PARTIE I
LE CULTUREL : UNE GEOGRAPHIE SOCIALE DES LOISIRS
CHAPITRE I : CULTURES « DE JEUNESSE » ET
POST-MODERNITE
Dans ce premier chapitre, en nous gardant bien d'entrer dans
le débat opposant le « tout culturel » au prestige de
la « culture consacrée » (O.Donnat, 1997) issue de la
tradition des lumières, nous allons tenter de dresser une
définition sommaire du mot « culture » en rapport avec notre
sujet. En effet, les dîtes « cultures jeunes », en tant que
pratiques culturelles de loisirs, et en même temps véritables
source d'identité, font référence à un double sens
du terme.
A - CULTURE ET GEOGRAPHIE
1) Le sens anthropologique : les fondements de
l'identité
« Une culture constitue un corps complexe de normes,
symboles, mythes et images qui pénètrent l'individu dans son
intimité, structurent les instincts, orientent les émotions
.»
Par cette définition, Edgar Morin nous évoque la
culture au sens général du terme et fait référence
à l'importance de ses effets sur l'individu qui par elle construit son
identité, qu'elle soit locale, nationale ou internationale.
Ainsi, elle est à l'origine du sentiment d'appartenance
de l'individu à une communauté. On peut alors la concevoir comme
« Une totalité de représentations, valeurs,
comportements, modèles et règles qui régissent la vision
et le mode de vie d'un groupe social, et donc des individus qui le
composent ». (Pierre Gaudibert).
La polysémie du terme nous renvoie d'emblée
à de premières difficultés, car si l'objet de notre
étude porte sur les pratiques culturelles ayant trait aux loisirs, nous
pourrons constater par la suite que ces pratiques sont de véritables
références identitaires en matière de jeunesse. En cela,
nous tenterons de déterminer l'influence qu'elles peuvent avoir sur la
territorialité des jeunes royannais
.2) Les pratiques culturelles de
loisirs
Selon Paul Claval, et comme nous avons pu le constater
précédemment : « La culture est un champ commun à
l'ensemble des sciences humaines. » (Claval, 2001) Dans le
dictionnaire critique, Les mots de la géographie,
apparaît une distinction sur le sens du mot culture. Par
conséquent, nous devons d'ores et déjà préciser que
nous n'aborderons pas « (...)tout ce qui relève, tant de
l'idéel que dans le matériel, de ce que comptent l'apprentissage
en général, et l'activité intellectuelle en particulier,
comme dimension des individus et des sociétés . · tout ce
que naguère on appelait d'un côté les superstructures, d'un
autre les civilisations. Certains champs sont ainsi des champs culturels
(langues, religions, institutions parentales(...).
Notre sujet s'attachera donc à la définition du
culturel portant sur les « implantations structurantes (maisons ou
palais, opéras, théâtres, bibliothèques...)
, · les activités sporadiques (festivals, salons, concerts,
expositions, représentations) , · les productions de richesses
et les déplacements de consommation. Il s'associe aux loisirs dans les
géographies du tourisme ou des spectacles. » (Brunet, Ferras,
Théry, 1993) Plus particulièrement, nous nous limiterons aux
activités sporadiques dernièrement citées dans la mesure,
nous l'expliquerons par la suite, où elles suscitent un véritable
engouement de la part du jeune public.
En outre, ces pratiques, en tant que véritable
phénomène de société, mettent en question de
réels et multiples enjeux et ce sur différents plans. Ils peuvent
être d'ordre économique, enjeux de civilisation, ou bien enjeux de
pouvoir entre les acteurs eux-mêmes, mais aussi enjeux de pouvoir pour
l'esthétique et le goût, ou encore enjeux de pouvoir entre les
collectivités locales « pour qui la culture et la musique sont
aussi des vitrines et des outils de compétition interville. »
(Romagnan, 2000) Ils méritent donc que le géographe s'y
intéresse. Les cultures jeunes font-elles partie de ces enjeux à
Royan ?
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