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L'importance de la route dans le développement socioéconomique d'une région : exemple de la départementale 200 ou boucle du Blouf


par Ansou MANE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Certificat d'aptitude à l'enseignement moyen (CAEM) 2007
Dans la categorie: Géographie
   
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Disponible en mode multipage

    AVANT PROPOS

    Ce document n'est pas à proprement parler une étude sur le Blouf. Nous avons voulu partir de la Départementale 200 autrement appelée Boucle du Blouf pour y insérer le cadre, c'est-à-dire l'espace que traverse cette route. C'est d'ailleurs ce qui explique cette approche sommaire dans la présentation du cadre d'étude.

    Ce travail, difficile certes parce qu'il a nécessité des efforts physiques et intellectuels, des moyens financiers (modestes), mais exaltant, a été réalisé grâce à l'assistance de beaucoup de personnes que nous tenons à remercier vivement. Ce sont plus particulièrement :

    - Madame Kane, professeur de Géographie à la FASTEF qui a bien voulu accepter ce sujet et nous encadrer ;

    - Monsieur Joseph Sarr, responsable de la Coordination Nationale de la Formation Continuée et tout le personnel de la CN pour le soutien matériel et surtout pédagogique qu'ils nous ont apporté ainsi que leur hospitalité ;

    - Abdoulaye Djiba, notable et ancien président de la Communauté Rurale de Thionck-Essyl .Nous devons à cet homme une grande partie de l'histoire que nous avons relatée dans ce document ; un homme qui garde encore intacts certains souvenirs de l'histoire coloniale du Blouf malgré sa vieillesse ;

    - Ibrahima Sagna, chef du Centre d'Expansion Rurale Polyvalent (C.E.R.P.) de Tendouck, qui nous a décrit les activités économiques du Blouf et qui est en train de terminer sa monographie sur le Blouf ;

    - Idrissa Diatta, élève professeur en section C, LHG qui nous a réalisé une enquête sur les données climatologiques auprès du Service Départemental du Développement Rural de Bignona ;

    - Ibrahima Khaliloulaye Ndiaye, élève professeur en section C, LHG qui nous a aidés à imprimer ce document ;

    - Abbas Wade, chargé de la surveillance des travaux d'aménagement de la Boucle du Blouf à l'A.A.T.R. (Agence Autonome des Travaux Routiers) ;

    - M. Diatta (originaire de Tendouck), en service à l'Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie ;

    - Malick Badji, ancien chauffeur et chef de la gare routière de Thionck-Essyl ;

    - Bocar Coly, guichetier à la gare routière de Bignona ;

    - Amadou Sadio, maire de la Commune de Thionck-Essyl.

    - Oumy Sadio, pour l'aide matérielle qu'elle nous a apportée

    Nous associons à ces remerciements tous ceux, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce dossier.

    DEDICACES

    Ce document est le fruit d'un travail de recherche que j'ai mené avec l'aide de beaucoup de personnes. Je le dédie à mes parents : à mon père, à ma défunte mère, à mes frères et soeurs de la famille Mané, à ma femme et mes très chers enfants (Maman, Moustapha, Mariama, Oumy, Ramatoulaye).

    Je le dédie aussi à mon frère Amadou qui m'a hébergé et soutenu tout au long de mon stage, à ma soeur Oumy qui m'a prêté son bureau pour mes recherches et la saisie de mes documents, le CPN d'HISTOIRE et Géographie Hamidou Watt pour ses précieux conseils et cours à la CN ; à mon ami et frère Sény Sambou (qui a partagé avec moi tous les malheurs et bonheurs de la formation).

    Je dédie enfin ce document à tous mes collègues stagiaires de la section F1C2 LHG de la promotion 2008.

    PLAN

    PREMIERE PARTIE : Présentation du cadre d'étude

    A- Situation et localisation du Blouf

    1- Carte (fig1 et 2)

    2- Situation et localisation

    B- Le cadre physique

    1- Le relief

    2- Le climat

    3- La végétation

    4- L'hydrographie

    C-Le cadre humain

    1- Population : origines, évolution et répartition

    2- Population : ethnies, langues et religions

    D- Les activités économiques

    1- Les activités traditionnelles

    a- Les cultures vivrières

    b- La cueillette

    c- La pêche artisanale

    d- L'élevage

    2- Les activités modernes

    3- Le commerce

    DEUXIEME PARTIE : Histoire et tracé de la Boucle du Blouf

    A- Histoire de la route du Blouf

    1-Avant la colonisation

    2-La colonisation et les prémices* de la Boucle du Blouf

    B- Le tracé actuel de la Boucle du Blouf

    1- Carte

    2- Description du tracé

    TROISIEME PARTIE : L'importance de la Boucle du Blouf

    A- Dans l'organisation de l'espace

    B- Dans le développement socio-économique

    QUATRIEME PARTIE : La Boucle du Blouf : contraintes et perspectives

    A- Les contraintes

    B- Perspectives : le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf

    CONCLUSION

    SEQUENCE PEDAGOGIQUE : Réalisation d'une fiche sur la leçon 9 de Géographie, classe de troisième : Les formes et problèmes de communication

    Conclusion générale

    Bibliographie commentée

    Dictionnaires :

    *LE LAROUSSE ILLUSTRE, édition de 1995

    *LAROUSSE POCHE, dictionnaire de poche, 2008

    DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE ALPHA ,1984

    Manuel de Géographie Terminales L / ES / S programme 1998, Collection J.- R. PITTE, Nathan Avril 1998, pages 204, 205.

    Sujet traité : Le rôle du Rhin dans l'organisation de l'espace allemand. La lecture de ces deux pages a permis de comprendre l'importance d'une voie de communication dans l'organisation de l'espace ; une ressemblance avec la Départementale 200 par rapport à l'espace du Blouf

    Géographie 2e, Les hommes et la Terre, sous la direction de Michel Hagnerelle, Collection Magnard Lycées, 1997. Pages 204-205.

    Sujet traité : La dynamique des réseaux (des réseaux de communication.

    Géographie Terminales ES - L - S, sous la direction d'Alain Joyeux, Hachette 2004. Pages 38 - 39.

    Sujet traité : « Les réseaux de transport dans le monde » sous forme de sujet d'examen au Bac avec un corrigé qui propose un plan, une introduction et une conclusion.

    Géographie 2e Collection J.- R. PITTE, Nathan 1993. Pages 156 - 157.

    Sujet traité : La route de l'espoir en Mauritanie.On évoque là l'importance de la route dans le développement d'une région, d'un pays.

    Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie : Le réseau routier du Sénégal 1960 - 1980, édition de 1984

    Sujet traité : La classification des routes en routes nationales (RN), en routes régionales et en départementales (comme la route du Blouf appelée D200)

    Service Régional de la Prévision et de la Statistique (Ziguinchor) : Situation économique et sociale régionale, édition 2004.

    Sujet : ce document a permis de compléter l'étude économique notamment la pêche avec les différentes ressources et les variétés de poissons, etc.

    Direction de la Prévision et de la Statistique : Estimations de la population du Sénégal de 2005 à 2015 édition 2006

    Sujet : les estimations de la population de l'arrondissement de Tendouck sous forme de tableau

    Journal Le Soleil du 30 Janvier 1987, page 10.

    Sujet : Bignona  doléances : l'amélioration des pistes de production souhaitée

    Programmes de Géographie 1998 et 2006 (les programmes dans le Moyen)

    Direction des Archives Nationales

    Codes : 11D1/0150 : dossiers sur Thionck-Essyl ; 11D1/0182 : Abdou Diatta dernier chef de canton de Djigouttes Nord ; 11D1/150 : dossiers sur Djigouttes Sud.

    Sites web

    www.professeurphifix.net/eveil/voie %20 de %20 communications

    Wikipedia.org/wiki/Tendouck

    Wikipedia.org/wiki/Arrondissement de Tendouck

    Enquêtes, entretiens et visites de terrain

    -Enquêtes :

    *Malick Badji ancien chauffeur le long de la Boucle du Blouf et chef de gare à Thionck-Essyl.

    *Sibaly Diatta , boutiquier à Mlomp.

    *Bocar Coly, guichetier à la gare routière de Bignona.

    *Ibrahima Sagna, chef du C.E.R.P. de Tendouck.

    -Entretiens :

    *Abdoulaye Djiba, notable à Thionck-Essyl, ancien président de la communauté rurale de Thionck-Essyl.

    *M. Diouf, sous-préfet de Tendouck.

    *Abdoulaye Niassy, facilitateur intervenant pour Mamadou Dia dans le commerce de produits de plantation.

    *Le chef du Service départemental des Eaux et Forêts de Bignona.

    *Abbas Wade, chargé de la mission de contrôle des travaux de la Boucle du Blouf, A.A.T.R.

    *Martin Diatta, Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie.

    -Visites de terrain

    * Visite à Tendième où étaient stationnés des engins et du matériel de l'entreprise SINCO (Août 2007).

    *Kagnobon près du cantonnement militaire (fin septembre 2007).

    *Au pont de Tendouck en construction avec le photographe Sékou Mané (gare routière de Thionck-Essyl) en Août, puis septembre 2007.

    *Balingore (dans les rizières qui sépare ce village de Tendimane).

    *Ponts de Thionck-Essyl, puis à Ediountou (près de Mlomp) avec prise de photos (septembre 2007).

    *Forêt classée de Diégoune entre Djimande et Tendouck et entre Tendouck et Bagaya.

    INTRODUCTION GENERALE

    La route est une voie de communication (une voie terrestre) qui permet le développement des transports qui à leur tour favorisent la réduction des distances entre les lieux, entre les producteurs et les consommateurs.

