2) La belle époque : baigneurs et
célébrités
En 1894, Royan comptent trois casinos : le casino de Foncillon
reconstruit en 1883, celui des quartier de Pontaillac au sud du village, et un
casino municipal alors le plus grand de France. Ainsi développés,
casinos, hôtels, établissements de bains et le chemin de fer
depuis 1875 vont « précipiter Royan vers un destin
balnéaire et touristique de réputation internationale que le
petit port de pêche était loin de pouvoir imaginer. »
« Plaisir, villégiature, bains de mer, jeux et
voyages qualifient à l'époque un univers nouveau à
l'écart du monde urbain ou rural habituel, champs délimité
dans l'espace où l'imaginaire, la découverte et la
nouveauté servent de lien à ces pionniers bourgeois qui surent
attirer le tout Paris et les vedettes du monde des arts et des lettres,
jusqu'au développement du tourisme de masse de l'avant guerre.
» (Royan, Un siècle, deux fois construite, colloque juin
2000)
Royan, ne connaissant que peu de séquelles suite
à la première guerre mondiale, relance très vite les bains
de mer. Auparavant incluse dans la « côte d'argent » allant
jusqu'à Biarritz, Royan devient en 1931 « côte de
beauté » suite à l'élection de Miss Europe.
Cependant, la crise économique mondiale de 1929 va freiner quelque peu
le tourisme. Ce dernier sera relancé malgré tout par les
congés payés et le Front Populaire en 1936, mais malheureusement
que pour très peu de temps...
Entre « fascination gothique, fantaisie classique,
attrait des colonies ou régionalisme », l'insouciance de
l'époque laisse place à «l'éclectisme des formes,
la richesse symbolique et l'éventail des styles ». « Les 400
ou 500 villas balnéaires construites là entre 1880 et 1930
constituent un véritable catalogue, sorte d'exposition universelle,
village-expo de l'architecture privée de la fin du
19ième et du début du 20ième
siècle. » (Royan années 50, juin 2000)
Il est important d'insister sur cette période
historique de la ville dont la forte « emprunte » du prestige est
encore au coeur de la politique culturelle actuelle.
La formation de ces stations était liée à
la volonté de proposer une autre image de la ville, un autre mode de vie
hors des contraintes et des conventions de la vie traditionnelle. Tant de
beauté ne pouvait laisser penser à la tragédie qui allait
suivre. Royan, d'ores et déjà « catalogue architectural
» de la modernité du 1 9ième siècle,
allait après la seconde guerre mondiale devenir laboratoire de la
modernité contemporaine.
|