|
U N I V E R S I T É P A R I S 1 P A N T H É O
N - S O R B O N N E
MASTER MANAGEMENT DES ORGANISATIONS
- M2
SPÉCIALITÉ
PROFESSIONNELLE : MANAGEMENT DES SYSTÈMES
D'INFORMATION ET DE
CONNAISSANCE
MÉMOIRE
CONFIDENTIALITE ET ERGONOMIE, PERSONNALISER L'ACCES
AU S.I.R.H. AVEC LE CONTROLE D'ACCES BASE SUR LES ROLES
(R-BAC)
|
RÉDIGÉ ET SOUTENU PAR :
|
|
CHRISTOPHE THOMAS
|
|
PROMOTION JB 2007
|
|
|
DIRECTEUR DE MÉMOIRE :
|
|
INDIQUER ICI LE NOM DU DIRECTEUR DE
MÉMOIRE
|
|
|
DATE DE LA SOUTENANCE :
|
|
LAISSER CETTE LIGNE EN BLANC ET NE RIEN INSCRIRE SI
VOUS NE LA CONNAISSEZ PAS ENCORE
|
INSTITUT D'ADMINISTRATION DES ENTREPRISES DE
PARIS
L'UNIVERSITÉ N'ENTEND DONNER AUCUNE APPROBATION NI
IMPROBATION AUX OPINIONS ÉMISES DANS CE MÉMOIRE : CES OPINIONS
DOIVENT ÊTRE CONSIDÉRÉES COMME PROPRES À LEUR
AUTEUR.
CONFIDENTIALITÉ ET
ERGONOMIE, PERSONNALISER L'ACCÈS AU S.I.R.H. ET PROPOSER UN
ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL INFORMATIQUE ORIENTÉ MÉTIER AVEC LE
CONTRÔLE D'ACCÈS BASÉ SUR LES RÔLES
(R-BAC)
Table des matières
1 Introduction
6
1.1 Les rôles : clés des nouveaux
paradigmes des accès au système d'information
6
1.2 Trouver comment conjuguer
confidentialité et ergonomie avec l'ingénierie des
rôles
6
2 Quelle solution pour personnaliser l'accès
au système d'information
9
2.1 Comment différencier les accès au
système d'information de l'entreprise ?
9
2.1.1 les nouvelles tendances RH imposent de
déléguer certaines tâches à différentes
catégories d'acteurs dans l'entreprise
9
2.2 Pourquoi avoir une approche ergonomique ?
14
2.3 La gestion des identités et des
accès
15
2.3.1 gestion des accès
15
2.3.2 gestion des identités
16
2.3.3 De la gestion des rôles à
l'ingénierie des rôles
16
2.4 fournir un environnement de travail dynamique
grâce à un système d'information dirigé par les
rôles
16
2.5 Les enjeux économiques de la mise en
place d'un dispositif R-BAC
18
3 De GIP à HR-Access, des progiciels en
phase avec leur époque
20
3.1 Le SIRH : HRA Suite 7
20
3.1.1 Son histoire et ses aspects techniques
20
3.1.2 Le Modèle Conceptuel des
Données du SIRH
22
3.1.3 Aspects fonctionnels
22
3.1.4 La gestion de la confidentialité avec
la gestion des accès par profils
23
3.2 Les nouveautés de HRA Suite 7
28
3.2.1 Les rôles
28
3.2.2 Paramétrage technique des
rôles
31
3.3 Ergonomie de l'application et
Caractéristiques de HRa Space
33
3.3.1 Une interface utilisateur orientée
métier
33
3.3.2 Ecran type du salarié
34
3.3.3 Ecran type du responsable
34
3.3.4 Page d'accueil Expert RH
34
3.4 En conclusion.
35
4 Est-il possible de protéger l'accès
à l'information en facilitant son accès ?
36
4.1 Confidentialité : un des aspects
fondamentaux de la sécurité
36
4.1.1 Approche par les risques.
37
4.2 Ergonomie
43
4.2.1 ISO 13407
43
4.2.2 ISO/TR 16982 :
44
4.2.3 Conception basée sur les intentions de
l'utilisateur
45
4.2.4 Conception basée sur des
Critères d'ergonomie
47
4.2.5 Conception basé sur le contexte de
l'utilisateur
48
4.3 R-BAC
50
4.3.1 Assembler l'authentification à
l'autorisation
50
4.3.2 Utilisateurs, sujets, objets,
opérations et permissions
50
4.3.3 Description formelle du R-BAC par Ferraiolo
et Kuhn
51
4.4 Définir un modèle conceptuel des
données pour R-BAC
53
4.4.1 Utilisateurs
53
4.4.2 Action fonctionnelle
54
4.4.3 règles métiers (business
rules)
54
4.4.4 Rôle
54
4.4.5 Unité organisationnelle
54
4.4.6 permissions
54
4.4.7 contextes
54
4.4.8 Exclusions
54
4.4.9 Risques
55
4.5 règles d'héritage des
permissions
55
4.5.1 Héritage des permissions par les
rôles
55
4.5.2 Héritage organisationnel des
permissions
55
4.5.3 Héritage hiérarchique des
permissions
55
4.5.4 Héritage des permissions par les
couples (rôle, organisation)
55
4.5.5 Les exclusions
56
4.5.6 Propositions de modèle conceptuel pour
un R-BAC étendue
56
4.5.7 Les limites de R-BAC
56
4.5.8 Les différentes catégories de
contraintes dans R-BAC
57
4.5.9 Contraintes contextuelles
59
5 A la recherche d'une ingénierie des
rôles
62
5.1 Méthode empirique
62
5.1.2 La collecte des accès
nécessaire
63
5.1.3 La définition des attributs des
utilisateurs.
63
5.1.4 La validation du modèle.
64
5.1.5 La création de la politique à
partir des accès nécessaire
64
5.1.6 Analyse critique du modèle existant
des déclarations faites dans les systèmes et applications
cibles.
65
5.2 ingénierie des rôles
65
5.2.1 ingénierie des rôles
basés sur les scénarios
65
5.2.2 Ingénierie des rôles
basés sur les buts
66
5.2.3 Une ingénierie des exigences pour les
rôles
66
5.2.4 Un cadre de référence pour les
scénarios :
67
5.2.5 Appliquer l'utilisation des scénarios
à l'ingénierie des rôles.
68
5.2.6 Interrelations des modèles et
définition documentaire
69
5.2.7 Des profils de travail aux rôles
71
5.3 Mise en oeuvre du processus d'ingénierie
des rôles
72
5.3.1 Identifier et formaliser des scénarios
d'utilisation
72
5.3.2 Tirer les permissions des
scénarios
75
5.3.3 Identification des contraintes de
permissions
77
5.3.4 Rationalisation des modèles de
scénarios
79
5.3.5 Définir les tâches et les
profils de travail.
80
5.3.6 En déduire une hiérarchie des
rôles préliminaire
81
5.3.7 Définition du modèle R-BAC
84
6 Résultats et perspectives
86
6.1 Créer un espace de travail
orienté métier en utilisant l'accès basé sur les
rôles
86
Glossaire :
88
Index
89
Bibliographie
91
1 Introduction
1.1 Les rôles :
clés des nouveaux paradigmes des accès au système
d'information
Le système d'information n'existe pas pour lui-même,
mais pour rendre service à un utilisateur ou un groupe d'utilisateurs.
C'est l'utilisateur qui déclenche le processus de gestion. C'est lui qui
donne ou reçoit les informations du système d'information (S.I).
L'utilisateur qui donne les informations en entrée peut ne pas
être le même que l'utilisateur qui déclenche le processus ou
celui qui bénéficie du résultat. L'utilisateur n'est pas
le même parce qu'il a un rôle différent dans le processus
d'entreprise. Dans cette étude nous nous intéresserons au
rôle comme moyen d'accès au SI.
Depuis plusieurs années, de plus en plus d'auteurs font
appel aux rôles pour modéliser les processus d'entreprise. Nous
pouvons prendre par exemple la multi-méthode EKD-CMM
élaboré par le CRI à l'IAE de Paris.
Dans la façon de modéliser d'EKD-CMM, les
entreprises forment des réseaux de processus reliés afin
d'atteindre leurs objectifs. Ce qui se passe dans les processus est
regardé en termes de rôle que les individus ou les groupes jouent
afin de réaliser leurs tâches. Les utilisateurs exécutent
des activités pour atteindre les objectifs de l'entreprise. Les
activités sont portées par des rôles différents
suivant les processus métier. Le modèle d'acteur/rôle vise
à décrire comment des acteurs sont reliés à chaque
autre et ainsi qu'aux buts. Ce modèle de rôle/activité est
utilisés dans EKD-CMM pour définir les processus d'entreprise, la
façon ils consomment ou produisent des ressources pour atteindre les
objectifs de l'entreprise.
Alors que EKD-CMM utilise les rôles pour participer
à la définition du système à construire, notre
approche des rôles sera différente pour plusieurs raisons. Le
système d'information que nous souhaitons implémenter
pré-existe, il s'agit d'un système d'information des ressources
humaines (SIRH). Il couvre 85 % du besoin. Des adaptations seront à
faire, mais une infrastructure technique et un ensemble d'outils sont
disponible. Les rôles doivent nous servir définir les accès
à l'infrastructure et aux outils nécessaires à un groupe
d'utilisateur devant exercer les mêmes tâches. Il s'agit donc d'une
définition à posteriori des rôles. Cette définition
des rôles nous la voudrions dynamique afin qu'elle s'adapte aux contextes
du sujet qui utilise le rôle.
1.2 Trouver comment conjuguer
confidentialité et ergonomie avec l'ingénierie des
rôles
Nous avons vu que les applications informatiques en entreprise
doivent être maintenant accédées par une multitude
d'utilisateurs. Ces utilisateurs ont des attentes et des besoins
différents par rapport à cette application. Ces attentes et ces
besoins peuvent être regroupées et liées dans des
rôles. D'autres contraintes que les attentes et les besoins de
l'utilisateur doivent être prise en compte. Ce sont les contraintes de
confidentialité et les contraintes d'ergonomie. Pour être
ergonomique, l'interaction Homme-Machine à besoin d'un contexte. Les
rôles et l'organisation de l'utilisateur peuvent fournir le contexte
recherché.
Il va donc s'agir pour nous, d'identifier les rôles et
d'identifier les entités nécessaires aux tâches de
l'utilisateur. Ainsi, l'utilisateur ne verra que ce qu'il a le droit de voir et
ne pourra effectuer que des tâches et des actions
déterminées sur des populations dédiées selon le
profil qui lui a été attribué. De façon induite, le
contrôle d'accès basé sur les rôles procure une
ergonomie adaptée à chaque utilisateur: Une interface utilisateur
orientée métier. C'est l'ergonomie qui guide l'élaboration
du R-BAC et non plus la sécurité.
Formulé différemment,
cette démarche d'« ingénierie des
rôles » reposera sur la gestion des habilitations et la gestion
de la sécurité.
La gestion des habilitations se base sur la définition de
trois grands principes :
- Les droits d'actions
Scénario : L'utilisateur X a le droit de
créer un dossier dans le cadre du processus d'Embauche.
- Les droits d'actions dans quel périmètre
Scénario : L'utilisateur X a le droit
d'effectuer une action d'embauche uniquement dans le site A.
- Les acteurs des actions
Scénario 1 : Acteur 1 est un utilisateur ayant
les habilitations d'Expert Formation en charge uniquement de la Formation dans
le site A
Scénario 2 : Acteur 2 est un utilisateur ayant
les habilitations de Gestionnaire GA et Gestionnaire formation pour le site A.
L'attribution des habilitations à un acteur se fera en
fonction de ses attributions métiers. Par exemple, un Gestionnaire Paie
qui dans ses attributions n'est en charge que de la Paie ne se verra attribuer
que les habilitations liées à la Paie.
La sécurité dans la
gestion des habilitations garantie :
- La qualité des données
Exemple : C'est le fait de s'assurer que les
données modifiables ne le sont que par les utilisateurs ayant
reçus les habilitations.
- La confidentialité des données
Scénario 1 : C'est de s `assurer qu'un
gestionnaire en charge de la paie ne verra que la paie de son site
d'affectation.
Scénario 2 : C'est de s'assurer qu'un
gestionnaire qui n'est pas en charge de la paie des cadres dirigeants ne puisse
pas voir la population des cadres dirigeants.
Scénario 3 : S'assurer que des données
médicales qui font partie du dossier médical de l'agent ne soit
visible que par le médecin du travail.
Les applications du SIRH (SAP Hr et Hr Access) permettent de
définir et d'attribuer des autorisations spécifiques aux
utilisateurs du système selon leurs fonctions, leurs
responsabilités et leur contexte d'utilisation. Pour pouvoir
définir et attribuer ces autorisations, un travail en amont va
être nécessaire. Par où commencer ? Quelles vont
être les informations à collecter ? Comment discerner les
informations utiles des informations superflues ? De quoi a-t-on besoin
pour paramétrer les rôles ? L'objectif de ce mémoire
va être, pour moi, de faire l'inventaire des fondations théoriques
aux éléments pratiques, pour construire une méthode de
travail pour définir les rôles qui permettront d'accéder au
SIRH.
Comme nous venons de le voir, le fait d'utiliser des
scénarios est une approche intéressante. Elle permet d'expliquer
concrètement les aspects d'un problème. Elle est proche des
attentes de l'utilisateur. Nous pensons qu'elle nous permettra de trouver les
éléments que nous recherchons pour construire le
paramétrage des rôles dans notre application.
2
2 Quelle solution pour
personnaliser l'accès au système d'information
2.1 Comment
différencier les accès au système d'information de
l'entreprise ?
De nos jours, les progiciels métiers ont envahi le
quotidien des employés et cadres de l'entreprise. Ces progiciels en sont
à leur troisième, voire énième version. Chaque
nouvelle version étant enrichit de nouvelles fonctionnalités
issues de la capitalisation faites sur des projets d'implémentations
majeurs, d'autres venants d'un logiciel racheté par l'éditeur
à un autre éditeur. Les multiples fonctionnalités
rajoutées à chaque génération ont fait des
progiciels un énorme framework qui répond à un maximum de
besoins d'une ou de plusieurs directions de l'entreprise.
Ce qui est bien pour le niveau stratégique ne l'est pas
nécessairement pour le niveau opérationnel. Avoir accès
à une centaine d'écrans peut nuire à la
productivité de l'utilisateur final. Un travail est à faire sur
l'ergonomie de l'application. D'autre part, avoir accès à des
centaines d'écrans implique que l'utilisateur peut accéder
à des pages qui ne le concernent pas à plus d'un titre. Il y a
donc un travail à faire sur la confidentialité.