    La Départementale200 ou encore Boucle du Blouf, qui n'est pas à proprement parler une route sinon une piste de production, joue ce rôle de rapprochement dans les relations ville /campagne.

    La Boucle du Blouf est une route départementale descendant à partir de Tendième (village à quelque 2.5km au Nord de Bignona) et qui traverse la quasi-totalité des villages du Blouf, puis revient vers Bignona par Tendimane (un autre village de l'Arrondissement de Tenghory mais situé au Nord-Ouest de la Commune de Bignona) décrivant ainsi une boucle ; c'est-à-dire une sorte de parcours circulaire, d'où le nom de Boucle du Blouf.

    Le Blouf ou encore Boulouf (selon la prononciation) est le territoire qui correspond aux anciens cantons des Djigouttes

    Nord et Djigouttes Sud, puis à l'Arrondissement de Tendouck.

    L'étude de cette route revêt un triple intérêt.

    D'abord, parce qu'elle permet de saisir l'importance de la route dans l'organisation et la mise en valeur d'un espace.

    Ensuite, cette étude qui peut être abordée dans les classes de sixième (organisation de l'espace : leçon5) et troisième (les formes et problèmes de communication : leçon 9), permet également aux élèves d'acquérir certaines notions sur les voies et moyens de communication, la connaissance de certaines localités.

    L'autre intérêt de cette étude est de faire connaître le cadre d'étude ; c'est-à-dire le Blouf avec son milieu naturel, les hommes qui y habitent et leurs activités économiques.

    Au-delà de cet intérêt, cette étude est en quelque sorte un SOS face à la dégradation de la route du Blouf qui aggrave l'enclavement de la région ; une situation qui a pour conséquences la difficulté d'écoulement des produits agricoles et halieutiques, sans compter les difficultés d'évacuation des malades vers Bignona ou Ziguinchor.

    La réalisation de ce dossier pédagogique s'est faite à travers une recherche documentaire ( Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie , Direction de l'Aménagement du Territoire , Agence Autonome des Travaux Routiers ,Sous-préfecture de Tendouck , Centre d'Expansion Rurale Polyvalent de Tendouck , Direction des Archives Nationales , Bibliothèque de la FASTEF , Mairie de Thionck-Essyl ) , enquêtes auprès de personnes intervenant dans le transport , des commerçants , des visites et observations sur le terrain avec des prises de photos l'Internet ; mais aussi et surtout grâce aux conseils et orientations de Madame Kane , professeur de Géographie à la FASTEF .

    Notre étude s'articulera autour de quatre thèmes principaux : situation , localisation et sens du mot Blouf , ( à travers une présentation physique , humaine , économique ) , le tracé de la Boucle du Blouf , l'importance de la Boucle du Blouf dans le développement socio-économique de la région , enfin la séquence pédagogique .

    PROBLEMATIQUE

    La Boucle du Blouf ou D200 est une voie de communication qui assure la desserte des villages de l'Arrondissement de Tendouck ; une route qui intéresse plus de quarante mille habitants avec des productions fruitières importantes.

    Le choix de ce thème s'explique non seulement par un désir de faire mieux connaître notre terroir à ceux qui ne le connaissent pas assez (donc l'intérêt de ce sujet pour nous) ; ce choix est aussi guidé par l'importance politique et sociale ainsi que l'actualité du sujet (c'est face à la dégradation de cette voie et ses effets que la route du Blouf a fait l'objet d'un traitement médiatique important au cours de ces dernières années).

    Enfin, le choix de ce sujet entre dans le cadre de l'application de la recherche documentaire, un volet important dans la carrière d'un enseignant. Par ailleurs, l'étude des voies et moyens de communication est abordée à presque tous les niveaux du cycle moyen en Géographie ; ce qui constitue une autre source de motivation pour nous.

    Pour réaliser ce dossier, nous avons procédé par une recherche documentaire à travers la construction d'une bibliographie dont les outils sont :

    - des dictionnaires généraux ;

    - une encyclopédie ;

    - des ouvrages généraux et spécifiques ;

    - des sources Internet ;

    - un quotidien ;

    - des archives.

    Cette bibliographie a été complétée par des enquêtes, des visites sur le terrain, des entretiens.

    C'est par ces procédés que nous avons pu collecter des données qui sont à la base du document que nous soumettons à votre appréciation.

    PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU CADRE D'ETUDE

    Introduction

    La Départementale 200 ou Boucle du Blouf traverse une région aux caractères physiques et humains monotones. Sur le plan physique le Blouf qui correspond administrativement à l'Arrondissement de Tendouck, a des caractères subguinéens (selon les données fournies par le Service Départemental de l'Agriculture de Bignona).Du point de vue humain, c'est une région homogène exclusivement habitée par des diola. Les activités économiques sont pour l'essentiel agricoles avec une prédominance d'activités traditionnelles.

    Situation et localisation du Blouf

    1. Carte : le Blouf dans la région de Ziguinchor

    Carte no1

    2. Situation et localisation

    Le Blouf est une partie du département de Bignona (à l'Ouest de Bignona). Cette région correspond à l'Arrondissement de Tendouck. Elle est limitée au Nord par le Baako*(dans le Diouloulou), au Sud par le département de Ziguinchor, à l'est par la commune de Bignona

    et à l'Ouest par un ensemble d'estuaires* qui débouchent un peu plus loin sur l'Océan Atlantique.

    k

    Le Blouf correspond aussi aux anciens cantons des Djigouttes Nord et Djigouttes Sud (d'après les archives : code 11D1/0150). Aujourd'hui le Blouf comprend vingt villages et une commune rurale ; cinq communautés rurales : Affiniam , Bagaya , Balingor , Bessire , Bodé ( Ebouck ) , Boutégol , Bouteum , Dianki , Diatock , Diégoune Djimande , Ediamath , Elana , Kagnobon , Kartiack , Mandégane , Mangagoulack , Mlomp , Tendouck , Thiobon et la commune rurale de Thionck-Essyl

    La traduction du mot Blouf paraît complexe parce qu'elle ne fait pas l'unanimité d'un village à l'autre. D'après certains habitants du Blouf même, ce nom serait dérivé de « oulouf» c'est-à-dire les non initiés. C'est à partir de ce nom qu'on parle de la Boucle du Blouf comme on dirait la route du Baol ou la route du Fouta

    B. Le cadre physique

    1. Le relief

    Sur le plan structural le Blouf est une région qui se caractérise par de bas plateaux atteignant rarement dix (10) mètres d'altitude, des plaines, de nombreuses vallées arrosées par une multitude de cours d'eau pour la plupart saisonniers (d'après le Service Départemental de l'Agriculture de Bignona) ; sauf les cours d'eau envahis par la mer. La partie haute (ici la notion de est relative) du Blouf correspond à l'Est notamment Diégoune, Djimande, Kagnobon jusqu'à Kartiack ; une zone caractérisée par l'importance de la latérite.

    La zone basse est une sorte de corniche* allant de Thiobon à Affiniam ; donc l'Ouest du Blouf qui est la zone des sols hydromorphes* principalement.

    2. Le climat

    Dans le Blouf le climat est dans son ensemble subguinéen. Cependant on note quelques variations entre l'Est chaud et moins humide (c'est la zone continentale avec Diégoune, Djimande, Dianki, Bessire, etc.) et l'Ouest plus humide et moins chaud (la bande de terre depuis Thiobon jusqu'à Affiniam).

    Les températures moyennes en période de chaleur varient entre 26°c le matin et 34°c dans la zone côtière alors que dans la zone continentale elles sont de l'ordre de 28°c et 36°c. En période de froid on constate que l'Est est plus frais le matin et la nuit mais en début d'après-midi on note des températures qui peuvent monter jusqu'à plus de 30° (d'après le Service Départemental du Développement Rural de Bignona)

    Les cumuls pluviométriques d'après les données de certaines stations comme celle de Tendouck, peuvent aller jusqu'à 1059mm en moyenne. Cependant, on note des différences entre les années. En 1994 les cumuls à Tendouck ont donné 1445mm contre 692mm en 1983 une année de sécheresse (voir tableau ci-après)

    TABLEAU 1 : Pluviométrie à la station de Tendouck (1980 à 2006)

    Année

    Cumuls en mm

    Année

    Cumuls en mm

    1980

    716,1

    1994

    1445,2

    1981

    1025

    1995

    1237,6

    1982

    942,2

    1996

    889,3

    1983

    692,8

    1997

    1002,4

    1984

    864,9

    1998

    1080,5

    1985

    1144,2

    1999

    1379,4

    1986

    1060,4

    2000

    1206,3

    1987

    1303,3

    2001

    1153,3

    1988

    1166,0

    2002

    819,0

    1989

    1359 ,9

    2003

    1165,3

    1990

    1071,6

    2004

    749,0

    1991

    996,1

    2005

    1079,2

    1992

    809,7

    2006

    1130,0

    1993

    1104,0

    Moyenne

    1059,1

     

    Source : Service Départemental du Développement Rural de Bignon, janvier 2007

    3. La végétation

    Photo 1 :( Sékou Mané).

    Forêt galerie au pont de Thionck-Essyl (septembre 2007)

    En raison des conditions climatiques plus ou moins favorables et de l'hydrographie, on note une végétation abondante dans le Blouf. Selon le Service Départemental des Eaux et Forêts, on rencontre principalement deux formations végétales dans le Blouf : la savane arborée à l'Est et la forêt secondaire à l'Ouest. Les espèces ou essences y sont variée ; des arbustes aux grands arbres : elaeis guinéensis (palmier à huile) sous forme de forêt galerie* depuis Thiobon jusqu'à Affiniam, parkia biglobosa (néré) un peu partout mais qui connaît aujourd'hui les effets de la sécheresse surtout dans les zones moins humides, daniellia oliveri (baline en diola) avec sa sève qui est récoltée pour en faire de l'encens, ceiba pentendra (le fromager), dialium senegalensis (solom), detarium senegalensis (ditakh), etc.

