CHAPITRE II : UNE POLITIQUE CULTURELLE
FORTEMENT MARQUEE PAR L'HISTOIRE
Si nous évitions précédemment d'entrer
dans le débat opposant « le tout culturel » aux «
cultures consacrées », il semblerait que cette controverse soit en
partie à l'origine d'une certaine dévalorisation des cultures
« jeunes » sur le territoire royannais. Ceci s'explique
principalement par la population majoritairement vieillissante et par
l'histoire évoquée dans le chapitre précédent. Les
informations qui vont suivre sont principalement issues d'entretiens avec
Madame L'Adjointe au Maire chargée de la culture et avec son
assistante.
A - LA PRIMAUTE ACCORDEE A LA REVALORISATION DU PATRIMOINE
ARCHITECTURAL
1) Les enjeux grandissants du culturel
L'Adjointe à la culture, exerçant actuellement
sa 3ième mandature nous donne un indicateur très
simple en ce qui concerne l'intérêt grandissant pour le domaine
culturel au sein de sa ville : alors nommée 7ième
adjoint lors de sa première mandature en 1989, elle devint 5ième
adjoint en 1995 avant d'entamer sa troisième mandature en tant que
3ième adjoint en 2001.
En effet, les collectivités locales ont acquis plus de
pouvoirs par les lois de décentralisation et de déconcentration
et sont maintenant plus à même de s'émanciper, donc de
développer leurs spécificités. L'Etat reste
néanmoins le garant de critères de qualité et partenaire
à part entière des collectivités avec entre autres les
contrats de plan Etat/régions ou les contrats de villes.
« Si 50% des crédits ministériels sont
toujours destinés à la capitale (...), le ministère n'est
pas monopolistique puisque, si le prestige culturel réside
principalement à Paris, la majeure partie du patrimoine, des
infrastructures et des activités culturelles se trouvent dans les
communes. Les lois de décentralisation ont confirmé la
responsabilité des collectivités locales pour leurs archives,
musées, établissements d'enseignement artistique et les
bibliothèques municipales. La majorité des théâtres
et centres culturels pluridisciplinaires est aussi gérée par les
communes. Les collectivités locales, en particulier les villes, ont en
effet investi largement le champ culturel dans les années 80.
» (Culture et territoires, Thuriot, 1999)
Bien sûr, l'offre culturelle, et en particulier en
matière d'animation, est fondamentale pendant la saison estivale, mais
nous verrons que les enjeux hors saison prennent de plus en plus d'importance
au regard de cette nouvelle société des loisirs qui prend forme
actuellement.
A son arrivée en 1989, cette élue, dressant un
état des lieux, considère alors la population du territoire
royannais ainsi que son histoire pour en évaluer les manques. Il
semblerait qu'en plus des affaires courantes, elle se soit attachée
à réaliser un grand projet par mandature. En 2003, son «
grand projet » est principalement la revalorisation du patrimoine,
particulièrement le patrimoine architectural avec notamment la
création d'un musée des années 50.
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