Figure 1 : Les buts des utilisateurs sont
différents lorsqu'ils accèdent au S.I.
La figure 1 illustre notre propos : Comment
différencier les accès au système d'information de
l'entreprise ? Notre réponse est d'expliquer comment le rôle
de l'utilisateur dans l'entreprise peut être un critère
discriminant d'accès à ce S.I.. Pour certains S.I. il faut
gérer des milliers, voire plusieurs milliers d'utilisateurs. L'objet de
cette étude va être de trouver des attributs discriminants de
l'utilisateur pour industrialiser la gestion des accès aux
entités du S.I. : accès aux données qui relève
du domaine de la confidentialité et accès aux autres composants
du S.I. (pages, actions fonctionnels, workflows...). Il s'agira de proposer une
ingénierie des rôles (He 2007)
2.1.1 les nouvelles tendances
RH imposent de déléguer certaines tâches à
différentes catégories d'acteurs dans l'entreprise
Cette différenciation des accès devient un enjeu
majeur avec la délégation de certaines tâches de saisie
directement par les intéressés eux-mêmes.
Jusqu'à présent le problème des accès
aux systèmes d'information pouvait être éludé par le
fait que chaque groupe d'utilisateurs avait son application. Une application de
saisie des temps pour les salariés, était interfacée avec
une application de gestion des plannings, qui était interfacée
avec l'application de gestion administrative pour les gestionnaires RH, qui
elle-même était interfacée avec une application paie pour
les gestionnaires Paie. Ces multiples applications avec leurs interfaces
faisaient les beaux jours des urbanistes.