    La mangrove*est représentée par des espèces comme le rhizophora racemosa et avicennia africana. Les arbustes sont représentés par combretum micrantum (kinkéliba), guiera senegalensis (nguer), icacina senegalensis.

    L'herbe y existe abondamment, notamment andropogon gayanus.

    Des espèces comme carapa procera (touloucouno en mandingue et boukounoum en diola), pterocarpus erinaceus (vèn) sont en voie de disparition.

    Les forêts, en raison de leur importance et de l'exploitation abusive qu'elles subissent, sont protégées à travers l'érection de certaines en forêts classées* ; c'est le cas de la forêt entre Tendouck et Bagaya (source : Service Départemental des Eaux et Forêts de Bignona ; données obtenues par enquête)

    4. L'hydrographie

    Photo 2 (Sékou Mané)

    Nouveau pont de Tendouck (septembre 2007)

    Le réseau hydrographique du Blouf est composé essentiellement de rivières, de mares, de marigots et pas de fleuve. Ce réseau est assez dense pendant l'hivernage contribuant ainsi à l'irrigation des nombreuses rizières dont certaines sont conquises dans la mangrove. De nombreux cours d'eau, du fait des changements climatiques ont disparu en laissant survivre une végétation abondante de palmiers à huile. La plupart des ponts (Tendouck, Thionck-Essyl, Ediountou*) sont le fait de la présence de ces cours d'eau. D'autres cours d'eau sont envahies par la mer et pour éviter la remontée de la langue salée dans les terres de culture, des digues sont aménagées dans les villages concernés. (Données fournies par le service départemental de l'agriculture)

    C. Le cadre humain

    1- Population : origines, évolution et évolution

    Selon des récits oraux racontés dans chaque village, les populations qui occupent la terre du Blouf seraient venues d'ailleurs (pour la majorité). Cependant il est difficile d'identifier les populations authentiques de cette région. A titre d'exemple, les populations d'Affiniam, de Bouteum, du hameau* de Djilapaho et de Thionck-Essyl seraient originaires de Bandial* dans le département de Ziguinchor. Les autres indiquent vaguement l'Est qui d'après certains correspondrait au Gaabou où cohabitaient diola et autres ethnies qui peuplent la Casamance.

    A part Djilapaho qui est rattaché à Affiniam, Boutégol, Ediamath et Bodé le reste du Blouf est constitué de gros villages dont la moyenne dépasse 1000 habitants. Selon les estimations de la Direction de la Statistique et de la Prévision, la population de l'Arrondissement de Tendouck (sans la Commune de Thionck-Essyl) était de 39461 habitants au 31 décembre 2005 et les projections donnent 43404 habitants en 2015. D'après le Service Régional de la Prévision et de la Statistique la population de Tendouck était de 30173 h en 2004 pour une superficie de 902 km2 et 8806 h pour la Commune de Thionck-Essyl ; soit un total pour le Blouf de 38979 h. Le dernier recensement dont les résultats ont été corrigés et publiés en 2007 donne une population totale de 38164 h pour tout le Blouf dont 19524 femmes.

    La densité de population tourne autour de 43 h/km2 (cf. Répartition de la population selon la circonscription administrative page 8, Direction de la Statistique et de la Prévision, année 2005).

    Mais ce chiffre cache les disparités dans l'occupation de l'espace. Le centre, occupé par des forêts, est presque vide. La petite Boucle depuis Diégoune (ancien Djigouttes Nord) est la partie des gros villages alors que dans la partie Sud c'est seulement Tendouck et Balingor qui font office de gros villages.

    Après une période de forte émigration vers les années 1973 en raison de la grave sécheresse qui a sévi dans la région, on assiste de nos jours à un début de rurbanisation*qui concerne surtout les retraités et des jeunes qui ont perdu tout espoir de trouver un emploi en ville. Même si l'émigration des jeunes filles continue, elle n'est pas aussi importante qu'autrefois car la plupart des jeunes filles sont élèves ou étudiantes et de plus en plus certaines s'intéressent au maraîchage.

    Tableau 2 : Estimations de la population de Tendouck de 2005 à 2015 : (tableau simplifié)

    Unité administrative

    31.12.2005

    31.12.2006

    --

    --

    --

    31.12.2015

    Arr. de Tendouck

    39461

    39880

    --

    --

    --

    43404

    C.R. Diégoune

    7294

    7371

    --

    --

    ---

    8023

    C.R. Kartiack

    7125

    7201

    ---

    ----

    --

    7837

    C.R. Mangagoulack

    8690

    8782

    --

    --

    --

    9558

    C.R. Mlomp

    1016

    1026

    ----

    --

    --

    1177

    C.R. Balingor

    6191

    6257

    --

    --

    --

    6809

    NB. C.R. : communauté rurale

    Source : Direction de la Prévision et de la Statistique janvier 2006.

    2. Population : ethnies, langues, religions

    Le Blouf est presque exclusivement habité par des diola (plus de 99%). Une minorité de peulh, surtout des commerçants et des bergers, est notée dans presque tous les villages. Quelques familles mandingues existent à Kartiack et à Thiobon et de plus en plus, ces peuples allogènes* s'intègrent au milieu culturel diola.

    Le diola est la langue parlée au Blouf. Cependant cette langue a des variantes ; donc des dialectes* et même dans ces dialectes on note des accents en fonction des origines de la population et du voisinage. C'est ainsi que Tendouck, Boutégol, Elana, Bodé, Mangagoulack, Bagaya, Diatock (voisins) ont à peu près le même accent. Bessire, Dianki et Kartiack sont linguistiquement proches du Baako (dans l'arrondissement de Diouloulou). Thionck-Essyl, bien que distant de Affiniam, Bouteum, et Djilapaho, leur est très proche sur le plan linguistique à cause de leurs origines. Kagnobon, Diégoune et Djimande d'une part et d'autre part Balingor et Mandégane ont leur accent. Thiobon et Ediamath se rapprochent avec l'introduction de beaucoup de termes mandingues dans leur dialecte. Mlomp constitue une particularité ; son dialecte ne s'apparente qu'au karone* dans le Kafountine*

    Malgré toutes ces différences, ces peuples partagent la même culture. A titre d'illustration, l'initiation (« boukout») qui permet au garçon d'acquérir certaines aptitudes, est un trait commun à ces villages.

    Sur le plan religieux, le Blouf est majoritairement musulman. Aujourd'hui il n'y a presque plus d'animistes dans la région. L'animisme a disparu avec sa pratique qui est le fétichisme ; même si on peut noter ça et là des processions* de femmes menées par des prêtresses* en temps de malheur.

    Le christianisme est présent à Thionck-Essyl, Boutégol, Tendouck, Mangagoulack, Elana (à plus de 99%), Affiniam, Bouteum, Kartiack. Des villages comme Mandégane, Diégoune, Djimande, Kagnobon, Bagaya, Diatock, Thiobon n'ont pas de chrétiens.

    Le Blouf est une terre composée de villages. Malgré les efforts de modernisation (électrification, adduction d'eau), on n'y trouve aucune ville même s'il y a la commune rurale de Thionck-Essyl qui est en voie d'urbanisation.

    D. Les activités économiques

    1. Les activités traditionnelles

    a. Les cultures vivrières

    Par la durée que prennent les travaux champêtres consacrés au riz (depuis le semis jusqu'à la récolte) ainsi que l'importance de cette céréale dans l'alimentation (le riz est un véritable produit de civilisation en milieu diola), la riziculture est de loin la première activité traditionnelle, sinon la première activité économique du Blouf. Il est très difficile de donner des chiffres sur la production de riz du fait de certaines pesanteurs socioculturelles (le cultivateur n'aime pas qu'on parle de sa richesse de peur qu'on lui jette un mauvais sort) mais aussi des difficultés des services compétents en la matière (les services de l'agriculture) à recenser les productions.

    Cependant il faut noter que le riz « nourrit son homme ». Il n'est pas rare de voir certaines familles couvrir leurs besoins alimentaires (le riz se mange au petit déjeuner, au déjeuner et au dîné) à partir de leurs propres productions en bonne année pluvieuse. On se permet parfois de vendre du riz à la boutique pour des dépenses. Le Général Economique et Commercial, une grande boutique à Thionck-Essyl, créée par des ressortissants de Thlonck-Essyl en France, agit dans ce sens en achetant le riz produit localement pour le revendre moins cher aux populations pendant l'hivernage.

    Le riz se cultive exclusivement pendant la saison des pluies dans les bas-fonds* inondés et dans des zones non inondés (le riz de plateau de plus en plus abandonné à cause de la divagation des bêtes). La variété la plus cultivée est oryza glaberina mais aussi oryza sativa (riz asiatique) qui connaît une forte spéculation du fait de son cycle végétatif court

    Le mil, longtemps laissé pour compte, a fait une percée extraordinaire dans le Blouf, surtout le mil sanio. En raison de son cycle végétatif court et de ses exigences hydriques modestes, le mil est en train de changer les habitudes alimentaires des populations du Blouf. Le plat de riz au matin est peu à peu remplacé par la bouillie de mil appelée « moni ». Ici la production ne se calcule pas en poids ou volume mais en bottes de mil. Comme c'est une céréale qui n'est pas suffisamment intégrée dans les habitudes alimentaires, la production couvre souvent les besoins des populations.

