enceintes, le
harcèlement sexuel, le manque de cantines scolaires
(particulièrement pour nomades et dans les zones rurales), les services
hygiéniques manquants ou non adaptés, la mauvaise qualité
de l'enseignement et le calendrier scolaire inadapté au calendrier des
travaux agricoles sont non négligeables. Tous cela entrave le
succès de multiples politiques éducatives.
Après l'analyse des avantages qui découlent de
l'éducation, aussi des obstacles qui s'opposent à son
déploiement, notre étude impose qu'on puisse présenter le
cadre dans lequel elle servira dans l'élaboration des politiques
futures. C'est ce qui fera l'objet de la partie suivante.

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

2. Présentation du système éducatif de
la Cote d'Ivoire
Depuis son accession à l'indépendance en 1960,
la Côte d'ivoire a toujours accordé une importance majeure
à l'éducation et plus généralement au
développement des ressources humaines. Le but de cette section est de
présenter, d'une part, la structure du système éducatif et
quelques actions du gouvernement dans le cadre de la promotion de
l'éducation et son accessibilité par tous. D'autres part, les
progrès accomplis et les défis à relever de manière
général et particulièrement dans le cas de la commune de
San Pedro seront abordés.
2.1 Évolution de
l'éducation
2.1.1. Structure du système éducatif
ivoirien
Le système éducatif de Côte d'Ivoire, est
fondé sur le modèle hérité de l'époque
coloniale ; il comprend : l'enseignement préscolaire; l'enseignement
primaire; l'enseignement secondaire général, dont le premier
cycle constitue, avec le primaire, l'éducation de base ; l'enseignement
technique et la formation professionnelle ; l'enseignement supérieur ;
et l'alphabétisation et l'éducation des adultes.
L'enseignement préscolaire est essentiellement
concentré dans les zones urbaines et connaît une expansion rapide.
Le secteur privé assure l'accueil de plus de 50%20 des
enfants scolarisés à ce niveau, mais avec des frais de
scolarité relativement élevés.
L'enseignement primaire, d'une durée de 6 ans, concerne
théoriquement les enfants âgés de 6 à 11 ans. Il
conduit au certificat d'études primaires élémentaires
(CEPE), tandis que l'accès au 1er cycle de l'enseignement secondaire,
d'une durée de 4 ans, est subordonné à la réussite
à l'examen d'entrée en 6ème.
Le 1er cycle du secondaire est assuré dans des
collèges et sanctionné par le Brevet d'études du premier
cycle (BEPC). Le deuxième cycle, qui dure trois ans, se déroule
dans des lycées et il est sanctionné par le Baccalauréat,
qui autorise l'accès au supérieur. Le secteur privé
accueille 35% environ des effectifs de l'enseignement secondaire
général.
La formation professionnelle et l'enseignement technique se
situent essentiellement au niveau secondaire, même si différentes
filières du supérieur sont professionnelles ou conduisent
à des BTS, notamment dans le privé.
L'enseignement supérieur public est constitué de
trois Universités (Cocody, Bouaké et Abobo Adjamé) et de
quatre Grandes Ecoles (l'Ecole Nationale Supérieure de Statistique et
d'Economie Appliquée ; l'Institut National Polytechnique ; l'Ecole
Normale supérieure ; et l'Institut Pédagogique National
d'Enseignement Technique et Professionnel).
Dans le cadre de la politique de déconcentration et de
régionalisation, deux Unités Régionales d'Enseignement
Supérieur ont été créées et
rattachées, l'une à l'Université d'Abobo-Adjamé, et
l'autre à l'Université de Bouaké.
20 MENFB (1999), Innovation
réussie dans le système éducatif ivoirien : système
de prêt manuels scolaires, immatriculation des élèves,
écoles témoins. Rapport final du
séminaire portant sur une étude rétrospective/bilan de
l'éducation pour la côte d'ivoire du juillet 1998 à mai
1999, MENFB/PASEC/ADEA, octobre 1999, pp12-29.


