B - ENTRETIENS AVEC LES ELUS
1) L'adjointe au maire chargé de la culture
a- Une territorialité exacerbée
A la lumière de la politique culturelle
évoquée dans le chapitre précédent, il semble que
l'adjointe à la culture s'attache tout particulièrement à
faire retrouver à Royan un certain prestige. Comme si la reconnaissance
du patrimoine architectural d'après-guerre, qu'elle recherche
actuellement dans son 3ième mandat, « balaierait »
la nostalgie de la Belle époque et pourrait rendre la ville tout aussi
prestigieuse, devenant ainsi « ville musée ».
Elle reconnaît effectivement rechercher un certain
« rayonnement », et son intérêt grandement porté
vers les cultures « savantes » dites consacrées, va tout
à fait dans ce sens. On peut rappeler, pour exemple, l'importance
donnée à la présence d'enseignants «
médaillés d'or » au sein de l'école de musique.
Ainsi, cette manière d'appréhender son
territoire, cette volonté d'en faire une « gigantesque vitrine
», s'apparente sans hésitation à une territorialité
exacerbée.
En effet, les acteurs rapportés à cette forme de
territorialité « ont en général de nombreuses
relations avec les instances supra-communales (les actions nombreuses pour
la
reconnaissance du patrimoine architectural en sont un exemple
très représentatif) et une vision plus large que celle de la
commune, représentant un dynamisme. Cependant, leurs liens avec les
habitants de la commune sont souvent lâches et jouissent d'une
notoriété voulue. » (Claire Fradin,2001) En
l'occurrence, l'Adjointe au maire semble mener un véritable «
combat », dans la mesure où ce patrimoine architectural est
largement décrié par la population de Royan.
b- Une représentation des cultures
jeunes plutôt négative
La politique culturelle de la ville de Royan suffit à
elle seule pour comprendre les représentations que l'adjointe au maire
peut avoir de ces cultures. Tout au long de l'entretien, le sujet tournera
fondamentalement autour de la culture consacrée. Elle dit avoir «
consacrer » sa première action aux jeunes, en fondant
l'école de musique.
Cependant, il semblerait que les musiques actuelles ou la
danse hip-hop ne fassent pas partie de son programme, elle ne semble pas
d'ailleurs avoir une réelle connaissance de ces cultures. Malgré
tout, elle accepte volontiers de répondre d'une certaine manière
à la demande des jeunes dans ce domaine, en leur mettant par exemple
à disposition la salle de spectacle. Elle n'est pas prête à
financer pour autant de telles organisations, ou de manière très
minime comme nous pourrons le voir par la suite.
Lorsque l'on évoque les cultures de jeunesse ou «
générationnelles » à l'adjointe chargée de la
culture, elle nous renvoie directement à l'adjoint chargé de la
jeunesse.
|