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Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

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B - UNE CRISE DE LA JEUNESSE ?

1° Une « stigmatisation » dangereuse

En ce début d'année 2002, Jack Lang, alors ministre de l'éducation nationale, dénonçait un « climat d'hystérie inacceptable » qui donne « l'impression que tous les jeunes seraient des pré-délinquants en puissance ». En effet, la présidentielle 2002, par son discours

sécuritaire, a ni plus ni moins accentué le « malaise » déjà existant entre les jeunes et le monde politique, discours renforcé par une médiatisation excessive des phénomènes de sécurité en France et en particulier dans les cités. Le fossé est ainsi creusé, et Jack Lang, se défendant de faire du « jeunisme » déplore que « les politiques parlent des jeunes comme d'une population exotique, les rangeant dans une seule et même catégorie. Si l'incompréhension des politiques face aux jeunes semble être une évidence, certains auteurs comme Robert Muchembled, évoque la « stigmatisation du péril jeune » par les politiques comme un moyen de « rejeter une partie du poids écrasant de leur culpabilité collective. » (Le monde de l'éducation, mai 2002)

A mesure que la population française vieillit, un habitant sur quatre a moins de 20 ans contre un sur trois en 1968, que la question essentielle demeure celle du financement des retraites, les jeunes, qui de plus en plus qualifiés se voient offrir des contrats de travail au rabais, commencent à perdre espoir devant l'incertitude de leur avenir. En outre, semble se renforcer le clivage entre les personnes diplômées et celles moins qualifiées pour qui les difficultés d'insertion sociales sont plus importantes. Alors, la solidarité familiale s'organise autour des ces « jeunes » qui ont du mal à s'émanciper du cocon familial et par conséquent, à trouver une réelle autonomie.

2) Un pacte générationnel rompu

Paradoxalement, si les jeunes sont de plus en plus tard financièrement dépendants de leurs parents, le fossé semble se creuser entre « eux » et le reste de la société.. « Nous savons en effet les efforts considérables que les familles consacrent à la qualité de l'éducation et au bien-être de leurs enfants, les aides matérielles, symboliques et en numéraire qui sont offertes aux nouvelles générations par leurs parents, grands-parents et parfois au-delà. Nous mesurons les flux inestimables de ressources que prodiguent les aînés à leurs proches. » (Dossier :Au croisement des générations, mars 2003) Cependant, entre solidarités et conflits, le pacte générationnel semble avoir été rompu.

Louis Chauvel évoque quant à lui plusieurs marques de fracture générationnelle :

- Le premier élément est « la répartition du pouvoir d'achat : en 1975, les

salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15 % de plus que les salariés de 30 ans, les classes d'âge adultes vivant alors sur un pied d'égalité. Aujourd'hui, l'écart est de 40 % . »

- « Le deuxième facteur affecte les progrès des qualifications. (...) Pour

l'essentiel, l'expansion des cadres est portée aujourd'hui par la dynamique des quinquagénaires. Les générations nées entre 1945 et 1950 sont restées tout au long de leur carrière sur la crête d'une vague montante de cadres qui s'étiole pour les puînés. »

- Il insiste ensuite sur le « revirement des chances d'ascension sociale. (...)Pour

la génération née vers 1945, l'ascension sociale a fonctionné à plein régime. Pour leurs propres enfants, nés vers 1975, ces conditions d'ascension sont souvent compromises (...).

- Le constat suivant est que, « pour la première fois en période de paix, la

situation de la jeune génération est plus difficile que celle des parents, (...) le taux de chômage deux ans après la sortie des études est supérieur à 20 %. »

- « Un autre point concerne la transmission de notre modèle social aux

générations futures. » Louis Chauvel évoque ici l'allongement des cotisations sur les retraites et les conditions plus faciles pour les jeunes diplômés, faisant référence aux « germes d'une nouvelle société d'inégalité. »

- Enfin, un dernier fait touche le « problème de la transmission, non pas

patrimoniale mais politique. Le déséquilibre de la représentation politique se mesure à un indice clair : en 1982, l'âge du représentant syndical ou politique moyen était de 45 ans, il est de 59 ans en 2000. » (Dossier : au croisement des générations, mars 2003)

D'ailleurs, « de Karl Marx à Karl zéro », les jeunes montrent un désintérêt certains pour la politique « qui ainsi désidéalisée, faite par des hommes, avec leurs petits travers, et non par des demi-dieux (Churchill, De Gaulle), » connaît de grandes difficultés à rester crédible.

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