2) Royan : une exception régionale concernant les
activités de répétition
Si en matière de diffusion, il n'existe pas vraiment de
salle de concert à Royan, donc à fortiori, pas de lieu
destiné à la diffusion de concerts de musiques actuelles, il n'y
a pas non plus de locaux dédiés aux activités de
répétition, mis à part l'école de musique, dans un
contexte encadré.
Si le litige persiste autour de la définition de ces
musiques, les pratiques en amateur connaissent une demande croissante, et
surtout de la part du jeune public (mais aussi du moins jeune même si
minoritaire), qui, autrefois passif, se veut de plus en plus devenir acteur.
Ainsi, « l'aménagement du territoire, le développement
local urbain ou rural, la mise en réseau des partenaires,
l'architecture, la santé publique, la formation et l'éducation,
les nouvelles technologies sont autant de thèmes qui croisent les
besoins affirmés de musiques, de publics, de pratiquants oubliés
très longtemps au sein des politiques publiques. » (Chotard,
2001)
En effet, cette activité nécessite des lieux
adaptés, et surtout en terme de nuisances environnementales sonores,
puisque les musiques amplifiées se pratiquent généralement
à haut volume sonore. Il y a donc des « impératifs
techniques (matériel, correction acoustique, accessibilité...) et
d'accompagnement à la formation (sur les techniques du son notamment, et
la prévention aux risques auditifs). Les enquêtes
déjà effectuées sur les lieux de répétition
dressent un bilan lourd sur leur carence et sur la qualité de ces locaux
recensés et investis. » (Chotard, 2001) En effet, en 2001,
Royan et plus largement le Pays royannais demeure encore le seul espace
à dominante urbaine, sans lieux ouverts aux activités de
répétition, affichant un retard certain. La carte suivante
confirme tout à fait ce dernier constat.

Figure 3 :
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La Rochelle
Saintes
Saint-Jean d'Angely
Cognac
Royan
3) Une ville « hors » du réseau
départemental
Au terme d'un entretien avec un responsable des services
culturels du Conseil Général, on me renvoie très vite au
Pôle régional des musiques actuelles et à son
représentant en Charente-Maritime, puisqu'il y a un représentant
par département.. Cet organisme travaille en direction des acteurs des
musiques actuelles et des représentants des collectivités
publiques.
La personne, chargée du département 17, estime
que 80% de ses activités sont tournées uniquement vers la
Rochelle, et avoue manquer de temps pour le reste du département. Elle
reconnaît d'ailleurs l'incohérence selon laquelle, la
moitié sud de la Charente-Maritime est plus proche du
représentant de Cognac (Département limitrophe) au niveau
spatial, et que cette même « moitié » est finalement peu
appréhendée.
En 2000, lors d'un premier contact avec le territoire
royannais, en l'occurrence avec une responsable des services culturels et un
animateur départemental à Royan, le représentant
départemental des musiques actuelles en retire une représentation
négative de ce territoire en la matière.
En effet, jusqu'au printemps 2003, lors de mon entretien,
aucun contact ne sera renouvelé, et une réflexion sur la
possibilité de création de locaux de répétition
n'aura pas abouti. Pour lui, le principal problème résida dans
l'incapacité à trouver des personnes susceptibles de l'informer
sur la situation royannaise, ne serait-ce que pour un recensement des groupes
locaux. Au contraire, dans les villes de Rochefort, Saintes ou même
Saint-Jean d'Angély, il entretient des rapports permanents qui ont par
exemple à Saint-Jean D'angély abouti à la création
de locaux de répétition adaptés, maintenant
gérés par une association de jeunes passionnés.
Ce représentant des musiques actuelles en
Charente-Maritime a volontiers accepté d'exécuter deux cartes
mentales pour décrire son aire d'influence au sein du
département, et cela avant notre entretien.
La première carte, fonctionnant à base de traits
noirs, concerne ses « partenaires » institutionnels publics
(Municipalités, Communautés de communes, Pays...). Il est
important de noter que la flèche mentionnant un rapprochement avec la
CDA de Royan et Royan culture, ne fait état que « d'un seul »
contact sans aucun suivi, et à l'origine de représentations
négatives de ce territoire en la matière.
La seconde carte, à base de traits rouges, concerne ses
partenaires privés et représentants du secteur des musiques
actuelles (associations, lieux de diffusion...). Précisons que le lien
avec le Pays royannais est représenté par l'association CREA
à Saint-Georges de
Didonne et n'ai pas soutenu, car les liens permanents sont
exprimés par des traits plus épais ( Rochefort, Saintes,
Saint-Jean d'Angély).
Les hachures utilisées dans les deux cartes pour
l'agglomération rochelaise représentent sa principale
activité précédemment évoquée.
FIG 4 : Zones d'influences de la plate-forme musiques
actuelles en Charente- Maritime


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Nous verrons par la suite que depuis 2002, semble naître
une meilleure prise en compte de ces dîtes « cultures jeunes »,
et actuellement, le Pôle jeunesse de la ville de Royan est en contact
régulier avec le Pôle régional des musiques actuelles, dans
le but d'une réflexion commune portant sur l'aménagement
d'espaces dédiés aux activités de
répétitions.
En attendant, nous allons tenter d'appréhender, tout au
moins essayer de comprendre un tant soit peu, cette jeunesse aux
intérêts multiples si déroutante pour la
génération précédente.
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