4) Royan : vers le label « ville d'art et d'histoire
»
En 1987, l'église Notre Dame a été
classée monument historique, depuis, le marché, le temple, la
villa Tanagra l'ont rejoint sur le chemin de la valorisation.
Cette valorisation s'exerce dans le cadre des ZPPAUP,
instituées par la loi de décentralisation de 1983 ( à
laquelle se sont ajoutés des enjeux paysagés en 1993). La loi sur
les Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager propose
une « démarche concertée et contractuelle associant les
différents acteurs qui, chacun par son mode d'intervention, participe au
modelage progressif de la ville patrimoniale :
- Les services de l'Etat : Conservation Régionale
des monuments historiques qui conduit les processus de protection et de gestion
des monuments dont la restauration bénéficie de la
compétence de l'architecte en chef des monuments historiques ; services
départementaux de l'architecture et du patrimoine qui veille
quotidiennement à la conservation et à la mise en valeur du
patrimoine protégé.
- La commune, que la décentralisation a rendu
pleinement responsable
de son urbanisme et qui est, en particulier, gestionnaire de
l'espace public.
- Le citoyen, enfin et surtout, qui est l'utilisateur
quotidien de cette citée
et dont les initiatives multiples ajoutent des touches
ponctuelles, positives ou négatives, à l'équilibre subtil
du patrimoine urbain. » (Colloque Royan, 2000)
Lors de ce colloque tenu à Royan en 2000, Jean-Marie
Vincent, Chef de l'inspection générale de l'architecture et du
patrimoine, insiste sur la qualité de ce projet qui permet à la
ville de « conserver ses valeurs héritées du
passé en lui permettant de continuer à vivre, et donc à
évoluer, en harmonie avec celle-ci », et qui n'est donc pas
« un acte de fixation de la ville dans un certain état
historique ».
Précisons en outre que ce particularisme a
été pour Royan l'occasion d'être un véritable
pôle d'art contemporain d'envergure internationale, toujours
calqué sur l'aspect expérimental de la ville. Cette
modernité a été largement fêtée de 1960
à 1985, avec 25 années de festival d'arts contemporains. Il reste
actuellement une salle d'exposition dédiée à cet art
située dans les voûtes du port. Par son action de revalorisation
du patrimoine architectural, L'Adjointe au Maire chargée de la culture
semble s'attacher à vouloir renouer des liens solides avec le
passé et retrouver un certain prestige.
Il est fondamental de souligner cet attachement à la
culture consacrée qui règne à Royan, dans la mesure
où cette course au prestige s'exerce au détriment de nouvelles
pratiques culturelles ou de loisirs, dont les cultures jeunes. Nous pourrons
constater par la suite que cette politique culturelle a finalement une certaine
influence sur les représentations territoriales des jeunes Royannais.
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