Rechercher sur le site:
             
 
Web Memoire Online

Consulter les autres mémoires    Publier un mémoire    Une page au hasard

Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

précédent sommaire suivant

2) Cultures jeunes et nouvelles formes de territorialité

Alors que certains parlent volontiers de déterritorialisation et de reterritorialisation, Debarbieux et Vanier évoque une « complexité territoriale nouvelle désignant l'ensemble des processus qui, dans les domaines politiques, économiques et sociaux, conduisent d'une part, à une démultiplication et une imbrication des espaces de référence, d'autre part, à une différenciation des temporalités et des territorialités en fonction desquelles les pratiques sociales et spatiales sont vécues et structurées. » (Ces territorialités qui se dessinent, Debarbieux, 2002)

Cependant, toujours selon ces auteurs, le territoire et la territorialité restent bien des « outils opératoires d'analyse du rapport à l'espace des sociétés contemporaines, à condition de renoncer au caractère uniscalaire et totalisant que la signification de ces termes avait pu prendre. »

En effet, la post-modernité, évoquée précédemment, à laquelle sont inhérentes les cultures jeunes, confère à la territorialité un caractère multiscalaire, influençant en même temps les processus identitaires. En conséquence, « L'identité chez l'être moderne et postmoderne n'est pas exclusive mais qu'elle constitue un élément d'une mosaïque identitaire plus vaste. » (Simard, 2000)

Nous pouvons donc, partant d'une base territoriale locale, nous confronter à d'autres paliers territoriaux, mais aussi aux réseaux sociaux propres à la post-modernité, et présents à toutes les échelles territoriales.

Par exemple, un jeune royannais peut tout à fait être étudiant à Poitiers, et évoluer en même temps dans la région ou même en France, à travers le réseau informel qui caractérise la scène des musiques actuelles. De la même manière, un lycéen royannais peut appréhender un double processus identitaire en intégrant ce réseau pour satisfaire ses loisirs musicaux, d'autant plus lorsque sa demande n'est pas prise en compte au sein de sa « base territoriale. » Nous pourrons constater par la suite vers quels territoires mouvants, non structurés vont ces jeunes, mais y aurait-t-il un risque de « dérive », d' « errance », lié à une certaine déterritorialisation ?

3) Les dangers d'une déterritorialisation excessive... ?

Peut-on véritablement parler de « danger » ? Ou est-il possible de voir en ces nouvelles constructions identitaires, quelque chose de positif ? Pour exemple, un jeune désocialisé, voire déterritorialisé court-il vraiment un risque à ne s'identifier ou à ne trouver une vie communautaire qu'au sein du réseau des musiques actuelles, par cette forme de territorialité ? Ou est ce un autre moyen de se découvrir soi-même, dans sa singularité et pourquoi pas se réintégrer de plus belle?

Anne-Marie Costalat-Founeau (1997), décrit la notion d'identité collective, « avec son recours à l'unique collectivité », comme pouvant « falsifier en quelque sorte la notion d'identité dans le pur sens du terme, car l'identité collective fait partie de l'identité sociale. » Ainsi, évoluer « ailleurs » peut être un moyen supplémentaire pour se construire et se trouver soi-même, sans forcément rejeter son territoire d'origine.

Finalement, on peut entrevoir un côté positif dans le fait d'évoluer hors de son territoire, les dangers résidant principalement dans les sentiments négatifs de non- appartenance qui peuvent parfois, mais rarement, conduire à « l'inconsciente » errance...

Ainsi, travaillant sur les « les territoires de l'errance chez les jeunes sans domicile fixe », Djemila Zeneidi-Henry évoque depuis les années 90 « les grands rassemblements de jeunes gens au look néo-punk ou grunges, tatoués, percés et accompagnés de chiens. Ils transforment les grands festivals de musique et de théâtre de rue en lieux de rendez-vous réguliers. Ainsi, les festivals de Bourges, de la Rochelle, d'Aurillac, de Belfort, d'Avignon deviennent des lieux centraux de la zone. »

Ceci peut en partie expliquer l'amalgame trop souvent fait, entre une majorité de jeunes assoiffés de musiques nouvelles et variées, et une population minoritaire, souvent nomade, parfois délinquante, régulièrement regroupée autour de la scène des musiques

actuelles. Cet amalgame, cette « crainte », est relativement compréhensible, car « si l'errance fait peur, elle fascine et attire une part de la jeunesse sans problèmes particuliers et qui font un passage à la rue, le temps d'un été ou d'un week-end. C'est l'errance récréative » (Zeneidi-Henry, 2002).

Peut-on de cette manière comprendre le côté réfractaire à ces cultures de la ville de Royan ? Peut-on ainsi expliquer son action très limitée en faveur de ces cultures ?

précédant sommaire suivant






Rechercher sur le site: 
 
  Web Memoire Online





Téléphonez moins cher avec Skype !

© Memoire Online 2000-2008 - Pour tout problème de consultation ou si vous voulez publier un mémoire: webmaster@memoireonline.com