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Cultures jeunes et représentations territoriales; l'exemple de la ville de Royan


par Samuel-Jehan TARAIN
Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et Arts - Maîtrise
Traductions: Original: fr Source:

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CHAPITRE II METHODES ET CONCEPTS GEOGRAPHIQUES

« Les loisirs constituent aujourd'hui, à l'évidence, une donnée sociétales fondamentale. Ils interviennent, en effet, comme un facteur structurant moteur dans ce champ de forces qu'est le paysage ; ils jouent un rôle essentiel dans la mise en place des formes d'organisation et des processus spatiaux... Avec le développement des activités de détente, et avec la montée en nombre de ce qui, dans toutes les couches sociales, y participent, un discours sur l'organisation qui ne tiendrait pas compte de cette dimension essentielle de l'existence que sont les loisirs serait tronqué. » (Karl Ruppert, L'espace géographique, 1978)

Si le géographe peut analyser le phénomène « sous l'angle des temps, des distances, des pratiques sociales et des implantations », (G.Cazes, 1992) il doit pour ce faire, utiliser en partie des moyens subjectifs mettant en scène les acteurs, leurs sentiments et les territoires, tels que les représentations et la territorialité.

A - LE CONCEPT DE REPRESENTATION

Analyser les comportements et représentations des acteurs culturels, des élus et des jeunes concernant les « cultures de jeunesse » au sein d'une petite ville littorale telle que Royan relève d'une certaine dificulté. Une telle problématique se situe donc dans une logique d'observation comportementale, celle qui « privilégie l'étude des représentations et de l'imagination pour expliquer l'influence des processus cognitifs sur la connaissance et les pratiques sociales. » (A.Bailly et H.Beguin, 1995) Avant d'entrer pleinement dans le débat, notre étude demande à priori quelques éclaircissements.

1) Les notions de temps et d'espace

Du temps cosmique, où prévalait l'organisation quotidienne dans les sociétés anciennes, au temps social, visible sur le long terme, rythmant notre vie sur une année voire plus, les mentalités ont donc beaucoup évolué. Le temps et l'espace sont intimement liés, et l'histoire marque et continue de marquer les espaces. Ainsi, « le géographe cherche la manière dont les temps historiques inscrits dans l'espace, s'affrontent, se bousculent, s'excluent ou fusionnent pour donner naissance aux territoires d'aujourd'hui. » (G. Di Meo, géographie sociale et territoires, 1998) De nos jours, le temps est donc un paramètre fondamental en terme d'organisation de l'espace et de comportements spatiaux. Entre « distance standard (longueur géométrique séparant deux points), distance temps (intervalle de durée entre deux points) et distance affective (charge affective rapprochant ou séparant

deux point » (A.Bailly, 1985), nos représentations des distances influencent considérablement notre manière d'appréhender l'espace et le temps.

En terme d'espace, nous allons particulièrement nous intéresser à l'espace relatif. « Après vingt années de recherche, la géographie des représentations nous éloigne bien de l'espace absolu de Newton, composé de points ayant une existence indépendante des individus qui l'occupent ; elle nous ouvre à cet espace relatif, si riche, anthropocentré, mis en lumière par Leibniz et nous montre comment représentations, environnement, pratiques sociales et spatiales interagissent dans le cadre d'un système ouvert où les causalités simples n'existent pas. » Ainsi appréhendé, l'espace devient « résonance individuelle et sociale, faisant appel aux sens, à l'apprentissage, aux structures d'organisation, aux systèmes de vécu, mais aussi à l'imaginaire. » (A.Bailly, 1985). Par cette dernière évocation, A.Bailly nous fait entrer pleinement dans le champ des représentations et approche de cette manière deux notions fondamentales : l'espace perçu et l'espace vécu.

Le premier, qui consiste par des travaux fonctionnalistes (témoignages, cartes mentales...), à saisir les observations et représentations de l'espace géographique par des personnes ou des groupes de personnes, articule réel et imaginaire. Il a pour objectif de « comprendre les aspects spatiaux du comportement de l'homme et notamment de mesurer et d'interpréter les dimensions subjectives de ses valorisations spatiales. » (Y.André, Enseigner les représentations spatiales, 1998). Il peut être complété par des sondages, des enquêtes ou des observations, mais connaît cependant des limites dans la mesure où ces données ainsi recueillies font intervenir de nombreuses valeurs inconscientes liées à la personnalité des personnes.

En second lieu, l'espace vécu, caractérisé par la pratique, l'expérience d'un espace, nous rend aussi compte des représentations d'un lieu, mais fait intervenir la notion de sens donné aux espaces. « Or l'espace devient territoire lorsque lui est affecté du sens. » (Y.André, 1998) « Comprendre les territoires, c'est en retrouver le sens, ou plutôt les différents sens qui peuvent se superposer ou s'affronter. » Abordant ici une géographie de la territorialité, entre sentiment d'appartenance et sens donné aux espaces, une telle subjectivité nous invite à explorer quelque peu les profondeurs de la conscience.

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