Trois ministères sont chargés des questions
éducatives : le Ministère de l'Education Nationale et de la
Formation de Base (MENFB), le Ministère de l'Enseignement Technique et
de la Formation Professionnelle (METFP) et le Ministère de
l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS). En
plus des directions centrales, le MENFB comprend 10 Directions
Régionales de l'Education Nationale (DRENFB), 10 directions
départementales (DDENFB) et 130 inspections primaires qui leur sont
rattachées. Les directeurs d'école sont les derniers maillons de
la hiérarchie.
Cette structuration du système éducatif a
été accompagnée de multiples reformes politiques traduites
par des définitions et des mises en oeuvre des plans et
stratégies nationaux visant à satisfaire une demande
éducative sans cesse croissante. La section suivante, sans toutefois
avoir la prétention de lister de manière exhaustive les lois et
plans d'actions adoptés ou menés relatives à
l'éducation, étalera quelques reformes marquant la volonté
de l'Etat ivoirien à instruire sa population.
2.1.2. Expression de la volonté politique de
promouvoir l'éducation pour tous et surtout celle des
filles.
Très tôt, le Gouvernement Ivoirien a
accordé une grande priorité au développement du
système éducatif ; elle s'est traduite par une croissance
très rapide de la part des ressources publiques allouées à
l'éducation, qui a atteint 40% vers la fin des années 70.Cette
part importante affectée à l'éducation a été
associée aux multiples programmes éducatifs visant à
satisfaire la demande éducative et pallier aux problèmes
liés aux insuffisances du système éducatif. C'est ainsi
que les responsables ivoiriens ont initié en 1990 le programme de
valorisation des ressources humaines (PVRH-I). Dans le même ordre, une
Concertation Nationale sur l'Ecole Ivoirienne (CNEI en 1994), regroupant les
différents partenaires, a permis d'élaborer un rapport, qui a
servi de base à la réforme promulguée par la loi du
17/09/95. Cette loi réaffirmait le droit à l'éducation et
l'égalité de traitement de tous les citoyens, notamment dans
l'enseignement public. Durant cette période, les pouvoirs publics ont
mis sur pieds les politiques innovatrices tels que le système de
prêt d'ouvrages scolaires21, d'immatriculation des
élèves22 et les écoles témoins
(1992)23. En septembre 1997, un Plan National de
Développement de l'Education et de la Formation (PNDEF) a
été élaboré pour appuyer la deuxième phase
du PVRH (PVRH-II) prévue sur la période 1998-2010 et dont le but
est de mieux assurer l'équité sociale et rechercher la
valorisation effective des ressources humaines (TBS24, 2003).
Cependant, après que la loi rendant l'école
obligatoire et gratuite fut adoptée en 2000, les dommages
enregistrés durant les périodes de crise n'ont pas
découragé la détermination de
21 Le système de prêt
d'ouvrages scolaires était un projet BAD Education IV
(Assistance Financière Remboursable) dont le but était
l'accroissement du taux de scolarisation, notamment celle des Filles du
primaire et des régions enclavées, en vue d'atteindre vers l'an
2000 le principal objectif du Programme de Développement des Ressources
Humaines (PDRH), à savoir un taux de scolarisation national de 90 %.
L'opération de prêt de Manuels Scolaires a démarré
précisément au cours de la rentrée scolaire 1994 - 1995 et
s'est achevée en 1996 - 1999
22 Le but initial indiqué était de
rendre efficace le système de gestion à travers la
création d'un fichier informatisé des élèves pour
lutter contre les échecs scolaires et les lourdeurs du système de
gestion.
23 La mise en place du projet écoles
témoins s'inscrit dans un contexte socio-économique
difficile marqué par la mévente des principaux produits agricoles
tels le café, le cacao, le coton à la fin de la décennie
1980. Parmi les conséquences de cette situation, on note la baisse des
taux de scolarisation (moins de 70%) et l'augmentation du taux de redoublement
(environ 25%). En 1992, dans le cadre du PVRH (Programme de Valorisation des
Ressources Humaines), le projet Ecoles- témoins a
démarré.
