3) La territorialité : source de conflits
Si définir le territoire n'est pas une tâche
facile étant donnée la polysémie du terme, nous allons
voir que la territorialité pose quant à elle d'autres
problèmes tout aussi subjectifs.
Dans Les mots de la géographie, dictionnaire
critique, est définie la territorialité comme un «
rapport individuel ou collectif à un territoire considéré
comme approprié. (...) l'identification est apprise par le processus de
socialisation, elle relève de la psychologie collective et contribue
à fonder l'identité du groupe. (...) D 'un côté, la
territorialité semble un élément utile à la
cohésion des groupes sociaux ; de l'autre, elle est une source ou un
support des hostilités, des exclusions, des haines. »
Ainsi, G Di.Méo évoque aussi l'éthologie
pour jeter un regard sur « le territoire de l'Homme comme un espace
approprié en fonctions d'un jeu d'interactions complexes, mettant aux
prises l'instinct et la culture. »
Mettant en lumière ces aspects négatifs de la
territorialité, en tant qu'héritage de la « composante
éthologique du territoire », il évoque ici la
territorialité exacerbée dont cherche à se dégager
l'humanité.
Concernant notre sujet, nous allons pouvoir constater que la
culture est à l'origine d'enjeux territoriaux, et, en l'occurrence,
identifier les représentations en matière de cultures de jeunesse
peut éventuellement mettre à jour certains aspects conflictuels
liés à ces enjeux.
Effectivement, l'appropriation excessive d'un territoire par
une « population dominante » peut être source de frustration
pour des populations minoritaires alors sujettes à un relatif sentiment
d'exclusion. Peut-on penser qu'à Royan, la « main mise » sur
la ville par les populations retraitées, soit à l'origine de
« frustrations » ressenties par les 15/26 ans ?
|