Pouvoirs publics et conservation du patrimoine
La préservation du patrimoine monumental a
été initiée par l'Etat au 19ième
siècle pour le patrimoine public, puis s'est étendue aux
propriétaires privés par la loi du 31 décembre 1913.
Les communes détiennent 44% des monuments historiques,
c'est pourquoi les collectivités territoriales « peuvent
revendiquer à juste titre une décentralisation de la
maîtrise d'ouvrage puisque soit le patrimoine leur appartient
(essentiellement aux communes), soit il est implanté sur leur
territoire. (...) L 'Etat a développé des corps de fonctionnaires
spécialisés, dans la restauration, la conservation, l'inventaire,
l'inspection, qui ont permis de mettre en place un système de
préservation et de mise en valeur efficace sur tout le territoire
national. » (Thuriot, 1999)
A Royan, la politique culturelle en matière de
protection des monuments s'est tournée vers les Zones de Protection du
Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager. Les ZPPAUP, mêlant
décentralisation et concertation avec l'Etat, interviennent dans le
« respect des critères nationaux concernant les maîtres
d'oeuvre et architectes, ainsi que toutes les mesures d'ouvrage. »
(Culture et territoires, Thuriot, 1999)
Représentation, conservation et transformation des
espaces
L'Adjointe chargée de la culture, justifiant sa
volonté de préserver ce patrimoine architectural particulier
d'après-guerre, nous explique de quelle manière elle a su tenir
compte de l'image qu'en avait la population. Elle évoque une
architecture contemporaine largement décriée
esthétiquement et une méconnaissance des réflexions de
fond qui ont amené à de tels ouvrages.
De par son projet de musée des années 50, elle
veut par exemple faire découvrir la réflexion symbolique qui a
amené à disposé l'église sur le point le plus haut
de la ville en référence aux nourritures spirituelles. Si l'on
descend plus bas vers le marché, on peut alors entrer dans une coquille
Saint-Jacques géante évoquant les nourritures terrestres... Mais
elle tient surtout à protéger ces monuments contre
d'éventuelles destructions, comme l'ancien casino (détruit en
1986) qui symbolisait, placé sur le front de mer au niveau le plus bas,
toute sorte de réjouissances.
La manière dont l'Adjointe nous expose les
représentations de Royan qu'entretiennent les résidents ou
même les touristes fait directement référence à la
« double nature du lieu ». Royan devient alors lieu
« générique » dans la mesure où c'est
une station balnéaire vieillissante parmi tant d'autres, et lieu
« spécifique », de par son architecture contemporaine
originale. (Colloque sur les représentations, Poitiers, 1999) Cette
ville est d'ailleurs très remarquée par son église,
souvent comparée à la « navette challenger », dont
l'esthétique abonde de critiques négatives.
Si les jeunes royannais dénoncent
généralement une ville vieillissante qui les oppresse, les
retraités, largement majoritaires, ont encore la nostalgie de la Belle
Epoque. La personne élue chargée de la culture est par
conséquent très attachée à faire connaître et
reconnaître ce patrimoine, maintenant prioritaire au sein de sa politique
culturelle.
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