Figure 2 : à chaque groupe son
application
Maintenant ces différents processus métiers sont
inclus dans un même système d'information des ressources humaines
(comme c'est le cas d'HR Access Suite 7 qui sera le support de notre
étude de cas.
Autrefois, les applications étaient bien
compartimentées puisque sur de systèmes différents. Qu'en
est-il maintenant que tout a été regroupé sur un
même système ? Exigences juridiques à prendre en
compte en plus des exigences métier. Quelle méthode pour
définir nos accès utilisateurs ?
Exigences juridiques des
accès au S.I.
Tout le monde ne doit pas tout voir
Les exigences de confidentialité sont
réglementées en France. La CNIL a publié un guide de
travail où elle indique les sept principes clés de la
confidentialité du SIRH (CNIL Commission Nationale Informatique et
Liberté 2005).
Le principe de finalité
Les données à caractère personnel ne peuvent
être recueillies et traitées que pour un usage
déterminé et légitime. (...)Tout détournement de
finalité est passible de sanctions pénales. De même,
l'ensemble des objectifs poursuivis dans le cadre de l'informatisation doit
être clairement exprimés (...).
Le principe de proportionnalité
Le traitement de données personnelles envisagé ne
doit pas conduire à apporter aux droits et libertés des personnes
de restrictions qui ne seraient pas proportionnées au but
recherché (article L.120-2 du code du travail).
Le principe de pertinence des données
Les données personnelles doivent être
adéquates, pertinentes et non excessives au regard des objectifs
poursuivis.
Les données ne peuvent être
conservées dans un fichier de façon illimitée
Les informations ne peuvent être conservées de
façon indéfinie dans les fichiers informatiques. Une durée
de conservation doit être établie en fonction de la
finalité de chaque fichier.
La sécurité des données doit
être assurée
Ce cinquième principe est important pour notre
problématique. L'employeur, en tant que responsable du traitement, est
astreint à une obligation de sécurité : il doit
définir les mesures nécessaires pour garantir la
confidentialité des données (sécurité des
matériels, mots de passe individuels, habilitations d'accès
définies en fonction des besoins réels de chaque
intervenant...).
Ainsi, les données à caractère personnel ne
peuvent être consultées que par les personnes habilités
à y accéder en raison de leurs fonctions. Elles peuvent
néanmoins être communiquées à des tiers
autorisés en application de dispositions législatives
particulières (inspection du travail, services fiscaux, services de
police...).
Le principe de transparence
Lors de l'informatisation du service du personnel, les
employés concernés doivent être clairement informés
des objectifs poursuivis, du caractère obligatoire ou facultatif de
leurs réponses, des destinataires des données et des
modalités d'exercice de leurs droits « informatique et
libertés » (droit d'accès, de rectification et
d'opposition). Cette information peut être diffusée par tout
moyen. Elle doit être portée sur les questionnaires établie
par l'employeur. Enfin, l'employeur doit adresser une déclaration
préalable à la CNIL sauf, pour les traitements les plus courants,
(cf. www.cnil.fr). Cette déclaration est ensuite communicable à
toute personne qui en fait la demande.
Le respect des droits des employés ou des
candidats à un emploi
Toute personne peut demander au détenteur d'un fichier de
lui communiquer toutes les informations la concernant contenues dans ce
fichier. Elle a également le droit de faire rectifier ou supprimer les
informations erronées. Toute personne a le droit de s'opposer, pour des
motifs légitimes, à ce que des données à
caractère personnel la concernant soient enregistrées dans un
fichier informatique. Ainsi un employé peut s'opposer à figurer
dans un fichier s'il avance des motifs légitimes (défaut
manifeste de confidentialité, manque d'information sur les objectifs
poursuivis...) que l'employeur doit apprécier. En revanche, un
employé ne peut s'opposer au recueil de données
nécessaires au respect d'une obligation légale (ex. :
déclarations sociales obligatoires, éléments de calcul du
salaire...).
Garder des traces parce que la trace est un commencement de
preuve
Pour se connecter au système d'information, l'utilisateur
devra donner un identifiant et un mot de passe. Cet identifiant sera sa
signature pour les fichiers de journalisation des connexions destinés
à identifier et enregistrer toutes les connexions ou tentatives de
connexion à un système d'informations. Les fichiers de
journalisation constituent une mesure de sécurité,
généralement préconisée par la CNIL dans le souci
que soient assurées la sécurité et la
confidentialité des données à caractère personnel,
lesquelles ne doivent pas être accessibles à des tiers non
autorisés ni utilisées à des fins étrangères
à celles qui justifient leur traitement. Ils n'ont pas pour vocation
première le contrôle des utilisateurs.
La finalité de ces fichiers de journalisation, consiste
à garantir une utilisation normale des ressources des systèmes
d'information et, le cas échéant, à identifier les usages
contraires aux règles de confidentialité ou de
sécurité des données définies par l'entreprise,
c'est-à-dire ne pas modifier des données impactant le salaire
sans y être autorisé.
Ces fichiers de journalisation n'ont pas, en tant que tels,
à faire l'objet des formalités préalables auprès de
la CNIL. Lorsqu'ils sont associés à un traitement
automatisé d'informations nominatives afin de garantir ou de renforcer
le niveau de sécurité de ce dernier, ils doivent être
portés à la connaissance de la CNIL au titre des mesures de
sécurités entourant le fonctionnement du traitement principal
dont ils sont le corollaire.
D'autres aspects ne sont pas mentionnés par la CNIL. Elle
n'indique pas que la trace électronique n'est valable que si
l'identification est valable (Caprioli 2001). L'authentification est la base
des autres services de sécurité. En effet, si l'identité
d'une personne n'est pas établie de manière sûre (si
l'identité est usurpée), les autres services (habilitations,
imputabilité, signature, ...) perdent toute leur valeur (Debaes,
Pezziardi et Vincent 2007). Nous étudierons plus en détail la
gestion des identités et des accès
en page 40.
Nouvelles approches méthodologiques à
trouver
Brève histoire de la sécurité et de
l'accès au système d'information.
Les données informatiques sont exposées à
trois types de risques : la disparition, la consultation non autorisée
et l'altération.
A l'époque où l'Ordinateur était peu
répandu et encore mystérieux, peu d'utilisateurs avaient
accès aux ressources ou savaient comment y accéder. La gestion de
ces accès était donc simple. Le début des années 70
a vu la définition des premiers modèles de sécurité
: modèle de contrôle d'accès et de contrôle de flux.
Depuis, de nombreux modèles de sécurité ont
été définis.

Une politique de sécurité est dite
fermée si par défaut tous les accès sont interdits; dans
ce cas elle ne contient généralement que des autorisations
positives (ou permissions).
Une politique de sécurité est dite
ouverte si, par défaut tous les accès sont autorisés, elle
ne contiendra que des autorisations négatives (ou
interdictions).
A l'origine était I-BAC : I-BAC (Identity Based
Access Control) est le premier modèle de contrôle d'accès
proposé dans la littérature (Lampson 1971). Ce modèle
introduit les concepts fondamentaux de sujet, d'action et d'objet :
· Le sujet est une entité active du SI (utilisateur,
ordinateur, processus, programme,...)
· L'objet est une entité passive du SI (fichier, base
de donnée, ordinateur, programme,...)
· L'action désigne un effet recherché
lorsqu'un sujet accède à un objet (lire, écrire,
modifier,...)
L'objectif du modèle I-BAC est de contrôler tout
accès direct des sujets aux objets via l'utilisation des actions. Ce
contrôle est basé sur l'identité du sujet et
l'identificateur de l'objet, d'où le nom du modèle I-BAC.
Tableau 1 : matrice de contrôle
d'accès
|
Gestion temps et activités
|
Planning
|
Paie
|
|
Arthur
|
Lecture/écriture
|
Lecture
|
|
|
Bernard
|
Lecture/écriture
|
Lecture/écriture
|
Lecture
|
|
Charles
|
Lecture
|
Lecture/écriture
|
Lecture/écriture
|
Dans I-BAC, une permission a le format suivant : un sujet a la
permission de réaliser une action sur un objet. Avec I-BAC, on suppose
implicitement que la politique de contrôle d'accès est
fermée. La politique d'autorisation spécifie donc des permissions
et on refusera l'accès si la politique d'autorisation ne permet pas de
déduire que cet accès est explicitement permis. Pour
représenter une politique d'autorisation, le modèle
proposé introduit également un autre concept, celui de matrice de
contrôle d'accès qui est repris dans plusieurs autres
modèles. Dans une matrice de contrôle d'accès (
Tableau 1 : matrice de contrôle
d'accès), les lignes et colonnes de la matrice correspondent
à l'ensemble des sujets et des objets du SI. Les "cases'' de la matrice
représentent l'ensemble des permissions qu'un sujet donné
possède sur un objet donné. Dans notre scénario, nous en
déduirons qu'Arthur ne peut ni lire, écrire les données de
la paie.
Le modèle de type I-BAC est aujourd'hui implanté
dans la plupart des systèmes d'exploitation actuels, tels que Windows,
Unix ou Linux. Pour mettre en oeuvre ce modèle dans un SI, on n'implante
pas directement la matrice de contrôle d'accès. Il existe en fait
deux grandes approches possibles suivant que l'implantation repose sur une
décomposition en lignes ou en colonnes de la matrice. (M.A. Harrison
1976)
La décomposition en colonnes consiste à
associer, à chaque objet, un descripteur appelé liste de
contrôle d'accès (ACL), qui représente l'ensemble des
sujets ayant des accès sur l'objet considéré avec, pour
chaque sujet, l'ensemble des actions que ce sujet peut réaliser sur cet
objet.
La décomposition en ligne consiste à
associer à chaque sujet, un ensemble de capacités,
représentant l'ensemble des objets auxquels le sujet peut accéder
avec, pour chaque objet, l'ensemble des actions que le sujet peut
réaliser sur cet objet.
A l'usage, une limite importante du modèle I-BAC est
apparue : la politique d'autorisation devient rapidement complexe à
exprimer et administrer. Il est en effet nécessaire
d'énumérer les autorisations pour chaque sujet, action et objet.
En particulier, lorsqu'un nouveau sujet ou objet est créé, il est
nécessaire de mettre à jour la politique d'autorisation pour
définir les nouvelles permissions associées à ce sujet ou
objet. Hors de nos jours, dans un système d'informations, des milliers
de sujet interagissent avec de milliers d'objets...
Il nous faut repenser la façon d'accéder aux
applications.
Pour pallier ce problème, de nouveaux modèles ont
été définis. Chaque modèle proposant une expression
plus structurée de la politique d'autorisation, mettant en valeur un ou
plusieurs attributs de l'utilisateur : son rôle (R-BAC) (Ferraiolo,
Kuhn et Chandramouli 2003), son organisation (Or-BAC) (N. Cuppens 2004), ce
qu'il doit voir (V-BAC) (Lentzner 2004), ou ce qu'il doit faire (T-BAC et
T-MAC) (Roshan 1997).
Définir des Modèles
d'autorisations dynamiques et contextuelles
Face au nombre croissant d'accès à accorder, nous
devons arriver à élaborer un système d'autorisations qui
ne soient pas statiques. Il doit dépendre de conditions qui, si elles
sont satisfaites, permettent d'activer dynamiquement les autorisations. Dans ce
cas, nous parlons souvent d'autorisations contextuelles. Ainsi, les
autorisations peuvent dépendre de contextes temporels (par exemple
permission pendant les heures de travail), de contextes géographiques
(par exemple, permission à l'intérieur de l'enceinte
sécurisée de l'entreprise), de contextes provisionnels
(permission si d'autres actions ont, au préalable, été
réalisées comme dans le cas d'un workflow). D'autres types de
contextes peuvent également être définis. Pour
représenter ces autorisations contextuelles, plusieurs modèles de
contrôle d'accès à base de règles ont
été proposés (modèles de type Rule-BAC). Dans ces
modèles, une politique d'autorisation correspond à un ensemble de
règles de la forme condition permission qui
spécifient qu'une permission peut être accordée lorsqu'une
certaine condition est satisfaite. Les modèles de type Rule-BAC sont en
quelque sorte les fondations logiques des autres modèles d'autorisations
d'accès. Elles reposent sur une logique du premier ordre1(*) qui est indécidable. Leur
formalisme théorique ne permet pas la structuration d'une politique
d'autorisation avec l'introduction des concepts de rôle,
d'activité, de vue et d'organisation. Cette structuration est
indispensable pour être exploitable rapidement. Le modèle Or-BAC
offre également la possibilité d'exprimer des autorisations
contextuelles. Pour cela, le concept de contexte est
explicitement introduit dans le modèle (Cuppens et Miège 2003).
La définition d'un contexte correspond à une condition logique
qui permet de conclure que l'on se trouve dans un contexte particulier lorsque
cette condition est satisfaite. Remarquons que chaque organisation
définit ses contextes. Ceci permet de modéliser la
définition d'un contexte tel que la population
rattaché peut varier d'une organisation à une autre.
2.2 Pourquoi avoir une
approche ergonomique ?
Comme nous l'avions déjà souligné, alors que
les applications informatiques structurent de plus en plus les modes
d'organisation des entreprises, aucune démarche n'est mise en oeuvre
lors de la conception du système d'information pour optimiser la
productivité et le confort des utilisateurs finaux. Dans un article
parue dans le journal « Entreprise et Carrières »
(Nogier et Helderlé 2006), JF Nogier regrette que l'ergonomie soit le
parent pauvre de l'informatique. L'ergonomie, ce n'est pas seulement
l'esthétique des pages mais aussi la façon d'accéder aux
écrans nécessaires à la tâche à accomplir par
l'utilisateur. Il explique cette lacune par le fait que la démarche de
conception des systèmes d'information est généralement
descendante. Des experts porteurs des déclinaisons métiers des
applications informatiques vont spécifier le besoin à
partir de leur propre connaissance du domaine. Les utilisateurs
n'interviennent qu'à la fin du projet, généralement lors
de la recette.
En fait, l'ergonomie informatique est méconnue. En France,
l'ergonome a souvent l'image d'un chercheur. Les formations au métier
d'ergonome sont encore trop théoriques. Or le métier d'ergonome
informatique est typiquement un métier transverse. Il nécessite
une formation adaptée et pluridisciplinaire lui permettant de comprendre
les différents aspects de la conception d'un produit logiciel. De plus,
de nombreuses normes encadrent maintenant l'ergonomie.
Des outils difficiles à utiliser ont un impact direct sur
la productivité. Le risque est de délivrer des solutions trop
complexes dont la cinématique et les fonctionnalités n'ont pas
été validées dans le contexte réel d'utilisation.
L'appropriation de l'outil par les utilisateurs finaux est difficile.
L'entreprise doit mettre l'accent sur la formation avec des surcoûts
à la clé.
Ici encore, comme pour la gestion de la confidentialité,
nous nous apercevons que la notion de contexte à toute son importance
pour composer l'environnement de travail.