    Le mais y existe mais en jardin de case ; ce qu'il n'occupe pas de grandes surfaces. Aujourd'hui il fait l'objet d'une grande spéculation agricole avec l'introduction de la variété hybride plus productive. Dans les jardins de case on trouve aussi du haricot dont la principale zone de culture est l'espace compris entre Kartiack, Dianki et Bessire ; la patate douce, le taro, le manioc et un peu d'igname complètent le tableau des cultures vivrières.

    b. La cueillette

    En raison des conditions climatiques favorables, la végétation est abondante. Les forets offrent non seulement leur bois de chauffe et d'oeuvre, mais aussi et surtout des fruits sauvages très prisés des populations locales et des citadins. Ainsi le detarium (ou ditakh en wolof) cueilli à Mlomp, Thiobon principalement à partir d'octobre jusqu'en janvier, en fonction de la période de maturité, est transporté par camion et vendu à Bignona, à Ziguinchor, à Dakar.

    Le « madd » ou saba senegalensis le « troll » (sifemb en diola) ou andolfia sont cueillis en grande quantité entre Diégoune, Djimande, Kagnobon, Bessire, Dianki jusqu'à Thlonck-Essyl ; dans presque tous les villages du Blouf. Les villages de Dianki et Bessire sont les principaux domaine de dialium guineense (solom en wolof). Le fruit de « touloucouno » (carapa procera) est récolté pour être transformé en une huile utilisée dans les soins de certaines maladies respiratoires comme la toux, l'asthme ; les courbatures, le rhumatisme, etc. Cette huile est vendue très chère (plus de 5000f le litre dans le Blouf)

    Le palmier à huile donne l'huile de palme, des balais à partir des feuilles, des chevrons pour la confection des toits des maisons. Aujourd'hui la production d'huile de palme a beaucoup baissé à cause de la diminution du volume pluviométrique et feux de brousse qui détruisent chaque année une partie des palmeraies.

    La foret offre aussi le gibier qui est composé de rongeurs dont le lièvre, de ruminants comme l'antilope, d'oiseaux (surtout la perdrix).

    En mer le ramassage de coquillages ainsi que la récolte des huîtres dans les estuaires*depuis Thiobon jusqu'à Affiniam alimente un commerce largement tourné vers l'extérieur (Bignona, Ziguinchor, Dakar)

    c. La pêche artisanale

    Dans le Blouf, il est rare de voir un village sans pêcheur ; mais c'est principalement l'extrême Ouest, plus poissonneux qui concentre le plus grand nombre de pêcheurs. Dans cette zone, d' après un document de la Direction de la Prévision et de la Statistique sur la région de Ziguinchor en 2005, sont capturés des barracudas, des capitaines, des carangues (saka), des ethmoloses (obo), des machoirons (Kong), des grondeurs perroquets (sompattes). La carpe (avec toutes ses variétés) ainsi que le mulet sont les espèces les plus représentées et les plus consommées dans le Blouf.

    Des captures importantes sont réalisées ici et varient selon les périodes ou saisons. En période de froid le poisson descend dans les mers profondes et le produit est difficile à trouver même pour la consommation locale (constat que nous avons fait à l'occasion de nos enquêtes).Passée cette période, on ne va plus au débarcadère ; ce sont les pêcheurs ou les « bana bana » qui passent de maison en maison pour écouler leur produit.

    De loin Thiobon dépasse les autres débarcadères du Blouf. Malgré l'utilisation de moteurs hors-bord*, de plus grandes pirogues et la tentative de modernisation initiée par le Projet de Développement de la Pêche Artisanale dans la région de Ziguinchor (PAMEZ), le secteur de la pêche reste encore artisanal ; c'est une des principales causes de la faiblesse des prises car le matériel et les méthodes de pêche n'ont presque pas changé depuis des décennies.

    d. L'élevage

    L'activité pastorale reste essentiellement traditionnelle et extensive.

    L'espèce bovine qu'on y élève est le taurin* qui résiste à la trypanosomiase et à certains insectes vecteurs de maladies tropicales. Les troupeaux de bovins appartiennent à des familles et il est rare de voir une famille sans bêtes. Mais ce « trésor » est gardé longtemps secret ; ce sont les funérailles et surtout l'initiation* qui le révéleront. Dans cette zone les populations craignent plus la destruction des cultures par les bovins que l'insuffisance des pluies.

    L'élevage concerne aussi et surtout les petits ruminants comme les chèvres (caprins), les ovins ainsi que les volailles. L'âne, utilisé dans le transport, s'y adapte mais pas le cheval.

    Comme chez le peulh, l'élevage en pays diola (le Blouf ici) est une activité de prestige sentimental. On est satisfait d'avoir des un grand troupeau mais il est rare tuer une bête pour améliorer son alimentation, sauf quand elle agonise ou quand elle est vieille. Les rares occasions de mise en valeur de l'élevage sont les funérailles et l'initiation.

    2. Les activités modernes

    C'est principalement dans l'agriculture, notamment les plantations et le maraîchage que le Blouf a beaucoup réussi. Chaque année des tonnes de mangues de diverses variétés (mongo Tendouck, ket, Kent, diourou, saralion, etc.) depuis la plus hâtive (saralion) jusqu'à la plus tardive (ket), sont récoltées. En Casamance le Blouf fait partie des plus grands producteurs de mangues.

    La production d'agrumes (orange, citron, mandarine, pamplemousse) est en net recul en faveur de l'arrondissement de Diouloulou, en raison de la diminution des pluies.

    La banane existe, mais en faible quantité. Un fait important à signaler, les G.I.E. de femmes qui auparavant s'occupaient de maraîchage seulement, s'investissent désormais dans les plantations. En 2001 par exemple, la seule vente de mangues a permis au G.I.E. des femmes de Kaffanta (un sous-quartier de la commune de Thionck-Essyl) de gagner 1500000f et depuis cette date elles n'ont jamais gagné moins d'un million sauf en cas d'attaque de la mouche blanche. A Mlomp, le G.I.E. des femmes de Balokir (un quartier de ce village) produit chaque année plus de 2 tonnes d'oignon (le violet de galmi*) sans compter une importante production de tomate. Le G.I.E. Banga de Bougotir, un autre sous-quartier de Thionck-Essyl qui a gagné le deuxième prix du chef de l'Etat pour la promotion de la femme en 2003, puis un prix d'honneur en 2004, évolue dans un grand verger où il y a des arbres fruitiers et des produits maraîchers.

    L'arachide est cultivée dans cette région mais non seulement elle occupe de petites surfaces, ses productions sont faibles. En effet, cette culture qui aurait pu se développer dans cette zone est confrontée à la divagation du bétail, mais aussi et surtout les singes qui sont très friands d'arachide, sans compter les rats et les perdrix. Dans ces conditions, tous ceux qui cultivent l'arachide la récoltent au prix de beaucoup de sacrifices.

    Le mais, autrefois culture vivrière, est en train de faire une percée dans le Blouf avec l'utilisation de nouvelles variétés (le mais hybride*)

    Malgré l'utilisation de ces nouvelles variétés et le développement de la plantation, l'agriculture reste dans son ensemble traditionnelle. Le tracteur n'est pas encore connu au Blouf alors que la traction animale est faiblement introduite.

    3. Le commerce

    En raison de l'importance des autres activités économiques, le Blouf est une région dynamique en matière de commerce. Cette activité fait vivre beaucoup de familles.

    Les produits d'exportation de la zone sont les produits agricoles, notamment les produits de plantation comme les mangues, les oranges, les citrons ; les produits maraîchers (surtout la tomate) ; les produits de la cueillette comme le « madd », le produit de parkia biglobosa (néré et nététou), l'huile de palme, l'huile de carapa procera (touloucouno), les balais. Ces produits sont vendus dans les villes comme Bignona, Ziguinchor, Dakar et sont transportés par camion à travers la Départementale 200 ou Boucle du Blouf qui fait l'objet de la présente étude ou par pirogue jusqu'à Ziguinchor (à partir de Thionck-Essyl, Elana, Bouteum, Affiniam).

    En retour le Blouf reçoit des marchandises diverses (matériaux de construction, denrées et autres produits de consommation courante) sous forme d'importations. Ces produits sont vendus principalement dans des boutiques existant au Blouf principalement le long de la Boucle du Blouf. A part Thionck-Essyl qui a un petit marché qui ne fait même pas 200 m2, on n'en trouve pas d'autre dans la région ; il n'y a pas de marché hebdomadaire sauf que des marchands ambulants (des baol baol) passent d'un village à l'autre.

    De plus en plus, de jeunes commerçants du Blouf achètent des produits locaux qu'ils revendent à Ziguinchor, à Dakar ou ailleurs. Or, pendant des décennies ce commerce était dominé par des étrangers venus pour la plupart de Dakar ; des commerçants très connus dans le Blouf : Alla Bèye, Thioune, Mamadou Dia etc.qui fréquentent cette partie du département de Bignona en fonction de la récolte des oranges, des mangues tant que le Blouf est accessible, c'est-à-dire quand la route du Blouf est praticable

    Conclusion

    L'étude de la région du Blouf a permis de décrire ses principales activités économiques ; surtout dans le domaine de l'arboriculture, un secteur très dynamique malgré la modestie des moyens de production. Mais il faut noter que la survie de ces activités et même des populations de cette région dépend largement de l'existence de voies de communication adéquates car la clientèle est en dehors même du Blouf ; d'où l'importance de la route dans le développement socioéconomique.

    DEUXIEME PARTIE : Histoire et tracé de La Boucle du Blouf

    Introduction

    C'est à la fin des « années80 » qu'on donna à la Départementale 200 le nom de Boucle du Blouf ; cette route qui fait le tour du Blouf. Cette route était au départ un ensemble de sentiers reliant différents villages. Au cours de l'histoire, elle s'agrandira et aujourd'hui, longue de 94km, la Boucle du Blouf est au centre des préoccupations des populations et des autorités.

