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La nécropole mérovingienne "la chapelle" de Jau-Dignac et Loirac (Garonne): Détermination de liens de parenté par approche paléogénétique

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par Diane Thibon
Université de Bordeaux 1 - Master 2 2009
  

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2. Les quatre phases d'occupation du site

Figure 4 : Plan général du site archéologique (in Cartron et Castex2008).

2.1. Le temple antique

La phase d'occupation la plus ancienne du site se manifeste par la présence d'un fanum. Ce petit temple antique, constitué d'une cella carré, d'une galerie périphérique et d'un pronaos, aurait été utilisé autour du Ier siècle après J.-C, puis abandonné à la fin du IVe siècle (fig. 4). Les pièces de monnaie retrouvées au sein du temple, permettraient de dater certains niveaux d'occupation du temple mais malheureusement la période de sa fondation reste obscure. De plus, malgré la découverte de nombreux vestiges au sein de cet édifice (différents types de monnaies, nombreuses clochettes en bronze) aucun culte lié au fanum n'a pu être identifié.

2.2. La nécropole mérovingienne

Figure 5 : Plan de la nécropole mérovingienne (Phase 2) (in Cartron et Castex 2009).

Après un hiatus d'occupation pour les Ve et VIe siècles, le temple et ces alentours sont transformés en espace funéraire (fig.5). Les ruines du temple sont aménagées pour servir de bâtiment funéraire autour duquel une petite nécropole s'est développée au fil du temps. A ce jour, une cinquantaine de tombes ont été découvertes. Cet espace funéraire se compose de

plusieurs regroupements plus ou moins évidents dont les sépultures ont -pour une grande partie- la caractéristique commune d'être alignées selon un même axe nord- est/sud- ouest.

Le groupe le plus apparent est retrouvé au sein même du bâtiment funéraire réaménagé sur l'ancienne cella. Ce bâtiment, une église semblerait-il, rassemble un groupe de 11 sépultures plus ou moins alignées contre les parois nord et sud de l'édifice dans un sens nord-est/sudouest. L'alignement de ces sépultures suggère un fonctionnement de circulation au sein de l'église selon un axe ouest/est avec une ouverture principale à l'ouest. On compte parmi ces sépultures six sarcophages ainsi que deux coffrages de bois.

Le deuxième groupe de sépulture marqué est situé dans la partie occidentale de la nécropole. Il semble presque en décalage avec les autres groupes car les sépultures (uniquement des sarcophages) semblent moins nombreuses et mieux organisées. Ce petit ensemble funéraire se compose de sept sarcophages dont cinq sont regroupés distinctement. Parmi ces cinq tombes, trois d'entre elles forment une rangée parfaite. Toujours à l'Ouest mais plus proche de l'église, les deux derniers sarcophages ont causés l'arasement du mur Ouest des anciennes galeries du fanum. Le même phénomène est observé au niveau de la galerie sud ou deux sépultures se sont installées sur le mur et à l'intérieur de la galerie.

Dans cette même région sud, une quinzaine de sépultures sont regroupées de manière désordonnée. Ces tombes, beaucoup de coffrage de bois et quelques sarcophages, sont toujours orientées sommairement dans la direction nord-est/sud-ouest, hormis deux sarcophages dont l'orientation est radicalement différente (sud-ouest/nord-est). On observe des calages en pierre autour de la majorité des fosses situées dans ce secteur. Une étude plus précise des ces tombes est en cours.

La partie nord comprend globalement 9 sépultures, dont 3 sont des sarcophages presque détruits. Sept d'entre elles semblent disposées parallèlement aux parois intérieure et extérieure de la galerie du fanum.

La zone la plus à l'Est est un peu plus confuse et se compose approximativement de 12 sépultures ne comprenant aucun sarcophage. Trois fosses sont disposées parallèlement à la paroi de l'édifice et sont donc orientées dans une direction nord/sud, orientation perpendiculaire à la majorité des autres tombes. Pour finir, quatre petites fosses entourées de calage de pierre ont été trouvées plus ou moins regroupées à l'extrême Est de la nécropole.

A l'issue de cette description, nous pouvons remarquer qu'il existe donc une certaine hétérogénéité non seulement dans la disposition des sépultures au sein des pôles et entre pôles

mais également dans la nature même des ces tombes mérovingienne (sarcophages, contenants en bois avec ou sans calage de pierre, avec ou sans aménagement particulier).

Selon les responsables de la fouille et des études, cet espace funéraire privé, de type oratorium, aurait constitué un lieu de mémoire familiale à la fin de l'époque mérovingienne. L'utilisation de cet oratorium se serait achevée autour du XIe siècle, période à laquelle cette petite église fut détruite.

2.3. Habitats de la fin du Haut Moyen-âge

A la nécropole mérovingienne succède une occupation qui suggère la présence de petits habitats, de type cabane, dont subsistent surtout des structures en creux (fosses, silos, trous de poteaux) (fig.6). Ces structures laissent penser que l'église aurait été totalement détruite et de nombreuses cuves de sarcophage auraient également été arasées sans doute pour la récupération des matériaux. Ces destructions forment une bande ouest-est sur laquelle se concentrent les vestiges d'habitats. Iles concernent les restes d'une première cabane située à l'angle sud ouest, formé par les anciens murs du fanum ainsi que d'autres éléments (silo, structure en tuiles) dans la zone est. Plusieurs petites fosses et trous de poteau sont également observés de manière assez éparse sur le site. On peut dénombrer aujourd'hui quatre petits habitats dispersés. Malheureusement, il n'a pas été possible de dater précisément ces vestiges en raison du peu de matériel retrouvé. Il a été proposé une large fourchette chronologique comprenant une période s'étalant du IXe au XIe siècle.

Figure 6 : Plan des structures d'habitats (phase 3) (in Cartron et Castex 2009).

2.4. Chapelle et cimetière médiéval à moderne

C'est entre le XIIIe et XVe siècle, et fort probablement par hasard, que le site est de nouveau utilisé. Une chapelle est alors construite à peu près au même emplacement que les précédents bâtiments (fig. 7). Ce dernier type d'occupation est assez mal représenté sur le site car il se compose de niveaux presque totalement arasés par les labours successifs. De plus, la totalité des matériaux de construction de la chapelle ont été récupérés, y compris les fondations, ce qui explique également que seuls les négatifs du bâtiment aient été mis à jour. Les quelques informations retirées de ces négatifs indique une chapelle à nef unique avec une abside semi circulaire et deux piliers à l'entrée. Par la suite, un porche fut adjoint à la partie occidentale de la chapelle. Les sources écrites nous apprennent que cet édifice fut fréquenté et maintenu en bon état jusqu'en 1737 puis laissé à l'abandon dans les années 1780. La chapelle fut fermée en 1787 puis vendue en 1792.

Figure 7 : Plan de la chapelle et du cimetière médiévaux et modernes (phases 4 et 5) (in Cartron et Castex 2006).

Autour et à l'intérieur de cette chapelle, de nombreuses sépultures ont été mises à jour.

Ce cimetière, en grande partie localisé sur la zone 1 (32 sépultures) mais aussi sur la zone 2 (7 sépultures), fut utilisé du bas Moyen-Age à l'époque moderne. Malheureusement, pour ce

dernier stade d'occupation, il a été difficile de bien séparer chronologiquement les vestiges médiévaux (phase 4) des vestiges modernes (phase5).

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