La gestion des accès pourrait-elle fournir le
« contexte » dont l'ergonomie a besoin ?
2.3 La gestion des identités et des
accès
Il nous apparait maintenant utile de préciser le
périmètre de la gestion des accès que nous allons
étudier.
La sécurité des systèmes d'information a
longtemps été considérée comme l'apanage des
équipes systèmes et réseau. Cette vision est aujourd'hui
dépassée. Les logiciels d'infrastructure comportent de moins en
moins de failles, tandis que les processus de sécurisation des
systèmes sont aujourd'hui matures.
2.3.1 gestion des accès
Toutes les applications devant être utilisées par
plus d'une personne dispose d'une gestion des accès. Du blog
jusqu'à l'ERP. Elle permet de contrôler la manière dont un
utilisateur se connecte à l'application. Elle traite des sujets tels que
l'authentification, le filtrage des accès en fonction de l'utilisateur,
la méthode d'authentification utilisée, le type de poste de
travail, sa localisation ou encore la délégation des accès
ou l'audit centralisé des accès.

Authentification : Processus consistant
à s'assurer de l'identité d'un utilisateur, portant sur
un des trois fondamentaux suivant (Debaes, Pezziardi et Vincent
2007) : - ce que je sais : un secret que je suis
le seul à connaitre, tel un mot de passe, un code
PIN ; - ce que je possède : un objet
physique que je suis le seul à posséder, comme une carte à
puce ; - ce que je suis : une
caractéristique corporelle que je suis le seul à posséder
comme l'empreinte digitale ou l'iris.
Nous n'étudierons pas ces dispositifs
puisque notre étude portera sur la question suivante : à
quoi a-t-on le droit d'accéder ?
2.3.2 gestion des
identités
Elle se focalise principalement sur la création des
attributs de l'identité de l'utilisateur. Cela concerne ses attributs
métiers qui définissent sa place au sein de l'entreprise et
apparaissent dans l'annuaire LDAP de l'organisation, mais aussi ses attributs
techniques tels qu'ils sont déclarés dans les systèmes
informatiques.
2.3.3 De la gestion des
rôles à l'ingénierie des rôles
Elle permet de définir une politique des accès et
de l'appliquer pour la gestion des accès et la gestion des
identités après l'authentification.
La définition commune de l'ingénierie est
l'« ensemble des activités qui concourent à la
conception et à l'élaboration d'un projet industriel »
(Encarta® 2008 2007). Nous souhaitons que notre problématique
aboutisse à une ingénierie des rôles. Notre intention est
d'élaborer à partir des rôles de l'utilisateur qui se
connecte, un système d'autorisations qui ne soient pas statiques mais
qui dépendent de conditions qui, si elles sont satisfaites, permettent
d'activer dynamiquement les autorisations. Il va s'agir pour nous de
préparer et de combiner un ensemble d'activité qui va nous
permettre d'élaborer et de concevoir une description des rôles qui
répondent à notre but.
2.4 fournir un environnement
de travail dynamique grâce à un système d'information
dirigé par les rôles
Vous trouverez dans la figure ci-dessous la carte des buts que
nous visons pour construire cet environnement de travail dynamique. Il s'appuie
à la fois sur les buts de l'ergonomie et sur les buts de la
confidentialité.

Figure 3 : Les buts d'ergonomie de l'espace de
travail
Pour les buts de la confidentialité, nous nous sommes
appuyés sur les possibilités du framework technologique du SIRH
que nous allons étudier.

Figure 4 : Carte des buts de la confidentialité
avec R-BAC pour un SIRH
2.5 Les enjeux économiques de la mise en place
d'un dispositif R-BAC
Le National Institute of Standards and Technology (NIST) avait
commandé en 2002 une étude sur les impacts économiques de
l'adoption du dispositif R-BAC dans les systèmes d'informations
(Gallager, O'Connor et Kropp 2002). Les bénéfices de l'adoption
de la mise en oeuvre d`un R-BAC sont les suivants :
· administration des accès simplifiée,
· productivité organisationnelle
améliorée,
· réduction du temps d'immobilisation d'un nouvel
employé,
· intégrité et sécurité
système améliorée,
· conformité réglementaire
simplifiée.
Comme vous pouvez le voir ce sont surtout des gains de
productivité. Nous pensons aussi que l'ingénierie des rôles
avec un dispositif R-BAC peut aussi apporter une valeur ajoutée au
système qui l'implémente.
Fournir une application sur-mesure grâce au
rôle
Pour les éditeurs et les intégrateurs,
l'implémentation d'un dispositif R-BAC va permettre à
l'utilisateur final de lui fournir uniquement les écrans dont il a
besoin pour son rôle dans l'entreprise et
« créer » pour lui une
« application » correspondant à son rôle dans
l'entreprise.
Un nouveau business-model : Facturer en fonction
des responsabilités du rôle
Cette possibilité de fournir une application sur mesure
à chaque utilisateur pourrait permettre d'élaborer un nouveau
système de licence et de facturation à partir des rôles.
Plus le rôle dispose de privilège plus le tarif est
élevé et inversement moins il a de privilège plus le tarif
est bas. Ce dispositif de facturation pourrait être envisagé et
fournir un nouveau business-model pour le marché du logiciel en ligne de type ASP ou SaaS
(Barathon 2007). Il a représenté 1230 M € pour la France en
2007.
En conclusion, il nous faut réussir à identifier
les utilisateurs par leurs rôles dans les processus
métier pour les raisons illustrées dans la figure suivante
:

