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Evaluation de l'impact environnemental : le rôle des outils de gestion

( Télécharger le fichier original )
par Iouri Sorokine
ESSCA - Master gestion/finance 2008
  

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2. Une prépondérance des données physiques

a) Bien distinguer les "inputs" et les "outputs"

La deuxième question de recherche que je suis amené à traiter porte sur le type de données utilisées par les outils de gestion environnementaux. La première hypothèse à ce sujet, nommée H 2.1 est que l'impact environnemental d'une entreprise soit exprimé à l'aide de données physiques.

Avant de parler des données utilisées par les outils, il faut noter qu'un bon nombre de ceux ci comportent des données entrantes (que l'on peut appeler des "inputs") et des données sortantes (que l'on peut appeler des "outputs"). C'est notamment le cas des ACV, des bilans carbone et des tableaux de bord. En schématisant cette affirmation, on obtient ceci:

Données entrantes: "inputs"

 
 
 
 

Données sortantes: "outputs"

 
 

OUTIL

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L'outil servant à rendre des données lisibles, interprétables, ou à effectuer des analyses, il est possible que les données entrantes et sortantes ne soient pas du même type.

Il est par exemple possible d'avoir en entrée, des données physiques et des données financières en sortie: si on traduit des émanations de carbone par les couts

qu'elles engendrent en taxes. Autre exemple envisageable avec des données physiques en entrée et des données qualitatives en sortie: un outil qui permet de fournir une analyse commentée à partir de chiffres relatifs aux différents impacts (production de déchets, matières consommées, rejets...).

b) Des données physiques en entrée

D'après ce qui a été observé sur le terrain, les données servant d'inputs aux différents outils de gestion environnementaux sont bel et bien des données physiques. On parle de "litres d'essence", de "kilos de gaz", de "kilos de déchets", de "kilowattheures d'énergie" et d'autres flux physiques de diverses natures, qui dépendent des paramètres mesurés.

Tous ces flux vont alimenter les outils. Qu'il s'agisse d'un bilan carbone, d'une analyse de cycle de vie ou de tableaux de bord, les mesures de base sont effectuées en données physiques.

Ceci nous permet de valider de manière tout à fait certaine l'hypothèse H 2.1.

Dans le cadre des tableaux de bord, des données financières peuvent venir compléter les informations fournies par les données physiques. Une dépense d'énergie chiffrée en Kilowattheures peut par exemple s'accompagner d'un suivi des coûts liés à cette dépense, mais la recherche d'une meilleure efficience énergétique vise à réduire la quantité d'énergie consommée (directement contrôlable) plutôt que son coût, qui dépend à la fois de la quantité consommée que du prix de l'énergie sur les marchés (sur lequel les entreprises n'ont pas d'emprise).

c) A la recherche d'unités pertinentes

Concernant les données entrantes, la recherche d'efficience passe par la récolte de données les plus précises possible. A côté de cela, le but des données sortantes est d'en fournir l'interprétation la plus pertinente possible. Ces données peuvent être de plusieurs types:

Dans le cadre d'une ACV, il s'agit d'agréger les mesures des impacts mesurés tout le long de la chaîne de production et les répartir sur ses différentes étapes. Les unités sortantes sont donc identiques aux unités entrantes mais le point de vue fourni est global et permet de les analyser. On peut par exemple voir à quelle étape la production des déchets est la plus importante, quelle étape est la plus gourmande en énergie... ce qui n'est absolument pas possible en utilisant directement la multitude de mesures effectuées sur le terrain. La limite de cette démarche réside dans le fait de ne pas pouvoir comparer entre eux de façon pertinente les différents types d'impacts.

Le bilan carbone fonctionne sur le même principe mais convertit cette fois l'ensemble des impacts en équivalent carbone, c'est à dire qu'au lieu de comptabiliser une consommation de matières premières (exprimées en poids de cette matière consommé), on calcule la quantité de CO2 dégagée pour produire la matière en question. Rien ne change à ce niveau là vis à vis de notre hypothèse (on a toujours des données physiques en entrée et en sortie) mais on obtient cette fois une échelle de comparaison des différents impacts, bien qu'elle soit centrée sur le carbone, au détriment d'autres aspects.

d) Les données financières ne permettent pas de traduire l'impact environnemental

Même si les informations financières peuvent permettre de compéter des données physiques au sein d'un tableau de bord, il est clairement apparu que les outils permettant de traduire un impact environnemental en unités financières ne sont pas mis au point.

Des outils tels que l'ACV et le bilan carbone n'intègrent pas du tout l'aspect financier car leur but est justement de se concentrer sur les flux physiques. Les tableaux de bord les intègrent parfois mais en tant que complément d'information.

La question de savoir si l'entreprise traduit ses impacts environnementaux en unités financières, la réponse a été négative dans tous les cas. D'une manière

générale, aucune recherche d'équivalence directe entre les unités financières et impacts environnementaux n'a été mise en avant au cours de l'étude terrain.

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