24 Tableau de bord social, 2003
Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro
l'Etat à remplir son engagement en matière
d'éducation/formation de sa population. En effet, des dispositifs
particuliers ont vu le jour, afin de faire face aux déplacements massifs
d'élèves dans les zones gouvernementales. Dans les zones
occupées, l'ONG "Ecole pour tous" a pris le relaie
du Ministère de l'Education Nationale de Côte d'Ivoire et dans les
zones gouvernementales, le Ministère de l'Education Nationale a
institué au sein des établissements (publics ou privés)
des établissements relais, grâce à la
généralisation de la double vacation, un mode de gestion qui a
permis de doubler pratiquement la capacité d'accueil des structures
existantes (Fadiga, 2006). Cette opiniâtreté a produit des
résultats satisfaisants que la section ci-après mettra en
évidence.
2.2. Situation de l'éducation
L'attention faite à l'égard de
l'éducation par le gouvernement, a contribué à
améliorer la situation scolaire de la population scolarisation. Cette
amélioration sera mise en relief dans le paragraphe
subséquent.
2.2.1Progrès des politiques mises en
place
On a enregistré une évolution des effectifs
d'environ 18 % au niveau primaire et 29% au secondaire général
entre 1996 et 2002 (MEN/DIPES, 2006). Malgré le déclenchement de
la guerre de septembre 2002 qui a entraîné une baisse de cette
tendance, le gouvernement s'est attelé à continuer sa lutte et
les résultats se sont traduit par une augmentation de 9% dans le
primaire et 3% dans le secondaire général entre 2003 et 2005 en
zone gouvernementale (graphique 1).
Graphique 1 : Evolution des effectifs dans le
primaire et le secondaire général en zone
gouvernementale.

2030000
1530000
1030000
530000
30000
2000/2001 2001/2002 2002/2003 2003/2004 2004/2005
Primaire Secondaire
Source : MEN/DIPES, 2006
De ce qui est de la situation des filles, la politique des
manuels scolaires appuyer des sensibilisations faites a largement
contribué à accroître leurs effectifs. En effet, entre 1994
et 1995, on a enregistré une tendance forte de 10,94% à Bondoukou
et 7,50% à San Pedro25 (MENFB, 1999). Les nouvelles
orientations au sein des politiques éducatives à leur
égard ont entraîné une progression de 13% dans le primaire
et 58% dans le secondaire général de leurs effectifs entre 2003
et 2005 en zone gouvernementale (graphique 2).
25 Il faut signaler le projet BAD éducative IV
concernait les DRENFB d'Abengourou, de Bondoukou, de Korhogo, d'Odienné
et de San Pedro et en 2 ans le taux d'évolution des filles était
de 24% entre 1993 et 1996
Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro
Graphique2 : Evolution des effectifs dans le
primaire et le secondaire général en zone
gouvernementale.

400 000
200 000
800 000
600 000
0
2002/2003 2003/2004 2004/2005
Primaire secondaire
Source : MEN/DIPES, 2006
Au regard de ce qui précède, on peut dire que
les politiques éducatives ont eu d'effets positifs au sein de la
population scolarisable. Cependant des efforts supplémentaires doivent
être entrepris car cette évolution des effectifs dans les
écoles et lycées ne traduit pas globalement la
réalité scolaire. Le taux de scolarisation national au primaire
(48,8%) reste faible et loin de l'objectif fixé en 2000 (BUNAP,
2006)26 et des disparités subsistent au niveau des
régions (graphique 3).
Graphique3 : Taux de scolarisation du niveau
primaire par région en 2002/2003 et 2004/2005

120,0
100,0
40,0
20,0
80,0
60,0
0,0
2002/2003 2003/2004 2004/2005
Source : MEN/DIPES, 2006
Cette disparité laisse paraître des
défaillances et obstacles qui privent encore des milliers et
peut-être des millions d'enfants d'avoir accès à
l'éducation, tel est l'objet de du paragraphe suivant.
