B - LE CAS DES MUSIQUES ACTUELLES A ROYAN
1) La difficile reconnaissance en général
En 1981, Jack Lang, alors Ministre de la culture tend vers une
extension de cette dernière. Il invente la Fête de la musique, et
va dans le sens d'une meilleure reconnaissance de ces cultures musicales
souvent issues des jeunes populations. Les années suivantes verront
ainsi fleurir de nombreux « cafés-musique », souvent soutenus
par les collectivités locales, dans un but aussi bien culturel que
social.
Cependant, en 1997, Olivier Donnat (Les Français face
à la culture), arrive encore difficilement à définir la
culture, puisque s'opposent toujours les cultures « consacrées
» au « tout culturel. » Effectivement, « face à
la polysémie croissante du terme culture, certains dénoncent les
dérives du tout-culturel et en appellent à un retour à une
acception plus patrimoniale. Chacun est mis en demeure de choisir son camp,
sommé de se replier sur une définition immuable de la culture,
sous peine de sombrer dans un relativisme coupable qui sert les
intérêts des industries de la distraction, en un mot de devenir
complice des ennemis de la « vraie » culture.
Pour O.Donnat, ce conservatisme réducteur, «
raisonnant à partir des seules catégories de musique savante et
de musique populaire, condamne à placer le jazz dans une position
inconfortable et à laisser ouverte la question du statut du rock. (...)
Continuer à se satisfaire de cette bipolarité risque de conduire
à forcer les traits qui permettent de rabattre les productions musicales
sur l'un ou l'autre de ces deux pôles en ignorant leur caractère
multiforme. (...) »
Ainsi, alors que l'engouement pour la diffusion et les
pratiques en amateur de musiques actuelles ne cesse de croître, la
reconnaissance de ces dernières connaît encore de réelles
difficultés. En l'occurrence, comme nous avons pu le constaté, la
ville de Royan semble s'être positionnée de manière
incontestable du côté des dîtes cultures « savantes.
» En outre, si « l'implantation de locaux de
répétition a été favorisée, il y a moins
d'une quinzaine
d'années, par le Ministère de la culture au
travers du Fonds d'intervention culturelle établi à la fin des
années 70 » (Chotard, 2001), de nombreux lieux en
sont encore dépourvus.
Ainsi, avant de nous intéresser à la diffusion
de concerts de musiques actuelles, à l'origine de comportements spatiaux
à différentes échelles, nous allons d'abord nous attarder
sur les pratiques en amateur, nécessitant des services de
proximité liés à une utilisation hebdomadaire voire
quotidienne.
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