CHAPITRE III : REPRESENTATIONS, TERRITORIALITES
DES ACTEURS CULTURELS
Dans le présent chapitre, nous allons tenter de mettre
en évidence les formes de territorialités qui
caractérisent les différents acteurs culturels (élus ou
organisateurs...), ainsi que leurs représentations des cultures «
jeunes », dans le but de définir leurs comportements
vis-à-vis de ces dites cultures sur le territoire royannais.
A - TERRITORIALITES, REPRESENTATIONS : COMPORTEMENTS
Différentes formes de territorialité
Nous avons vu précédemment que Guy Di
Méo, attribuait au territoire, espace social et espace vécu,
quatre significations supplémentaires liées à
l'identité collective, à la dimension politique, à un
champ symbolique et l'importance de l'histoire dans la construction de ce
dernier. Toutes ces spécificités vont contribuer à forger
chez l'homme un sentiment d'appartenance ou non, une certaine
représentation de son espace de vie : sa territorialité.
En l'occurrence, il serait opportun de comprendre, par leurs
représentations territoriales, par leurs comportements liés
à leurs fonctions, quelle forme de territorialité
caractérise les différents acteurs culturels en présence.
Nous allons donc tenter de savoir si leur territorialité est «
restreinte, adaptable ou exacerbée », de par cette relative
catégorisation, en restant conscient de la possible évolution de
chaque acteur.
Nous appuyant sur les travaux de Claire Fradin, reprenant
Jaffré, nous allons, par ces catégories, essayer de comprendre
les comportements des acteurs en matière de cultures «
générationnelles », en ajoutant à ces
différentes formes de territorialité ainsi définies,
l'image qu'ils ont de ces dites cultures. En effet, nous pourrons constater sur
le territoire royannais, où les populations retraitées
vieillissantes dominent, une certaine retenue concernant l'offre culturelle en
direction des jeunes. Nous entrons ainsi pleinement dans le débat
opposant les minorités d'un territoire, aux populations dominantes
majoritaires.
Espace, représentations et pouvoir
A Royan, la ville oriente décidemment sa politique vers
les populations du 3ième âge, largement majoritaires.
Depuis le début de cette année 2003, Royan est la ville pilote
d'un programme national d'actions : « Bien Vieillir ». Si le pouvoir
réside sur « l'idée essentielle d'une force
orientée tantôt vers le maintien d'un état des choses,
tantôt vers le changement »,
(Raffestin, Barampama, Concept de
géographie humaine, 1995), les pouvoirs publics à
Royan sont très ancrés dans un conservatisme qui n'est pas pour
déplaire à plus de 50% de personnes âgées. En outre,
« de manière générale, la richesse
économique entretient avec le pouvoir des liens très
étroits » (Di Méo, 1998), ce qui nous permet
naturellement de faire le lien entre pouvoir et population dominante.
Ainsi, « la géographie politique peut
être conçue comme une géographie de relations de pouvoir,
fondée sur les principes de symétrie et de dissymétrie
dans les rapports entre organisations, entre les innombrables acteurs qui
interviennent au niveau de l'espace et du pouvoir, et multidimensionnelle par
essence. » (Raffestin, Barampama, 1995)
Il est donc difficile d'intégrer au territoire
royannais, des cultures jeunes novatrices. Difficile par exemple d'envisager le
bon déroulement d'un concert de musiques actuelles en plein air, sans la
sanction immédiate de différentes plaintes dues aux nuisances
sonores générées, aussi rares soient-elles. De plus, au
terme d'une enquête portant sur les discours d'élus et d'acteurs
culturels, nous verrons qu'une certaine « peur » subsiste à
l'idée d'un « rassemblement de jeunes ».
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