Figure 5 : d'après M.Mersiol (LAAS-CNRS) Club
SEE Systèmes Informatiques de Confiance Journée « Facteurs
Humains » 19/04/2001
Le rôle est un objet à la croisé des
mondes : il va nous permettre d'agréger des concepts techniques,
théoriques et fonctionnels et de les faire converger vers une solution
méthodologique.
3 De GIP à HR-Access,
des progiciels en phase avec leur époque
Pour notre étude de cas sur la mise place d'un
accès basé sur les rôles, nous allons étudier le
système d'information des ressources humaines HRA Suite 7. Son
évolution illustre les grandes tendances des systèmes
d'informations depuis plus de trente ans2(*).
3.1 Le SIRH : HRA Suite
7
3.1.1 Son histoire et ses
aspects techniques
GIP3(*) a
été créé par la compagnie Générale
d'Informatique. GIP a suivi les grandes tendances du moment. Il s'agit avant
tout d'un progiciel de paie hautement paramétrable et ceci dès la
fin des années 1960. Chaque élément participant au calcul
de la paie était stocké dans un fichier paramètre
séquentiel appelé « sous-fichier ». Ensuite
lorsqu'est venue l'époque des Ateliers de Génie Logiciel et de
ses générateurs de codes, la CGI a intégré le L4G
Pacbase à l'environnement de développement de GIP.
|
Ce produit n'était rien de plus qu'un
générateur de COBOL qui permettait de produire
des états et des programmes « batch » de façon
automatisée en s'appuyant sur la méthode de programmation phare
de l'époque : CORIG. C'est d'ailleurs de là que
vient le nom de PAC qui signifie « Programmation Automatique
"Corrigée" »

Pour la petite histoire, Pacbase aurait
été imaginé par des informaticiens travaillant au
ministère des finances. Ils n'étaient pas très
doués en programmation Cobol et un peu fainéants et ont eu
l'idée de concevoir un programme qui leur permettrait d'écrire
les applications à leur place. Le premier atout de PAC se comprend
très vite : le code est généré automatiquement donc
les risques d'erreurs de syntaxe sont minimes. Les créateurs du produit
fondent la CGI et très vite PAC700 connait un essor important car il est
disponible pour presques toutes les plateformes de développement de
l'époque (BULL, IBM, etc...).
|
|
Le produit va être rebaptisé PACBASE et son noyau
est constitué par le dictionnaire qui est LE
référentiel des données informatiques de l'entreprise.
Différents modules sont venus se greffer au fil des évolutions
technologiques (pacbase.free.fr 2003-2008).
GIP fonctionnait avec des « squelettes » de
programmes COBOL qui contenait les traitements
« génériques » de paie. La CGI ayant
intégré l'environnement Pacbase à GIP, cela lui permettait
d'ajouter des traitements complémentaires dans des
« contextes ». Les contextes sont des emplacements
particuliers dans les différents squelettes COBOL4(*).
La gestion de la Paie est une application longue et complexe
à développer en interne. C'est pour cela que GIP est un des
premiers progiciels qui a connu un grand succès bien avant SAP.
Chaque génération de GIP s'est adaptée aux
technologies du moment. Lorsque les tables relationnelles sont apparu, GIP
devenue SIGAGIP l'a presqu'immédiatement adopté. Les
« sous-fichiers » sont devenus des tables relationnelles.
Hormis pour les données devant être traitées par lots
(batchs) qui reste stockées dans des fichiers séquentiels ou
séquentiels indexés, tout le reste est stocké dans des
tables relationnelles, y compris les sources Pacbase.
Lorsque l'époque du client/serveur est arrivée,
SIGAGIP est devenue SIGAGIP/CS. C'est aussi à cette époque de la
CGI a été racheté par I.B.M.
La
Figure 6 présente l'architecture
générale de SIGAGIP/CS qui est devenu HR-Access V1 après
son rachat par IBM.

Figure 6 : Architecture
technique client/serveur de SIGAGIP/CS
Cette architecture a trois niveaux a permis, de faire
évoluer à leur rythme chacun des niveaux qui eux-mêmes
reposait sur des technologies différentes : le poste client (de
Windows au client web), le serveur (du Mainframe, unix ou AS/400), et la base
de données ( DB2, Oracle...). Cette architecture à trois niveaux
permet de s'adapter à l'architecture technique du client.
3.1.2 Le Modèle
Conceptuel des Données du SIRH
Il n'y a pas que l'architecture technique qui a
évolué, le modèle conceptuel des données à
aussi évolué.
Le modèle conceptuel de données
(MCD) a pour but d'écrire de façon
formelle les données qui seront utilisées par le système
d'information. Il s'agit donc d'une représentation des données,
facilement compréhensible, permettant de décrire le
système d'information à l'aide d'entités. Il ne se
préoccupe pas des contraintes d'organisation et techniques.
Ce MCD met en évidence les entités présentes
dans l'application, ainsi que les relations qu'elles ont entre elles. Nous
obtenons pour le modèle « fonction public » le
schéma suivant :
Un Agent occupe un Poste. Un
poste requiert des compétences et un agent
détient également des compétences. De plus, un poste est
associé à un emploi de référence
qui fait lui-même partie d'une filière. Enfin un
agent appartient aussi à une filière bien
déterminée.
La
Figure 7 illustre comment sont
représenté les données. La notion de dossier de gestion
permet de rassembler les données connues sur l'objet à
gérer. La notion de dossier réglementaire permet de rassembler
des données organisées de façon simple comme un code et un
libellé par exemple. Les dossiers des salariés sont des dossiers
de gestion alors que la description des données de
références (comme le paramétrage) sont des dossiers
réglementaires.

Figure 7 : le modèle conceptuel des
données pour la gestion du personnel avec HR-Access
3.1.3 Aspects
fonctionnels
Au cours de ces quarante années d'existence, HR-Access est
devenue une solution applicative intégrée dédiée
au domaine de la Gestion des Ressources Humaines.
Ce modèle de données constitue véritablement
le socle du Système d'Information et permet une véritable
approche globale et intégrée de la gestion des Ressources
Humaines, de l'Administration du Personnel et de la Paie pour toutes les
populations gérées : chaque information est décrite de
manière unique et est ensuite utilisable dans tous les domaines
fonctionnels et tous les modèles applicatifs proposés avec
HR Access. Cette architecture est la seule capable d'assurer une
cohérence complète du Système d'Information Ressources
Humaines.

HR Access est une solution applicative
organisée en modèles applicatifs dont la cohérence est
assurée par le modèle de données
Afin de proposer une offre applicative proche des attentes de ses
clients (c'est à dire dans laquelle les utilisateurs se reconnaissent),
l'éditeur IBM a dû organiser les
fonctionnalités proposées en modèles de gestion
dédiés à certains secteurs.
En particulier HR Access propose un modèle applicatif
pour le Secteur Public et un modèle applicatif pour le secteur
Privé.
L'ensemble des fonctionnalités nécessaires pour
couvrir les besoins de La Poste s'appuient sur deux modèles applicatifs
proposés par HR Access (Droit Privé, Droit Public).
Organisation des modèles applicatifs ou
Applications Sectorielles
Les Applications Sectorielles partagent naturellement une grande
majorité de données communes qui constituent un « Tronc
Commun ».
Ce « Tronc Commun » est enrichi des
spécificités propres à chacun des modèles (par
exemple la carrière administrative est une spécificité du
modèle dédié aux personnes relevant du Droit Public).
L'ensemble des fonctions sont organisées de manière
différenciée dans chacun des modèles, de manière
à ce que les gestionnaires se reconnaissent plus facilement dans
HR Access.
Remarque : les fonctions de Gestion
Stratégiques des Ressources Humaines (SHR) sont
considérées comme transverses et sont communes quelle que soit
l'offre sectorielle : les données et leur représentation
(Processus / Procédures) sont par conséquents indépendants
du modèle applicatif.
3.1.4 La gestion de la
confidentialité avec la gestion des accès par profils
Dans HR-Access, la gestion des accès se fait par profil.
La gestion de la confidentialité par profil se rapproche du
modèle V-BAC. Nous désignerons donc par V-BAC (View Based Access
Control) ce type de modèle de contrôle d'accès.
Intuitivement, dans une base de données relationnelle, une vue
correspond au résultat d'une requête SQL auquel on a donné
un nom. Pour faciliter l'expression et la gestion d'une politique
d'autorisation, les éditeurs d'HR-Access avaient besoin d'un concept
pour structurer les objets. Parmi les modèles de contrôle
d'accès proposant une telle structuration des objets, on peut citer le
modèle de sécurité proposé par SQL pour les bases
de données relationnelles. L'expression d'une politique de
sécurité en SQL repose sur le concept de vue (Lentzner 2004). Le
concept de vue ne se limite pas au modèle relationnel.
Il a donc été défini six répertoires
de profils :
· les profils populations,
· les profils applications,
· les profils informations
· les profils requêtes,
· les profils navigation,
· les profils actions.

Figure 8 : synthèse des profils
d'accès
Le profil applications
Le profil applications donne la liste des
applications et des processus autorisés. Toute application ou processus
non mentionné dans la liste est interdit pour le gestionnaire qui est
associé au profil.
Le profil informations
Le profil informations donne la liste des
structures de données et des informations autorisées ou
interdites.
Un témoin indique, pour chaque information accessible, le
type d'action autorisé :
- la consultation,
- la modification/suppression, ou
- l'interdiction.
Toute structure de données ou information non
mentionnée dans la liste est interdite pour le gestionnaire qui est
associé au profil.
De plus, en associant à la définition du profil
informations des structures de données dites dynamiques, il est possible
de modifier le profil information d'un utilisateur à rupture
procédure, par traitements spécifiques.

