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Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

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C - LES CULTURES DE JEUNESSE

1) Une grande diversité vers un même idéal

Entre culture skate et culture hip-hop, entre « look » vestimentaire et langages codés, il y en a pour tous les goûts au répertoire culturel de la jeunesse. L'origine de ces cultures est géographiquement urbaine et plutôt réactionnaire d'un point de vue social.. En effet, « La nécessité de se distraire, des s'échapper du quartier mais également d'afficher ses ambitions contestataires sont la conséquence de la crise de la vie moderne, du chômage, du recul de l'âge d'entrée dans la vie active, de l'urbanisation à outrance et des politiques de logements. » (A.Chotard, 2001) L'exemple le plus flagrant, d'autant plus en matière d'identité, est certainement le phénomène « hip-hop ». Partie du Bronx au milieu des années 70, née « dans les flammes de la révolte », la culture rap, mêlant danse, musique et graffitis entre autre, a conquis le « monde entier pour devenir la voix d'une génération ». ( www.unesco.org/courier/2000) Cette culture s'est donc imposée comme représentante incontestée des jeunes des banlieues défavorisées.

Cependant, via le phénomène de récupération commerciale et surtout grâce à un succès grandissant auprès des jeunes en général, ces cultures, et en particulier les musiques actuelles (rock, rap, techno, reggae...) tendent à réunir les jeunes vers des aspirations qui leur sont propres. Ainsi, ces « différents styles musicaux forment des sortes de petits univers à la fois distincts, séparés et cohésifs, communautaires. » On peut parler de rapprochement dans la mesure où elles suggèrent toutes, si l'on s'y attache sommairement, les mêmes idéaux, de tolérance, de respect et d'authenticité. Elles sont en conséquence un véritable moyen d'expression pour des jeunes en mal d'intégration, et malgré leur accessibilité à un large public, gardent toujours un esprit contestataire organisé en réseau et difficilement identifiable par les pouvoirs publics. Ces derniers en ont parfois une image plutôt dévalorisée, ceci étant du en partie à certains scandales médiatiques (comme le procès NTM) et à cette difficulté à les appréhender par leur organisation particulière en réseaux informels. Nous verrons que cette dévalorisation est très représentative du cas royannais.

2) Des cultures post-modernes

Selon le témoignage d'un jeune homme de 23 ans intervenant pour Médecins du monde au sein des « rave party », les politiques ne peuvent pas comprendre les « teufeurs ». « Ils les prennent pour des clochards désocialisés qui vont patauger dans la boue pour écouter deux enceintes pourries, alors que ces jeunes sont à la pointe de la technologie, ils sont la génération web ! » (Le monde de l'éducation, mai 2002) Entre légèreté et engagement, les mêmes idées et valeurs sont scandées. Ces cultures, conscientes d'une récupération commerciale aux enjeux économiques non négligeables, rassemblent de plus en plus de jeunes et de moins jeunes aux quatre coins du globe. Elles appartiennent complètement au mouvement post-moderne qui transforme actuellement la société mondiale. La post- modernité, caractérisée entre autre par l'ère de l'information où les moyens de communications mènent le monde à notre porte, permet à ces cultures d'adhérer au « système monde », mais celui qui confère une importance à l'identité territoriale locale supérieure à celle des réseaux : la « glocalisation ».

Les cultures jeunes s'opposent donc à la mondialisation actuelle consumériste et destructrice de territoires. Elles peuvent avoir un impact déterminant sur le développement culturel et spirituel, donc politique de certains pays. Effectivement, « les jeunes ne se contentent pas d'avaler ces produits, ils s'en servent aussi pour façonner leurs sous-cultures. Le hip-hop se nourrit des talents de ces bricoleurs, offrant une plateforme de revendications aux indigènes de Nouvelle-zélande ou un creuset identitaire aux jeunes noirs de Colombie. En Afrique du Sud, il amplifie les messages de l 'après apartheid tandis qu'en Algérie, il devient une voie d'accès au débat politique ». ( www.unesco.org/courrier/2000).

Ces différentes cultures intègrent donc une logique territoriale relativement compliquée. C'est pourquoi, face à tant de subjectivité, le géographe se doit d'adopter des méthodes de recherche particulièrement proche des différents acteurs, et ainsi décrypter la situation des cultures de jeunesse dans le paysage local. Qu'en est-il de la situation royannaise ? La ville de Royan intègre-t-elle par exemple le réseau régional des musiques actuelles ?

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