C - LE CAS DES ACTEURS CULTURELS
Nous allons à présent traiter les cas de deux
acteurs culturels exerçant au sein de la ville de Royan, avant d'achever
cette partie par l'analyse des représentations d'un Directeur artistique
d'une petite ville limitrophe : Saint-Georges de Didonne.
1) Le département Animation
Le Président de cette association, en terme de
spectacle vivant, revendique une programmation tout public visant le Pays
royannais. En ce qui concerne la jeunesse, il évoque volontiers des
cultures « générationnelles » : « il faut que
jeunesse se passe ». Pour cet acteur,
les jeunes sont « l'évolution » et expriment
la « nouveauté culturelle », il n'est cependant pas prêt
à organiser des manifestations en direction des jeunes. Il se dit apte
à accueillir des associations de jeunes, mais ne sera pas initiateur de
tels projets, mis à part un tremplin musiques actuelles en avril.
En outre, il affiche une réticence envers une dite
« population à risque », susceptible de fréquenter
certains types de concerts, ce qui explique en partie sa programmation
Néanmoins, nous l'avons vu dans le
précédent chapitre, son action est majoritairement dirigée
vers des activités promotionnelles ou commerciales comme le
marché de Noël ou la patinoire sur la plage, le spectacle vivant
étant relégué au second plan. D'ailleurs nous verrons par
la suite que la légitimité du Président du
département animation concernant cette seconde activité est
souvent implicitement remise en cause.
2) Un créateur visionnaire au « service »
des élus
Cet acteur, producteur culturel, de par ses diverses
réalisations originales et d'envergure, évoque incontestablement
une territorialité exacerbée. Précisons tout de même
que son action est principalement tournée vers la période
saisonnière estivale, mais nous allons voir que celle-ci, de
manière ingénieuse, semble littéralement se confondre avec
la politique estivale de la ville : « Très Royan, très
famille ».
En effet, depuis maintenant 16 ans, la Société
Production 114 organise au mois de juillet un concert de musique classique
intitulé : « Un violon sur le sable ». Cette manifestation,
accueillant 100 000 personnes sur trois soirs, bénéficie d'un
« crédit » total des élus royannais, mais aussi du
Conseil Général. Cet acteur, « à lui seul »,
propose une « vitrine culturelle promotionnelle » très
importante, résonnant à l'échelle nationale, voire
internationale.
Internationale, car il est le créateur du «
Mondial Billes », une compétition de billes sur circuit de sable.
L'enseigne « Royan » se vends ainsi sur tout le territoire
français et à l'étranger. L'inventeur de cette
manifestation parvient à toucher tous les âges, se
référant à des sensations « Proustienne »,
lorsqu'il évoque le fait de « s'agenouiller sur le sable pour
pousser la bille ».
Le point de vue de ce producteur, partie intégrante du
territoire royannais, est intéressant, d'autant qu'il revendique
fièrement avoir « fait joué le groupe Police à Royan,
alors qu'il n'avait que 25 ans, et organisé différents concerts
en direction des jeunes il y a une vingtaine d'années. »
En l'état actuel des choses, il reconnaît la
difficulté d'organiser des spectacles pour les jeunes de par la
politique de la ville ciblant essentiellement le troisième âge. En
revanche, il déplore une « jeunesse laxiste », attendant trop
des pouvoirs publics. Il faut cependant tenir compte du fait qu'il se
réfère principalement, dans ce constat, à son «
propre activisme », évoquant volontiers de manière
comparative, ses réalisations antérieures.
On peut effectivement penser, et à raison, que les
jeunes expriment une certaine réticence à aller vers les
institutions, mais nous avons d'ores et déjà constaté que
ces dernières à Royan montrent aussi une réelle
réticence aux cultures jeunes, ce qui ne facilite pas le dialogue entre
les deux générations.
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