Figure 9 : schéma de définition du
profil information
La définition d'un profil information peut être
constituée d'un profil statique uniquement, un profil statique
complété d'un profil dynamique ou d'un profil dynamique
exclusivement.
Le profil information dynamique permet les droits d'accès
aux informations soient déterminés dynamiquement en fonction du
code utilisateur et des informations contenues dans son dossier de gestion. Par
exemple en fonction du grade de l'utilisateur (information Grade dans
son dossier) il pourra visualiser ou non l'information Salaire.
Un gestionnaire peut accéder aux applications et aux
processus autorisés par son profil applications et, dans ces processus,
travailler :
· sur les dossiers décrits par son profil
populations et
· sur les informations autorisées par son profil
informations.
Le profil requêtes
Le profil requêtes indique, pour chaque
structure de données, le temps maximum d'exécution des
requêtes autorisées à un gestionnaire.
Il n'autorise, à un gestionnaire, parmi les
requêtes existantes, que celles dont le temps maximum d'exécution
est inférieur au temps indiqué dans le profil.
Dans la mesure où le SGBDR fournit un module d'estimation
des requêtes, il refuse la requête lancée par un
gestionnaire lorsque sa durée estimée par le SGBDR est
supérieure au temps maximum d'exécution indiquée dans le
profil. Le temps est exprimé en secondes.
Le profil actions
Le profil actions indique les actions, autres
que celles découlant des autres profils , autorisées à un
gestionnaire dans HR Design.
Ces actions sont :
· dans les processus de gestion des
données :
- annulation de dossiers,
- l'interdiction d'accéder aux requêtes,
· dans les processus d'interrogation de
données :
- création de requêtes publiques,
c'est-à-dire accessibles aux autres gestionnaires, ou privées,
- limitation d'exécution d'une requête,
- saisie de SQL natif,
Les limitations d'exécution d'une requête sont :
· le nombre de dossiers maximum pouvant être
sélectionné ; au delà de ce nombre, la
sélection est interrompue et aucun dossier n'est
sélectionné,
· le nombre de dossiers maximum pouvant être
sélectionné sans demande de confirmation ; au delà de
ce nombre et jusqu'au seuil nombre de dossiers maximum pouvant être
sélectionné, une confirmation est demandée au
gestionnaire,
· le temps maximum d'exécution d'une
requête ; au delà de ce temps, la requête est
abandonnée,
Le profil populations
Le profil populations décrit les
caractéristiques des dossiers accessibles. Une population est un
ensemble de dossiers de gestion sélectionnés. La population est
désignée par :
· les noms de structures de données qui
décrivent les dossiers,
· un type de profil sélectionné et
· des requêtes écrites en langage SQL ou
des traitements spécifiques.
Présentation
Un profil population détermine les populations de dossiers
qu'un utilisateur peut utiliser.
Cette confidentialité est appliquée sur toutes les
requêtes de sélection applicative, on effectue alors une
intersection entre la requête applicative et la liste de dossiers
autorisés définie par le profil.
La liste de dossiers autorisée est
déterminée par une requête SQL.

Figure 10 : définition du profil
Population
Le profil navigation
Définir un profil navigation consiste à indiquer la
liste des Contextes de navigation autorisés au gestionnaire titulaire de
ce profil pour l'utilisation d'un applicatif intranet. Un contexte de
navigation est un regroupement fonctionnel de page web, c'est-à-dire
qu'un contexte de navigation regroupe les pages permettant d'accéder au
contrat, à la formation...
Dans HRD Studio, lors de la description d'un noeud de navigation
d'un arbre fonctionnel, le concepteur lui associe un objet Contexte de
Navigation.
Ainsi, dans l'applicatif intranet, un gestionnaire ne peut
accéder qu'aux pages Web issues de noeuds portant un contexte de
navigation qui lui est autorisé par son profil navigation.
Les contextes de navigation sont des objets
génériques décrits via HRD Studio.
L'atelier Profils HRD Security
Il propose différents modes de résolution de la
requête SQL pour aboutir à la liste de dossiers suivant le type de
profil associé. La confidentialité d'un gestionnaire est
définie par association d'un profil de chaque type au gestionnaire.
Dans HRD Security, création ou modification des
utilisateurs auxquels un profil doit être associé.
La gestion de la confidentialité impose donc de
connaître l'ensemble des utilisateurs et leurs missions respectives. De
leur rôle sera déduit des profils de confidentialité propre
qui leur seront attribués. Les étapes de mise en oeuvre d'une
confidentialité sont les suivantes :
§ le recensement des différents types d'acteurs
(responsable emploi, gestionnaire RH, responsable organique, responsable
opérationnel, ...)
Pour chaque acteur,
§ le recensement des outils utilisés (HR Design Web,
Self-Service, Business Objects Production, Business Objects Infocentre,
...),
§ le recensement des contextes de navigation
autorisés,
§ le recensement des actions autorisées,
§ le recensement des informations autorisés ou
interdites,
§ le recensement des populations de dossiers
autorisés.
§ la détermination des différents
profils-type
§ l'association des acteurs aux différents
profils-type.
Tableau 2 :
répartition des rôles MOA/MOE
|
Rôle de la MOA
|
Rôle de la MOEI
|
|
Définition du besoin
Création des profils-type
Création des utilisateurs (habilitations) par
« assemblage » des profils-type.
|
Assistance technique à la définition du besoin et
à la création des profils-type
Création des contextes de navigation
Association des contextes de navigation aux noeuds de l'arbre de
navigation
|
Le résultat de ce travail est une matrice des profils qui
a la forme suivante :
Tableau 3 : Exemple de matrice des
profils/acteurs
|
Acteur
|
Profils
|
Gestionnaires principaux
|
|
Information
|
Population
|
Application
|
Action
|
Requète
|
Navigation
|
|
Utilisateur technique
|
INFO02
|
POPUL09
|
APPLI011
|
ACTIO02
|
Aucun
|
NAVTECH01
|
Non
|
|
Gestionnaire RH EGRH 1
|
INFO0003
|
POPUL001
|
APPLI001
|
ACTION01
|
REQ00001
|
Aucun
|
Non
|
|
Gestionnaire RH EGRH 2
|
INFO0003
|
POPUL002
|
APPLI001
|
ACTION02
|
REQ00001
|
Aucun
|
Non
|
|
Cellule d'administration des
référentiels
|
INFO0001
|
POPUL008
|
APPLI009
|
ACTION12
|
REQ00005
|
NAVIG001
|
Non
|
|
Administrateur national des habilitations
|
INFO0002
|
POPUL008
|
APPLI007
|
ACTION13
|
REQ00005
|
Aucun
|
Oui
|
Tout est-il à reprendre avec la nouvelle approche de la
confidentialité par les rôles ?
3.2 Les nouveautés de
HRA Suite 7
Nous n'aborderons pas toutes les évolutions de HRa Suite 7
par rapport à ses prédécesseurs, mais seulement ce qui
nous semble une innovation majeur : l'accès par les rôles qui
détermine l'espace de travail.
L'application HRa Suite 7 est la même application pour tous
les acteurs. Toutefois, elle a été conçue pour être
adaptée aux besoins de l'utilisateur. Le profil de l'utilisateur est
désormais déterminant dans HRa Suite 7 selon qu'il soit
salarié, responsable ou professionnel RH. Selon son profil (son
rôle), l'utilisateur accèdera à une application
répondant à ses besoins avec un contenu approprié. Il aura
des composants et des fonctionnalités spécifiques à son
rôle.
Les besoins des utilisateurs ont été définis
pour chaque type (employé, manager, professionnel RH) lors de la phase
de conception et sont transformés en termes de droits, d'accès et
de populations autorisées lors de l'utilisation de l'application.
Ainsi, l'utilisateur ne verra que ce qu'il a le droit de voir et
ne pourra effectuer que des tâches et des actions
déterminées sur des populations dédiées selon le
profil qui lui a été attribué.
Dans HRa Suite 7, la confidentialité de l'utilisateur
dépend de son rôle. Et son rôle lui donnera accès
à un espace de travail adapté appelé HRa Space. C'est le
point d'entrée unique et obligatoire vers l'application HRa Suite 7 pour
tous les utilisateurs.
HRa Space c'est :
ï un nouveau composant,
ï un véritable bureau dédié aux
professionnels RH,
ï intègre les services, les fonctions et les
composants nécessaires,
ï permet l'accès à toutes les actions
fonctionnelles disponibles à l'utilisateur.
3.2.1 Les
rôles
Jusqu'à la version 5.2, la confidentialité
applicative était gérée par les profils. Dans HRa Suite 7,
elle est entièrement basée sur un nouveau concept : les
rôles.
Un rôle est une abstraction de l'utilisateur en tant
qu'acteur logique du système. Il s'agit d'un modèle d'utilisateur
qui décrit un acteur agissant au titre d'une tâche donnée
dans le contexte des processus métier. Les rôles sont des nouveaux
objets de conception personnalisables dans HRD Studio. Avant d'être
utilisés dans HRa Suite, ils doivent être mis en exploitation. Un
rôle définit un ensemble de caractéristiques (mission du
rôle) permettant à un gestionnaire d'utiliser l'application HRa
Suite 7. Les rôles déterminent les habilitations
(activités), l'accès aux données, aux populations et aux
tâches qu'un utilisateur peut effectuer.
Il est possible d'attribuer plusieurs rôles à un
utilisateur.
Les rôles ont un impact sur la présentation de
l'application, dans la mesure où ils conditionnent l'interface
utilisateur.
Ses
caractéristiques
Un rôle est caractérisé par :
ï des droits : l'accès aux données et aux
processus métiers,
ï des devoirs : ce sont les tâches (de workflow) qui
lui sont dédiées au sein d'un processus métier,
Les rôles permettent de rattacher des droits et des devoirs
à des notions fonctionnelles (responsable d'UO, postes, emplois, etc.).
Lorsqu'un rôle est attribué à un utilisateur
cela lui confère une mission :
ï des habilitations, ces sont des autorisations
rattachées à une activité
ï des droits d'accès aux données, ce sont les
données accessibles pour les actions à réaliser
ï des règles relatives aux tâches de workflow,
ï des populations spécifiques,
ï d'autres caractéristiques (alertes).
Rôles et utilisateurs
Un rôle est associé à une catégorie
d'acteur définissant ainsi un type d'activité. Les
catégories d'acteur correspondent à des modèles de
rôles.
Il existe trois catégories d'acteurs dans HRa Suite :
ï Collaborateur : il concerne l'agent, travaille uniquement
sur son dossier
ï Manager : Il concerne le manager, il travaille avec des
collaborateurs. Il n'exerce pas d'activités métiers RH.
ï Expert RH : Il concerne le gestionnaire applicatif.
Uniquement des activités métiers RH.
Dans HRa Suite, les utilisateurs n'effectuent pas les mêmes
tâches selon la catégorie d'acteurs à laquelle appartient
le rôle qu'ils utilisent. Par exemple, un salarié peut être
autorisé à envoyer des demandes de congé et un responsable
à valider la demande de congé de ses subordonnés.
Un rôle est associé à une et une seule
catégorie d'acteurs. Mais un même rôle peut être
affecté à plusieurs utilisateurs. De plus un utilisateur peut
avoir plusieurs rôles : Mme Martin peut être employé (du
service RH) en tant que manager de 2 autres employés de l'administration
des cadres du siège. Ici, nous identifions 3 rôles
génériques : employé, manager et professionnel RH.
Rôles et axes de confidentialité
La confidentialité des utilisateurs est directement
liée aux rôles qui leur sont attribués. Cette
confidentialité se décline suivant 3 axes principaux :
ï les populations autorisées,
ï les données accessibles,
ï les processus métiers associés aux
rôles.
Lorsque ces caractéristiques sont définies, le
rôle doit être mis en exploitation pour être actif.
Les populations autorisées
Les populations autorisées rattachées au rôle
permettent de définir un périmètre des populations
spécifiques à l'utilisateur. On définit :
ï la ou les structures de données interrogeables,
ï par structure de données interrogeables, les
populations de dossiers correspondantes.
Ces populations de dossiers peuvent être, soit l'ensemble
des dossiers de la structure de données, soit des populations
répondant à une condition de sélection SQL. La condition
SQL est obtenue par une requête HRD Query. Dans cette condition SQL, il
est possible d'utiliser des rubriques provenant des paramètres
d'instanciation associés aux rôles.
On peut définir plusieurs populations différentes,
et en spécifier certaines comme étant la population par
défaut.
Les Données accessibles
Un modèle de rôle détermine des droits
d'accès pour les applications qui effectuent un accès direct aux
données : l'application du professionnel RH, par exemple. Une mission du
rôle consiste à définir les structures de données et
informations auxquelles l'utilisateur peut accéder pour les actes de
gestion à effectuer.
Pour chaque information de la structure de données, on
définit :
ï les droits d'accès sur les données
(interdit, lecture, création/suppression, etc.),
ï la population de dossiers pour cette information
(restriction de population). Par exemple, un manager peut être
autorisé à consulter uniquement le salaire de ses
subordonnés directs,
ï une restriction en mise à jour : la mise à
jour de l'information n'est autorisée que pour certaines valeurs des
données du dossier,
ï des actions sur les dossiers : création,
suppression.
3.2.2 Paramétrage technique des
rôles

