2) Les territoires de la post-modernité
Si la dimension sociopsychologique des fondements de
l'identité individuelle, procédant d'une construction
intérieure par une préalable distanciation des autres, est
très certainement fondamentale, l'identité communautaire,
matérialisée par le mouvement vers l'autre et le monde, marque
sans aucun doute la grande importance accordée à la dimension
spatiale d'une construction identitaire plus globale.
L'individu, ainsi intégré à une
communauté locale, renforcé par une identité collective,
se sentira mieux à même d'affronter le monde, qu'il pourra ensuite
aborder suivant différents degrés d'extériorité.
L'identité, fondée entre autre par ce sentiment d'appartenance
à une communauté locale sur un territoire donné,
constituerait donc un des éléments majeurs de la
territorialité. Cette dernière, par les enjeux
de pouvoir qu'elle suscite, en terme d'inclusion et d'exclusion, liée
fortement à la notion d'identité, apparaît donc comme
primordiale au bien être de l'individu.
La post-modernité, caractérisée par la
mondialisation des échanges, favorise « le développement
de communautés d'adhésion déterritorialisées,
communément appelées réseaux sociaux, et de
communautés virtuelles découlant notamment de l'utilisation de la
télématique ». Ainsi, « l'identité chez
l'être moderne et postmoderne n'est pas exclusive mais elle constitue un
élément d'une mosaïque identitaire plus vaste. »
(M.Simard, printemps 2000)
Nous serions donc en présence d'une nouvelle forme de
territorialité « qui viendrait affecter un système
géographique d'appartenances multiples. » Un tel
système territorial verrait son origine dans un autre système
identitaire. Ce dernier, mettant en cause une dualité entre les
relations de milieu et les relations de réseaux, conserverait une
cohésion communautaire par l'équilibre entre les deux relations
précitées. Cependant, cette cohésion «
diminuerait lorsque les réseaux prédominent. » (Simard,
2000)
En conséquence, certains jeunes ou groupes de jeunes,
de par une mauvaise prise en compte de leurs pratiques culturelles sur leur
territoire, vont se divertir au sein même de ces réseaux, et, par
un relatif sentiment d'exclusion, vont parfois (dans le cas extrême)
mettre en péril, leur territorialité, voire leur
identité.
Notre démarche va à présent consister
à tenter d'identifier la situation royannaise en la matière.
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