    A. Histoire de la Boucle du Blouf

    1. Avant la colonisation

    Les différentes localités du Blouf étaient reliées par une multitude de voies, surtout des raccourcis qui traversaient forêts et champs ; en un mot des sentiers. Beaucoup de ces sentiers existent encore de nos jours parce que permettant d'aller d'un village à un autre plus rapidement pour éviter les nids de poule ou autres dégradations de la D200 qui fait perdre beaucoup de temps. A titre d'illustration : par la D200, le village de Dianki est à 15km de Thionck-Essyl. On y accède par car en passant par Mlomp, Kartiack ou par Mlomp, Thiobon, Kartiack (plus long). Or, en empruntant le sentier, on accède directement à Dianki (moins de 5km). Cependant, ces chemins sont tellement étroits qu'il était parfois difficile à des motocyclistes de s'y rencontrer en roulant. Aussi, pendant une partie de l'hivernage ils sont envahis par l'herbe et des arbustes si bien qu'en les empruntant le matin en période de brouillard ou de rosée on est trempé.

    Plus tard les besoins des populations en matière de transport de bagages évoluant, puis avec l'arrivée de la colonisation, des voies plus larges et plus praticables apparaissent.

    2. La colonisation et les prémices de la route du Blouf.

    Comme partout en Casamance, la colonisation du Blouf est venue tard. C'est vers le début du XXe siècle qu'on nota réellement la présence française. A cette époque, selon Abdoulaye Djiba (notable et ancien président de la Communauté Rurale de Thionck-Essyl), le Blouf, une partie de l'arrondissement de Sindian et une autre partie de l'arrondissement de Diouloulou étaient réunis dans un vaste canton appelé Djigouttes sous l'autorité de Demba Soumaré, établi à Ebouck (Bodé). Demba Soumaré, ancien chasseur avait été nommé à la tête de ce canton pour freiner la progression de Fodé Kaba qui venait d'installer un camp dans le Bignona au début du XXe siècle.

    Par la suite, des réformes de l'administration coloniale aboutiront à la création d'un canton qui ne couvrait que la province du Blouf mais divisé en en deux parties : Djigouttes Nord et Djigouttes Sud vers 1920.

    D'après plusieurs sources, c'est surtout Baboucar Sagna plus connu sous le nom de Sagna Sagna qui a donné à la route du Blouf sa première configuration ; Arfang Sonko (Arfang Bessire), devenu lui aussi chef de canton de Djigouttes Nord en 1943, n'a fait que continuer son oeuvre.

    Sagna Sagna, originaire de Diégoune, a fait une bonne partie de ses humanités à Thionck-Essyl comme berger ; puis au cours de sa jeunesse il a fait des voyages au Nord du Sénégal, à Dakar principalement. Ces voyages ont beaucoup guidé son action à la tête des Djigouttes. Non seulement il a construit des pistes entre les villages, mais aussi il a foré des puits (pour permettre aux populations de s'alimenter en eau potable au lieu de puiser dans les mares ou marigots) ; il a édifié des ponts en bois aux endroits où les routes sont coupées par des cours d'eau. Jusqu'aux années « 80 », la partie Sud de la route du Blouf était la voie principale de passage vers Bignona ou de Bignona vers le Blouf (Bignona -Tendimane-Balingor-Mandégane, jusqu'à Tendouck).

    Cette voie d'environ 50km va perdre de son importance avec le projet d'amélioration des pistes de production en 1987 entrepris par l'Etat du Sénégal et qui a donné au Sud de la Boucle (l'axe Diégoune-Kagnobon-Bessire, jusqu'à Thionck-Essyl) un nouveau souffle. C'est ainsi que sur les 10 à 20 cars qui quittent quotidiennement Bignona pour le Blouf, les 7 à 15 empruntent «  la petite boucle » (de Diégoune à Thionck-Essyl).

    B- Le tracé actuel de la Boucle du Blouf.

    Carte 2 : plan de situation de la Boucle

    1. Description du tracé de la Boucle du Blouf

    L'entrée au Blouf peut se faire soit à partir du village de Koutenghor au Nord-Ouest de la commune de Bignona et à environ 2km de Tendième, puis Tendimane, Balingor, etc. ; soit à partir de Tendième. On peut ainsi entrer par Koutenghor, faire un tour de 94km et revenir par Tendième. L'entrée du Blouf, comme le montre la carte, ressemble à un cul de sac.

    La Boucle du Blouf passe par tous les villages du Blouf à l'exception de Djimande, village le plus au centre et le plus continental (car n'ayant pas de mer) ; mais ce village n'est pas enclavé parce qu'il est relié à Diégoune et à Tendouck par l'une des meilleures pistes avant le projet de la Boucle du Blouf (qui est en cours) et à Thionck-Essyl par un sentier emprunté même par des camions jusqu'au début de l'hivernage

    Conclusion

    C'est probablement Baboucar Sagna ou Sagna Sagna, ancien chef de canton de Djigouttes Nord qui a donné à la route du Blouf sa première forme ; une route de grande importance qui passe par tous les villages du Blouf à l'exception de Djimande qui est cependant relié à Tendouck et Diégoune par une autre piste de production et même à Thionck-Essyl par un sentier.

    TROISIEME PARTIE : L'importance de la Boucle du Blouf dans le développement socio-économique de la région

    Introduction

    Le Blouf est une région accessible par la mer dans sa partie Ouest. Mais la part du transport maritime dans le déplacement des populations et de leurs biens est faible ; ce qui fait que la voie routière est la plus fréquentée. C'est cette importance qui donne à la Boucle du Blouf la place qu'elle occupe dans le développement socioéconomique de la région.

    1. Dans l'organisation de l'espace

    En observant l'espace ou le paysage du Blouf on constate que la majorité de la population de cette région occupe pour la plupart un flanc de la route. En entrant par Tendième, on note une disposition des villages sur le flanc droit ; parfois la route passe au milieu d'un village. Le centre du Blouf est vide et si une telle disposition existe, c'est parce que les populations ont toujours cherché à occuper un espace accessible qui leur permet non seulement d'être en relation avec les autres régions, mais aussi de pouvoir écouler les produits de leurs activités économiques.

    Or, on ne peut pas envisager un développement quelconque sans infrastructures de communication.

    Les populations en général, leurs chefs en particulier (surtout Sagna Sagna et Arfang Bessire) l'ont compris. Durant la période coloniale beaucoup d'hommes et de femmes ont été bastonnés parfois à mort au moment de la construction des routes parce qu'ils ont manqué à l'appel. On raconta l'histoire de cette femme enceinte que Sagna Sagna fit bastonner (qui a par la suite rendu l'âme) lors de la construction du tronçon Diégoune-Balingor ; ce qui a d'ailleurs précipité la chute de ce chef.

    Dans presque tous les villages du Blouf les quartiers proches de la route sont plus densément peuplés que les autres. A Thiobon les populations d'un quartier plus à l'intérieur réclament le passage de la nouvelle route en construction (le projet d'amélioration de la Boucle du Blouf) dans sa périphérie.

    2. Dans le développement socio-économique.

    Des villages comme Tendimane, Balingor Mandégane étaient dynamiques depuis l'époque coloniale jusqu'au début des années « 80 » parce que la route du Blouf était praticable à ces endroits.

    De grandes boutiques y existaient et attiraient une clientèle de presque tout le Blouf. A cette période Balingor était le centre du Blouf (durant le règne du chef de canton Alpha Bodian).

    Aujourd'hui c'est l'autre côté, l'axe Diégoune-Kagnobon jusqu'à Thionck-Essyl, Tendouck. Des cars, par cette voie déversent des centaines de voyageurs, des marchandises, des produits agricoles. Tous les villages situés le long de cet axe sont approvisionnés en denrées de première nécessité à partir de Bignona ou Ziguinchor ou encore de Dakar (les cars du jeudi et du samedi). C'est par là aussi que passent pour la plupart les produits de la cueillette (madd, toll, balais), les mangues, les oranges, etc.

    C'est par la route que l'on évacue les malades vers Bignona et Ziguinchor.

    Les récoltes de mangues, d'oranges permettent aux populations de couvrir une partie importante de leurs besoins alimentaires. Vers les années 2003-2004, quand la Boucle du Blouf était très dégradée, les populations ont beaucoup souffert, surtout pendant l'hivernage. Des mangues ont pourri parce qu'il n'y avait pas d'acquéreurs du fait de la non praticabilité de la route.

    D'après le commerçant Mamadou Dia, quand la production est abondante il peut remplir plus de 10 camions de 16 tonnes d'oranges, jusqu'à 20 camions de mangues de toutes variétés. Or, il n'est pas seul à intervenir dans ce commerce ; ils sont nombreux dans ce secteur. Si cette importante production devait être invendue à cause de l'état de la route, ce serait une perte énorme pour les populations du Blouf. Dans la quasi-totalité des villages du Blouf, c'est l'homme qui donne à manger à toute la famille pendant l'hivernage (souvent depuis le démarrage des travaux champêtres jusqu'à la récolte du riz période où la femme prend le relais). Avec l'insuffisance des pluies et la crise agricole qui en découle, ce système a changé et compte beaucoup sur ses arbres fruitiers pour couvrir ses besoins alimentaires. Pour cela, il faut toujours compter sur une bonne production mais surtout sur la praticabilité de la route.

    La route a aussi un impact dans la santé des populations du Blouf. Dans cette région les infrastructures sanitaires, jusqu'à l'ouverture il y a deux ans du Centre de Santé de Thionck-Essyl, se limitaient aux soins de santé primaires et pour les cas graves les malades sont évacués à Bignona ou à Ziguinchor. Dans beaucoup de ces cas d'évacuation le échappait difficilement à la mort. En 2002 par exemple, on a assisté à des évènements insolites à Thionck-Essyl : deux femmes du quartier de Niaganane sont décédées à la suite de leur évacuation à Ziguinchor ; elles ont été enterrées la même heure dans le même cimetière avec toute l'émotion que cela a provoqué. La même année les vieux Mamadou Bassène Sambou et Ayi Le Colonel Badji sont morts en cours de route sans arriver à Ziguinchor où on les évacuait.

