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Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

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Pouvoirs publics et conservation du patrimoine

La préservation du patrimoine monumental a été initiée par l'Etat au 19ième siècle pour le patrimoine public, puis s'est étendue aux propriétaires privés par la loi du 31 décembre 1913.

Les communes détiennent 44% des monuments historiques, c'est pourquoi les collectivités territoriales « peuvent revendiquer à juste titre une décentralisation de la maîtrise d'ouvrage puisque soit le patrimoine leur appartient (essentiellement aux communes), soit il est implanté sur leur territoire. (...) L 'Etat a développé des corps de fonctionnaires spécialisés, dans la restauration, la conservation, l'inventaire, l'inspection, qui ont permis de mettre en place un système de préservation et de mise en valeur efficace sur tout le territoire national. » (Thuriot, 1999)

A Royan, la politique culturelle en matière de protection des monuments s'est tournée vers les Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager. Les ZPPAUP, mêlant décentralisation et concertation avec l'Etat, interviennent dans le « respect des critères nationaux concernant les maîtres d'oeuvre et architectes, ainsi que toutes les mesures d'ouvrage. » (Culture et territoires, Thuriot, 1999)

Représentation, conservation et transformation des espaces

L'Adjointe chargée de la culture, justifiant sa volonté de préserver ce patrimoine architectural particulier d'après-guerre, nous explique de quelle manière elle a su tenir compte de l'image qu'en avait la population. Elle évoque une architecture contemporaine largement décriée esthétiquement et une méconnaissance des réflexions de fond qui ont amené à de tels ouvrages.

De par son projet de musée des années 50, elle veut par exemple faire découvrir la réflexion symbolique qui a amené à disposé l'église sur le point le plus haut de la ville en référence aux nourritures spirituelles. Si l'on descend plus bas vers le marché, on peut alors entrer dans une coquille Saint-Jacques géante évoquant les nourritures terrestres... Mais elle tient surtout à protéger ces monuments contre d'éventuelles destructions, comme l'ancien casino (détruit en 1986) qui symbolisait, placé sur le front de mer au niveau le plus bas, toute sorte de réjouissances.

La manière dont l'Adjointe nous expose les représentations de Royan qu'entretiennent les résidents ou même les touristes fait directement référence à la « double nature du lieu ». Royan devient alors lieu « générique » dans la mesure où c'est une station balnéaire vieillissante parmi tant d'autres, et lieu « spécifique », de par son architecture contemporaine originale. (Colloque sur les représentations, Poitiers, 1999) Cette ville est d'ailleurs très remarquée par son église, souvent comparée à la « navette challenger », dont l'esthétique abonde de critiques négatives.

Si les jeunes royannais dénoncent généralement une ville vieillissante qui les oppresse, les retraités, largement majoritaires, ont encore la nostalgie de la Belle Epoque. La personne élue chargée de la culture est par conséquent très attachée à faire connaître et reconnaître ce patrimoine, maintenant prioritaire au sein de sa politique culturelle.

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