26 BUNAP (2006). Programme national d'action en
matière de population 2002-2006.Rapport établi dans le cadre du
projet IVC/97/PO8 appui à la mise en oeuvre de la Politique National de
la Primature, Ministère de la Planification du Développement,
Abidjan, pp.40.

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro

2.2.2 Contraintes
Malgré les progrès enregistrés et les
reformes engagées, le système scolaire rencontre un certain
nombre de contraintes parmi lesquelles se situe une forte croissance
démographique (3,3%) par an, une faible demande de scolarisation dans
certaines zones, un système éducatif encore sélectif qui
laisse moins de chance aux filles (BUNAP, 2006).
Cette situation est encore plus prononcée dans la ville
de San Pédro. Deuxième ville portuaire de la Côte d'Ivoire,
San Pedro a connu une expansion économique et démographique
très rapide. Elle abrite un des plus grands bidonvilles de l'Afrique de
l'ouest (Bardot). Le conflit armé a entraîné un
déplacement massif vers cette ville et les conséquences sur les
services sociaux ont été immédiates. Au niveau
éducatif, nombreux sont les actions qui ont été
réalisés pour scolariser la population. C'est aussi le cas des
constructions des cantines, des opérations de distributions des kits
scolaires, de la mise sur pieds des établissements de relais pour
contenir le supplément d'élèves fuyants les zones de
combat etc....Mais ces efforts qui ont produit des résultats non
négligeables sont encore vain car San Pedro occupe toujours une place
peu honorable parmi les villes qui ont des taux de scolarisation les plus
faibles du pays ceci à tous les niveaux scolaires (voir graphique3).
Néanmoins, dans un élan de reconstruction
nationale impulsé par l'accord de paix de Ouagadougou, il est
nécessaire de diagnostiquer la situation actuelle de l'éducation
des enfants de 6 à 15 ans car il faut rappeler que c'est à cette
frange de la population qu'incombe la responsable de garantir la paix durable
des générations futures ceci à travers leurs attitudes et
leurs sens de responsabilités que l'école leur procurera. Pour
mener à bout notre étude, nos données proviennent de
l'enquête sociodémographique que l'ENSEA et ses partenaires aux
développements (UNFPA, PAS) ont réalisé en 2007 dans le
département de San Pedro. La ville de San Pedro a été
choisir non seulement parce qu'elle est un laboratoire pour l'ENSEA mais aussi
parce qu'elle présente une situation scolaire est préoccupante et
la définition de meilleurs programmes de développement
s'impose.


Chapitre 2: méthodologie de l'enquête,
constitution de la base
Nous ne pouvons commencer le traitement des données
dont nous disposons sans faire au préalable une brève
présentation de la méthodologie de l'enquête et de collecte
de celles-ci. Les deux parties de cette section sont d'une importance capitale
en ce sens qu'elles permettent de mettre en évidence l'objectif de
l'enquête, d'avoir un bref aperçu sur la constitution de notre
échantillon et le mode d'administration des questionnaires. La seconde
partie présentera le procédé de constitution de la base
population et les outils statistiques qui nous permettront d'effectuer les
analyses.
2.1. METHODOLOGIE DE L 'ENQUETE
2.1.1. Conception de l'enquête
L'enquête sur la ville de San Pedro a été
exécutée par l'ENSEA sur la demande, du UNFPA et le PASP. Elle a
bénéficié de l'appui financier de ces derniers. Cette
enquête s'inscrit dans le cadre de la recherche d'informations à
travers des indicateurs de base en vue de définir des politiques
adéquates pour améliorer les conditions de vie des ménages
au lendemain du conflit armé. Aussi est-elle d'un enjeu pour l'ENSEA. En
effet, au niveau académique, l'ENSEA étant une école
supérieure qui forme aux métiers et techniques de la statistique,
cette enquête permettrait à ses étudiants de participer
à une opération de collecte au cours de leur formation. Ceci pour
les accoutumer aux réalités du terrain et compléter la
formation théorique reçue.