    Parallèlement à cette situation le prix du riz a connu une hausse. Le sac de riz qui coûtait 9500f à Bignona était vendu à plus de 12000f dans certains villages surtout ceux du centre qui n'avaient de débouché que Bignona. Pendant ce temps, la voie maritime (Thionck-Essyl - Ziguinchor, Elana - Ziguinchor, Bouteum - Ziguinchor, Affiniam - Ziguinchor) se développait, mais ne pouvait même pas faire le quart de la route du Blouf.

    Les populations excédées, ont agi par des correspondances, des cris de détresse au cours des tournées des autorités administratives, des politiciens ; par des marches dont celle de Mars 2005 du Blouf à Bignona.

    Comme on le constate, la Boucle du Blouf est à l'image de « la route de l'espoir » en Mauritanie, et comme le Rhin en Allemagne elle organise l'espace du Blouf.

    Conclusion

    Sans voies et moyens de communication il est difficile de développer une région, voire y vivre. Le Blouf n'échappe pas à cette logique au moment où nous vivons la mondialisation dont le socle réside dans le développement des communications.

    QUATRIEME PARTIE : LA BOUCLE DU BLOUF : CONTRAINTES

    ET PERSPECTIVES

    Introduction

    Malgré les différents projets de réhabilitation, la route du Blouf était jusqu'à une période récente une route difficile avec des ponts affaissés, des nids de poule qui rendaient la circulation quasiment impossible quand il pleut ; une situation qui a provoqué le désespoir chez les habitants du Blouf et tous ceux qui empruntent cette voie. Le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf (en cours) est en train de ramener l'espoir.

    A. Les contraintes

    Photo 4 : érosion marine au pont de Tendouck (Sékou Mané en Octobre 2007)

    Les contraintes dans la route du Blouf sont de deux ordres essentiellement : des contraintes naturelles et des contraintes technico-économiques.

    Sur le plan naturel, il faut retenir que le Blouf, appartenant à la Basse Casamance, est une région pluvieuse. C'est ce qui explique les nombreux cours d'eau saisonniers qui ont nécessité la construction de ponts ou ouvrages d'évacuation des eaux de ruissellement (pas moins de 30 ouvrages sur les 43km de la petite Boucle). Aussi la dénivellation est parfois forte à certains endroits favorisant une importante érosion linéaire*.

    Pour éviter cette dégradation de la route il fallait construire des canaux latéraux qui permettent d'évacuer les eaux vers les rizières. Ce phénomène d'érosion lié aux eaux se manifeste à tous les niveaux, surtout à la descente de Tendième, au niveau de la forêt de tecks de Diégoune, entre Kagnobon et le pont qui le sépare de Bessire. L'autre phénomène est l'érosion marine qui se produit au niveau des ponts de Tendouck, Thionck-Essyl, Ediountou ; Kagnobon. Récemment (septembre 2007), après la déviation réalisée par remblaiement* au moment de la reconstruction du pont de Tendouck, l'eau de mer au cours d'une période de dilatation, a coupé la route qui n'a pu être remise que quelques jours après.

    Sur le plan technique, il faut noter que le matériau utilisé pour construire cette route n'est pas solide. La latérite qui a jusqu'ici servi à la construction de la route du Blouf, se dégrade vite. D'ailleurs la partie qui vient à peine d'être réalisée dans le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf (on en parlera dans les perspectives) ressemble à une route construite il y a cinq ans ; surtout le long de la forêt de tecks de Diégoune.

    On peut enfin citer la contrainte économique, la plus importante en effet. Les populations du Blouf ont toujours réclamé aux différents pouvoirs (depuis le règne de Senghor) le bitumage de cette route. Mais les difficultés à trouver des moyens financiers suffisants ont souvent poussé à opter pour la solution la moins coûteuse. Jamais la Boucle du Blouf n'a été réalisée entièrement, même en latérite.

    La preuve, dans le projet en cours, rien que 43km sur les 94, de Tendième à Thionck-Essyl (comme le montre la carte réalisée par l'A.A.T.R.) sont pris en compte ; le reste attend un complément de financement

    B. Perspectives : le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf

    Répondant aux sollicitations, aux complaintes et aux pressions (menaces de ne pas voter, de vote sanction, de barrer la route), l'Etat du Sénégal entreprit en 2005 la réhabilitation de la Boucle du Blouf. Ainsi, grâce à l'entreprise ARESKI, une partie de cette route partant de la Nationale 5 (route Bignona-Séléty) à partir du village de Koutenghor, puis Tendimane, Balingor jusqu'à Tendouck (50km) a été réhabilitée. De l'autre coté, c'est-à-dire de Tendième à Diégoune, Kagnobon, le projet sera stoppé net par l'arrivée de l'hivernage et principalement la protestation des populations qui voyaient là une fuite en avant de l'Etat. Les populations commençaient à désespérer et dans les cars le long de cette route c'était le sujet le plus discuté (parfois avec beaucoup de passion) de telle sorte que le début des travaux concernant le nouveau projet est passé presque inaperçu.

    Le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf a démarré à la fin de l'année 2006.Comme annoncé dans son préambule, « Dans le cadre d'aménagement d'infrastructures et d'amélioration des conditions de vie des habitants du Département de Bignona dans le gouvernorat de Ziguinchor et dans le but d'intégrer l'impact économique et environnemental, le Gouvernement Sénégalais a obtenu de la Banque Islamique de Développement (B.I.D.) un crédit pour financer ce projet à 87,4% et le complément restant de 12,6% est financé par le Budget de Consolidation et d'Investissement (B.C.I.)un organe de l'Etat du Sénégal ». Ce projet ne concerne qu'une partie de la route du Blouf. « Les travaux concernent l'aménagement de la Boucle du Blouf section Tendième?Thionck-Essyl 43km »

    « Il s'agit d'une construction d'une chaussée neuve ayant 6m de large revêtue en enrobés denses* et un accotement* de 1,5m .Ce projet sera protégé contre les inondations par des ouvrages hydrauliques adéquats et un profil en long rehaussé par rapport au terrain naturel et une signalisation verticale et horizontale réglementaire ». Les intervenants dans ce projet sont : l'Etat du Sénégal à travers le Ministère de l'Equipement et des Transports Terrestres et l'A.A.T.R. (maître d'ouvrage) et les travaux sont confiés à un groupement d'entreprises Elhajji Abdellah-SINCO SPA.

    Le coût initial du projet de réhabilitation de la Boucle du Blouf est d'environ 7milliards (il est difficile de connaître le montant exact du projet du fait que l'AATR, pour des raisons que nous ignorons, ne nous l'a pas donné)

    Le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf, comme on le voit ne couvre que 43km depuis la N5 à partir de Tendième jusqu'à Thionck-Essyl. C'est peu par rapport à l'attente des populations du Blouf, mais on peut noter une nette amélioration dans la liaison Bignona?Blouf. Aujourd'hui, il est possible de faire le trajet Thionck-Essyl?Bignona en moins d'une heure ; ce qui était impossible il y a seulement trois mois. L'espoir est en train de renaître, mais des dos d'âne réalisés de façon incontrôlée par les populations, pour semble-t-il éviter les accidents, risquent de créer d'autres problèmes. En effet, à l'intérieur des villages les maisons sont très proches de la route (elles sont à moins de 10m de la route).

    Le type de route annoncé dans ce nouveau projet est aussi une avancée notable car il prend en compte le danger que constitue l'érosion liée aux eaux de ruissellement (la réalisation d'un accotement de 1,5m ainsi que des ouvrages hydrauliques adéquats entrent dans ce cadre).

    Photo 5 : (AFID Consultance août 2007)

    Travaux de construction des Ouvrages hydrauliques

    Conclusion

    Après les difficultés nées de la dégradation de la Boucle du Blouf qui a plongé les populations dans le désarroi, la lueur d'espoir est venue à la fin de 2006 avec le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf. Aujourd'hui, les travaux de terrassement et d'installation de la première couche permettent de quitter le Blouf et arriver en un temps court à Bignona et les arboriculteurs seront moins angoissés. La satisfaction dans les villages traversés par le nouveau projet, la désolation pour le reste (les 51km restants) ; ce sont là les sentiments qu'éprouvent les populations du Blouf

    PARTIE PEDAGOGIQUE

    Déterminations initiales :

    Intérêt du thème

    Le thème (L'importance de la route dans le développement socioéconomique d'une région : exemple de la Départementale200 ou Boucle du Blouf) est assez intéressant pour plusieurs raisons.

    D'abord pour l'intérêt que nous portons à notre terroir et le faire connaître aux autres, par le souci d'apprendre à faire des recherches. Par rapport à la documentation ce thème touche plusieurs parties du programme actuel de Géographie (celui d'octobre 2006) notamment les activités économiques, la population, le cadre physique. En outre, ce thème qui nous permet d'aborder les relations ville/campagne, est d'actualité face à ce qu'on appelle la mondialisation des échanges ou de l'économie dont la route ou tout simplement les communications sont un des piliers.

    A travers ce document, il est possible de tirer des informations pour la réalisation de certaines leçons du programme de Géographie du premier cycle :

    - pour la classe de sixième, il s'agit des leçons 2, 3, 4, 5, 6 du thème Etude d'un écosystème humide (la Casamance) ;

    - pour la classe de cinquième : leçons 5, 6, 8, 14, 16, 19 ;

    - enfin pour la classe de troisième, la leçon 9.

