C - LA JEUNESSE ROYANNAISE : UNE MINORITE CADREE
1) Une certaine « peur » des rassemblements de
jeunes
Selon la Directrice du pôle jeunesse de la ville, cette
« ville bourgeoise », elle nous fait alors part une nouvelle fois de
la « nostalgie de la Belle époque », connaît des
difficultés à appréhender la jeunesse actuelle
déroutante. Elle nous évoque une certaine « peur des
rassemblements de jeunes. » En terme, d'espace, si les jeunes « ne
sont pas en boîte ou au sport, ou en tout cas aux endroits où on
les attend », le reste de la population, selon elle, les prend pour une
« jeunesse suspecte. »
Il semblerait donc que cette population minoritaire à
Royan (8%), reflète une image plutôt négative en direction
principalement de la population majoritaire des plus de 60 ans qui
représentent 43%.
Ainsi, le troisième et quatrième âge,
omniprésents, organisés, souvent structurés en
associations à buts culturels ou de loisirs, semblent afficher une forme
de territorialité exacerbée, un certain « territorialisme
», comme le définit Roger Brunet : « la
territorialité exacerbée est une source ou un support des
hostilités, des exclusions, des haines. (...) Un peu de
territorialité crée de la socialité et de la
solidarité et beaucoup de territorialité les assassine. Etudier
les territoires est un bon moyen de lutter contre le terrorisme du
territorialisme. »
Royan s'intéresse donc aux jeunes de manière
très conservatrice, certains parlent même d'un «
politiquement correct » de rigueur, visant à ne surtout pas nuire
aux retraités qui sont décidément ici chez eux. C'est
d'autant plus vrai, et de plus en plus, puisque les élus, par le
programme national « Bien vieillir » (Royan étant la ville
pilote), en font en ce moment même un lieu d'accueil national
privilégié, avec de nombreux colloques concernant les «
différentes tranches d'âge de la vieillesse ».
Et, alors que rôdent encore les « fantômes
» de la Belle époque, les jeunes connaissent de réelles
difficultés à faire accepter les aspirations culturelles qui les
caractérisent en général, et n'en retirent qu'un sentiment
d'appartenance amoindri. C'est d'autant plus vrai pour certaines pratiques
comme le skateboard qui demeure une véritable culture identitaire.
2) Les jeunes et l'image qu'ils ont de leur territoire
A la question référencée dans le
questionnaire, « quelle image avez-vous de la ville de Royan en
général ? », 75% affiche une représentation
négative de leur territoire. Ils font tous état et à juste
titre de la mention : « ville de retraité », et parfois dans
un langage plus virulent.
Certains montrent un relatif sentiment d'exclusion lorsqu'ils
évoquent « un manque d'intérêt pour les jeunes »
au sein de cette ville.
Ces deux mentions retrouvées régulièrement,
suffisent dans la majorité des réponses à exprimer leur
sentiment, de part une spontanéité qui semble leur être
évidente.
Les 25% restant font preuve quant à eux d'une certaine
neutralité et expose quelques fois mais rarement une
représentation positive du territoire royannais. Il est à
préciser que ce groupe est assez éclectique en matière de
cultures jeunes, et que c'est en son sein que l'on y retrouve les quelques
non-adeptes, ainsi que les rares adeptes satisfaits de leur territoire.
Ainsi dans le prolongement de cette question, si on leur
demande « quel est leur sentiment concernant la place accordée aux
jeunes en territoire royannais ? », nous obtenons le graphique suivant en
terme de satisfaction :
Fig.5 : Indice de satisfaction des jeunes royannais par
rapport à la place qui leur
est accordée dans la ville de Royan

Totalement insatisfait 35%
Pleinement satisfait 5%
Plutot insatisfait 42%
Plutot satisfait 18%
Sources : données personnelles issues du
questionnaire
Donc 77% estiment que la place accordée aux jeunes est
insuffisante en territoire royannais, et, en ce qui concerne les cultures
jeunes, nous allons voir que cette tendance se retrouve majoritairement.
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