Figure 11 : Pré requis du paramétrage
technique des rôles
Les
activités
Une activité est un regroupement d'actions
fonctionnelles cohérentes (Données individuelles,
Gestion des temps, etc) permettant à l'utilisateur d'effectuer des actes
de gestion. Une activité concerne un ensemble de
technologie faisant référence à une ou plusieurs
structures de données.
On peut définir des activités spécifiques
à un salarié, un manager ou un expert RH en précisant leur
type d'accès.
La notion de technologie dans la définition de
l'activité détermine les accès aux composants
suivant :
· Applicatif Hra Space (Expert RH)
· Processus Guidés (Collaborateur et Manager)
· Exécution de jobs batch et ou rapports
· Autres (Documents)
Les
rôles et les activités
Un code activité est rattaché
à un modèle de rôle. Cela lui confère à
l'utilisateur un ensemble d'habilitations spécifiques
rattachées à sa mission.
Les activités associées à un utilisateur
ayant un modèle de rôle donné lui permettent d'avoir
accès à des actions fonctionnelles particulières
liées à cette activité.
Pour une activité associée à un rôle,
on peut :
· Autoriser son accès de façon permanente ou
non
· Restreindre les dossiers liés à cette
activité
L'accès aux données dans les
activités
Pour chaque information de l'activité, on peut
définir :
· Les droits d'accès aux données (Interdit,
Lecture, Création/Suppression, etc.)
· La population des dossiers pour cette information
· La restriction de mise à jour
· Des actions sur les dossiers : Création,
Suppression
La figure ci-dessous nous donne un aperçu
synthétique des éléments nécessaires au
paramétrage d'un rôle dans HRa Suite 7.

Figure 12 :
Eléments de paramétrage d'un rôle dans HRa Suite
7
Les éléments à prendre en compte
sont :
- La définition des Actions fonctionnelles
- Le regroupement des Actions fonctionnelles par Code
Activité
- Le périmètre des populations
- La définition des modèles de rôles
- La définition des paramètres d'instance des
rôles
- Les utilisateurs du système.
3.3 Ergonomie de l'application et
Caractéristiques de HRa Space
La caractéristique essentielle de HRa Space est qu'il
s'adapte à l'utilisateur de façon dynamique :
ï à l'aide des mécanismes de gestion des
rôles,
ï aux zones fonctionnelles gérées par HRa
Suite 7.
L'utilisateur accède à l'application selon les
actions fonctionnelles qu'il doit effectuer. Une action fonctionnelle est
définie en termes de droits, et de devoirs, selon les rôles
auxquels elle est rattachée. Les droits et les devoirs occupent des
zones spécifiques dans l'espace de travail. C'est la nature de l'action
fonctionnelle qui détermine l'application qui sera utilisée pour
effectuer l'action.
Pour chaque action fonctionnelle, HRa Space :
ï intègre tous les composants RH nécessaires
à des besoins fonctionnels complexes,
ï implémente des fonctions RH évoluées
(gestion des rôles, processus guidés, ...),
ï détermine la présentation et la navigation
dans l'application,
ï gère les populations et les actions utilisateurs,
ï procure une ergonomie adaptée à chaque
utilisateur.
3.3.1 Une interface
utilisateur orientée métier
HRa Space adapte l'application, selon le rôle de
l'utilisateur connecté. Le contenu de HRa Space est entièrement
dynamique et dépend du contexte généré par les
propriétés de l'utilisateur. Dans l'application, les rôles
ne sont pas directement visibles, pourtant :
ï ils définissent les différents types
d'accès,
ï ils déterminent la liste des domaines et des
services auxquels ils sont associés,
ï ils permettent d'accéder à des composants
qui les utilisent.
HRa Space fournit une interface utilisateur orientée
métier. Ainsi, HRa Space :
ï distingue les zones de l'écran en fonction de leur
orientation métier,
ï identifie la structure prédéfinie de
l'écran,
ï identifie le contenu dynamique de l'écran,
ï effectue le lien entre l'ergonomie finale et le design de
l'interface utilisateur.
L'organisation logique de HRa Space est directement fonction des
rôles. En effet, HRa Space :
ï filtre les actions fonctionnelles : seules les actions
fonctionnelles autorisées par les rôles sont accessibles,
ï organise et regroupe les actions fonctionnelles :
o HRa Space adapte l'interface utilisateur selon les rôles
en ne faisant apparaître que les domaines et les thèmes ayant
trait aux activités de l'utilisateur.
o les actions fonctionnelles sont triées par type
d'accès (salarié, responsable, professionnel RH),
o les rôles exercés dans le même domaine
fonctionnel sont regroupés dans le même onglet,
ï distribue : une fonction associée à un
rôle est transmise au composant qui gère cette fonction.
3.3.2 Ecran type du
salarié
La page ci-dessous représente l'écran type du
salarié géré par HRa Space. On remarque une zone pour les
fonctions collaboratives et une zone pour les actions fonctionnelles
autorisées :
ï les actions fonctionnelles regroupées par
thèmes,
ï les fonctions collaboratives (liées au workflow),

Figure 13 : écran
type du salarié
3.3.3 Ecran type du
responsable
La page ci-dessous représente l'écran type du
responsable géré par HRa Space. On remarque :
ï les actions fonctionnelles regroupées par
thèmes,
ï les fonctions collaboratives (liées au workflow),
ï un guide (recommandations et jauges) permettant de donner
des informations supplémentaires en relation avec l'action fonctionnelle
courante,

Figure 14 : écran
type du manager
3.3.4 Page d'accueil Expert
RH
L'expert dispose des fonctions collaboratives mais aussi d'un
niveau supplémentaire que sont les domaines métier.