    Pour la réalisation de la séquence pédagogique, nous avons choisi la leçon 9 du programme de Géographie de la classe de troisième intitulée « Les formes et problèmes de communication ». Notre choix pour cette leçon est guidé par notre souci de montrer que la route est un moyen indispensable au développement, mais aussi de montrer les enjeux de la mondialisation à travers les communications. En effet, la croissance rapide ainsi que l'augmentation du volume des échanges ont nécessité une véritable révolution des communications qui se manifeste par la création d'un système de transport multimodal qui connecte la voie d'eau, la route, le rail et l'aéroport.

    Projet pédagogique

    Année académique : ........

    Date : ...................

    Heure : ..............

    Crédit horaire : 2 heures......

    Etablissent : .................

    Site : ....................

    Classe : ..............

    Effectifs : ........

    Discipline : Géographie

    Thème : Chapitre IV : La Terre, une planète solidaire

    Leçon 9 : Les formes et problèmes de communication.

    Pré-requis : leçon 8 : La coopération multilatérale.

    Documentation :

    - Rémy Knafou, Le nouveau système-monde, Terminale ABCD ,1992 pages 62 à 65.

    - Hagnerelle M. 1997 : Les hommes et la Terre, Collection Magnard Lycées, classe de 2e pp. 204 à207.

    - Dupâquier J. - Prévôt V.1983 : Le monde actuel en question, Collection Espaces et Temps, manuel des classes terminales pp. 378 à 385.

    - Programme de géographie, Octobre 2006, page 21.

    - Dictionnaire Larousse, dictionnaire de poche 2008.

    - Internet.

    Supports :

    -Support 1 : un texte tiré du net intitulé « Les modes de transport »

    -Support 2 : une carte 1 : les réseaux de transports terrestres.

    -Support 3 : un texte intitulé « Les télécommunications » (tiré du net).

    Support 4 : une carte 2 : principaux réseaux et grands carrefours aériens.

    Support 5 : un texte : Inégale densité des réseaux dans le monde

    Objectifs

    Objectif général de savoir : Au terme de la leçon intitulée  « les formes et problèmes de communication », les élèves doivent être capables de définir des formes de communication.

    Objectifs spécifiques de savoir :

    -Citer :

    .les transports terrestres

    .les transports maritimes

    .les transports aériens

    -distinguer les réseaux d'information

    -identifier certains problèmes de communication dans le monde

    -montrer l'importance des communications dans la mise en place du système-monde.

    Plan

    Introduction

    I. Les formes de communication dans le monde.

    A. Les transports

    1. Les transports terrestres

    2. Les transports maritimes

    3. Les transports aériens.

    B. Les réseaux d'information

    1. Les réseaux traditionnels

    2. Les réseaux modernes.

    II. Les problèmes de communication

    A. Dans les pays développés

    B. Dans les pays en développement

    C. L'importance des communications dans la mise en place du système-monde.

    Conclusion.

    Stratégie.

    Le cours qui se déroulera en deux heures se fera à travers des consignes, des questions du professeur avec des observations et des propositions de réponses des élèves qui s'appuieront sur les supports produits par le professeur. Chaque grande partie de la leçon aura un support (un texte ou une carte). A la fin de chaque partie il y aura une évaluation.

    Déroulement de la leçon (voir tableau des activités d'apprentissage).

    Evaluation

     
     

    Traces écrites

     

    Voir résumé en annexe 2

    Activités des élèves

    La coopération bilatérale concerne deux partenaires alors que la coopération multilatérale met en relation plusieurs partenaires. Toutes les deux sont une forme de solidarité entre partenaires

    Propose des réponses :

    1. La route, la mer, le rail, la voie aérienne.

    2. Ce sont des voies de communication

    Puis les élèves, avec l'aide du professeur proposent un titre à la leçon

    Activités du professeur

    1. Comparer la coopération multilatérale à la coopération bilatérale.

    Pose des questions :

    1. Par quelles voies peut-on voyager ?

    2. Que constitue l'ensemble de ces voies ?

    Plan

    Révision

    Entrée et introduction

    Support

    Questions

     

    Chrono-gramme

    5mn

    10mn

    Lire en annexe 2

    Voir en annexe 2

    Après lecture les élèves dégagent les idées du texte.

    Réponses attendues :

    1. terrestres, maritimes, aériens.

    2. En fonction des voies de communication.

    3. Voie ferrée, voie routière, voie aérienne, voie maritime.

    4. Des modes de transport combinés

    Réponse

    Avec l'aide du professeur, les élèves proposent un résumé

    Le professeur après distribution du texte1 (à chaque élève) donne une consigne de lecture silencieuse.

    Questions :

    1. Citez les types de transport d'après le texte.

    2. Comment sont classifiés les modes de transport ?

    3. Rappelez ces voies de communication

    .4. Expliquez « le transport multimodal »

    Consigne

    Récapitulons ce que nous venons de voir ensembleI.

    A.

    1-2-3.

    Support 1 : texte 1

    25mn

     
     

    Lire en annexe 2

    Voir en annexe 2

    1. Lecture des élèves qui proposent :

    Les télécommunications sont une transmission à distance d'informations avec des moyens à base d'électronique et d'informatique

    Réponses.

    Les signaux de fumée et le tambour.

    2. Meucci, Graham, Marconi

    3. Téléphone fixe ou mobile, la radio, la télé, l'ordinateur qui utilisent des équipements électroniques avec des réseaux analogiques ou numériques

    Récapitulation

    Consigne du professeur

    1. Lecture silencieuse du texte no 2, puis définir les télécommunications

    Questions

    1. Quels sont les moyens traditionnels de communication qui ont précédé le téléphone et le télégraphe ?

    2. Qui a inventé le téléphone, le télégraphe, la radio ?

    3. Quels sont les outils des télécommunications modernes ?

    Récapitulons

    I.

    B.

    1.-2.

    Support 3 : texte2

    25mn

     
     

    I.

    B.

    1-2

    Support 3 : texte

    25mn

     

    Lire en annexe 2

    Voir résumé en annexe 2

    Commentaires

    La carte montre une inégale densité des réseaux de transport

    Réponses

    1. Dans les pays développés

    2. Dans les pays pauvres.

    Réponse : Concorde fait par exemple 3h entre Paris et New York alors que le brésilien fait 2 jours pour aller du Nord au Sud de son pays

    Réponse : les embouteillages, la saturation des réseaux, la dégradation des routes, etc.

    Consigne 1:

    Observez et commentez la carte 1

    Questions

    1. Dans quelle partie du monde trouve-t-on les réseaux denses ?

    2. Et les réseaux incomplets ?

    Consigne2 : Lisez le texte 3 et montrez qu'il est plus aisé de se déplacer dans les pays riches que dans les pays pauvres.

    Citez quelques problèmes de communication dans les pays pauvres et dans les pays riches

    II.

    A.

    B.

    Support 2 : carte.

    Support 5

    15mn

    Lire en annexe 2

    Voir en annexe 2

    Réponse : il s'agit des carrefours de réseaux aériens qui touchent le monde entier.

    Réponses :

    1. Ils favorisent les échanges et le rapprochement des hommes

    2. C'est la révolution des communications qui a permis la mondialisation des échanges.

    Récapitulation

    Observez la carte 2 et dites d'abord quel type de voie de communication est représenté, puis dites les régions concernées.

    Questions

    1. Quelle importance ont ces réseaux de même que les autres formes de communication dans le monde ?

    2. Peut-on parler de mondialisation sans les communications ?

    Récapitulons

    II.

    C.

    Support  4 : carte 2

    20mn

     

    Lire en annexe 2

    Voir en annexe 2

    Réponses

    1. Sous deux grandes formes : les communications matérielles (terrestres, maritimes et aériens), les communications immatériels (les télécommunications)

    2. Elle est inégale.

    3. C'est grâce aux communications que le monde est devenu un village planétaire.

    Questions

    1. Au total, sous quelles formes se présentent les communications ?

    2 Que peut-on dire de leur répartition ?

    3. Quelle place occupent-elles dans le système-monde ?

    Fin de leçon.

    Conclusion

    -

    6mn

    8mn

    Evaluation

    Annexe 1 : support

    Texte 1 : Les modes de transport

    Les modes de transport sont généralement classifiés selon les voies de communication utilisées.

    Ce sont les transports terrestres (routiers et ferroviaires ou guidés), les transports maritimes, les transports par voies d'eau (fleuves et canaux), les transports aérospatiaux (aériens et spatiaux), individuels ou collectifs.

    Pour transporter d'un point à un autre (ou pour déplacer, s'il s'agit d'un déplacement simple), il est souvent nécessaire de combiner ces différents modes de transport. Il s'agit alors de transport multimodal, ou intermodal, ou plurimodal, ou combiné.

    Source : Internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Transport

    Texte 2 : Les télécommunications

    Les télécommunications sont définies comme la transmission à distance d'informations avec des moyens à base d'électronique et d'informatique. Ce terme a un sens plus large que son acception équivalente officielle «  communication électronique ». Elles se distinguent ainsi de la poste qui transmet des informations ou des objets sous forme physique.

    Dans les débuts des télécommunications modernes, des inventeurs comme Antonio Meucci, Alexander Graham Bell ou Guglielmo Marconi ont mis au point des dispositifs de communication comme le télégraphe, le téléphone ou la radio. Ceux-ci ont révolutionné les moyens traditionnels tels que les signaux de fumée ou le tambour.

    A l'époque actuelle, les télécommunications concernent généralement l'utilisation d'équipements électroniques associés à des réseaux analogiques ou numériques comme le téléphone fixe ou mobile, la radio, la télévision ou l' ordinateur. Celles-ci sont également une partie importante de l'économie et font l'objet de régulations au niveau mondial.