2.1.1.1. Objectif de l'enquête
Cette enquête vise, de façon globale, à
analyser plus spécifiquement la politique de reconstruction des services
sociaux de base et celle de la relance économique dans le souci
d'améliorer le bien être social des populations.
Dans cette optique, elle poursuit les objectifs suivants :
· D'analyser les impacts de la crise socio-politique ;
· D'identifier les ressorts et les perspectives
économiques de la commune ;
· D'appréhender des facteurs de cohésion
sociale ;
· De formuler des propositions d'actions locales à
entreprendre dans le cadre de la politique post-crise ;
· De définir une méthodologie statistique
pour l'élaboration d'un tableau de bord pouvant aider à formuler
une politique de développement local post-crise.
Les informations ainsi collectées seront
organisées dans une base de données et pourront aider les ONG,
les collectivités locales de San Pedro et les organismes de
planification et de développement à mieux défendre les
spécificités locales lors de l'élaboration et de la mise
en oeuvre de la politique de reconstruction post-crise. Ainsi contribuera-elle
à améliorer la qualité de vie de la population.
Toutefois, pour atteindre les objectifs ci-dessus, la
démarche adoptée se décline en trois points saillants. Il
s'agit de l'élaboration de la méthode d'échantillonnage,
de l'élaboration des questionnaires et du déroulement de la
collecte.

Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro




Analyse de la situation de l'éducation des
enfants de 6 à 15 ans : Cas de la commune de San Pedro



2.1.1.2. Echantillonnage
a) plan de sondage : un sondage à deux
degré et trois degré
La collecte des données s'est déroulée
dans toute la ville de San Pedro, soit dans ses treize (13) quartiers, et deux
villages environnants. Deux types de sondage ont été
utilisés au cours cette l'enquête. Il s'agit :
D'abord, un sondage à deux degré avec
stratification des unités primaires a été fait pour
tirés les ménages. 17 strates sont retenues à cet effet
dont 15 en milieu urbain et 2 en milieu rural. Dans chacun des strates, la
méthode de tirage consistait à tirer les îlots avec des
probabilités inégales au prorata du nombre de ménage
contenu dans chaque quartier. Et à l'issu de ce tirage, 110 îlots
ont été retenus. Au second niveau, les îlots tirés
constituaient la base de sondage dans laquelle tous les ménages ont
été dénombrés. C'est par une méthode de
sondage aléatoire simple à probabilité égale sans
remise que les ménages ont été tirés.
Enfin, un sondage à trois degré avec
stratification des unités primaires a servi pour réaliser les
échantillons des individus éligibles aux questionnaires
éducation des enfants, santé de l'enfant et de la mère. Le
critère de sélection des individus à ce niveau
dépendait du type de questionnaire. En ce qui concerne le questionnaire
éducation qui a servi d'analyse dans notre étude, les enfants
sélectionnés sont ceux qui ont un âge compris entre 6 et 15
ans. Cependant, si le nombre total d'enfants sélectionnés est
tout au plus quatre par ménage, dans le cas où il existerait dans
le ménage plus de quatre enfants ayant un âge compris dans cette
tranche d'âge, le choix serait fait par ordre croissant des âges
(c'est-à-dire du plus petit âge au plus élevé).
b) L'échantillon
Sur le terrain le dénombrement a abouti au recensement
de 1762 ménages répartis dans les 15 strates de la zone urbain et
2 strates de la zone rurale. La taille de l'échantillon prévu
était de 2200, mais seulement 1722 ménages ont été
déclarés interviewés par les chefs d'équipes soit
97,7% de la taille initiale. 1492 ménages des ces ménages se
trouvent en milieu urbain contre 250 en milieu rural. La population
enquêtée à travers les îlots a été
estimée à 8915 individus et les enfants de 6 à 15 ans sont
au nombre de 2183.
