B - LES COMPORTEMENTS DES JEUNES ROYANNAIS EN MATIERE DE
SPECTACLE VIVANT
1) Jeunesse, temps libre et comportements
« Compte tenu de leur prédilection pour les
activités se déroulant à l'extérieur du domicile
(84% des 15-29 ans préfèrent les activités qui les
amènent à sortir de chez eux), les jeunes fréquentent, en
moyenne, plus les équipements culturels que leurs aînés.
(...) Certaines sorties culturelles participent pleinement de la culture jeune
: la sortie au cinéma et la fréquentation des concerts de
musiques actuelles (rock, rap, techno...) réunissent une forte
proportion de jeunes. » (Les jeunes, INSEE, 2000)
En effet, en matière de spectacle vivant, les jeunes
affichent une réelle préférence pour les concerts et en
particulier les concerts de rock
Selon Bruno Maresca (Regards croisés sur les pratiques
culturelles, 2003), « l'offre de biens et de services culturels dans
l'espace de résidence est l'un des facteurs les plus importants. C'est
un déterminant des comportements qu'il paraît indispensable
d'introduire dans le modèle explicatif. » Sa réflexion
s'est surtout vérifiée au sein des grandes agglomérations
où il a pu constater une offre culturelle plus importante et plus
diversifiée, amenant à une fréquentation des lieux
culturels elle aussi plus importante.
Cependant, nous allons voir qu'au niveau du territoire
royannais, l'offre restreinte en direction des jeunes peut amener ces derniers
à se délocaliser plus volontiers pour aller se satisfaire vers
d'autres territoires.
2) Diffusion de musiques actuelles et mobilité des
jeunes royannais
En répondant au questionnaire, la quasi-totalité
des jeunes gens interrogés ont fait l'amalgame entre la question 2
(relative au spectacle vivant en général) et la question 4
(tournée uniquement vers les musiques actuelles).. Cette confusion parle
d'elle-même en ce qui concerne l'intérêt croissant pour ces
musiques. Ainsi, nous avons pu observer une différence entre les deux
questions, du fait que 7,5 % des jeunes fréquentant les lieux
destinés à la diffusion de spectacles vivants, avaient, en plus
de cet engouement généralisé pour les concerts de musiques
actuelles, un intérêt supplémentaire pour le
théâtre.

0 10 20 30 40 50 60 70 80
NON
11% Royan
26.5% Saint Georges de
Didonne
17.2%
Rochefort
Saintes
BORDEAUX
37.5%
OUI
30%
ROYAN
7.81%
Cognac
4.89%
9.38%
12.5%
1 .56%
70%
0
Intérêt pour les
musiques actuelles
9.38%
30km

Distances envisageables pour assister aux spectacles
vivants.
De 0-20
Jusqu'à 50
Jusqu'à 100
+100
(%)
40
0
30
20
10
(Km)
Fig.7 : Fréquentation des lieux de diffusion
culturelle destinés aux spectacles vivants
Ainsi, selon cette dernière figure, qui utilise les
réponses aux questions 2, 4 et 5 du questionnaire, nous avons pu mettre
en évidence des comportements spatiaux relatifs à une
échelle régionale, voire nationale. En effet, 30% de ces amateurs
de concerts de musiques actuelles n'hésitent pas à faire plus de
100 kilomètres pour de tels événements, allant par
exemple, et ce de manière parfois régulière,
jusqu'à Poitiers ou Bordeaux.
Notons tout de même que la majorité se cantonne
au département, citant au passage un bon nombre de festivals qu'ils
semblent affectionner tout particulièrement, expliquant leur attirance
pour ces grands rassemblements musicaux de plein air ( les Francofolies de La
Rochelle reviennent régulièrement dans les réponses au
questionnaire ). Au niveau du Pays royannais, insistons sur
l'intérêt porté par les jeunes à l'association CREA,
qui par sa programmation diverse et un effort relatif fait en terme de musiques
actuelles, attire 26,5 % de ces derniers.
Si le discours récurrent, « il n'y a rien pour les
jeunes à Royan ! », revient très souvent lorsqu'on les
interrogent, il est difficile de se prononcer quant au réel impact de ce
constat sur la motivation des jeunes à se délocaliser pour
assister à des concerts. Néanmoins, si une certaine «
tête d'affiche » peut sans conteste les attirer à
l'extérieur, on peut penser que l'offre royannaise restreinte, influence
considérablement leurs comportements spatiaux, les amenant à
fréquenter les villes voisines, voire les départements
voisins.
En outre, précisons qu'ils se déplacent
quasiment tous à véhicules motorisés, voiture ou deux
roues, et que les rares mineurs n'ayant pas de véhicule font souvent
référence au covoiturage, surtout lorsqu'il s'agit de «
longs » déplacements. Les moyens de locomotion ne
représentent donc pas de réels problèmes pour les jeunes
souhaitant se déplacer. Et nous allons voir que d'autres
activités tenant aussi de la culture jeune peuvent générer
certains comportements spatiaux.
|