    Source : Internet : www.fr.wikipedia.org/Norme_de_telecommunication

    Texte 3 : L'inégale densité des réseaux dans le monde.

    Dans le domaine des transports, les nombreux progrès techniques n'ont pas provoqué une contraction uniforme de la Terre. En effet, les réseaux mis en place dans le Monde n'ont ni le même maillage ni les mêmes performances : ainsi, à l'échelle française, on se rend plus rapidement de Paris à Lyon (460 km) en T.G.V. que de Clermont-Ferrand à Limoges (180 km) en train ; à l'échelle internationale, Concorde joint Paris à New York en trois heures et demie, alors qu'un brésilien peut mettre deux jours pour traverser son pays du Nord au Sud en avion.

    Source : Rémy Knafou, le nouveau système-monde, 1992 p.70

    Annexe1 (suite) : support 2 : carte 1

    Source : HAGNERELLE M. 1997, Les hommes et la Terre, page 205

    Annexe1 : support4 : carte 2 : principaux réseaux et grands carrefours aériens

    Source : Rémy Knafou, Le nouveau système-monde 1992, page 67

    Annexe 2 : RESUME

    Introduction

    Longtemps, les communications se sont effectuées sur la surface de la terre ou de la mer. Le XXe siècle a vu le développement rapide des communications aériennes et spatiales et surtout les télécommunications.

    Mais ces communications sont mal réparties à travers le monde et leurs problèmes différents d'un milieu à l'autre et leur développement a contribué à la mondialisation.

    I. Les formes de communication.

    A. Les transports.

    1. Les transports terrestres.

    Ils concernent principalement les transports routiers, les chemins de fer, les transports par canaux.

    -Les transports routiers n'ont connu une grande expansion que dans les pays d'économie marchande. Ceux-ci possèdent la plus grande longueur de routes à forte densité de circulation (autoroutes, voies rapides, etc.)et ont le meilleur parc routier ; alors que dans les pays pauvres les réseaux sont moins denses. La route continue de jouer un rôle important dans le transport de marchandises (surtout à de courtes distances) et de personnes.

    -Le rail qui a permis de réaliser la révolution industrielle européenne, est aujourd'hui spécialisé dans le transport de produits pondéreux (lourds) comme les mines, des marchandises diverses. Dans le transport de voyageurs, il existe des tramways, des trains à grande vitesse (T.G.V.).

    -Le développement important des conduites (oléoducs et gazoducs) s'explique par leur sûreté, leur rapidité, leur puissance (un oléoduc peut débiter jusqu'à 50 millions de tonnes par an), etc.

    2. Les transports maritimes.

    Ils ont connu un grand essor dans la deuxième moitié du XXe siècle avec l'accroissement de la capacité des navires (pétroliers, méthaniers, vraquiers, etc.). Dans ce domaine, ce sont encore les pays riches (Pays-Bas, Etats-Unis, Chine, Russie, etc.) qui dominent. En 1990, le transport maritime a atteint un nouveau record avec 3975 millions de tonnes. Le transport maritime concerne aussi les passagers avec des ferries, des bâteaux-hotels, etc.

    3. Les transports aériens.

    Dans le transport aérien il y a l'avion pour le transport de marchandises et de passagers (surtout), les fusées pour les voyages d'études dans l'espace et l'installation de satellites.

    Aujourd'hui, l'avion dessert presque tous les espaces habités de la planète mais les trafics majeurs demeurent essentiellement dans les pays riches où on note les plus grands aéroports du monde.

    B. Les réseaux d'information.

    1. Les réseaux traditionnels.

    Les télécommunications ont commencé avec des signaux de fumée, des tambours à une période où les techniques n'étaient pas développées. Par la suite, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, avec Marconi, Graham, le téléphone et le télégraphe apparaissent.

    2. Les réseaux modernes

    La deuxième moitié du XXe siècle correspond à une véritable révolution dans le domaine des télécommunications avec la communication par satellite, l'ordinateur, le téléphone portable, etc. :c'est l'utilisation   d'équipements électroniques associés à des réseaux analogiques ou numériques.

    II. Les problèmes de communication.

    A. Dans les pays développés

    Dans les pays développés, les réseaux de communication sont assez denses et de qualité meilleure mais de nombreux problèmes peuvent surgir. Ce sont surtout les encombrements ou embouteillages surtout les week end et en période de vacances. A cela on peut ajouter la saturation des réseaux ainsi que le coup élevé de leur entretien.

    B. Dans les pays pauvres

    Dans les pays pauvres, on peut citer entre autres la mauvaise qualité des communications (des réseaux incomplets, beaucoup plus de pistes que de routes), les nombreux encombrements surtout dans les villes qui font perdre énormément de temps et d'argent aux populations. Ces pays ont des difficultés pour entretenir leurs communications.

    C. L'importance des communications dans la mise en place du système monde.

    L'amélioration des réseaux et du matériel, la spécialisation des fonctions ont accru la rapidité des transports continentaux. La généralisation des conteneurs permet aussi des gains considérables ; la même charge passant du bateau au train ou au camion. Les progrès des transports aériens, l'essor des télécommunications, en particulier par satellite, permettent enfin une circulation rapide des hommes et de l'information ; donc la mondialisation.

    Conclusion

    Les communications, qu'elles soient matérielles ou immatérielles sont inégalement réparties à travers le monde. Aujourd'hui avec leur développement spectaculaire, les hommes et les informations circulent plus vite comme dans un village.

    Annexe 2 : EVALUATION

    EXERCICE 1 ; Indiquez par une flèche le mode de transport auquel correspondent les moyens de transport dans les 2 colonnes :

    le bateau voie aérienne

    le tramway

    l'aéroglisseur voie terrestre

    le t.g.v.

    le Boeing 747 voie maritime

    la péniche

    .....................................................................................

    Dissertation

    Sujet : Montrez que les communications sont importantes pour le développement.

    CONCLUSION GENERALE

    La route est une voie de communication qui assure le transport des marchandises et des personnes. Elle unit les localités entre elles, les habitants des villes et des campagnes et permet aux usines de s'installer aux abords des villes. C'est cette fonction de relais, de rapprochement qu'a la Boucle du Blouf. Sans cette infrastructure le développement du Blouf est quasiment impossible. Sa dégradation ces dernières années a été vécue comme une véritable odyssée. Aujourd'hui le Projet d'Aménagement de la Boucle du Blouf (en cours) est en train de faire renaître l'espoir dans une région où les autres voies de communication ne sont pas ou sont très faiblement développées.

    Comme précisé tout au début de notre étude, le thème du Blouf n'a été qu'un prétexte pour montrer comment une voie de communication peut organiser ou modifier un espace. L'exemple des Etats-Unis est là pour le confirmer ; un espace immense avec de longues distances entre l'Est et l'Ouest et entre le Nord et le Sud, mais des contraintes atténuées par l'existence de voies de communications adéquates.

    A Dakar, on parle presque quotidiennement des dommages économiques causés par les embouteillages ; cela montre encore une fois l'importance de la route dans le développement économique d'un milieu.

    La réalisation de ce dossier nous a permis d'appréhender la documentation et on voit qu'il est possible de construire un cours sans copier ou plagier des manuels et surtout quand il s'agit d'enseigner le milieu proche.

    LEXIQUE

    Accotement (nom) : partie de la route se situant entre la chaussée et le fossé (les bordures de la chaussée).

    Allogènes (des peuples) : ce sont les peuples qui ont une origine autre que celle des autochtones (des étrangers).

    Baako : c'est un ensemble socioculturel composé par des villages voisins dont le centre est Kabiline dans l'arrondissement de Diouloulou.

    Bandial : c'est un ensemble de villages du département de Ziguinchor (certains sont insulaires) dont Enampore, Eloubalir, Etama, etc.

    Bas-fonds : les fonds de vallée qui peuvent être submergés pendant une partie de l'année.

    Corniche : route en surplomb d'une paroi.

    Dialectes (pl) : ce sont les variétés régionales d'une langue. Pour le Blouf il s'agit des différents accents de la langue diola.

    Ediountou : le pont qui traverse une petite rivière entre Mlomp et Thionck-Essyl.

    Enrobé (nom) : un revêtement de sol fait d'un mélange de granulat et de liant bitumineux.

    Erosion linéaire : la perte de sol due à l'eau qui arrache et transporte la terre vers un lieu de dépôt.

    Estuaire : une embouchure d'un fleuve envahie par la mer.

    Forêt classée : c'est la partie du domaine forestier national ayant fait l'objet d'un acte de classement. Le domaine forestier classé du Sénégal comprend les forêts naturelles, les périmètres de protection et les périmètres de reboisement.

    Forêt galerie : bande forestière humide longeant les cours d'eau continentaux.

    Karones : c'est un ensemble d » îles à l'Ouest de l'arrondissement de Diouloulou. Le peuple y habitant porte le même nom. Le principal centre du Karone est Kafountine (qui n'est pas une île comme d'ailleurs d'autres villages karones)

    Moteurs hors-bord : un engin ou un système de propulsion utilisé sur une pirogue ou un bateau.

    Mas hybride : mas issu du croisement d'espèces différentes.

    Sols hydromorphes : des sols imbibés d'eau (surtout dans les bas-fonds).

    Initiation : c'est une cérémonie rituelle qui consacre le passage du jeune garçon à la génération adulte en milieu diola. Elle est appelée improprement « circoncision ».

    Procession : c'est une un cérémonie de prières (sous une forme traditionnelle) organisée par des femmes à travers les villages avec des chants et danses sacrés pour conjurer le mauvais sort en cas d'épidémie ou de disette.

    Prêtresses : ce sont des femmes dotées d'un pouvoir surnaturel qui dirigent souvent les processions, mais aussi des voyantes.