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Du NOMIC au Sommet Mondial de la Société de l'Information : Le rôle de l'UNESCO dans la réduction de la fracture numérique


par Destiny TCHEHOUALI
Université Stendhal (Grenoble) / Institut de la Communication et des Médias - Master 2 Recherche - Sciences de l'Information et de la Communication
Traductions: Original: fr Source:

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Chapitre 2 : Méthodologie de la recherche

I- Questions et hypothèses de recherche

Voici un ensemble de questionnements et de suppositions suscités aussi bien par des constatations empiriques que par des discours théoriques et qui doivent faire objet de vérification à travers les tâtonnements de notre recherche :

y' L'UNESCO subirait des influences et des pressions dans l'élaboration de ses stratégies et dans la réalisation de ses programmes d'action en faveur du développement de la communication. Depuis l'échec du NOMIC et le départ d' Amadou Mahtar M'bow à la tête de l'institution, celle-ci ne s'est-elle pas pliée aux exigences des bailleurs de fonds et des grands financiers que constituent les Etats-Unis et les pays industrialisés ?

y' Aujourd'hui, les mesures du progrès vers la société de l'information se font entre autre par des indices statistiques quantitatifs, élaborés par certaines organisations internationales. Ces mesures se rapportent généralement aux indications sur les équipements d'informatique et de télécommunication... comme si la fracture statistique reflétait réellement la fracture numérique.

y' Aux peuples sous-équipés du Sud, on fait miroiter l'ordinateur pour tous comme un outil miracle pour passer du sous-développement au développement, sans même se préoccuper de l'adéquation entre technologie et contexte d'utilisation. Sont-ce les ordinateurs qui créent la richesse ou est-ce la richesse qui permet de s'équiper en ordinateurs?

y' Les TIC sont certes abondantes dans la « société de l'information ». Mais elles ne sont ni abondantes, ni accessibles de la même manière partout à travers le monde pour qu'on puisse parler aujourd'hui d'une « nouvelle société de l'information » basée sur des valeurs d'égalité et d'universalité.

y' Le C de UNESCO est bien Culture et non Communication : La division de l'information et de la communication de l'UNESCO est-elle alors vraiment légitime ? Sa mission est-elle pour autant vouée à l'échec ou du moins reléguée au second plan compte tenu de la priorité donnée à la culture dans les textes fondateurs de l'institution?

V' L'UNESCO ne pourrait à elle seule, à travers ses missions, être à la hauteur

du rééquilibrage des rapports Nord/Sud. L'UIT réussirait-il mieux ? Le choix de l'UIT et de l'OMC pour l'organisation du SMSI devrait-il évoquer l'idée d'une certaine punition infligée à l'UNESCO qui, sortant de ses prérogatives, compromet les intérêts des Etats-Unis et de certains pays industrialisés ?

V' L'UNESCO, à travers son discours déterministe et déterminé de promotion

des TIC en Afrique, contribue-t-elle à l'instauration d'une bureaucratie supranationale qui perturberait le libre jeu du commerce mondial (ultralibéralisme ou libéralisme dérégulateur) en défaveur des pays africains?

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