2.1.1.3 Présentation du
questionnaire
Après avoir dénombré les îlots et
les ménages, les étudiants ont procédé à
l'interview des membres des ménages sélectionnés des
îlots retenus. Cette méthode de collette dénommée
«interview directe» a été réalisée
grâce à cinq (5) questionnaires différents qui ont
été testés et améliorés au cours de la
formation et du pré-test avant leur utilisation pour la phase effective
de terrain. Il s'agit de :
> Un questionnaire ménage : il a
permis d'enregistrer tous les membres du ménage avec certaines de leurs
caractéristiques sociodémographiques et culturelles. Il contient
également des informations sur les commodités de logement du
ménage.
> Un questionnaire individuel adressé au
chef du ménage: il a permis d'appréhender les conditions
de vie du ménage, la perception de la cohésion sociale, ainsi que
les perspectives professionnelles du chef de ménage. De plus, ce
questionnaire permet d'avoir un aperçu sur l'impact que peut avoir la
présence du port autonome de San
Pedro non seulement sur les activités des
ménages (externalités positives ou négatives) ou /et leur
tranquillité, leur bien-être, mais aussi sur les emplois directs
ou indirects engendrés.
> Un questionnaire éducation des
enfants donne une idée précise de la situation
scolaire des enfants de 6 à 15 ans et évalue la
portée de certaines politiques.
> Un questionnaire santé des enfants
fournis des informations sur la situation sanitaire
des enfants de mois de 5 ans
> Un questionnaire santé de la
mère quant à lui analyse les conditions dans
lesquelles
les femmes se font leurs soins prénatals avant, durant et
après l'accouchement.
2.1.1.4. Déroulement de
l'enquête
Après qu'une équipe se soit rendue au lieu de
l'enquête pour la sensibilisation des autorités et la population,
la formation des enquêteurs s'est effectuée et elle a
été précédée d'une enquête pilote afin
d'ajuster les différents questionnaires. L'enquête s'est
déroulée durant une période de deux semaines.
Période durant laquelle une première étape de trois jours
(03) était destinée au dénombrement des ménages des
îlots tirés. Ensuite, la phase de collecte proprement dite s'est
étendue tout au long du reste de la durée (18 jours).
Du retour du terrain, la phase de codification a commencé
suivi trois jours après de la phase de saisie effectuée à
l'aide du logiciel Epi info.
2.1. CONSTITUTION DE LA BASE
2.2.1. Apurement des données
L'apurement est l'une des phases les plus importantes du
traitement des données d'enquêtes. Il précède
l'analyse des résultats de l'enquête et vient tout juste
après la saisie des données. La fiabilité des
résultats obtenus est largement tributaire de cette phase qui s'impose
au statisticien dans son travail de collecte, de traitement et de diffusion de
l'information. Elle se déroule généralement en plusieurs
étapes. Rappelons que nous n'exposerons que les méthodes et
mécanismes de traitement de données que nous avons
utilisé.
2.2.1.1. Contrôle des
données
L'apurement vise à détecter les erreurs et les
incohérences dans la base. Pour Christian GOURIEROUX27, les
différents types de contrôle à effectuer sur les
données collectées et saisies sont :
> Le contrôle par comparaison avec les meilleures
données ;
> Le contrôle comptable destinée à
vérifier si les données respectent une certaine logique comptable
;
> Le contrôle de structure et de validité visant
à vérifier s'il n'existe pas dans la base, des modalités
ou codes qui ne devraient pas exister.
2.2.1.2. Traitement des données
manquantes
Le phénomène des non-réponses est assez
fréquent dans les enquêtes statistiques. Il se matérialise
par des vides au niveau de certains champs d'une base de données.
27 GOURIEROUX Christian, Théorie des sondages, Economica,
Paris 1981, PP.24-26.
