2) De l'intérêt pour le géographe
« Le géographe est intéressé par
la dimension culturelle des organisations spatiales et par la dimension
spatiale des phénomènes de culture . · cela peut inclure
les manifestations d'art, le cinéma, la musique, la forme des maisons et
des toits, la danse, la gastronomie ou la religion, et des appréhensions
plus globales de comportements et d'institutions cultures. » (Les
mots de la géographie, 1993). Sur un fond de recherche
identitaire, et par un « regard croisé » entre les
différentes sciences humaines (sociologie, ethnologie...), le
géographe se doit ainsi d'aborder de nouvelles formes de
territorialisation liées aux pratiques culturelles.
Par exemple, « la musique comme le sport,
activités et valeurs importantes dans notre style de vie et dans notre
mode actuel d'appropriation du territoire, sont des révélateurs
d'identités, de système de croyance et de vision du monde. »
(Romagnan, 2000) En mettant l'accent sur la participation active du
phénomène musical dans le processus de territorialisation, J.M
Romagnan nous propose une analyse permettant « de faire le lien entre
le lieu géographique comme support et l'imaginaire social comme moteur
des acteurs qui investissent et territorialisent le lieu. »
Déjà, en se référant aux acteurs, cet auteur nous
permet d'entrevoir la vaste subjectivité du thème que nous allons
aborder en terme de représentations territoriales. Par son travail sur
la musique, il nous explique « qu'il s'agit d'étudier le
comportement, les modalités d'action et de décision des
différents acteurs intervenant dans la réalisation des
activités musicales en espace public. Il importe de répondre
à la question éminemment géographique : comment est
assurée la gestion et l'appropriation du lieu pour la musique par les
différents acteurs (l'organisateur, le musicien, le public) ? »
(Romagnan, 2000)
Comme J.M Romagnan, reprenant J.P Volle faisant lui-même
état de 25 ans de recherche géographique, ma démarche va
finalement s'inscrire « dans le prolongement de ce nouveau rôle
du géographe : le géographe décrypteur (...). Selon
Volle, « le géographe descripteur devait céder place au
géographe décrypteur de réalités profondes en
mouvement, du mal repéré, du caché, du difficilement
identifiable. » En l'occurrence, nous verrons au terme d'explications
plus précises sur notre méthode géographique, que cette
dernière se justifie largement étant donnée la
subjectivité du sujet en présence.
D'ailleurs, par leur diversité liée entre autre
à la montée de l'individualisme, les cultures de jeunesse restent
difficiles à appréhender,et nous allons aussi pouvoir constater
que les « jeunes » eux-mêmes, ainsi étiquetés,
font l'objet de débat houleux, notamment au sein des pouvoirs publics.
Car si nous n'avons pour l'instant que principalement évoqué la
musique, nous ne manquerons pas d'aborder d'autres pratiques culturelles ou
sportives, telles le graph ou le skateboard, à l'origine d'enjeux
territoriaux importants à Royan.
|