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Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

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CHAPITRE III LES ENJEUX TERRITORIAUX DU CULTUREL

Alors qu'on assiste à une diversification des pratiques culturelles et des lieux où elles se déroulent, la culture se territorialise et prend sa place dans les débats et les pratiques de l'aménagement du territoire. «Depuis plus de vingt ans se mettent ainsi en place des territoires de compétence et d'administration musicale et culturelle, avec l'intervention de l 'Etat et des collectivités territoriales (région, département, communes et structures intercommunales). » ( J.M Romagnan, 2000)

A - LES TERRITOIRES : UNE IDENTIFICATION HASARDEUSE

1) Développement culturel et territoires

En matière de dépenses publiques, l'organisation territoriale des politiques culturelles respecte rigoureusement l'ordonnancement issu de la décentralisation. La région s'attachera selon la loi à intervenir sur les événements artistiques, le conseil général aura lui compétence en matière d'archive et de lecture publique, chaque institution privilégie donc les attributions qui lui ont été dévolues.

Cependant, « on assiste à une dissociation croissante entre le statut de chaque institution et la fonction qu'elle assure ne réalité. » Ainsi, si un conseil général assure effectivement son rôle officiel, « il jouera son crédit politique, son image d'institution dynamique, autour de l'enjeu, à la fois marginal et concurrentiel, de la production de tel ou tel événement artistique. » (Politiques culturelles et territoire, BBF 2001)

De par ce constat, les pouvoirs publics affichent une volonté récente de remise en ordre en ce qui concerne l'action publique territoriale. Cette réorganisation institutionnelle se caractérise par deux lois, dites Voynet et Chevènement, elles-mêmes se manifestant sur deux plans :

- « Prendre acte de cette recomposition territoriale en plaçant l'action

publique aux bons niveaux géographiques. Autrement dit, on va tenter de réconcilier le pays réel et le pays institutionnel, de faire coïncider territoire légitime et territoire pertinent. Processus qui donne tout son sens à la mise en avant de l'agglomération (la ville dans son extension réelle) et du pays (le rural dans son interdépendance nouvelle à la petite ville traditionnelle).

- En outre, en rapport avec un nouveau mode de gestion, les transformations confirment « la systématisation de la contractualisation (contrats d'agglomération/contrats de pays) et la volonté de globalisation des

compétences sectorielles. Selon la loi Voynet (et d'après la formule .
· un territoire/un projet/un contrat), le projet prime sur la globalité des compétences. »
(Politiques culturelles et territoire, BBF 2001)

Néanmoins, malgré ces efforts de la part des pouvoirs publics, la distinction territoire politique / territoire pertinent persiste. Un point positif doit être tout de même évoqué par la « frénésie d'énonciation des projets de territoires », qui permettent par exemple à nombre de conseils généraux « d'affirmer leurs points de vue territoriaux, parfois forts pertinents ».

Finalement, « ces réformes récentes ont suscité ou accéléré un processus de relégitimation politique de toutes les institutions territoriales. » (D.Béhar, P.Estèbe, BBF 2001) Peu à peu, s'intégrant à ce processus, les politiques culturelles « s'engagent sur la voie d'une territorialisation effective. Mais l'emboîtement des échelles et des compétences sectorielles les structurent toujours pour une grande part .
· aux instances de proximité, la responsabilité de la gestion de la polyvalence, à l'agglomération la tâche d'investir dans les équipements structurants, à la région la mission de produire les événements significatifs. »

Encore loin de ces logiques territoriales politiques, les cultures de jeunesse, et en particulier les musiques actuelles qui nécessitent des implantations structurantes conséquentes, sont en général insuffisamment considérées. La Communauté d'Agglomération de la ville de Royan, par exemple, n'a pas encore pris part à de tels débats. On peut tout au moins évoquer une « première évocation », mais ce, de par une impulsion associative d'origine privée, lors d'une commission culturelle ayant eu lieu en ce début d'année 2003.

Ces cultures, que nous avons caractérisé précédemment par une difficile identification, évoluent dans un « complexe territorial » post-moderne que certains territoires ignorent encore.

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