La résolution de ce problème demeure l'un des
objectifs de l'apurement. Toutefois, il convient de distinguer, au niveau des
non-réponses, les sans objets et les valeurs manquantes à
proprement parler.
a) Les sans objets
Les "sans objets" sont des non-répondants à une
question du fait de leur inéligibilité pour cette question. Dans
le cas de cette enquête les "sans objets" ont été
définis. Par exemple, tous les individus de moins de 6 ans ne sont pas
concernés par les questions concernant l'alphabétisation, le
niveau d'instruction et l'emploi. Ce sont les questions Q15 à Q26 du
questionnaire ménage. De même tous les individus de moins de 12
ans ne sont pas concernés par la question sur l'état matrimonial
; il s'agit de la question Q23 du questionnaire ménage. Le code 8 a
été choisi pour codifier les "sans objets".
b) Traitements des valeurs
manquantes
C'est la phase la plus délicate dans l'apurement des
données. Il s'agit d'abord d'évaluer le mécanisme de
non-réponses et ensuite de faire le choix de la méthode de
traitement.
Concernant le mécanisme de non réponse, on
distingue types :
Les données manquantes complètement dues au
hasard (MCAR pour Missing completely at random) : la probabilité de
réponse pour la variable d'intérêt y est la même pour
toutes les unités de la population et ne dépend donc ni des
variables auxiliaires ni de la variable d'intérêt
Les données manquantes dues au hasard (MAR pour Missing
at random) : la probabilité de réponse pour la variable
d'intérêt y dépend des variables auxiliaires
Les données manquantes non dues au hasard (NMAR pour
Not missing at random) : la probabilité de réponse pour la
variable d'intérêt y dépend d'un ou d'autres variables non
étudiées.
La méthode Hot deck aléatoire a
été utilisée pour traiter ces valeurs manquantes. Cette
méthode consiste à produire une « valeur artificielle »
pour remplacer la valeur manquante. Elle permet d'utiliser un poids unique
associé à chaque individu ou modalité, si bien que les
résultats de diverses analyses seront nécessairement
cohérents. On remplace la valeur manquante par la valeur observée
chez un répondant proche, appelé donneur. Et le donneur est
choisit au hasard parmi les répondants (Hot deck d'ensemble).
2.2.1.3. Recherche de doublons, Contrôles
interne et de vraisemblance
Le phénomène de doublons représente le
fait qu'un ménage ou un individu soit enregistré plusieurs fois
dans la même base de données. Cela pourrait non seulement
augmenter inutilement la taille de la base de données mais aussi de
biaiser les analyses faites en prenant en compte ces doublons. La
méthode utilisée est la plus usuelle de détection des
irrégularités dans une base. Elle consiste à la mise en
regard des réponses à plusieurs questions communes des
questionnaires concernés et de supprimer celle qui sont superflues
après avoir pris connaissance de ces derniers.
Parfois, une réponse donnée à l'une de
ces questions n'autorise pas une certaine réponse aux autres questions.
En effet il serait aberrant de rencontrer dans une base de données : un
chef de ménage âgé de moins de 10 ans, une épouse de
moins de six ans, un individu de niveau scolaire supérieur qui ne sait
pas lire ni écrire, etc. Ces aberrations supposent une mauvaise
réponse à l'une des questions concernées. C'est ainsi
qu'un contrôle des données est donc nécessaire pour
s'assurer de la cohérence interne dans la base et la meilleure
manière de parvenir à une bonne correction est d'élaborer
des tableaux croisés entre
les variables. Plus encore, un masque de saisie basé
sur des contrôles appropriés ne garantit pas une base propre et
dépourvue d'erreurs. Même avec une formation rigoureuse des agents
de collecte, des agents de codification et une supervision des
opérations de codification et de saisie, les incohérences peuvent
toujours apparaître. Elles sont liées à la mauvaise
compréhension des instructions par les agents de collecte, à la
mauvaise codification et à la mauvaise saisie. Mais la mauvaise foi des
enquêtés eux-mêmes conduit à des réponses
erronées. C'est donc |