Figure 15 : écran type Expert RH
3.4 En
conclusion.
Pour le seul aspect de la gestion des accès, nous avons
vu, que tout au long de son histoire, le SIRH HR-Access a su rester en phase
avec les grandes tendances de son époque. Maintenant compte-tenue de ses
possibilités, nous aimerions élaborer une approche
méthodologique pour construire des rôles correspondants aux
besoins des utilisateurs l'entreprise. Actuellement, c'est l'approche empirique
qui prédomine, car l'accès par les rôles est encore une
approche nouvelle.
Nous allons étudier dans notre partie suivante, ce qui
nous semble être les 3 piliers fondamentaux de cette ingénierie
des rôles que nous voulons proposer :
· La confidentialité,
· L'ergonomie,
· Et le contrôle d'accès basé sur les
rôles.
4 Est-il possible de
protéger l'accès à l'information en facilitant son
accès ?
L'accès à un système d'information doit
être protégé et sécurisé. Des exigences
juridiques l'imposent comme nous l'avons vu
en page 10. Nous allons donc voir
théoriquement par quels moyens. Nous verrons ensuite comment faciliter
l'accès aux données utiles à l'utilisateur en
étudiant ses intentions et l'ergonomie nécessaire pour atteindre
ses buts. Après avoir déterminé ce que l'utilisateur ne
doit pas voir, et ce qui lui est nécessaire, nous examinerons le corpus
théorique du contrôle d'accès basé sur les
rôles (R-BAC) qui sera le support de notre ingénierie des
rôles.
4.1 Confidentialité :
un des aspects fondamentaux de la sécurité
Parmi l'ensemble des caractéristiques qui constitue la
sécurité informatique, nous en avons identifié cinq qui
nous paraisse fondamentales.
L'authentification : elle consiste
à s'assurer de l'identité d'un utilisateur avant de lui donner
accès à un système ou à une application. C'est le
processus de vérification des informations d'identification d'une
entité de sécurité en fonction des valeurs d'un stockage
d'identité. Les protocoles d'authentification tels que Kerberos version
5, Secure Sockets Layer (SSL), NTLM et l'authentification Digest
protègent le processus d'authentification et évitent
l'interception des informations d'identification (Microsoft 2004).
L'intégrité : elle
désigne la capacité à s'assurer de la
non-altération des informations d'origine, qu'elle soit accidentelle ou
malveillante. C'est la propriété d'exactitude et de
complétude des éléments essentiels. (SGDN / DCSSI / SDO /
BCS 2004)
La disponibilité : elle concerne
la garantie sur le bon fonctionnement d'une application, sa résistance
vis-à-vis des pannes accidentelles et attaques incapacitantes. C'est la
propriété d'accessibilité au moment voulu des
éléments essentiels par les utilisateurs autorisés (SGDN /
DCSSI / SDO / BCS 2004).
La traçabilité : elle
consiste à stocker des traces de toutes interactions des utilisateurs
avec les applications afin de pouvoir détecter des attaques ou des
dysfonctionnements.

La confidentialité : elle consiste
à empêcher la lecture d'informations par des personnes non
habilitées ou mal intentionnées. C'est la propriété
des éléments essentiels à n'être accessibles qu'aux
utilisateurs autorisés (SGDN / DCSSI / SDO / BCS 2004).
La confidentialité peut être traitée en
associant à chaque couple utilisateur-ressource une information
indiquant si l'utilisateur peut accéder à la ressource et, si
oui, quels droits d'accès il possède (droits de consultation, de
modification, de création, de suppression ou une combinaison de ces
divers droits). La granularité de la ressource varie selon les
systèmes. Dans le cas le plus simple, c'est un fichier. Dans des
systèmes plus complexes, cela peut être une partie d'un fichier.
(Encarta® 2008 2007)
La confidentialité n'est pas qu'un dispositif technique.
Elle nécessite une réflexion en amont pour décider quel
utilisateur a droit à quelle ressource. Si nous partons de la
question : « quel utilisateur a droit à quelle
ressource ? ». Deux directions peuvent être choisies pour
gérer la confidentialité, soit une approche par la
sécurité et les risques qui sont la plus courante, soit une
approche, plus originale, par l'ergonomie.
4.1.1 Approche par les
risques.
Dans notre approche par les risques, nous allons étudier
deux moyens :
- Le moyen juridique,
- Les moyens technologiques.
Chacun de ces moyens va nous permettre de nous poser les bonnes
questions par rapport aux droits d'accès.
Protection juridique de l'information :
Pour pallier à un retard dans le traitement technologique
de la protection du système d'information, une solution juridique peut
être envisagée. De manière générale, la
déontologie des usages des Systèmes d'information repose sur les
constats suivants :
ï L'outil informatique est devenu nécessaire, mais
son utilisation est facteur de risques pour l'entreprise ;
ï La loi évolue vers une responsabilisation
systématique et accrue de l'entreprise et de ses représentants ;
ï La sécurité juridique appelle un
contrôle renforcé de l'usage qui est fait de ces outils ;
ï Le périmètre de ce contrôle
étant juridiquement encadré, il faut trouver un équilibre
entre la nécessité pour l'entreprise de s'assurer du respect des
règles en vigueur et la garantie, pour le personnel, du respect de ses
droits fondamentaux (vie privée, secret des correspondances...).

Figure 16 : la déontologie des usages (source
CIGREF 2006)
En 2006, le CIGREF s'est posé la question de la
déontologie des usages des Systèmes d'information (CIGREF 2006).
Quelles utilisations des outils informatiques de l'entreprise sont conformes
aux règles éthiques, morales et juridiques définies ?
Il s'agissait de réfléchir d'une part, sur la manière dont
les règles existantes sont traduites en termes d'application
concrète et, d'autre part, sur les limites de leur champ d'application.
La déontologie des usages des Systèmes d'information sert ainsi
de maillon fondamental entre l'utilisation régulière des outils
et le comportement des utilisateurs.
Le tableau ci-dessous résume quelques uns des risques
envisagés sur le SI les réponses juridiques et
déontologiques qu'il est possible d'apporter.
Tableau 4 : Risques
juridiques et réponses déontologiques (CIGREF 2006)
|
Menaces "classiques"
|
Dispositions applicables
|
Peine maximale
|
Quelques règles déontologiques
|
|
Atteinte aux données personnelles
|
Art. 226-16 à 226-24 du Code Pénal (voir
Loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, modifiée par la
loi du 6 août 2004)
|
Jusqu'à 5 ans de prison et 300.000 euros d'amende
|
Déclarer ses traitements ou demander une autorisation et
les limiter à ce qui est déclaré, collecter loyalement les
données et les sécuriser de manière appropriée,
respecter droits des personnes fichées...
|
|
Atteinte aux données financières
|
Art. L621-15 du Code Monétaire et Financier
(modifié par Loi de Sécurité Financière du 1
août 2003)
|
Jusqu'à 1,5 millions d'euros ou 10x le montant du
profit réalisé
|
Gouvernance d'entreprise transparente, sécurisation des
données financières, définition de politiques de
sécurité...
|
|
Atteintes aux Systèmes d'information de tiers
(virus, entraves...)
|
Art. 323-1 à 323-7 du Code Pénal
(créés par la loi Godfrain du 5 janvier 1988, modifiée par
la Loi pour la Confiance dans l`Économie Numérique du 21 juin
2004)
|
Jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende
|
Sensibiliser les utilisateurs, interdire l'importation de
fichiers sur les postes utilisateurs, mettre à jour pare-feu et
antivirus, effectuer des tests de vulnérabilité, mettre en place
des pots de miel (pièges à pirates informatiques),
rédiger une charte d'usage...
|
|
Contrefaçon d'oeuvres audiovisuelles ou de
logiciels
|
Art. 335-1 et suivants du Code de la PI (peines
aggravées par la Loi Perben II, 9 mars 2004)
|
Jusqu'à 3 ans de prison et 300.000 euros d'amende
|
Sensibilisation du personnel, restrictions en matière de
sauvegarde de données et d'accès à Internet...
|
L'environnement juridique et réglementaire
L'entreprise évolue dans un environnement juridique
qu'elle ne maîtrise pas et auquel elle ne peut pas déroger. En
particulier, l'utilisation des technologies de l'information est un domaine
faisant l'objet de multiples textes juridiques tant nationaux
qu'européens ou internationaux, ainsi que de recommandations de la CNIL
(en France) qui n'ont pas la même portée juridique.
En effet, en France, plusieurs textes ont récemment
modifié l'environnement légal en matière de
Systèmes d'information : la loi pour la confiance dans l'économie
numérique du 21 juin 2004, la nouvelle loi informatique et
libertés du 6 août 2004 complétée par le
décret d'application du 20 octobre 2005 (CNIL 2007). Par ailleurs, le
code du Travail (articles L.120-2 et suivants, puis L 432-2 et L 432-2-1) exige
des entreprises qu'elles informent au préalable les représentants
du personnel avant tout projet important d'introduction de nouvelles
technologies lorsque celles-ci sont susceptibles d'avoir des
conséquences sur l'emploi, la qualification, la
rémunération, la formation ou les conditions de travail du
personnel (CIGREF 2006).
La protection des données en France
La CNIL a explicité dans un document d'orientation du 10
novembre 2005 la mise en place des dispositifs d'alerte professionnelle dont
la finalité est de renforcer la protection des données sensibles
de l'entreprise en favorisant la dénonciation de comportements suspects
de collaborateurs (CNIL 2005). Ce dispositif est applicable à un cadre
restreint et sous certaines conditions :
ï limitation du dispositif d'alerte aux domaines comptables,
financiers et bancaires (lutte contre la corruption),

ï définition des catégories de personnes
concernées par le dispositif d'alerte par le chef d'entreprise qui fixe
également les limites de |